Bienvenue


Le mouvement paneuropéen de France accueille ses adhérents, sympathisants et lecteurs ici sur son site, l’Atelier de Strasbourg. Notre association enracinée dans l’Eurométropole rhénane est ouverte à toute l’Europe, c’est-à-dire à la Paneurope, Espace Schengen compris, mais aussi bien au-delà. Elle respecte les identités nationales, culturelles et cultuelles, elle est indépendante de tout syndicat, parti politique ou église. Nous œuvrons pour la paix et la démocratie en Europe et pour une Europe d’en–bas, une Europe des citoyens, qui ne se construit pas dans les silos de Bruxelles, de Luxembourg, de Francfort et autres lieux, mais par l’action de tous ceux, jeunes d’abord, qui font l’Europe chaque jour et en votant.  Qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, l’Europe du 21ème siècle n’est plus celle des années 1920-1930, ni celle des années 1950-1960, ni même celle des années 1990 qui suivirent la Guerre froide. Le flux du temps s’est accéléré dans la civilisation numérique actuelle  et son esprit, le « Zeitgeist », a muté.



Willkommen


Die paneuropäische Bewegung  Frankreichs heißt seine Mitglieder, Unterstützer und Leser hier auf seiner Website, dem Atelier de Strasbourg, willkommen. Unser in der rheinischen Eurometropole verwurzelter Verein steht ganz Europa, d.h. Paneuropa, einschließlich des Schengen-Raums, aber auch darüber hinaus, offen. Er respektiert nationale, kulturelle und religiöse Identitäten und ist unabhängig von Gewerkschaften, politischen Parteien oder Kirchen. Wir arbeiten für Frieden und Demokratie in Europa und für ein Europa von unten, ein Europa der Staatsbürgerinnen und Staatsbürger, das nicht in den Silos von Brüssel, Luxemburg, Frankfurt und anderen Orten gebaut wird, sondern von all jenen, vor allem von jungen Menschen, die Europa täglich und durch Wahlen gestalten.  Ob wir es bedauern oder uns darüber freuen, das Europa des 21. Jahrhunderts ist nicht mehr das Europa der 1920er-1930er Jahre, nicht mehr das Europa der 1950er-1960er Jahre und auch nicht das Europa der 1990er Jahre im Anschluss an den Kalten Krieg. Der Zeitfluss hat sich in der heutigen digitalen Zivilisation beschleunigt und der "Zeitgeist" ist mutiert.



L'Association Paneurope France CFUP


Paneurope, signifie à partir du grec « toute l’Europe ». « Paneurope » était le titre d’essais et d’un livre parus en 1922-23 sous la plume du journaliste, écrivain et homme politique Richard Coudenhove-Kalergi. Il est considéré comme l’initiateur du Mouvement paneuropéen. Il a créé en effet en 1926 l’Union Paneuropéenne Internationale (UPI) – ce qui en fait le plus ancien mouvement pro-européen. Il était né le 16 novembre 1894 à Tokyo au Japon de mère japonaise et de père autrichien et il est mort le 27 juillet 1972 à Schruns en Autriche.

Convaincus par son projet de paix en Europe, des politiques, Aristide Briand, Gustav Stresemann, Joseph Caillaux, Winston Churchill, Léon Blum, Édouard Beneš, Konrad Adenauer, mais aussi Albert Einstein, Sigmund Freud, Thomas et Henrich Mann, José Ortega y Gasset et bien d’autres célébrités s’y rallièrent. Adolf Hitler le détestait personnellement, aussi parce qu’il avait épousé une actrice juive et luttait contre l’antisémitisme. La montée de l’hitlérisme obligea Coudenhove-Kalergi à se réfugier en Suisse, à Paris et aux États-Unis où il fit connaissance d’Otto de Habsbourg (1912-2011), émigré lui aussi pour échapper à Hitler.

Coudenhove-Kalergi parlait seize langues. Otto de Habsbourg en parlait sept. Naturalisé français depuis 1939, Coudenhove-Kalergi entama une longue correspondance avec Charles de Gaulle. Otto de Habsbourg fut son successeur à la tête de l’UPI en 1972.Depuis 2004, l’ancien député français Alain Terrenoire lui a succédé à la tête de l’UPI. L’association à but non lucratif Paneurope France (UPF) a été créée en 1960 comme antenne française de l’UPI, composée aujourd’hui de 24 sections dans 22 pays européens qui ne sont pas encore tous membres de l’Union Européenne.

Le Président actuel de l’UPF, Jean-Yves Cousin, réside en Normandie et son Trésorier, Stephen Lequet, à Paris. Le co-Président de l’UPF, Jean-Paul Picaper, et son Secrétaire général, Marti Bérenguer, sont domiciliés à Strasbourg, capitale européenne. Paneurope France est comme les autres sections nationales de l’UPI autonome dans ses décisions. Son statut est régi par la loi française de 1901 sur les associations et par la loi française de 1905 instaurant la laïcité.

Paneurope France


En Allemagne et en Autriche notamment la laïcité n’est pas une règle en matière politique. Ceci place Paneurope France dans une autre situation que ses sections sœurs européennes. De fait, l’UPF ne dépend d’aucun parti, syndicat, église. Chacun est libre de choisir son engagement personnel. Ni secte ni sectaire, dans un esprit de tolérance, elle couvre tout l’éventail politique, de la gauche modérée à la droite républicaine, en refusant les militants extrémistes anti-européens et les intégristes mystiques. Pour pallier toute dérive nationaliste, elle admet dans ses rangs des citoyens d’autres pays européens que la France. Pour se mettre au diapason du 21ème siècle, elle n’a pas de sous-organisation de jeunes. On y est adhérent à part entière à l’âge de la majorité civile, 18 ans. A des fins participatives et républicaines, elle prend ses décisions par délibération et dans la transparence.

Ses adhésions transfrontalières et le mélange des âges à égalité différencient l’UPF des autres sections de l’UPI. S’ajoute que la très grande majorité des nouveaux adhérents de l’UPF ralliés depuis 2014 ont moins de 35 ans et que la majorité d’entre eux sont des jeunes femmes. Nous rassemblons des personnes de qualité, porteuses des nouvelles idées et des nouvelles sciences et technologies et mues par leur engagement pro-européen. Enfin, pour pallier tout conformisme et unanimisme, germes de totalitarisme, l’UPF ne vise pas à devenir un mouvement de masse comme Volt ou l’AEGE, ou encore le Mouvement européen, mais à être l’avant-garde de la République européenne. Il ne faut surtout pas confondre le « Mouvement paneuropéen » avec le « Mouvement européen » fondé en 1949 sous influence américaine. Paneurope France considère la défense de l’identité européenne comme une priorité. Nous voulons aussi que l’Europe ne soit pas seulement ce qu’elle est, mais ce qu’elle fait et peut faire à l’avenir sur le socle de son long passé mouvementé.

Nous sommes reconnaissants aux États-Unis d’Amérique d’avoir sauvé notre liberté et notre prospérité pendant la Guerre froide (1947-1989). Nous sommes à tout jamais leurs alliés et nous partageons leurs valeurs démocratiques, mais nous ne sommes pas inféodés à la politique de Washington. Nous voulons par ailleurs sauvegarder des relations amicales avec la Russie européenne libérée du communisme par Gorbatchev, mais conscients qu’elle est la rivale de l’Union Européenne depuis la fondation par Poutine de l’Union Eurasienne. Quant à la Turquie, elle n’est pas une puissance européenne. Elle est l’un des trois ensembles méditerranéens distincts : Europe, Maghreb, Machrek.

En 1960, l’Europe achevait sa convalescence de l’après-guerre. Ce fut, après celui de 1950-51, œuvre de Robert Schuman et de Konrad Adenauer, le second moment du rapprochement franco-allemand voulu par le président de Gaulle et le chancelier Adenauer. Quand l’UPF fut baptisée, une Europe européenne émergeait pour la première fois depuis la guerre. Jusqu’alors, l’Europe occidentale était restée sous la coupe des États-Unis qui la protégeaient de l’impérialisme soviétique et maintinrent leur bouclier protecteur jusqu’en 1989. Mais de nos jours encore l’idée française d’une Europe puissance internationale indépendante a du mal à s’imposer dans tous les domaines.

"Se souvenir pour évoluer"


Depuis sa création, l’UPI a évolué. On peut distinguer deux phases dans son histoire. La première à sa création en 1926 : après les massacres dévastateurs de 1914-1918, l’objectif premier de l’UPI fut la paix en Europe par l’union de ses pays dans une structure commune qui ressemble beaucoup à l’UE d’aujourd’hui. La seconde, à partir de 1950-60 : après les dictatures totalitaires hitlérienne, stalinienne et autres, l’objectif de l’UPI fut la démocratie en Europe, c’est à dire le libre arbitre du citoyen et l’autodétermination de son pays. Ces deux éléments, paix et démocratie, forment le socle de Paneurope. La paix avec la liberté en prime nous a été donnée par la CEE, devenue l’UE. Les peuples d’Europe de l’Est ont reconquis eux-mêmes leur liberté.

Cette progression tient du miracle si l’on jette un regard en arrière. Il est difficile aujourd’hui de réaliser ce que furent la Guerre et la Guerre froide. "C’est pourquoi l’UPF a choisi comme devise un tag que nous avons lu en octobre 2018 sur un pan résiduel du Mur de Berlin : « Se souvenir pour évoluer ». Paneurope se souvient d’avoir toujours milité en faveur des pays d’Europe centrale et orientale enchainés à l’URSS par Staline. L’ouverture du Rideau de fer (lors du célèbre « pique-nique de Sopron » organisé en août 1989 en Hongrie par le député européen Otto de Habsbourg), puis l’ouverture du Mur de Berlin en novembre 1989 ont permis d’intégrer dans l’UE (et dans l’OTAN) les anciens satellites de l’URSS. Mais cet objectif n’est pas achevé. Des pays de l’Est et des Balkans attendent encore leur admission à l’UE. Il y a là quelques "blancs" sur la carte.

L’Europe actuelle est composée d’États-nations démocratiquement élus et respectant l’initiative économique et les libertés individuelles. Depuis Helmut Kohl et François Mitterrand, dans les années 1990, l’objectif est d’unir toute l’Europe et d’en faire une grande puissance capable de tenir tête politiquement et économiquement aux États géants de demain, USA, Chine, Russie, puis Inde, Brésil, Nigéria, et aussi d’aider le monde à survivre. Les institutions de l’Europe n’ont pas encore la vigueur requise. Elles ne sont pas assez réactives. Les peuples européens exigent plus de clarté et de transparence. Paneurope France veut apporter sa modeste pierre à l’édifice en voguant sur le courant porteur des dernières élections européennes qui ont mis fin à un long déclin de la participation. Pour la première fois en mai 2019, la question a été : « Europe ou pas d’Europe ? ». La réponse fut : « Europe et euro resteront ». L’Europe est un projet d’avenir, le seul que nous puissions donner à la jeunesse.

Le monde actuel ne donne pas que des raisons de se réjouir, mais nous ne sommes ni des spengleriens, ni des collapsistes. Nous croyons à l’avenir et non pas à la fin du monde comme les écologistes implacables, les chrétiens intégristes ou sectaires et les musulmans radicalisés. Depuis près de trois millions d’années que l’homme s'est humanisé, il a survécu à bien des épreuves et dérèglements sanitaires et climatiques. Il n’y a pas de déterminisme historique ni religieux. Rien n’est écrit. Le citoyen intelligent et averti peut modifier le cours de l’histoire et changer le monde.

Au XXIème siècle, la société s'est fragilisée. Un islam politique intrusif et armé cherche à refouler en Europe occidentale les valeurs judéo-chrétiennes et le rationalisme humaniste hérité du Siècle des Lumières et à s'emparer du pouvoir dans les pays musulmans et l'Afrique subsaharienne. Avant 1989, le communisme stalinien et post-stalinien contestait de même la démocratie européenne. Avec l'aide des Etats-Unis d'Amérique, mais surtout suite à la révolte des peuples est-européens, l'Europe a triomphé de ce fléau. Il en sera de même quand l'islamisme politique s'effondrera dans les pays musulmans sous la poussée des révoltes de jeunes. 

En Europe endettée, les séquelles de la crise économique et financière de 2008-2010 se font encore sentir sur un fond de rébellion sociale, surtout en France.

Jean-Paul Picaper (réd. français) - Elisa Mayböck (réd. allemand) 


Principaux évènements organisés par Paneurope France en 2019

Entre autres activités, nous avons organisé le 21 juin 2019 au Parlement européen de Strasbourg un colloque sur « l’Hygiène alimentaire en Europe », en coopération avec la Fondation Adèle de Glaubitz en charge de jeunes en difficultés familiales et l’Institut européen d’éthique alimentaire, avec une visite guidée du Parlement et un repas à sa cantine pour les jeunes participants.

Le 17 septembre 2019, au siège de l’Assemblée parlementaire européenne de Strasbourg une conférence du Dr. Frédéric Marin, astrophysicien à l’Observatoire universitaire strasbourgeois, sur le thème « Des Humains dans l’Espace – Nouvelles frontières de l’exploration spatiale ». La députée européenne de Strasbourg, Mme Anne Sander, a été co-organisatrice de cette conférence.

Sous le titre « Dictature – Démocratie – Démocrature, L’héritage actuel du IIIème Reich et de l’Ère soviétique », notre séminaire international de Berlin du 18 au 22 octobre 2019 a été réalisé en coopération avec la Fondation Konrad Adenauer. Le succès de ce séminaire a largement dépassé nos attentes. Dans son cadre, des experts allemands de renom traduits en simultané sur casques audio ont averti nos jeunes du risque de dérives anti-libérales et populistes sur notre continent.
Berlin est encore un aimant qui attire la jeunesse européenne. Nos participants venaient d’une dizaine de pays d’Europe, y compris hors UE (Ukraine, Géorgie). Nombre d’entre eux ont adhéré notre association paneuropéenne.

En 2020, Paneurope France organisera à nouveau son séminaire international de l’automne dans une capitale européenne qui ne sera ni Berlin ni Paris ni Strasbourg. Des activités sont également prévues dans l’eurométropole strasbourgeoise et en Occitanie.


Layout Monique Picaper


Der Verein Paneuropa Frankreich


Paneuropa ist ganz Europa. "Paneuropa" bedeutet aus dem Griechischen "ganz Europa". "Paneuropa" war der Titel eines Essays und eines Buches, das 1922-23 vom Journalisten, Schriftsteller und Politiker Richard Coudenhove-Kalergi veröffentlicht wurde. Er war am 16. November 1894 in Tokio  von einer japanischen Mutter und einem österreichischen Vater geboren worden und er starb am 27. Juli 1972 in Schruns, Österreich. Er gilt als Initiator der Paneuropäischen Bewegung. 1926 von ihm gegründet ist die Internationale Paneuropäische Union (IPEU) somit die älteste proeuropäische Bewegung.

Von seinem Projekt für den Frieden in Europa überzeugt schlossen sich die Politiker Aristide Briand, Gustave Stresemann, Joseph Caillaux, Winston Churchill, Léon Blum, Édouard Beneš, Konrad Adenauer, aber auch Albert Einstein, Sigmund Freud, Thomas und Henrich Mann, José Ortega y Gasset und viele andere Persönlichkeiten ihm an. Adolf Hitler hasste ihn persönlich, auch weil er eine jüdische Schauspielerin geheiratet hatte und den Antisemitismus bekämpfte. Der Aufstieg des Hitlerismus zwang Coudenhove-Kalergi, in die Schweiz, nach Paris und in die Vereinigten Staaten zu flüchten, wo er Otto von Habsburg (1912-2011) traf, der ebenfalls ausgewandert war, um Hitler zu entkommen.

Coudenhove-Kalergi sprach sechszehn Sprachen. Otto von Habsburg sprach sieben Sprachen. Coudenhove war 1939 zum Franzose eingebürgert worden und begann eine lange Korrespondenz mit Charles de Gaulle. Otto von Habsburg wurde ab 1972 sein Nachfolger an der Spitze der IPEU. Seit 2004 ist der ehemalige französische Abgeordnete Alain Terrenoire dessen Nachfolger. Der gemeinnützige Verein Paneurope France (UPF) wurde 1960 als französische Abteilung der IPEU gegründet, die heute aus 24 Abteilungen in 22 europäischen Ländern besteht, die noch nicht alle Mitglieder der Europäischen Union sind.

Der derzeitige Präsident der UPF, Jean-Yves Cousin, lebt in der Normandie und ihr Schatzmeister, Stephen Lequet, in Paris. Der Co-Präsident der UPF, Jean-Paul Picaper, und ihr Generalsekretär, Marti Bérenguer, wohnen in Straßburg, der europäischen Hauptstadt.Paneuropa Frankreich ist wie die anderen nationalen Sektionen der IPEU in ihren Entscheidungen selbständig. Ihr Status wird durch das französische Vereinsgesetz von 1901 und das französische Gesetz von 1905 über den Säkularismus geregelt.

Französischer Sonderfall

In Deutschland und Österreich ist der Säkularismus keine Regel in politischen Angelegenheiten. Damit befindet sich Paneuropa Frankreich in einer anderen Situation als ihre europäischen Schwestersektionen. Darüber hinaus ist die UPF von keiner Partei, Gewerkschaft oder Kirche abhängig. Jeder ist frei, seine persönliche Orientierung zu wählen. Weder Sekte noch sektiererisch deckt sie im Geiste der Toleranz das gesamte politische Spektrum, von der gemäßigten Linken bis zur republikanischen Rechten ab, indem sie extremistische Europafeinde und mystische Fundamentalisten ablehnt. Um nationalistische Tendenzen auszuschließen, nimmt sie Bürger aus anderen europäischen Ländern als Frankreich in ihre Reihen auf. Um im Einklang mit dem 21. Jahrhundert zu sein, hat sie keine Jugendunterorganisation. Man ist bei ihr Vollmitglied mit der Volljährigkeit, ab 18 Jahre. Zu partizipativen und demokratischen Zwecken trifft sie ihre Entscheidungen durch Beratung und in Transparenz.

Die grenzüberschreitende Mitgliedschaft und die Gleichwertigkeit der Generationen unterscheiden die UPF von allen anderen Abteilungen der IPEU. Darüber hinaus ist die überwiegende Mehrheit der neuen Mitglieder der UPF, die seit 2014 beigetreten sind, unter 35 Jahre alt und die Mehrheit davon sind junge Frauen. Um Konformismus und Gleichschaltung zu überwinden, zielt die UPF nicht darauf ab, eine Massenbewegung wie Volt oder AEGE zu werden, sondern die Vorhut der Europäischen Republik zu sein. Die "Paneuropäische Bewegung" sollte auch nicht mit der 1949 unter amerikanischem Einfluss gegründeten "Europäischen Bewegung" verwechselt werden. Paneuropa betrachtet die Erhaltung der europäischen Identität als eine Priorität. Wir wollen auch, dass Europa nicht nur das ist, was es ist, sondern auch das, was es auf der Grundlage seiner langen und turbulenten Vergangenheit tun kann und in Zukunft tun wird.

Wir sind den Vereinigten Staaten von Amerika dankbar, dass sie unsere Freiheit und unseren Wohlstand während des Kalten Krieges (1947-1989) gerettet haben. Wir sind für immer ihre Verbündeten und wir teilen ihre demokratischen Werte, aber wir unterwerfen uns nicht der Politik Washingtons. Wir wollen auch freundschaftliche Beziehungen zum europäischen Russland sichern, das von Gorbatschow vom Kommunismus befreit wurde, wissen aber, dass es seit der Gründung der Eurasischen Union durch Putin der Rivale der Europäischen Union ist. Was die Türkei betrifft, so ist sie keine europäische Macht. Sie ist eines der drei verschiedenen Mittelmeergebiete: Europa, Maghreb und Maschrik.

1960 schloss Europa seinen Erholungsprozess der Nachkriegszeit ab. Dies war nach dem Werk von Robert Schuman und Konrad Adenauer in den Jahren 1950-51 der zweite Moment der deutsch-französischen Annäherung, die von Präsident de Gaulle und Bundeskanzler Adenauer angestrebt wurde. Mit der Taufe der UPF entstand zum ersten Mal seit dem Krieg ein europäisches Europa. Bis dahin war Westeuropa unter der Kontrolle der Vereinigten Staaten geblieben, die es vor dem sowjetischen Imperialismus schützten und über ihm Ihr Schutzschild bis 1989 beibehielten. Aber bis heute noch hat sich die französische Idee einer unabhängigen internationalen Macht Europa nicht in allen Bereichen durchgesetzt.

"Sich erinnern, sich entwickeln"

Seit ihrer Gründung hat sich die IPEU weiterentwickelt. In ihrer Geschichte lassen sich zwei Phasen unterscheiden. Erste Phase nach ihrer Gründung 1926: Nach den verheerenden Massakern von 1914-1918 war das Hauptziel der IPEU der Frieden in Europa, indem sie die Nationalstaaten Europas in einer gemeinsamen Struktur zu vereinen anstrebte, die der heutigen EU sehr ähnlich ist. Zweite Phase von 1950-60: Nach den nationalsozialistischen, stalinistischen und sonstigen totalitären Diktaturen war es das Ziel der IPEU die Demokratie in Europa, d.h. den freien Willen des Staatsbürgers und die Selbstbestimmung seines Staates durchzusetzen. Diese beiden Elemente, Frieden und Demokratie, bilden heute die Grundlage von Paneuropa. Frieden mit Freiheit als Bonus wurde uns von der EWG und dann von der EU geschenkt. Die Völker Osteuropas haben ihre Freiheit selbst wiedererlangt.

Dieser Fortschritt ist ein Wunder, wenn wir zurückblicken. Es ist heute schwer, sich vorzustellen, wie das Leben im Krieg und im Kalten Krieg aussah. Deshalb wählte die UPF ein Motto in französischer Sprache, das im Oktober 2019 von uns als Graffiti auf einem Restabschnitt der Berliner Mauer gelesen wurde: "Sich erinnern, um sich zu entwickeln“ („Se souvenir pour évoluer“, „Remember to develop"). Paneuropa erinnert sich, dass sie sich seit Stalins Zeiten immer für die mittel- und osteuropäischen Länder eingesetzt hat, die an die UdSSR angekettet waren. Die Öffnung des Eisernen Vorhangs (während des berühmten "Sopron-Picknicks", das im August 1989 in Ungarn vom Europaabgeordneten Otto von Habsbourg organisiert wurde), gefolgt von der Öffnung der Berliner Mauer im November 1989, ermöglichte die Integration der ehemaligen UdSSR-Satelliten in die EU (und in die NATO). Aber dieses Ziel wurde noch nicht vollständig erreicht. Einige osteuropäische und südbalkanische Staaten warten noch auf ihren Beitritt zur EU. Da sind noch etliche weiße Flecken.

Europa und die Welt

Das heutige Europa besteht aus demokratisch gewählten Nationalstaaten, die die Wirtschaftsinitiative und die individuellen Freiheiten respektieren. Seit Helmut Kohl und François Mitterrand in den 90er Jahren besteht das Ziel darin, Europa als Ganzes zu vereinen und es zu einer Großmacht zu machen, die in der Lage ist, sich politisch und wirtschaftlich gegenüber den Riesenstaaten von morgen, den USA, China, Russland, dann Indien, Brasilien und Nigeria zu behaupten und auch der Welt beim Überleben zu helfen. Die europäischen Institutionen verfügen noch nicht dafür über die notwendige Stärke. Sie sind nicht reaktiv genug. Die Völker Europas fordern mehr Klarheit und Transparenz. Paneuropa Frankreich will seinen bescheidenen Beitrag leisten zur Dynamisierung eine Europas, das bei den letzten Europawahlen mit dem langen Rückgang der Wahlbeteiligung Schluss gemacht hat. Im Mai 2019 lautete zum ersten Mal die Frage: "Europa oder kein Europa? ». Die Antwort lautete: "Europa und der Euro werden bleiben". Europa ist ein Zukunftsprojekt, das einzige, das wir jungen Menschen geben können.

Die heutige Welt gibt uns nicht nur Grund zur Freude, dennoch sind wir weder Spenglerianer noch Kollapsisten. Wir glauben an die Zukunft und nicht wie die unerbittlichsten Umweltschützer, nicht wie christliche Sekten und radikalisierte Muslime an den Weltuntergang. In den drei Millionen Jahren, in denen der Mensch zum Menschen wurde, hat er viele Gesundheits- und Klimakatastrophen und Prüfungen überlebt. Es gibt keinen historischen oder religiösen Determinismus. Nichts steht geschrieben. Der kluge und informierte Bürger kann den Lauf der Geschichte ändern und die Welt verändern. 

Im 21. Jahrhundert ist unsere Gesellschaft ist verletzbarer geworden. Ein bewaffneter politischer Islam versucht, in Westeuropa die jüdisch-christlichen Werte und den von der Aufklärung geerbten humanistischen Rationalismus zu verdrängen, sowie die Macht in muslimischen Staaten und südlich der Sahara zu übernehmen. Vor 1989 forderte gleichermassen der stalinistische und poststalinistische Kommunismus die europäische Demokratie heraus. Mit Hilfe der Vereinigten Staaten von Amerika und vor allem infolge des Aufstands der osteuropäischen Völker hat Europa über diese Plage gesiegt. Dasselbe wird der Fall sein, wenn der politische Islamismus in muslimischen Ländern unter dem Druck der Jugendrevolten zusammenbricht.

Im verschuldeten Europa vor dem Hintergrund der sozialen Rebellion, insbesondere in Frankreich, sind die Folgen der Wirtschafts- und Finanzkrise von 2008-2010 noch immer spürbar. Elisa Mayböck (deutsche Red.) - Jean-Paul Picaper (franz. Red.)

