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L’Allemagne aujourd'hui est-elle un État ou une société ?

À l'heure où l'Union Européenne risque de se briser comme le Titanic sur d'énormes icebergs, l'État européen le plus puissant est presque sans gouvernement. Son économie florissante est au bord de la récession. La situation n’est pas aussi grave qu’à la fin de la République de Weimar, avant l’avènement du nazisme, mais cela nous inquiète un peu, l’Allemagne étant ce qu’elle est. Devant la proue de l'Europe, nous voyons surgir des icebergs tels le populisme d'État hongrois et polonais et le populisme partisan en Italie, en France, en Allemagne, en Espagne et ailleurs ; le manque de financement sérieux pour les vraies priorités politiques ; les négociations surréalistes du Brexit ; le chantage américain dans l'OTAN et la domination russe sur la côte méditerranéenne du Moyen-Orient ; sans parler de la guerre russe dans l'Est de l'Ukraine. En outre, avec des moyens politiques et cybernétiques, Moscou soutient des partis et des groupes radicaux dans l'UE.

Partis antisystème

Le 10 février 2020, un meurtre collectif raciste et prémédité dans la petite ville de Hanau en Hesse a secoué la scène politique allemande. A plus petite échelle, cet acte est comparable au massacre de Breivik à Oslo en 2011 et à celui de Brenton Tarrant à Christchurch en 2019. Les mass-médias ont invoqué simultanément le spectre du nazisme et le terrorisme d’extrême droite actuel. Or, il s’est trouvé que des élections nationales ont eu lieu à Hambourg le 23 février. L'opposition d'extrême droite en a pâti mais pas excessivement. Son parti, l’Alternative pour l'Allemagne (AfD), a perdu 0,8 % de ses voix. Avec néanmoins 5,3 %, elle reste présente au parlement régional. Elle est solidement implantée.

Lors de ces élections de Hambourg, la CDU chrétienne-démocrate a perdu -4,7 % de ses voix : cet ancien grand parti populaire a chuté à 11,2 %, son plus mauvais résultat à des élections régionales en près de 70 ans. Le SPD social-démocrate a perdu 6,6 %. Avec 39 % des voix, il cnserve toutefois la mairie de cette ville hanséatique, avec les Verts qui ont fait un bond de +11,9 % à 24,2 %. Une grande partie des électeurs du SPD (32 000) a migré vers les Verts. Ce n'était qu'une élection régionale, mais elle est très significative.

Bien sûr, l'AfD et le parti nazi NSDAP ne sont pas comparables bien que la nostalgie hitlérienne, ancrée notamment dans le groupe "Der Flügel" de Björn Höcke, soit inscritedans fasse partie de l’ADN de l’AfD. Peut-on définir ce parti par les termes "populisme" ou "néo-fascisme". Ils sont trop généraux et trop vagues. Selon le politologue Wilhelm Heitmeyer, il s'agit en l’occurrence d'un "parti extrémiste, national, autoritaire" qui vise à "déstabiliser" l'État démocratique. Par exemple, l’AfD a récemment réussi à déclencher une crise politique à Berlin en apportant son appui à l’élection d'un premier ministre libéral en Thuringe.

Certes, plus que tout autre État en Europe, la République fédérale d'Allemagne est, pour des raisons historiques, allergique au nazisme et résistante au marxisme. Mais c'est précisément pour cette raison que s’y constituent (comme ailleurs en Europe) des groupes protestataires qui rendent hommage à ces idoles idéologiques du 20ème siècle. Ils savent exactement où cela fait mal et jusqu'où on peut frapper sans se faire pincer par la justice. Ils ne forment pas une véritable opposition parlementaire. Ils sont "anti-système", comme le fut le NSDAP en son temps. Leur objectif est d’éliminer la démocratie et l’économie libérale et même s’ils proclament le contraire, on se doute bien que c’est ce qui se passerait s’ils arrivaient au pouvoir.

Le virus vait été éradiqué en 1945 et à nouveau en 1989, mais des métastases sont restées. La plupart des partisans de l'AfD, et aussi de Die Linke, le parti de la gauche néo-communiste, ne les voient pas. Les métastases sont invisibles et généralisées.

Un mêli-mêlo de six partis

De 1949 à 1983, les partis radicaux (DKP, Reichspartei, NPD, Républicains) avaient été tenus en échec pour cause d’inconstitutionnalité et ne pouvaient s’enraciner qu’au niveau régional. L'État conforme à la Loi fondamentale de 1949 était dirigé par un gouvernement tripartite: la CDU/CSU chrétienne-démocrate et chrétienne-sociale, le SPD social-démocrate et le FDP libéral. Ainsi, la démocratie constitutionnelle allemande a-t-elle bien fonctionné et surmonté tous les obstacles, y compris l'infiltration par la Stasi pendant la Guerre froide et le terrorisme de la Bande  à Baader dans les années 1970. Au début de 1983, les Verts ont transformé ce trio en quatuor (actuellement, on compte 67 Verts sur un total de 709 membres du Bundestag). Mais Les Verts (Bündnis90- Die Grünen) n’ont jamais été un corps étranger dans un Allemagne de toute façon plutôt "verdâtre" et devenue, sous l'aile de l'OTAN, presque un pays neutre, en tout cas après la fin de la Guerre froide en 1989.

En 1991, La Gauche néo-communiste (Die Linke) est entrée au Parlement fédéral (elle a actuellement 69 députés). Mais les relents de la dictature est-allemande lui collaient à la peau. Elle n'était pas coalisable à l’échelon fédéral. Il en fut autrement en revanche en 2017, lorsque l'AfD entra au Bundestag (avec 89 députés). L’AfD fut perçue comme un authentique danger pour la République. Sa progression s'est déroulée en trois phases : d'un club d’économistes distingués anti-euro en 2013-2014, en passant par un mouvement populaire de rejet de l’immigration à partir de 2015, à un parti anti-écologie aujourd'hui. La campagne anti-euro s'est ensablée au fur et à mesure que l'euro s’avérait être définitivement inoxydable. La campagne anti-écologie pourrait s'éteindre parce que le changement climatique est palpable et qu’il est aussi largement dû à l'homme. La science le dit, c’est un fait patent et avéré.

Opportuniste et flexible comme elle l’est, l'AfD trouvera d'autres slogans pour sa lutte. Ceci dit, l'éco-vague verte est si écrasante en ce moment qu'elle change le paysage politique et touche particulièrement les jeunes. Elle engendrera des opposants radicaux et des partisans radicaux. Les voix de ceux qui pensent que le problème climatique, en raison même de son importance pour l'avenir de l'humanité, ne doit pas être politisé, ne sont pas assez audibles.

En ce qui concerne l'immigration et l'islamisation de l'Europe qui en résulte, nous ne sommes qu'au tout début de la vague migratoire qui peut devenir incommensurable et plus vite qu’on l’imagine. Les bonnes âmes imbues d’elles-mêmes qui prétendent que l’immigration n'est pas un problème, sont de moins en moins crédibles. Cela apporte de l'eau au moulins des populistes.

Plus d'argent pour l'Europe

La montée des partis très à gauche et très à droite est également favorisée par deux facteurs : l'affaiblissement du gouvernement allemand et des partis populaires qui le soutiennent, la CDU/CSU et le SPD, et l'usure personnelle de la chancelière Merkel après 15 ans à la tête du pays. La nouvelle stagnation de l'économie allemande serait également un facteur négatif si elle devait produire inopinément du chômage. Le ralentissement de la croissance est dû au fait qu'en Allemagne, comme en Europe en général, le passage aux nouvelles technologies n'a pas eu lieu en temps voulu ni de manière exhaustive. On a eu recours aux importations en provenance des États-Unis et surtout de Chine, avec les dépendances qui en résultent. Politiquement, l'influence de l'Allemagne en Europe diminue, d'autant plus qu'elle s'est éloignée des pays d'Europe centrale et orientale et des Balkans plus que les autres États d'Europe occidentale, car elle ne comprend pas leurs revendications identitaires.

Avec l'appui du président français Emmanuel Macron, Angela Merkel a réussi à faire en sorte qu'Ursula von der Leyen réussisse, face à l'imperceptible "Spitzenkandidat" de la droite européenne, le Bavarois Manfred Weber, à obtenir la présidence de la Commission de Bruxelles. Mais cette promotion de sa très loyale et très qualifiée camarade ne signifie en aucun cas que la chancelière ait marqué des points. Sans mentionner le faux pas de Merkel lorsqu'elle avait recommandé en juin 2018 le transfert du siège du Parlement européen de Strasbourg à Bruxelles, son successeur éventuel - outre Friedrich Merz -, le Premier ministre de NRW Armin Laschet, a critiqué la politique européenne de la chancelière et du gouvernement allemand lors de la dernière conférence de Munich sur la sécurité. C’était après que la "Princesse héritière" de Mme Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer, ait renoncé à la présidence de la CDU et à sa candidature à la chancellerie, "Ces dernières années, cette politique a souvent manqué de courage et de rapidité (...). Aujourd'hui, le président français fait des propositions, nous avons besoin de trop de temps pour réagir", a déclaré le leader rhénan.

Selon M. Laschet, l'Allemagne doit à nouveau développer de grandes initiatives pour l'Europe, comme sous le chancelier Helmut Kohl, et promouvoir leur mise en œuvre pendant la présidence allemande du Conseil de l'UE qui doit commencer cet été. Lorsqu'on lui a demandé si ses critiques visaient Mme Merkel, il a répondu qu'il aurait aimé voir venir une réponse constructive à Macron en septembre 2017, "plus rapide et aussi greffée sur les propos " du président français. L'Allemagne doit également assumer une plus grande responsabilité financière en Europe, a-t-il insisté.

De la stabilité à l'immobilité

Lors des séismes politiques qui ont secoué le monde depuis 2001, l'Allemagne réunifiée a été un modèle de stabilité et de continuité. Elle a été le lest de l'Europe, son équilibre. Mais si actuellement sa stabilité s’accroit, c’est qu’elle adhère tacitement à la devise de Ludwig Erhard des années 1960 : "Pas d'aventures". S’ajoute que la "fillette" de Kohl qui a muté en "maman" des Allemands, a pris il y a quelques années deux décisions discutables : sans consulter ni ses partenaires européens, ni le peuple allemand et ses élus, elle a décidé d'abandonner prématurément l'énergie nucléaire, et sans préparation matérielle et psychologique, elle a ouvert tout grande la porte à l'immigration.

Ce faisant, la chancelière a ignoré le ressenti de ses concitoyens et a agi selon des principes idéologiques ou éthiques en contradiction avec la réalité politique. Et elle l'a fait avec une rigidité croissante, sans jamais formuler un mea culpa que tout électeur aurait apprécié. Si elle a rêvé avec cela d'entrer dans l'histoire, elle a fait un mauvais calcul. Mais ce qui est fait est fait. Ce qui est plus regrettable, c'est qu'au cours du dernier mandat de Mme Merkel, le modèle de stabilité allemand soit devenu un modèle d'immobilité. La chancelière tiendra la barre jusqu'à l'automne 2021 car elle a juré de ne pas refaire acte de candidature. En atendant, l'Allemagne est dirigée par une coalition gouvernementale composée de la CDU/CSU et du SPD qui a tout l’air d’un mariage de carpe et de lapin. Grande Coalition signifiait « grande entente ». C'est devenu synonyme de «grande immobilité ». Toute la question est de savoir si l'Allemagne est encore un État ou si elle n’est plus qu’une société.

Ce qui faisait la force de Merkel, son calme et sa sérénité, s'avère être un inconvénient dans le chaos actuel.  En 2007-2008 déjà, quand elle avit sous-estimé la crise économique et financière mondiale et que Nicolas Sarkozy avait dû lui rappeler son devoir, il aurait fallu veiller au grain. Mais Merkel était alors à juste titre populaire; l'économie allemande était forte grâce à la libéralisation et à la flexibilisation introduites par Gerhard Schröder. La fédération syndicale allemande DGB, qui n'est pas imprégnée de marxisme-léninisme comme la CGT en France, fut d'une grande aide. L'Allemagne est le seul pays d'Europe qui sortit de la crise presque sans une égratignure - à part la Pologne, mais à un niveau bien plus élevé.

Les tranquillisants sont inefficaces 

Aujourd'hui, on ne peut plus se contenter de platitudes oratoires et délivrer des pilules de valium, car nous sommes dans un monde qui a radicalement et rapidement changé et qui poursuit sa mutation et où les jeunes sont plus informés et peut-être plus clairvoyants que jadis. Du moins faut-il l’espérer. La décimation de la classe moyenne et - surtout en France mais pas seulement là – l’égalisation de la société vers le bas au nom de la justice sociale, ainsi que la perte de culture et d'identité, effraient les citoyens attentifs. Il n'est pas étonnant que les gens qui voient les réalités et se sentent trompés par le "courant dominant" de gauche persistant dans les médias, ce courant d’information qui banalise la casse perpétrée par les « black blocs » et le terrorisme islamiste, affluent vers l'extrême droite qui ne les induira pas moins en erreur, mais d’une autre manière.(Jean-Paul Picaper- 02.03.2020)


Die Kunst des Möglichen

von Rainhard Kloucek *

Zirka 300 Seiten umfasst das Arbeitsprogramm der neuen österreichischen Bundesregierung. Neben einigen positiven Inhalten gibt es eine Reihe von Widersprüchlichkeiten und ideologischen Verrenkungen. Der Klimaschutz dient als Rechtfertigung für alles.

Würde man Richard Coudenhove-Kalergis Unterscheidung zwischen totalem Menschen und totalem Staat als Bewertungsgrundlage zur Beurteilung des Arbeitsprogramms der neuen österreichischen Bundesregierung hernehmen, so wäre das Ergebnis eindeutig: dieses Programm ist ein Programm des totalen Staates. Der Staat steht über dem Bürger, der Bürger hat dem Staat zu dienen, der Staat hat die Pflicht das Verhalten der Bürger zu lenken. Daran ändert auch das im Kapitel „Verfassung, Verwaltung & Transparenz“ verankerte Bekenntnis zu einem „nachhaltig und serviceorientiert agierenden öffentlichen Sektor“ nichts. Die Rechtfertigung für jeglichen Eingriff des Staates ist die Klimapolitik, die den roten Faden – der eher ein Strick ist – durch das Regierungsprogramm bildet.

Beginnen wir aber mit den positiven Vorhaben. Das Regierungsprogramm enthält ein klares Bekenntnis zu Europa, zur Europäischen Union und zu deren Weiterentwicklung. In einer Presseaussendung zur Angelobung der Regierung hat die Paneuropabewegung Österreich deshalb festgehalten: „In Europa fragen gibt das Programm der heute angelobten Bundesregierung aus Sicht der Paneuropabewegung Österreich durchaus Anlass zu Optimismus. Wichtig ist dabei vor allem der proklamierte Einsatz für ein Europa der Demokratie, der Menschenrechte und des Rechtsstaates, mit einem starken Schutz der Außengrenzen und mit Wettbewerbsfähigkeit.“ Positiv bewertet wird ein Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen, zur Aufnahme der Länder Südosteuropas in die EU, zur Visaliberalisierung für den Kosovo, ein Bekenntnis zur Unabhängigkeit der Ukraine, das Abrücken vom Einstimmigkeitsprinzip bei wichtigen Entscheidungen im EU-Rat oder die Forderung nach einer Zusammenlegung der Tagungsorte des Europäischen Parlamentes.

Und der Paneuropa-Jugend Vorsitzende Philipp Jauernik spricht in der Pressemeldung noch den Punkt an, dass das Europäische Parlament bisher eher als Abschiebestation für Politiker genutzt wurde: „Mit Elisabeth Köstinger, Karoline Edtstadler und Ulrike Lunacek sind nun drei ehemalige EU-Abgeordnete vertreten. Zählt man Werner Kogler dazu, sind es sogar vier. Damit ist das Europäische Parlament wohl endgültig seine frühere Konnotation los, und dient vielmehr als Rekrutierungspool für politische Führungskräfte. Das kann man nur begrüßen.“

Abgabenquote soll gegen 40 Prozent sinken

Auch im Bereich der Steuerpolitik sind durchaus positive Elemente enthalten. So gibt es ein Bekenntnis zu einer Senkung der Abgabenquote Richtung 40 Prozent. Dazu will man die ersten drei Progressionsstufen senken (von 25 auf 20, von 35 auf 30, von 42 auf 40) und die Körperschaftssteuer auf 21 Prozent. Der Staat soll mit dem Geld der Steuerzahler sorgsam umgehen, ein ausgeglichenes Budget wird als Ziel formuliert, die Schulden sollen auf 60 Prozent des BIP sinken (wie es der Maastricht-Vertrag vorschreibt). Ja, es wird sogar eine Spendenabsetzbarkeit für gemeinnützige Organisationen geprüft. Auf europäischer Ebene will man sich gegen eine gemeinsame Einlagensicherung bei den Banken zur Wehr setzen, was durchaus im Sinne der österreichischen Sparer ist.

