Monde


Corona dans l'UE 

Les relations franco-allemandes entre solidarité et intérêts nationaux  

Ces dernières semaines, la crise de Corona a mis à l'épreuve l'amitié franco-allemande. Des frontières fermées et des Français indignés de se sentir "stigmatisés" à l'admission de compatriotes atteints du  Covid 19 dans les Länder allemands limitrophes - l'interaction entre l'Allemagne et la France a été comme un périple sur des montagnes russes.  Alors qu’une relation franco-allemande forte devrait normalement contribuer à développer une approche européenne commune de lutte contre le virus.

Il y a vingt-cinq ans que l'Allemagne et la France ont convenu qu’on se déplacerait dans l'espace Schengen sans contrôles frontaliers, c'est-à-dire sans que personne ne doive présenter son passeport ou sa carte d'identité. Quelques événements ont fait exception : le sommet de l'OTAN à Strasbourg en 2009 et les semaines qui ont suivi les attentats terroristes en France en 2015. Cette liberté de circulation a été entravée par la décision du gouvernement allemand de restreindre le trafic frontalier entre l'Allemagne et ses voisins.

Arsène Schmitt, président de l'Association transfrontalière de la Moselle, s'est plaint de "la stigmatisation générale des Français".(1) La presse française n'a pas non plus approuvé ces contrôles. Selon le consensus général, il n'existait pas de mesures de sécurité comparables en Allemagne pour les voyageurs en provenance de Chine.(2)

Où est l'"Europe qui protège mieux ses citoyens "(3) qu'Emmanuel Macron n'a cessé d'invoquer depuis son entrée en fonction ? Certains gouvernements ont réintroduit les contrôles aux frontières, d'autres les ont complètement fermées. Dans certains pays, l'entrée est interdite ou l'exportation de produits médicaux est limitée.

Est-ce à cela que ressemble une approche européenne coordonnée ? Ce n’est guère le cas. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déjà demandé il y a quelques semaines que les Européens se partagent les équipements de protection médicale et que les frontières restent ouvertes afin que ce qui est nécessaire dans cette crise puisse être produit et livré à chaque État de l'UE. De cette manière, les soignants et les patients pourraient être protégés et la propagation du virus contenue (4).

Mais ce qui est encore difficile à faire au plus haut niveau fonctionne en revanche mieux au niveau des États. À la mi-mars, le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre et la Hesse ont admis plusieurs patients en provenance de France afin de leur prodiguer des soins médicaux intensifs. "Pour moi, ce n'est pas le passeport qui compte, mais la personne", a déclaré Hartmut Bürkle, chef du service de médecine intensive de l'hôpital universitaire de Fribourg. "Je suis européen de bout en bout. C'est pourquoi nous ne laisserons pas tomber nos amis français et ferons tout notre possible pour sauver des vies humaines ».(5)

Et  finalement on l’a suivi à l’échelon fédéral. Depuis ce week-end, l'Armée de l'air allemande ramène chez nous des patients gravement malades du nord de l'Italie ainsi que de Metz et Strasbourg pour les soigner. C'est un signe important de solidarité. « L'Europe doit se serrer les coudes » (6) , a déclaré la ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer. Ces signes de solidarité sont les bienvenus mais ils ne suffiront pasà eux seuls  pour surmonter cette crise de la meilleure façon possible. Cela nécessite, répétons –le, une approche européenne commune et des progrès courageux de la part de la France et de l'Allemagne.

Il est certes compréhensible que les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ferment d'abord toutes les frontières extérieures. Ces mesures sont destinées à endiguer la propagation du virus. Ces barrières ne sont pas érigées contre les citoyens européens et leurs États, mais contre la maladie. On érige même aujourd'hui des barrières au transit entre les Länder allemands.

Toutefois, cela ne se fait pas sur la base d'une approche homogène et coordonnée. Chaque pays élabore  ses propres solutions concernant les interdits à l'exportation et les fermetures de frontières. La question se pose donc : l'Europe est-elle capable d'unir ses forces pour faire face aux crises majeures ? N'est-il pas temps de développer un mécanisme commun approprié qui pourrait être activé presque automatiquement en cas de danger imminent ?

Ou bien peut-on mieux combattre cet ennemi invisible au niveau local - conformément au principe de subsidiarité selon lequel seules les questions qui peuvent être mieux traitées sur place ne doivent pas être réglées  au niveau européen ?

Quelle que soit l'approche la plus raisonnable, la nécessité de partager les équipements médicaux afin de fournir les meilleurs soins possibles aux malades reste incontestée. Ce n'est que de cette manière que nous pourrons continuer à parler d'une Europe de la solidarité. (Sophie von Lossau d'Ambrosio, 31.03.2020)

Sources :1.https://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/gesundheit/coronavirus/corona-frankreich-aergert-sich-ueber-deutsche-grenzkontrolle-16681146.html

2.https://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/gesundheit/coronavirus/corona-frankreich-aergert-sich-ueber-deutsche-grenzkontrolle-16681146.html

3.https://www.bundesregierung.de/breg-de/aktuelles/pressekonferenzen/pressekonferenz-von-bundeskanzlerin-merkel-und-frankreichs-praesident-macron-846380

4. https://ec.europa.eu/germany/news/20200316-schutzausruestung-lieferungen_de

5.https://www.welt.de/print/die_welt/politik/article206780345/Wir-werden-unsere-franzoesischen-Freunde-nicht-alleinlassen.html

6https://www.deutschlandfunk.de/covid-19-luftwaffe-bringt-corona-intensivpatienten-von.2932.de.html?drn:news_id=1115094


L’année du Pangolin

Mangez-vous du Pangolin ? Ou bien avez-vous adhéré à l'association à but non lucratif « Save Pangolins » ? Ce petit mammifère en grande partie couvert d’écailles est un insectivore qui vit dans les régions tropicales et équatoriales d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. Bien que le commerce international des huit espèces connues de pangolins soit strictement interdit suite à la menace d’extinction qui pèse sur leur espèce, c’est un des mammifères les plus braconnés au monde. IL faut bien alimenter les boucheries chinoises et vietnamiennes…

Selon les chercheurs, le commerce illégal de pangolins vivants et de viande de pangolin devrait être définitivement interdit. Une petite proportion de pangolins été identifiée selon un article publié le 26 mars dans la revue « Nature », comme porteur du covid 19 , et il peut le transmettre si on le commercialise à des  fins alimentaires. Est-ce que cela le protègera de gourmets chinois ?

Étant donné que les coronavirus peuvent être transmis par des fluides corporels, les matières fécales et la viande, le commerce de pangolins vivants n’est pas moins préoccupant pour la propagation de la maladie. Les écailles de milliers de pangolins arrivent chaque année en contrebande en Chine à des fins médicinales. Sa viande est considérée comme un mets délicat par certaines franges des populations chinoise et vietnamienne.