Zu den Aktivitäten von Paneuropa Frankreich im Jahr 2019

  • Neben anderen Events  insb. im Rahmen des Europa-Wahlkampfes vom Mai 2019 lud Paneuropa Frankreich zu einem Seminar über Nahrungshygiene im Europäischen Parlament am 21. Juni 2919 ein, und zu einem Referat des Dr. Frédéric Marin, Astrophysiker an der Straßburger Universitäts-Sternwarte, in der Villa Schützenberger von der Parlamentarischen Gesellschaft Straßburg zur Problematik der ersten interstellarer Reise. Die Veranstaltung von Frédéric Marin am 17. September 2019 leitete die Europa-Abgeordnete von Straßburg, Frau Anne Sander, ein.
  • Als wir am 28. September 2017 ein Interview mit der damaligen saarländischen Ministerpräsidentin Frau Annegret Kramp-Karrenbauer durchführten, wurde vereinbart, unser internationales Seminar im Jahr 2018 in Saarbrücken statt wie bisher in Straßburg zu veranstalten. Es wäre nicht unser erster Schritt auf deutschem Boden gewesen. So haben wir am 8. 12. 2017 einen Teil unseres jährlichen internationalen Seminars in Deutschland beim Burda-Verlag in Offenburg (BW) durchgeführt. Das war ein erster Schritt zur Unterstreichung der Tatsache, dass das deutsch-französische Verhältnis im Mittelpunkt unseres Interesses steht. Die Übersiedlung der Ministerpräsidentin nach Berlin machte das Saarbrücken- Vorhaben zunichte. 2018 fand unser Internationales Seminar daher noch einmal in Straßburg statt und befasste sich mit wissenschaftlichen und technologischen Projekten Europas, da wir der Meinung sind, dass Europa nicht nur das ist, was es institutionell darstellt, sondern auch das, was es tatsächlich tut.
  • Nach dem Verzicht auf Saarbrücken kam Dr. habil. JP Picaper auf den Gedanken, unser internationales Seminar 2019 in seiner Wahlheimat Berlin einzuberufen. Es empfahl sich als Partnerin die Konrad-Adenauer-Stiftung (KAS) deren Effizienz, Aufgeschlossenheit und Modernität bekannt sind. Ein Freund unseres Vereins, Matthias Graf Kielmansegg, Leiter der Abteilung 1 Strategie und Grundsatzfragen, Digitaler Wandel, im Bundesministerium für Bildung und Forschung in Berlin, empfahl uns ebenfalls, diesen Weg zu gehen. Wir wählten den Titel  "Diktatur – Demokratie – Demokratur“ zum Thema : „Das gegenwärtige Erbe des Dritten Reiches und der Sowjet-Ära“
  • Wir bezogen mit Graf Kielmansegg in dieses – diesmal durch und durch politische Seminarprogramm Prof. Dr. Wolfgang Bergsdorf, ehemaligen Berater vom Bundeskanzler Helmut Kohl und Experten für Fragen der Demokratie, Prof. Dr. Eckhard Jesse, der als Bester Kenner der extremistischen Parteien in Deutschland gilt, und den prominenten ehemaligen Dissidenten Roland Jahn, Präsidenten des Stasi-Archivs (BStU), der sofort damit einverstanden war, jungen Menschen seine Erfahrungen mit der zweiten deutschen Diktatur zu vermitteln. Hinzu kam Dr. Leonie Arzberger, Referentin der KAS für West- und Südeuropa (EU), die sich als hervorragende Moderatorin profiliert hat. Zur Organisation des Seminars trug die Mitarbeiterin des KAS Felicitas Kompa entscheidend bei und unser Vorstandsmitglied Sophie von Lossau leistete auch ihre Hilfe. 
  • Im Laufe des Jahres 2020 wird Paneuropa Frankreich ihr internationales Herbstseminar in einer europäischen Hauptstadt veranstalten, die nicht Paris, nicht Berlin, nicht Strassburg sein wird. (ATS, Dez. 2019)

Layout Monique Picaper

Actuel


Paneurope Autriche se félicite de la réouverture des frontières intérieures de l'UE

Le Mouvement paneuropéen d’Autriche publie ci-dessous un communiqué qui tient parfaitement compte des réalités humaines et économiques de l’Union Européenne dans la crise et l’après-crise du corona. Ce texte se distingue agréablement de gestes intempestifs et incongrus de membres isolés de Paneurope destinés dans la crise à attirer l’attention sur leurs initiateurs. Ce n’était pas du tout dans l’esprit de Paneurope, organisation sérieuse, cohérente et consciente de ses responsabiltés. Le texte autrichien remet les pendules à l’heure dans une Europe qui doit se remettre au travail. (ATS, 8.06.2020)

 Le Mouvement paneuropéen d’Autriche s’est réjoui de la réouverture le jeudi 4 juin des frontières autrichiennes avec les pays voisins (à l'exception de l'Italie). "Après les restrictions nécessaires dues à la pandémie, nous revenons donc à ce qui devrait être la normalité : que les citoyens européens puissent voyager dans l'UE sans contrôle et sans quarantaine", a souligné Philipp Jauernik, Président autrichien de la Jeunesse paneuropéenne. "Maintenant que les taux d'infection sont agréablement bas, il est logique et juste de rendre à nouveau visible le rôle de l'Europe en tant qu'espace de liberté, de sécurité et de justice. Les restrictions étaient nécessaires, la réouverture est juste. La liberté de voyager est un droit fondamental, et pour le maintenir, nous avons également besoin d'une protection forte des frontières extérieures de l’Europe".

Après les restrictions, un pas vers la normalité

Il ne fait aucun doute que dans une situation de crise, cela peut être à propos de prendre des mesures d'urgence. La pandémie du Covid 19 en était certainement une, avec pour priorité de protéger la vie et la santé des personnes. "Toutefois, les mesures d'urgence ne sont jamais appropriées que pour une période clairement définie et, pour être conformes aux droits et libertés fondamentaux, elles doivent également être levées lorsqu'elles ne sont plus nécessaires", analyse Stefan Haböck, Responsable paneuropéen autrichien des affaires internationales. "C’est clair et correct que dans la situation actuelle, la prudence s'imposait. Mais la crise a également montré ce que signifie réellement, dans la vie de tous les jours, l'isolement des États membre d’une Europe unie. On ne peut qu'espérer que les citoyens européens soient à nouveau conscients de la valeur des libertés fondamentales européennes".

Les entreprises et l'industrie ont besoin de la liberté de développement

En ce qui concerne la gestion des conséquences économiques de la pandémie de Corona, Rainhard Kloucek, Secrétaire général du Mouvement paneuropéen d’Autriche, met en garde contre un retour aux idées interventionnistes. "La liberté d'entreprendre est la meilleure recette pour un nouvel essor de l’économie. Dans ce contexte, la politique fixe des conditions-cadres, crée une sécurité juridique et veille à la création et à la préservation des emplois".

Pour Kloucek, cela implique également une réindustrialisation de l'Europe, ce qui se fera par l’incitation des entreprises à produire à nouveau en Europe. La croissance durable et la création d'emplois sont des défis prioritaires pour l'Europe en ce moment. Les réponses à ces défis résident dans un engagement en faveur du libre-échange, de l'achèvement du marché intérieur et d'un mécanisme qui évalue toutes les réglementations en fonction de leur impact sur la compétitivité du site de production européen. "Les réglementations de l'UE dans les domaines de l'énergie, du climat et des matières premières doivent être compatibles avec la croissance, garantir la sécurité de l'approvisionnement et promouvoir l'innovation, surtout maintenant", a déclaré Rainhard Kloucek. (Communiqué de presse de Paneuropa Autriche.  Signé Philipp Jauernik. 4.06.2020 à Vienne)


Les quatre scénarios

Le Conseil scientifique chargé de guider les pouvoirs publics dans la gestion de la crise liée au Covid-19 recommande de se préparer à "quatre scénarios probables" pour les mois à venir, allant d'une "épidémie sous contrôle" à une "dégradation critique".

Sous-titré "anticiper pour mieux protéger", ce nouvel avis mis en ligne le 4 juin 2020 vise à "préparer les différentes structures de l'État à affronter une éventuelle reprise de l'épidémie quelle qu'en soit sa forme". Il et beaucoup plus précis et différencié à la fois que les avertissements contre une « deuxième vague » de l’épidémie formulés il y a quelque temps par des scientifiques allemands et français. Le premier scénario, "le plus favorable", est celui d'une "épidémie sous contrôle" avec seulement quelques foyers "localisés pouvant être maîtrisés". Deux autres envisagent "des clusters critiques laissant craindre une perte de contrôle des chaînes et contamination" et "une reprise progressive et à bas bruit de l'épidémie, plus difficile à identifier". Le dernier serait celui d'une "dégradation critique des indicateurs" de suivi de l'épidémie, traduisant "une perte du contrôle" de cette dernière.

Le Conseil scientifique, présidé par le spécialiste d'immunologie Jean-François Delfraissy, "souligne la nécessité de préparer" des "mesures appropriées" à chacun de ces scénarios, dans le but d'"éviter un nouveau confinement généralisé" comme celui qu'a connu le pays du 17 mars au 11 mai. Ces mesures doivent être "élaborées dès maintenant" pour pouvoir les "activer le plus rapidement possible" "lorsque cela sera nécessaire", insiste l'avis. Visiblement, ces mesures tiennent compte également des désastreuses conséquences économiques et sociales du confinement. Sans doute, préserver la vie humaine était plus important que conserver intacte la mécanique économique, mais la chute verticale de la production et du commerce entraine à présent une seconde crise qu’il faudra à tout prix éviter et dont nos sociétés ne se relèveraient pas, tout au moins sur deux à trois générations. Comme lors de conflits a       rmés, cette fois, il faudrait donc prendre des risques mortels tout en essayant de limiter la casse, comme on a appris à le faire avec les conseils des scientifiques et en tirant la leçon des soins médicaux.

Aussi, le Conseil propose-t-il de préparer ces mesures "avec les acteurs notamment territoriaux", dans le cadre d'un "plan de prévention et de protection rapprochées" visant "à augmenter l'efficacité des mesures prises tout en limitant l'impact social et économique de l'épidémie". Un tel plan devrait inclure "le renforcement des mesures barrière et de distanciation", telles que le "port du masque obligatoire dans tous les lieux confinés". Il suggère aussi "la mise en œuvre renforcée de la stratégie +tester, tracer, isoler+, un plan de protection des Ehpad, une protection renforcée par confinement volontaire des personnes les plus vulnérables en raison de leur âge ou de leur état de santé, un plan destiné aux personnes les plus précaires ainsi qu'un ensemble de mesures à mettre en œuvre dans les métropoles, qui sont particulièrement exposées, notamment en Ile-de-France".

Dans un entretien au Parisien, le Pr Jean-François Delfraissy, Président du Conseil scientifique, a estimé que "quoi qu'il arrive, on ne pourra pas refaire un confinement généralisé en France". "La première fois, il était indispensable, on n'avait pas le choix, mais le prix à payer est trop lourd", a-t-il ajouté. "La population ne l'accepterait sûrement pas, les conséquences économiques seraient majeures et, même d'un point de vue sanitaire, cela n'est pas souhaitable", a-t-il fait valoir, rappelant "qu'en dehors du Covid, il y a eu tous les autres malades qui ont eu des retards de diagnostic durant cette période". "Une fois qu'on a dit cela, qu'est-ce qu'on fait si la situation empire? Il faut donc un grand plan de prévention", a-t-il conclu. (ATS. 5.06.2020)


L'anti-européen : le chancelier autrichien Sebastian Kurz

Le Chancelier fédéral autrichien Kurz s'est distingué cette semaine avec un contre-projet au plan d'aide d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron destiné aux pays européens les plus accablés par la Pandémie, c’est-à-dire l’Italie, l’Espagne et la Grèce (voir l’article de Sophie von Stralendorff ci-dessus).  Le contre-projet autrichien est infiniment plus restrictif que le projet franco-allemand. Il contribuerait même à enfoncer un peu plus ces pays dans la misère.

Norbert RöttgenNorbert Röttgen, l'expert de politique étrangère du parti chrétien-démocrate allemand CDU qui soutient la chancelière, candidat par ailleurs à la présidence de ce même parti, a vivement critiqué le contre-projet autrichien qui réunit autour de Sebastian Kurz ceux qu’on appellera désormais les "quatre avares". "La proposition de ces quatre misérables est une provocation unique en son genre, car elle ne résoudrait pas le problème, mais qu’elle l'aggraverait", a déclaré M. Röttgen au journal "Süddeutsche Zeitung". La rédaction de l'"Atelier de Strasbourg" ajoute : De toute évidence, la motivation de première de cette initiative du jeune chancelier autrichien répond au désir de ce dernier de se mettre en vedette. Malheureusement pour lui, Kurz a pris la tête d’États nains de l'Union Européenne et ce qu'il pourra réaliser avec eux sera avant tout la "nanification"  de l'UE.

Il aura le soutien des gnomes et des bureaucrates incapables de prendre la juste mesure de l'ampleur et du tragique de la situation actuelle. On peut aussi se demander si les petits États européens, que nous ne méprisons nullement et qui ont aussi le droit d'exister, finiront jamais par comprendre ce qui relève du destin politique de notre continent et s'ils sont aptes à penser en catégories historiques. Peut-être devrions-nous revenir au point de départ de la Communauté européenne et laisser les décisions les plus importantes aux États fondateurs, à savoir l'Allemagne, la France, l'Italie et les trois pays du Benelux ensemble, car la Belgique et le Luxembourg comprennent de toute évidence l'Europe mieux  que ne le font les Pays-Bas.

L'endettement excessif de certains pays européens ne peut être résolu en leur proposant de contracter de nouvelles dettes, a poursuivi le président de la commission des affaires étrangères du Bundestag. M. Röttgen estime que, sur le plan tactique, la seule chose qui importe à ces quatre pays riches dont M. Kurz cherche à être le leader, est de maintenir les rabais qu’ils ont obtenus antérieurement sur leurs contributions au budget de l'UE. En retour, a-t-il déclaré, le groupe "prend en otages non seulement les pays qui ont été particulièrement touchés économiquement, comme l'Italie et l'Espagne, mais aussi la cohésion de l'UE en ces temps difficiles". De plus, ces quatre pays "alimentent le populisme dans leur propre pays et dans d’autres", a conclu M. Röttgen.

La proposition alternative du groupe dit des "quatre avares", composé de l'Autriche, du Danemark, des Pays-Bas et de la Suède, prévoit une aide d'urgence unique, limitée à deux ans, sur la base de prêts à bon marché que les bénéficiaires devront rembourser. En ce qui concerne l'initiative franco-allemande, Sebastian Kurz a mis en garde contre une "Union de la dette par l’entrée des artistes".

"Proposition malhonnête et mensongère " 

Les Verts allemands ont également clairement critiqué la proposition des Quatre et ont parlé d'une "proposition malhonnête et mensongère ". "Les quatre misérables ont eux-mêmes bénéficié économiquement d'un marché intérieur qui fonctionne bien, mais ils veulent répartir le fardeau sur les épaules d’autrui ", a déclaré Franziska Brantner, l'experte des Verts pour les questions européennes, au quotidien de Munich "Süddeutsche Zeitung".

 Peut-être les Verts autrichiens les écouteront-ils. M. Kurz a formé avec eux sa coalition gouvernementale. Avec un bel opportunisme d’ailleurs puisqu’il avait été auparavant pendant deux ans coalisé à l’extrême-droite.

Par contre, la « bande des quatre » formée autour de l’Autriche a le soutien du Conseil économique de la CDU proche des milieux d’affaires. "La proposition est une bonne alternative à l'initiative franco-allemande", a déclaré le secrétaire général dudit Conseil économique, Wolfgang Steiger, au journal libéral "Handelsblatt". "Des prêts au lieu de subventions sont la bonne voie à suivre  avec une limite temporelle claire". (Atelier de Strasbourg, AFP, t-online.de, 25.05.2020)


Mourir du virus  en conformité avec la constitution

Chacun de nous a souffert du confinement et le désir d’évasion au plein sens du terme est intense. Quelque soient les risques, il semble bien que peu d’ex-confinés supporteraient cet été un nouveau confinement. Certains en ont profité cependant pour réformer leur façon e vivre : moins d’agitation et de remuement, moins d’obligations superflues, de la réflexion au calme et plus de lenteur et de concentration. Beaucoup ont pris deux à trois kilos supplémentaires, mais certains les ont perdus, remplaçant les cinémas, cafés-restaurants et pâtisseries par de la gymnastique et une nourriture plus saine et contrôlée.

Nombre d’entre nous ont considéré que les restrictions imposées par les pouvoirs publics étaient exagérées, mais presque personne à ce stade ne peut les remettre sérieusement en question faute d’arguments convaincants.  Néanmoins, en Allemagne comme en France, on peut rencontrer des râleurs et des grognons qui s'imaginent qu'ils peuvent en appeler aux droits fondamentaux pour contester la prévention sanitaire que l’on nous a imposée et que nous avons  consentie pour tenir en échec la pandémie.  C’est en Allemagne surtout que ce paradoxe a pris une forme politique, essentiellement à l’initiative du parti d’extrême-droite AfD.

En France, en Espagne et en Italie, les restrictions de sortie ont été beaucoup plus strictes et sévères pourtant qu'en Allemagne.  Mais c’est en Allemagne qu’elles ont été perçues comme dérangeantes et contraignantes et ont provoqué un malaise durable qui a profité aux négateurs du Corona. En nombre important, des bons citoyens et des idéalistes de bonne foi ont  manifesté à Munich, Francfort, Hambourg, Berlin, Cologne, Dortmund, en Hesse et à Leipzig, soi-disant pour s'opposer au démantèlement de la démocratie allemande sous prétexte de lutte contre le covid 19. Malheureusement, des représentants de Paneurope Allemagne, essentiellement bavarois, ont cru bon de participer à ce genre de contestation en manifestant contre la fermeture des frontières nationales, momentanément closes à des fins prophylactiques. Mais ces petits commandos sont passés pratiquement inaperçus. Il en fut autrement dans les grandes villes allemandes où les partis extrémistes ont rassemblé des foules.

D’un côté, cela peut être vu comme très positif, comme un témoignage de fidélité allemande à la démocratie et à la liberté. Mais de l’autre cette mobilisation prêtait le flanc à une instrumentalisation de ces manifestations par des extrémistes. Et c’est pour cela que ces phénomènes retiennent l’attention. Car les crises majeures génèrent souvent de l'irrationalité ainsi que des fanatismes. Lorsque la peste faisait rage au Moyen-Âge, des pogroms étaient lancés contre les juifs et des bûchers étaient érigés pour brûler des « sorcières", car on attribuait ces malheurs au Diable et, en l’absence du Malin, on les faisait payer à des boucs émissaires. De nos jours, on ne fait plus appel au diable, mais il existe des variantes de l'idée que le virus est le produit d'une ou plusieurs conspirations des pouvoirs publics, de clans politiques et économiques énigmatiques, qui s’en servent pour abolir nos libertés et instaurer une dictature par le biais d’un détournement de la médecine. Certains de ces manifestants sont déjà prêts à passer à l’acte.

Le grand journal libéral allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung", a par exemple relevé dans les manifestations de Stuttgart des slogans assez agressifs venant de ces citoyens en colère :  "Ils sont écrits sur beaucoup de leurs T-shirts : "Arrêtez ces conneries à propos du Corona", "Le gouvernement doit être jeté en prison", "Résistez au système",  et sur leurs pancartes. Une des cibles favorites est Bill Gates qui apparaît sur pratiquement un panneau sur trois, et une autre est la lutte contre la pandémie décidée par le gouvernement, mais aussi on s’en prend au "cartel pharmaceutique", au vol d'organes en Chine, à la vaccination, à l'agriculture industrielle etc. ". Bref, tout y passe. Des équipes de télévision ont été encerclées avec des menaces et, dans un cas, des journalistes ont été molestés et blessés. Ils s’en prennent à « la presse menteuse", qui pourtant fait du bon travail et garantit la pluralité des opinions. Mais les organisateurs de ces manifestations en veulent aux journalistes surtout parce que ceux-ci ne sont pas dupes de leur propagande.

Au sein de ces manifestations, des "équipes de désescalade" tentent encore de garder les militants sous contrôle afin que cela ne dégénère pas. Mais le parti d’extrême-droite AfD est manifestement impliqué dans ces manifestations, avec le renfort de forces d’extrême gauche. Seulement, les principaux agitateurs sont les médias de propagande russe en langue allemande. Ils puisent dans la pandémie des munitions contre l'État de droit en République fédérale d’Allemagne. De la même manière, ces médias à la solde du Kremlin étaient intervenus en France il y a un an et demi environ pour encourager les manifestations des "gilets jaunes" et leur fournir des arguments.

 En Allemagne, les propagandistes russes utilisent la crise du corona comme une opportunité en se servant des droits fondamentaux inscrits dans la constitution comme d’un levier pour déstabiliser la démocratie. Ils sont si présents, si envahissants, que la chancelière Merkel a dû protester contre la Russie  dans l’hémicycle du Bundestag.  (J.-P. P. 20.05.2020

Le mode d’emploi

Les quelques restrictions des libertés fondamentales qu'a requises la lutte contre la pandémie de Corona ont été l’occasion que les stratèges de la déstabilisation attendaient pour mettre en œuvre leur recette. Son mode d’emploi est d'une simplicité déconcertante. Il s'articule comme suit :

1. il n'y a pas de pandémie de corona, ce virus n'est pas pire qu'un virus de grippe normal, en fait il est plus inoffensif. C'était aussi l'avis de Trump, Bolsonaro, Johnson, probablement aussi de Poutine et Erdogan. Il est évident  aujourd'hui qu'ils se sont tous trompés, mais on ne le dit pas.

2. la pandémie est une invention du gouvernement allemand et des médias menteurs dépendants de celui-ci, afin d'étendre leur pouvoir en limitant les droits fondamentaux. Des forces obscures à l'étranger, comme l’Américain Bill Gates, leur fournissent le matériel nécessaire à cette fin.

3) le système parlementaire libéral a échoué à tous égards, y compris en matière de politique de santé. Il suffirait de sortir de l'UE pour rendre possible une politique bonne et humaine.

4. les Chinois et les Russes disposent d'un système politique qui leur permet de mener une telle politique. Les Russes, en particulier, peuvent nous aider à nous rétablir. Moscou sauvera l'Europe occidentale corrompue, pourrie, capitaliste et sans avenir.  Sauvera ou soumettra ?  A suivre… (ATS avec Wikipedia, 21.05.2020)


Allemagne : Merkel  cède aux pressions – Une semaine avant la France, le confinement a été levé

En mars et avril 2020, la chancelière avait reçu un fort soutien des Allemands pour sa politique anticorona. Elle avait envoyé ses concitoyens en isolement et en interdiction de contact sur un ton calme avec des arguments factuels. Elle avait fait fermer les magasins et avait presque paralysé la vie publique. Or, à ce moment-là, la majorité des gens pensait que l’ère Merkel était finie et que la chancelière démissionnerait prématurément, avant même les prochaines élections fédérales de l'automne 2021 auxquelles elle a décidé de ne pas se représenter. Partout, on critiquait l'immobilisme, la paralysie de son gouvernement de grande coalition.

Et soudain, on déclara qu'elle pourrait être utile après tout pour un autre mandat. Qu’elle était la meilleure gestionnaire de crise de son parti =, la CDU chrétienne-démocrate. Elle avait acquis ce retournement d’opinion à la force de son autorité et de sa perspicacité. Partout, on a dit qu'elle ne se contentait pas d’être une politicienne, mais qu'elle réagissait aussi en tant que scientifique et que la chance avait bien de la chance d’en avoir une à sa tête dans cette crise sanitaire. Ses discours et ses appels ont servi de guide à des millions de personnes pendant la plus grande crise subie par leur pays depuis des décennies. Mme Merkel s’est avérée une fois de plus être la mère protectrice de la nation, la « Mutti », bien loin de la "fillette" de Kohl qu'elle avait été il y avait plus de vingt ans.

Les Allemands étaient heureux d'avoir quelqu'un à suivre. Ce n'est que grâce à la discipline volontaire de millions de citoyens entre Baltique et les Alpes, entre le Rhin et l'Oder, que l'épidémie de corona a pu être maîtrisée. Nombreux étaient ceux toutefois qui se plaignaient hypocritement des restrictions des droits dus au  confinement, bien que celui-ci était été plus souple, voire plus laxiste en Allemagne qu’en France, en Italie et en Espagne. Certains râlaient comme d’habitude, et certains dénonçaient même un plan diabolique derrière tout cela. Pour eux, la pandémie était une invention des gouvernants, soutenus par les médias à leur solde,  pour asseoir à nouveau leur autorité vacillante. Ainsi quelques fantasques ont-ils formé en Allemagne un groupe qui porte le titre ambitieux de "Résistance 2020". Ils ont un site Internet où se réunissent des gens mécontentes de la situation dans la crise. Des gens qui ne croient pas vraiment au danger du virus mais sont adeptes de théories du complot et se croient plus intelligents que le commun des mortels. Ils ont formé un nouveau parti, qui aurait rassemblé 100 000 membres en quelques jours. Ce chiffre réel ou prétendu tel le rendrait plus important que les Verts, le FDP libéral, la Gauche néo-communiste et l'AfD ultra-droite. Mais probablement ce nouveau météore politique se consumera-t-il en pénétrant dans l’atmosphère.

Reste qu’avec son appel aux Allemands dans son discours télévisé tranquille, concret et proche du peuple du 18 mars 2020, Angela Merkel a gagné une place dans les livres d'histoire comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. La postérité appréciera cette grande prestation collective des Allemands derrière leur chancelière. Cela aurait pu continuer ainsi jusqu'à ce que le virus soit presque complètement éradiqué d'Allemagne, mais trois facteurs ont contraint la chancelière à virer de bord et l'ont persuadée d'accepter un assouplissement des mesures de précaution. D'abord le ministre président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie qui voudrait bien lui succéder, Armin Laschet, et son compatriote rhénan libéral FDP, Christian Lindner, puis en Schleswig-Holstein le "vice-président" du FDP Wolfgang Kubicki et les ministres présidents Weil, Kretschmer et autres ainsi que de plus en plus de ministres, députés, politiciens régionaux et locaux et autres notables se sont joints au chœur de la libération des "prisonniers volontaires", confinés à domicile. Un à un, ils ont coupé l’herbe sous le pied à la chancelière. Chacun chez soi, ils ont ouvert des ateliers, des magasins de meubles, des boutiques et des installations sportives, des centres de vacances et des campings. Enfin, Markus Söder, le leader du Land de Bavière, ardent défenseur de la rigueur sanitaire, a également pris parti pour la fin de l’austérité et a fait l'éloge de l'aide apportée aux écoles, aux crèches, à la culture pour qu’elles reprennent leurs activités et aux maisons de retraite. La chancelière, qui avait juste avant dénoncé les "orgies de débat sur la fin du confinement" et avait fait part de ses inquiétudes quant à un retour hâtif à la normale, a dû admettre qu'elle menait une bataille perdue d'avance. « Mutti » a dû ouvrir la porte de la liberté à ses enfants turbulents.

Une semaine avant la France, les mesures de confinement ont été levées en Allemagne. D'une part, il faut admettre que la situation était devenue plus normale, même si elle n’était pas tout à fait normale : au début du mois de mai 2020, l'Allemagne comptait 167 000 cas d’infection par le virus, 135 100 guéris de la maladie et "seulement" 6 953 morts, avec un taux de mortalité de 4,19 % parmi les malades. En comparaison, en France, sur 66 millions d’habitants, 137 000 personnes étaient malades, 53 972 convalescentes et 25 803 avaient succombé. Le taux de mortalité comparativement plus faible en Allemagne est une grande réussite. Le système de santé a évidemment été plus efficace à l'est du Rhin. Le taux de reproduction du virus a été pourtant plus élevé en Allemagne qu'en France.

Une autre raison de ce relâchement est qu'en Allemagne, selon une étude de l’institut McKinsey, le produit intérieur brut diminuait d'environ 15 milliards d'euros par semaine suite au confinement. En France, le ralentissement économique a été encore plus sévère qu'en Allemagne, l'État français apportant un soutien nettement plus important aux chômeurs temporaires (84 % des salaires) qu'en Allemagne (67 % pour les salariés avec enfants et 60 % sans enfants). La pression des entreprises et des associations professionnelles sur le gouvernement pour qu'il proclame le retour à l’activité s'est accrue dans les deux pays, car la crainte de voir la machine productive dépérir s'est répandue. Et enfin, beaucoup de gens ont ressenti ce qu'on appelle le "corona blues". Le printemps est arrivé. Le ciel bleu, le gazouillis des oiseaux, les fleurs, tout cela est très tentant. Et puis la rumeur s’est répandue selon laquelle le terrible Covid-19 ne touchait presque que les personnes très âgées – tandis que les plus jeunes pouvaient donc à nouveau aller faire du shopping, du sport, aller au restaurant, trinquer et chanter avec des amis, planifier leurs vacances, aller chez le coiffeur.