Steuern als Lenkungsmechanismus

Doch wie in einigen anderen Kapiteln werden positive Maßnahmen durch andere Maßnahmen teilweise in Frage gestellt, konterkariert oder gar in ihr Gegenteil verkehrt. So heißt es beispielsweise zur Steuerreform: „Darüber hinaus sind Steuern auch ein wichtiger Lenkmechanismus, um individuelles Verhalten mit den Interessen des Allgemeinwohls in bestmöglichen Einklang zu bringen.“ Genau das aber sind Steuern in einem liberalen Rechtsstaat nicht. Steuern sind dazu da, das Einkommen des Staates für seine Aufgaben zu bekommen. Der liberale Rechtsstaat setzt keine Glücksvorstellungen durch, er lenkt nicht das Verhalten der Menschen. Jeder Mensch hat das Recht, nach eigenen Vorstellungen sein Glück zu suchen, soferne dabei nicht Rechte eines anderen Menschen eingeschränkt werden.

Die kalte Progression wird wohl bleiben

Obwohl vor der Wahl (so wie auch schon vor der Wahl 2017) versprochen, finden sich keine konkreten Hinweise zur Beseitigung der kalten Progression. Werden die Progressionsstufen nicht automatisch mit der Inflation angehoben, so rücken Menschen aufgrund der inflationsangepassten Gehaltssteigerungen in Progressionsstufen vor, die nie für ihre Einkommenskategorie gedacht waren.

Die kalte Progression stellt eine Inflationssteuer dar, der Staat verschafft sich Zusatzeinkommen. Unter dem Titel Steuerreform werden dann alle paar Jahre die Progressionsstufen zum Teil angepasst. Das was aber als Steuerreform angekündigt ist, hat der Steuerzahler de facto bereits selber finanziert. Diese enteignende Charakteristik der kalten Progression wird auch beim Familienbonus schlagend, der – das muss ebenfalls positiv erwähnt werden – erhöht werden soll. Nach diversen Berechnungen sind Familien (also mit Kindern) auch die einzigen Profiteure der angekündigten Steuerreform.

Geprüft werden soll eine Anpassung der Grenzbeträge für die Progressionsstufen unter der Berücksichtigung von Verteilungseffekten. Damit wird also die versprochene Beseitigung der kalten Progression nicht nur vertagt, sondern zusätzlich auch noch mit Verteilungseffekten belastet. Kanzler Kurz hatte bereits im Vorjahr einmal erklärt, dass er die Beseitigung der kalten Progression für nicht sozial gerechtfertigt halte, weil sie nur den Besserverdienern nutze. Damit hat er klar zum Ausdruck gebracht, dass es offensichtlich eine Nivellierung der Einkommen geben soll. Das wird durch die Beschränkung bei der Anpassung der Progressionsstufen auf die unteren drei Stufen bestätigt. Die Folge ist eine schleichende Ausrottung des Mittelstandes, der durch Gehaltssteigerungen aufgrund der Inflation von einer Mittelstandsbesteuerung in eine Reichenbesteuerung rutscht. In dieses Bild passt die Ankündigung von Finanzminister Blümel, den ursprünglich befristeten Höchststeuersatz von 55 nicht wie vorgesehen auslaufen zu lassen, sondern zu behalten.

Der Mittelstand wird weiter dezimiert

Ein möglichst breiter Mittelstand ist aber für eine demokratische Gesellschaft von hoher Bedeutung. Eine demokratische Gesellschaft braucht wirtschaftlich unabhängige Menschen, die nicht auf Verteilungsleistungen des Staates angewiesen sind.

In praktisch jeder Regierungserklärung steht die Bekämpfung des Steuerbetrugs. Im aktuellen Programm steht die Forderung nach der Einführung einer Transaktionssteuer. Eine besonders gefährliche Passage stellt der Plan dar, wonach Banken bei sogenannten grünen Krediten weniger Eigenkapital hinterlegen müssen. Die Hinterlegung von Eigenkapital dient dem Risikoausgleich. Praktisch alle Bankenkrisen haben auch mit fehlendem Eigenkapital der Geldhäuser zu tun. Je höher das Risiko bei Krediten, umso höher muss auch die Eigenkapitalhinterlegung sein. Wird diese ökonomische Vernunftregel für sogenannte grüne Kredite außer Kraft gesetzt, wird damit die Behauptung aufgestellt, solche „grünen Kredite“ seien automatisch sicher. Eine ganze Reihe von Pleiten in diesem Wirtschaftssektor beweist das Gegenteil. Mit einer solchen Bestimmung würde also der Grundstein für eine neue Bankenkrise gelegt.

Neutralität kann nicht verteidigt werden

Mit Spannung erwartet wurde die Stellung der neuen Bundesregierung zur Sicherheitspolitik. Die ablehnende Haltung der Grünen zum Bundesheer war und ist bekannt. Und auch die Polizei gilt nicht unbedingt als Freund der Grünen. Gerade in dem Bereich trat die ÖVP mit Aussagen auf, die von der FPÖ hätten kommen können. Nur im Wahlkampf leistete sich der Bundeskanzler einen Schnitzer, als er im ORF zum Thema Bundesheer und dessen finanzieller und materieller Unterausstattung anmerkte, dass es die Panzerschlacht im Weinviertel nicht mehr gäbe. Die Aussage gilt als Code dafür, dass das Bundesheer weder schweres Gerät noch mehr Geld benötigt. Nun will man bei der Polizei 2.300 neue Planstellen schaffen und das Bundesheer materiell, finanziell und personell für die Herausforderungen rüsten. Gleichzeitig wird die Neutralität als „unumstößlich“ definiert.

Die Kernaussage zur militärischen Landesverteidigung kommt aber ein paar Zeilen weiter: „Die Ausrüstung soll spezifisch und im Besonderen im Hinblick auf diese Aufgaben ausgestaltet werden. Daher wurden schon in den letzten Jahren schwere Waffengattungen reduziert, da diese nicht mehr in dem Ausmaß wie zur Zeit des Kalten Krieges erforderlich sind. Diese Politik wird fortgesetzt, die Kernkompetenzen in der Ausbildung sollen weiterhin sichergestellt werden“. Damit soll konsequent umgesetzt werden was Sebastian Kurz mit dem Hinweis auf die nicht mehr stattfindende Panzerschlacht gemeint hat. Da die „unumstößliche“ Neutralität nur mit einem voll ausgestatteten Militär garantiert werden kann, darf diese Passage als eine der vielen Widersprüchlichkeiten in dem Programm gewertet werden.

Der Bundestrojaner soll nun doch kommen

Das Sicherheitskapitel enthält einige weitere eher problematische Ankündigungen. So spricht es von einer „Weiterentwicklung und Intensivierung der Zusammenarbeit mit NGOs (Polizei. Macht. Menschen. Rechte)“, ohne darzulegen welche Nichtregierungsorganisationen damit privilegiert werden sollen, in die staatliche Arbeit der Polizei (und zu welchem Zweck) miteinbezogen zu werden. Gut klingt die Feststellung: „Gläserner Staat statt gläserner Bürger: Umfassende Evaluierung gesetzlicher Regelungen von Ermittlungsmaßnahmen bestehender Überwachungssysteme unter Einbindung der Zivilgesellschaft und unabhängiger Expertinnen und Experten sowie Erstellung eines Berichts.“

Bereits im nächsten Absatz wird dann die Schaffung einer regelkonformen Überwachung von verschlüsselten Nachrichten im Internet angekündigt, was einen neuen Anlauf zur Etablierung des sogenannten „Bundestrojaner“ bedeutet.

Privater Verein bekommt Zugang zu Daten

Zu den höchst problematischen Forderungen gehört die Ankündigung, wonach das Dokumentationsarchiv des Österreichischen Widerstandes DÖW Zugang zum Datenmaterial des Innen- und Justizministeriums bekommen soll, um auf diese Weise Rechtsextremismus und Antisemitismus zu bekämpfen. Damit bekommt ein privater Verein Zugang zu Daten, die aufgrund ihrer Sensibilität unter staatlicher Verwaltung standen. Die Linksorientierung des DÖW ist bekannt.

Der Linksextremismus wird nicht bekämpft

Weiters gefordert wird die „Einberufung eines jährlichen Koordinationsausschusses zwischen Regierung, Parlament, Ländern und der Zivilgesellschaft über Maßnahmen zur Bekämpfung des Rechtsextremismus.“ Das heißt, die Regierung will sich mit der linken Zivilgesellschaft verbrüdern, um den Rechtsextremismus zu bekämpfen. Und, die Regierung will „Maßnahmen setzen, um Vereine, die staatsfeindliches Gedankengut (so wie die Identitären) verbreiten, wirksam zu bekämpfen“. Die Regierung will also allen Ernstes Gedankengut bekämpfen, das sie für staatsfeindlich hält. Das ist aus mindestens zwei Gründen brandgefährlich. Erstens ist die Bekämpfung von Gedankengut ein Widerspruch zur geltenden Lehre, die besagt: „Die Gedanken sind frei.“

Nur totalitäre Regime haben bisher Gedanken bekämpft. Zweitens ist völlig offen, was denn „staatsfeindliches Gedankengut“ sein soll. Das Programm gibt dazu keinerlei weitere Auskünfte. Die Nennung der Identitären als Beispiel geht am eigentlichen Begriff des Staatsfeindlichen vorbei, der sprachlich eher suggerieren würde, dass anarchistisches Gedankengut bekämpft werden sollte. Die Identitären sind aber alles andere als anarchistisch. Ihre Ideologie ist stark von Alexander Dugin, einem schwülstig-faschistischen „Philosophen“ aus Russland beeinflusst. Sie sind also nicht gegen den Staat, sondern verlangen einen stark regulierenden Staat.

Überhaupt fällt auf, dass der Kampf – abgesehen vom notwendigen Kampf gegen den Antisemitismus – immer nur gegen einen Rechtsextremismus geführt werden soll. Vom Linksextremismus, der mindestens genauso gefährlich wie der Rechtsextremismus ist, und der in der jüngeren Vergangenheit in Europa mehr Zerstörungen angerichtet hat als der Rechtsextremismus, wird in dem Regierungsprogramm kein einziges Mal geredet.

Trennung zwischen Asyl und Arbeitsmigration

Wiederum positiv im Bereich der Sicherheitspolitik fällt die klare Trennung zwischen Arbeitsmigration und Asyl auf. Gefordert wird eine Stärkung des europäischen Außengrenzschutzes durch eine Aufstockung von Frontex. Der Verteilung von Migranten in der EU wird eine Absage erteilt, weil sie nicht funktioniert hat.

In einigen Bereichen des Programms muss man den Eindruck gewinnen, dass von verschiedenen Seiten Beiträge zu konkreten Sachthemen einflossen, die aber nicht koordiniert wurden. Ein schönes Beispiel dafür ist das oben bereits genannte Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen. Im Europakapitel heißt es dazu: „Österreich wirkt auf europäischer und internationaler Ebene protektionistischen Tendenzen entschlossen entgegen.“

Ein Plädoyer für den Protektionismus

Danach wird eine derartige Vielzahl von Forderungen an solche Freihandelsabkommen gestellt, dass selbst härteste Vertreter der Schutzzollindustrien (um einen Begriff von Richard Coudenhove-Kalergi zu verwenden) neidisch erblassen würden, weil ihnen die Fantasie fehlt, um Protektionismus derart zu tarnen. Analysiert man diesen Forderungskatalog, so würde das bedeuten, dass Handel nur mehr unter der Bedingung betrieben werden darf, dass beim Handelspartner exakt gleiche Bedingungen (in allen Bereichen) herrschen wie in Österreich. Das Gesetz der komperativen Kostenvorteile wird damit durch eine politische Erklärung negiert. Als Folge wird im Europa-Kapitel das Mercosur-Abkommen in „dieser Form“ abgelehnt. Ganz anders klingt das im Landwirtschaftskapitel. Da gibt es keine ausweichenden Formulierungen mehr, da heißt es nur mehr: „Nein zu Mercosur“.

Die Klimapolitik ist nicht nur das umfangreichste Kapitel in dem Regierungsprogramm, Klimapolitik zieht sich auch durch alle anderen Kapitel. So fordert man etwa im Sicherheitskapitel: „Klimataugliche Arbeitsbedingungen schaffen“. „Auch die Polizei kann und soll einen Beitrag zur Steigerung der Nachhaltigkeit und Erreichung der Klimaziele leisten. Dahingehendes Potenzial soll erhoben und genutzt werden.“ Oder in einem anderen Zusammenhang: Kunst und Kultur soll auch der Klimapolitik dienen. Österreich will Klimaschutzvorreiter in der EU werden. Deshalb soll ein Flugticket um zwölf Euro verteuert werden, die Nova wird erhöht, den Tanktourismus will man unterbinden und der ausländische Lkw-Schwerverkehr soll reduziert werden. Klimaschutz wird als Beitrag zur Gerechtigkeit gesehen, Österreich soll 2040 klimaneutral sein.

Gefordert wird eine „Erhöhung der internationalen Klimafinanzierung: Signifikante Erhöhung des österreichischen Beitrags zum Green Climate Fund“. Ein Nationaler Energie und Klimaplan NEKP – der in der Namensgebung an die Neue Ökonomische Politik NEP unter Lenin erinnert – soll geschaffen werden, ebenso ein eigenes Klimakabinett.

In der Außenpolitik will man eine eigene Klimadiplomatie erfinden. Dazu soll auch noch ein Klimabotschafter ernannt und eine grüne Diplomatie geschaffen werden.

Unter dem Titel einer „Green Finance Agenda“ soll eine „Bürgerstiftung Klimaschutz“ Private dazu bewegen, ihr Geld in Klimaschutz zu investieren. Abgerundet wird diese Klimapolitik noch durch das „Angebot eines täglichen Klimatellers in Österreichs öffentlichen Küchen“.

Wahrscheinlich aufgrund der Klimaerwärmung fordert die türkis-grüne Bundesregierung ein Aus für Heizöl, Kohle und fossiles Gas. Ein Phase-out für Öl und Kohle in der Raumwärme soll noch in diesem Jahr bei Neubauten seinen Anfang nehmen, ab 2021 gilt es für Heizungswechsel. Ab 2025 müssen alle Kessel älter als 25 Jahre ausgetauscht werden, ab 2035 dann alle Kessel. Gaskessel-Neuanschlüsse in Neubauten sollen ab 2025 verboten werden, fossiles Gas soll grundsätzlich bald der Vergangenheit angehören.

Die Republik Österreich ist an der OMV beteiligt, und der Außenminister der Republik verteidigte jüngst in einem Interview den Bau der Gas-Pipeline (fossiles Gas aus Russland) Nord Stream 2. Politik bleibt die Kunst des Möglichen. (RK - *Generalsekretär von Paneuropa Österreich)

Die Kunst des Möglichen

von Rainhard Kloucek *

Zirka 300 Seiten umfasst das Arbeitsprogramm der neuen österreichischen Bundesregierung. Neben einigen positiven Inhalten gibt es eine Reihe von Widersprüchlichkeiten und ideologischen Verrenkungen. Der Klimaschutz dient als Rechtfertigung für alles.

Würde man Richard Coudenhove-Kalergis Unterscheidung zwischen totalem Menschen und totalem Staat als Bewertungsgrundlage zur Beurteilung des Arbeitsprogramms der neuen österreichischen Bundesregierung hernehmen, so wäre das Ergebnis eindeutig: dieses Programm ist ein Programm des totalen Staates. Der Staat steht über dem Bürger, der Bürger hat dem Staat zu dienen, der Staat hat die Pflicht das Verhalten der Bürger zu lenken. Daran ändert auch das im Kapitel „Verfassung, Verwaltung & Transparenz“ verankerte Bekenntnis zu einem „nachhaltig und serviceorientiert agierenden öffentlichen Sektor“ nichts. Die Rechtfertigung für jeglichen Eingriff des Staates ist die Klimapolitik, die den roten Faden – der eher ein Strick ist – durch das Regierungsprogramm bildet.

Beginnen wir aber mit den positiven Vorhaben. Das Regierungsprogramm enthält ein klares Bekenntnis zu Europa, zur Europäischen Union und zu deren Weiterentwicklung. In einer Presseaussendung zur Angelobung der Regierung hat die Paneuropabewegung Österreich deshalb festgehalten: „In Europa fragen gibt das Programm der heute angelobten Bundesregierung aus Sicht der Paneuropabewegung Österreich durchaus Anlass zu Optimismus. Wichtig ist dabei vor allem der proklamierte Einsatz für ein Europa der Demokratie, der Menschenrechte und des Rechtsstaates, mit einem starken Schutz der Außengrenzen und mit Wettbewerbsfähigkeit.“ Positiv bewertet wird ein Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen, zur Aufnahme der Länder Südosteuropas in die EU, zur Visaliberalisierung für den Kosovo, ein Bekenntnis zur Unabhängigkeit der Ukraine, das Abrücken vom Einstimmigkeitsprinzip bei wichtigen Entscheidungen im EU-Rat oder die Forderung nach einer Zusammenlegung der Tagungsorte des Europäischen Parlamentes.

