Culture/Science


LA GUERRE SOURNOISE DES GAFAS 

Comment a fonctionné le GRAND PIRATAGE *

En anglais « The Great Hack »… C’est ainsi que Brittany Kaiser nomme l’énorme captation de données sur « Facebook » à des fins publicitaires et politiques auquel a procédé des années durant le programme de développement « Cambridge Analytica » (CA). Ancien cadre pendant trois ans de cette agence de communication entretemps fermée qui cachait une société de propagande politique, elle a dévoilé ses méthodes d’influence de masse dans un livre de 500 pages paru chez HarperCollins à New York et intitulé « Cambridge Analytica ». L’auteury dévoile « les dessous d’un scandale planétaire ».  CA a influencé nombre de votes majeurs dans le monde, du Brexit à l’élection de Donald Trump, mais aussi la formation de mouvements politiques. Beaucoup supposent que les Gilets jaunes français greffés sur un sentiment de malaise social, mais destinés à faire chuter le gouvernement en France, voire à détruire l’État français, sont eux aussi un produit de cette désinformation.

Planétaire, cette entreprise d’influence et de désinformation l’était, en effet, parce que 68 pays ont sollicité ses services sans compter des partis politiques comme les Républicains américains. Née à Houston en 1982, diplômée de plusieurs universités américaines et britanniques,, Brittany Kaiser a accusé surtout « Facebook » de duper ses clients en collectant leurs données personnelles. CA, déclarée Cabinet de conseil en consommation et opinion, siphonnait les données des usagers de "Facebook" qui sont au  nombre de 3 milliards dans le monde. Mais on ne peut être certain que le géant numérique américain de Mark Zuckerberg n’ait pas cédé ou vendu de son propre chef des données. En faisant effectuer tris et classements par les algorithmes, il suffisait alors de décider des messages à communiquer aux « users » en fonction de leurs goûts, préférences, objectifs et tempéraments.

CA a d’abord tenté de manœuvrer les abonnés de ces grandes machines de communication en leur diffusant des messages « effrayants » ou « rassurants », mais ce fut un échec. Alors elle a eu recours à la peur. C’est ainsi que l’on peut amener des millions d’internautes à acheter tel produit, à voter pour tel candidat ou contre tel autre, et à adhérer à tel ou tel mouvement social ou sociétal. Sans CA, très probablement, le Brexit n’aurait pas eu lieu et Trump n’aurait pas été élu. L’agence de communication a racheté les données de 88 millions de « Facebookers » américains pour « retourner » les électeurs des trois États qui ont fait pencher la balance en faveur de l’actuel président américain, le Michigan, la Wisconsin et la Pennsylvanie : 77 000 voix de plus en sa faveur et l’affaire était dans le sac.

Le logiciel permettant de façonner l’opinion de millions d’abonnés de « Facebook » s’appelait la « technologie numérique psychométrique », formule compliquée et prétentieuse cachant une réalité simple. Il s’agissait, à partir des constantes comportementales et émotionnelles quantitativement mesurables des « users » de « Facebook »,  d’amener ceux-ci à prendre les décisions voulues. C’est au lendemain du vote du Brexit que Brittany Kaiser réalisa ce qu’elle avait contribué à faire et fut prise de remords. « Je n’arrivais pas m’endormir à force de penser à tout ce qu’ils m’avaient obligée à faire », déclarera-t-elle. Elle a vu que la méthode fonctionnait à un point qu’elle n’aurait pas imaginé. Son inventeur, un de ses confrères, l’ingénieur canadien Christopher Wylie, eut les  même regrets et décida de tout révéler au journal britannique « The Guardian ». Mme Kaiser se confia elle-même sur Netflix, puis finit par révéler son identité et exposer devant le Parlement britannique les activités illégales de « Facebook », de « Cambridge Analytica » et d’autres sociétés de la même trempe.

Elle affirme qu’aujourd’hui la famille milliardaire Mercer, père et fille, propriétaires de l’ex-société « Cambridge Analytica » qui a fait élire Donald Trump est encore détentrice des données de 250 millions de citoyens américains et qu’il n’y a aucune preuve qu’elles aient été effacées. Il est dommage que les révélations de Brittany Kaiser aient été orientées plutôt en faveur de la gauche démocrate américaine et contre les conservateurs, mais il est bien possible que d’autres groupements d’intérêts émanant souvent de puissances étrangères, Chine ou Russie notamment qui ont la maîtrise des flux numériques, travaillent peut-être en sens inverse. « Les peurs sont virales. Les rhétoriques se propagent vite (…), ces modèles de rhétorique manipulatrice provoquent artificiellement des tensions, des oppositions », dit-elle. Cela ne concerne pas seulement la politique, mais aussi les sociétés qui analysent à votre demande vos données génétiques et souvent les revendent Sans compter les conseils prodigués à tous ceux qui n’ont pas accès aux banques pour gérer leurs finances.