Tant que les Chinois et les Vietnamiens consommeront du Pangolin et quelques autres animaux rares pour satisfaire leurs étranges mœurs culinaires ou médicinales, tant qu’ils soigneront leurs maux avec de la  corne de rhinocéros ou de la défense d’éléphant réduites en poudre, mieux vaudrait ne pas aller en touriste dans leurs pays. Ce serait un moyen comme un autre pour protéger des espèces menacées.

Il est vrai qu’après la pandémie qui sévit actuellement, nous porterons un autre regard sur la Chine. Nous sommes tout de même un peu surpris que personne ne pose des questions. Qu’en disent les amis des bêtes ? Ils sont bien silencieux. Il est vrai que les écolos tout à coup n’occupent plus le devant de la scène. (JPP)


Peut-être suffirait-il d’un seul Pangolin consommé par un Chinois pour contaminer la Terre entière et menacer l’humanité d’extinction. Si c’était un scénario de science-fiction ou de politique fiction et que nous ayons été la cible d’une guerre bactériologique, on retiendrait que ce genre de guerre ne coûte pas cher : juste la vie d’un pangolin. C’est meilleur marché que l’arme nucléaire et plus efficace que le terrorisme. Reste que la guerre des virus est imprévisible. Elle peut revenir en boomerang sur celui qui la sème.

Baguette magique

Comme par bien des choses qui viennent de Chine, pas toutes par la Route de la Soie, on est médusé par la bizarrerie de cette pandémie. Passons sur le petit animal qui a été son vecteur. Il y a eu d’abord, phase 1, une épidémie qui explose en Chine mais pratiquement circonscrite à une ville, Wuhan, dans une région, mais qui est rapidement jugulée. On diffuse par images les mesures draconiennes du gouvernement chinois, les rues, le confinement, les masques. La sévérité des contrôles. La surveillance électronique et tout. Puis, de suite, la construction hyperrapide d’un gigantesque hôpital. Les matériaux, les machines, les ouvriers sont là comme par un coup de baguette magique. Les infirmières et médecins sont enthousiastes. Le président à vie Xi Jinping est filmé parcourant une rue. Des confinés le saluent d’un building aimablement. Sont-ils à leurs fenêtres en mission du parti ?

« La bataille de la Chine contre l’épidémie montre que le Parti communiste chinois est de loin le parti politique avec les plus fortes capacités de gouvernance dans l’histoire de l’humanité », indique le « Quotidien du peuple », organe central du PCC. Si, après ça, on n’est pas convaincu par la « supériorité » et l’« efficacité » du communisme, c’est qu’on est aveugle ou obtus… On a assez dit chez nous que l’autoritarisme – en d’autres termes la dictature - paie en cas de crise grave… C’est vrai. C’est tout juste, chez nous, si certains n’en ont pas fait l’éloge, en oubliant les camps, les prisons chinoises où l’on meurt beaucoup, la surveillance électronique et visuelle de la population. Dans « Le Figaro » du 24 mars, Isabelle Lasserre cite Michel Duclos, ancien ambassadeur à Pékin, qui expose : « La Chine tente sans vergogne de capitaliser sur sa « victoire contre le virus » pour promouvoir son système politique »…

On passe à la phase 2.

Très vite, en Chine, la vie reprend, le commerce, la production redémarrent. Tout le monde est content et obéissant dans l’Empire du milieu. Les gens se remettent au travail, ouvrent marchés et boutiques alors qu’en France, en Italie, en Espagne, voire aux États-Unis, les travailleurs sont au chômage « partiel » ou confinés chez eux. Il n’y a plus de journalistes étrangers sur place pour capter des propos discordants. Finalement, il y a eu très peu de décès par rapport à l’énorme démographie. Pékin a pu juguler la crise en deux mois avec seulement 3 500 morts pour 1 milliard 400 millions d’habitants ! Mais il y a eu un petit accroc arithmétique. Il a bien fallu rendre aux familles les urnes funéraires car en Asie, le culte des ancêtres est sacré malgré 70 ans de communisme. Les garder aurait fait prendre un risque inutile au gouvernement. Or, un journaliste indiscret a compté 96 000 personnes attendant une urne. On apprend cela à l’Ouest le dernier jour de mars sur les ondes de « France Info ». Surprise ! Il y aurait eu donc, au bas mot, près de 100 000 morts. Peut-être davantage ?

Décidément, le pangolin a fait plus de ravages qu’on le prétend, mais ces pauvres Chinois soumis au joug du communisme sont si nombreux qu’il peut y avoir eu une erreur au comptage. Personne ne dira le contraire. Sinon, c’est la prison ou le Laogai, le camp de concentration pour matheux.

La phase 3 ou 4 

Le coup d’envoi fut donné lorsqu’à l’Ouest, les europhobes et insoumis divers sortirent de leurs trous pour déplorer que l’Europe, la puissante Allemagne en particulier, n’aient pas aidé les Italiens. Sur ce, la Chine envoya en Italie des masques et des appareils de respiration. Et peu après, alors qu’il y avait chez nous pénurie et que tous les partis critiquaient les retards d’allumage du gouvernement (mais auraient-ils fait mieux ?) et la désorganisation de l’Europe, la Chine vendit des masques et gants isolants qu’elle avait fabriqués à profusion et stockés.

La France ouvre un pont aérien Pékin-Paris de fin mars à fin mai, apprend-on le 28 mars. Il nous apportera des millions, des milliards  de masques peut-être. Pendant que la Chine engrangera des millions d’euros par la vente de ces produits. La télévision française montre au moment du débarquement un officier pilote qui souligne que tout ce qui arrive là n’est pas payant, des entreprises, des associations chinoises envoient des masques en cadeaux. Le transport est  assuré par l’appareil russe Antonov qui, nous dit-on,  est plus aisé à charger que l’Airbus (même l’Airbus militaire A-4000 ?).

Nous ne sommes pas adeptes de théories du complot mais il y a de quoi se poser des questions. Le déclencheur et diffuseur de l’épidémie devenue pandémie s’est métamorphosé en sauveur des victimes. Au début, la Chine avait dissimulé pendant plusieurs semaines l’existence de la maladie. Le plus audacieux des lanceurs d’alerte, un médecin chinois, avait été arrêté.  Il en est mort. Faute de soins ? Est-il mort de cette infection virale ? Il ne parlera plus. Ainsi, le monde n’a pu prendre à temps des précautions et a sous-estimé la nocivité du mal, sa vitesse de propagation et ses séquelles terribles, dans les cas graves des poumons partiellement détruits quand on survit. Heureusement, pris de court au début, les gouvernements occidentaux ont mobilisé tout leur appareil médical et infligé à leurs citoyens des sacrifices draconiens pour contenir puis faire reculer le virus.