Und der Paneuropa-Jugend Vorsitzende Philipp Jauernik spricht in der Pressemeldung noch den Punkt an, dass das Europäische Parlament bisher eher als Abschiebestation für Politiker genutzt wurde: „Mit Elisabeth Köstinger, Karoline Edtstadler und Ulrike Lunacek sind nun drei ehemalige EU-Abgeordnete vertreten. Zählt man Werner Kogler dazu, sind es sogar vier. Damit ist das Europäische Parlament wohl endgültig seine frühere Konnotation los, und dient vielmehr als Rekrutierungspool für politische Führungskräfte. Das kann man nur begrüßen.“

Abgabenquote soll gegen 40 Prozent sinken

Auch im Bereich der Steuerpolitik sind durchaus positive Elemente enthalten. So gibt es ein Bekenntnis zu einer Senkung der Abgabenquote Richtung 40 Prozent. Dazu will man die ersten drei Progressionsstufen senken (von 25 auf 20, von 35 auf 30, von 42 auf 40) und die Körperschaftssteuer auf 21 Prozent. Der Staat soll mit dem Geld der Steuerzahler sorgsam umgehen, ein ausgeglichenes Budget wird als Ziel formuliert, die Schulden sollen auf 60 Prozent des BIP sinken (wie es der Maastricht-Vertrag vorschreibt). Ja, es wird sogar eine Spendenabsetzbarkeit für gemeinnützige Organisationen geprüft. Auf europäischer Ebene will man sich gegen eine gemeinsame Einlagensicherung bei den Banken zur Wehr setzen, was durchaus im Sinne der österreichischen Sparer ist.

Steuern als Lenkungsmechanismus

Doch wie in einigen anderen Kapiteln werden positive Maßnahmen durch andere Maßnahmen teilweise in Frage gestellt, konterkariert oder gar in ihr Gegenteil verkehrt. So heißt es beispielsweise zur Steuerreform: „Darüber hinaus sind Steuern auch ein wichtiger Lenkmechanismus, um individuelles Verhalten mit den Interessen des Allgemeinwohls in bestmöglichen Einklang zu bringen.“ Genau das aber sind Steuern in einem liberalen Rechtsstaat nicht. Steuern sind dazu da, das Einkommen des Staates für seine Aufgaben zu bekommen. Der liberale Rechtsstaat setzt keine Glücksvorstellungen durch, er lenkt nicht das Verhalten der Menschen. Jeder Mensch hat das Recht, nach eigenen Vorstellungen sein Glück zu suchen, soferne dabei nicht Rechte eines anderen Menschen eingeschränkt werden.

Die kalte Progression wird wohl bleiben

Obwohl vor der Wahl (so wie auch schon vor der Wahl 2017) versprochen, finden sich keine konkreten Hinweise zur Beseitigung der kalten Progression. Werden die Progressionsstufen nicht automatisch mit der Inflation angehoben, so rücken Menschen aufgrund der inflationsangepassten Gehaltssteigerungen in Progressionsstufen vor, die nie für ihre Einkommenskategorie gedacht waren.

Die kalte Progression stellt eine Inflationssteuer dar, der Staat verschafft sich Zusatzeinkommen. Unter dem Titel Steuerreform werden dann alle paar Jahre die Progressionsstufen zum Teil angepasst. Das was aber als Steuerreform angekündigt ist, hat der Steuerzahler de facto bereits selber finanziert. Diese enteignende Charakteristik der kalten Progression wird auch beim Familienbonus schlagend, der – das muss ebenfalls positiv erwähnt werden – erhöht werden soll. Nach diversen Berechnungen sind Familien (also mit Kindern) auch die einzigen Profiteure der angekündigten Steuerreform.

Geprüft werden soll eine Anpassung der Grenzbeträge für die Progressionsstufen unter der Berücksichtigung von Verteilungseffekten. Damit wird also die versprochene Beseitigung der kalten Progression nicht nur vertagt, sondern zusätzlich auch noch mit Verteilungseffekten belastet. Kanzler Kurz hatte bereits im Vorjahr einmal erklärt, dass er die Beseitigung der kalten Progression für nicht sozial gerechtfertigt halte, weil sie nur den Besserverdienern nutze. Damit hat er klar zum Ausdruck gebracht, dass es offensichtlich eine Nivellierung der Einkommen geben soll. Das wird durch die Beschränkung bei der Anpassung der Progressionsstufen auf die unteren drei Stufen bestätigt. Die Folge ist eine schleichende Ausrottung des Mittelstandes, der durch Gehaltssteigerungen aufgrund der Inflation von einer Mittelstandsbesteuerung in eine Reichenbesteuerung rutscht. In dieses Bild passt die Ankündigung von Finanzminister Blümel, den ursprünglich befristeten Höchststeuersatz von 55 nicht wie vorgesehen auslaufen zu lassen, sondern zu behalten.

Der Mittelstand wird weiter dezimiert

Ein möglichst breiter Mittelstand ist aber für eine demokratische Gesellschaft von hoher Bedeutung. Eine demokratische Gesellschaft braucht wirtschaftlich unabhängige Menschen, die nicht auf Verteilungsleistungen des Staates angewiesen sind.

In praktisch jeder Regierungserklärung steht die Bekämpfung des Steuerbetrugs. Im aktuellen Programm steht die Forderung nach der Einführung einer Transaktionssteuer. Eine besonders gefährliche Passage stellt der Plan dar, wonach Banken bei sogenannten grünen Krediten weniger Eigenkapital hinterlegen müssen. Die Hinterlegung von Eigenkapital dient dem Risikoausgleich. Praktisch alle Bankenkrisen haben auch mit fehlendem Eigenkapital der Geldhäuser zu tun. Je höher das Risiko bei Krediten, umso höher muss auch die Eigenkapitalhinterlegung sein. Wird diese ökonomische Vernunftregel für sogenannte grüne Kredite außer Kraft gesetzt, wird damit die Behauptung aufgestellt, solche „grünen Kredite“ seien automatisch sicher. Eine ganze Reihe von Pleiten in diesem Wirtschaftssektor beweist das Gegenteil. Mit einer solchen Bestimmung würde also der Grundstein für eine neue Bankenkrise gelegt.

Neutralität kann nicht verteidigt werden

Mit Spannung erwartet wurde die Stellung der neuen Bundesregierung zur Sicherheitspolitik. Die ablehnende Haltung der Grünen zum Bundesheer war und ist bekannt. Und auch die Polizei gilt nicht unbedingt als Freund der Grünen. Gerade in dem Bereich trat die ÖVP mit Aussagen auf, die von der FPÖ hätten kommen können. Nur im Wahlkampf leistete sich der Bundeskanzler einen Schnitzer, als er im ORF zum Thema Bundesheer und dessen finanzieller und materieller Unterausstattung anmerkte, dass es die Panzerschlacht im Weinviertel nicht mehr gäbe. Die Aussage gilt als Code dafür, dass das Bundesheer weder schweres Gerät noch mehr Geld benötigt. Nun will man bei der Polizei 2.300 neue Planstellen schaffen und das Bundesheer materiell, finanziell und personell für die Herausforderungen rüsten. Gleichzeitig wird die Neutralität als „unumstößlich“ definiert.

Die Kernaussage zur militärischen Landesverteidigung kommt aber ein paar Zeilen weiter: „Die Ausrüstung soll spezifisch und im Besonderen im Hinblick auf diese Aufgaben ausgestaltet werden. Daher wurden schon in den letzten Jahren schwere Waffengattungen reduziert, da diese nicht mehr in dem Ausmaß wie zur Zeit des Kalten Krieges erforderlich sind. Diese Politik wird fortgesetzt, die Kernkompetenzen in der Ausbildung sollen weiterhin sichergestellt werden“. Damit soll konsequent umgesetzt werden was Sebastian Kurz mit dem Hinweis auf die nicht mehr stattfindende Panzerschlacht gemeint hat. Da die „unumstößliche“ Neutralität nur mit einem voll ausgestatteten Militär garantiert werden kann, darf diese Passage als eine der vielen Widersprüchlichkeiten in dem Programm gewertet werden.

Der Bundestrojaner soll nun doch kommen

Das Sicherheitskapitel enthält einige weitere eher problematische Ankündigungen. So spricht es von einer „Weiterentwicklung und Intensivierung der Zusammenarbeit mit NGOs (Polizei. Macht. Menschen. Rechte)“, ohne darzulegen welche Nichtregierungsorganisationen damit privilegiert werden sollen, in die staatliche Arbeit der Polizei (und zu welchem Zweck) miteinbezogen zu werden. Gut klingt die Feststellung: „Gläserner Staat statt gläserner Bürger: Umfassende Evaluierung gesetzlicher Regelungen von Ermittlungsmaßnahmen bestehender Überwachungssysteme unter Einbindung der Zivilgesellschaft und unabhängiger Expertinnen und Experten sowie Erstellung eines Berichts.“

Bereits im nächsten Absatz wird dann die Schaffung einer regelkonformen Überwachung von verschlüsselten Nachrichten im Internet angekündigt, was einen neuen Anlauf zur Etablierung des sogenannten „Bundestrojaner“ bedeutet.

Privater Verein bekommt Zugang zu Daten

Zu den höchst problematischen Forderungen gehört die Ankündigung, wonach das Dokumentationsarchiv des Österreichischen Widerstandes DÖW Zugang zum Datenmaterial des Innen- und Justizministeriums bekommen soll, um auf diese Weise Rechtsextremismus und Antisemitismus zu bekämpfen. Damit bekommt ein privater Verein Zugang zu Daten, die aufgrund ihrer Sensibilität unter staatlicher Verwaltung standen. Die Linksorientierung des DÖW ist bekannt.

Der Linksextremismus wird nicht bekämpft

Weiters gefordert wird die „Einberufung eines jährlichen Koordinationsausschusses zwischen Regierung, Parlament, Ländern und der Zivilgesellschaft über Maßnahmen zur Bekämpfung des Rechtsextremismus.“ Das heißt, die Regierung will sich mit der linken Zivilgesellschaft verbrüdern, um den Rechtsextremismus zu bekämpfen. Und, die Regierung will „Maßnahmen setzen, um Vereine, die staatsfeindliches Gedankengut (so wie die Identitären) verbreiten, wirksam zu bekämpfen“. Die Regierung will also allen Ernstes Gedankengut bekämpfen, das sie für staatsfeindlich hält. Das ist aus mindestens zwei Gründen brandgefährlich. Erstens ist die Bekämpfung von Gedankengut ein Widerspruch zur geltenden Lehre, die besagt: „Die Gedanken sind frei.“

Nur totalitäre Regime haben bisher Gedanken bekämpft. Zweitens ist völlig offen, was denn „staatsfeindliches Gedankengut“ sein soll. Das Programm gibt dazu keinerlei weitere Auskünfte. Die Nennung der Identitären als Beispiel geht am eigentlichen Begriff des Staatsfeindlichen vorbei, der sprachlich eher suggerieren würde, dass anarchistisches Gedankengut bekämpft werden sollte. Die Identitären sind aber alles andere als anarchistisch. Ihre Ideologie ist stark von Alexander Dugin, einem schwülstig-faschistischen „Philosophen“ aus Russland beeinflusst. Sie sind also nicht gegen den Staat, sondern verlangen einen stark regulierenden Staat.

Überhaupt fällt auf, dass der Kampf – abgesehen vom notwendigen Kampf gegen den Antisemitismus – immer nur gegen einen Rechtsextremismus geführt werden soll. Vom Linksextremismus, der mindestens genauso gefährlich wie der Rechtsextremismus ist, und der in der jüngeren Vergangenheit in Europa mehr Zerstörungen angerichtet hat als der Rechtsextremismus, wird in dem Regierungsprogramm kein einziges Mal geredet.

Trennung zwischen Asyl und Arbeitsmigration

Wiederum positiv im Bereich der Sicherheitspolitik fällt die klare Trennung zwischen Arbeitsmigration und Asyl auf. Gefordert wird eine Stärkung des europäischen Außengrenzschutzes durch eine Aufstockung von Frontex. Der Verteilung von Migranten in der EU wird eine Absage erteilt, weil sie nicht funktioniert hat.

In einigen Bereichen des Programms muss man den Eindruck gewinnen, dass von verschiedenen Seiten Beiträge zu konkreten Sachthemen einflossen, die aber nicht koordiniert wurden. Ein schönes Beispiel dafür ist das oben bereits genannte Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen. Im Europakapitel heißt es dazu: „Österreich wirkt auf europäischer und internationaler Ebene protektionistischen Tendenzen entschlossen entgegen.“

Ein Plädoyer für den Protektionismus

Danach wird eine derartige Vielzahl von Forderungen an solche Freihandelsabkommen gestellt, dass selbst härteste Vertreter der Schutzzollindustrien (um einen Begriff von Richard Coudenhove-Kalergi zu verwenden) neidisch erblassen würden, weil ihnen die Fantasie fehlt, um Protektionismus derart zu tarnen. Analysiert man diesen Forderungskatalog, so würde das bedeuten, dass Handel nur mehr unter der Bedingung betrieben werden darf, dass beim Handelspartner exakt gleiche Bedingungen (in allen Bereichen) herrschen wie in Österreich. Das Gesetz der komperativen Kostenvorteile wird damit durch eine politische Erklärung negiert. Als Folge wird im Europa-Kapitel das Mercosur-Abkommen in „dieser Form“ abgelehnt. Ganz anders klingt das im Landwirtschaftskapitel. Da gibt es keine ausweichenden Formulierungen mehr, da heißt es nur mehr: „Nein zu Mercosur“.

Die Klimapolitik ist nicht nur das umfangreichste Kapitel in dem Regierungsprogramm, Klimapolitik zieht sich auch durch alle anderen Kapitel. So fordert man etwa im Sicherheitskapitel: „Klimataugliche Arbeitsbedingungen schaffen“. „Auch die Polizei kann und soll einen Beitrag zur Steigerung der Nachhaltigkeit und Erreichung der Klimaziele leisten. Dahingehendes Potenzial soll erhoben und genutzt werden.“ Oder in einem anderen Zusammenhang: Kunst und Kultur soll auch der Klimapolitik dienen. Österreich will Klimaschutzvorreiter in der EU werden. Deshalb soll ein Flugticket um zwölf Euro verteuert werden, die Nova wird erhöht, den Tanktourismus will man unterbinden und der ausländische Lkw-Schwerverkehr soll reduziert werden. Klimaschutz wird als Beitrag zur Gerechtigkeit gesehen, Österreich soll 2040 klimaneutral sein.

Gefordert wird eine „Erhöhung der internationalen Klimafinanzierung: Signifikante Erhöhung des österreichischen Beitrags zum Green Climate Fund“. Ein Nationaler Energie und Klimaplan NEKP – der in der Namensgebung an die Neue Ökonomische Politik NEP unter Lenin erinnert – soll geschaffen werden, ebenso ein eigenes Klimakabinett.

In der Außenpolitik will man eine eigene Klimadiplomatie erfinden. Dazu soll auch noch ein Klimabotschafter ernannt und eine grüne Diplomatie geschaffen werden.

Unter dem Titel einer „Green Finance Agenda“ soll eine „Bürgerstiftung Klimaschutz“ Private dazu bewegen, ihr Geld in Klimaschutz zu investieren. Abgerundet wird diese Klimapolitik noch durch das „Angebot eines täglichen Klimatellers in Österreichs öffentlichen Küchen“.

Wahrscheinlich aufgrund der Klimaerwärmung fordert die türkis-grüne Bundesregierung ein Aus für Heizöl, Kohle und fossiles Gas. Ein Phase-out für Öl und Kohle in der Raumwärme soll noch in diesem Jahr bei Neubauten seinen Anfang nehmen, ab 2021 gilt es für Heizungswechsel. Ab 2025 müssen alle Kessel älter als 25 Jahre ausgetauscht werden, ab 2035 dann alle Kessel. Gaskessel-Neuanschlüsse in Neubauten sollen ab 2025 verboten werden, fossiles Gas soll grundsätzlich bald der Vergangenheit angehören.