Toujours est-il que mieux vaut ne pas confier sa vie privée aux Gafas, les quatre géants qui dominent le monde contemporain, »Google », « Apple », « Facebook » et « Amazon ». Mais peut-on l’éviter ? (JPP)

* « Paris Match » du 23-29 janvier. « Manipuler les élections ? C’est la norme désormais », Interview de Brittany Kaiser par Anne-Laure Le Gall et Catherine Schwaab


Vienne chante Beethoven

On célèbre en 2020 le 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven.

La capitale autrichienne ne pouvait pas manquer ce rendez-vous. Viennois d’adoption, le compositeur y a passé trente cinq ans de sa vie, y écrivant ses œuvres les plus célèbres , dont la Symphonie n° 9, La pastorale et son seul opéra, Fiedlio.au point de marquer profondément la ville et ses habitants. A sa mort en 1827, plus d’un Viennois sur dix a assisté à ses obsèques.

A l’occasion de son anniversaire, Vienne rend hommage à l’artiste à travers plus d’une centaine d’évènements. Le programme très varié mêle expositions, concerts et opéras, à enrichir entre autre pas une visité au musée dédié à l’artiste, inauguré fin 2017, ou encore par la découverte de la Frise Beethoven. Une œuvre monumentale peinte par Klimt en 1902, célébrant le compositeur, exposée au Palais de la Sécession. (Wien.info)


Un changement de civilisation : retour triomphal de la petite reine

Les Français vont-ils se déplacer à bicyclette à l’instar des Danois et des Hollandais ? C’est ce qui pourrait arriver suite à la grève des chemins de fer et des métros menée par le syndicat communiste CGT au tournant des années 2019-2020 contre le gouvernement Macron. A titre d'exemple, mesurée sur 37 sites parisiens rien qu'entre le 28 novembre et le 12 décembre 2019, la circulation cycliste avait augmenté de 133%. Pendant que des embouteillages monstrueux obstruaient les rues et les routes, les cyclistes ont fait leur apparition par milliers dans Paris et dans quelques grandes villes avec parmi eux un grand nombre de trottinettes. Ces transports à deux roues se sont glissés entre les automobiles.

Le mouvement de grève a bousculé les habitudes des Français, accros de la voiture à un seul occupant, et l’on pense que la moitié de ceux qui ont eu recours au vélo pendant cette période hivernale de grèves vont conserver cette habitude, à plus forte raison quand reviendront le printemps et l’été. Se sont ajoutés bien entendu les vélos électriques utilisés à l’achat comme en libre service. Et là, clients et usagers seront encore plus fidèles. Pas besoin de permis, ni de carburant, ni d’assurance, ni de vignette fiscale. Plus commodes à garer qu’une voiture et non-polluants alors que les citadins souffrent de plus en plus d’une pollution meurtrière. Ces électro-vélos ne sont certes pas encore parfaitement au point. Ils sont relativement dangereux parce que tous ceux qui les enfourchent ne maîtrisent pas leurs accélérations, et qu’on ne peut recharger leur batterie qu’un millier de fois. Ensuite, il faut en acheter une nouvelle à 600 €. Mais en ville ils sont moins encombrants et là comme à la campagne bien moins cher et qu’une automobile.

Les seuls à s’en plaindre sont les piétons. Car les fameuses zones piétonnières, créées de plus en plus souvent dans les grandes villes de France,  souvent contre la volonté des fabricants de voitures, sont certes interdites aux quatre roues mais pas aux deux roues. « Un individu à vélo se comporte de la même manière qu’un automobiliste vis-à-vis des plus fragiles, en l’occurrence les piétons », se plaint un piéton militant à un journal. C’est-à-dire de façon abusive et autoritaire, voire insultante. Cette remarque est vraiment exagérée. Les automobilistes français respectent en règle générale les piétons et les laissent traverser dès qu’ils en témoignent l’envie. Ajoutons que beaucoup de piétons pourraient rouler à vélo. Cela leur ferait gagner du temps. Le vélo, s’il a de bons freins, est respectueux et sûr.

Certes, le cycliste est souvent obligé de rouler sur le trottoir, ce qui en France, à la différence de l’Allemagne, n’est pas sanctionné, mais c’est une nécessité. Il y a encore trop de voitures et pas suffisamment de pistes cyclables. Le danger est plutôt la trottinette électrique, plus instable que le vélo mais souvent plus rapide que lui. On ne l’avait pas attendue. Elle a fait son apparition inopinément. Elle s’insinue partout. Elle devra être régulée, peut-être limitée.  On ne l’entend pas arriver et l’on n’est pas sûr qu’elle puisse freiner. Toujours est-il que son usage sur les trottoirs est déjà interdit. Fragiles ces trottinettes parmi les voitures…

Un qui doit se retourner dans sa tombe, est Karl Marx. Après l’échec de sa théorie économique dans tous les pays où elle a été appliquée, voilà que le principal effet de la dernière lutte de classes qu’il appelait de ses vœux est de booster l’usage de machines individuelles qui n’existaient pas quand il écrivait le « Manifeste communiste ». Cette révolution collatérale n’a pas que des effets positifs.