Ces sentiments et ces besoins sont profondément humains, mais ce sont aussi des penchants dangereux. Il y aura "très certainement" une deuxième vague de corona, a prévenu le directeur de l'Institut Robert Koch, le Dr Lothar Wieler, et peut-être même une troisième vague. Cet institut est l’équivalent de notre Institut Pasteur et de nombreux scientifiques en France et ailleurs partagent son avis. Le risque reste élevé, mais les forces centrifuges sont plus importantes que la peur qu’on nous a distillée des semaines durant. C’est ainsi que la chancelière allemande comme le président français ont perdu le contrôle de la situation et que nous sommes à nouveau en liberté.

Le confinement aura des séquelles psychologiques sans aucun doute, mais certaines seront positives. En France surtout, il a fait comprendre à bien des gens combien le travail est une bonne et belle chose. Ne serait-ce pas le moment d’abolir les 35 heures et de reculer à 65 ans l’âge légal de la retraite ?  (J.P.Picaper - 7.5.2020)


Une survivante d’Auschwitz parle „ Nous savions que nous allions à la mort“ . 

Il y a 75 ans s’achevait la Seconde Guerre mondiale et avec elle l’Holocauste prenait fin.

 « Averses au de l'Allemagne, soleil au sud ». Rien de plus normal que cette matinée du 5 mai 1945 : l'Allemagne était à bout de souffle, l'Europe l’était également. Elle n’était plus qu’un continent dévasté par les bombes et les obus, par le meurtre et la méchanceté, par la haine et l’obsession raciste. Ce 5 mai 1945, des femmes apeurées, des vieilles personnes et des enfants squattaient de nombreuses caves. Un calme étrange régnait sur les villes bombardées. Cinq jours plus tôt, dans son bunker sous la Chancellerie du Reich, le dictateur que des millions d'Allemands avaient acclamé des années durant, s'était tiré une balle dans la bouche. L'Armée Rouge avait conquis Berlin détruite.

A Potsdam, les gravats laissés par un raid aérien britannique, trois semaines avant, l'un des derniers de cette guerre, exhalaient encore de la poussière. A Prague, la Résistance tchèque se levait contre l'occupant allemand et lui arrachait le pouvoir. Près de Linz en Autriche, des soldats de la 3e armée américaine libéraient le camp de concentration de Mauthausen. Ils y trouvaient des prisonniers émaciés, gardés par la milice du "Volkssturm" et des pompiers viennois. Les sbires SS étaient déjà partis, non sans avoir préalablement démantelé la chambre à gaz. Dans une courte bataille pour le château d'Itter au Tyrol, les soldats de la Wehrmacht et les GI américains se battaient ensemble contre des unités SS.

Près de Munich, le Groupe d’amées G de la Wehrmacht capitulait devant la 7e Armée américaine. Dans le fjord de Flensburg, les marins allemands obéissaient au « Commandement Néron" d'Hitler et coulaient en quelques heures une cinquantaine de sous-marins pour les empêcher de tomber aux mains de l'ennemi. En même temps, la capitulation partielle de toutes les unités allemandes en Allemagne du Nord, au Danemark et aux Pays-Bas, signée par le successeur d'Hitler, Karl Dönitz, entrait en vigueur. Néanmoins, une bataille aussi brutale qu'insensée entre des soldats de la Wehrmacht et des Résistants commençait sur l'île de Texel, en mer du Nord. Différents événements, tous liés les uns aux autres, se sont produits ce 5 mai 1945 : un jour de printemps en Europe centrale, il y a aujourd'hui 75 ans.

La plupart des gens auront du mal à imaginer aujourd'hui ce qu’ on a  ressenti ce jour-là et tous les jours, semaines, mois et années précédents, peu importe où ou de quel côté du front. Il ne reste plus beaucoup de témoins vivants qui peuvent nous parler de cette époque. Les récits des quelques personnes qui peuvent encore nous le dire sont d'autant plus précieuses. Plus impressionnant que les livres, les films ou les photos ne pourront jamais l'être, leurs témoignages nous donnent un aperçu d'un monde qui peut sembler lointain à ceux qui viendront après nous, mais qui n'aura été qu'un clin d'œil de l'Histoire. Celle-ci ne se répète pas, mais le mensonge, la haine et le crime peuvent très bien revenir. Pour éviter que cela ne se reproduise et pour tirer les leçons du passé dans notre monde actuel, nous devons savoir ce qui s'est produit à l'époque. Par conséquent, se souvenir n'est pas une option, mais un devoir.

Alfons Lasker avec ses trois filles Marianne, Renate et Anita en 1931 Les filles ont survécu, le père a été assassiné par les nazis. (Source : Archives privées Maya Lasker-Wallfisch)

C'est pourquoi nous devons écouter ce que nous dit Anita Lasker-Wallfish. Elle a 94 ans, mais lorsque vous l'appelez au téléphone dans son appartement londonien parce que l’épidémie du corona ne permet pas une visite, une voix assurée répond à l'autre bout de la ligne. Avec un esprit alerte et une vision claire des choses, la violoncelliste, née à Breslau en Silésie allemande, raconte ce qu'elle a vécu sous les nazis.

Comment elle est d'abord entrée dans la clandestinité, puis fut arrêtée et déportée au camp de la mort d'Auschwitz. Comment elle dut jouer sur son instrument des marches dans ‘L’Orchestre des Jeunes filles » au portail du camp orné du sinistre slogan "Arbeit macht frei" (Le travail vous libère) et chanter la "Rêverie" de Schumann pour le médecin SS Josef Mengele. Comment elle fut transférée du camp d’Auschwitz à celui de Bergen-Belsen dans la Lande de Lunebourg où elle a vécu une autre facette de l'horreur. "Entre ces deux camps, la différence était considérable : à Auschwitz, ils avaient créé une machinerie conçue pour tuer rapidement le plus de gens possible sans laisser de traces. À Bergen-Belsen, les gens mouraient de faim, ils mouraient tout simplement. Partout gisaient des cadavres et des mourants, dit-elle, nous sommes restés assis là et avons attendu que ça prenne fin".

Mon collègue Marc von Lüpke et moi-même, nous voulions savoir ce qu'elle avait alors ressenti. « Votre génération ne peut plus imaginer ce que j’ai ressenti. Vous pouvez vous en réjouir", nous a-t-elle répondu. "La vie peut finir du jour au lendemain. C’est ainsi que nous avons vécu de jour en jour. Je n'ai rien ressenti de plus. Mais j'ai survécu à toute cette saleté !"

A l’automne dernier, Anita Lasker-Wallfisch*, 94 ans, a obtenu le Prix National allemand (source : Imago Images)

Elle a survécu, heureusement. Ce qu’elle dit peut nous donner matière à réfléchir. Nous avons donc écouté avec attention lorsque Mme Lasker-Wallfisch nous a fait part de sa crainte qu'un parti de droite revienne au Bundestag aujourd'hui. Et lorsqu'elle a répondu à la question de savoir quelles leçons nous pouvons tirer de l'histoire 75 ans après la fin de la guerre : "Les gens devraient se parler avant de s'entretuer. Nous réaliserions alors que nous avons plus en commun que ce qui nous divise". (Newsletter du rédacteur en chef Florian Harms. « Chaque matin, savoir ce qui est important ». t-online.de - Ströer Group. 05.05.2020)

*On peut lire la version allemande de l’interview d’Anita Lasker sous « Aktuell »


Malgré la récession, l'Allemagne prolonge ses mesures de confinement

L'économie allemande, durement frappée par les conséquences du coronavirus, devrait connaître une récession "jusqu'en milieu d'année", a prévenu Berlin, qui s'apprête malgré tout à prolonger jusqu'au 3 mai ses mesures restrictives contre le coronavirus.

La chancelière Angela Merkel et les dirigeants des 16 Etats régionaux allemands ont décidé le 15 avril de prolonger les restrictions imposées depuis mi-mars contre le coronavirus dans le pays, qui devraient être par la suite progressivement levées, a-t-on appris auprès d'élus régionaux.

Fermeture des restaurants, des commerces non essentiels, distanciations sociales... Ces mesures, qui "fonctionnent" contre l'épidémie, selon l'institut Robert Koch, chargé de la veille épidémiologique, ont pourtant plombé l'économie. Le pays se trouve en récession "depuis mars" a en effet indiqué le ministère de l'Economie, prévenant que cette situation pourrait durer "jusqu'au milieu d'année" et tablant aussi sur une aggravation de la situation en avril.

Déjà fortement fragilisée pendant toute l'année 2019 par les tensions commerciales internationales, qui ont mis à mal les débouchés d'un modèle économique basé sur l'exportation, l'économie allemande est désormais plombée depuis plusieurs mois par la crise du coronavirus. Le PIB allemand devrait s'effondrer de 10% au deuxième trimestre, du jamais vu dans l'histoire récente, selon des projections communes des principaux instituts économiques, publiées dans la premièire semaine d'avril. Selon ces mêmes sources, le taux de chômage devrait grimper à 5,9% de la population active, soit 2,5 millions de personnes sans emploi.

Automobile sinistrée

L'industrie exportatrice, pilier de l'économie allemande, est particulièrement touchée par la crise, qui atteint ses débouchés et ralentit fortement les échanges internationaux. Au sein de l'industrie, le secteur automobile est sinistré, connaissant sa pire chute en près de 30 ans en raison de la crise du coronavirus, qui, selon le patron de BMW, menace même l'existence de grands groupes. Plusieurs constructeurs ont fermé une partie de leur usines en mars, à l'image de Volkswagen et de Daimler.

La production des constructeurs allemands a globalement baissé en mars de 37% tandis que la demande inézrieure reculait de 30%, selon la Fédération des constructeurs allemands. Face à la crise, de plus en plus de voix se sont élevées en Allemagne ces dernières semaines pour alléger ces restrictions, afin de remettre rapidement sur pied l'appareil productif. L'influent dirigeant de la région de Rhénanie du Nord-Westphalie, le ministre-président chrétien-démocrate (CDU) et candidat à la succession d'Angela Merkel,  Armin Laschet, a récemment fait pression sur la chancelière en demandant "une perspective de normalisation" pour sortir des restrictions drastiques. Même si les mesures de confinement sont éventuellement assouplies, la situation ne pourra que progressivement s'améliorer, a toutefois prévenu le ministère de l'Economie.

1.100 milliards euros d'aides

Pour faire face à la crise, Berlin a déjà adopté un plan de plusieurs centaines de milliards d'euros, incluant des dispositifs de garanties publiques de prêts et d'aides directes aux entreprises, notamment pour les PME. Représentant un volume de 1.100 milliards d'euros, ce plan est "sans précédent pour l'Allemagne depuis la Seconde guerre mondiale", selon Berlin.

Le chômage partiel a été facilité par les autorités et quelque 725.000 entreprises dans tout le pays ont déposé une demande. Ailleurs en Europe, plusieurs autres pays, comme l'Espagne et l'Autriche, ont également commencé à alléger les restrictions, notamment pour certains commerces, afin d'éviter une trop forte crise économique. L'Allemagne comptait le 15 avril 127. 584 cas officiellement déclarés de nouveau coronavirus et 3.254 décès, selon l'Institut Robert Koch. (Ats avec AFP - 15.04.2020)

Comme un retour de l’autorité

Confinée avec son mari au quatrième étage d’un immeuble sans prétention en face de l’île aux Musées au cœur de sa capitale, Angela Merkel a retrouvé sa popularité. Menacée par le virus, elle a dirigé son pays quinze jours par téléconférence. Puis on l’a vue faire ses courses, comme elle l’a toujours fait, en respectant à la caisse la distance requise de sécurité. Dans son allocution de crise, elle avait parlé en scientifique qu’elle est, se basant sur le concret et l’expérience. Sa sobriété et sa modestie ont toujours plu à ses compatriotes.

Selon le baromètre mensuel de la première chaîne de télévision publique, elle est remontée après une éclipse en tête des personnalités politiques les plus appréciées des Allemands. L’action de son gouvernement et de son parti (la CDU) dans la crise est applaudie par les trois quarts des Allemands. Jamais ce baromètre n’avait connu d’un coup une telle ascension. En temps de crise, les citoyens s’identifient presque partout à l’exécutif. Remontant d’un point la semaine dernière, ses partenaires sociaux-démocrates (SPD) sont repassés à 17% des intentions de vote devant les Verts qui ont baissé d’un point à 16%. La CDU et ses partenaires chrétiens-sociaux bavarois CSU, sont à 34%, 7 points de plus en un mois. Après leur succès faramineux des derniers mois, les écologistes reculent partout. Va-t-on oublier la planète en pensant trop à l’homme ? Ce serait regrettable car l’un ne va pas sans l’autre.


Ajout : Le camp de la chancelière bénéficie de la lutte contre la crise du corona. En une semaine, la CDU/CSU a grimpé à nouveau  de 4 points, passant à 37% dans le "trend" de la "Bild am Sonntag" tandis que le SPD (17% ) se maintenait devant les Verts (16%). L'AfD d'extrême-droite restait à son niveau le plus bas depuis trois ans (10%) devançant l'extrême-gauche Die Linke-La Gauche (9%) d'un point. Les Libéraux FDP étaient à 6%. 12.04.2020


La résurrection de Mme Merkel est significative. Celle d’Emmanuel Macron aussi, même s’il était tombé moins bas que la chancelière.. En Grande-Bretagne, la Reine a dû intervenir à la télévision pour compenser la vacance du Premier ministre, victime du covid 19. Comme le dit l’historien et politologue français Pierrre Rosanvallon, « nous observons (en France) un réflexe de légitimation de la République et du Président », ajoutant : « On assiste aussi au retour de l’État et de son pouvoir unilatéral de décision, dans un maintien de l’État de droit ». Il nous semble en effet que la perte de droits par « confinement », droit de circuler, de travailler, droit au loisir, au sport, à la sociabilité soit bien comprise par la population parce que le droit de vivre prime tout, même l’économie. Nous avons un peu moins de participation, luxe démocratique, sauf s’agissant de participation à  l’efficacité pour protéger, soigner et guérir.

La revalorisation de l’autorité régalienne devra s’atténuer un jour, sinon on tomberait dans la « démocrature », risque plus accentué, semble-t-il, en Europe centrale et orientale qu’occidentale, mais les populistes n’ont pas gagné sur tous les plans. Leur rejet de la science, des intellectuels, des experts, des  médias au nom de l’instinct populaire a perdu en crédibilité. Le savoir et la science ont le vent en poupe. Mais il faudra  éviter aussi l’expertocratie. La politique devra préserver la dimension et l’âme humaine. (JPP – 06.04.2020)


Coronavirus : l'heure du pouvoir exécutif, de l'Internet et des mass-média

On disait jadis pour plaisanter : "Tout le monde parle du temps qu'il fait. Pas nous !". Mais vous ne pouvez pas aujourd’hui ne pas parler du Coronavirus. Il est au centre de presque toutes les conversations. Nous aimerions parler d’autre chose que du Covid-19. Mais ce n'est pas possible.  On oublie le changement climatique, la réforme des retraites,  le terrorisme islamiste, la guerre en Syrie et au Mali, la dette et les migrants. Malheureusement, la pandémie qui frappe l'Europe de manière particulièrement douloureuse est la première des préoccupations.  La seconde sera le ralentissement économique qui en résultera. Cependant, il n'est pas encore à l'ordre du jour comme étant le problème le plus urgent.

Les décès causés par les crises économiques ne sont pas visibles. La perte de travail et de sens de la vie n'est pas contagieuse. Bien que le Covid-19 soit également invisible, il est, lui,  très contagieux. Il saute de personne à personne, nous utilisant comme relais et tremplins. Il  se sert de nos corps comme armes pour détruire l’humanité. Comme les monstres de la science-fiction, il fait de chaque être humain un danger pour sa propre espèce. Entre-temps, le nombre de morts a augmenté et continuera d'augmenter. Cet annihilateur invisible fait à juste titre peur.  Il cherche aussi à présent ses victimes parmi les jeunes. Bien sûr les plus âgés, ceux qui ont plus de 70 et 80 ans, sont dans sa la ligne de mire. Une fois contaminés, leur situation tourne parfois à la tragédie. 

Beaucoup de nos concitoyens et nous-mêmes sommes coincés dans nos appartements sans travail ni contacts à l’air libre. Jamais auparavant nous n'avions eu autant de loisir pour réfléchir. Comme nous ne rencontrons presque personne, le besoin de communiquer s'est accru. L'Internet offre de nombreuses possibilités pour y remédier.  Surtout en un tel moment où il est important de prendre ses distances et d'éviter les contacts, Internet est l'alternative pour exprimer ce qu’on pense.  Nous pouvons nous parler sur Internet afin que notre peur justifiée ne dégénère pas en panique. Nous devons rester en contact via Skype, les e-mails, le téléphone et même à nouveau par  correspondance. "Le courrier sera distribué", a assuré Angela Merkel dans son discours télévisé du 18 mars. Mais les médias libres s'avèrent également extrêmement utiles.  La presse écrite et la télévision montent en graine et redorent leur blason. Ces derniers mois et années, elles avaient été conspuées, insultées et souillées par les extrémistes politiques qui les qualifiaient à droite de menteurs  gauchistes ou à gauche de complices du capital. Mais voilà que dans cette crise, ils font un excellent travail. Ils ne cherchent pas à effrayer,  mais informent, heure par heure, de manière factuelle et précise. Les mass-médias sont notre boussole. Que ferions-nous sans eux ?

L'économie de marché a été réduite au minimum nécessaire à la survie. La bourse est très abîmée, les banques saignent, les entreprises sont paralysées, il n'y a presque plus de transports et bientôt on ne construira plus. Mais il nous reste la démocratie dont Mme Merkel s'est faite l'avocate dans son discours aux Allemands.  Elle a fait honneur à son auréole de "mère" attentive de ses concitoyens. C'est maintenant l'heure du pouvoir exécutif qui était devenu si impopulaire dans tous les États démocratiques. Toute critique de nos dirigeants respectifs que vous trouverez également dans nos pages, est ainsi relativisée. Nous pouvons nous réjouir d'avoir des personnes rationnelles et raisonnables comme Macron et Merkel à la tête de nos pays, en d'autres termes des gouvernements stables. Cela s'applique également à tous les autres États de l'Union européenne qui se révèle être un havre de sécurité.

Bien sûr, les États autoritaires peuvent imposer plus facilement des mesures strictes, mais nos dirigeants élus font un travail honorable et méritant en expliquant patiemment et objectivement leurs décisions. Cette crise devient un exercice de démocratie pratique et de solidarité. Mme Merkel l'a expliqué à sa manière tangible et compréhensible. Tout comme M. Macron qui, après tant d'épreuves, restaure la solidarité entre Français. N’est-ce pas une chose merveilleuse en France quand, à 20 heures, tous les Français ouvrent dans tout le pays leurs fenêtres ou  sortent sur leurs balcons pour applaudir les infirmières et les médecins des hôpitaux et leur crier "Merci".  Mme Merkel a remercié les caissières et le personnel des  supermarchés,  une petite attention, mais magnifique.

Nous sommes dans une situation historiquement inhabituelle, mais l'ambiance change en mieux. Le président Emmanuel Macron a déclaré à plusieurs reprises à la télévision "Nous sommes en guerre" et, dans ce premier discours à sa nation en 15 ans de mandat, la chancelière Angela Merkel a comparé la situation actuelle avec celle de l’Allemagne en guerre avant 1945. Maintenant, tous deux doivent maîtriser la crise et gagner cette guerre. Pour le président Macron, sa réélection en 2022 et l'avenir du nouveau parti LREM, qu'il a fondé, sont en jeu. Pour la chancelière Merkel, il s'agit de la CDU, qu’elle avait sauvée de l'effondrement au début du siècle. Ils y parviendront s'ils ne tombent pas eux-mêmes malades.

Il est évident qu'après la catastrophe de Covid-19, nous  allons vivre différemment et penser différemment. Nous voulions être trop grands, nous croyions pouvoir agir à l'échelle mondiale. Nous ne serons plus aussi mesquins, bornés et égoïstes, et soucieux de notre avantage immédiat. Cette crise nous l’a montré en nous mettant en danger de mort. L'air est plus pur, l'eau est plus propre. Les voitures restent garées et on comprend que c’était mal de gaspiller la nourriture. Les médicaments sauvent des vies et sont précieux. Les gens ont envie de se faire vacciner contre l’agent pathogène. Nous savons maintenant que l'on peut vivre mieux avec moins, nous savons ce qu’est le minimum vital et que des sacrifices doivent être consentis pour sauvegarder la sécurité du monde. (J.-P. P. - 19.03.2020)


Un pas de plus vers la Françallemagne: le Comité de Hambach

La réunion constitutive du Comité de coopération transfrontalière franco-allemande s’est tenue le 22 janvier 2020 au château de Hambach dans le Land ouest-allemand de Rhénanie-Palatinat. Ce Comité a pour socle le traité d'Aix-la-Chapelle, signé il y a exactement un an par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron.

L’objectif du comité est de collecter l'expertise des régions frontalières, des États fédéraux, de la Région Grand Est, des départements, des parlements et du niveau national et de l'utiliser pour trouver des solutions, ont expliqué le délégué du gouvernement fédéral à a coopération franco-allemande, le ministre d'État Michael Roth, et son homologue française Amélie de Montchalin. M. Roth a également évoqué la dimension européenne de la coopération transfrontalière pour l'Europe : « Si nous créons des solutions viables aux problèmes des citoyens de nos pays, en particulier dans les régions frontalières, nous pourrons couper l'herbe sous le pied daux populistes et nationalistes ». 

« La Rhénanie-Palatinat et la France sont traditionnellement étroitement liées. Les entreprises de la région frontalière entretiennent de bonnes relations commerciales entre elles de part et d'autre de la frontière, et nous voulons créer des conditions cadres optimales pour cela », a déclaré le ministre de l'économie de Rhénanie-Palatinat,  le Dr. Volker Wissing. « Un autre élément important est la mobilité transfrontalière. Ici, l'étroite coopération franco-allemande apporte de nombreuses améliorations pour les habitants de la région ».

Le nouveau comité doit élaborer des solutions aux problèmes de cette zone qui seront ensuite soumises sous forme de propositions au Conseil des ministres franco-allemand. Cette tâche prend de plus en plus d’importance, a expliqué la secrétaire d'État Heike Raab, plénipotentiaire du Land de Rhénanie-Palatinat pour l'Europe auprès du gouvernement allemand : « Plus les gens coopèrent en dépassant les frontières, plus il y a de de problèmes pratiques à résoudre. Ce n'est que dans le travail uotidien que l’on voit où ça coince ».

Une autre tâche du nouvel organisme consistera à coordonner l'observation de l’espace transfrontaliier. Car, seule une connaissance fiable des flux de banlieue, de l'offre et de la demande de soins médicaux ou de l'utilisation des capacités des transports publics locaux permettra de planifier les infrastructures pour répondre aux besoins transfrontaliers. L'évaluation des conséquences juridiques des lois européennes et nationales sur la région frontalière et la préparation de stratégies et de projets de développement régional seront d'autres domaines de travail.

Détenteur du label du patrimoine européen, le château de Hambach se situe dans la commune de Neustadt an der Weinstrasse dans le Land de Rhénanie-Palatinat. C'est un château médiéval qui doit sa renommée à la fête de Hambach qui avait réuni en ce lieu en 1832 les représentants du mouvement révolutionnaire en faveur de la démocratie et de l'unité allemandes.

Quelle que soit son appellation et au grand dam des prophètes de malheur, la Françallemagne progresse peu à peu. (JP Picaper avec le service de Presse du Land de Rhénanie-Palatinat)

Au tournant des années 2019-2020 : les Allemands font confiance à Emmanuel Macron

Selon un sondage, les Allemands font plus confiance au Président français Emmanuel Macron qu'à la Chancelière allemande Angela Merkel (CDU). Les journaux du Funke Media Group en ont fait état le 23 décembre, en citant une enquête de l'Institut Kantar. Selon le sondage, 53% des personnes interrogées ont déclaré que leur confiance en Merkel était "plutôt élevée". Mais, pour Macron, le taux de confiance était de 57 %.

Selon l'enquête, Merkel a atteint le taux de confiance le plus élevé avec 72% dans le groupe d'âge 14-29 ans, avec 59% chez les femmes ; ce taux est plus élevé que chez les hommes avec 48%. Macron obtient les meilleures valeurs dans le groupe d'âge des plus de 60 ans avec 66%.

Le président russe Vladimir Poutine, envers qui 26 % des gens ont une confiance plutôt élevée et 67 % une confiance plutôt faible, se situe clairement dans la fourchette négative. Le Premier ministre britannique Boris Johnson se retrouve encore plus mal loti avec 12% à 71 %, le Président turc Recep Tayyip Erdogan avec 6% de confiance contre 86 % de défiance est au bas du tableau mais encore devant le Président américain Donald Trump avec 6% contre 89 %.

AU-DELÀ DES CRITIQUES DE MACRON SUR L'OTAN : UN MALAISE FRANÇAIS CROISSANT VIS-À-VIS DE L'ALLIANCE

En parlant, dans un entretien accordé à The Economist, de la « mort cérébrale » de l’Alliance atlantique, le président Macron pouvait être certain de provoquer le courroux de ses homologues européens. S’il a choisi de s’y lancer, c’est parce qu’il y voit une urgente nécessité. A un an des prochaines élections US et avec l’enlisement du Brexit, une fenêtre d’opportunité sans précédent est en train de se fermer. Cet alignement des planètes unique, qui dans la vision française aurait dû permettre d’entraîner enfin les partenaires de l’UE sur le chemin de l’autonomie stratégique, n’a pas vraiment porté ses fruits.

Pis, la plupart des gouvernements européens, confrontés sans ménagement à la réalité de leur dépendance par rapport aux Etats-Unis, semblent préférer les gestes d’allégeance discrets mais concrets vis-à-vis de l’Amérique. Aux yeux de Paris, c’est tout sauf logique. Mais comme l’avait dit l’ancien conseiller de Tony Blair, Robert Cooper, au sujet justement d’Europe et d’autonomie : « le monde ne procède pas par logique, il procède par choix politiques ». Le président français a donc décidé d’exposer vertement le choix qui attend les Européens d’après lui – quitte à paraître « drastique».