Donald Trump qui ne mâche pas ses mots mais n’est plus pris au sérieux tant il est fou (ou déclaré tel), dénonce le « virus chinois » et reproche à Pékin d’avoir nié le problème et refusé de partager les informations. Mais n’avait-il pas lui-même contesté la gravité de cette maladie ? Cependant, pourquoi ne pas dire « chinois » ? C’est bien un pangolin chinois qui a tout déclenché, non ? Les pangolins américains, français, italiens, espagnols, cela n’existe pas. En 1918-19, on ne s’était pas gêné pour qualifier d’« espagnole » une grippe qui était mondiale et qui a tué plus de gens que la Grande Guerre. Tout simplement parce que les journaux espagnols l’avaient signalée les premiers. N’étant pas une puissance belligérante, l’Espagne n’était pas soumise à la censure et avait pu le révéler.  

Les dirigeants chinois cherchent à s’octroyer le rôle de meilleurs combattants contre la maladie et de passer pour les sauveurs de la planète et faire apparaître par contraste, l’imprévoyance, la négligence, l’inintelligence des dirigeants occidentaux. Il est vrai que le capitaliste donne toujours la corde avec laquelle il se fera pendre, avait dit Lénine. C’est avec l’aide de l’Institut Pasteur que la Chine a construit, à l’époque du SRAS, en 2002 2003, le premier laboratoire épidémiologique de haute sécurité P4, très efficace lors des épidémies H5N1 en 2009 et H7N9 en 2013. C’est grâce à cette coopération avec la France, qu’elle a monté, en quinze ans, un système de surveillance, d’alertes, d’exercices réguliers impliquant la population, d’accueil hospitalier adapté et de fabrication massive de tests et de matériels de protection. « Le Président Macron avait tous les éléments, il avait visité P4. Et pourtant il n’a pas doté l’État des moyens nécessaires. De plus il s’est laissé convaincre de repousser le moment du confinement, d’où beaucoup de jours perdus », écrit à Strasbourg Henri Mathian, président du Cercle de la cathédrale. Sacré Macron, toujours en retard ! Notre ami poursuit :« Dans ce contexte un fait est passé inaperçu. Le 13 mars, contre l’avis de Trump, le Pentagone vient d’annuler la plus grande démonstration de puissance militaire le long de la frontière russe. Vingt-cinq mille soldats américains avec 13 000 pièces d’équipements de l’US Army (dont les chars Abrams de 70 tonnes) étaient en train de fusionner avec les 9 000 autres déjà basés en Europe pour participer, au cours des mois d’avril et mai,  à l’exercice Defender-Europe 20, contre la Russie. Six bombardiers B-2 Spirit provenant du Missouri et près de 10 000 hommes sont déjà arrivés, le 9 mars, à Lajes Field aux Açores. Et 37 000 militaires alliés de 18 pays européens étaient également prêts à y participer sous le commandement général de Tod D. Wolters de l’US Air Force, lui-même à la tête de l’OTAN ».

Bien, ils n’ont pas déployé cette fois leur armada, les va-t-en-guerre yankees. Il y a quand même des sages au Pentagone. Vladimir Poutine, élu, lui aussi, quasiment à vie, comme son collègue chinois, n’a pas eu à brandir ses gros missiles déployés à Kaliningrad  à portée de Varsovie, de Berlin et autres cités occidentales. Mathian de conclure : « Nos amis américains viennent avec des armes, nos ennemis chinois avec des masques ». C’est vrai. « Le Figaro » cite encore l’ambassadeur Duclos : « La Chine va apparaître dans le monde émergent dans le rôle de la puissance secourable qui était jadis le rôle naturel des États-Unis ». Un coup de pub réussi.

On s’interroge quand même sur les mots « nous sommes en guerre » employés tant de fois par le président Macron. En guerre contre qui ? Sous-entendait-il « en guerre contre le virus » ? Peut-être a-t-il voulu tout simplement nous mobiliser dans son combat. (« Atelier de Strasbourg », avec « Le Figaro », « France info », Henri Mathian, 30/03/2020)


Du Virus aux Virés 

Une interprétation déviante et mystique de la pandémie

 Il semble que depuis toujours les religions aient lié les catastrophes qui désolaient les société, à des punitions divines dues à l’inconduite des hommes. Cela est systématique dans la Bible Hébraïque, comme en témoignent le Déluge,  la tour de Babel, la destruction de Sodome, l’aventure de Jonas à Ninive, et aussi, depuis Salomon,  les défaites périodiques d’Israël, chaque fois qu’il retombait dans l’idolâtrie ! Toutefois, Salomon doutera de cette mécanique morale, en constatant que souvent l’impie n’était nullement sanctionné et restait prospère, alors que le juste était éprouvé sans raison !

Les deux-mille ans de l’ère des poissons que nous venons de vivre ont été d’une grande violence et se sont terminées par deux guerres d’enfer, et le Pape Pie XII  a pu déclarer que jamais l’impiété n’avait jamais atteint un tel niveau. ll est vrai qu’au XXe siècle avec le néo-paganisme Hitlérien,  le laïcisme soviétique, le capitalisme féroce des Yankees, et enfin le satanisme franc-maçon, nous semblons être entrés dans le pays sans retour. Mais le monde a connu aussi la fameuse « Peste noire » qui fit disparaitre la moitié de la population Européenne, et il est difficile d’y trouver les causes d’une justice divine !

Pourtant Bainville n’a cessé de rappeler que les désastres étaient des « conséquences », et, s’il est difficile de juger d’un passé dont l’atmosphère nous échappe, les religions ont beau jeu aujourd’hui de montrer que  le génocide prénatal justifie largement l’apocalypse que nous allons subir et  dont épidémies et pandémies ne sont que les premiers avertissements.  Il  y a plus d’une façon d’apprécier le cadeau surprise du Coronavirus. On peut le lier à une alimentation moderniste qui fragilise les êtres avec une alimentation dénaturée par la chimie.  On peut aussi penser au principe homéostatique qui permet à la nature de se défendre contre certains excès, comme on le voit avec le suicide collectif  des « lemmings » qui lorsque l’espèce est trop nombreuse, vont se jeter dans l’océan.