Elle a accru les transports en voitures et surtout en bus tout en causant beaucoup de tort au commerce et au tourisme. Un des grands gagnants de la grève en France est le réseau allemand d’autobus Flixbus qui a augmenté ses tarifs et multiplié ses parcours sur les routes de France. Les trains et métros non polluants sont bloqués par la CGT que les autres syndicats imitent par contagion et pour ne pas se laisser déborder par « leur base » (la « base » étant formée des manifestants qui crient plus fort que les autres).

Le moteur à essence et diesel très polluant occupant désormais le haut du pavé en attendant la voiture électrique ou à hydrogène. Mais beaucoup mourront avant, les poumons encrassés. (Max Gross -28/12/2019)


Le prétendu déclin de l‘intelligence

La mesure chiffrée de l’intelligence n’est pas un fait nouveau. Le quotient intellectuel, ou QI établi par un texte psychométrique est connu du monde entier. Il avait été créé au début du 20ième siècle pour dépister les élèves en difficulté et leur faire bénéficier d'un soutien et il a fait l’objet de nombreuses critiques méthodologiques et théoriques, car on ne peut pas vraiment définir l’intelligence qui se situe en tout cas quelque part entre la déficience mentale et le haut potentiel des surdoués. 

Des dénigreurs des civilisations européenne et américaine cherchent en tout cas de nos jours à accréditer l’idée que le QI global de la civilisation occidentale est en train de chuter ; que ses  citoyens sont de moins en moins intelligents ; que leur mode de vie consumériste et télévisionnaire fait d’eux des ânes ; que leur démocratie nivellatrice et anti-élitaire les rend débiles ; et que, de ce fait, la civilisation occidentale court à sa perte. Si nous nous en laissons persuader, c’est effectivement ce qui peut se passer conformément à la loi des prophéties autoréalisatrices.

Les jeunes d’aujourd’hui sont particulièrement visés. Il paraît que la pratique d’Internet et du smartphone les ampute de leurs neurones. Or, ce n’est pas du tout l’impression que nous avons d’eux, mais c’est ce que les gérontocrates prétendent. C’est plutôt la contamination par des idéologies postmarxistes et des superstitions médiévales et leur contingent de sottises qui tuent l’intelligence européenne : créationnisme, déterminisme, culte des miracles, des fétiches et des reliques, envoûtements et malédictions, visions apocalyptiques et collapsistes, etc. Ces fantasmes sont importés d’autres continents et d’autres siècles. 

La vérité est que les jeunes d’aujourd’hui ne supportent pas d’être ignorants. Au lieu de se laisser gaver de connaissances superflues, ils prennent l’initiative de consulter immédiatement leur portable ou leur pc si une interrogation les interpelle. Ils connaissent tous les raccourcis d’Internet pour aboutir à une information ou à un résultat. Ils sont informés sur presque tout et en savent plus que les générations d’avant Internet qui s’accrochent à leurs vieilles habitudes. Aussi veulent-ils être traités en citoyens adultes.


Les méfaits de l’intelligence collective  

Il était seul. Il n’avait que 24 ans. On était en 1975.  Il écoutait des jeunes de son âge parler des ordinateurs, ces monstres pesant plusieurs tonnes capables de faire en quelques secondes ou minutes des calculs qui auraient requis des années pour des équipes de mathématiciens. Adolescent, il avait lu quelque chose à ce sujet et cela l’avait fortement impressionné. Il s’est dit que, si on mettait de tels engins à la portée de chaque individu, cela changerait bien des choses. Personne n’y avait pensé avant lui.

Steve Wozniak anticipait l’ère de la communication numérique et de l’ordinateur portable branché sur un clavier. Le jour même, assis tout seul à son bureau,  il se mit à dessiner les circuits d’un petit calculateur et ne quitta plus son siège travaillant jour et nuit à la réalisation de son idée. Au bout de trois mois, l’appareil fonctionnait. On pianotait sur le clavier et des lettres apparaissaient à l’écran. Une nouvelle ère de l’humanité commençait, la troisième révolution industrielle.

Avec son camarade Steve job, Wozniak créa la société Apple Computer Company qui est aujourd’hui un des plus puissants groupes industriels au monde. Et tout cela, parce qu’il avait travaillé seul, comme les grands inventeurs des temps passés, d’Archimède à Galilée et Newton. Il n’avait pas perdu de temps en débats et conférences, en meetings et votes qui l’auraient déconcentré. 

Le modèle de la ruche

De nos jours, la mode est au travail collectif. C’est le système de la ruche ou de la fourmilière. Il est vrai que chaque fourmi ou chaque abeille n’est pas intelligente, mais que leur organisation collective à base essentiellement de communication olfactive ou gestuelle est infiniment plus intelligente que l’insecte isolé et a permis à ces espèces, surtout les fourmis,  de devenir une des plus répandues au monde, plus nombreuse en quantité d’individus que l’humanité elle-même. Mais est-ce que, chez les humains, le collectif, si prisé par les marxistes-léninistes et maoïstes, mais aussi par les fascistes et nazis, mène au succès comme chez les insectes ?