La menace que la France perçoit

Aux yeux de Paris, alors même que la possibilité d’un désengagement américain évoquée maintes fois par le président Trump aurait dû provoquer un élan « autonomiste », la plupart des partenaires européens optent plutôt pour une crispation atlantiste. L’alternative a déjà été exposée dans un remarquable échange au European Center for Foreign Relations en 2011, entre le britannique Nick Witney (ancien directeur de l’Agence européenne  de défense) pour qui c’est soit une défense européenne autonome soit « vivre dans  un monde dirigé par d’autres » et l’allemand Jan Techau (directeur des affaires européennes au Carnegie Endowment), qui voit en l’autonomie européenne un « village Potemkine » qu’il convient d'oublier au profit « d’une intense sollicitude portée au lien transatlantique ». Si la rhétorique européenne à l’ère Trump emprunte parfois des airs de la première vision, les actes, par contre, vont dans la seconde direction. Sur l’OTAN, notamment, pour apaiser le président Trump, les Européens se montrent prêts à laisser évoluer l’organisation dans un sens qui, pour eux, signifie davantage d’abandons et d’enfermement dans la dépendance.

Ce penchant fut mis en évidence dans un exercice de simulation de haut niveau, dont les conclusions ont été publiées "n septembre. Le dernier Körber Policy Game, organisé conjointement par un think-tank allemand (le même où le Secrétaire général de l’OTAN faisait son discours quand l’entretien du président français est sorti dans la presse) et le prestigieux IISS (International Institute for Strategic Studies) britannique, a réuni des experts et des responsables de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la Pologne et des Etats-Unis. Répartis en équipes nationales, ils ont été confrontés à un scénario fictif dans lequel l’Amérique se retire de l’OTAN, et son départ est suivi de multiples crises qui éclatent dans l’Est et le Sud de l’Europe. Les résultats sont éclairants. Il en est ressorti, entre autres, qu’au lieu de relever le dé" de leur propre sécurité, « la plupart des équipes » cherchait plutôt, dans un premier temps, à convaincre les USA de retourner dans l’OTAN – au prix de lui accorder « des concessions qui étaient inimaginables auparavant ». Ce qui laisse peu de partenaires pour la vision « autonomiste » portée par la France.

L’urgence que Paris sent

Le choix du moment n’est pas anodin. L’entretien avec The Economist eut lieu trois jours après la conférence de presse lors de laquelle Macron s’est dit indigné de la manière dont il avait appris, par tweet, le retrait des troupes US de Syrie, suivi de l’incursion turque dans le pays : « ça interroge aussi sur le fonctionnement de l’OTAN. Pardon de le dire, mais il ne faut pas faire semblant ». En réalité, pour spectaculaire que soit l’épisode syrien, il n’est que le dernier d’une série qui cumule des sanctions extraterritoriales, des abandons de traité de contrôle des armements, des pressions commerciales et d’autres décisions unilatérales perçues comme humiliantes pour les autres membres de l’Alliance – sauf que ce dernier incident survient à peine un mois avant la prochaine réunion des dirigeants de l’OTAN. Pour Paris, il est à craindre que pour amadouer le président Trump, les Européens cèdent trop sur des sujets tels la désignation de la Chine comme nouvel ennemi commun, l’inclusion de l’espace parmi les théâtres d’opérations de l’OTAN ou encore l’accès des Etats-Unis aux programmes d’armement UE "financés sur l’argent des contribuables européens.

En effet, la France continue à plaider pour un « recentrage » de l’OTAN, par opposition à son empiètement grandissant sur les plates-bandes de l’UE. Les efforts américains, depuis la fin de la guerre froide se sont portés à « globaliser » l’Alliance, afin que le plus grand nombre de domaines soient traités dans le cadre de l’OTAN où, comme l’a dit Joachim Bitterlich, ancien conseiller du Chancelier Kohl : « les Américains se trouvent dans une situation commode car ils ont le dernier mot et que tout dépend d’eux ». Justement, Paris s'inquiète que sur un nombre croissant de dossiers (au-delà de la Chine, de l’espace et de l’armement, il s’agit aussi du cyber, de l’énergie, du renseignement), les alliés européens – pris de panique devant les menaces récurrentes du président Trump de « modérer son engagement » – consentent à des transferts de compétences nationales et/ou européennes vers l’OTAN. Et se laissent ainsi verrouiller encore davantage dans une situation de dépendance.

La cible que Macron choisit

Ce n’est pas un hasard si au centre des interrogations de Macron sur l’Alliance on trouve l’article 5 – celui qui incarne la défense collective, autrement dit le fait qu’une attaque contre un allié soit considérée comme une attaque contre tous les Etats membres. Traditionnellement, c’est pour ne pas mettre en péril cette garantie de protection US que les alliés européens font des concessions, et témoignent, comme le note Jeremy Shapiro, ancien planificateur et conseiller au Département d’Etat américain, « d’une complaisance malsaine et d’une déférence excessive » vis-à-vis des Etats-Unis. Le paradoxe, sous le président Trump, c’est qu’il met en lumière crûment et publiquement cette logique transactionnelle de l’Alliance, tout en jetant le doute, encore et encore, sur son fondement. Pour la France, c’est une aubaine. Comme l’avait exprimé la ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau dès 2017 : « Alors que les propos du président américain ont pu susciter un certain trouble quant à son attachement à l’Alliance atlantique l’intérêt d’une autonomie stratégique de l’Union européenne est apparu beaucoup plus nettement qu’auparavant à beaucoup de nos partenaires européens. Nous en étions convaincus; d’autres le sont bien davantage aujourd’hui qu’ils ne l’étaient hier ».

Sauf que les actes ne suivent pas. Emmanuel Macron a donc décidé d’insister sur le fait que « le garant en dernier ressort, n’a plus la même relation avec l’Europe. C’est pourquoi notre défense, notre sécurité, les éléments de notre souveraineté, doivent être pensés en propre ». Et le président de poursuivre : l’OTAN « ne marche que si le garant en dernier ressort fonctionne comme tel. Je dirais qu’il faut réévaluer la réalité de ce qu’est l’OTAN à l’aune de l’engagement des Etats-Unis d’Amérique ». A la question de savoir « si l’article 5 fonctionne » ou pas, il répond « Je ne sais pas, mais c’est quoi l’Article 5 demain ? ». En prenant bien soin de préciser que « il ne s’agit pas que de l’administration Trump. Il faut regarder ce qu’il se passe très profondément du côté américain ». En réalité, ce qu’il dit n’est pas nouveau, ni exceptionnel. La Commission Trident britannique, par exemple, est arrivé pratiquement aux mêmes conclusions en 2014. Composée, entre autres, d’anciens ministres de la Défense, des Affaires étrangères, et d’un ex-chef d’état-major des armées, elle fut mandatée pour examiner le bien-fondé du renouvellement de l’arsenal nucléaire du Royaume-Uni. Ils en sont arrivés à l’épineuse question « peut-on compter sur les États-Unis d’avoir la capacité et la volonté d’assurer [la protection] indéfiniment, au moins d’ici le milieu du 21e siècle? » et y ont répondu qu’« en fin de compte, il est impossible d’y répondre ». La différence avec Macron, c’est que les Britanniques ont été surtout soucieux de « ne pas envoyer le mauvais message quant à la crédibilité » de la protection américaine, tandis que le président français souhaite, au contraire, alerter et provoquer un sursaut parmi ses partenaires européens.

La vision française revigorée

En dépit des réactions indignées d’experts et de responsables, les propos du président français étaient tout sauf « bizarres ». Bien au contraire, ils s’inscrivent dans la droite ligne de la tradition gaullo-mitterandienne que Macron a décidé d’exposer déjà, devant les ambassadeurs, dans son dernier discours annuel. La clef-de-voûte de cette vision a toujours été la notion de souveraineté – un terme que Macron prononce vingt fois dans The Economist. Ce retour aux fondements appelle trois remarques. Premièrement : l’impératif d’autonomie n’a jamais été dirigé contre les Etats-Unis. Dans la réflexion française, soit on garde sa souveraineté par rapport à tout pays tiers, soit on ne le fait pas. Si les Européens décident de s’en passer dans un cas, notamment vis-à-vis de l’Amérique, les matrices de sujétion que cela implique (la perte de capacités matérielles propres aussi bien que la déresponsabilisation psychologique) les mettront à la merci de toute autre puissance à l’avenir. Autrement dit, à défaut d’assumer sa pleine autonomie, l’Europe deviendra, demain, une proie facile pour n’importe qui. Comme l’explique Macron : « l’Europe, si elle ne se pense pas comme puissance, disparaîtra ».

Deuxièmement : dans la vision française, la souveraineté, en plus d’être un impératif stratégique, est aussi une condition sine qua non de la démocratie. Sans indépendance par rapport à des pressions externes, il n’y a guère de sens au vote des citoyens. Macron a clairement mis en avant ce lien intrinsèque à la veille des dernières élections européennes : « Si nous acceptons que d'autres grandes puissances y compris alliées, y compris amies se mettent en situation de décider pour nous, notre diplomatie, notre sécurité, alors nous ne sommes plus souverains et nous ne pouvons plus crédiblement regarder nos opinions publiques, nos peuples en leur disant : nous allons décider pour vous, venez voter et venez choisir. » C’est cette même idée qu’il a poursuivi devant les ambassadeurs, en leur rappelant : « c'est une aporie démocratique qui consiste à ce que le peuple puisse souverainement choisir des dirigeants qui n'auraient plus la main sur rien. Et donc, la responsabilité des dirigeants d'aujourd'hui, c'est de se donner aussi les conditions d'avoir la main sur leur destin ».

Finalement : au-delà de ce retour à l’essence même du gaullisme, l’entretien de Macron à The Economist marque aussi une volonté de renouer avec une attitude, avec une manière spécifiquement française de faire la diplomatie. En effet, depuis son refus tonitruant de la guerre en Irak, la France se comportait comme effrayée par sa propre audace : elle avait en partie abandonné sa posture de « cavalier seul », au profit de la recherche du compromis et du soi-disant pragmatisme. Sans grand succès. La force de la diplomatie française a toujours été sa capacité à assumer une position claire, à faire valoir des principes évidents, et à les traduire en termes pratiques avec une implacable logique – au point que ses interlocuteurs se retrouvaient démasqués, face à leurs propres incohérences. C’est exactement ce que tente de faire Macron maintenant au sujet de l’OTAN. Face aux humiliations flagrantes de la part de l’administration Trump, les dirigeants européens, au premier chef la chancelière allemande, ont déjà dû déplorer publiquement leur situation de dépendance. Le président français les appelle donc, tout simplement, à en « tirer les conséquences ».

Le texte est la version française de l'article original: Hajnalka Vincze, Beyond Macron’s Subversive NATO Comments: France’s Growing Unease with the Alliance, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 26 novembre 2019.


Aktuell


Thierry MichelsAufruf des Straßburger Abgeordneten Thierry Michels 

Ich hoffe, dass es Ihnen und Ihren Lieben gut geht und dass Sie die schrittweise Wiedereröffnung der Restaurants, Bars, Parks und Gärten, die diese Woche begonnen hat, sicher genießen konnten.

Ich nutze wie immer meinen wöchentlichen Newsletter, um Ihnen die Hauptnachrichten der Woche mitzuteilen, ebenso wie die Treffen, die ich hatte!

Am Donnerstagvormittag traf ich mich mit Straßburger Ladenbesitzern und Gastronomen, die Mitglieder dem Verein „Die Schaufenster von Straßburg“ sind, um eine erste Bilanz der Aufhebung er Ausganssperre, der Wiederbelebung der Wirtschaftstätigkeit und der den Ladenbesitzern vom Staat gewährten Hilfen zu ziehen.

Neben den Fragen im Zusammenhang mit der Gewährung von Beihilfen und der Aufrechterhaltung der Wirtschaftstätigkeit bereiten mir vor allem die Sorgen der Fachleute über das durch die Epidemie verschlechterte Image unserer Region und unserer schönen Stadt Sorge. Nein, das Elsass ist kein feindseliges und verseuchtes Land! Das kann ich Ihnen versichern.

Ich ermutige unsere Landsleute und die deutschen Nachbarn sehr herzlich, in diesem Sommer die Schönheit Straßburgs und seiner Umgebung zu genießen!

Meiner Meinung nach ist es unerlässlich, die Sektoren zu unterstützen, die für die Wirtschaft unserer Euroregion und  für Straßburg lebenswichtig sind, wo der Tourismus als Wohlstandsquelle immer willkommen war! (Thierry Michels, Abgeordneter des 1. Straßburger Wahlkreises im französischen Parlament. Straßburg, 05. Juni 2020)


PANEUROPA ÖSTERREICH BEGRÜßT WIEDERÖFFNUNG DER EU-BINNENGRENZEN

 Mit Freude reagiert die Paneuropabewegung Österreich auf die Nachricht, dass heute, Donnerstag, die österreichischen Grenzen zu den Nachbarländern (außer Italien) wieder geöffnet werden. „Nach den pandemiebedingt notwendigen Beschränkungen kehren wir so ein Stück weit zu dem zurück, was Normalität sein sollte: Dass europäische Bürger innerhalb der EU ohne Kontrolle und ohne Quarantäne reisen können“, betont Paneuropajugendvorsitzender Philipp Jauernik. „Jetzt, wo die Ansteckungszahlen erfreulich niedrig sind, ist es sinnvoll und richtig, die Rolle Europas als Zone der Freiheit, der Sicherheit und des Rechts wieder sichtbar zu machen. Die Beschränkungen waren notwendig, das Wiederaufmachen ist richtig. Reisefreiheit ist ein Grundrecht, für dessen Aufrechterhaltung wir auch einen starken Außengrenzschutz brauchen.“

Nach den Beschränkungen ein richtiger Schritt Richtung Normalität

Zweifelsohne kann es in einer Krisensituation angebracht sein, Notmaßnahmen zu treffen. Die Covid-19-Pandemie war mit Sicherheit eine solche, wo es darum ging, das Leben und die Gesundheit der Menschen zu schützen. „Eine Notmaßnahme ist aber immer nur für eine klar definierte Zeitspanne sinnvoll und muss, um im Einklang mit Grund- und Freiheitsrechten zu stehen, auch wieder aufgehoben werden, wenn sie nicht mehr benötigt wird“, analysiert Stefan Haböck, Paneuropa-Referent für Internationales. „Dass in der aktuellen Situation behutsam vorgegangen werden musste, ist klar und richtig. Die Krise hat aber auch gezeigt, was Abschottung der Staaten in einem vereinten Europa im realen Alltag wirklich bedeutet. Man kann nur hoffen, dass sich die Bürger Europas nun wieder mehr dem Wert der europäischen Grundfreiheiten bewusst sind."

Wirtschaft und Industrie brauchen Entfaltungsfreiheit

Für die Bewältigung der wirtschaftlichen Folgen der Corona-Pandemie warnt Rainhard Kloucek, Generalsekretär der Paneuropabewegung Österreich, vor einem Rückfall in interventionistische Konzepte. „Unternehmerische Freiheit ist das beste Rezept für einen neuen Aufschwung. Die Politik setzt hierbei Rahmenbedingungen, schafft Rechtssicherheit und behält die Schaffung und den Erhalt von Arbeitsplätzen im Auge.“

Dazu gehört für Kloucek auch eine Re-Industrialisierung Europas, die es für Unternehmen wieder attraktiv macht, am Standort Europa zu produzieren. Nachhaltiges Wachstum und die Schaffung von Arbeitsplätzen sind gerade jetzt prioritäre Herausforderungen für Europa. Die Antworten darauf liegen in einem Bekenntnis zum Freihandel, der Vervollständigung des Binnenmarktes und einen Mechanismus, der alle Regulierungen auf ihre Auswirkung auf die Wettbewerbsfähigkeit des Standorts abklopft. „Die EU-Vorgaben in den Bereichen Energie, Klima und Rohstoffe müssen gerade jetzt für Wachstum verträglich sein, Versorgungssicherheit garantieren und Innovation fördern“, so Kloucek. (Pressemeldung von Paneuropa Österreich.  Gez. Philipp Jauernik. 4.06.2020 in Wien)


Ungeschützt gesund bleiben

Jeder einzelne Staatsbürger kann aus individueller Erfahrung ein Lied von den persönlichen Einschränkungen singen, die mit den Maßnahmen zur Eindämmung der Corona-Schäden getroffen wurden. Manch einer mag das Ausmaß dieser Einschränkungen als übertrieben ansehen, dass es sie jedoch geben musste, lässt sich zum jetzigen Zeitpunkt nicht ernsthaft und mit keinen überzeugenden Argumenten infrage stellen.  Dennoch kann man in diesen Tagen in Deutschland auf einige Nörgler und Querulanten treffen, die sich einbilden, mithilfe des Grundgesetzes die Pandemie in Schach halten zu können und die gewählten Politiker, die uns vor Gesundheitsschäden schützen, lahm zu legen, damit wir ungeschützt gesund bleiben. Das ist schon ein bisschen paradox. 

In Frankreich, Spanien und Italien waren die Kontakt- und Ausgangsbeschränkungen viel stringenter und enger als in Deutschland.  Doch auch hierzulande wurden sie als störend und behindernd empfunden und sie zeitigten auf Dauer einen Unmut, der den Corona-Leugnern zugute gekommen ist. Verfassungstreue, wohlmeinende Rechtsidealisten, manchmal einfach gutgläubige Staatsbürger, haben deswegen neulich in München, Frankfurt, Hamburg, Berlin, Köln, Dortmund, Hessen und Leipzig, praktisch in den meisten deutschen Großstädten, mit der Absicht demonstriert, dem Abbau der Grundrechte im Namen der deutschen Demokratie entgegenzutreten. Einerseits war das sehr positiv und sprach für die Demokratietreue der Deutschen. Andererseits barg diese Mobilmachung die Gefahr, dass Rechtsextremisten diese Kundgebungen für ihre Absichten instrumentalisieren. 

Bekanntlich erzeugen groß  Krisen oft Irrationalität als auch Irrlehren. Wirrköpfe treten dabei in Aktion. Als die Pest im Mittelalter wütete, wurden Pogrome gegen jüdische Menschen ausgelöst und Scheiterhaufen für angebliche „Hexen“ aufgerichtet, weil man sich unter den klassischen Sündenböcken Verantwortliche für dieses unerklärliche Teufelswerk aussuchte. Heutzutage wird nicht mehr der Teufel herangeholt, aber es werden verschiedene Varianten der Auffassung verbreitet, das Virus sei das Produkt einer oder mehrerer Verschwörungen von hintergründigen Politik- und Wirtschaftsmächten, die es als Werkzeug benutzen, um unsere Freiheiten abzuschaffen und eine Gesundheitsdiktatur,  mit anderen Worten eine Diktatur über den Umweg der Medizin, einzurichten. Manche dieser Demonstranten neigen schon dazu, kurzen Prozess zu machen. So berichtete u. a. die FAZ aus Stuttgart von recht aggressiven Parolen einiger dieser Wutbürger: „Das steht auf vielen ihrer T-Shirts („Stoppt die Corona-Verarsche“, „Die Regierung muss hinter Gitter“, „Systemrelevanter Widerstand“) und auf ihren selbstgebastelten Plakaten. Es geht vor allem gegen Bill Gates, der praktisch auf jedem dritten Schild vorkommt, und gegen die Pandemiemaßnahmen der Regierung, aber auch gegen das „Pharmakartell“, gegen Organraub in China, gegen das Impfen, gegen Massentierhaltung und gegen Mobilfunksmog“.Frankfurter Allgemeine Zeitung » (18.05.2020) « Demos gegen Corona-Beschränkungen“(S.1), „Entsteht da eine Art Pandemie-Pegida?“(S.2)) Fernsehteams wurden drohend umringt und in einem Fall wurden Journalisten tätlich angegriffen und verletzt: „Die Lügenpresse“, die gute Arbeit leistet und für Meinungsvielfalt sorgt, ist eine bevorzugte ZielscheibeSie lässt sich nämlich von der Propaganda nicht täuschen.

„Deeskalationsteams“ bemühen sich noch, die Aktivisten im Griff zu behalten. Eine „Pandemie-Pegida?“, schreibt die „FAZ“... Vielleicht. Die AfD ist wohl auch mit dabei, ebenso wie Kräfte Linksaußen, aber vor allem auch die russischen Agit-Prop-Sender in deutscher Sprache, die in der Pandemie eine neue Thematik gegen den deutschen  Rechtsstaat erfunden haben. Auf ähnliche Art und Weise griffen sie vor eineinhalb Jahr auch in Frankreich ein, um die Demonstrationen der sog. „Gelbwesten“ anzufeuern und mit Argumenten zu füttern. Sie nehmen in Deutschland die Corona-Krise zum Anlass, die Grundrechte als Hebel zu verwenden, um die Demokratie zu destabilisieren. Sie sind so gegenwärtig, so aufdringlich, dass die Bundeskanzlerin Merkel dagegen im Bundestag öffentlich protestieren musste.  (J.-P. P. 20.05.2020)  


Die Corona-Anwältin

Das Heranholen der Werte zum politischen Kampf passt zum deutschen Idealismus. Gleich zum Einbruch der Pandemie hatte die AfD in Deutschland eine obskure Rechtsanwältin aus Heidelberg namens Beate Bahner zur Schutzheiligen auserkoren, die immerhin – lesen wir im Internet – „Fachanwältin für Medizinrecht und Autorin mehrerer Bücher“ ist. 

Die „Corona-Anwältin“, wie man sie auch nennt, die zu Recht oder Unrecht vorübergehend Psychiatrie-Insassin war, hat es sich zum Fach gemacht, die Grundfreiheiten gegen einschränkende Staatsmaßnahmen zu verteidigen. Eine nur scheinbar überwältigende, aber im Grunde leichte Aufgabe, da fast alle Ordnungsmassnahmen, die das Zusammenleben der Staatsbürger erträglich und möglich machen, aus Einschränkungen von Grundrechten bestehen. Man muss allerdings zugeben, dass in unserer Demokratie die Grundrechte  eher zu lax als zu freiheitsbeschneidend angewandt werden. So darf heute jeder Ignorant zu jedem Thema – besonders im Internet – ein Urteil abgeben und Mitmenschen irreführen. Das ist Meinungsfreiheit.  Als Chaoten in Frankreich unter den Gelbwesten Geschäfte demolierten, da wurden die Demonstrationen trotzdem nicht verboten. Das war Demonstrationsfreiheit. Über den Daumen gepeilt kann man sagen, dass in Diktaturen alles verboten ist, was nicht ausdrücklich erlaubt ist und dass es in Demokratien genau das Gegenteil ist. Und dieses Gegenteil ist sehr grosszügig. Aber Frau Bahner sieht es anders.

Die Skandal-Rechtsanwältin Bahner war am 15. April unfreiwillig und unbewusst,  so ihre Aussage vor Gericht, der Auslöser einer Demonstration von 150 bis 200 Personen, darunter auch ein AfD-naher baden-württembergischer Landtagsabgeordneter, die sich vor dem Heidelberger Polizeipräsidium eingefunden hatten, wo sie unter Anklage stand. Immerhin hatte Frau Bahner selbst den Termin publiziert, sie umarmte etliche Demonstranten und bedankte sich bei Ihnen nach Abschluss ihrer Verhandlung. Inzwischen organisieren diese politischen Kreise Demonstrationen von Hunderten von Menschen, die in Deutschland behaupten, wackere Hüter der erhabenen Freiheit gegen die – inzwischen längst gelockerten – lebensrettenden Ausgangssperren zu sein. 

Die kleinen Einschränkungen der Grundfreiheiten, die die Bekämpfung der Corona-Pandemie erforderlich gemacht hat, waren „die“ Gelegenheit, der Wendepunkt, worauf die Anhänger von Frau Bahner offensichtlich  nur gewartet hatten, um das Umsturzrezept einzusetzen, welches sie herausgearbeitet hatten. Das Rezept ist von einer überwältigenden Einfachheit und kann deswegen erfolgreich sein. Es artikuliert sich folgendermaßen: 

1. Es gibt keine Corona-Seuche, dieses Virus ist nicht schlimmer als eine normales Grippe-Virus, ja sogar eher harmloser. Das war auch die Meinung von Trump, Bolsonaro, Johnson, wohl auch von Putin und Erdogan. Offensichtlich ist es heute, dass sie sich alle getäuscht hatten.

2. Die Pandemie ist eine Erfindung der deutschen Regierung und der von ihnen abhängigen Lügenmedien, um ihre Macht  durch Einschränkungen der Grundrechte zu erweitern. Dunkle Mächte im Ausland, wie Bill Gates, liefern ihnen den Stoff dafür. 

3. Das parlamentarisch-liberale System ist in jeder Hinsicht gescheitert, auch in der Gesundheitspolitik. Nur seine Beseitigung und der Ausstieg aus der EU können eine gute und menschengerechte Politik  möglich machen. 

4. Die Chinesen und die Russen haben ein politisches System, das es ihnen ermöglicht, eine solche Politik zu führen. Besonders die Russen können uns helfen gesund zu werden. Moskau wird das korrupte, morsche, spätkapitalistische und zukunftslose Westeuropa retten. 

Retten oder unterjochen? (ATS mit Wikipedia, 21.05.2020)


Deutschland: Merkel gibt nach – Die Ausgangssperre wurde aufgehoben

Im März und April 2020 erhielt die Bundeskanzlerin einen starken Zuspruch der Deutschen für ihre Anti-Corona-Politik. Eine weit überwiegende Mehrheit ihrer Mitbürger unterstützte sie. Sie hatte sie mit ruhigem Ton und Sachargumenten in die Isolation und Kontaktsperre geschickt. Sie ließ die Geschäfte schließen und brachte das öffentliche Leben fast zum Erliegen. Man hatte geglaubt, sie sei am Ende und würde vorzeitig, also vor der nächsten Bundestagswahl im Herbst 2021 zurücktreten. Überall wurde der Immobilismus, die Lähmung ihrer regierenden Großen Koalition (Groko) kritisiert. Und plötzlich wurde gesagt, dass sie möglicherweise doch noch für ein weiteres Mandat zu gebrauche wäre. Sie sei die beste Krisenmanagerin der CDU/CSU. Das gelang ihr nur mit der Kraft ihrer Autorität und Einsicht. Überall wurde gesagt, die habe nicht nur las Politikerin sondern auch als Wissenschaftlerin reagiert.  Ihre Ansprachen und Appelle dienten Millionen Menschen als Richtschnur durch die größte Krise seit Jahrzehnten. Sie war wieder die schützende Mutter der Nation, weit weg von Kohls „Mädchen“, das sie vor mehr als 20 Jahren gewesen war.

Die Deutschen waren froh, jemanden zu haben dem sie folgen konnten. Nur dank der freiwilligen Disziplin von Millionen von Staatsbürgern zwischen Ostsee und Alpen, zwischen Rhein und Oder gelang es, die Corona-Epidemie unter Kontrolle zu bekommen. Nicht wenige Menschen klagen über die Folgen, einige meckern auch, und mancher Wirrkopf wittert gar einen teuflischen Plan hinter der Ausgangssperre – einige Spinner haben sogar eine Gruppe gebildet, die den anspruchsvollen Titel „Widerstand 2020“ trägt. Es ist ein Ort im Internet, wo sich Menschen sammeln, die mit der Situation in der Corona-Krise besonders unzufrieden sind, wo man an die Gefahr das Virus nicht so recht glaubt, dafür aber an Verschwörungstheorien. Sie haben sich als neue Partei zusammengetan, die innerhalb weniger Tage 100.000 Mitglieder gesammelt haben soll. Damit wäre sie größer als Grüne, FDP, Linke und AfD. Früher sagte man „Papier ist geduldig“. Heute kann man sagen „Internet ist geduldig“. 