Espérons que beaucoup de lemmings qui nous ont empoisonné la vie ces derniers temps seront virés par le virus. Qu’ils comprendront d’eux-mêmes qu’ils doivent disparaître, qu’ils ne sont plus à la hauteur. On peut aussi considérer, à partir de ce dont nous ont averti les économistes américains, à savoir qu’étant donné les progrès de l’automation, de la robotique  et de l’intelligence artificielle, 90 % de l’humanité n’a pas de raison d’être et doit être supprimée afin de rendre la planète plus agréable à l’élite dont David Rockefeller nous à révélé que c’était celle des banquiers ! Enfin il est tout à fait possible que le virus ait été fabriqué en laboratoire, et qu’il  en  soit sorti soit par accident, soit à dessein… (Alexis Arette - paysans béarnais - 18 mars 2020)


Le coronavirus 

La France est devenue l'un des principaux foyers du coronavirus en Europe, avec l'Italie et l'Allemagne. Plusieurs mesures ont été annoncées par l'exécutif, comme l'annulation de tous les rassemblements en milieu fermé de plus de 5.000 personnes. Le célèbre Salon du livre de Paris a été annulé, de même que le grand Marathon international. Les mass-médias ne parlent plus que de cela. L'épidémie de coronavirus serait-elle un produit des médias ? Question que pose à juste titre l’auteure de l’article ci-dessous.

 Certes non, mais les médias enflent le sujet, c'est certain, selon le principe de cher à l'information de masse à savoir que les mauvaises nouvelles sont les meilleures pour alimenter la curiosité et l'attention du public. Epidemie et cataclysmes ont la cote. S'ajoute la préoccupation des autorités de ne pas être désavoués pour ne pas avoir averti si la catastrophe venait à se produire.

La France comptait, à la date du 3 mars,  212 cas de coronavirus officiellement répertoriés et 4 décès qui étaient passés à 949 cas et 16 décès le 7 mars suivant. On comptait à ce moment plus de 100 000 contaminations avec 3 500 décès dans au moins 95 pays et régions du monde (un peu plus de 3 000 théoriquement en Chine). Le pays le plus touché avant la France était l'Italie  où le 8 mars 15 millions de personnes ont été placées en quarantaine dans leurs villes, écoles et tous rassemblements publics fermés.

A la date ci-dessus, 69% des Français se disaient inquiets et 80% se lavaient les mains plus fréquemment. A la bonne heure ! On prend de bonnes habitudes, sauf que le célèbre "bisou français" risque d'être soldé au bilan des pertes. Une autre bonne habitude à prendre serait d'apprendre à ne plus dépendre de la Chine. Elle nous a envoyé déjà des épidémies et d'autres viendront. Et cela vaut aussi pour ce qui concerne les échanges commerciaux avec elle. La Chine pèse trop sur le monde. (AtS - 08.03.2020)


Un fléau au temps des "fake news »

"Coronavirus : 1 600 employés doivent rester chez eux". - "Plus de 1 400 infections en Europe". - "Qui nous protégera du coronavirus ?" – il  est en ce moment sur toutes les lèvres, il envahit les médias comme une - enfin, disons-le, une peste. Le coronavirus, originaire de Chine, peut se retrouver dans des maladies pulmonaires et a déjà fait plusieurs victimes. Selon le ministère de la santé de la République fédérale d'Allemagne, 83 000 personnes sont infectées dans le monde.

Mais quel est son degré de dangerosité ? Quelle est la probabilité que les personnes infectées en meurent ? Il n'est pas encore possible de l'évaluer de manière concluante. Selon l'Institut allemand Robert Koch, la proportion de décès dus à des infections avérées est d'environ deux pour cent. Toutefois, le total n'inclut pas les personnes infectées qui ne présentent aucun symptôme ou seulement des symptômes bénins et n'apparaissent donc dans aucune statistique. Ainsi, la proportion réelle de décès est-elle probablement plus faible. De plus, les patients qui sont morts du virus dans le passé sont souvent plus âgés, en particulier ceux qui sont à un âge avancé et/ou qui ont des maladies chroniques sous-jacentes.

Ceci dit, la crainte d'une nouvelle propagation et d'une nouvelle infection n'est pas sans fondement. En Chine, 2870 personnes ont été victimes du virus ; en Italie, on compte déjà à ce jour 29 décès. Néanmoins, l'ampleur du virus est (encore) relativement inoffensive par rapport au bilan de l'épidémie de grippe en 2017 et 2018 : 25 000 personnes en étaient mortes rien qu'en Allemagne. Ce fut donc la vague de grippe la plus meurtrière de ces trente dernières années. Néanmoins, le tohu-bohu médiatique a été beaucoup plus limité que la couverture de l'épidémie de coronavirus. Parce qu’il s'y mêle dans ce dernier cas des "Fake News", c'est-à-dire de fausses informations et de faux rapports qui provoquent la panique et se propagent plus rapidement que le virus lui-même.

Les diffuseurs de ces « Fakes » écrivent souvent des articles en se réclamant de journaux ou d'émissions de renom et les diffusent par le biais des médias sociaux. Par conséquent, la recherche indépendante est aujourd'hui plus nécessaire que jamais.

Le centre de recherche à but non lucratif "Correctiv" (www.Correctiv.Org)., par exemple, offre un soutien utile pour se frayer un chemin dans la jungle d'informations surabondantes. Les "Faktenfuchs" de la radio-télévision bavaroise, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », entre autres, proposent d'autres vérifications.

Outre des recherches minutieuses, il est également conseillé de suivre les règles d'hygiène du ministère de la Santé. Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille s'isoler complètement et se cacher dans sa propre maison. Après tout, même en cas de menaces telles qu'une attaque terroriste ou une catastrophe de réacteur nucléaire, nous vaquons à nos occupations quotidiennes. Il est donc plutôt sage de traiter le virus de manière rationnelle et appropriée - du moins tant que nous ne pouvons pas parler d'épidémie. Ou, comme le dit la chancelière Merkel : décidons de la manière de traiter ce sujet "avec de la mesure et sans excès". (Sophie von Lossau d'Ambrosio - membre du Comité directeur de Paneurope France - 1er mars 2020)


Pandémies

L’apparition du Coronavirus en février 2020 a donné des arguments aux adversaires de la mondialisation Ces gens qui tirent généralement les mauvaises déductions des problèmes qu’ils dénoncent, veulent fermer les frontières intra-européennes, en d’autres termes, supprimer « l’espace Schengen ». Or, il faut faire tout le contraire. Ce danger sanitaire venu une fois de plus de Chine après le Sras (2003) et la grippe aviaire ou porcine, partie, elle, du Mexique, est une leçon infligée à l’Europe. Elle doit nous inciter à unir nos efforts en Europe pour restaurer notre indépendance et autosuffisance pharmacologique et industrielle. L’Europe notamment et en particulier l’Allemagne avaient trop misé sur le marché chinois qui a subi un rétrécissement important suite aux mesures sanitaires. Nous avons pris conscience de notre vulnérabilité commerciale.