L’histoire du XXème siècle a plutôt démontré le contraire. Naturellement, une équipe de football ou de basket, un commando ou une brigade militaire, une équipe de pompiers, un groupe de commerciaux dans un supermarché, ne peut être que collective, mais s’il s’agit de performances intellectuelles ou scientifiques, d’innovation, voire d’art et de littérature, les solitaires ont plus de chance d’arriver au but. Le collectif crée ce qu’Adam Grant et ses collègues de la Wharton Business School de Pennsylvanie appellent le « collaborative overload », la surcharge collaborative.

Selon notre propre expérience, les réunions d’enseignants et de représentants des étudiants gagnés par une idéologie participative et partageuse tuent les universités. Ils s’usent à palabrer et voter. En outre, le travail de groupe, le « team working » a plutôt tendance à marginaliser les créateurs et inventeurs. Ceux qui ne participent pas activement à la dynamique du groupe sont déclarés « intravertis », ce qui veut presque dire « asociaux », tandis que ceux qui sont sous les feux de la rampe, les « extravertis » sont jugés positivement. Or, ce sont pour la plupart des communicants et non pas des créateurs. Une avocate de formation jadis installée à Wall-Street, aujourd’hui maître de conférences,  Susan Cain, a écrit un livre intitulé « La force des discrets. Le pouvoir des introvertis dans un monde trop bavard » (Poche).

Elle démontre qu’il y a dans nos sociétés autant d’extravertis que d’intravertis et que les uns ne sont pas plus intelligents que les autres, mais que notre société défavorise les seconds, relégués sur la touche. Elle a fait une expérience qui montre que les gens perçoivent celui ou celle qui est le plus éloquent – souvent le hâbleur – comme plus intelligent, plus sympathique et même… plus beau ou plus belle. Les chercheurs américains Cameron Anderson et Gavin J. Kilduff ont démontré quant à eux que le charlatan qui s’impose par la parole est automatiquement considéré comme plus compétent. Déjà, à l’école, celui qui prend souvent la parole a plus de chances d’être bien noté. Il bénéficie de l’effet « auréole », ce que les chercheurs américains appellent le « halo effect ».

Plus le groupe est important, moins il est efficace

Mais la croyance selon laquelle le travail de groupe est plus efficace est tenace. Elle date au moins de 1948, quand l’expert en publicité américain Alex Osborn publia son livre « Your creative Power ». Il y affirmait que les propositions émises par les membres d’un groupe fertilisent réciproquement la créativité du groupe dont les conclusions finales augmentent ainsi en qualité. Il suffisait donc de former un groupe d’individus bien choisis que l’on encourageait à s’exprimer librement et sans tabous. C’est le fondement de la théorie du « Brainstorming », venue elle aussi des États-Unis. Cette théorie ne fonctionne, hélas, pas souvent. Il a même été démontré que plus un groupe est important moins il travaille efficacement et moins il a d’idées brillantes. C’est ce qu’a prouvé le psychologue du University College à Londres Toms Chamorro-Premuzic, spécialiste des questions d’organisation. Il a étudié les processus de travail de quelques 800 équipes de travail collectives et a déduit que « les individus ont avec une très forte vraisemblance davantage d’idées originales s’ils ne communiquent pas avec d’autres individus ».

Le groupe engendre le conformisme en stimulant l’instinct d’adaptation au collectif. Notre tendance à travailler en groupe est-elle donc un symptôme de cette perte d’intelligence qui nous menace ?

                                                                             (JPP - d’après l’hebdomadaire « Die Zeit » du 2.11.19 - Kerstin Bund, Marcus Rohwetter)


 L’homme ne serait pas un être pensant ? 

Nous savions déjà que ce n’est pas le volume de notre cerveau qui détermine l’intelligence, mais que c’est le nombre et l’interconnexion de ses synapses qui est déterminant. Notre cerveau de 1350 cm3 est en moyenne moins volumineux que celui du Neandertal qui avait 1500 à 1600 cm3. S’ajoute quand même que le rapport cerveau-masse corporelle a diminué, les hommes actuels étant plus grands que Neandertal et que c’est sans doute un handicap.  Cependant, depuis que le penseur de la paléoanthropologie Pascal Picq nous a fait douter de la notion de progrès qui était jusqu’alors un dogme parmi ses collègues, notamment dans l’évolution humaine. L’idée que nous régressons se répand en Europe. Pierre Theilard de Chardin (1881-1955), prêtre jésuite et paléontologue, avait tenté de réconcilier la théorie de l’évolution avec la doctrine catholique en affirmant grosso modo que l’homme devenait de plus en plus divin. En réalité, en jetant un coup d’œil en arrière sur le 20ème siècle, on a plutôt l’impression que l’homme devient de plus diabolique.