Die Republik Österreich ist an der OMV beteiligt, und der Außenminister der Republik verteidigte jüngst in einem Interview den Bau der Gas-Pipeline (fossiles Gas aus Russland) Nord Stream 2. Politik bleibt die Kunst des Möglichen. (RK - *Generalsekretär von Paneuropa Österreich

Die Kunst des Möglichen

von Rainhard Kloucek *

Zirka 300 Seiten umfasst das Arbeitsprogramm der neuen österreichischen Bundesregierung. Neben einigen positiven Inhalten gibt es eine Reihe von Widersprüchlichkeiten und ideologischen Verrenkungen. Der Klimaschutz dient als Rechtfertigung für alles.

Würde man Richard Coudenhove-Kalergis Unterscheidung zwischen totalem Menschen und totalem Staat als Bewertungsgrundlage zur Beurteilung des Arbeitsprogramms der neuen österreichischen Bundesregierung hernehmen, so wäre das Ergebnis eindeutig: dieses Programm ist ein Programm des totalen Staates. Der Staat steht über dem Bürger, der Bürger hat dem Staat zu dienen, der Staat hat die Pflicht das Verhalten der Bürger zu lenken. Daran ändert auch das im Kapitel „Verfassung, Verwaltung & Transparenz“ verankerte Bekenntnis zu einem „nachhaltig und serviceorientiert agierenden öffentlichen Sektor“ nichts. Die Rechtfertigung für jeglichen Eingriff des Staates ist die Klimapolitik, die den roten Faden – der eher ein Strick ist – durch das Regierungsprogramm bildet.

Beginnen wir aber mit den positiven Vorhaben. Das Regierungsprogramm enthält ein klares Bekenntnis zu Europa, zur Europäischen Union und zu deren Weiterentwicklung. In einer Presseaussendung zur Angelobung der Regierung hat die Paneuropabewegung Österreich deshalb festgehalten: „In Europa fragen gibt das Programm der heute angelobten Bundesregierung aus Sicht der Paneuropabewegung Österreich durchaus Anlass zu Optimismus. Wichtig ist dabei vor allem der proklamierte Einsatz für ein Europa der Demokratie, der Menschenrechte und des Rechtsstaates, mit einem starken Schutz der Außengrenzen und mit Wettbewerbsfähigkeit.“ Positiv bewertet wird ein Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen, zur Aufnahme der Länder Südosteuropas in die EU, zur Visaliberalisierung für den Kosovo, ein Bekenntnis zur Unabhängigkeit der Ukraine, das Abrücken vom Einstimmigkeitsprinzip bei wichtigen Entscheidungen im EU-Rat oder die Forderung nach einer Zusammenlegung der Tagungsorte des Europäischen Parlamentes.

Und der Paneuropa-Jugend Vorsitzende Philipp Jauernik spricht in der Pressemeldung noch den Punkt an, dass das Europäische Parlament bisher eher als Abschiebestation für Politiker genutzt wurde: „Mit Elisabeth Köstinger, Karoline Edtstadler und Ulrike Lunacek sind nun drei ehemalige EU-Abgeordnete vertreten. Zählt man Werner Kogler dazu, sind es sogar vier. Damit ist das Europäische Parlament wohl endgültig seine frühere Konnotation los, und dient vielmehr als Rekrutierungspool für politische Führungskräfte. Das kann man nur begrüßen.“

Abgabenquote soll gegen 40 Prozent sinken

Auch im Bereich der Steuerpolitik sind durchaus positive Elemente enthalten. So gibt es ein Bekenntnis zu einer Senkung der Abgabenquote Richtung 40 Prozent. Dazu will man die ersten drei Progressionsstufen senken (von 25 auf 20, von 35 auf 30, von 42 auf 40) und die Körperschaftssteuer auf 21 Prozent. Der Staat soll mit dem Geld der Steuerzahler sorgsam umgehen, ein ausgeglichenes Budget wird als Ziel formuliert, die Schulden sollen auf 60 Prozent des BIP sinken (wie es der Maastricht-Vertrag vorschreibt). Ja, es wird sogar eine Spendenabsetzbarkeit für gemeinnützige Organisationen geprüft. Auf europäischer Ebene will man sich gegen eine gemeinsame Einlagensicherung bei den Banken zur Wehr setzen, was durchaus im Sinne der österreichischen Sparer ist.

Steuern als Lenkungsmechanismus

Doch wie in einigen anderen Kapiteln werden positive Maßnahmen durch andere Maßnahmen teilweise in Frage gestellt, konterkariert oder gar in ihr Gegenteil verkehrt. So heißt es beispielsweise zur Steuerreform: „Darüber hinaus sind Steuern auch ein wichtiger Lenkmechanismus, um individuelles Verhalten mit den Interessen des Allgemeinwohls in bestmöglichen Einklang zu bringen.“ Genau das aber sind Steuern in einem liberalen Rechtsstaat nicht. Steuern sind dazu da, das Einkommen des Staates für seine Aufgaben zu bekommen. Der liberale Rechtsstaat setzt keine Glücksvorstellungen durch, er lenkt nicht das Verhalten der Menschen. Jeder Mensch hat das Recht, nach eigenen Vorstellungen sein Glück zu suchen, soferne dabei nicht Rechte eines anderen Menschen eingeschränkt werden.

Die kalte Progression wird wohl bleiben

Obwohl vor der Wahl (so wie auch schon vor der Wahl 2017) versprochen, finden sich keine konkreten Hinweise zur Beseitigung der kalten Progression. Werden die Progressionsstufen nicht automatisch mit der Inflation angehoben, so rücken Menschen aufgrund der inflationsangepassten Gehaltssteigerungen in Progressionsstufen vor, die nie für ihre Einkommenskategorie gedacht waren.

Die kalte Progression stellt eine Inflationssteuer dar, der Staat verschafft sich Zusatzeinkommen. Unter dem Titel Steuerreform werden dann alle paar Jahre die Progressionsstufen zum Teil angepasst. Das was aber als Steuerreform angekündigt ist, hat der Steuerzahler de facto bereits selber finanziert. Diese enteignende Charakteristik der kalten Progression wird auch beim Familienbonus schlagend, der – das muss ebenfalls positiv erwähnt werden – erhöht werden soll. Nach diversen Berechnungen sind Familien (also mit Kindern) auch die einzigen Profiteure der angekündigten Steuerreform.

Geprüft werden soll eine Anpassung der Grenzbeträge für die Progressionsstufen unter der Berücksichtigung von Verteilungseffekten. Damit wird also die versprochene Beseitigung der kalten Progression nicht nur vertagt, sondern zusätzlich auch noch mit Verteilungseffekten belastet. Kanzler Kurz hatte bereits im Vorjahr einmal erklärt, dass er die Beseitigung der kalten Progression für nicht sozial gerechtfertigt halte, weil sie nur den Besserverdienern nutze. Damit hat er klar zum Ausdruck gebracht, dass es offensichtlich eine Nivellierung der Einkommen geben soll. Das wird durch die Beschränkung bei der Anpassung der Progressionsstufen auf die unteren drei Stufen bestätigt. Die Folge ist eine schleichende Ausrottung des Mittelstandes, der durch Gehaltssteigerungen aufgrund der Inflation von einer Mittelstandsbesteuerung in eine Reichenbesteuerung rutscht. In dieses Bild passt die Ankündigung von Finanzminister Blümel, den ursprünglich befristeten Höchststeuersatz von 55 nicht wie vorgesehen auslaufen zu lassen, sondern zu behalten.

Der Mittelstand wird weiter dezimiert

Ein möglichst breiter Mittelstand ist aber für eine demokratische Gesellschaft von hoher Bedeutung. Eine demokratische Gesellschaft braucht wirtschaftlich unabhängige Menschen, die nicht auf Verteilungsleistungen des Staates angewiesen sind.

In praktisch jeder Regierungserklärung steht die Bekämpfung des Steuerbetrugs. Im aktuellen Programm steht die Forderung nach der Einführung einer Transaktionssteuer. Eine besonders gefährliche Passage stellt der Plan dar, wonach Banken bei sogenannten grünen Krediten weniger Eigenkapital hinterlegen müssen. Die Hinterlegung von Eigenkapital dient dem Risikoausgleich. Praktisch alle Bankenkrisen haben auch mit fehlendem Eigenkapital der Geldhäuser zu tun. Je höher das Risiko bei Krediten, umso höher muss auch die Eigenkapitalhinterlegung sein. Wird diese ökonomische Vernunftregel für sogenannte grüne Kredite außer Kraft gesetzt, wird damit die Behauptung aufgestellt, solche „grünen Kredite“ seien automatisch sicher. Eine ganze Reihe von Pleiten in diesem Wirtschaftssektor beweist das Gegenteil. Mit einer solchen Bestimmung würde also der Grundstein für eine neue Bankenkrise gelegt.

Neutralität kann nicht verteidigt werden

Mit Spannung erwartet wurde die Stellung der neuen Bundesregierung zur Sicherheitspolitik. Die ablehnende Haltung der Grünen zum Bundesheer war und ist bekannt. Und auch die Polizei gilt nicht unbedingt als Freund der Grünen. Gerade in dem Bereich trat die ÖVP mit Aussagen auf, die von der FPÖ hätten kommen können. Nur im Wahlkampf leistete sich der Bundeskanzler einen Schnitzer, als er im ORF zum Thema Bundesheer und dessen finanzieller und materieller Unterausstattung anmerkte, dass es die Panzerschlacht im Weinviertel nicht mehr gäbe. Die Aussage gilt als Code dafür, dass das Bundesheer weder schweres Gerät noch mehr Geld benötigt. Nun will man bei der Polizei 2.300 neue Planstellen schaffen und das Bundesheer materiell, finanziell und personell für die Herausforderungen rüsten. Gleichzeitig wird die Neutralität als „unumstößlich“ definiert.

Die Kernaussage zur militärischen Landesverteidigung kommt aber ein paar Zeilen weiter: „Die Ausrüstung soll spezifisch und im Besonderen im Hinblick auf diese Aufgaben ausgestaltet werden. Daher wurden schon in den letzten Jahren schwere Waffengattungen reduziert, da diese nicht mehr in dem Ausmaß wie zur Zeit des Kalten Krieges erforderlich sind. Diese Politik wird fortgesetzt, die Kernkompetenzen in der Ausbildung sollen weiterhin sichergestellt werden“. Damit soll konsequent umgesetzt werden was Sebastian Kurz mit dem Hinweis auf die nicht mehr stattfindende Panzerschlacht gemeint hat. Da die „unumstößliche“ Neutralität nur mit einem voll ausgestatteten Militär garantiert werden kann, darf diese Passage als eine der vielen Widersprüchlichkeiten in dem Programm gewertet werden.

Der Bundestrojaner soll nun doch kommen

Das Sicherheitskapitel enthält einige weitere eher problematische Ankündigungen. So spricht es von einer „Weiterentwicklung und Intensivierung der Zusammenarbeit mit NGOs (Polizei. Macht. Menschen. Rechte)“, ohne darzulegen welche Nichtregierungsorganisationen damit privilegiert werden sollen, in die staatliche Arbeit der Polizei (und zu welchem Zweck) miteinbezogen zu werden. Gut klingt die Feststellung: „Gläserner Staat statt gläserner Bürger: Umfassende Evaluierung gesetzlicher Regelungen von Ermittlungsmaßnahmen bestehender Überwachungssysteme unter Einbindung der Zivilgesellschaft und unabhängiger Expertinnen und Experten sowie Erstellung eines Berichts.“

Bereits im nächsten Absatz wird dann die Schaffung einer regelkonformen Überwachung von verschlüsselten Nachrichten im Internet angekündigt, was einen neuen Anlauf zur Etablierung des sogenannten „Bundestrojaner“ bedeutet.

Privater Verein bekommt Zugang zu Daten

Zu den höchst problematischen Forderungen gehört die Ankündigung, wonach das Dokumentationsarchiv des Österreichischen Widerstandes DÖW Zugang zum Datenmaterial des Innen- und Justizministeriums bekommen soll, um auf diese Weise Rechtsextremismus und Antisemitismus zu bekämpfen. Damit bekommt ein privater Verein Zugang zu Daten, die aufgrund ihrer Sensibilität unter staatlicher Verwaltung standen. Die Linksorientierung des DÖW ist bekannt.

Der Linksextremismus wird nicht bekämpft

Weiters gefordert wird die „Einberufung eines jährlichen Koordinationsausschusses zwischen Regierung, Parlament, Ländern und der Zivilgesellschaft über Maßnahmen zur Bekämpfung des Rechtsextremismus.“ Das heißt, die Regierung will sich mit der linken Zivilgesellschaft verbrüdern, um den Rechtsextremismus zu bekämpfen. Und, die Regierung will „Maßnahmen setzen, um Vereine, die staatsfeindliches Gedankengut (so wie die Identitären) verbreiten, wirksam zu bekämpfen“. Die Regierung will also allen Ernstes Gedankengut bekämpfen, das sie für staatsfeindlich hält. Das ist aus mindestens zwei Gründen brandgefährlich. Erstens ist die Bekämpfung von Gedankengut ein Widerspruch zur geltenden Lehre, die besagt: „Die Gedanken sind frei.“

Nur totalitäre Regime haben bisher Gedanken bekämpft. Zweitens ist völlig offen, was denn „staatsfeindliches Gedankengut“ sein soll. Das Programm gibt dazu keinerlei weitere Auskünfte. Die Nennung der Identitären als Beispiel geht am eigentlichen Begriff des Staatsfeindlichen vorbei, der sprachlich eher suggerieren würde, dass anarchistisches Gedankengut bekämpft werden sollte. Die Identitären sind aber alles andere als anarchistisch. Ihre Ideologie ist stark von Alexander Dugin, einem schwülstig-faschistischen „Philosophen“ aus Russland beeinflusst. Sie sind also nicht gegen den Staat, sondern verlangen einen stark regulierenden Staat.

Überhaupt fällt auf, dass der Kampf – abgesehen vom notwendigen Kampf gegen den Antisemitismus – immer nur gegen einen Rechtsextremismus geführt werden soll. Vom Linksextremismus, der mindestens genauso gefährlich wie der Rechtsextremismus ist, und der in der jüngeren Vergangenheit in Europa mehr Zerstörungen angerichtet hat als der Rechtsextremismus, wird in dem Regierungsprogramm kein einziges Mal geredet.

Trennung zwischen Asyl und Arbeitsmigration

Wiederum positiv im Bereich der Sicherheitspolitik fällt die klare Trennung zwischen Arbeitsmigration und Asyl auf. Gefordert wird eine Stärkung des europäischen Außengrenzschutzes durch eine Aufstockung von Frontex. Der Verteilung von Migranten in der EU wird eine Absage erteilt, weil sie nicht funktioniert hat.

In einigen Bereichen des Programms muss man den Eindruck gewinnen, dass von verschiedenen Seiten Beiträge zu konkreten Sachthemen einflossen, die aber nicht koordiniert wurden. Ein schönes Beispiel dafür ist das oben bereits genannte Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen. Im Europakapitel heißt es dazu: „Österreich wirkt auf europäischer und internationaler Ebene protektionistischen Tendenzen entschlossen entgegen.“

Ein Plädoyer für den Protektionismus

Danach wird eine derartige Vielzahl von Forderungen an solche Freihandelsabkommen gestellt, dass selbst härteste Vertreter der Schutzzollindustrien (um einen Begriff von Richard Coudenhove-Kalergi zu verwenden) neidisch erblassen würden, weil ihnen die Fantasie fehlt, um Protektionismus derart zu tarnen. Analysiert man diesen Forderungskatalog, so würde das bedeuten, dass Handel nur mehr unter der Bedingung betrieben werden darf, dass beim Handelspartner exakt gleiche Bedingungen (in allen Bereichen) herrschen wie in Österreich. Das Gesetz der komperativen Kostenvorteile wird damit durch eine politische Erklärung negiert. Als Folge wird im Europa-Kapitel das Mercosur-Abkommen in „dieser Form“ abgelehnt. Ganz anders klingt das im Landwirtschaftskapitel. Da gibt es keine ausweichenden Formulierungen mehr, da heißt es nur mehr: „Nein zu Mercosur“.

Die Klimapolitik ist nicht nur das umfangreichste Kapitel in dem Regierungsprogramm, Klimapolitik zieht sich auch durch alle anderen Kapitel. So fordert man etwa im Sicherheitskapitel: „Klimataugliche Arbeitsbedingungen schaffen“. „Auch die Polizei kann und soll einen Beitrag zur Steigerung der Nachhaltigkeit und Erreichung der Klimaziele leisten. Dahingehendes Potenzial soll erhoben und genutzt werden.“ Oder in einem anderen Zusammenhang: Kunst und Kultur soll auch der Klimapolitik dienen. Österreich will Klimaschutzvorreiter in der EU werden. Deshalb soll ein Flugticket um zwölf Euro verteuert werden, die Nova wird erhöht, den Tanktourismus will man unterbinden und der ausländische Lkw-Schwerverkehr soll reduziert werden. Klimaschutz wird als Beitrag zur Gerechtigkeit gesehen, Österreich soll 2040 klimaneutral sein.