Mais aussi du fait que les transports internationaux, notamment aériens sont des vecteurs majeurs d’épidémies. Cela ne date pas de notre temps. Ainsi le Choléra fut-il démultiplié au 19ème siècle par le passage de la marine à voile à la marine à vapeur et par la création du chemin de fer. Aujourd’hui, venant surtout d’Extrême-Orient et parfois d’Afrique (Sida et Ébola), les épidémies se répandent plus vite encore. Limitées initialement à l'Asie (Inde, Chine et Indonésie), elles se sont développées au 19ème  siècle, devenant ainsi des pandémies et atteignant le Moyen-Orient, l'Europe et les Amériques. Mais la meilleure information due à la mondialisation permet de nos jours des réactions anti-infection plus rapides et plus totales.

Ceci dit, les répercussions économiques peuvent être importantes, c’est le cas avec le Coronavirus actuel venu de Wuhan en Chine et répandu dans tout ce grand pays et au-delà. Très rapidement, le Coronavirus a fait plus de victimes en Chine que l’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui y avait fait 349 victimes dans le pays en 2002-2003 et 774 au niveau mondial. que les autorités chinoises n’avaient pas mises en œuvres du reste dès l’apparition de la maladie qu’elles avaient niée au départ. Cela pourrait limiter la production de téléphones portables et autres appareils électroniques provenant essentiellement de Chine, et, surtout, être grave pour certains médicaments utilisés en Europe et fabriqués à 80% de leur total dans le pays de Xi Jing Ping.

*    *

Ce fut surtout le cas de la Grippe de 1918, dite « grippe espagnole », qui avait pour origine probable la Chine concernant le « virus père » et les États-Unis pour sa mutation génétique. Cette pandémie due à une souche virale (H1N1)) très virulente et contagieuse a fait  50 millions de morts selon l’Institut Pasteur et jusqu'à 100 millions selon certaines réévaluations récentes, soit 2,5 à 5 % de la population mondiale. Bien plus donc que la Première Guerre mondiale. On l’appela « espagnole » car l’Espagne — non impliquée dans la Première Guerre mondiale — avait été la seule à publier librement et précocemment es informations relatives à cette épidémie causée donc par un virus et non par une bactérie, à la différence de la peste, causée par la bactérie Yersinia pestis.

En nombre de victimes,  la grippe espagnole serait la pandémie la plus mortelle de l'histoire dans un laps de temps aussi court, dépassant ainsi les 34 millions de morts (estimation incertaine) de la Peste noire au milieu du 14ème siècle. Selon l'historien Niall Johnson, les plus grandes pertes ont touché l’Inde (18,5 millions de morts, soit 6 % de la population), la Chine (4 à 9,5 millions de morts selon les estimations, soit 0,8 à 2 % de la population) et l’Europe (2,3 millions de morts, soit 0,5 % de la population, avec 250 000 morts en France) Quant à la peste noire principalement bubonique, celle-ci a touché l'Asie, le Moyen-Orient, le Maghreb et l'Europe et peut-être l'Afrique subsaharienne.

Maladie strictement humaine, le Choléra se manifeste par des diarrhées gravissimes entraînant une déshydratation rapide, souvent mortelle en l'absence de traitement qui se transmet par voie digestive en étant provoquée par l'ingestion de la bactérie Vibrio cholerae. La France et la Grande-Bretagne furent touchées au début de 1832  par la deuxième pandémie de choléra au printemps 1832 après la Russie en 1828, la Pologne, l’Allemagne et la Hongrie en 1831. Pourtant, des mesures de police sanitaire avaient été prises en 1831 avec  des contrôles de police sanitaire aux frontières. Puis la France fut encore touchée en 1854 par la troisième pandémie de choléra qui fit 143 000 morts sur l'ensemble du territoire.

Le  delta du Gange est considéré comme le foyer originel et historique du choléra, à forte densité humaine, avec une économie agricole basée sur l'utilisation d'engrais humain (péril fécal). Le choléra y reste endémique de façon permanente, c'est-à-dire qu'il se produit un équilibre instable entre infections (cas sporadiques) et immunité des populations. Les jeunes enfants sont le plus souvent touchés

Le syndrome d'immunodéficience acquise, plus connu sous son acronyme Sida (Aids), est un ensemble de symptômes consécutifs à la destruction de cellules du système immunitaire par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Le sida est le dernier stade de l'infection au VIH, lorsque l'immunodépression est sévère. Les maladies qui se développent en l’absence de résistance immunitaire sont généralement mortelles. Quatre modes de transmission du VIH ont été observés : 1. Par voie sexuelle, moyen de contagion le plus fréquent ; 2. Par voie sanguine ; 3. par l’utilisation de drogues injectables et dans les milieux hospitaliers (jusqu'à la fin des années 1980, chez les transfusés, notamment les hémophiles) ; 4. De la mère à l'enfant, phénomène qui peut se produire, soit in utero les dernières semaines de la grossesse, au moment de l’accouchement ou encore lors de l’allaitement.

Depuis l'année 2002, le sida est considéré comme une pandémie mondiale. Les  estimations fournies par le rapport ONUSIDA 2007  portaient à 33,2 millions, le nombre de personnes séropositives au VIH dans le monde et à 2,1 millions, le nombre de morts du sida en 2007. Ce qui permet d'estimer à plus de 25 millions le nombre de morts depuis le début de la maladie en 1981. Aujourd’hui, la maladie semble avoir atteint un pic et se stabiliser. Cependant, le nombre de personnes infectées a augmenté, en raison de l'augmentation de la population et de l'accès aux trithérapies (qui retarde les décès).

Le virus Ébola provoque, chez les humains et les autres primates des fièvres souvent hémorragiques. Il a été la cause d’épidémies historiques notables par leur ampleur et leur sévérité. Sa transmission entre humains a lieu avant tout par contact direct avec des fluides corporels. Ce virus a une apparence filamenteuse caractéristique des filovirus. Autrefois appelé virus Ébola Zaïre, le virus Ébola représente le seul virus de l’espèce Ebolavirus Zaïre. Il sature tous les organes et les tissus à l’exception des os et des muscles moteurs. Il forme d’abord de petits caillots de sang diffus dans l'ensemble des vaisseaux sanguins par coagulation disséminée. Les caillots se collent ensuite aux parois des vaisseaux sanguins pour former un « pavage ». Plus l’infection progresse, plus les caillots sont nombreux, ce qui bloque les capillaires. Finalement très nombreux, ils bloquent l’arrivée sanguine dans les divers organes du corps. Quelques parties du cerveau, du foie, des reins, des poumons, des testicules, de la peau et des intestins se nécrosent alors car elles souffrent d'un manque de sang oxygéné. Une des particularités du virus Ébola est la brutalité avec laquelle il s’attaque aux tissus conjonctifs.