L’esprit plat

Voici qu’est née une nouvelle théorie qui alimente cette philosophie du déclin de l’homme. C’est la « Théorie de l’Esprit plat » exposée dans le livre « Et si le cerveau était bête ? » (titre original : « The Mind is Flat : The Illusion of Mental Depth and The Improvised Mind" ») paru fin 2018 aux Éditions Plon.  L’auteur, Nick Chate, chercheur à l’université de Warwick, estime avoir révolutionné la connaissance de l’homme en affirmant que notre intelligence n’est qu’une illusion que nous entretenons pour nous faire plaisir et nous mettre sur un piédestal. Il combat surtout le mythe de la profondeur de notre esprit. En fait, il n’y aurait rien derrière notre pensée, ni souvenir cohérents, ni subconscient ou inconscient, ni  le moi, ni le sur-moi chers aux psychanalystes, ni complexes et inhibitions, rien que des réactions immédiates adaptées à la situation. Est-ce cela ne fait pas de nous des animaux ?

L’idée de « platitude » de notre esprit a été bien accueillie par la communauté scientifique. Elle est dans l’esprit des temps et c’est ce qui nous inquiète. En particulier Petter Johansson, chercheur en psychologie expérimentale à l’université de Lund en Suède, s’est jugé confirmé dans ses observations. L’excellente revue française « Science et Vie » (n° 1223 d’août 2019 p. 60 à p. 75) a consacré plusieurs articles aux idées de Chater en citant de nombreux scientifiques séduits par celles-ci. Citons : « Notre perception si riche ? < Un mirage >, balaie Ronald Rensink, professeur en cognition visuelle (université de Colombie Britannique, Canada). Notre pouvoir d’imagination illimité ? <Une construction mensongère>, assure Stephen Kosslyn, professeur émérite en psychologie cognitive à Harvard. Nos connaissances, notre raison, notre libre arbitre ? <Pour beaucoup des approximations, des interprétations et des histoires qu’on se raconte>, assène Albert Moukheiber, docteur en neurosciences cognitives (université de Paris 13) ».

Dans une interview de cette revue, Nick Chater a eu le front d’affirmer : « Pour l’instant, aucune étude, à ma connaissance, n’a contredit ma théorie ». Mais attendons un peu. Sa théorie n’est pas si nouvelle qu’elle en a l’air. Une lecture rapide de ses textes et de ceux de ses admirateurs n’est pas sans rappeler la théorie du conditionnement du physiologiste russe Ivan Petrovitch Pavlov (18491936), prix Nobel de physiologie ou médecine de 1904. Pour ne pas parler du « Behaviorisme » américain. Comme ces anciennes théories, celle de Chater vise à affirmer que nous en sommes que des coquilles intellectuellement vides, pratiquement des systèmes neuro-végétatifs qui s’imaginent être des penseurs. En d’autres termes, nous sommes bêtes. 

Le chien de Pavlov 

Sommes-nous tels le chien de Pavlov qui se met à saliver au son d'une clochette parce qu’il a été dressé à le faire ? Ses travaux sur le fonctionnement de l'appareil digestif avaient valu au physiologiste russe son prix Nobel de médecine en 1904.  Le chien conditionné n’était qu’un produit collatéral de ses expériences. Mais il fit sa célébrité. Ses observations parurent ensuite dans son ouvrage intitulé « Les réflexes conditionnés ». Pavlov y ouvrit une polémique où il déplorait l'intervention de la psychologie dans la compréhension du fonctionnement cérébral à l'aube du xxe siècle. Il aurait préféré que cette étude demeurât dans le giron de la physiologie... Donc aucune intervention de l’intelligence chez ce chien. Et chez l’homme ? Aucun savoir dans l’alimentation  humaine, sans souci du bon goût culinaire, de la perception des couleurs et des odeurs, de l’agencement des plats ni de ce que l’on sait de l’origine des ingrédients. Aucune culture mais des réflexes…  Sommes-nous des chiens ? Nous n’avons rien contre ces braves toutous, mais…

Le Behaviorisme ou comportementalisme américain, est un paradigme de la psychologie scientifique selon lequel le comportement observable est essentiellement conditionné soit par les mécanismes de réponse réflexe à un stimulus donné, soit par les interactions de l'individu avec son environnement... Ce courant est apparu à la fin du 19ème siècle avec l’ouvrage d’Edward Thorndike, « L’intelligence Animale » (1898). John Broadus Watson aux États-Unis et Vladimir Bechterev en Russie en furent les vrais fondateurs. Watson a défini cette théorie ainsi : “Le behaviorisme prétend que le domaine de la psychologie humaine est le comportement humain. Il estime que la conscience n’est un concept ni défini ni utilisable”. De ce fait, la psychologie ne serait pas la science de l’esprit. Cette vision nie en fait jusqu’à l’existence de la culture.

Perception culturelle seulement après coup ?