Gefordert wird eine „Erhöhung der internationalen Klimafinanzierung: Signifikante Erhöhung des österreichischen Beitrags zum Green Climate Fund“. Ein Nationaler Energie und Klimaplan NEKP – der in der Namensgebung an die Neue Ökonomische Politik NEP unter Lenin erinnert – soll geschaffen werden, ebenso ein eigenes Klimakabinett.

In der Außenpolitik will man eine eigene Klimadiplomatie erfinden. Dazu soll auch noch ein Klimabotschafter ernannt und eine grüne Diplomatie geschaffen werden.

Unter dem Titel einer „Green Finance Agenda“ soll eine „Bürgerstiftung Klimaschutz“ Private dazu bewegen, ihr Geld in Klimaschutz zu investieren. Abgerundet wird diese Klimapolitik noch durch das „Angebot eines täglichen Klimatellers in Österreichs öffentlichen Küchen“.

Wahrscheinlich aufgrund der Klimaerwärmung fordert die türkis-grüne Bundesregierung ein Aus für Heizöl, Kohle und fossiles Gas. Ein Phase-out für Öl und Kohle in der Raumwärme soll noch in diesem Jahr bei Neubauten seinen Anfang nehmen, ab 2021 gilt es für Heizungswechsel. Ab 2025 müssen alle Kessel älter als 25 Jahre ausgetauscht werden, ab 2035 dann alle Kessel. Gaskessel-Neuanschlüsse in Neubauten sollen ab 2025 verboten werden, fossiles Gas soll grundsätzlich bald der Vergangenheit angehören.

Die Republik Österreich ist an der OMV beteiligt, und der Außenminister der Republik verteidigte jüngst in einem Interview den Bau der Gas-Pipeline (fossiles Gas aus Russland) Nord Stream 2. Politik bleibt die Kunst des Möglichen. (RK - *Generalsekretär von Paneuropa Österreich)

Autriche : l'art du possible

par Rainhard Kloucek *

Le programme de travail du nouveau gouvernement fédéral autrichien comporte environ 300 pages. Par-delà, un contenu positif, on y trouve un certain nombre de contradictions et de contorsions idéologiques. La protection du climat sert de justification à tout.

Si l'on prenait comme base d'évaluation du programme de travail du nouveau gouvernement fédéral autrichien la distinction faite par Richard Coudenhove-Kalergi entre l'homme total et l'État total, le résultat serait clair : ce programme est un programme de l'État total. L'État est au-dessus du citoyen, le citoyen doit servir l'État, l'État a le devoir de guider le comportement du citoyen. L'engagement en faveur d'un "secteur public durable et axé sur les services", ancré dans le chapitre "Constitution, administration et transparence", n'y change rien. La justification de toute intervention de l'État est la politique climatique, qui est le fil conducteur – pour ne pas dire « la ficelle conductrice » - du programme gouvernemental.

Mais commençons par les projets positifs. Ce programme contient un engagement clair en faveur de l'Europe, de l'Union Européenne et de son développement futur. Dans un communiqué de presse annonçant l'engagement du gouvernement, le Mouvement paneuropéen d’Autriche a donc déclaré : "En matière européenne, le programme du gouvernement fédéral engagé aujourd'hui donne des raisons d'être optimiste. Ce qui importe, c'est l'engagement proclamé en faveur d'une Europe de la démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit, avec une forte protection des frontières extérieures et l’affirmation de la compétitivité. Parmi les évaluations positives, citons l'engagement en faveur d’accords commerciaux internationaux, l'admission des pays d'Europe du Sud-Est dans l'UE, la libéralisation des visas pour le Kosovo, l'engagement en faveur de l'indépendance de l'Ukraine, l'abandon du principe de l'unanimité pour les décisions importantes au sein du Conseil de l'UE ou la demande de fusion des lieux de réunion du Parlement européen.

Dans notre communiqué de presse, le président de la Jeunesse paneuropéenne, Philipp Jauernik, a fait remarquer que le Parlement européen a jusqu'à présent été davantage utilisé comme une voie de garage pour politiciens : "Avec Elisabeth Köstinger, Karoline Edtstadler et Ulrike Lunacek, trois anciennes eurodéputées sont désormais représentées dans ce gouvernement. Si vous ajoutez Werner Kogler à ce nombre, c'est même quatre. Cela signifie que le Parlement européen s'est probablement enfin débarrassé de son ancienne connotation et sert désormais de vivier de recrutement de dirigeants politiques. Il faut s'en féliciter".

LE TAUX D'IMPOSITION DOIT TOMBER À 40 %

Nous relevons également des éléments positifs en matière de politique fiscale. Par exemple, un engagement à abaisser le taux d'imposition  à quelque 40 %. À cette fin, les trois premières tranches de la progression doivent être réduites (de 25 à 20%  de 35 à 30%, de 42 à 40%) et l'impôt sur les sociétés doit être ramené à 21 %. L'État doit gérer l'argent des contribuables avec prudence, l'équilibre budgétaire est un objectif fixé et la dette doit être réduite à 60 % du PIB (comme le prescrit le traité de Maastricht). Oui, une déductibilité fiscale des dons pour les organisations à but non lucratif est même à l'étude. Au niveau européen, il est prévu de s'opposer à une assurance-dépôts commune aux banques, ce qui est certainement dans l'intérêt des épargnants autrichiens.

LES CONTRÔLES COMME MÉCANISME DE DIRECTION

Toutefois, comme dans d’autres chapitres, l'action positive est en partie remise en question, contrée ou même annulée par d'autres mesures. Par exemple, en ce qui concerne la réforme fiscale, il est déclaré : "En outre, les impôts constituent également un mécanisme de pilotage important pour concilier au mieux les comportements individuels et les intérêts du bien commun". Mais c'est précisément ce que les impôts ne sont pas dans un État constitutionnel libéral. Les impôts sont là pour fournir des revenus de l'État afin qu’il assure ses missions. L'État constitutionnel libéral n'impose pas le bonheur, il ne guide pas le comportement des gens. Chacun a le droit de rechercher le bonheur selon l’idée qu’il s’en fait tant que les droits d'autrui ne sont pas lésés.

LA PROGRESSION DU FROID VA PROBABLEMENT SE POURSUIVRE

Bien que promis avant l'élection (ainsi qu'avant l'élection de 2017), il n'y a rein indiquant une suppression de la progression automatique dans l’échelle fiscale. Si les tranches de progression ne suivent pas automatiquement l'inflation, les gens passeront suite à des augmentations de salaire ajustées à l'inflation à des tranches supérieures d’imposition qui n’avaient jamais été prévues pour leur catégorie de revenu.

La progression automatique équivaut à une taxe sur l'inflation, et l'État génère ainsi pour lui-même des revenus supplémentaires. Sous le titre de réforme fiscale, les étapes de la progression sont ensuite partiellement ajustées tous les deux ans. Mais ce qui est annoncé comme une réforme fiscale, le contribuable l'aura de facto déjà financée lui-même. Cette forme d’expropriation résultant de la progression automatique se reflète également dans le bonus familial qui - il faut le mentionner comme un élément positif - doit être relevé. Selon divers calculs, les familles (c'est-à-dire avec enfants) sont les seules bénéficiaires de la réforme fiscale annoncée.

Un ajustement des montants marginaux dans les tranches de progression, tenant compte des effets de répartition, doit être examiné de près. Ainsi, l'élimination promise de la progression automatique est non seulement reportée à plus tard, mais elle est aussi grevée d'effets de répartition. Le chancelier Kurz avait déjà déclaré l'année dernière qu'il ne considérait pas que l'élimination de la progression automatique comme socialement justifiée, car elle ne profiterait qu'aux personnes les mieux rémunérées. Ce faisant, il a clairement indiqué qu'il devrait évidemment y avoir un nivellement des revenus. Ceci est confirmé par la restriction de l'ajustement des niveaux de progression aux trois niveaux inférieurs. Le résultat est une élimination rampante de la classe moyenne, qui passe d'un impôt médian à un impôt sur la richesse en raison des augmentations de salaires provoquées par l'inflation. L'annonce du ministre des finances Blümel selon laquelle le taux d'imposition maximum temporaire de 55% ne pourra pas prendre fin comme prévu, mais sera maintenu, s'inscrit dans ce contexte.

LA CLASSE MOYENNE EST ENCORE PLUS SACQUÉE

Dans une société démocratique, l’existence d’une classe moyenne forte est incontournable. Une société démocratique a besoin de personnes économiquement indépendantes qui ne dépendent pas des services de distribution de l'État.

La lutte contre la fraude fiscale figure dans pratiquement toutes les déclarations gouvernementales. Le programme actuel prévoit l'introduction d'une taxe sur les transactions. Un passage particulièrement dangereux est le plan selon lequel les banques devraient déposer moins de fonds propres pour les prêts dits verts. Le dépôt de fonds propres sert à équilibrer le risque. Pratiquement toutes les crises bancaires sont liées au manque de fonds propres des institutions financières. Plus le risque est élevé dans le cas des prêts, plus le dépôt de garantie doit être élevé. Si l'on passe outre à cette règle de rationalité économique pour les prêts dits "verts", on prétend que ces "prêts verts" sont automatiquement garantis. Toute une série de faillites dans ce secteur économique prouve le contraire. Une telle disposition jetterait donc les bases d'une nouvelle crise bancaire.

LA NEUTRALITÉ NE PEUT ÊTRE DÉFENDUE

La position du nouveau gouvernement fédéral en matière de politique de sécurité était très attendue. L'attitude négative des Verts envers les forces armées était et reste bien connue. Et la police elle-même n'est pas nécessairement considérée comme l'amie des Verts. Dans ce domaine en particulier, l'ÖVP (le Parti populaire majoritaire de centre droit qui dirige la coalition Droite-Verts au pouvoir) a fait des déclarations qui auraient pu venir du FPÖ (le parti libéral considéré comme extrême-droite). Ce n'est que pendant la campagne électorale que le Chancelier fédéral a commis un impair lorsqu'il a fait remarquer à l'ORF (la radio télévision autrichienne) au sujet des forces armées et de leur sous-équipement financier et matériel que la bataille de chars dans le Quartier aux vins n'aurait plus lieu. Cette déclaration est considérée comme signifiant que l'armée fédérale n'aura pas besoin de matériel lourd ni de davantage d'argent. La coalition gouvernementale veut maintenant créer 2 300 nouveaux postes dans la police et équiper matériellement les forces armées pour relever les nouveaux défis. Mais en même temps, la neutralité de l’Autriche est définie comme "irrévocable".

Toutefois, la déclaration fondamentale sur la Défense nationale va plus loin : "Les équipements doivent être conçus spécifiquement et en particulier en fonction des tâche qui leur sont allouées. C'est pourquoi les catégories d'armes lourdes ont déjà été réduites ces dernières années, car elles ne sont plus aussi nécessaires qu'elles l'étaient pendant la Guerre froide. Cette politique sera poursuivie et les compétences de base en matière de formation continueront à être assurées". Il s'agit de mettre en œuvre de manière cohérente ce que Sébastian Kurz entendait par la référence à la fin de la bataille des chars. Comme la neutralité "irrévocable" ne peut être garantie qu'avec une armée entièrement équipée, ce passage peut être considéré comme l'une des nombreuses contradictions du programme.

ON VOIT VENIR LE CHEVAL DE TROIE FÉDÉRAL

Le chapitre sur la sécurité contient d'autres annonces assez problématiques. Par exemple, elle parle de "développer et intensifier la coopération avec les ONG (Police - Pouvoir - Peuple - Droits des citoyens)" sans préciser quelles organisations non gouvernementales auraient le privilège de participer aux tâches générales de la police (et dans quel but). La déclaration suivante sonne bien : "Un État transparent au lieu d'un citoyen transparent : évaluation complète des réglementations juridiques des mesures d'investigation des systèmes de surveillance existants avec la participation de la société civile et d'experts indépendants et préparation d'un rapport".

Déjà dans le paragraphe suivant, la création d'une surveillance conforme aux règles des messages cryptés sur Internet est annoncée, ce qui signifie une nouvelle tentative d'établir ce que l'on appelle le "cheval de Troie fédéral".

UNE ASSOCIATION PRIVÉE OBTIENT L'ACCÈS AUX DONNÉES

L'une des demandes les plus problématiques est l'annonce que le centre de documentation de la Résistance autrichienne DÖW devrait avoir accès à la banque de données du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Justice afin de lutter contre l'extrémisme de droite et l'antisémitisme. Cela permettra à une association privée d'accéder à des données qui étaient sous administration de l'État en raison de leur caractère sensible. L'orientation à gauche du DÖW est bien connue.

L'EXTRÉMISME DE GAUCHE N'EST PAS COMBATTU

Il est fait appel également à la "convocation d'un comité annuel de coordination entre le gouvernement, le parlement, les pays et la société civile sur les mesures de lutte contre l'extrémisme de droite". En d'autres termes, le gouvernement veut fraterniser avec la société civile de gauche afin de lutter contre l'extrémisme de droite. Et, le gouvernement veut "prendre des mesures pour lutter efficacement contre les associations qui diffusent des idées antiétatiques (comme le fond les Identitaires)". Ainsi, le gouvernement veut-il lutter sérieusement contre les idées qu'il considère comme antiétatiques. Cette situation est dangereuse pour au moins deux raisons. Tout d'abord, la lutte contre des idées contredit la doctrine dominante qui affirme que "Les idées sont libres“. Seuls les régimes totalitaires ont jusqu'à présent combattu les idées.

Deuxièmement, rien ne définit ce que l’on considère comme des « idées subversives". Le programme ne donne aucune information à ce sujet. En citant les identitaires comme exemple, on passe à côté de la notion d'ennemi de l'État, qui suggèrerait plutôt, d'un point de vue linguistique, que les idées anarchistes doivent être combattues. Or, les identitaires sont tout sauf des anarchistes. Leur idéologie est fortement influencée par Alexandre Douguine, un "philosophe" russe, fasciste et baroque. Les identitaires ne sont donc pas contre l'État, ils exigent au contraire un État fortement régulateur. La lecture du programme amène à la conclusion que la lutte - outre la nécessaire lutte contre l'antisémitisme - est toujours à mener contre l'extrémisme de droite. L'extrémisme de gauche, qui est au moins aussi dangereux que l'extrémisme de droite et qui, dans un passé récent, a causé plus de destruction en Europe que l'extrémisme de droite, n'est pas mentionné une seule fois dans le programme du gouvernement.

LA SÉPARATION ENTRE L'ASILE ET LA MIGRATION DE TRAVAIL

Un autre aspect positif de la politique de sécurité est la distinction claire entre la migration de main-d'œuvre et l'asile. Il est fait appel au renforcement de la protection des frontières extérieures de l'Europe en renforçant l’agence Frontex. La répartition des migrants dans l'UE est rejetée parce qu'elle n'a pas fonctionné.

Dans certains domaines du programme, on a l'impression que des contributions ont été apportées venant de différents horizons sur des questions spécifiques, mais qu'elles n'ont pas été coordonnées. Un bon exemple en est l'engagement en faveur des accords commerciaux internationaux, comme mentionné ci-dessus. Dans le chapitre sur l'Europe, il est dit : "L'Autriche s'oppose résolument aux tendances protectionnistes au niveau européen et international. »

UN PLAIDOYER POUR LE PROTECTIONNISME

Mais dans ce qui suit, on formule une multitude d'exigences à l'égard de ces accords de libre-échange telle que même les représentants les plus durs des industries partisanes des tarifs douaniers protecteurs (pour reprendre un terme de Richard Coudenhove-Kalergi) en deviendraient vertes de jalousie parce qu'elles n'ont pas l'imagination requise pour camoufler ainsi leur protectionnisme. Si l'on analyse ce catalogue, cela signifierait que les échanges commerciaux ne peuvent se faire qu'à la condition que les conditions soient exactement les mêmes dans tous les secteurs chez les partenaires commerciaux de l’Autriche qu’en Autriche elle-même. Il suffit ainsi d’une simple déclaration politique pour annule les avantages comparatifs de coûts. En conséquence, le chapitre Europe rejette l'accord Mercosur sous "cette forme". Dans le chapitre sur l'agriculture, on n’est même pas aussi évasif. Il y est dit tout simplement : "Non au Mercosur".

La politique climatique est non seulement le chapitre le plus important du programme gouvernemental, mais elle imprègne également tous les autres chapitres. Par exemple, le chapitre sur la sécurité appelle à "créer des conditions de travail respectueuses du climat". "La police peut et doit également contribuer à accroître la durabilité et à atteindre les objectifs climatiques. Il convient d'identifier et d'exploiter le potentiel à cette fin". Ou dans un autre contexte : l'art et la culture devraient également servir la politique climatique. L'Autriche veut devenir un pionnier de la protection du climat dans l'UE. C'est pourquoi le prix d'un billet d'avion doit être augmenté de douze euro, on interdira d’aller faire le plein à l’étranger et la circulation de poids lourds étrangers doit être réduit. La protection du climat est considérée comme une contribution à la justice, l'Autriche doit être neutre sur le plan climatique d'ici 2040.