Mit Ihrem Aufruf an die Deutschen in ihrer geduldigen, sachlichen und menschennahen Fernsehrede vom 18. März 2020 hatte Angela Merkel ihren Platz in den Geschichtsbüchern verdient, wie es ihr davor nicht gelungen war. Man wird dereinst Anerkennung für diese große kollektive Leistung der Deutschen hinter ihrer Kanzlerin empfinden. Es hätte weiter so gehen können, bis das Virus aus Deutschland fast voll ausgemerzt worden wäre, aber drei Faktoren haben die Kanzlerin zu einer Kehrtwende gezwungen und sie dazu bewegt, einer Lockerung der Vorsorgemassnahmen zuzustimmen. Erst ihr Möchtegernenachfolger, Armin Laschet, und dessen Mitbürger aus Nord-Rhein-Westphalen, Christian Lindner,  dann dessen „Vize“ Wolfgang Kubicki aus Kleinkleckersdorf in Schleswig-Holstein und die Herren Weil, Kretschmer und nach und nach immer mehr Ministerpräsidenten, Abgeordnete, Landräte, Kommunalpolitiker und sonstige Titelträger stimmten in den Chor der Lockerungsmeistersänger ein. Einer nach dem anderen pfiffen sie auf die Autorität der Kanzlerin und öffneten Werkstätten, Möbelhäuser, Geschäfte und Sportanlagen, Ferienwohnungen und Campingplätze. Schließlich wechselte ebenfalls der starke Verfechter der strickten Maßnahmen, Markus Söder aus Bayern, die Seite und pries Erleichterungen für Schulen, Kitas, Kultur, Pflegeheime an. Die Kanzlerin, die kurz davor die „Öffnungsdiskussionsorgien" angeprangert hatte und ihrer Sorge vor einer überschnellen Rückkehr in die Normalität Luft gemacht hatte, musste zugeben, dass sie auf verlorenem Posten kämpfte. Mutti ließ ihre turbulenten Kinder gewähren.

Erne Woche vor Frankreich wurden die Ausgangsperremassnahmen in Deutschland aufgehoben. Man muss einerseits eingestehen, dass die Lage normaler geworden war, wenn auch nicht ganz normal: Anfang Mai 20é0 zählte man in Deutschland bei einer Bevölkerung von 86 Millionen Menschen 167.000 Infizierte Staatsbürger, 135.100 von der Viruskrankheit Gegessene und „nur“ 6.953 Tote bei einer Sterberate von 4,19 Prozent Sterbefälle unter den Erkrankten. Im Vergleich wurden in Frankreich bei einer Bevölkerung von 66 Millionen 137 000 Kranke, 53.972 Genesene und 25.803 Tote. Die vergleichsweise geringere Sterbequote in Deutschland war eine große Leistung. Das Gesundheitssystem war östlich des Rheins offensichtlich viel effizienter gewesen. Dabei war die Reproduktionszahl des Virus höher in Deutschland als in Frankreich gewesen.

Ein weiterer Grund für die Auflockerung war in Deutschland, dass einer McKinsey-Studie zufolge das Bruttoinlandsprodukt um rund 15 Milliarden Euro pro Woche schrumpfte. Der Druck der Unternehmen und Wirtschaftsverbände auf die Regierung in Richtung Aufsperrung wuchs. Und last but not least empfanden viele Menschen den sog. Corona-Blues. Der Frühling kam. Der blaue Himmel, das Gezwitscher der Vögel, die Blumen riefen. Und es hieß, der tödliche Covid-19 traf ja fast nur sehr alte Menschen – also können Jüngere doch wieder unbesorgt draußen shoppen, Sport treiben, ins Restaurant gehen, mit Freunde anstoßen und singen, Urlaub planen, zum Friseur gehen. Ein durchaus menschliches Gefühl und Bedürfnis, aber auch ein gefährliches Gefühl. Es werde "mit großer Sicherheit" eine zweite Corona-Welle geben, mahnte der Leiter des Robert-Koch-Instituts, Dr. Lothar Wieler, und vielleicht sogar eine dritte Welle aus. Das Risiko bleibt groß, aber die Fliehkräfte sind größer. Der Kanzlerin sind die Zügel aus den Händen entflohen. (J.-P.Picaper. 7.5.2020)

Eine Überlebende von Auschwitz spricht: „Wir wussten, jetzt fahren wir in den Tod“. 

Eine Reportage von Florian Harms

Beim Blick auf das Wetter war der 5. Mai 1945 ein normaler Frühlingstag: Regenschauer in Norddeutschland, Sonnenstrahlen im Süden. Beim Blick auf alles andere war nichts mehr normal: Deutschland war am Ende, Europa war am Ende. Ein ganzer Kontinent verwüstet von Bomben und Granaten, von Mord und Gemeinheit, von Hass und Rassenwahn. In vielen Kellern hocken an diesem 5. Mai 1945 verängstigte Frauen, Alte und Kinder, über ausgebombten Städten liegt eine eigentümliche Ruhe. In seinem Bunker unter der Reichskanzlei hat sich fünf Tage zuvor der Diktator in den Mund geschossen, dem Millionen Deutsche jahrelang zugejubelt haben. Die Rote Armee hat das zerstörte Berlin erobert. In Potsdam stauben noch die Trümmer des britischen Luftangriffs drei Wochen zuvor, einem der letzten dieses Krieges. In Prag erhebt sich der tschechische Widerstand gegen die deutschen Besatzer und entwindet ihnen die Macht. In der Nähe von Linz in Österreich befreien Soldaten der 3. US-Armee das Konzentrationslager Mauthausen. Sie treffen auf ausgemergelte Gefangene, die vom "Volkssturm" und Männern der Wiener Feuerwehr bewacht werden. Die SS-Schergen haben sich schon aus dem Staub gemacht, nicht ohne vorher die Gaskammer zu demontieren. In einer kurzen Schlacht um das Schloss Itter in Tirol kämpfen Wehrmachtssoldaten und amerikanische GIs gemeinsam gegen SS-Einheiten. In der Nähe von München kapituliert die deutsche Heeresgruppe G vor der der 7. US-Armee. In der Flensburger Förde gehorchen deutsche Marinesoldaten Hitlers "Nero-Befehl" und versenken binnen weniger Stunden rund 50 U-Boote, damit diese nicht den Feinden in die Hände fallen. Zeitgleich tritt die von Hitlers Nachfolger Karl Dönitz unterzeichnete Teilkapitulation aller deutschen Verbände in Norddeutschland, Dänemark und den Niederlanden in Kraft. Trotzdem beginnt auf der Nordseeinsel Texel ein ebenso brutaler wie sinnloser Kampf zwischen Wehrmachtssoldaten und Partisanen. Unterschiedliche Ereignisse, die alle zusammenhängen, alle geschehen am 5. Mai 1945: einem Frühlingstag in Mitteleuropa, heute vor 75 Jahren.

Es dürfte den meisten Menschen heute schwerfallen, sich vorzustellen, wie dieser Tag und all die anderen Tage, Wochen, Monate und Jahre zuvor sich angefühlt haben, egal wo und auf welcher Seite der Front. Es leben nicht mehr viele Zeitzeugen, die uns von damals berichten können. Die Stimmen der wenigen, die uns noch erzählen können, sind umso wertvoller. Eindrücklicher als Bücher, Filme, Fotos es jemals vermögen, eröffnen ihre Stimmen uns Einblicke in eine Welt, die uns Nachgeborenen weit entfernt vorkommen mag, die in historischen Spannen betrachten aber nur einen Wimpernschlag zurückliegt. Geschichte wiederholt sich nicht, aber Lüge, Hass und Verbrechen können sich sehr wohl wiederholen. Um das zu verhindern und die Lehren aus der Vergangenheit für unsere heutige Welt zu ziehen, muss man wissen, was damals geschah. Deshalb ist das Erinnern keine Option, sondern eine Pflicht.

Deshalb sollten wir heute Anita Lasker-Wallfisch zuhören. 94 Jahre ist sie alt, aber wenn man sie in ihrer Wohnung in London anruft, weil das Corona-Risiko einen Besuch nicht zulässt, dann tönt am anderen Ende der Leitung eine kraftvolle Stimme. Mit wachem Verstand und klarer Sicht auf die Dinge berichtet die in Breslau geborene Cellistin, was sie in der Nazizeit erlebte. Wie sie zunächst untertauchte, aber dann verhaftet und ins Vernichtungslager Auschwitz deportiert wurde. Wie sie im "Mädchenorchester" neben dem Tor mit der Schrift "Arbeit macht frei" Märsche spielen und für den SS-Arzt Josef Mengele Schumanns "Träumerei" intonieren musste. Wie sie von Auschwitz ins KZ Bergen-Belsen in der Lüneburger Heide geschickt wurde und dort eine weitere Facette des Grauens erlebte. "Es gab einen großen Unterschied: In Auschwitz gab es eine Maschinerie, um so viele Menschen wie möglich schnell und möglichst spurlos zu ermorden. In Bergen-Belsen sind die Leute verhungert, einfach krepiert. Überall Leichen und Sterbende", erzählt sie. "Wir haben einfach dagesessen und darauf gewartet, dass es zu Ende geht." Was sie damals gefühlt habe, wollten mein Kollege Marc von Lüpke und ich von ihr wissen. "Ihre Generation kann sich nicht mehr vorstellen, wie sich das damals anfühlte. Seien Sie froh!", antwortet sie uns. "Das Leben konnte von einem Tag auf den anderen zu Ende sein. Und so lebte man auch nur von einem Tag zum anderen. Ich habe nichts mehr gefühlt. Aber ich habe den ganzen Dreck überlebt!"

Sie hat überlebt, glücklicherweise. Und kann uns manchen Denkanstoß geben. So haben wir genau zugehört, als Frau Lasker-Wallfisch über ihre Sorge sprach, dass heute wieder eine rechte Partei im Bundestag sitzt. Und als sie uns die Frage beantwortete, welche Lehre wir 75 Jahre nach dem Kriegsende aus der Geschichte ziehen können: "Die Menschen sollten miteinander sprechen, bevor sie sich gegenseitig totschlagen. Dann würden wir merken, dass wir mehr gemeinsam haben als uns trennt."

Newsletter von Chefredakteur Florian Harms. „Jeden Morgen wissen, was wichtig ist“. t-online.de – Ströer Group. 05.05.2020)

Eine Überlebende von Auschwitz spricht: „Wir wussten, jetzt fahren wir in den Tod“.  

Am Ort des Grauens musste sie Musik spielen: Anita Lasker-Wallfisch war Mitglied des "Mädchenorchesters" in Auschwitz. Hier erzählt sie, wie sie bis heute gegen Antisemitismus kämpft.

Das Cello rettete ihr Leben: Im Jahr 1943 wurde Anita Lasker-Wallfisch ins Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau deportiert, durch Zufall gelangte sie dort ins sogenannte Mädchenorchester. Sie spielte für Häftlinge und die SS-Schergen, später wurde sie ins KZ Bergen-Belsen deportiert.

Nach ihrer Befreiung 1945 wollte sie Deutschland nie wieder betreten – und tat es doch. Wie sie die Schrecken der Konzentrationslager überstand, ihren Hass auf Deutschland überwand und warum sie heute anlässlich des 75. Jahrestags des Endes des Zweiten Weltkriegs vor dem Internet und der AfD warnt, erklärt Anita Lasker-Wallfisch im Gespräch mit t-online.de:

Frau Lasker-Wallfisch, trotzdem ist der Antisemitismus heute nach wie vor verbreitet. Macht Ihnen das Angst? 

Anita Lasker-Wallfisch: Ja. Millionen Menschen jüdischer Abstammung sind damals ermordet worden, wir gedenken ihrer in diesem Jahr. Zugleich sehen wir mancherorts immer noch antisemitische Umtriebe. Das ist ein Skandal!

Anschläge wie der in Halle sorgen tagelang für Schlagzeilen – aber auch im Internet gibt es viel Hass und Beschimpfungen gegen Juden…

...das Internet ist ein Paradies für Feiglinge, dort kann man andere anonym und ungestraft beleidigen und sich dabei auch noch wohlfühlen. Fürchterlich. Hetzer im Internet müssen identifiziert und bestraft werden.

Sie haben einmal gesagt, der Antisemitismus sei ein "unheilbares Virus". Wie erklären Sie sich, dass er entgegen jeder Vernunft so langlebig ist?

Es ist bisweilen die eigene Unzulänglichkeit mancher Menschen, sie fühlen sich schlecht, und daran muss ja irgendjemand schuld sein. Die Juden stehen da oft an erster Stelle. Wissen Sie, es gibt so viele Vorurteile: Nehmen Sie einen antisemitischen Idioten, der beispielsweise behauptet, alle Juden seien reich. Was natürlich vollkommener Unsinn ist. Aber schon so eine Vorstellung genügt, um zu hassen. Dieser Hass auf Juden ist so alt. Den Antisemitismus hat ja nicht erst Hitler erfunden.

Anita Lasker-Wallfisch wurde 1925 in Breslau geboren. Sie überlebte die deutschen Konzentrationslager Auschwitz und Bergen-Belsen, in Auschwitz war sie als Cello-Spielerin Mitglied des "Mädchenorchesters". Nach der Befreiung ging Lasker-Wallfisch nach Großbritannien. Ihr Buch "Ihr sollt die Wahrheit erben" fand große Beachtung, im Jahr 2018 hielt sie eine Rede im Deutschen Bundestag zum Tag des Gedenkens an die Opfer des Nationalsozialismus. Ihre Tochter Maya Lasker-Wallfisch hat jüngst ein Buch über ihr Leben als Kind einer Holocaust-Überlebenden herausgebracht.

Sie selbst mussten brutal unter dem Antisemitismus leiden. Erst kurz vor Kriegsende 1945 sind Sie von britischen Truppen aus dem Konzentrationslager Bergen-Belsen befreit worden. Später haben Sie sich geschworen, Deutschland nie wieder zu betreten. Warum haben Sie es dann doch getan?

Es war die reine Neugier. Als Musikerin spielte ich ja im English Chamber Orchestra in London. Wir bekamen jeden Monat eine Art Reiseplan, und im Jahr 1994 standen dann plötzlich die Städte Celle und Soltau auf dem Programm.

Nachbarorte des ehemaligen Konzentrationslagers Bergen-Belsen.

Genau. Normalerweise war ich immer entschuldigt, wenn das Orchester nach Deutschland gereist ist. Aber damals kam mir der Gedanke: Ich muss mir einmal anschauen, was aus Bergen-Belsen geworden ist.

Anita Lasker-Wallfisch: 2018 sprach sie zum Andenken an die Opfer des Nationalsozialismus im Deutschen Bundestag. (Quelle: Emmanuele Contini/imago images)

Also sind Sie mitgefahren.

Zur Bestürzung der übrigen Orchestermitglieder. Die hatten schon Angst, dass ich mich in Deutschland zu schlimmen Dingen hinreißen lassen würde. Aber ich habe mich gut benommen.

Was ging in Ihnen vor sich, als Sie in Celle ankamen?

Ich wurde sehr auf die Probe gestellt. Ich hatte mir nämlich vorgenommen, mit keinem Deutschen zu sprechen. Als wir dann aber da waren, hatte sich schon herumgesprochen, dass ich früher im Konzentrationslager gewesen bin. Auf einmal trat ein Mann, ein Einheimischer, auf mich zu und bot an, mich nach Bergen-Belsen zu fahren.

Wie haben Sie reagiert?

Ich habe ihn gefragt, wie alt er ist. Damals war das noch eine brenzlige Frage. Heute sind ja fast alle tot, die uns das früher angetan haben. Aber zur der Zeit war das noch anders. Dieser Mann war allerdings nach dem Krieg geboren worden.

Also haben Sie sich von ihm fahren lassen?

Ja. Obwohl ich selbst schon alles organisiert hatte. Aber damals hatte ich einen Geistesblitz: Sei nicht so dumm wie die Nazis! Dieser Mann war nach dem Krieg geboren, also konnte er kein Nazi sein.

Was ging in Ihnen vor, als Sie wieder das Gelände des früheren Konzentrationslagers betraten?

Ich bin in Bergen-Belsen herumspaziert. Es gibt ja dort diese vielen Massengräber. Dabei habe ich mir eine Frage gestellt: Wie ist es möglich, dass ich noch lebe, während all die anderen Menschen tot sind? In diesem Moment hatte ich einen zweiten Geistesblitz: Noch am Leben zu sein, bringt eine Verpflichtung mit sich: nämlich die Stimme der Menschen zu sein, die dort anonym verscharrt worden sind. Mit diesem Gedanken begann meine "neue" Beziehung zu Deutschland.

Seitdem engagieren Sie sich für die Erinnerung an den Holocaust und gegen Rassismus. Wann haben Sie eigentlich zum ersten Mal bewusst erfahren, dass es Antisemitismus gibt?

Das war im Jahr 1933. Ich war damals acht Jahre alt und besuchte eine kleine Privatschule in Breslau. Eines Tages wollte ich die Tafel abwischen. Da sagte ein Kind zu mir: "Ein Jude darf den Schwamm nicht haben!" Ich war völlig verwirrt, bis dahin hatte ich keinerlei Erfahrung mit solchen Vorurteilen. Also habe ich die Geschichte meinem Vater erzählt, und er erklärte es mir. Allmählich verstand ich, was Antisemitismus ist. Damals fing dieser ganze Dreck mit den Nazis an.

Ihr Vater hatte im Ersten Weltkrieg gekämpft und war dafür ausgezeichnet worden.

Mein Vater ist Frontkämpfer gewesen, ausgezeichnet mit dem Eisernen Kreuz. Er war Jurist, meine Mutter Musikerin, sie spielte Geige. Wir waren drei Kinder, drei Schwestern. Bildung und Kultur spielten eine große Rolle bei uns zuhause, am Sonnabend wurden die Klassiker gelesen. Wir waren eine typische assimilierte jüdische Familie, die Religion spielte kaum eine Rolle.

Wie erging es Ihnen nach der Machtübernahme der Nationalsozialisten?

Es ging stetig bergab. Mein Vater hatte aufgrund seines Kriegseinsatzes eine Zeit lang noch ein paar Privilegien. Aber später erhielt auch er Berufsverbot. Und dann verloren wir am 9. November 1938 alle Hoffnung.

In der Reichspogromnacht. 

Ja. Ich war damals in Berlin. Was in der Nacht selbst passiert ist, habe ich gar nicht miterlebt. Aber als ich dann am nächsten Morgen auf die Straße gegangen bin, das war katastrophal.

Was haben Sie gesehen?

Dass können Sie sich nicht vorstellen, wie es draußen ausgesehen hat: Geschäfte waren zertrümmert, auf dem Boden lagen Scherben. Und im Rinnstein stank es nach Alkohol. Die Nazis hatten sich wohl besoffen und Flaschen zerschlagen. Meine Mutter rief verzweifelt aus Breslau an: Ich solle sofort nach Hause kommen!

Alfons Lasker mit seinen drei Töchtern Marianne, Renate und Anita im Jahr 1931. (Quelle: Privatarchiv Maya Lasker-Wallfisch)

Was hatten Sie denn als dreizehnjähriges Mädchen allein in Berlin gemacht?

Meinen Eltern war früh klar geworden, dass die kleine Anita Cellistin werden wollte. Weil es in Breslau aber keinen jüdischen Cellolehrer mehr gab, haben sie mich zu Leo Rostal nach Berlin geschickt, der mich unterrichtete. Nach der Reichspogromnacht war allerdings Schluss damit.

Hat Ihre Familie danach an Flucht ins Ausland gedacht?

Natürlich! Aber es war zu spät. Wir haben richtig Angst bekommen und gedacht: Das geht nicht gut aus! Und so kam es dann ja auch. Meine Eltern sind am 9. April 1942 deportiert worden. Das war ihr Ende. Ich habe später nachgeforscht und in Breslau eine Aufstellung über das "Vermögen" gefunden. Stellen Sie sich vor, dort wurde alles verzeichnet, bevor man deportiert worden ist. Etwa drei Paar Hausschuhe, Wert fünf Mark. Es ist ein Dokument der Schande.

Was geschah mit Ihnen?

Meine Schwester Marianne war zum Glück nach England entkommen. Ich musste mit meiner Schwester Renate dagegen in einer Papierfabrik arbeiten. Was wir da alles angestellt haben!

Bitte erzählen Sie.

Sie müssen wissen, dass wir sehr freche Mädchen waren. Ich habe nie akzeptiert, dass mich irgendwann irgendein Schnösel verhaften und ermorden will. Deshalb haben wir den französischen Kriegsgefangenen in der Fabrik geholfen, Dokumente zu fälschen, die ihnen zur Flucht verhalfen sollten. Die Verständigung war kein Problem, denn wir waren ja zweisprachig erzogen worden.

Es sollte allerdings nicht gut ausgehen.

Wir ahnten, dass wir beobachtet wurden. Also haben wir uns kurzerhand entschlossen, selbst in das unbesetzte Frankreich zu fliehen. Es war eine Idee von Kindern – und weit sind wir auch nicht gekommen. Wir wollten aber nicht warten, bis sie kommen, um uns zu ermorden.

Statt in Frankreich landeten sie beide im Gefängnis.

Was unser großes Glück war. Renate und ich hatten erwartet, nach Auschwitz zu kommen. Stattdessen blieben wir ein gutes Jahr im Gefängnis. Ich habe lange Zeit nicht kapiert, warum. Aber es muss ein alter Kollege meines Vaters gewesen sein: Der war ein großer Anti-Nazi, irgendwie muss es ihm gelungen sein, uns vor dem Transport zu bewahren, indem wir als Verbrecher geführt wurden. Denn während man Juden sofort ermordet hat, bekamen Verbrecher einen Prozess. Das Gefängnis war also viel besser als Auschwitz.

Später wurden sie aber doch nach Auschwitz deportiert.

Ja, aber erst ein Jahr später. Ein ganzes Jahr, in dem wir nicht in Auschwitz sitzen mussten! Der ehemalige Kollege meines Vaters hat uns so im Grunde das Leben gerettet.

Als Sie hörten, dass es nach Auschwitz ging: Was ging in Ihnen vor?

Wir haben Abschiedsbriefe geschrieben. Denn wir wussten, jetzt fahren wir in den Tod. Ich war bereit, in die Gaskammer zu gehen, als ich in Auschwitz ankam. Wie man sich in einem solchen Augenblick empfindet, kann man nicht beschreiben.

Erinnern Sie sich, was passierte, als Sie in Auschwitz eintrafen?

Mir wurden eine Nummer auf den Arm tätowiert und die Haare geschoren. Das machten alles andere Gefangene. Das war mein großes Glück. Die Häftlinge waren immer sehr erpicht, Neuigkeiten von den Neuankömmlingen zu hören. Da fragte mich eine der Frauen: "Was hast du denn früher gemacht?" Ich sagte: "Ich spiele Cello." "Fantastisch", sagte sie, "hier gibt es eine Kapelle." Dann holte sie Alma Rosé...

…die Nichte des Komponisten Gustav Mahler und selbst sehr bekannte Musikerin.

Genau. So bin ich dann in das sogenannte Mädchenorchester gerutscht.

Wann und wo spielten Sie mit dem Orchester?

Unsere Aufgabe war es, morgens am Tor zu stehen und für die vielen tausend Häftlinge, die zur Arbeit aus dem Lager marschiert sind, Märsche zu spielen. Denn es gab ja viele, viele Fabriken dort. Buna und so weiter. Abends dann das gleiche, wenn die Häftlinge wieder zurückmarschiert sind. Das war unsere Aufgabe.

Nebenbei spielten Sie auch manchmal für SS-Leute. Josef Mengele mochte etwa die "Träumereien" von Robert Schumann.

Ja, das stimmt. Ich habe über dieses Ereignis aber nur berichtet, weil ich etwas zeigen wollte: Mengele war kein ungebildeter Idiot. Er wusste sehr genau, was er tat. Er betrieb in Auschwitz seine schrecklichen Experimente, um sich von der russischen Front fernzuhalten.

Alma Rosé hat Ihnen in gewisser Weise ebenfalls das Leben gerettet, indem sie Sie in das "Mädchenorchester" aufnahm. Was war sie für eine Frau?

Wir haben sie nicht geliebt, sie war wahnsinnig streng mit uns. Aber ihre Aufgabe war auch fast unmöglich. Wir Mädchen waren ja alle Amateure. Vielleicht fünf von uns haben ihr Instrument einigermaßen spielen können. Und aus uns sollte diese Alma Rosé, die aus einer musikalischen Elite stammte, nun etwas machen. Unter den Bedingungen in Auschwitz. Das war irrsinnig.

Welche Gefühle hatten Sie damals?

Fragen Sie nicht nach Gefühlen, die hat man in Auschwitz abgestellt. Ihre Generation kann sich nicht mehr vorstellen, wie sich das damals anfühlte. Seien Sie froh! Das Leben konnte von einem Tag auf den anderen zu Ende sein. Und so lebte man auch nur von einem Tag zum anderen.

1944 rückte die Rote Armee immer weiter Richtung Westen vor, sie wurden von Auschwitz nach Bergen-Belsen gebracht. Was war dort anders?

Es gab einen großen Unterschied: In Auschwitz gab es eine Maschinerie, um so viele Menschen wie möglich schnell und möglichst spurlos zu ermorden. In Bergen-Belsen hat man das nicht nötig gehabt. Die Leute sind verhungert, einfach krepiert. Man kann kaum beschreiben, wie es in Bergen-Belsen war. Überall Leichen und Sterbende. Wir haben einfach dagesessen und darauf gewartet, dass es zu Ende geht. Ich habe nichts mehr gefühlt. Aber ich habe den ganzen Dreck überlebt!

…und können uns Nachgeborenen von Ihren Erlebnissen berichten. In Deutschland sitzt heute mit der AfD eine Partei vom rechten Rand im Bundestag. Was denken Sie darüber?

Das macht mir große Sorge, wir müssen jetzt wirklich aufpassen, dass sich das alte Übel nicht wieder einschleicht. Aber es gibt ja auch viele junge Menschen, die sich gegen die AfD stellen. Ich hoffe, dass am Ende die Vernunft siegt.

Schauen Sie eher pessimistisch oder optimistisch in die Zukunft? 

Ich stehe in der Mitte. Letzten Endes bin ich aber doch immer hoffnungsvoll. Vielleicht hat sogar diese ganze Corona-Krise zumindest eine gute Folge. Denn Juden, Christen, Muslime, wir sind alle gleichermaßen betroffen, vielleicht bringt es uns einander näher.

Welche Lehre können wir 75 Jahre nach dem Kriegsende aus der Geschichte ziehen?

Die Menschen sollten miteinander sprechen, bevor sie sich gegenseitig totschlagen. Dann würden wir merken, dass wir mehr gemeinsam haben als uns trennt. Ich habe auch während des Nationalsozialismus anständige Menschen kennengelernt. Das macht mir Mut.

Zum Beispiel?