On peut opposer à Watson dont les idées sont très proches des expériences de Pavlov, comme quoi il est possible de décrire et de comprendre les comportements humains à l’instar de ceux des animaux, et donc de les guider sans interférence de processus psychologiques internes, qu’une réaction humaine ne peut être seulement décrite du dehors, mais qu’elle doit aussi être comprise du dedans. Déjà le langage qui nous différencie considérablement des animaux (encore que ceux-ci, surtout les primates et des oiseaux, aient des formes de communication sonore), nous apporte une perception culturelle du monde. C’est parce que nous avons reçu des valeurs et principes dont certains sont probablement innés (tels le besoin de liberté et d’autonomie de l’individu et la propension à la soumission chez les faibles) que des dissidents surgissent dans les régimes totalitaires pour s’opposer à la manipulation et oppression d’État qui fait des hommes des moutons bêlants et craintifs. Ces fortes personnalités prouvent que tous les humains ne peuvent pas être déplacés arbitrairement comme des pions sur l’échiquier politique ni traités comme des animaux d’élevage dans un système étatique qui prétend être leur « éducateur ». Or, le behaviorisme et la théorie de « l’esprit plat » visent à « saper l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, à dévoiler que notre identité profonde repose sur du vent ».

Selon les behavioristes, si quelqu’un se déclare heureux, cela se traduit par une extériorisation de son état physique – augmentation du rythme cardiaque, sourire, etc. Si aucun de ces phénomènes extérieurs n’est visible – le béhavioriste conclurait alors la personne n’est pas vraiment heureuse. Si le chien ne salive pas au son de la clochette, Pavlov conclurait qu’il n’a pas faim. Peut-être en est-il ainsi de l’homme adapté qui incline à la soumission. Mais que penser alors de la faim de lecture, d’art, d’amour ? Ce qui frappe dans les expériences citées par la revue « Science et Vie » autour de la théorie de Nick Chater, c’est leur lien très fort avec les réactions physiologiques. Ainsi, selon elle, notre cœur se met  battre plus vite en présence d’un danger. Ce qui induit une réaction émotionnelle que notre cerveau reconstruit en lui donnant un concept culturel : la peur. Mais la réaction psychologique est là avant sa définition mentale qui n’est qu’un mot pour cerner l’accélération du rythme cardiaque.

On peut donner aux « Chateriens » -appelons-les ainsi- raison en ce sens que notre cerveau nous trompe et que sa rapidité de connexion nous fait croire que l’interprétation provient du tréfonds de nos âmes. Cette tromperie du cerveau est bien connue notamment en matière digestive (on revient à Pavlov), par exemple en coupant notre faim quand nous pensons avoir mangé. Mais est-ce que cela ne démontre pas justement la puissance du cerveau ? Par ailleurs, il est incontestable que le cerveau est utilitariste. Sélective, la mémoire refoule les souvenirs inutiles. Les perceptions sans intérêt sont éliminées au profit de celles d’actualité et d’utilité pressante. Cela a permis à l’homme de survivre.

Pas de culture sans surinterprétation

C’est certain que nous surinterprétons nos réactions et attitudes, que nous les parons des mille feux d’une culture qui nous a été inculquée. En cela, nous devons donner raison à Chater et co. Mais, sans cela il n’y aurait ni littérature, ni art, ni sciences. Mais nous ne naviguons pas d’émotion en émotion. Il y existe même une pensée qui nait de la pensée et non pas de perceptions externes : la philosophie.

Et si la théorie de la bêtise conçue par Nick Chater n’était qu’une tromperie pour les sots ? Ce ne serait pas très inquiétant si cette vision d’un homme physiologiquement robotique ne favorisait pas la résurgence de courants politiques fascisants ou collectivistes qui peuvent s’en servir pour leur propagande totalitaire. Il n’est plus guère possible aujourd’hui de soumettre à une idéologie comme l’ont fait Lénine avec « le prolétariat » ou comme Hitler avec « les masses » ? Mais la nouvelle psychologie peut faire d’eux des automates. Nous assistons aujourd’hui dans nos société à des certains phénomènes de masse qui ne relèvent vraiment pas de l’intelligence et de la culture mais plutôt de « l’esprit plat ». (JPP -  5/12/2019)


L’intelligence en chute libre en Europe ? 

La pertinence des tests de QI (Quotient Intellectuel) fait polémique. Faut-il prendre au sérieux des études internationales du QI visant à prouver l’apparition d’une tendance alarmante qui se dessine en Occident. D'après plusieurs études récentes, une baisse généralisée du QI serait effective, tout particulièrement en Europe, depuis une quinzaine d'années. Serions-nous devenus plus stupides qu'autrefois et pourquoi ? Mais cette tendance ne fait-elle pas partie de l’« Europe Bashing » visant à nous décourager et déstabiliser, à nous dévaloriser et culpabiliser ? En fait, ces études mélangent un peu tout et ne sont pas très convaincantes. Il convient de s’en défier, mais nous devons en tenir compte si nous voulons tirer partie de nos erreurs.