Des appels sont lancés en faveur d'une "Augmentation du financement international pour le climat : augmentation significative de la contribution autrichienne au Fonds vert pour le climat". Un plan national pour l'énergie et le climat NEKP - dont le nom rappelle la Nouvelle politique économique NEP sous Lénine - doit être créé, ainsi qu'un cabinet distinct pour le climat.

En politique étrangère, ils veulent inventer leur propre diplomatie du climat. En outre, un ambassadeur du climat doit être nommé et une diplomatie verte doit être créée.

Sous le titre de "Green Finance Agenda", une "Fondation des citoyens pour la protection du climat" doit encourager les particuliers à investir leur argent dans la protection du climat. Cette politique climatique sera complétée par "l'offre d'une assiette climatique quotidienne dans les cuisines publiques autrichiennes".

Probablement en raison du réchauffement climatique, le gouvernement vert turquoise demande la fin du mazout, du charbon et du gaz fossile. Une élimination progressive du pétrole et du charbon dans le chauffage des locaux doit commencer cette année pour les nouveaux bâtiments, et à partir de 2021 pour les changements de système de chauffage. À partir de 2025, toutes les chaudières de plus de 25 ans devront être remplacées et, à partir de 2035, toutes les chaudières devront être remplacées. Les nouvelles connexions de chaudières à gaz dans les nouveaux bâtiments seront interdites à partir de 2025 et le gaz fossile appartiendra bientôt au passé.

La République d'Autriche est actionnaire d'OMV, la  compagnie pétrolière autrichienne privée, fondée en 1956, qui a son siège à Vienne et contrôle l'un des trois principaux centres de répartition du fossile gaz russe en Europe. Notre ministre des Affaires étrangères a récemment défendu la construction du gazoduc  Nord Stream 2 relié à la Russie dans une interview. La politique reste l'art du possible. (RK - * Secrétaire Général de Paneurope Autriche - février 2020)


Pas un vendredi noir ? –  31 Janvier 2020

Par deux fois, le tonnerre des canons anglais a franchi la Manche  jusqu’à nous. La première fois, c'était le jeudi 23 juin 2016 lorsque le référendum de David Cameron opta pour la sortie de l'UE. Et ce fut à nouveau le vendredi 13 décembre 2019 quand les législatives de Boris Johnson engendrèrent une majorité absolue pro-Brexit. Que l'atterrissage en catastrophe de la Grande-Bretagne soit doux ou dur, son échéance est le 31 janvier. Le très plaisant Johnson tire le rideau sur le spectacle absurde des trois dernières années. Le Brexit restera l'œuvre des Tories. Ils croient avoir sauvé l'Angleterre.

L'impopulaire chef du Labour Jeremy Corbyn avait hésité à se prononcer franchement pour le « Maintain ». Au grand dam de ses compatriotes, il réclamait un nouveau référendum. C’est ainsi qu’il a fait peur aux europhiles et rendu attrayant le Brexit-catastrophe  de Johnson. Pourtant, ses camarades Tony Blair et Gordon Brown s'étaient résignés à appartenir à l'UE. En vacances en France, Blair payait en euros. Dans la crise de 2008, son successeur Brown contribua en expert au sauvetage de l'euro et des banques. Mais en vain ! L’ex-journaliste Johnson, anglo-américain jusqu'en 2016, aujourd'hui rien qu’anglais, mais membre de la noblesse française, descendant d'un ministre turc assassiné et d'une princesse allemande peut-être illégitime, entre en vainqueur dans l'histoire.

"L'Angleterre est une île", avait constaté Charles de Gaulle. Ce n’était pas une nouveauté mais un prétexte pour s’opposer à l'adhésion de l'Angleterre à la CE à deux reprises, le 14 janvier 1963 et le 11 mai 1967. Il jeta son veto en décembre 1967 sur la table du Conseil des ministres de la CE. « Une île » ? Pour lui, l'Angleterre était un porte-avions américain non loin des estuaires de la Seine et du Rhin. Ce n'est qu'après sa disparition que le Royaume-Uni devint européen le 1er janvier 1973 avec le Danemark et l'Irlande. Mais à moitié seulement. Les insulaires de l’Union Jack parvinrent à être simultanément « dedans et dehors ». La clause 'opting out' leur assurait les avantages de l'Europe sans avoir à en supporter les charges.

Jusqu'au bout, ils ont voulu en faire une zone de libre-échange. Ils n'y étaient pas parvenus de l'extérieur avec l’AELE. Ils pensaient le faire en pesant de l'intérieur. Sans eux, l'UE serait aujourd'hui politiquement en meilleure posture. Ce qui ne nous a pas empêchés d’étreindre dans nos bras ces chers Britanniques. François Mitterrand leur a même fait creuser un tunnel sous la Manche. Peine perdue !  Ils redeviennent une île et l'Europe recouvre sa marge de manœuvre, de sorte que le vote britannique du 13. décembre n’a pas été exclusivement une mauvaise nouvelle.

Mais les Irlandais et les Ecossais et une partie de la population anglaise restent favorables au mantien de l’Union dans l’UE. Aussi faut-il espérer que l’UK reviendra un jour dans l’Europe avec une autre majorité et compte tenu de la situation mondiale. Cette fois aux conditions de l’UE qui ne sont pas aussi défavorables à la Grande-Bretagne que ses eurosceptiques l’ont affirmé. En attendant, nous devons veiller à ce que les liens résiduels ne se rompent pas, surtout pas en matière de défense. Le tunnel sous la Manche reste ouvert. (Jean-Paul Picaper, Président délégué de Paneurope France, 31 janvier 2020)


La chancelière allemande ne s’appellera pas Annegret

Le but de « l’Atelier de Strasbourg » n’est pas d’informer sur l’actualité mais de faire réfléchir avec du recul sur des thèmes d’actualité. Il nous semble toutefois que la décision qui avait été prise par la chancelière Angela Merkel de ne plus se représenter à sa propre succession en 2021 et de proposer pour lui succéder à la tête de la chancellerie et de son parti, la CDU chrétienne démocrate, l’ancienne ministre-présidente du Land de Sarre, Annegret Kramp-Karrenbauer, était importante pour la France. Mme Kramp-Karrenbauer était francophile, elle avait donné au français le statut de seconde langue officielle de son Land.

Or, coup de théâtre : le 10 février 2020, elle renonce à sa candidature au poste de chancelière et veut abandonner dans un proche avenir la présidence de la CDU. C’est ce qu’elle a dit lors d'une réunion du présidium de la CDU. Elle restera ministre de la Défense. Elle veut "organiser le processus de candidature à la chancellerie cet été, continuer à préparer le parti pour l'avenir, puis renoncer à la présidence du parti", a fait savoir la direction de la CDU lundi, suite à une déclaration que Kramp-Karrenbauer a exprimée devant le présidium de son parti. Elle a dit être motivée par les divergences de vues au sein de la CDU sur la relation à avoir avec le parti d’extrême-droite AfD d’un côté et avec les néo-communistes de Die Linke (La gauche) de l’autre. Elle-même est  "strictement opposée à la coopération avec l'AfD et avec Die Linke.

En outre, il est apparu à Annegret Kramp-Karrenbauer, que l’on surnomme AKK en raison de la complexité de son nom, "évident que la présidence du parti et la chancellerie ainsi que la candidature à la chancellerie doivent être dans la même main", a-t-elle déclaré.  Celui qui est considéré comme le principal candidat à la chancellerie, l'ancien chef du groupe parlementaire chrétien-démocrate, Friedrich Merz, a exprimé des réserves sur la situation de la CDU après l'annonce du retrait d'Annegret Kramp-Karrenbauer de la tête du parti. "Dans une telle situation, il est plus important de réfléchir posément que de réagir vite", a communiqué porte-parole de la CDU à la demande de l'agence de presse allemande DPA.


Stratégie militaire et diplomatique : où en sommes-nous en Europe ?

Avant le dernier sommet de l’OTAN, en décembre 2019 à La Haye, le président Macron avait déclaré que l’OTAN était en état de « mort cérébrale » et qu’éventuellement, faute de pouvoir être défendue par l’Alliance occidentale datant de 1949, l’Europe devait se rapprocher de la Russie. Il reprenait en cela la « jeu de bascule » si redouté pendant la Guerre froide, c’est-à-dire un balancement de l’Allemagne à l’époque entre les USA et l’URSS. En fait, ce glissement de l’Allemagne vers l’Est n’avait jamais eu lieu. C’était un mirage né dans les cauchemars des Occidentaux. Sera-ce cette fois aussi un mirage ? 

Mais des évolutions profondes ont eu lieu et il faut commencer par évaluer notre propre situation et les problèmes auxquels nous faisons face. C'est ce qu'a fait le président de l'Union Paneuropéenne Internationale  (UPI) Alain Terrenoire dans un discours prononcé récemment devant Paneurope Bavière. Voici ce discours :

La nécessité d’une Europe puissance 

Mesdames et Messieurs, chers amis paneuropéens,

Cette sympathique circonstance va nous donner l’occasion, dans l’esprit Paneuropéen que nous partageons, de parler clairement et franchement de l’Europe. J’évoquerai donc devant vous les difficultés auxquelles l’Europe d’aujourd’hui doit faire face, en interne comme en externe, avec les politiques nouvelles que je préconise, qui lui permettraient de les surmonter et la nécessité, pour y parvenir, de renforcer l’entente franco-allemande.

En interne, dans l’Union Européenne, on constate partout que réapparaît, non seulement le sentiment national, ce qui est légitime, mais aussi sa forme la plus exacerbée, le nationalisme. Et c’est en France, dès le début des années 80, que ce phénomène est à nouveau apparu avec le Le Pénisme. Même si une majorité des électeurs des partis national-populistes ne se référent pas au nazisme, au  fascisme, au franquisme ou au salazarisme, il s’avère néanmoins que la plupart des dirigeants de ces partis tiennent des discours nationalistes, démagogiques et xénophobes. Il existe plusieurs explications à cette inquiétante situation qui, sans être toujours hostile à l’idée de l’Europe, a fait, principalement de la Commission Européenne,  son bouc émissaire.

La Commission Européenne, appelée de façon péjorative, « la Commission de Bruxelles », recueille, du fait même de ses pouvoirs institutionnels, toutes les critiques, venant de tous les horizons européens. On lui reproche d’être trop technocratique, bureaucratique, déconnectée des réalités sociales et culturelles et soumise à l’influence des lobbies. Si ces reproches sont souvent motivés, il est injuste de ne pas y associer le Conseil Européen, et même le Parlement Européen, qui peuvent souvent apparaître, dans leurs décisions, comme dans leurs votes,  éloignés de la vie quotidienne des citoyens européens.

Ces reproches tiennent à l’organisation, aux compétences et au fonctionnement des institutions européennes qui sont, pour l’essentiel, restées fondées sur les mêmes principes depuis le Traité de Rome, il y a 62 ans : une Commission qui prend les initiatives et qui les appliquent, un Conseil qui les adopte, puis les soumet au vote du Parlement Européen. C’est un système qui donne aux citoyens européens le sentiment qu’ils ne participent pas démocratiquement à la législation européenne.  C’est pourquoi, je souhaite la révision de nos institutions afin que les citoyens européens se sentent mieux et plus directement associés à la marche de l’Europe.

Il faut aussi comprendre que les peuples de l’Europe Centrale et Orientale, qui ont du subir l’impérialisme communiste pendant trente cinq ans, après avoir souffert, pour beaucoup d’entre eux entre les deux guerres, de l’oppression de régimes d’extrême droite, se réjouissent maintenant de vivre, libres et indépendants, dans leurs États Nations.

Nul ne doit oublier aussi qu’à la conférence de Yalta, ces mêmes pays furent abandonnés à l’impérialisme Stalinien par la naïveté d’un Roosevelt, en  fin de vie.

Deux crises ont aussi suscité la méfiance des européens à l’égard de l’Union Européenne, celle financière en 2008 et celle des migrants en 2015. Si la première a pu être traitée, non sans soulever des  frustrations, la seconde continue d’entretenir  la méfiance de beaucoup d’européens face à ses conséquences politiques, sociales et culturelles.

C’est pourquoi, il est devenu aussi urgent qu’indispensable que les gouvernements européens s’engagent, conjointement avec la Commission Européenne, pour le renforcement des Accords de Schengen, pour la modification du Traité de Dublin et pour des politiques de co-développement avec les pays de départ.

Si tout le monde convient désormais de respecter les Accords de Paris sur le climat, il revient aussi à l’Union Européenne, dans ses relations commerciales avec des tiers, de les contraindre à la réciprocité pour éviter d’être victime d’une concurrence déloyale.

Enfin, je me demande quand l’Europe se décidera, par un effort considérable d’investissements public-privé à prendre toute sa place dans les technologies du XXIe siècle, actuellement dominées par les États-Unis et la Chine.

Faisant le lien avec les questions extérieures, nous ne pouvons que constater que le multilatéralisme libéral est en train de se saborder sous les coups que lui donne Donald Trump au profit d’un unilatéralisme nationaliste. C’était pourtant Washington qui avait ainsi imposé la réduction des tarifs douaniers pour, et par,  la multiplication des échanges mondiaux, en réussissant même à les faire adopter par la Chine et la Russie.

Qui peut sérieusement douter qu’en ne s’imposant que par la supériorité militaire et monétaire, les États-Unis ne nous fassent courir, à nous ses alliés européens, le risque d’un nouveau cataclysme mondial ?

En externe, l’environnement géopolitique et géostratégique de l’Union Européenne s’est totalement transformé.

En Europe, jusqu’au Pique-nique Paneuropéen de Sopron, il y a 30 ans, nous étions séparés par le Rideau de fer, dans la Guerre Froide. A l’Ouest, nos préoccupations essentielles tournaient autour des progrès de notre prospérité protégée par le parapluie américain qui nous garantissait la paix, sans trop de frais. Pendant qu’à l’Est les peuples attendaient leur libération.

Depuis le 11 septembre 2001, les États-Unis savent qu’ils sont devenus vulnérables, comme tous les autres pays. Sans que leurs motifs soient toujours justifiés, ils ont continué à prendre l’initiative ou à participer à des conflits, quasi permanents,  au Proche et au Moyen Orient, en Afghanistan, en Irak, en Syrie, qui se sont ajoutés au conflit Israélo-Palestinien, jamais réglé et aux bouleversements qu’ont connus le Machrek et le Maghreb.

Maintenant, sous la forte pression d’Israël, et avec les encouragements de ses alliés du Golfe, les États-Unis menacent Téhéran d’une guerre, après s’être retirés unilatéralement de l’accord sur le nucléaire Iranien.

La rivalité entre Sunnites et Chiites entretient ces menaces, comme les interventions occidentales dans cette région contribuent à nourrir le terrorisme islamique, dont l’Europe est également victime. Et c’est pour le combattre que la France, avec des partenaires européens et africains, a été contrainte d’intervenir militairement au Sahel.      

En plus de son importance économique, en fournissant à l’Asie et à l’Europe une part essentielle de leurs ressources énergétiques, cette région, frontalière de l’Union Européenne, représente un intérêt géopolitique et géostratégique majeur, car il s’y joue une compétition acharnée entre les influences militaro-industrielles mondiales. Si les Chinois n’y tiennent pas encore la première place, ils suivent de près, et avec vigilance, ce qui s’y passe, en lien avec la Russie de Poutine qui, elle, y a retrouvé son influence auprès de ses anciens alliés. 

C’est aussi la Russie, dirigée depuis bientôt vingt ans par  un autocrate nostalgique du Stalinisme, qui s’est emparée par la force de territoires géorgiens et ukrainiens et qui pourrait continuer à violer les souverainetés nationales de ses voisins.

Dans le Sud-Est asiatique et, tout spécialement en mer de Chine, les rivalités entre puissances se sont également exacerbées, notamment en Corée du Nord et à Taiwan.

Ces crises répétitives ont entraîné un exode vers l’Europe des populations concernées, auxquelles s’est ajoutée la migration africaine, consécutive à une démographie galopante et à une économie déficiente.

Dans ce monde dangereux proche et lointain, l’Europe n’existe pas. Elle ne se fait pas entendre.

Non seulement elle avait confié, via l’OTAN, les clés de sa Défense...et par conséquent de sa politique extérieure, au président américain jusqu’à l’effondrement de l’URSS, mais elle a convaincu, depuis, les pays de l’Europe Centrale et Orientale de passer du Pacte de Varsovie au Traité de l’Atlantique Nord !