Juden durften irgendwann nicht mehr in der Straßenbahn mitfahren, sondern hatten sich draußen auf den Perron zu stellen. Als ich einmal dort stand, fuhr die Mutter eines früheren Schulkameraden mit. Als sie mich sah, stand sie auf und stellte sich zu mir. Es war nur eine stumme Botschaft, aber ich habe sie nie vergessen.

Ihre Tochter Maya hat kürzlich ein Buch herausgebracht. Es beinhaltet Briefe an ihre toten Großeltern, die sie selbst nie kennengelernt hat. Und es geht um die Traumata der zweiten Generation. Was halten Sie von dem Buch?

Das Buch eine wunderbare Idee, es bringt auf gewisse Weise die Familie zusammen. Sehen Sie, der Holocaust gehört nicht zum Leben meines Sohnes Raphael. Er lebt für die Musik. Bei meiner Tochter Maya ist das ganz anders. Für mich ist es immer noch erstaunlich, wie unterschiedlich Geschwister sein können. Aber das Buch ist wirklich sehr wichtig. Vor allem hat meine Tochter Maya auch eine wichtige Aufgabe.

Welche ist das?

Sie hat mir zugesagt, die Erinnerung an den Holocaust weiterzugeben, wenn ich eines Tages nicht mehr bin.

(Von Marc von Lüpke und Florian Harms, t-online.de, Ströer Group. 04.05.2020)

Rückkehr der Staatsautorität

Zusammen mit ihrem Ehemann im vierten Stock eines schlichten Gebäudes gegenüber der Museumsinsel im Herzen ihrer Hauptstadt eingesperrt hat Angela Merkel ihre Popularität zurückgewonnen. Vom Virus bedroht, leitete sie ihr Land zwei Wochen lang per Telekonferenz. Dann sah man sie wie irgend eine Staatsb£urgerin beim Einkaufen, wobei sie sich innerhalb des erforderlichen Sicherheitsabstandes an der Kassenschlange anstellte. In ihrer Krisenrede hatte sie als die Wissenschaftlerin gesprochen, die sie ist, basierend auf Realität und Erfahrung. Ihre Nüchternheit und Bescheidenheit gefällt ihren Landsleuten.

Nach dem Monatsbarometer des  öffentlich TV-Kanals ARD stieg sie nach einem Absturz wieder an die Spitze der beliebtesten politischen Persönlichkeiten in Deutschland auf. Das Vorgehen ihrer Regierung und ihrer Partei (der CDU) in der Krise wird von drei Vierteln der Deutschen begrüßt. Noch nie zuvor war dieses Barometer so rasch gestiegen. In Krisenzeiten identifizieren sich die Bürger fast überall mit der Exekutive. Die SPD, Koalitionspartenerin des CDU, ist in der vergangenen Woche um einen Punkt gestiegen und liegt nun wieder bei 17% der Wahlintentionen vor den Grünen, die einen Punkt auf 16% verloren. Die CDU-CSU liegen bei 34%, das sind 7 Punkte mehr in einem Monat. Nach ihrem großen Erfolg in den letzten Monaten fallen die Grünen überall zurück. Werden wir den Planeten vergessen, indem wir zu sehr an die Menschen denken? Das wäre bedauerlich.

(Anmerkung: Das Lager der Kanzlerin profitiert weiterhin vom Kampf gegen die Coronaseuche Innerhalb einer Woche ist die Union im BamS-Sonntagstrend um weitere 4 Punkte auf 37% gestiegen, während die SPD (17%) vor den Grünen (16%) blieb. Die rechtsextreme AfD sinkt auf ihren niedrigsten Stand seit drei Jahren (10%), mit einem Punkt Vorsprung vor der linksextremen Die Linke (9%). Die FDP-Liberalen lagen bei 6%. 12.04.2020)  


Der deutsch Kanzlereffekt spricht Bände. Etwas weniger, weil er weniger gefallen war, profitiert auch Emmanuel Macron davon. In Großbritannien musste die Königin im Fernsehen intervenieren, um den vakanten Posten des Premierministers zu kompensieren, der Opfer von Covid 19 wurde. Überall ist die Exekutive gefragt. Wie der französische Historiker und Politologe Pierrre Rosanvallon sagt, "beobachten wir (in Frankreich) einen Reflex der Legitimation der Republik und des Präsidenten" und er fügt hinzu: "Wir sind auch Zeugen der Rückkehr des Staates und seiner einseitigen Entscheidungsgewalt bei gleichzeitiger Aufrechterhaltung der Rechtsstaatlichkeit". Es scheint uns, dass der Verlust von Rechten im Kampf gegen das Virus, wie das Recht auf Bewegung, auf Arbeit, auf Zerstreung an der freien Luft, auf Sport, auf Geselligkeit, von der Bevölkerung gut verstanden wird, denn das Recht auf Leben hat Vorrang vor allem, auch vor der Wirtschaft. Wir haben etwas weniger Beteiligung an Entscheidungsprozessen, außer wenn es um die Beteiligung an der Effektivität von Schutz, Pflege und Heilung geht.

Die Aufwertung der Staatsautorität muss eines Tages nachlassen, sonst würden wir in die "Demokratur" verfallen, ein Risiko, das in Mittel- und Osteuropa stärker akzentuiert zu sein scheint als in Westeuropa, aber die Populisten haben nicht an allen Fronten gewonnen. Ihre Ablehnung von Wissenschaft, Intellektuellen, Experten und Medien im Namen des  unterschwelligen Volksinstinkts hat an Glaubwürdigkeit verloren. Wissen und Wissenschaft haben den Wind in den Segeln. Aber wir müssen auch die Expertokratie vermeiden. Die Politik wird die menschliche Dimension, die Seele, bewahren müssen. (JPP - 06.04.2020)


Coronavirus: Die Stunde der Exekutive, des Internets und der Medien

Einst hieß es Spaßes halber: „Alle reden vom Wetter. Wir nicht!“. Aber vom Thema Corona kommt man nicht umhin zu reden. Es beherrscht aktuell fast jedes Gespräch. Wir möchten gerne andere Gespräche führen, wo vom Covid-19 nicht die Rede wäre. Es geht jedoch nicht.  Kaum jemand spricht noch vom Klimawechsel, der trotzdem durchaus real bleibt. Leider ist die Pandemie, die ganz besonders schmerzhaft Europa trifft, weil es weder psychisch noch konkret darauf vorbereitet war,  die größte Sorge.  Die zweite Sorge wird die Wirtschaftsflaute sein, die sich daraus ergeben wird. Sie ist aber noch nicht auf der Tagesordnung.

Die Toten von Wirtschaftskrisen sieht man nicht. Verlust an Arbeit und Lebenssinn ist nicht ansteckend. Covid-19 ist auch unsichtbar aber er springt von Mensch zu Mensch, bedient sich unseres Körpers als Sprungbrett und Tankstelle. Er will die Menschheit vernichten und unsere Körper sind seine Waffe. Er macht wie in der Science Fiction aus jedem Menschen für seinesgleichen eine Gefahr.  Inzwischen ist die Zahl der Toten gestiegen und wird noch weiter wachsen. Der unsichtbare Vernichter macht Angst. Klar! Er sucht sich zunehmend seine Opfer unter jungen Menschen, zu allererst unter denen,  die ein sorgloses, ungesundes und unsportliches Leben geführt haben. Vor allem sind jedoch die Älteren über 70 und 80 im Visier des Monsters. Werden sie infiziert, wird Ihre Lage zur Tragödie. 

Sehr viele Mitbürger und wir selbst sind Arbeit- und Kontaktlos in den Wohnungen eingeschlossen. Wir haben noch nie zuvor soviel Zeit und Muße zum Sinnen gehabt. Weil wir kaum jemand treffen, ist das Bedürfnis sich mitzuteilen groß geworden. Wir haben diese Möglichkeit im Internet.  Gerade in Zeiten wie heute, in denen es gilt, sich zu distanzieren und Kontakte zu vermeiden, ist Internet die Alternative, um seinen Gedanken Gehör zu verschaffen.  Wir können im Internet miteinander reden, damit unsere berechtigte Angst nicht zur Panik entartet. Skype, E-Mails und wieder mal  das Telefon und sogar die Briefe sind da. „Die Post wird ausgeliefert“, versicherte Angela Merkel in ihrer außergewöhnlichen Fernsehansprache vom 18. März. Aber auch die freien Medien erweisen sich als extrem nützlich.  Sowohl die Printmedien wie das Fernsehen erleben eine Ehrenrettung und bekommen wieder ihren Nimbus. Sie wurden in den letzten Monaten und Jahren von Außen links und Außen rechts als linke Lügenpresse oder Komplizen des Kapitals verschrien, beschimpft und beschmutzt. Sie machen in der Krise eine tolle Arbeit. Sie streuen keine Angstbekundungen sondern informieren, stündlich, sachlich, genau. Sie sind unser Kompass. Was täten wir ohne sie?

In ihrer Rede hat sich allerdings Frau Merkel als die Anwältin der Demokratie zu erkennen gegeben, die sie früher war. Sie ist inzwischen zur sorgenden „Mutter“ ihrer Mitbürger mutiert.  Die Marktwirtschaft ist auf die minimalen Überlebensbedürfnisse reduziert. Die Börse ist schwerverletzt, die Banken bluten, Betriebe sind gelähmt, es wird kaum noch transportiert und bald wird nicht mehr gebaut. Es ist in allen demokratischen Staaten die Stunde der sonst unbeliebten Exekutive und alle Kritik, auch diejenige, die Sie an unseren Staatsführungen in unseren Seiten finden, ist verflogen. Wir können froh sein, dass wir rationale, vernünftige Menschen wie Macron und Merkel an der Staatsspitze, stabile Regierungen also, haben. Das gilt auch für alle anderen Staaten der Europäischen Union, welche sich doch als sicherer Hafen erweist.

Natürlich haben es autoritäre und illiberale Staaten leichter, stringente Maßnahmen durchzusetzen, aber unsere gewählten Regierenden machen eine ehrbare und verdienstvolle Arbeit, indem sie geduldig und sachlich ihre Entscheidungen verständlich machen. Diese Krise wird zu einer Übung praktischer und solidarischer Demokratie. Frau Merkel hat es fassbar und begreiflich erklärt. Ebenfalls Herr Macron, der nach so vielen Reissproben die Solidarität unter den Franzosen wieder zusammenkittet. Ganz wunderbar ist es in Frankreich, wenn im ganzen Lande Abends um 20 Uhr alle Franzosen ihre Fenster öffnen und auf  ihre Balkons gehen, um dem Pflegepersonal und den Ärzten in der Krankenhäusern zu applaudieren und „Merci“, Danke, zu rufen.  Frau Merkel hat sich bei den Kassiererinnen und den Angestellten der Supermärkte bedankt und das war auch Klasse.

Wir sind historisch gesehen in einer total ungewöhnlichen Lage aber die Stimmung kippt zum Positiven um. Der französische Präsident Emmanuel Macron sagte im TV mehrmals „Wir sind im Krieg“ und in ihrer ersten Rede an die Nation in 15 Jahren Amtszeit verglich die deutsche Bundeskanzlerin Angela Merkel die Situation mit der Kriegszeit vor 1945. Jetzt müssen beide die Krise meistern. Für Macron steht seine Wiederwahl im Jahre 2022 und die Zukunft der neuen Partei LREM, die er gegründet hat, im Spiel. Für Merkel geht es um die CDU, die sie zum Jahrhundertbeginn vor dem Zusammenbruch gerettet hatte. Das werden sie schaffen, wenn sie nicht selbst krank werden.

Es liegt auf der Hand, dass nach der covid-19-Katastrophe nichts mehr wie davor sein wird. Wir werden anders leben, anders denken, nicht mehr so kleinkariert sein. Wir haben zu groß sein wollen, glaubten weltweit handeln zu können, aber wir waren kleinlich, engstirnig und egoistisch, auf unseren unmittelbaren Vorteil geeicht. Das zeigte uns diese Krise unter Lebensgefahr. Die Luft ist reiner, das Wasser ist sauberer. Die Autos bleiben geparkt und Nahrung ist nicht mehr zum Vergeuden sondern zum Leben da. Medikamente retten Leben und sind kostbar. Man lechzt nach einer Impfung gegen den Krankheitserreger. Jetzt wissen wir, dass man mit weniger besser leben kann, wo das Lebensnotwendige zu finden ist und dass man zur Erhaltung einer sicheren Welt Opfer bringen muss. (J.-P. Picaper, 19.03.2020)


Ein weiterer Schritt in Richtung Frankdeutschreich: Der Hambacher Ausschuss

Die konstituierende Sitzung des Ausschuss für Grenzüberschreitende deutsch-französische Zusammenarbeit hat am 22. Januar 2020 im Schloss Hambach an der Weinstrasse im Land Rheinland-Pfalz stattgfunden. Dieses Komitee geht auf den Vertrag von Aachen zurück, den Bundeskanzlerin Angela Merkel und der französische Staatspräsident Emmanuel Macron vor genau einem Jahr unterzeichnet hatten.

Ziel des Ausschusses soll sein, die Expertise aus den Grenzregionen, aus den Ländern, der Région Grand Est, den Départements, aus den Parlamenten und aus der nationalstaatlichen Ebene zu verknüpfen und für die Suche nach Lösungen zu nutzen, erklärten der Beauftragte der Bundesregierung für die deutsch-französische Zusammenarbeit, Staatsminister Michael Roth und seine französische Amtskollegin Amélie de Montchalin. Roth verwies zudem auf die europäische Dimension der grenzüberschreitenden Zusammenarbeit für Europa: „Wenn wir in unseren Ländern, und gerade in den Grenzregionen, tragfähige Lösungen für die Probleme der Menschen schaffen, können wir Populisten und Nationalisten den Wind aus den Segeln nehmen.“ 

„Rheinland-Pfalz und Frankreich sind traditionell eng verbunden. Die Unternehmen in der Grenzregion unterhalten auf beiden Seiten gute Geschäftsbeziehungen miteinander, dafür wollen wir optimale Rahmenbedingungen gestalten“, sagte der rheinland-pfälzische Wirtschaftsminister Dr. Volker Wissing. „Ein weiterer wichtiger Baustein ist die grenzüberschreitende Mobilität. Hier bringt eine enge deutsch-französische Zusammenarbeit viele Verbesserungen für die Menschen in der Region.“

Der neue Ausschuss soll Lösungen für Probleme im Grenzbereich entwickeln, die dann als Vorschläge dem Deutsch-Französischen Ministerrat übermittelt werden. Diese Aufgabe gewinne zunehmend an Bedeutung, erläuterte die Bevollmächtigte des Landes Rheinland-Pfalz beim Bund und für Europa, Staatssekretärin Heike Raab: „Denn je mehr Menschen über die Grenzen hinweg zusammenarbeiten, desto mehr praktische Fragen sind zu lösen. Erst im Alltagsgeschäft wird deutlich, wo der Schuh drückt.“

Eine weitere Aufgabe des neuen Gremiums ist die Koordination der grenzüberschreitenden Raumbeobachtung. Denn nur bei einer verlässlichen Kenntnis der Pendlerströme, des Angebots und Bedarfs an medizinischer Versorgung oder der Auslastung des öffentlichen Nahverkehrs lasse sich Infrastruktur grenzüberschreitend bedarfsgerecht planen. Weitere Arbeitsbereiche sollen die Gesetzesfolgenabschätzung von europäischen und nationalen Gesetzen auf die Grenzregion und die Erarbeitung von regionalen Entwicklungsstrategien und Vorhaben sein.

Egal, wie man es nennt und trotz aller Unkenrufe, Frankdeutschreich oder Deutschfrankland kommt allmählich voran (JP Picaper, mit der Landespressestelle Rheinland-Pfalz)


Jahreswende 2019-2020: Die Deutschen vertrauen Emmanuel Macron

Die Deutschen vertrauen dem französischen Präsidenten Emmanuel Macron einer Umfrage zufolge mehr als Bundeskanzlerin Angela Merkel (CDU). Das berichteten die Zeitungen der Funke Mediengruppe am 23. Dezember unter Berufung auf eine Befragung des Instituts Kantar. Demnach gaben 53 Prozent der Befragten an, ihr Vertrauen in Merkel sei "eher groß". Bei Macron betrug der Wert 57 Prozent.

Den höchsten Vertrauenswert erreicht Merkel demnach mit 72 Prozent in der Altersgruppe der 14- bis 29-Jährigen, bei Frauen ist der Wert mit 59 Prozent höher als bei Männern mit 48 Prozent. Macron erreicht die besten Werte in der Altersgruppe der über 60-Jährigen mit 66 Prozent.

Klar im Negativbereich ist der russische Präsident Wladimir Putin, zu dem 26 Prozent eher großes Vertrauen haben und 67 Prozent eher geringes. Noch deutlich schlechter schneiden allerdings der britische Premierminister Boris Johnson mit zwölf zu 71 Prozent, der türkische Präsident Recep Tayyip Erdogan mit sechs zu 86 Prozent und als Schlusslicht US-Präsident Donald Trump mit sechs zu 89 Prozent ab.

Kein schwarzer Freitag ? 

Zweimal ertönte englischer Kanonendonner über den Kanal zu unseren Ohren herüber. Ein erstes Mal am Donnerstag, dem 23. Juni 2016, als die Volksabstimmung von David Cameron für den Ausstieg aus der EU entschied. Und wieder am 13. Dezember 2019, einem Freitag, als die von Boris Johnson beschlossene Parlamentswahl eine absolute Brexit-Mehrheit hervorbrachte. Ob die Landung Englands in England weich oder hart wird, sie ist  zum 31. Januar fällig. Zum Abschluss des Spektakels der vergangenen drei Jahre zieht  Johnson nun den Vorhang zu. Der Brexit bleibt das Werk der Tories. Sie glauben, England gerettet zu haben.

Der unpopuläre Labour-Chef Jeremy Corbyn zögerte, sich offen fürs „Maintain“ auszusprechen. Seinen Landsleuten zum Trotz verlangte er eine neue Volksabstimmung. So hat er EU-Willige abgeschreckt und das Brexit-Debakel von Johnson attraktiv gemacht. Dabei hatten sich seine Parteigenossen Tony Blair und Gordon Brown doch mit der EU-Vollmitgliedschaft abgefunden. Im Urlaub in Frankreich zahlte Blair mit Euros. In der Krise von 2008 half sein Nachfolger Brown sachkundig bei der Euro- und Bankenrettung. Alles umsonst. Der ehemalige Journalist Johnson, Anglo-Amerikaner bis 2016, jetzt definitiv Engländer; geht in die Geschichte ein.

„England ist eine Insel“, stellte Präsident de Gaulle fest. Keine große Neuigkeit aber ein Vorwand, um sich dem englischen EG-Beitritt zweimal, am 14. Januar 1963 und am 11. Mai 1967, zu widersetzen. Er warf im Dezember 1967 beim EG-Ministerrat sein Veto auf den Tisch. „Eine Insel“ ? Aus seiner Sicht  war England ein amerikanischer Flugzeugträger  unweit der Seine- und Rhein-Mündung. Erst nach seinem Ableben wurde das UK zusammen mit Dänemark und Irland am 1. Januar 1973 europäisch. Aber nur halb. Die Union Jack-Insulaner schafften es „drinnen und draußen“ zugleich zu sein. Die „Opting out“-Klausel sicherte ihnen jedenfalls die Vorteile Europas ohne die Bürden.                                           

Sie waren der EG als Liberale beigetreten. Bis zuletzt wollten sie daraus eine Freihandelszone machen. Von außerhalb war es ihnen nicht gelungen, sie dachten, innerhalb klappt es besser. Wir haben nichts gegen den freien Handel, aber die politische Konsolidierung der EU blieb ihretwegen teilweise auf der Strecke. Trotzdem sind wir nett zu ihnen geblieben. François Mitterrand ließ sogar einen Tunnel nach Großbritannien bohren. Jetzt ist England wieder weitgehend eine echte Insel. Vielleicht wird es doch eines Tages mit anderen Mehrheiten und angesichts der Weltlage den Weg zurück zu Europa finden. Die Iren, die Schotten und ein Teil der englischen Bevölkerung möchten dies bereits. Das Vereinigte Königreich müsste aber dann das EU-Modell akzeptieren und voll und ganz mitmachen. Wir sollen inzwischen dafür sorgen, dass die bestehenden Beziehungen, vor allem in Sache Verteidigung, erhalten bleiben. Der Tunnel unter dem Kanal bleibt offen. (Jean-Paul Picaper, Vereinspräsident von Paneuropa Frankreich, - 31. Januar 2020)

Economie


La fin d’une ère : le crépuscule annoncé du moteur à explosion

 L’industrie automobile est en crise au lendemain de la pandémie 

Après une baisse de 72 % en mars 2020, le marché automobile français a  dégringolé de près de 90 % en avril et la chute a continué en mai. Fin mai, 400 000 véhicules invendus pour une valeur de dix milliards d'euros étaient stockés sur des parkings. Le gouvernement a lancé un plan d'aide, en musclant notamment la prime à la conversion, mais le fleuron de l’industrie automobile française, Renault. Le plan de relance a été annoncé le mardi 26 mai 2020 par le président Macron ne sont pas sans dommages du confinement, à l’instar de son ancien patron, Carlos Ghosn, enfermé au Japon.

Les amortisseurs de la mort du moteur explosion vont coûter cher au contribuable et elle pèsera sur le marché du travail car les voitures électriques sont beaucoup plus simples à construire. Pour un ménage modeste qui changera sa vieille voiture pour une neuve ou un modèle récent d’occasion, la prime est passée de 500 à 2 000 euros, de 3 000 à 4 000 euros pour un foyer très modeste. Autre objectif : favoriser les achats de véhicules électriques. Le bonus passera de 6 000 à 8 000 euros.

Quant au marché automobile allemand qui avait connu en 2019 sa plus mauvaise année depuis vingt ans, il a subi sa pire chute en près de 30 ans, qui, selon le patron de BMW, Oliver Zipse, ira « jusqu’à menacer l’existence de grands groupes ». « Aucune entreprise ne peut ressortir indemne d’une telle situation «, a-t-il prévenu, assurant pourtant que son  groupe se préparait à redémarrer la production dès que cela serait faisable. Les immatriculations se sont effondrées de 37,7 % sur un an. Toutes les marques allemandes sont en baisse, selon l’agence nationale de l’automobile KBA. Au total, 215 119 voitures avaient été vendues en mars, mois marqué par les fermetures de commerces, mais le ralentissement s’est alourdi. Les VW de Volkswagen, leader du marché, ont perdu 35 % sur un an, Audi 36 %, Mercedes 28 % et BMW 21 %. Opel, filiale de PSA, a même cédé 52 %.

« La propagation du coronavirus et les mesures de santé publique nécessaires qui y sont liées » ont plombé les ventes, note la fédération des constructeurs allemands, VDA, dans un communiqué. Les commerces non essentiels ayant été fermés outre-Rhin, les automobilistes ont fermé leurs usines et succursales de vente. Des dizaines de milliers d’employés sont passés au chômage partiel et tous ne pourront pas regagner les chaines de montage. L’arrêt de la production en Europe et aux États-Unis coûte déjà 2 milliards d’euros par semaine au groupe Volkswagen et Daimler a obtenu une ligne de crédit supplémentaire de 12 milliards d’euros. La production des constructeurs allemands a globalement baissé en mars de 37 % tandis que la demande domestique a reculé de 30 %, selon la VDA.

« La récession et les pertes d’emploi vont plomber les ventes de voitures neuves même après la crise du coronavirus », selon EY. Moody’s prévoit en 2020 une baisse du marché mondial de 14 %. A long terme, la crise menace 100 000 emplois dans le secteur automobile, branche phare de l’industrie allemande, a récemment estimé Ferdinand Dudenhöffer, de l’université suisse St. Gall. Nous reprenons ici un article très critique mais très singificatif du service Internet t-online.de

Allemagne : qu'adviendra-t-il des gros buveurs d'essence ?

L'industrie automobile se targue d'être la plus importante branche de l'industrie allemande. Plus de 830 000 personnes gagnent leur pain chez VW, Audi, Daimler, BMW et Cie. Si l'on ajoute les fournisseurs et les employés des concessionnaires automobiles, des stations d'essence, des ateliers et les autres prestataires de services, le chiffre dépasse 1,8 million de personnes. Les patrons des entreprises aiment se référer à ces chiffres, surtout lorsqu'ils honorent de leur visite des ministres, des députés ou la chancellerie. En faisant patte de velours et en brandissant le gros bâton du chômage, des années durant, ils ont réussi à se maintenir à flot  et à se sucrer sur les impôts.

Cela peut vous choquer si vous êtes adhérent  du Club allemand du cyclisme ou manifestant de Fridays for Future. Mais vous pouvez aussi considérer ce lobbying au profit  des salariés et des actionnaires de l’automobile comme l'expression d'une action sociale. Tant que les décideurs du Quartier gouvernemental de Berlin écoutent non pas un mais plusieurs conseillers et se forgent ensuite un jugement indépendant, le lobbying est légitime. La démocratie allemande a même toléré des mutations peu recommandables, comme celle du politicien CDU Eckart von Klaeden, qui, libéré de ses scrupules moraux, a échangé le poste de ministre d'État à la Chancellerie fédérale contre celui de lobbyiste en chef de Daimler. Mais toutes ces visites et ces manœuvres ont déjà laissé des traces. Les gens de l'automobile jouissaient d’un pouvoir croissant. Chaque fois qu'un Winterkorn ou un Zetsche s'extasiait sur sa propre importance, on savait vite qui les patrons considéraient comme les véritables leaders du pays.

Mais l’exercice du pouvoir rend paresseux et parfois criminel. Les seigneurs allemands de l'automobile se miraient si narcissiquement dans leurs brillantes carrosseries qu'ils ne remarquaient même pas à quel point le monde changeait. Comment la conscience sociale environnementale s'est développée et la tendance à la durabilité a émergé, comment la technologie numérique a galopé et comment une petite entreprise californienne a conquis le marché mondial en quelques années avec l'invention d'une voiture électrique. Aujourd'hui, Tesla a une avance de quatre ans sur VW, Audi et Daimler qui géraient les cycles de l'industrie automobile depuis une demi-éternité. Ils essaient maintenant de rattraper Tusk à Wolfsburg, Ingolstadt et Stuttgart en investissant des milliards, mais ils ont du mal à le faire.

La première raison est qu'il est beaucoup plus difficile de convertir un pétrolier lancé sur la mer que de construire un nouvel hors-bord. Et deuxièmement, parce que les entreprises allemandes doivent traîner le poids de leur passé chargé. Elles ont trompé leurs clients en vissant des logiciels frauduleux dans leurs voitures diesel. La froideur et l'arrogance avec lesquelles les patrons de l'automobile ont tenté de rejeter la responsabilité de leurs machinations est l'une des plus grandes impertinences de l'histoire économique allemande. Il y a quelques jours, le groupe VW a racheté ses patrons avec une somme de plusieurs millions. Dans le même temps, les lobbyistes automobiles sonnaient à la porte de la chancellerie fédérale pour étendre la prime à la casse dans le sillage du virus corona à leurs modèles gourmands en essence - apparemment avec succès.