La récente inversion de l'"effet Flynn"

Une baisse progressive du QI dans tout l'Occident

A l'inverse d'un 20e siècle marqué par l'augmentation radicale et généralisée du QI moyen en Occident, la tendance du 21e siècle est à la baisse, en Europe du Nord tout particulièrement.

Ce phénomène s'apparente à une inversion du fameux "effet Flynn", décelé par le chercheur néo-zélandais James R. Flynn, qui expliquait la hausse du QI moyen au 20ème siècle par l'amélioration des conditions sanitaires et l'accès généralisé à l'éducation.

Selon une étude publiée en 2013 dans la revue scientifique « Intelligence, » c'est chez les Britanniques que le phénomène est le plus flagrant. On observe en effet une chute de 14 points entre 1999 et 2013, avec un score moyen de 100. A en juger par le référendum qui a produit le Brexit sou David Cameron et les péripéties politiques qui ont suivi sous Theresa May, puis sous Boris Johnson, on est tenté de penser que cette dégradation touche surtout les milieux politiques au Royaume Uni.

En France, le phénomène est moins alarmant mais tout aussi réel. On y note en effet un recul de près de 4 points, depuis le début des années 2000, avec un score moyen de 98. A en juger par le mouvement des Gilets jaunes et les grèves et manifestations permanentes traduisant une hostilité accrue à la valeur travail dans notre pays, on ne s’en étonnera pas.

La même tendance s'observe en Australie, aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège et en Suisse...

"Nous devenons de plus en plus stupides, ça se passe maintenant et cela ne va pas s'arrêter" assène sans détour Edward Dutton, (Ulster Institute for Social Research, Royaume-Uni) dans le documentaire « Demain, tous crétins ? », diffusé sur ARTE en novembre 2017.

Autre confirmation qui vient d'une étude sur le quotient intellectuel de 730 000 Norvégiens ayant fait leur service militaire entre 1970 et 2009 : le QI moyen a baissé de 7 points en une génération.

De quoi piquer la fierté de l'Homme qui se gargarise de son "évolution" sans limite...

Les plus forts QI se retrouvent en Asie, puis en Europe

Les recherches effectuées par le britannique Richard Lynn, professeur émérite de psychologie à l'Université d'Ulster (Irlande du Nord) et le finlandais Tatu Vanhanen, professeur émérite de science politique à l'Université de Tampere (Finlande), ont permis d'établir un classement des QI moyens dans plus de 80 pays, entre 2002 et 2006[1]. En voici un échantillon avec les pays ayant les plus forts QI. La palme revient à deux cités enclaves d’Asie mais on est étonné qu’Israël figure presque au bas de cette liste, car l’État hébreux semble avoir la plus forte proportion d’inventeurs et savants au monde. Ce qui met en question ce classement. Ainsi le QI moyen par pays aurait été entre 2002 et 2006 à Hong-Kong et Singapour de 108 ; en Corée du Sud de 106 ; au Japon de 105 ; en Chine de 105 ; à Taiwan de 104 ; en Italie de 102 ; aux Pays-bas, en Norvège et en Grande-Bretagne de 100 ; en Belgique, en Allemagne, en Finlande, en Pologne, en Suède de 99 ; en Espagne, aux États-Unis et en France de 98 ; en Biélorussie, Russie et Ukraine de 97 ; en Israël et au Portugal de 95 ; en Grèce et en Irlande de 92.

Pourquoi le QI moyen diminue-t-il en Europe ? 

Contre toute attente, il paraît difficile d'incriminer les systèmes éducatifs des pays touchés par la baisse de QI - certains étant très bien classés dans les études PISA.

Par contre, de plus en plus de chercheurs attribuent à ce phénomène marquant des causes environnementales.

Le rôle troublant des perturbateurs endocriniens

L'une des explications de la baisse du QI moyen en Occident serait liée à la prolifération des perturbateurs endocriniens [2], qui agissent sur l'équilibre hormonal et entravent notamment l'action de l'iode, élément chimique essentiel au développement cérébral.

Un grand nombre des molécules inventées par la chimie pour les besoins de l'industrie, parce qu'elles contiennent d'autres halogènes que l'iode, sont susceptibles d'interférer avec le système thyroïdien et de l'empêcher d'orchestrer harmonieusement le développement du cerveau”, explique Barbara Demeinex, physiologiste et auteur du « Cerveau endommagé ».

L'iode est un oligo-élément essentiel à la production de l'hormone thyroïdienne. Une carence en iode entraîne un dysfonctionnement de la thyroïde. Le goitre (glande thyroïde hypertrophiée) et le crétinisme en sont des manifestations extrêmes.