Quelle folle irresponsabilité ! Encore ces derniers jours des gouvernements européens ont donné la préférence à de l’armement américain, plutôt qu’européen.

N’ont-ils pas entendu ce que Donald Trump leur avait dit en arrivant à la Maison Blanche ? Pour lui, l’OTAN est obsolète.

Et cela peut se comprendre puisque les États-Unis auront fort à faire, en plus du Proche et du Moyen Orient toujours en ébullition,  avec la montée en puissance de la Chine, dont la Route de la Soie n’est qu’un habile camouflage de ses ambitions impérialistes.

Barak Obama lui-même, mais avec plus de diplomatie que son successeur, nous avait déjà prévenus que la zone Pacifique était devenue la nouvelle zone de vigilance de son pays.

Si je me réjouis évidemment des nouveaux efforts d’investissements dans l’armement européens par l’Allemagne, la France et quelques autres pays européens et de l’élaboration d’un début de Défense européenne, je ne peux que regretter que le Plan Fouchet, proposé par de Gaulle dès 1962, et accepté par Adenauer, ait été refusé par nos autres partenaires, sous influence d’outre Atlantique et de Jean Monnet.

Il aurait été également préférable, à cette époque, que l’on écoute mieux ce que de Gaulle disait sur la relation séculaire, géographique, historique et culturelle du Royaume Uni avec le continent  européen. Nous aurions, notamment,  évité cinquante cinq ans après de passer trois ans à discuter d’un accord sur le Brexit, dont nous savons maintenant qu’il ne sera même pas appliqué.

C’est pourquoi, il est indispensable, si vous croyez, comme moi, à la nécessité d’une Europe puissance, d’en revenir à ses fondations.

Après les désastres provoqués par la première guerre mondiale, Richard Coudenhove-Kalergi avait tracé, il y aura bientôt un siècle, la voie à suivre. Sa première exigence pour réussir la Paneurope consistait à réaliser l’entente franco-allemande. C’était juste, c’était vrai. Mais il aura encore fallu subir les horreurs d’une nouvelle guerre pour que cette idée s’impose.

Et cet objectif, toujours prioritaire, reste la condition sine qua non de la possibilité d’une Europe puissance.

Malheureusement, cette entente s’est dégradée ces dernières années. Les torts sont partagés entre Berlin et Paris.

A nous Paneuropéens, Allemands et Français d’abord, de lui redonner de la vigueur !

En conclusion de cette intervention, permettez-moi quelques mots personnels qui vous feront mieux comprendre les racines et les raisons de mon engagement Paneuropéen et pour l’entente franco-allemande.

Militant pour le respect de la forme républicaine et démocratique des institutions françaises et  pour la doctrine sociale de l’Église catholique, ma famille avait soutenu, entre les deux guerres, le projet de Briand d’inspiration Paneuropéenne. Mon arrière grand-mère maternelle, née à Coblence en 1860, s’était installée à Paris avec ses parents, ainsi que plusieurs de ses cousins et cousines de la même région. Leur double culture, germanique et française, leur amour passionné pour leur pays d’accueil et ce qu’ils avaient importé du génie créatif de leur patrie d’origine avaient profondément imprégné leurs descendants.

C’est dire la blessure qu’ils ressentirent dans les années trente.

Mais, quand il fallut faire face au nouveau désastre, ma famille  fut, immédiatement,  aux avant postes de la résistance à la barbarie. Puis, dès sa liquidation, elle reprit le chemin interrompu de l’entente franco-allemande et de l’Europe unie. A la demande du Général de Gaulle, mon père fonda le comité français de l’Union Paneuropéenne et présenta à l’Assemblée Nationale son rapport sur le Traité de l‘Élysée, malheureusement amoindri par un préambule qui en réduisait la symbolique. Ma voie était tracée.

C’est pourquoi, aujourd’hui à Augsbourg, je suis avec vous, en cette veille de la fête nationale française, pour vous demander de poursuivre avec moi le chemin de l’espérance européenne. (Alain Terrenoire - 13 juillet 2019)


L’Autriche, petit partenaire très important

Le titre de l’article ci-après de notre ami paneuropéen Rainhard Kloucek est un défi en bonne et due forme. Emmanuel Macron un « anti-Européen » ? Le président de la République avait célébré le 8 mai 2017 son intronisation à ce poste dans la cour du Louvre aux notes de l’Ode à la Joie, choisi il y aura bientôt un siècle comme Hymne européen par Richard Coudenhove-Kalergi, fondateur en 1926 du Mouvement paneuropéen. Le jeune président aurait très bien pu accéder au pouvoir au son de la Marseillaise. Mais non, il avait choisi cet hymne qui unit notre continent sur une mélodie et des paroles comme seule l’Europe sait en faire.

Par plusieurs discours qui ont fait date, le président Macron a restauré le concept de souveraineté européenne banni par le référendum  de 2005. Des Français et des Hollandais n’avaient pas voulu que l’Europe soit un État, doté d’une constitution. En quoi ces votants s’étaient trompés, car il arrive que les peuples se trompent. De toute manière, tous les référendums se concluent de nos jours par un « non ». Ce qu’a compris le président Macron, c’est que l’Union Européenne héritée de Schuman et d’Adenauer, de Giscard et de Schmidt, de Kohl et de Mitterrand, est un État d’un type nouveau,  battant une vraie monnaie respectée dans le monde, enraciné sur un vaste territoire avec une frontière extérieure  de 13 983 kilomètres surveillée par une police frontalière, l’agence Frontex. Cette frontière n’est pas, comme le voudraient certains, une « limite » extérieure (« limite » est un terme négatif). L’Europe est une entité de droit international qui n’est pas moins qu’un État, mais plus qu’un État. Un État avec un supplément d’âme exprimé par la musique de Beethoven.

Notre association Paneurope France ne peut donc souscrire à cette analyse impertinente du Secrétaire général du Mouvement Paneuropéen d’Autriche. Cependant, nous avons deux raisons d’ouvrir notre site internet sur cet article de notre ami autrichien. L’une, ce sont les liens qui unissent Paneurope France à la section autrichienne de Paneurope. Si Vienne ne nous avait pas soutenus quand nous avons fait renaître Paneurope France de ses cendres en 2014-2015, nous n’existerions plus aujourd’hui, car il est bien difficile de s’extraire d’un marécage comme le Baron de Crac en se tirant tout seul par les cheveux. Il faut que quelqu’un vous tende la perche.

A quoi s’ajoute que l’article de Rainhard Kloucek  reflète les clivages du mouvement paneuropéen. Il prend prudemment du recul par rapport à l’Allemagne qui a soutenu jusqu’au bout envers et contre tout son « Spitzenkandidat » Manfred Weber au nom d’un groupe parlementaire numériquement majoritaire à domination allemande. Le président français n’a pas souscrit à cette vision de l’Europe, mais il a soutenu quand même une Allemande plus qualifiée pour ce poste que le Bavarois Weber, Ursula von der Leyen.

Cet article de Rainard Kloucek rejette aussi la politique volontariste de la France, celle d’un État Nation qui sait ce qu’il veut et ne veut pas. La France n’est pas un État totalitaire illibéral, pratiquant une planification stalinienne de son économie, comme d'aucuns à l'étranger semblent le penser, mais une république parlementaire avec quelques éléments plébiscitaires, c’est vrai, pratiquant une économie mixte, c’est-à-dire une économie de marché favorable à l’initiative privée, encadrée par un État qui veille au grain dans le pays qui a inventé les barricades sur une planète secouée par des séismes.

L’hyperlibéralisme autrichien est le reflet d’une grande nation qui a du mal à s’intégrer dans un petit État et qui a souffert deux fois d’amputations majeures au siècle dernier. Plus qu’un État, l’Autriche est une société qui a produit des merveilles de raffinement culturel et de savoir-vivre, une grande capitale Vienne veuve d'un immense passé lié au nom des Habsbourg, un pays où il fait bon vivre mais auquel il ne faut pas demander de décrocher la lune. Depuis que les peuples d’Europe centrale et des Balkans du Sud se sont libérés du carcan communiste, l’Autriche assume un rôle clé dans sa région stratégique d’Europe.

Notre site associatif est piloté par une Autrichienne et un Français. (ATS - 13.12.2019)


L’antieuropéen

par Rainhard Kloucek, Secrétaire général de Paneuropa Autriche 

Le président français Emmanuel Macron bloque l'élargissement de l'UE afin de faire passer ses propres idées sur la manière de transformer l'UE. Ce faisant, il est en contradiction avec sa propre revendication de souveraineté européenne.

Ce n’est certes pas parce qu’il rejette le modèle du « Spitzenkandidat » que nous le qualifions d’antieuropéen.  On peut débattre de cette procédure de désignation du président de la Commission. Elle n’est pas ancrée dans les Traités européens. Toutefois, il n'est pas interdit aux États membres de se mettre d'accord sur un « Spitzenkandidat », c’est-à-dire un candidat au poste de président de la Commission proposé par la majorité des députés du parti majoritaire. Macron a clairement rejeté ce modèle avant les élections européennes, il n'a donc jamais prétendu être d'accord. La critique exprimée par certains politiciens de partis de petite taille, voire de poids lourds, selon laquelle le rejet du modèle du « Spitenkandidat » nuirait à la démocratie en Europe, est d’ailleurs moins fondée sur des faits que guidée par leurs propres intérêts compréhensibles.

Si le président français mérite ce titre d’antieuropéen, c’est par son opposition systématique à l’élargissement de l'UE, en particulier par son rejet de l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Macédoine et l'Albanie, et son rejet de la libéralisation des visas pour les citoyens du Kosovo. Macron a des alliés dans son refus de libéralisation des visas pour les Kosovars, ainsi que dans le rejet de l'Albanie. Mais s’agissant du rejet de l'ouverture des négociations d'adhésion avec  la Macédoine - aujourd'hui la Macédoine du Nord après l'accord conclu sur le nom de ce pays candidat - la faute en incombe uniquement à Emmanuel Macron.

Le Président de la République française élu le 7 mai 2017  a habilement réussi à se présenter comme un visionnaire européen. Son discours à la Sorbonne à Paris le 26 septembre 2017 a joué un rôle décisif dans cette campagne d'image. Ce n'est pas la première fois qu'un homme politique utilise le cadre universitaire pour se présenter comme un visionnaire.

Souveraineté, liberté et économie de marché

"Seule l'Europe peut garantir une véritable souveraineté, c'est-à-dire la capacité d'exister dans le monde actuel pour défendre nos valeurs et nos intérêts. Nous devons construire la souveraineté européenne et il est nécessaire de la construire. Pourquoi ? Parce que ce qui constitue notre identité, ce qui façonne notre identité profonde, cet équilibre des valeurs, cette relation à la liberté, aux droits de l'homme, à la justice, est quelque chose de sans précédent sur cette planète. La loyauté envers l'économie de marché, mais aussi envers la justice sociale, est tout aussi importante. Nous ne pouvons pas transférer aveuglément l'Europe de l'autre côté de l'Atlantique ou aux frontières de l'Asie. C'est à nous de la défendre et de la construire dans la mondialisation".

Ce paragraphe contient des éléments essentiels qui sont importants pour l'intégration européenne : Identité, souveraineté européenne, économie de marché, liberté. Il a décrit la politique étrangère européenne comme un élément clé de la souveraineté européenne. M. Macron s'est prononcé en faveur d'un corps européen de gardes-frontières et d'une capacité de défense européenne.

Ces messages ont été bien accueillis et ont également inspiré certains idéalistes européens à considérer Macron comme quelqu'un qui a besoin d'être soutenu afin de faire avancer à nouveau.l'Euroe.

La planification n'est pas un modèle pour l'UE

Mais déjà dans ce discours, de nombreux points ont suscité du scepticisme quant aux authentiques intentions du jeune président. Ses remarques sur la zone euro paraissaient vagues à l'époque : "Alors, abordons le problème dans la bonne direction : Si l'euro doit devenir la monnaie de tous les pays de l'UE, à condition qu'ils remplissent les critères, nous créerons sans hésitation une zone euro forte, efficace et solidaire et demain cette puissante entité profitera à tous ceux qui y adhéreront ». Mais il s'inspirait là de l'ancien modèle de planification étatique à la française. Un ministre des finances propre à la zone euro, un parlement propre à la zone euro (bien sûr avec son siège en France), voilà qui devrait centraliser la zone euro.

Des taux d'imposition uniformes (en commençant par des bandes plus ou moins larges), une union sociale et une nouvelle version de la directive sur le détachement des travailleurs - dont certaines ont déjà été mises en œuvre et restreignent la libre circulation des travailleurs par des mesures protectionnistes – compléteraient sa vision d'une Europe unie.

La Révolution française comme modèle ?

Il s'agissait de demandes claires pour la mise en œuvre d'un modèle étatiste très spécifique servant de modèle à l'UE. Ces idées d'Emmanuel Macron s'inscrivent dans une autre vision politique formulée par un ancien ministre français lors d'un événement paneuropéen à Strasbourg : " Les valeurs de la Révolution française s'appliquent à toute l'Europe, c'est pourquoi la France est appelée à la diriger ».

Macron semble vouloir agir selon ce principe. Il appelle à l'approfondissement de l'Europe comme condition préalable à tout élargissement de l'UE. Si le reste de l'Europe ne suit pas ces idées, il les bloquera, sapant ainsi sa revendication autoproclamée de souveraineté européenne et d'une politique étrangère européenne comme élément clé de cette souveraineté.

La crédibilité de l'UE est ébranlée

En outre, la politique de blocus de Macron nuit à la crédibilité de l'UE. Les six pays d'Europe du Sud-Est - Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine, Monténégro, Serbie – qui constituent un vide sur la carte européenne, entourés qu’ils sont par des pays de l'UE, se sont vu promettre ll’ouverture d’une route vers l'UE dès 2003. Il est clair qu'ils doivent pour cela répondre aux critères d’admission. La Macédoine a obtenu le statut de pays candidat en 2005. Jusqu'à présent, c'était la Grèce qui bloquait à cause du nom de ce pays candidat. Le problème a été résolu l'année dernière, même s'il est difficile pour un pays d'avoir à changer de nom. La Macédoine est maintenant officiellement appelée Macédoine du Nord. Adhérer à l'UE valait la peine d'aller jusqu'au bout et de changer le nom du pays.

La Commission européenne examine si les pays remplissent les critères d'ouverture des négociations d'adhésion. Elle a donné son feu vert. Les critères ont été formulés par les Etats membres, dont la France. Il en va de même pour la libéralisation du régime des visas pour les citoyens du Kosovo. Le pays a rempli toutes les conditions. Si toutes les conditions étaient remplies, la libéralisation du régime des visas lui était assurée. Or, entre-temps, la France et d'autres États membres de l'UE ont également bloqué ce processus.

Il y va de la stabilité dans le sud-est de l’Europe

Il est dans l'intérêt de l'UE d'admettre dans ses rangs les pays de l'Europe du Sud-Est. Il s'agit de stabiliser la région. Il n'y aurait plus dès lors le vide politique que l’on a actuellement dans les Balkans. Si l'Europe laisse tomber cette région, d'autres intéressés auront davantage  de marge de manœuvre. Ce qui se passe actuellement n’est déjà bénéfique en termes de stabilité. Et toute instabilité dans la région a un impact direct sur les pays de l'UE. Un président français devrait le savoir.

L'intégration des pays de l'Europe du Sud-Est dans l'UE est donc une expression de la souveraineté européenne que Macron lui-même a définie comme un objectif dans son discours de la Sorbonne. Mais relier un accord d'ouverture de négociations d'adhésion à une centralisation de l'UE sur le modèle de l'État français s’oppose à l’épanouissement de la souveraineté européenne que j’ai mentionnée ci-dessus. Elle contredit également la souveraineté française puisque la France, comme l'Europe centrale, est affectée par l'instabilité dans la région des Balkans où s’exerce l'influence de puissances non européennes.

L'appel à la fin de l'unanimité sur des questions aussi importantes va donc s’intensifier. Après tout, la crédibilité et la souveraineté de l'Europe sont en jeu. Et il s'agit de retirer aux supprimer anti-Européens le droit de veto. (RK) 


Le temps est venu pour la Croatie d'adhérer à Schengen

Le Mouvement paneuropéen d'Autriche se félicite de cette recommandation de la Commission européenne.

Le traité de Schengen visait à accorder aux citoyens de l'Union européenne la liberté de circulation au sein de l'UE dans les limites de l'espace Schengen sans contrôles frontaliers fastidieux et longs. L'adhésion de la Croatie à l'espace Schengen était donc l'une des exigences logiques de l'Union paneuropéenne.