D’origine africaine comme le Sida, transmis peut-être à l’origine par les singes, Ébola pourrait être transmis par les chauves-souris frugivores. Mais comme de 2006 à 2017 jamais « personne n'a isolé le virus vivant dans les chauves-souris, et personne ne sait comment Ébola pourrait passer d'une chauve-souris à d'autres mammifères, y compris humains, ou pourquoi ce saut fatal est si imprévisible dans le temps et la géographie ».Un hôte intermédiaire, encore non-identifié, pourrait être en cause. Plus de 2 000 personnes sont mortes entre août 2018 et août 2019 en République démocratique du Congo. Le virus se transmet par contact direct avec le sang, les sécrétions, et/ou d'autres fluides corporels de personnes infectées mortes ou vivantes. L'OMS rappelle que la durée d'incubation peut atteindre 21 jours et que le sperme et le lait maternel peuvent être vecteurs du virus qui peut rester présent dans l'organisme plusieurs mois après la guérison cliniqueIl n'y a aucun cas répertorié de transmission du virus Ébola par voie sexuelle.

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Naturellement l’hygiène insuffisante ou inexistante dans certains pays et surtout au cours des siècles passés a été une cause majeure d’épidémies. Les populations jetaient leurs déjections dans les rues et puisaient leur boisson dans les eaux des fleuves. Pas aussi pittoresque que son nom fut par exemple « la Grande Puanteur », en anglais The Great Stink ou The Big Stink, qui a marqué l’histoire de Londres durant l'été 1858. Elle partait de la Tamise qui sentait horriblement mauvais du fait des écoulements d'eaux usées et de la chaleur qui régnait. La puanteur indisposa une grande partie de la population londonienne, empêcha même les députés de siéger, et entraîna la construction d’égouts à grande échelle et une nouvelle politique appelée « révolution sanitaire ».

Des dépôts énormes d’immondices et de déchets dont on ne sait que faire, se multiplient aux abords des mégalopoles modernes et les mers du globe charrient des tas de détritus. Il est même question d’un « sixième contineent » formé de plastiques flottants dans le Pacifique. Cela ne peut rester sans impact sur la santé humaine et animale. Certes, les maladies microbiennes ayant été largement éradiquées par les vaccins, restent les épidémies surtout virales. Mais un nouveau type de pandémie se développe dans des pays développés et sur des individus à terrain génétique favorable. Les nouvelles maladies sont favorisées par des comportements « modernes » de consommation, d’exposition à des pollutions, à des radiations, etc. Ce sont notamment le diabète, les affections cardiaques et vasculaires et le cancer. On ne peut pas dire qu’il y ait pour lors contamination. (Doc. « Atelier de Strasbourg » - corédigée par Sophie von Stralendorff - Comité directeur UPF - 4 mars 2020)


Une défense de l’Europe, pour l’Europe et par l’Europe, par le général et enseignant en stratégie Vincent Desportes

Pour lui, il est urgent et impératif pour les pays européens de retrouver leur autonomie stratégique et de ne plus compter sur l’illusoire protection de l’Otan pour assurer leur défense. Pour protéger ses valeurs et ses intérêts, le vieux continent doit construire une défense de l’Europe, pour l’Europe et par l’Europe.

Comment avez-vous reçu la déclaration du président Emmanuel Macron lorsqu’il a dit que l’Otan est en “état de mort cérébrale” 

 Vincent Desportes : Lorsque le président utilise cette formule, il a factuellement raison : la machine Otan “fonctionne” avec ses états-majors, ses exercices, ses incessantes réunions, son superbe bâtiment rutilant à un milliards d’euros … mais pas sa direction générale, son cerveau ! L’organisation traverse une crise de leadership extrêmement grave, mais aussi une crise de solidarité. L’Otan n’est plus capable de réguler ses membres comme le prouve le cas extravagant de la Turquie : cet étrange allié conduit des opérations militaires en Syrie dans les zones d’intérêt de ses soi-disant alliés, contre les alliés de ses alliés, sans même prévenir ces derniers ni assurer un minimum de coordination, sans hésiter par ailleurs à acquérir des matériels russes, les systèmes de défense anti-aérienne dernier cri S400 ! Il n’y a plus de régulation centrale, il n’y a tout simplement plus de "sens commun" !

Mais, le problème fondamental n’est pas celui-là : il est celui désengagement croissant et inéluctable des États-Unis, le pays qui assure la crédibilité et la réassurance de l’ensemble. Tel que l’OTAN est structurée aujourd’hui, cette organisation n’est qu’un tigre de papier sans les Américains qui, pour des raisons parfaitement rationnelles d’ailleurs, s’intéressent de moins en moins à l’Europe. Le président Donald Trump le martèle lui-même  : “L’Amérique ne doit pas investir dans l’Otan, cette alliance est obsolète”. Le "pivot" américain vers le Pacifique vient de loin, il est inéluctable, inscrit dans l’évolution du monde. Rappelons-nous le président Obama clamant : "Je suis un président du Pacifique" ! Le découplage entre les Etats-Unis et l’Europe fait partie des rares certitudes que nous pouvons avoir sur l’évolution du monde, qu’on le regrette ou non.

Moins de leadership, moins de solidarité : les membres de l’Otan ne se sentent plus responsables des uns des autres. La Turquie encore une fois achète des missiles S-400 russes, affaiblissant ainsi directement le système otanien ; quant au président américain, il laisse clairement entendre qu’il ne sacrifiera pas Washington pour Vilnius, Podgorica – la capitale du Monténégro – … ou Paris bien-sûr ! Charles de Gaulle l’avait d’ailleurs bien compris il y a plus d’un demi-siècle ! Or l’article 5, qui est le plus important de l’alliance, stipule que chaque nation membre s’engage à défendre tout pays de l’Alliance qui viendrait à être attaqué. La crédibilité de l’Otan est basée sur celle de la protection américaine … qui n’est plus qu’illusion ! N’imaginons pas qu’une fois la page Trump tournée, le flot s’inversera : il s’agit d’une tendance lourde. Le découplage Etats-Unis/Europe est inéluctable : Trump n’est pas un accident de l’histoire. Continuer à croire que l’OTAN restera infiniment le socle dur de la défense européenne, c’est faire de la stratégie à cinq ans, ignorer les tendances lourdes en reconfiguration du monde.

L’Europe serait donc vulnérable face des menaces extérieures ?

Le président Emmanuel Macron le dit clairement et à juste titre : “Ne croyez pas au parapluie américain, il ne s’ouvrira pas quand vous aurez besoin de lui”. Le problème des pays européens – la France fait heureusement exception - ont confié une part tellement importante de leur défense aux États-Unis, qu’ils ne sont plus psychologiquement et financièrement en mesure d’assurer leur propre protection.