Soulignons qu'un déficit en iode chez la mère entraîne des troubles de l'attention, de l'hyperactivité et une baisse du QI chez son enfant. Or, les produits de notre quotidien (cosmétiques, aliments, vêtements, canapés, TV, ordinateurs...) contiennent des molécules chimiques (comme les PCB, retardateurs de flamme, bisphénols et pesticides) fabriquées à partir de Fluor (F), Brome (Br) et Chlore (Cl) qui sont confondus avec les hormones thyroïdiennes par notre organisme. Résultat : le développement de nos capacités cognitives est contrarié.

Les pesticides diminuent le QI

 Soulignons le cas du chlorpyrifos, un insecticide et un acaricide utilisé sur les cultures, les animaux, les pelouses et que l'on retrouve dans tous les fruits et légumes, le sol et l'eau jusque dans l'urine des enfants et le cordon ombilical des femmes enceintes.
Censé remplacer le tristement célèbre DDT en 1965, ce produit a des effets qui « semblent être permanents, irréversibles et à vie » sur le développement neurologique des enfants exposés.

"Un certain nombre d’études montrent que les enfants exposés au chlorpyriphos dans le ventre de leur mère ou au début de leur vie peuvent souffrir de troubles du développement neurologique à un âge plus avancé - en causant des changements structurels dans le cerveau en développement, pouvant entraîner une diminution des capacités cognitives, telles que la baisse du QI et la perte des capacités de mémorisation", précise l’ONG HEAL.

En août 2019, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a affirmé que "le pesticide chlorpyrifos ne satisfait pas aux critères requis par la législation pour son renouvellement en tant que substance approuvée dans l’Union européenne." Il devrait donc être interdit dans l'Union Européenne en 2020.

L'hypothèse génétique et sociologique

D'après les conclusions d'une étude génétique, parue en 2016 dans la revue PNAS, on peut présupposer un facteur démographique dans la régression du QI moyen observée en Occident. Cette hypothèse part du constat que, parmi les individus à QI élevé, la propension à avoir des enfants serait moindre, du fait de l'engagement dans des études supérieures longues. Il y aurait à ce titre une sous-représentation de ces individus au sein de la population totale.

 Alors que, jusqu’au 19ème siècle environ, les individus à QI élevé avaient sans doute plus de chances de pouvoir élever décemment une famille. C’est surtout la possibilité de carrières ouvertes aujourd’hui aux femmes qui freine la natalité chez celles qui réussissent dans leur profession. Un dilemme que la législation s’efforce de résoudre, mais imparfaitement.                 

La consommation de cannabis en question

En cause également, la consommation généralisée de cannabis en occident, dont les effets sur le cerveau ne sont plus à prouver. Troubles de mémoire, dépression des années après la consommation, etc. D'après certaines études, la consommation régulière et excessive de cannabis pourrait provoquer une baisse de QI de près de 8 points.

Toujours plus de télévision et d'abrutissement

Nous pouvons enfin émettre l'hypothèse d'un abrutissement généralisé, dû au temps accru passé devant la télévision.

D'après les enquêtes annuelles de Médiamétrie, un Français passait en moyenne 3 h par jour devant la télévision en 1989. En 2016, la durée d'écoute individuelle (DEI) quotidienne du média télé s'est établie à 3 heures et 52 minutes ! Autrement dit, nous passons 60 jours par an devant la télévision...

Outre la qualité déplorable des programmes, regarder la télévision entraînerait des effets non négligeables sur les fonctions cognitives, chez les plus jeunes notamment. « Regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de trois ans, même lorsqu'il s'agit de chaînes qui s'adressent spécifiquement à eux », souligne même le CSA.

Des retards de développement sont donc imputables à l'utilisation de ce média, ainsi que des troubles de l'attention qui peuvent également contribuer à la baisse du QI. Mais nous ne sommes pas persuadés que la télévision soit globalement nocive. Nous constatons une information accrue de nos concitoyens en matière scientifique, historique, artistique, musicale, et ce, grâce à la télévision. Davantage de personnes s’intéressent à ces domaines. Cela reste superficiel, certes, mais l’intérêt est là.

De plus en plus de personnes stupides et démentes ?

Le vieillissement de la population mondiale entraîne une augmentation du nombre de personnes atteintes de démence sénile. Ainsi, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de personnes atteintes de démence devrait tripler dans les 30 prochaines années, passant de 50 à 152 millions d'ici 2050.

« La maladie d'Alzheimer est le type de démence le plus courant et représente 60 à 70 % des cas. Les autres types courants sont la démence vasculaire et les formes mixtes » (OMS)

Outre la détresse psychologique et morale liée à la démence, cela représente un coût de plus en plus élevé, estimé à 818 milliards de dollars, soit plus de 1% du produit intérieur brut mondial, indique l'OMS qui alerte : « d'ici 2030, il devrait avoir plus que doublé pour atteindre 2 000 milliards de dollars, un coût qui pourrait nuire au développement social et économique et submerger les services sociaux et de santé, y compris les systèmes de soins de longue durée. »

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  1. Les deux chercheurs ont publié en 2002 un essai intitulé « IQ and the Wealth of Nations ».
  2. « Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants » (OMS)