En conséquence, le Mouvement paneuropéen Autriche a réagi positivement à la recommandation de la Commission d'admettre la Croatie dans l'espace Schengen. "La liberté de circuler à l'intérieur de l'espace Schengen sans contrôles aux frontières est l'un des effets positifs importants de l'Union européenne qui peut être ressenti par tous les citoyens européens. Si la Commission européenne recommande maintenant l'adhésion de la Croatie à l'espace Schengen, nous nous nous réjouissons de la voir accéder à une demande de longue date du Mouvement paneuropéen", a déclaré Stefan Haböck, conseiller international du Mouvement paneuropéen Autriche.

"Il reste à espérer, a ajouté le secrétaire général de Paneuropa, Rainhard Kloucek, qu'il n'y aura plus de menaces de veto dans les chancelleries des différents États membres attachés à la politique mesquine des États-nations. Déclaration du Mouvement paneuropéen Autriche. 

Paneuropa Autriche est membre autrichienne de l'Union Paneuropéenne, organisation suprapartisane. Fondé en 1922 par Richard Coudenhove-Kalergi, c'est le plus ancien mouvement d'unification européenne avec 24 organisations dans 22 Etats européens.


Une Europe aux couleurs russes ?

Pour être de bons stratèges, il faut pouvoir se mettre à la place de l’adversaire réel ou potentiel. C’est pourquoi nous empruntons l’analyse ci-dessous à un papier largement distribué à Strasbourg par le Cercle de la Cathédrale, un groupe de réflexion qui s’avère, à le lire, évoluer en direction de la Russie de Poutine, avec quelques réserves critiques cependant. Ce papier avait été distribué lors de la réception au Conseil de l’Europe à Strasbourg comme conférencier d’Alexey Gromyko le 4 novembre 2016. Il n'a pas beaucoup vieilli depuis. 

Gromyko, nom très célèbre pour ceux qui ont connu le Guerre froide. Alexey Gromyko, docteur russe en science politique est fils de diplomate et petit-fils d'Andreï Gromyko, ministre des affaires étrangères de l'Union Soviétique de 1957 à 1985. Chef de la division européenne des programmes "Russkyi Mir", Co-fondateur du mouvement ‘‘ pour un ordre mondial démocratique’’, auteur de nombreux livres et articles universitaires, dont «Construire de bonnes relations avec ses voisins. La Russie en Europe ", il était arrivé à Strasbourg bardé de titres.

La situation en Europe vue du Kremlin

Résumons l’invitation du Cercle de la Cathédrale et de son créateur président Henri Mathian :

« Depuis 1947, la Guerre froide dessinait la carte de l’Europe. On a craint tout ce temps l’invasion en Europe de l’Ouest des forces armées du Pacte de Varsovie, l’alliance militaire  des l’URSS créée en 1955 avec ses satellites européens de l’Est. On a vécu jusqu’en 1989 dans un monde bipolaire où l’équilibre de la terreur et les accords SALT sur la réduction et le contrôle des missiles balistiques atténuaient les risques de conflit suicidaire.

Le Mur de Berlin s’est ouvert le 9 novembre 1989 et Mikhaïl Gorbatchev, père de la Glasnost et de la Perestroïka, au pouvoir depuis 1985 à Moscou, n’est pas intervenu militairement comme l’avait fait l’URSS en 1953 à Berlin-Est, en 1956 à Budapest et en 1968 à Prague pour empêcher l’éclatement de l’empire soviétique en Europe. L’URSS a aboli par ailleurs la suprématie du parti communiste dans la constitution soviétique et dans la vie publique en URSS et par conséquent dans le pays satellites.

Peu à peu le pouvoir en URSS s’est effondré. Le Pacte de Varsovie a été dissout le 1er juillet 1991. Tout a basculé le 25 décembre 1991. Mikhaïl Gorbatchev a quitté le pouvoir. Le lendemain, le Soviet Suprême a dissout l'URSS. Les Occidentaux s’étaient engagés oralement à ce que les pays du Pacte de Varsovie constituent une sorte de ‘’no man's land’’ militaire et n’intègrent pas l’OTAN. Lors de l’accord de réunification allemande passé avec Gorbatchev dans le Caucase en juillet 1990, Kohl avait obtenu que les troupes de l’OTAN protègent l’ex-RDA, mais ne seraient pas stationnées sur son territoire.

Le Conseil de l’Europe était appelé à  accompagner ces pays d’Europe centrale et orientale dans  la mise en œuvre pratique d’une démocratie pluraliste respectant les droits de l’homme, et à soutenir la transition des systèmes politiques, judiciaires et administratifs, en d’autres termes la fin de la dictature communiste. Gorbatchev déclara : « l’Europe est notre maison commune » ! Mais dix ans plus tard, tous les Pays du Pacte ont intégré l’OTAN, hors l’Ukraine, la Géorgie … et, naturellement, la Fédération de Russie. De plus, cette intégration s’accompagne de la mise en place du bouclier anti-missile, à l’est des Pays du Pacte, une sorte de ligne de front qui sépare les 47 Pays membres du Conseil de l’Europe, de la mer du Nord à la Turquie !

Le 12 mai 2016, le 1er site anti missiles balistiques de l’OTAN, équipé de SM-3 qui peuvent également cibler des satellites, a été inauguré en Roumanie, à proximité de la frontière bulgare. Le second site, en cours de construction à Redzikowo, en Pologne, à 150 km de Kaliningrad, va recevoir 24 SM-3 et d’autres pourraient suivre avec armes lourdes et forces US en Bulgarie et dans les pays Baltes. Le dispositif, piloté par un réseau de satellites et de super radars (AN/SPY-1D), utilise la version terrestre du système de défense aérienne Aegis équipant les croiseurs et destroyers américains des types Ticonderoga et Arleigh Burke. Cette articulation offre une fabuleuse puissance de frappe en cas d’attaque. Elle est dirigée depuis Ramstein en Allemagne et Szczecin en Pologne.

Pour d’excellentes raisons, en particulier à cause de l’inquiétante prolifération des missiles balistiques dans le monde, les États-Unis sont en train d’installer un dispositif exceptionnel de surveillance, d’interception et d’action, mais aux portes de la Fédération de Russie. Pour d’excellente raisons également, les Russes n’acceptent pas la proximité de ce dispositif. Malheureusement pour nous, ce bouclier, qui n’est lié à aucune volonté européenne, remet sévèrement en cause l’indépendance stratégique des États de l’UE et, plus particulièrement, les fondements de la dissuasion nucléaire française et son autonomie de décision en la matière.

C’est aussi un terrible revers pour les entreprises et emplois dans l’armement et les métiers adjoints dans l’Union Européenne car ce gros projet militaire est exclusivement réalisé par de grands groupes industriels américains pour un montant proche de 200 milliards de $, sans compter les contrats d’armement qui lui sont liés. Autre sujet de discorde, le coup d’État qui a renversé le dirigeant ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovytch, durant les jeux de Sotchi, au moment même où il allait signer l’adhésion de l’Ukraine à la nouvelle Union Économique Eurasiatique. Le Kremlin comptait bien renforcer avec les 50 millions d’Ukrainiens la pesanteur européenne de son Eurasie qui fait contrepoids à l’Union Européenne et qui reste du coup essentiellement asiatique et fortement musulmane.

De plus l’Ukraine bascule dans le camp adverse, celui de la Pologne et de l’OTAN, mettant en porte à faux la présence de la Marine de guerre russe à Sébastopol, tout en offrant une ‘‘ ligne de front ennemie’’ à 420 km de Moscou ! L’extension de la sphère d’influence de l’OTAN se rapproche dangereusement de celle de la Fédération de Russie ! La stratégie américaine repose sur une volonté, celle de développer la course aux armements, de faire en sorte que Chine et Russie n’aient pas les moyens de suivre, de faire échec aux partisans d’un monde multipolaire et de conserver une Europe qui lui soit dédiée. Avec la ‘‘ Prompt Global Strike’’, capable de frapper n'importe quel aéronef, missile ou satellite, partout sur la planète en moins d'une heure, l’hyper puissance américaine veut rester seule maître du jeu dans le monde. Aujourd’hui les États-Unis possèdent encore environ 700 bases militaires dans le monde contre 5 pour la Russie. Avec un budget de défense de 580 milliards en 2016, les États-Unis dépasse encore, et de très loin, la Chine 210 milliards et la Russie 65 milliards de dollars.

Le risque est de voir se rapprocher Moscou de Pékin, ce qui va totalement à l’encontre de l’intérêt des Européens. La Russie, c’est 17 millions de km2 de matières premières, un territoire qui pourrait profiter du réchauffement climatique, 40% des importations de gaz de l’UE en 2015, 142 millions d’habitants aujourd’hui, 120 millions demain, face à une Chine 10 fois plus peuplée sur un territoire 2 fois moins grand ! L’actuel déséquilibre des forces est tout à fait nouveau. Il tranche nettement avec ‘’l’équilibre de la terreur’’. Or, tout déséquilibre entraine un mouvement et ce mouvement peut être dangereux entre l’excellent joueur d’échecs qu’est Poutine et celui de Go qu’est Xi Jinping.

Ils sont unis par leur stratégie qui est de dominer leur environnement en élargissant un peu leur lopin. L’Europe Puissance, que nous appelons tous de nos vœux - une Europe forte, indépendante, souveraine et solidaire, n’est aucunement impliquée dans ce jeu mondial. Dans sa propre défense, elle est revassalisée, y compris économiquement ses 400 millions de consommateurs ! Son inexistence est d’autant plus regrettable que nous entrons dans une séquence dangereuse, avec une guerre présentée à l’opinion publique occidentale comme une option politique et militaire, nécessaire et probable. Le débat évolue lentement mais sûrement vers une guerre menée par les États-Unis et l’OTAN contre la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran. Les pesanteurs vont dans ce sens, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie et le Yémen restant instables et e partie en feu. A l’Est, le ‘’Pivot vers l’Asie’’ est positionné face la Chine, et le déploiement du NORAD-Northcom face à la Russie.

Ce qui est préoccupant, c’est le déséquilibre des forces et la volonté d’en découdre avec une Russie ‘‘revancharde’’. La personnalité de Poutine, les annexions successives de la Moldavie, de l'Abkazie, de l'Ossétie du Sud, de la Crimée et l’armement de Kaliningrad sont autant de sujets d’inquiétude. Mais que peut faire une Russie dont le budget militaire est 10 fois inférieur à celui des États-Unis et 3 fois inférieur à celui de la Chine ? »

La Russie se cherche des alliés en Turquie, en Iran, en Syrie et organise des relations de coopération et de non-agression avec la Chine. Mais sans elle, nous n’aurions pas eu raison de l’État islamique Daech en Syrie.  Il faut bien admettre que la lutte contre l'islamisme radical ne peut se faire sans le soutien de la Russie.                                              

Une situation stratégique instable

L’homme, où qu’il soit et en tous temps, reste le même, avec les mêmes désirs et les mêmes pulsions qui peuvent devenir dangereuses si on les libère. Quand les juges de Nuremberg en 1945-46 ont rendu leur verdict, on a pu croire que les atrocités du XXème siècle ne se répèteraient pas. Or, elles ont fait des imitateurs au XXIème là où le fanatisme et le désir de conquête dictaient faits et gestes. C’est dire que rien ne nous garantit que ce siècle sera plus paisible et plus harmonieux que les précédents. Pourtant, fiers de leur victoire sur les Soviétiques à l’issue de la Guerre Froide, les Américains avaient désarmé et voulu profiter de ce qu’on appelait « les dividendes de la paix ». Il faut dire qu’on rêvait à l’époque, surtout au niveau américain, mais aussi chez nos voisins allemands, d’une alliance avec une Russie délivrée du communisme post-stalinien. Les anciens ennemis France et Allemagne n’avaient-ils pas conclu un pacte de paix durable et exemplaire après la fin de la guerre mondiale ? Ils pensaient que le commerce allait supplanter les armes. Or, ce n’est pas ce qui s’est produit. Le commerce international n’est pas exclusivement un facteur de paix. Il est utilisé aussi à des fins impérialistes, comme le prouvent les dépendances que créent les approvisionnements en hydrocarbures vis-à-vis de la Russie et de l’Arabie Saoudite ou encore la formidable expansion des produits chinois à bas coûts grâce auxquels la Chine a conquis des positions internationales et s’approprie des biens étrangers depuis que sa technologie a fortement progressé.

La lutte armée est malheureusement restée sous d’autres formes, régionales, hybrides, asymétriques et terroristes, un facteur important des relations internationales. La guerre des Balkans dans laquelle les États-Unis sont intervenus, tout au moins contre la Serbie proche des Russes, aurait pu dissuader de croire en la paix universelle. Or, après les attentats islamistes du 11 septembre 2001 à New York contre les tours jumelles du WWC et à Washington D.C. contre le Pentagone, les USA ont renoué avec le réarmement et repris leur doctrine interventionniste. Elle les a menés notamment en Afghanistan, en Irak, puis en Syrie. La France et l’Allemagne ne voulurent pas participer, et non sans raisons, à la guerre de George W. Bush en Irak. Mais, quelques années plus tard, les révolutions du printemps arabe qui ont tourné court, ont mené à des drames, avec la participation de la France et de la Grande-Bretagne aux opérations en Libye et en Syrie. Un régime démocratique n’a pu se maintenir avec notre soutien que dans la petite Tunisie, mais de là à ce qu’il soit un modèle, le chemin sera encore long. Pour le moment, le Maghreb reste tranquille. Mais, un peu plus à l’Est, le conflit entre Sunnites et Chiites est sorti des tréfonds de l’Histoire et il n’annonce rien de bon. Ce conflit au cœur du monde musulman n’a valu qu’à Israël répit très relatif.

Prix Nobel de la Paix par anticipation, Barack Obama s’était dégagé de conflits sur la pointe des pieds, retirant l’essentiel de ses troupes d’Afghanistan et d’Irak, comme s’il y avait subi une défaite comparable à celles du Vietnam et du Cambodge en 1975. Quand il menaça de sévir contre le régime de Bachar al Assad, si celui-ci transgressait  la « ligne rouge » du recours aux armes chimiques, il ne tint pas sa promesse lorsque le dictateur syrien franchit ce pas. Ses tergiversations ont ouvert la porte à l’intervention russe en Syrie avec le retour en force du Kremlin au Proche-Orient.

Entretemps, le Républicain Donald Trump est arrivé avec la délicatesse verbale et la finesse diplomatique d’un cow-boy monté sur un cheval sauvage. Ignare, a-t-on dit de lui à ses débuts. Pourtant, il a tout compris de ce qu’il fallait dire pour être élu et pour ne pas perdre ses « midterms », deux ans après. Malgré tout ce qui devrait empêcher sa réélection en 2020, bien imprudent serait celui qui miserait sur ses adversaires démocrates. Trump a opté pour le réarmement à outrance et favorisé le retour de la Russie au Proche-Orient, contribuant ainsi à alimenter la Nouvelle Guerre Froide que son homologue de Moscou, Vladimir Poutine, mène aujourd’hui contre l’Ouest avec l’expérience acquise au service de l’Union soviétique et de son KGB. C’est évidemment l’Europe qui est en première ligne face à la Russie et qui en fait les frais.

Les États-Unis ont déployé des sites du bouclier anti-missiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) aux portes de la Russie à Deveselu en Roumanie en mai 2016 et d’autres peu après à Redzikowo en Pologne, selon lequel ces missiles seraient destinés à protéger l’Europe des fusées Shahab-3 iraniennes. Les systèmes THAAD peuvent neutraliser des missiles de portée inférieure à 800 km ayant des trajectoires dites à énergie minimale ou bien des missiles de portée d’au plus 1.500 km ayant des trajectoires dites « tendues ». En rétorsion, la Russie déploie des missiles balistiques SS-26 « Iskander » dans l’enclave de Kaliningrad, coincée entre la Pologne et la Lituanie. D’une portée d’environ 500 km et susceptible d’emporter une tête nucléaire, ces engins peuvent théoriquement atteindre Berlin. De ce fait, on se retrouve dans une situation proche de celle de 1977-83 quand le leader soviétique Léonid Brejnev installa des missiles à moyenne portée SS-20 en RDA et que les États-Unis déployèrent à leur tour leur Pershing 2 en Europe occidentale. De leur côté, les Américains envisageraient de placer des missiles Patriot PAC-3 en Lituanie et même le système THAAD en Allemagne sur leur base de Ramstein. N’est-on pas entré dans une nouvelle spirale des armements suite aux défis que se lancent la Russie et les États-Unis ? Nous sommes à nouveau dans l’équilibre de la terreur qui fut la caractéristique principale de la Guerre Froide.

Nous vivons en Europe occidentale dans une tranquillité absolue. N’est-elle pas trompeuse ? Entre la nouvelle menace russe et la guerre à bas prix que mène l’islam politique contre l’Europe occidentale, nous sommes pourtant pris en tenailles. (ATS - décembre 2019)