Il est donc urgent qu’ils retrouvent leur autonomie en matière politique, en matière capacitaire, en matière opérationnelle. Donc bien sûr en matière militaire. Seule leur autonomie leur permettra de ne plus être obligé de plier aux intérêts stratégiques américains, souvent fort opposés aux nôtres, et d’adopter les querelles des américains qui ne sont pas non plus forcément les nôtres. On le voit bien avec le cas de Russie, où les intérêts américains sont opposés à nos intérêts à long terme puisque, qu’on le veuille ou non, l’avenir de l’Europe est beaucoup plus eurasiatique “qu’euratlantique”. L’Alliance est devenue un protectorat où le grand protecteur, sous la menace de l’abandon, impose de manière unilatérale ses lois et dictats commerciaux ; elle ne redeviendra une alliance, entre égaux, que lorsqu’elle aura retrouvé son autonomie stratégique. Le président Macron a raison de souligner que l’Otan est devenue officieusement une alliance mercantile où l’on impose l’achat d’équipement américains (comme le fort onéreux avion F35 !) contre la promesse d’une protection … hélas fort illusoire.

Ne pouvant lier son destin à une puissance dont les intérêts stratégiques s’éloignent des siens, l’Europe doit prendre acte que l’OTAN n’est plus son assurance tous risques et réagir, vite : elle ne dispose plus que de quelques années pour construire son propre système de défense. A défaut, elle se trouvera fort démunie lorsque le dernier navire de l’US Navy aura quitté Anvers pour ramener à Baltimore le dernier soldat américain.

Il faut donc une armée européenne ?

Le terme n’est pas excellent, mais il a le mérite d’être clair. Il est d’ailleurs plébiscité par une grande majorité des Français. Ce qu’il faut, très vite désormais, c’est une défense de l’Europe, pour l’Europe et par l’Europe. Et nous ne la construirons pas avec les vieilles méthodes qui n’ont obtenu que des résultats négligeables au cours des décennies passées. Non. Il faut y aller de manière volontariste, regrouper les bonnes volontés, ceux-qui ont compris à la fois l’illusion de la réassurance américaine et la nécessité d’aller très vite. Il faut regrouper les quelques nations qui sauront consentir des abandons de souveraineté au profit de l’intérêt commun. Il faut rassembler un "Eurogroupe" de défense, comme cela a été fait pour l’Euro, avec des décisions prises non à l’unanimité mais à la majorité qualifiée. Le réalisme veut donc que l’on parte d’un noyau de nations souveraines capables de compromis stratégiques et d’érosion de leur autonomie au nom d’un intérêt supérieur accepté, dépassant les égoïsmes nationaux.

L’Europe doit être capable de jouer son rôle dans le monde et de participer au maintien des grands équilibres, être cette "puissance d’équilibre" dont le monde à instamment besoin, et dont nous-mêmes avons instamment besoin si nous souhaitons continuer à vivre comme nous l’entendons. Qu’on le veuille ou non, notre monde né le 26 juin 1945 à San Francisco est aujourd’hui moribond. Or, notre planète en ébullition, en mutation profonde, de moins en moins régulée par des organisations faiblissantes, notre planète a besoin d’Europe.

Nous allons vers une nouvelle bipolarité Chine/États-Unis dont nous serons les premières victimes si nous n’avons pas voix au chapitre. Et cela ne sera que si l’Europe détient une puissance militaire autonome. Car, c’est sûrement dommage, mais la voix des nations ne porte qu’en fonction du calibre de leurs canons ! Si la France compte davantage que les autres pays, c’est justement parce qu’elle a une armée digne de ce nom. Pour protéger et défendre nos valeurs, il faut que cette Europe de la défense se construise vite.

Pourtant, la chancelière Angela Merkel juge l’opinion d’Emmanuel Macron trop radicale. De même pour la Pologne qui se repose beaucoup sur son allié américain…

 On peut comprendre que la Pologne ait une peur bleue de la Russie. Elle estime que tant que la défense européenne n’est pas établie, elle a besoin de l’Otan... retardant d’ailleurs d’autant le processus européen ! Mais l’alliance transatlantique demeure une vision à court terme ; c’est de la tactique, voire de l’aveuglement.

Je ne crois absolument pas que Donald Trump sacrifiera Washington pour sauver Varsovie en cas d’attaque de la Russie. Les Polonais croient être défendus par les États-Unis. Mais ils ont commis la même erreur en 1939, quand ils ont cru que la France viendrait les défendre s’ils étaient attaqués par l’Allemagne nazie.

Quant à Angela Merkel – qui dans sa jeunesse à l’Est ne rêvait que d’Etats-Unis et de longues chevauchées motorisées sur la Route 66 - distinguons-la du président allemand qui a dénoncé lui-même “l’égoïsme national américain” lors des récentes commémorations de la chute du Mur. Il y a des voix différentes qui s’élèvent en Allemagne. Mais il est vrai que l’armée allemande est pour l’instant encore profondément otanienne … et que ses officiers généraux, comme ceux des autres pays européens, ne pourraient plus faire carrière si l’Otan venait brutalement à disparaître. Il n’y a pas que de la grandeur dans les positions politiques …

Vous évoquez l’idée de placer l’Allemagne sous le parapluie nucléaire français ?

 L’affaire des armes nucléaires est bien évidemment compliquée. La décision du feu nucléaire ne peut être prise que par une autorité politique légitime. La protection atomique ne peut–être "partagée" que s’il existe une entité politique légitime pour décider de la survie ou de la disparition des nations qui auraient admis son autorité. On en est loin. Je ne sais pas encore comment cette affaire sera réglée mais la question se posera car la France est la seule nation à posséder le feu atomique dans l’Union européenne (avec le futur départ du Royaume-Uni ndlr).

Devant ce!e Europe de la défense, certains citoyens français pourraient penser que le destin de la France n’est plus entre leurs mains…

 L’illusion serait de croire que nous maîtrisons encore notre destin. Notre destin sécuritaire est déjà aujourd’hui dans les faits dans les mains de Donald Trump. Nous ne pouvons pas monter nos opérations – au Sahel ou ailleurs - sans son approbation et le soutien de ses armées ; cela ne sera pas éternel. Il n’y aura pas d’euro-groupe de la défense s’il n’y a pas acceptation d’un abandon de certains aspects de la souveraineté. Il faudra admettre que certaines décisions ne seront plus prise au niveau national mais par une majorité qualifiée d’un groupe de nations ; il en va juste de notre survie, en tant que nation justement.

Nous n’avons pas le choix, soit on accepte ce fait ou nous disparaissons. Les nations comme la France et l’Allemagne ne sont plus grand chose dans la confrontation des grandes puissances comme la Chine et les États-Unis. Si nous voulons résister et conserver nos valeurs nous devons rester unis. La très grande majorité des Français sont, à juste titre, favorables à la construction d’une armée européenne respectueuse des identités nationales.