Il faut avoir tout cela en tête pour comprendre l'arrêt rendu en mai 2020 par la Cour fédérale de justice. Il ne faut pas sous-estimer son importance. Ce que les hommes politiques étaient incapables de faire, les juges l'ont fait : ils ont formulé les règles de l'État de droit pour les princes de l'automobile et leur ont montré les limites de leur pouvoir. Des millions d'acheteurs de voitures diesel manipulées auront en principe droit à une indemnisation ; ils peuvent rendre leur voiture ni exiger un remboursement partiel du prix d'achat : c'est le résultat du jugement de Karlsruhe. Mais le message va plus loin encore: un conducteur individuel de diesel - et donc potentiellement chaque citoyen - a les mêmes droits dans notre État qu'un puissant prince de l'automobile ; et si ses droits sont violés, alors la justice l'aidera à les obtenir. Ce qui semble évident de prime abord s'avère être au second abord un hymne à la gloire de notre démocratie. Dans un monde où des autocraties impitoyables étendent leur pouvoir et où de nombreuses multinationales n’ont pas cure de leur responsabilité sociale, la justice allemande porte haut le flambeau de l'État de droit et des droits civils.

Le groupe VW est comporté de manière "immorale" envers son client: Le choix des mots des juges en faveur du plaignant sont une gifle retentissante pour les fabricants de voitures. Elle se répercutera longtemps encore. Espérons que, non seulement à Wolfsburg, mais aussi à Stuttgart et Ingolstadt, tout le monde l'aura entendue. (Article de Florian Harms, rédacteur en chef t-online.de, t-online-newsletter@stroeer.de, 26.05.2020)


Le faux espoir du pétrole bleu

Il y a près de dix ans, après plus de quarante ans de pressions et chantages des producteurs de pétrole dans le sillage du krach pétrolier des années 1970, on s’était imaginé pouvoir fabriquer du pétrole en Europe et mettre fin ainsi à la dépendance de notre continent par rapport aux émirs du pétrole et autres potentats des hydrocarbures. C’était un mirage. Il a fallu très rapidement déchanter. Sans tomber dans le complotisme selon lequel les « pétroliers » auraient sciemment tué cette industrie qui menaçait leur pouvoir, on s’est aperçu que le procédé coûtait cher et que cette production était mal organisée. Il est vrai aussi qu’elle ne supprimait pas le problème  de la pollution, passé entre-temps au premier rang des préoccupations, car ce nouveau carburant captait à sa fabrication du CO2 des cimenteries, mais les véhicules qui le consommaient le réémettaient dans l’atmosphère sous forme de gaz d’échappement. On n’avait pas encore compris qu’il fallait tout simplement mettre un terme au moteur à explosion avec la voiture électrique, mais que le pétrole artificiel pourrait subvenir à d’autres besoins car il sert dans l’industrie pharmaceutique, le engrais naturels, dans les plastiques dégradables et bien d’autres usages. Pour cela, sans doute, il faudra reprendre sa production créatrice d’emplois qui nous évitera des dépenses énormes en faveur de puissances qui nous tiennent à la gorge et qui font échouer leurs tankers sur nos côtes.

« Aussi incroyable que de changer le plomb en or », déclarait Laurence Ferrari en juin 2011. Elle présentait sur TF 1 la fabrication de pétrole artificiel à partir de CO2 et d’algues. Cette révolution énergétique  faisait alors ses premiers pas à Alicante en Espagne. « En 48 heures on fait à partir de micro-algues très concentrées et de gaz carbonique ce que la nature a mis des millions d’années à faire, disait la présentatrice ».

Ces végétaux microscopiques ont une taille de2 à 4 microns et sont donc par millions présents dans un millilitre d’eau. Il suffisait de les exposer dans des tubes transparents à la lumière du jour pour qu’ils fassent de la photosynthèse et absorbent du CO2. En l’occurrence, celui-ci provenait par un pipeline de la cimenterie voisine. Gavées de ce gaz à effet de serre, les miro-algues se multipliaient. Ensuite on en retirait l’eau et les omégas 3, puis la pâte ainsi obtenue était transformée par craquage à haute température et à forte pression en pétrole artificiel.

Selon l’ingénieur Pierre Bros, interviewé, sur une superficie de 40 hectares, au aurait pu absorber 450 000 tonnes de CO2et produire 230 000 barils de pétrole par an, ainsi que 3 000 tonnes d’omégas, principalement des omégas 3. Avec un pouvoir calorifique de 9 700 kcal/kg, il neutralisait 938 kg de CO2 par baril. Ainsi, 20 millions de barils de la société « Blue Petroleum BFS » (Bio Fuel Systems)  par jour auraient permis de réduire les émissions de CO2 de 20 % et par la même de réduire l’effet de serre ! L’ingénieur à l’origine du projet était Bernard Stroiazzo-Mougin qui s’était souvenu  qu’à l’origine le pétrole fossile provenait de l’interaction du gaz carbonique et de végétaux. Il avait pris contact avec un chercheur de l’université d'Alicante spécialisé dans les micro-algues.

Comment n’y avait-on pas pensé plus tôt ? Telle était la question. Ce « pétrole bleu » de la « Blue Petroleum BSF » avait les mêmes fonctions qu’un hydrocarbure classique. Toutes les grandes compagnies pétrolières, y compris Exxon, ont investi depuis dans la culture des algues. Cette filière éliminerait les rejets polluants dans l’atmosphère et solutionnerait la pénurie énergétique. Il s’agissait du premier pétrole écologique s’inscrivant dans un processus industriel rentable. C’était tout simplement une révolution pour l’environnement et l’énergie !

Pourquoi cette invention a-t-elle eu si peu d’écho médiatique et n’a-t-elle pas été davantage exploitée ? L’usine BSF a été fermée en octobre 2014. Il y avait eu des négociations  entre la Chine et Exxon en 2015 mais rien n’en a découlé. Il y a eut quelques inconvénients majeures : le raffinage de ce produit semblait complexe, car très dense en calories par rapport au pétrole. Il semble  qu’il y ait eu quelque chose qui n’allait pas dans ce processus pour l’industrie du pétrole. Ce pétrole artificiel ne pouvait en fin de compte que résoudre la pénurie de pétrole fossile. Ce n’était qu’une solution de transition. Il n’y avait pas assez d’usines émettrices de CO2 pour produire de manière conséquente ce “Pétrole bleu”. Reste que certains continuent à y croire : la compagnie pétrolière Exxon Mobil a annoncé, en mars, vouloir produire dix mille barils de carburant à base d’huile d’algue à horizon 2025, en modifiant génétiquement une souche d’algues pour doubler sa teneur en huiles. A titre de comparaison la France consomme 1,6 million de barils de pétrole par jour.

Les réelles zones d’ombre dans cette histoire concernent surtout l’entreprise citée dans le reportage, BFS France. L’usine expérimentale ouverte par BFS en Espagne, à Alicante, a fermé en 2014, à la suite d’une décision de la justice espagnole (une procédure pour fraude avait été ouverte, l’entreprise était débitrice du fisc espagnol) ; les salariés n’étaient plus payés depuis un an ; les autres usines en projet n’ont jamais été mises en service.  

Finalement, le seul espoir qui reste est la voiture hybride, transition mi- essence, mi-électrique et, finalement, la voiture totalement électrique qui sera opérationnelle quand on aura substitué suffisamment de bornes électriques aux pompes à essence sur les territoires. (Le reportage initial avait été réalisé par C. Chapel, J. F. Drouillet et P. Lemaitre pour TF1 en avril 2011)


 Une Europe puissance sous-estimée

L’Europe est beaucoup plus puissante économiquement qu’il  ne semble. Avec ses 500 millions d’habitants à pouvoir d’achat élevé, elle est de très loin le premier marché mondial. Elle produit 22% du  PIB mondial, contre 24 % pour les USA, 16% pour la Chine et 2 % pour la Russie. L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne assument la majeure partie du PIB européen.

Au niveau stratégique , l’Europe passe pour être  inexistante , on la traite de cour de récréation où les souverainetés nationales se chamaillent sous le regard amusé des grandes puissances  et, pourtant réunie, l’Europe aurait un rôle géopolitique majeur face au duopole USA/ Chine. Sa faiblesse ne vient pas de ce que ses Etats membres débattent sans venir aux mains de sujets particuliers, mais de ce qu'elle est co-gouvernée par une Commission non élue par le peuple. Elle n'a pas un exécutif solide. Sa faiblesse est politique et non économique.

L’armement mondial se répartit ainsi : 39 % pour les USA qui possèdent  3800 têtes nucléaires ; 16 % pour la Chine , avec 300 têtes nucléaires ; 4 % pour la Russie , avec 4350 têtes nucléaires ; 3 à 4 % en France qui a 300 têtes nucléaires ; 3 %pour la Grande-Bretagne avec  ses  200 têtes nucléaires. Pourtant l’Europe de l’Est se tourne vers les USA pour s’équiper militairement et se protéger de la Russie.


"L’Airbus des batteries" 

Le 19 décembre 2018, la France et l'Allemagne mettaient en place un consortium pour amorcer la production de batteries « made in Europe » pour véhicules électriques. Par comparaison avec la grande réussite européenne en matière aéronautique, on a appelé ce projet "l'Airbus des batteries".

La France s’était associée à l’Allemagne pour créer une « filière européenne dédiée aux batteries». Bruno Le Maire, ministre français de l'Economie et des Finances, ne cachait pas son intention de contrer dans ce domaine la Chine qui domine ce marché et les Etats-Unis ainsi que subsidiairement le Japon qui est toutefois un partenaire plus qu’un concurrent. Il a concrétisé son projet par la signature d’un accord son collègue allemand de l’Economie, Peter Altmaier. Alors que la France n’avait pas souhaité communiquer de montant ni d’échéance, l’Allemagne s’était engagée à consacrer 1 milliard d’euros à ce projet d’ici à 2022. Entre-temps, on sait que la somme investie par la France approche également le milliard d’euros et que cinq autres pays et 17 entreprises rejoignent le projet d'alliance européenne des batteries. 

Un projet emblématique

 « L'Airbus des batteries » est entre-temps devenu emblématique puisqu’une feuille de route a été définie pour établir une cellule de production industrielle de batteries en Europe. Le but recherché est évidemment d’accompagner les ventes de véhicules dits propres en Europe et d'appuyer du même coup la forte réduction des émissions de CO2 imposée à horizon 2030 par l’Union Européenne. Rappelons qu’à partir de 2021, les constructeurs devront baisser drastiquement les émissions de dioxyde de carbone à 37%. La France et l’Allemagne, accueillant les leaders mondiaux de l’automobile, avaient donc intérêt à réagir.

Les véhicules électriques ne sont pas seulement moins polluants. Ils sont quasi-inusables et ne coûtent presque rien en réparations, car ils n’utilisent pas de combustibles inflammables. Ils ne génèrent pas de frottements de pièces de moteur puisqu’il tournent mus par des aimants, se passent de changements de vitesse et de freins à disques… Inutile de dire que le montage de ces voitures est beaucoup plus simple que celui des moteurs à explosion. Cela avait provoqué bien entendu une vive polémique dans la presse allemande mais aussi en France par contre-coup, car le passage à l’électrique va provoquer de nombreux licenciements dans l’industrie automobile qui est dans nos deux pays l’un des plus gros employeurs.

Mais il va falloir créer tout un réseau de prises de courant pour recharger les moteurs électriques en remplacement des stations d’essence. Imaginons les économies d’importation de pétrole ! Les véhicules électriques contribueront fortement à l’indépendance énergétique de l’Europe. Un pétrole dont une grande partie est gaspillé, car la combustion dans les carburateurs automobiles n’utilise qu’une faible partie du carburant capté à la pompe. Le reste part en fumée. De plus, il va falloir construire des batteries plus performantes et moins encombrantes. Bref, cette nouvelle industrie dans laquelle l’Europe avait pris du retard, va créer de nombreux emplois.

Deux coups de chance pour le Land de Brandebourg

La société allemande BASF a fait part récemment de son intention de construire une fabrique de cathodes dans son usine BASF de Schwarzheide (Oberspreewald-Lausitz) dans le Land de Brandebourg entourant  Berlin. Le coût de la construction est estimé à environ 500 millions d'euros. Le 9 décembre, la Commission européenne a approuvé une enveloppe de 3,2 milliards d'euros pour la production européenne de cellules de batterie. Cinq entreprises allemandes en profitent également, selon le quotidien populaire "BILD".

"Il s'agit d'une percée majeure", a déclaré le ministre fédéral de l'Économie, Peter Altmeier (CDU), se réjouissant de cette bonne nouvelle en provenance de Bruxelles, "dans quelques années, nous verrons la première production industrielle de cellules de batterie avec plusieurs milliers d'emplois. BASF dispose d'une énorme expertise dans le domaine des matériaux cathodiques". Ce sont des métaux comme le nickel, le cobalt et le manganèse qui peuvent stocker l'électricité. "Nous voulons produire des matériaux cathodiques pour 300 000 voitures électriques par an à partir des précurseurs de notre usine en Finlande ", a déclaré Christine Haupt, porte-parole de BASF.

La surprise Tesla

On ne s’étonnera pas que cette décision ait été communiquée quatre semaines après « la surprise Tesla ». Le ministère fédéral allemand de l'Économie a calculé que les batteries représentent 40 % de la valeur ajoutée d'une voiture électrique. Ce serait donc tr_s rentable de fournir en batteries un nouvelle usine de voitures électriques et non des moindres : elle sera construite par Tesla, le pionnier en la matière.

L'Américain Elon Musk, fondateur de Tesla, prévoit de construire une énorme quantité de voitures électriques dans une mega- usine dans le Land allemand du Brandebourg. Un demi-million de voitures électriques sortiront de la chaîne de montage de Musk chaque année. Les travaux de construction devraient débuter dès le printemps 2020. Cela créera également des milliers d'emplois. Le journal populaire "Bild" a rapporté, en se référant aux documents de planification de l'entreprise, que 10.000 emplois devaient être créés dans la commune de Grünheide à l'est de Berlin et que 500.000 voitures électriques du modèle Tesla compact 3 et du modèle SUV Y seraient construites chaque année. L'ensemble du site que Tesla a l'intention de bâtir couvre 300 hectares, ce qui correspond à 420 terrains de football. De son côté, le quotidien "Frankfurter Allgemeine Zeitung" a rapporté que Tesla voulait investir jusqu'à quatre milliards d'euros dans la nouvelle usine, comme son patron Elon Musk l'a annoncé lors d'un meeting à Berlin à la mi-novembre 2019. Le site de la "Mega-Factory 4" est situé à proximité du nouvel aéroport BER de Berlin qui n'est pas encore achevé. Il avait été question d’y édifier une usine de BMW, mais ce projet n'a pas été réalisé.

Tesla met-il la pression sur les constructeurs de voitures classiques pour leur prendre des parts de marché ? Cette question est plus que jamais d'actualité.

Des critiques

Bien sûr, des critiques s’élèvent encore pour la défense de l'industrie du diesel et de l'essence. Mais les critiques doivent faire attention à ne pas être étiquetés éternels rétrogrades comme le sont les défenseurs de l'industrie de la cigarette. Comme l'écrivait récemment Ursula Weidenfeld, journaliste économique à Berlin : "Les piles ont longtemps été considérées comme le produit le plus ennuyeux de tous. La production de masse bon marché d'appareils de stockage d'énergie modérément puissants n’était pas faite pour l'Allemagne, l'industrie allemande s'est moquée des missionnaires politiques de la révolution énergétique. A l'époque, personne ne voulait acheter une voiture électrique. Presque personne ne cherchait à capter l'énergie solaire sur son toit, sans parler de batteries de stockage de l'électricité verte. La percée technique des systèmes de stockage innovants n'était attendue au plus tôt qu'au milieu des années trente de ce siècle - il fallait l'envisager avec sérénité. Tel était le mot d’ordre ».

C’était au temps jadis. "Entre-temps, écrivait notre consoeur, le vent a tourné. Pour l'instant, il semble qu'il n'y ait rien de plus excitant que de construire à l'avenir des batteries européennes au lithium-ion pour véhicules électriques. Cette fois, le vieux continent ne se laissera pas distancer, disent les ministres de l'Économie avec une terrible détermination.On a pris du retard, mais l'Europe n'est pas encore perdue. Compte tenu de l'énergie politique centrée sur la question aujourd’hui, on a presque peur d’affirmer que les constructeurs automobiles se sont probablement moins trompés dans le passé en émettant des réserves qu’ils le font aujourd’hui en témoignant de l’enthousiasme pour l’électrique".

Ce qui est clair, c'est que beaucoup de très bonnes batteries doivent être construites très rapidement. « Dans une interview du « Journal du Dimanche » du 5 janvier dernier, Bruno Le Maire a annoncé que le 24 janvier prochain, lui et son homologue allemand inaugureront l’usine pilote de batteries à Nersac, en Nouvelle-Aquitaine, et qu’en 2022 un site de production verra le jour avec PSA » 

L'Airbus est construit dans plusieurs pays membres du consortium Airbus. Le dernier mot n'est pas encore dit et il faut s'attendre à ce que d'autres chantiers en Europe s’ouvrent à la production de véhicules électriques. (Atelier de Strasbourg, 12.12.2019)


Tesla est déjà en Chine

 "Construite en moins de dix mois, une autre "gigafactory" d'Elon Musk pour la fabrication de voitures électriques a crû comme un champignon en Chine, près de Shanghai. Elle livré ses premiers véhicules juste avant la fin de l'année 2019, soit 15 "Model 3" destinés à des salariés de l'entreprise. Il s'est agi en tout cas des premières Tesla produites hors États-Unis. Jusqu'ici tous les modèles vendus s'étaient assemblés dans l'usine de Freetown en Californie.

D'une capacité de 500 000 unités, la "gigafactory" chinoise a coûté 2 milliards de dollars (1,8 milliard d'€). Elle est détenue à 100% par Tesla, ce qui est une première en Chine. C'est pour l'Américain, l'ouverture sur le marché mondial. Il devra affronter la concurrence des Start-up NIO et Xpeng Motors ainsi que celle de BMW et Daimler qui se sont lancés aussi dans l'électrique. Avec son Model 3 sorti au début de 2019, Musk avait déjà vendu 36 000 véhicules électriques en 2019 dans l'empire de Xi Jinping.

La Model 3 fait en Chine coûtera 50 000 dollars l'unité, soit 10% de moins que les modèles importés, soumis à des droits de douane, ce qui pourrait booster les ventges aussi sur le marché chinois. Elle pourrait aussi bénéficier d'une exemption de taxe à l'achat local et Tesla espère réduire les coûts de fabrication de 20% en 2020. Musk a tablé sur une production de 1 000 voitures par semaine puis de 3 000 à moyen terme. Il a déjà vendu 360 000 voitures électriques dans le monde en 2019.

Un problème: on aurait pu s'attendre qu'avec la hausse des volumes de vente, les prix des voitures à batteries baissent. Or il n'en est rien. Une étude menée par l'institut Jato sur les huit années passées montre que ces voitures sont de plus en plus chères au cours des dernières huit années. Ainsi la Renault ZOE intens de 80 chevaux qui valait 22.580 €en 2012 en France, coûte en 2019 26.580 € (hors subventions), mais avec une amélioration de son temps de chargement. Il en va de même pour la Volkswagen e-Golf en Allemagne et la Nissan Leaf au Royaume-Uni. (M.G. -1er janvier 2020)


La voiture à hydrogène - aucune chance contre les batteries électriques

La voiture électrique est soumise à un feu nourri d’attaques. Depuis plusieurs mois, un débat public très animé a lieu sur la question de savoir si les batteries au lithium sont la bonne technologie de stockage d'énergie pour la mobilité électrique. Après que l'industrie pétrolière ait publié de nombreuses publications contre celle-ci pour sauvegarder la consommation de combustibles fossiles dans nos voitures, des voix s'élèvent à présent pour recommander d'attendre que la voiture à hydrogène puisse circuler sur nos routes.

Un philosophe allemand du nom de Richard David Precht a expliqué lors d'une table ronde télévisée que l’exploitation des matières premières pour les batteries rechargeables va dans le mauvais sens, car il serait clair que, de toute manière, "dans dix ans, la voiture à hydrogène sera là". Sa critique de la technologie des batteries n'était pas très bien fondée : Il a situé à tort l'exploitation du lithium au Pérou, il a qualifié les conditions de travail des ines d'« inhumaines » (ce qui ne s'applique pas au lithium, mais plutôt à d'autres matières premières), et enfin il a éboqué le coltan du Congo qui n'est guère pertinent pour les voitures électriques, parmi les matières premières problématiques.

L’hydrogène pourtant ne séduit pas

Personne ne peut soutenir en tout cas qu'il y aura des foules de voitures à hydrogène sur nos routes d’ici dix ans. Il est même douteux qu'une infrastructure pour l'approvisionnement en hydrogène soit souhaitable.  Certes, l'hydrogène est certainement un bon vecteur d'énergie. Pour le produire, il faut de l'eau et de l'électricité, et lorsqu'il est utilisé par combustion ou dans une pile à combustible, le produit résiduel est de l'eau. Il peut être stocké pendant une durée indéterminée dans des réservoirs de toutes tailles, et la valeur calorifique d'un kilogramme d'hydrogène est de 33 kilowatt-h, soit plus de trois fois le contenu énergétique d'un litre d'essence ou de diesel. Avec cinq kilogrammes d'hydrogène dans un réservoir de voiture, une autonomie de plus de 400 kilomètres est possible et le ravitaillement en carburant prend de cinq à dix minutes, ce qui n'est pas beaucoup plus long qu'avec de l'essence ou du diesel.

 La Chine, la Corée du Sud et le Japon apprécient tellement ces avantages de l’hydrogène qu'il a obtenu dans ces pays des programmes de soutien très cohérents. C'est différent en Europe où l'idée de la pile à combustible à hydrogène est encore au stade de la recherche. Aucune production de masse de véhicules à hydrogène n'est prévue. La Mercedes GLC F-Cell est la seule voiture proposée - mais elle n'est pas destinée à la vente ni aux clients finaux privés. Toyota, par contre, veut enfin rendre la pile à hydrogène combustible apte à la production de masse avec la nouvelle édition de la Mirai et atteindre d'unités à six chiffres en nombre. Hyundai s'est fixé des objectifs élevés pour 2030 : 700 000 piles à combustible hydrogène doivent être produites par an. Pour les voitures, les camions, les autres véhicules commerciaux, et peut-être les premiers avions et bateaux. Cependant, Hyundai n'a pas encore vendu une centaine d'unités du modèle actuel de pile à combustible Nexo en Allemagne. Pourquoi l'industrie automobile allemande ne semble-t-elle pas suivre le mouvement ? Pourquoi les premiers prototypes de piles à combustible comme la Mercedes F100, qui a été présentée à l'IAA en 1991, ou la petite série Hydrogène 7 de BMW n'ont-ils pas été produits en série ?

Les contre-arguments

Tout d'abord, la technologie des piles à combustible par hydrogène est encore très onéreuse. La production des piles à combustible des derniers modèles de voitures coûte des sommes à cinq chiffres en dollars ou en euros, notamment parce qu'il faut pour cela des métaux précieux coûteux comme le platine. Le processus de la pile à combustible dans laquelle l'hydrogène et l'oxygène sont utilisés pour produire de l'électricité et de l'eau, est peut-être assez simple, mais, en tant que produit industriel, cette pile ne l'est pas : puisque’elle doit résister à des températures inférieures à zéro, les résidus d'eau doivent être soufflés hors de la pile. Pour que la réaction puisse démarrer, la cellule doit être préchauffée, tandis qu'un refroidissement est nécessaire car la réaction génère de la chaleur perdue.

De plus, l'air aspiré doit être filtré de manière complexe : des polluants tels que des particules de poussière se déposeraient sur les membranes cellulaires et réduiraient à la longue la performance. Même avec l'air filtré, la durée de vie des membranes de la pile à combustible est un facteur critique. De plus, la commande de puissance d'une pile à combustible est complexe et relativement inerte : il faut quelques secondes entre la pression sur la pédale d'accélérateur et la motion du véhicule. C'est pourquoi un véhicule à pile à combustible hydrogène a besoin d'une batterie rechargeable comme intermédiaire pour l'énergie électrique - et comme réserve pour le préchauffage lors du démarrage de la voiture. En d'autres termes, la voiture à hydrogène utilise une batterie et un moteur électrique comme la voiture électrique. Pour ce qui concerne la batterie, c’est clair que le véhicule à pile à combustible contient tous les composants d'une voiture électrique pure et simple, même si la batterie est relativement petite (quelques kilowattheures). En raison de la complexité de l'entraînement par pile à combustible hydrogène, il est clair qu'une telle voiture ne peut guère être moins chère qu'une voiture électronique pure avec une batterie lithium-ion.

De plus, les réservoirs sont également complexes, lourds et coûteux : les molécules d'hydrogène sont si petites qu'elles peuvent pénétrer les matériaux conventionnels. L'acier normal devient cassant au contact de l'hydrogène, car les atomes d'hydrogène s’incorporent dans les fibres métalliques. Les réservoirs des voitures à hydrogène actuelles doivent donc être revêtus de parois spéciales qui les rendent étanches à l'hydrogène. Mais ce n'est pas le seul problème. Les réservoirs sont remplis à une pression de 700 bars – le seul moyen pour que cinq kilogrammes d'hydrogène puissent entrer dans les 80 litres de gaz que les réservoirs de la Toyota Mirai stockent. Le problème de pression et du volume de l'hydrogène n’apparaît pas qu’au niveu du réservoir.  

Il y a en effet le problème de la taille du réservoir : à pression ambiante normale, un kilogramme d'hydrogène a un volume de plus de onze mètres cubes (or un kilogramme d'hydrogène ne permet de parcourir que 80 à 100 kilomètres dans le cas d'une Hyundai Nexo ou de la Mirai). Comme l'hydrogène ne peut pas être pompé par les gazoducs existants (le gaz s'échapperait à chaque vanne et endommagerait l'acier), il doit être transporté par la route jusqu'aux stations de remplissage. Une grande remorque citerne d'un volume de 36 mètres cubes peut contenir 27 tonnes d'essence. À une pression de 700 bars, ce volume contiendrait 2,3 tonnes d'hydrogène, mais une remorque-citerne de cette taille ne peut pas résister à de telles pressions.

Le spécialiste du gaz Linde propose donc de fournir de l'hydrogène sous forme liquide. Ce qui est simple et pratique avec le gaz liquide (comme dans un briquet) est extrêmement complexe avec l'hydrogène : le point d'ébullition de l’hydrogène est à  -252 degrés, ce qui signifie que la liquéfaction nécessite des systèmes de refroidissement extrêmement puissants qui demandent beaucoup d'énergie. Un réservoir d'hydrogène liquide ne doit pas supporter de pression, et il doit être isolé par des parois très épaisses : le refroidissement par évaporation de l'hydrogène bouillant refroidit le réservoir, mais l'hydrogène évaporé s'échappe. Un camion d'hydrogène liquide n'arrive jamais avec un réservoir plein.