S’ils tiennent à leur civilisation, les Européens doivent se doter au plus tôt de moyens propres de défense : de manière réaliste, fermement mais pas à pas, en cessant de rêver à un ordre ancien définitivement disparu. Peu importe, au fond, l’appellation. Ce dont l’Europe a besoin, c’est d’une défense de l’Europe, par l’Europe et pour l’Europe, disposant d’une capacité militaire autonome et intégrée, apte à défendre ses intérêts et sa capacité à vivre comme elle l’entend.

Un tournant dans les relations Est-Ouest en Europe ?

Une journée dans la vie de l'Europe qui fera date : le chef du Kremlin Poutine et le président ukrainien Selenskyj se sont rencontrés personnellement le 9 décembre 2019 pour la première fois. Après des années de stagnation dans un conflit qui a coûté la vie à 13 000 personnes depuis 2013, selon les estimations de l'ONU,  ils se sont accordés sur un cessez-le-feu jusqu'à la fin de 2019. Cela n’a été qu’un tout petit pas, mais le résultat n’est pas moins important que l’intervention de Nicolas Sarkozy à Moscou en août 2008 qui avait sauvé l’existence de la Géorgie que le Kremlin s’apprêtait à phagociter.

Cette performance du chef de l'Etat français est probablement le début d'une nouvelle ère qui montre que l'Union européenne menée par le duo franco-allemand des origines est capable d'arbitrer entre des pays du continent, dont la grande Russie, et d'éteindre des foyers de guerre sans avoir recours aux Etats-Unis d'Amérique. Qu'Emmanuel Macron et Angela Merkel se soient tenus la main pour amener deux Etats rivaux à une politique de meilleur voisinage restera dans les annales de l'Europe. Le président Macron a fait oeuvre d'Européen.

Lors de ce sommet sur l'Ukraine au Palais de l'Elysée à Paris, de nouvelles mesures ont été prises pour trouver une solution au conflit dans l'Est de l'Ukraine. Entre autres choses, il a été convenu de mettre pleinement en œuvre la Déclaration de ce Sommet.

Ainsi, après des années de stagnation, des progrès concrets ont été réalisés dans la lutte pour la paix en Ukraine orientale. Le président français Emmanuel Macron, la chancelière Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine et son collègue ukrainien Volodymyr Selenskyj ont abordé la question en alternance pendant environ huit heures. La dernière fois qu'une telle réunion a eu lieu, c'était il y a trois ans à Berlin.

Tous les prisonniers doivent être échangés d'ici la fin de l'année.

Il est prévu d'échanger les prisonniers selon la formule "tous contre tous" d'ici la fin de l'année. Il s'agit d'un échange de 250 prisonniers de Kiev contre 100 de Luhansk et Donetsk. A ce sujet, il n'y a pas eu d'accord concret, mais seulement lunedéclaration d'intention de mise en œuvre de l'échange avec l'aide du groupe de contact dans la région et de la Croix-Rouge.

Dans un délai de 30 jours, de nouveaux points de transit doivent être mis en place pour la population de première ligne - sur la base de critères humanitaires. Outre le cessez-le-feu, un plan de déminage sera également mis en œuvre. Il y aura également une démilitarisation à trois autres points.

Poutine soutient pleinement les résultats

Selenskyj ne s'est pas dit entièrement satisfait après la conclusion du sommet : "Mes collègues m'ont dit que c'était un très bon résultat pour la première réunion. Mais pour être honnête, ce n'est pas assez pour moi", a déclaré le jeune dirigeant de 41 ans. "Au sujet du cessez-le-feu, je ne sais vraiment pas comment contrôler la situation." Il espère néanmoins que, cette fois-ci, il y parviendra. Depuis le début de la guerre en 2014, 20 accords ont été rompus.

Vladimir Poutine a décrit les résultats comme un progrès pour les habitants de la zone de guerre à l’Est de l'Ukraine. Il est important d'améliorer la vie des gens, a déclaré Poutine à Paris. Lors d'une conférence de presse avec son collègue ukrainien Selenskyj, le dirigeant du Kremlin a félicité la chancelière allemande et le président français pour leur détermination à trouver une solution au conflit. Poutine a souligné qu'il soutenait pleinement la déclaration du sommet.

En même temps, le chef du Kremlin a explicitement appelé le gouvernement ukrainien et les séparatistes pro-russes à engager le dialogue. Aucun conflit ne peut être résolu sans discussions directes. Les deux camps rejettent cette proposition depuis des années. En Russie, il a également été souligné que la déclaration du sommet stipulait que le statut spécial des régions contestées de Louhansk et Donetsk devait être ancré dans la constitution ukrainienne.

La chancelière Merkel se montre "très satisfaite"

La chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée "très satisfaite" des résultats après le sommet. "Aujourd'hui, nous avons surmonté la période de paralysie ", a-t-elle déclaré lundi soir tard après sa rencontre avec le chef de l'Etat français, le président russe et son collègue ukrainien. Des "choses réalistes" ont été convenues. "Nous continuerons bien sûr sur cette voie ».

Le président Macron a déclaré : "Je voudrais saisir cette occasion pour rendre hommage au courage politique et à la détermination du Président ukrainien depuis son élection pour ramener la paix dans le conflit à l'Est de son pays". L'objectif est d'organiser un nouveau sommet en Normandie dans les quatre prochains mois, a dit Emmanuel Macron.

La réunion a été considérée comme un important signal de rapprochement

La rencontre de Selenskyj et de Poutine dans la capitale française a été considérée comme un important signal de rapprochement. Les deux chefs d'État ne s'étaient auparavant entretenus qu'au téléphone pour désamorcer ce conflit, dangereux pour l'ensemble de l'Europe.

Dans les régions de Donetsk et de Louhansk, à l'Est de l'Ukraine, les troupes gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes pro-russes se font face. Les habitants des régions touchées de Louhansk et de Donetsk aspirent à la fin de la guerre.

Selenskyj, qui a été élu en avril, subit des pressions internes. Directement devant le siège du président à Kiev, plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre d'éventuelles concessions à la Russie pendant la nuit de lundi à lundi à des températures proches du point de congélation. Un plan de paix négocié dans la capitale biélorusse Minsk en 2015 a jusqu'à présent été en grande partie bloqué.

Ce sommet est également connu sous le nom de "Rencontre de Normandie" car la première rencontre de ce type a eu lieu en juin 2014 en Normandie. Macron cherchera à établir un dialogue global avec Moscou sur la sécurité et la stabilité en Europe. Pour progresser avec Moscou, la France estime que le conflit ukrainien doit également être résolu. Le rapprochement de Macron avec Moscou est cependant parfois suivi avec suspicion dans les pays d'Europe centrale et orientale. (AtS - Sources utilisées : Agences de presse afp et dpa, t-online.de)