Lors du ravitaillement en carburant, les pressions élevées dans les systèmes de réservoirs engendrent d'autres problèmes : l'hydrogène très fortement comprimé s'écoule par un robinet dans la voiture qui est exposé à de grandes différences de pression, ce qui fait que le robinet se refroidit et gèle à l’humidité. Avant un deuxième ravitaillement, le distributeur doit d'abord remonter en pression et le robinet doit dégeler. C'est pourquoi une telle station-service (qui est très coûteuse, environ un million d'euros par installation) ne peut pas traiter plus de six voitures par heure.

Problème central : l'inefficacité

Tous ces inconvénients de l'hydrogène font aujourd'hui obstacle à son utilisation économique. Mais il y a un autre point qui parle contre l'hydrogène dans les voitures. A l'occasion du Forum d'experts sur la mobilité électrique en octobre dernier, l'expert en e-mobilité Michael Bucher d'EnBW a souligné le problème de l'efficacité : alors qu'une voiture électrique équipée d'une batterie est capable de convertir plus de 70 % de l'énergie électrique produite par un système éolien ou photovoltaïque en énergie de propulsion, la chaîne allant de l'électricité à la production d'hydrogène par électrolyse, compression (ou refroidissement), transport, système de réservoir, pile à combustible et batterie de relais dans la voiture ne dégage pour la propulsion que 20 % de l'énergie mise en oeuvre. Cela signifie que la mobilité à l'hydrogène nécessite plus de trois fois plus d'électricité par kilomètre, en dautres termes, il faudrait également construire trois fois plus de centrales éoliennes ou solaires. On a beau croire en l'hydrogène,  sa technologie est beaucoup trop inefficace pour concurrencer les voitures électriques à batterie.

La transformation de l'hydrogène en ce que l'on appelle les eFuels pose encore plus de problèmes que pour la pile à conbustible. A cette fin, le dioxyde de carbone est séparé de l'air avec un grand apport d'énergie qui consomme une grande partie de l'énergie primaire. L'utilisation des eFuels dans les moteurs à combustion classiques présente le même faible rendement qu'avec l'essence ou le diesel (entre 25 et 30 pour cent) : au final, 13 pour cent de l'énergie électrique utilisée arrive sur la route en tant qu'énergie motrice. Les tests de BMW en matière de combustion directe d'hydrogène dans le moteur à combustion ont été encore un peu plus mauvais.

Bien entendu, le développement de la pile à combustible par hydrogène se poursuit en permanence. L'efficacité des cellules s'améliorera. Cependant, le problème des transports et les dépenses énergétiques qui y sont liées ne changeront pas - et ces problèmes sont bien connus des constructeurs qui (dans le cas de Daimler et de BMW) font des recherches et construisent des prototypes depuis des décennies. Le plus grand ennemi de la pile à combustible hydrogène dans l'automobile reste le développement de la technologie des batteries, qui, ces dernières années, a progressé à un rythme beaucoup plus rapide que la technologie de l'hydrogène. Donc, Richard David Precht s’est trompé.

Hydrogène en utilisation stationnaire

Il en va tout autrement de l'hydrogène combustible en utilisation staitonnaire, dans l’industrie ou la production électrique collective par exemple. Il peut dans ce context faire une tout autre carrière : par exemple, le gaz produit à partir d'électricité renouvelable en période de surproduction peut être utilisé directement dans la fusion de l'acier et y remplacer le charbon. Le potentiel d'économie de CO2 est énorme. Des procédés similaires pourraient être développés pour la production de ciment. En fin de compte, il pourrait même être judicieux de mettre l'électricité excédentaire dans la production d'hydrogène dans des usines stationnaires avec de très grands réservoirs très solides et d'utiliser le gaz dans des turbines à gaz avec production combinée de chaleur et d'électricité en cas de pénurie d'électricité. Le rendement de ces usines est évidemment supérieur à celui d'une voiture à pile à combustible - et l'électricité produite par ces usines pourrait charger les voitures électriques avec des batteries rechargeables.

(D'après un article "Hydrogen car" de Josef Reitberger EFAHRER.com - 21.11.2018) https://www.focus.de/auto/elektroauto/news/efahrer-chef-erklaert-warten-auf-das-wasserstoff-auto-darum-hat-die-technik-keine-chance-gegen-akkus_id_11365397.html


La maison connectée sera universelle

Amazon, Appel, Google ont pris la tête d’une alliance quasi-mondiale pour le développement de la maison connectée. Mais les géants américains ne seront pas seuls dans ce cartel mondial : Ikea, NXP Semi-conductors, Resideo, Samsung SmartThings, Signify (anciennement Philips Lighting), Silicon Labs, Wulian et les Français Somfy, Legrand et Schneider Electric se sont joints à eux. Il va falloir en effet s’entendre sur des standards communs. Il faut que l’introduction de la clé dans la serrure et que l’ouverture de la porte envoient le même signal à la lampe dans l’entrée de s’allumer. Si ces deux actions se contredisent, c’est l’échec. Tous ces groupes vont participer au projet Connected Home Over IP qui parlera une langue unique. Est-ce un nouveau pas vers des formes de vie mondiales ? 

Wirtschaft


Auf dem Wege zum Ende des Brennstoffmotors

Die Automobilindustrie befindet sich in der Nach-Corona-Ära in der Krise. 

In Frankreich ist nach -72% im März der Automobilmarkt im April 2020 um fast 90% eingebrochen. Seitdem stehen 400.000 unverkaufte Fahrzeuge auf Parkplätzen im Wert von zehn Milliarden Euro gelagert. Die Regierung hat einen Hilfsplan ins Leben gerufen, insbesondere durch die Stärkung der Umwandlungsprämie. Das Konjunkturprogramm wurde am Dienstag den 26. Mai 2020 von Präsident Macron angekündigt. Für einen bescheidenen Haushalt, der sein altes Auto gegen ein neues oder ein neuwertiges Gebrauchtwagenmodell austauscht, ist die Prämie von 500 auf 2.000 Euro gestiegen, für einen sehr bescheidenen Haushalt von 3.000 auf 4.000 Euro. Ein weiteres Ziel ist es, den Kauf von Elektrofahrzeugen zu fördern. Der Bonus würde von 6.000 auf 8.000 Euro steigen.

In Deutschland ist nur ein bisschen weniger katastrophal. Der deutsche Automobilmarkt, der 2019 sein schlechtestes Jahr seit 20 Jahren erlebt hatte, erlebte im März den schlimmsten Einbruch seit fast 30 Jahren aufgrund der Coronavirus-Krise, die laut BMW-Chef Oliver Zipse sogar existenzbedrohend für große Konzerne ist.  "Kein Unternehmen kann aus einer solchen Situation ungeschoren davonkommen", warnte er, während die Gruppe "sich darauf vorbereitet, die Produktion wieder aufzunehmen, sobald dies möglich ist. «

Die Zulassungen sind im Vergleich zum Vorjahr um 37,7% gesunken, und alle deutschen Marken sind rückläufig, so die nationale Automobilagentur KBA. Insgesamt wurden im März, einem Monat, der von Ladenschließungen in dem Versuch, die Ausbreitung der Pandemie einzudämmen, gekennzeichnet war, 215.119 Autos verkauft. Die marktführende Marke VW von Volkswagen verlor im Vergleich zum Vorjahr 35 %, Audi 36 %, Mercedes 28 % und BMW 21 %. Opel, eine Tochtergesellschaft von PSA, verlor sogar 52%.

"Die Ausbreitung des Coronavirus und die damit verbundenen notwendigen gesundheitspolitischen Maßnahmen" haben zu einem Absatzeinbruch geführt, stellt der Verband deutscher Hersteller, VDA, in einer Pressemitteilung fest. Da auf der anderen Seite des Rheins unwesentliche Betriebe geschlossen wurden, haben die Automobilhersteller ihre Fabriken und Vertriebsniederlassungen geschlossen. Zehntausende von Beschäftigten befinden sich in Kurzarbeit, während Deutschland die restriktiven Maßnahmen für das tägliche Leben mindestens bis zum 19. April verlängert hat. Im April war der Markt noch katastrophaler.

Die Einstellung der Produktion in Europa und den USA kostet den Volkswagen-Konzern bereits 2 Milliarden Euro pro Woche. Daimler erhielt am Donnerstag eine zusätzliche Kreditlinie von 12 Milliarden Euro. Die Gesamtproduktion der deutschen Hersteller ging im März um 37% zurück, während die Inlandsnachfrage um 30% sank, so der VDA. 

 "Die Rezession und die Arbeitsplatzverluste werden auch nach der Coronavirus-Krise zu einem Rückgang der Neuwagenverkäufe führen", sagte EY. Moody's prognostiziert einen Rückgang des globalen Marktes um 14% bis 2020. Langfristig bedroht die Krise 100.000 Arbeitsplätze in der Automobilbranche, dem Vorzeigezweig der deutschen Industrie, schätzte Ferdinand Dudenhöffer von der Schweizer Universität St. Gallen kürzlich.

Was wird aus den Spritschluckern?

Die Autoindustrie rühmt sich, Deutschlands wichtigster Wirtschaftszweig zu sein. Mehr als 830.000 Menschen verdienen bei VW, Audi, Daimler, BMW und Co. ihre Brötchen. Rechnet man die Zulieferer und die Mitarbeiter in Autohäusern, Tankstellen, Werkstätten und anderen Dienstleistern hinzu, sind es mehr als 1,8 Millionen Menschen. Die Bosse der Konzerne verweisen gerne auf diese Zahlen, vor allem dann, wenn sie Minister, Abgeordnete oder das Kanzleramt mit einem Besuch beehren. Jahrelang haben sie es fertiggebracht, dass ihre Branche mit Samthandschuhen angefasst und mit Steuerzucker gepäppelt worden ist. Darüber mag man sich empören, wenn man für den Allgemeinen Deutschen Fahrradclub arbeitet oder mit Fridays for Future auf die Straßen geht. Man kann diesen Lobbyismus im Namen von Beschäftigten und Aktionären aber auch als Ausdruck gesellschaftlicher Mitbestimmung betrachten. Solange die Entscheider im Berliner Regierungsviertel nicht nur einem, sondern unterschiedlichen Einflüsterern ihr Ohr schenken und sich dann ein unabhängiges Urteil bilden, ist Lobbyismus legitim. Sogar anrüchige Wechsel wie jenen des CDU-Politikers Eckart von Klaedender unbelastet von moralischen Skrupeln den Staatsministerstuhl im Bundeskanzleramt mit dem Sessel des Daimler-Cheflobbyisten tauschte, hat die deutsche Demokratie verkraftet. Aber Spuren haben all die Besuche und Manöver schon hinterlassen. Die Autoleute genossen ihre wachsende Macht. Wenn ein Winterkorn oder ein Zetsche von der eigenen Bedeutung schwärmte, war schnell klar, wen die Bosse für die wahren Lenker des Landes hielten.

Macht jedoch macht träge und manchmal macht sie auch kriminell. Die deutschen Autofürsten gefielen sich so sehr zwischen ihren glänzenden Karossen, dass sie gar nicht bemerkten, wie die Welt sich veränderte. Wie das gesellschaftliche Umweltbewusstsein wuchs und der Trend zur Nachhaltigkeit entstand, wie die Digitaltechnik vorangaloppierte und wie eine kleine Firma aus Kalifornien mit der Erfindung eines E-Mobils binnen weniger Jahre den Weltmarkt eroberte. Mehr als vier Jahre Entwicklungsvorsprung hat Tesla heute vor VW, Audi und Daimler, in den Zyklen der Autoindustrie eine halbe Ewigkeit. Den versuchen sie nun in Wolfsburg, Ingolstadt und Stuttgart mit Milliardeninvestitionen aufzuholen, aber sie tun sich schwer dabei. Das liegt erstens daran, dass es viel schwieriger ist, einen Öltanker bei voller Fahrt umzurüsten, als ein neues Schnellboot zu bauen. Und zweitens daran, dass die deutschen Konzerne bleischwer an ihrer kriminellen Vergangenheit zu tragen haben. Nach Strich und Faden haben sie ihre Kunden betrogen, indem sie betrügerische Software in ihre Dieselwagen schraubten. Die Kaltblütigkeit und Arroganz, mit der die Autobosse versuchten, die Verantwortung für ihre Machenschaften abzuwälzen, zählt zu den größten Unverschämtheiten der deutschen Wirtschaftsgeschichte. Vor wenigen Tagen kaufte der VW-Konzern seine Chefs mit einer Millionensumme frei. Zeitgleich klingeln die Auto-Lobbyisten im Kanzleramt Sturm, um die geplante Corona-Abwrackprämie auf ihre Spritschluckermodelle auszudehnen – offenbar mit Erfolg.

All das muss man wissen, um das gestrige Urteil des Bundesgerichtshofs einordnen zu können. Seine Bedeutung ist kaum zu überschätzen. Wozu Politiker nicht imstande waren, das haben die Richter geschafft: Sie haben den Autofürsten das Einmaleins des Rechtsstaats vorbuchstabiert und ihnen die Grenzen ihrer Macht aufgezeigt. Millionen Käufer manipulierter Dieselautos haben grundsätzlich Anspruch auf Schadenersatz; sie können ihren Wagen zurückgeben und den Kaufpreis teilweise zurückverlangen: Das ist das Ergebnis des Karlsruher Urteils. Aber seine Botschaft reicht noch darüber hinaus: Ein einzelner Dieselfahrer – und damit potenziell jeder Bürger – hat in unserem Staat dieselben Rechte wie ein mächtiger Autofürst; und wenn seine Ansprüche verletzt werden, dann verhilft ihm die Justiz zu seinem Recht. Was beim ersten Hören selbstverständlich klingt, entpuppt sich beim zweiten als Lobgesang auf unsere Demokratie. In einer Welt, in der rücksichtslose Autokratien ihre Macht ausdehnen und viele multinationale Konzerne sich nicht um ihre gesellschaftliche Verantwortung scheren, hält die deutsche Justiz die Fackel der Rechtsstaatlichkeit und der Bürgerrechte hoch.

"Sittenwidrig" habe sich der VW-Konzern gegenüber dem klagenden Kunden verhalten: Die Wortwahl der Richter ist eine schallende Ohrfeige für die Automanager. Sie wird lange nachhallen. Hoffen wir, dass nicht nur in Wolfsburg, sondern auch in Stuttgart und Ingolstadt jeder sie hört. (Artikel von Florian Harms, Chefredakteur t-online.de, t-online-newsletter@stroeer.de, 26.05.2020)


Der Misserfolg des grünen Sprits

Die falsche Hoffnung auf blaues Öl

Vor fast zehn Jahren, nach mehr als vierzig Jahren Druck und Erpressung durch die Ölproduzenten im Gefolge des Öl-Crashs der 1970er Jahre, stellten sich die Menschen vor, sie könnten in Europa Öl herstellen und damit die Abhängigkeit unseres Kontinents von Öl-Emiren und anderen Fossilbrennstoff-Potentaten beenden. Es war eine Fata Morgana. Sie musste sehr schnell aufgegeben werden. Ohne in die Verschwörung zu verfallen, dass die "Ölmänner" wissentlich diese Industrie, die ihre Macht bedrohte, getötet hatten, wurde erkannt, dass der Prozess teuer und die Produktion schlecht organisiert war. Es stimmt auch, dass er das Problem der Umweltverschmutzung, das inzwischen in den Vordergrund der Besorgnis gerückt war, nicht beseitigt hat, weil dieser neue Brennstoff bei seiner Herstellung CO2 aus den Zementfabriken abgetrennt hat, sondern die Fahrzeuge, die ihn verbraucht haben, haben es in Form von Abgasen wieder in die Atmosphäre abgegeben. Man hatte noch nicht begriffen, dass der Verbrennungsmotor mit dem Elektroauto schlicht und einfach abgeschafft werden musste, aber dass künstliches Öl andere Bedürfnisse befriedigen könnte, weil es in der pharmazeutischen Industrie, in natürlichen Düngemitteln, in abbaubaren Kunststoffen und vielen anderen Anwendungen eingesetzt wird. Dazu müssen wir zweifelsohne die arbeitsplatzschaffende Produktion wieder aufnehmen, was uns enorme Kosten zugunsten von Mächten erspart, die uns an der Kehle haben und ihre Tanker an unseren Küsten auflaufen lassen.

"So unglaublich, wie Blei in Gold zu verwandeln", sagte Laurence Ferrari im Juni 2011. Die bekannte französische TV-Sprecherin stellte im ersten Kanal TF1 die Herstellung von künstlichem Öl aus CO2 und Algen vor. Diese Energierevolution machte ihre ersten Schritte in Alicante, Spanien. "In 48 Stunden können wir aus hochkonzentrierten Mikroalgen und Kohlendioxid das herstellen, wofür die Natur Millionen von Jahren gebraucht hat", sagte der Vortragende.

Diese Pflanzen haben eine Größe von 2 bis 4 Mikromillimetern und sind daher in Millionen Stück in einem Milliliter Wasser vorhanden. Wenn sie in durchsichtigen Röhren dem Tageslicht ausgesetzt werden, fotosynthetisieren und absorbieren sie CO2. In diesem Fall stammte das CO2 aus einer Pipeline aus dem nahe gelegenen Zementwerk. Die mikroskopisch kleinen Pflanzen wurden mit diesem Treibhausgas zwangsernährt und vermehrt. Dann wurden das Wasser und die Omega-3-Fettsäuren entfernt, und die entstehende Paste wurde durch Cracken bei hoher Temperatur und hohem Druck in künstliches Öl umgewandelt.

Nach Angaben des befragten Ingenieurs Pierre Bros hätte man auf einer Fläche von 40 Hektar 450.000 Tonnen CO2 absorbieren und 230.000 Barrel Öl pro Jahr sowie 3.000 Tonnen Omegas, hauptsächlich Omega-3-Fettsäuren, produzieren können. Mit einem Heizwert von 9.700 kcal/kg neutralisierte es 938 kg CO2 pro Fass. So hätten 20 Millionen Barrel Blue Petroleum BFS (Bio Fuel Systems) pro Tag die CO2-Emissionen um 20% reduziert und gleichzeitig den Treibhauseffekt verringert! Der Ingenieur hinter dem Projekt war Bernard Stroiazzo-Mougin, der sich daran erinnerte, dass fossiles Öl ursprünglich aus der Wechselwirkung von Kohlendioxid und Pflanzen entstand. Er hatte Kontakt zu einem auf Mikroalgen spezialisierten Forscher an der Universität von Alicante aufgenommen.

Wie konnten wir nicht schon früher daran denken? Das war die Frage. Dieses "Blue Petroleum BSF" hatte die gleichen Funktionen wie ein konventioneller Kohlenwasserstoff. Alle großen Ölkonzerne, einschließlich Exxon, haben seitdem in die Algenzucht investiert. Dies würde umweltschädliche Emissionen in die Atmosphäre eliminieren und die Energieknappheit lösen. Es war das erste umweltfreundliche Öl in einem rentablen industriellen Prozess. Es war ganz einfach eine Revolution für die Umwelt und die Energie!

Warum fand diese Erfindung in den Medien so wenig Beachtung und wurde nicht stärker verwertet? Das BSF-Werk wurde im Oktober 2014 geschlossen. Im Jahr 2015 hatte es Verhandlungen zwischen China und Exxon gegeben, aber es kam nichts dabei heraus. Es gab einige große Nachteile: Die Raffination dieses Produkts schien kompliziert zu sein, da es im Vergleich zu Öl sehr kalorienreich war. Mit diesem Prozess scheint für die Ölindustrie etwas nicht in Ordnung gewesen zu sein. Es war in der Tat eine Produktion, bei der immer CO2 ausgestoßen wurde, weil das in Zementwerken oder anderen Fabriken zurückgewonnene CO2 schließlich von unseren Autos wieder ausgestoßen wurde. Dieses künstliche Öl konnte letztlich nur die Knappheit an fossilem Öl lösen? Es war nur eine Übergangslösung. Es gab nicht genügend CO2-emittierende Fabriken, um dieses "Blaue Öl" auf konsistente Weise zu produzieren. Aber einige glauben es immer noch: Der Ölkonzern Exxon Mobil kündigte im März an, dass er bis 2025 10.000 Barrel Kraftstoff auf Algenölbasis produzieren will, indem er einen Algenstamm gentechnisch so verändert, dass sein Ölgehalt verdoppelt wird. Zum Vergleich: Frankreich verbraucht 1,6 Millionen Barrel Öl pro Tag.

Die wirklichen Grauzonen in dieser Geschichte betreffen hauptsächlich das im Bericht erwähnte Unternehmen BFS France. Die von BFS in Spanien, in Alicante, eröffnete Versuchsanlage wurde 2014 nach einer Entscheidung des spanischen Gerichts geschlossen (ein Betrugsverfahren war eingeleitet worden, das Unternehmen hatte Schulden bei den spanischen Steuerbehörden); die Mitarbeiter waren ein Jahr lang nicht bezahlt worden; die anderen geplanten Anlagen wurden nie in Betrieb genommen.  (Der erste Bericht wurde von C. Chapel, J. F. Drouillet und P. Lemaitre für den französischen Sender TF1 im April 2011 erstellt).


Der „Battery-Airbus“ landet in Brandenburg

Am 19. Dezember 2018 hatten Frankreich und Deutschland ein Konsortium gegründet, um mit der Produktion von Batterien "Made in Europe" für Elektrofahrzeuge zu beginnen. Frankreich hatte sich mit Deutschland zusammengeschlossen, um ein "europäisches Netzwerk für Batterien" zu schaffen. Bruno Le Maire, französischer Minister für Wirtschaft und Finanzen, machte keinen Hehl aus seiner Absicht, China, das diesen Markt dominiert, und den Vereinigten Staaten sowie Japan, das jedoch eher ein Partner als ein Konkurrent ist, eine europäische Produktion entgegen zu setzen. Er konkretisierte sein Projekt, indem er einen Vertrag mit seinem deutschen Kollegen, Wirtschaftsminister Peter Altmaier, unterzeichnete. Während Frankreich keinen Betrag und keine Frist mitteilen wollte, hatte sich Deutschland sofort verpflichtet, bis 2022 eine Milliarde Euro für dieses Projekt bereitzustellen. Inzwischen wissen wir, dass der von Frankreich investierte Betrag ebenfalls fast eine Milliarde Euro beträgt und dass fünf weitere Länder und 17 Unternehmen dem Projekt „European Battery Alliance“ beigetreten sind. 

Ein emblematisches Projekt

Dieses Projekt, bekannt als "Battery Airbus", hat sich inzwischen als emblematisch erwiesen, da ein Fahrplan für den Aufbau einer industriellen Batterieproduktionszelle in Europa definiert wurde. Ziel ist es natürlich, den Verkauf so genannter sauberer Fahrzeuge in Europa zu unterstützen und gleichzeitig die von der Europäischen Union bis 2030 vorgeschriebene deutliche Reduzierung der CO2-Emissionen zu unterstützen. Es sei daran erinnert, dass die Hersteller ab 2021 die Kohlendioxidemissionen drastisch auf 37% senken müssen. Frankreich und Deutschland, die die zu den weltweit führenden Automobilunternehmen gehören, haben daher ein Interesse daran, zu reagieren.

Zweimal Glück für das Land Brandenburg

Das deutsche Bundeswirtschaftsministerium rechnete vor, dass Batterien für 40 Prozent der Wertschöpfung eines E-Autos gut sind. Wer die Batterien lieber importieren wolle, verzichte auf den Gewinn, auf Produktions-Standorte und vor allem auf Arbeitsplätze. Die Europäische Kommission schätzte ihrerseits, dass dieser Markt enorm wachsen wird. In den kommenden fünf Jahren würden europaweit 250 Milliarden Euro für Auto-Batterien ausgegeben. 1,25 Milliarden Euro an Subventionen ließ sich also Bundeswirtschaftsminister Peter Altmaier (CDU) von der Europäischen Kommission absegnen. Frankreich ist mit einem Förderetat von etwas weniger als einer Milliarde Euro dabei. Am 9. Dezember genehmigte die EU-Kommission ein 3,2-Milliarden-Paket für eine europäische Batteriezellen-Produktion. Mit dieser Euro Staatshilfe starten die Länder Europas ihre Aufholjagd, um den Anschluß Europas in der Batterie-Herstellung schaffen.

Im BASF-Werk Schwarzheide (Oberspreewald-Lausitz) soll für rund 500 Millionen Euro eine Kathoden-Fabrik entstehen. Auch fünf deutsche Firmen profitieren davon, meldete die Tageszeitung „BILD“ wieder. Nach dem bedauerlichen Verbot eines Industrie-Konsortiums vom Franzosen Alstom mit dem Deutschen Siemens durch die alte EU-Kommission ist das wirtschaftspolitisch gesehen eine gute Nachricht. Offensichtlich weht in Brüssel ein neuer Wind. „Das ist ein großer Durchbruch“, freute sich Bundeswirtschaftsminister Peter Altmeier (CDU) über die Nachricht aus Brüssel, „wir werden in wenigen Jahren die erste industrielle Fertigung von Batteriezellen mit mehreren Tausend Arbeitsplätzen erleben. BASF hat eine enorme Kompetenz im Bereich von Kathoden-Materialien.“ Das sind Metalle wie Nickel, Cobalt und Mangan, die den Strom speichern können. „Wir wollen Kathoden-Materialien für jährlich 300 000 Elektroautos aus Vorprodukten unserer Fabrik in Finnland herstellen“, sagte BASF-Sprecherin Christine Haupt.

Die Tesla-Überraschung

Diese Entscheidung hat natürlich Gründe, die Brüssel wie Paris und Berlin nicht übersehen haben. Der Amerikaner Elon Musk, der Gründer von Tesla, plant eine enorme Menge an Elektro-Autos in einer Gigafabrik in Brandenburg zu bauen. Jährlich soll eine halbe Millionen Elektroautos vom Band rollen. Bereits im Frühjahr 2020 soll der Bau beginnen. Dadurch entstehen auch Tausende Arbeitsplätze. Die "Bild"-Zeitung berichtete unter Berufung auf Planungsunterlagen des Unternehmens, in der Gemeinde Grünheide östlich von Berlin sollten 10.000 Arbeitsplätze entstehen und im Jahr 500.000 E-Autos des kompakten Tesla Model 3 und des SUV Model Y gebaut werden. Das gesamte Gelände, das Tesla nutzen wolle, umfasse 300 Hektar oder drei Millionen Quadratmeter, was 420 Fußballfeldern entspreche. Die "Frankfurter Allgemeine Zeitung" berichtete ihrerseits, dass Tesla bis zu vier Milliarden Euro in die neue Fabrik investieren wolle, die Unternehmenschef Elon Musk erst Mitte November 2019 bei einer Veranstaltung in Berlin angekündigt hat. Das Gelände für die "Gigafactory 4" liegt in der Nähe des neuen, noch unfertigen Flughafens BER von Berlin. Dort war schon einmal der Bau eines BMW-Werks im Gespräch gewesen, das dann aber nicht realisiert wurde. Drängt Tesla die klassischen Autofirmen aus dem Markt? Diese Frage ist aktueller denn je.

Krtische Stimmen

Natürlich erheben sich kritische Stimmen, die nach wie vor, die Diesel/Benzin-Autoindustrie verteidigen. Sie müssen aufpassen, nicht wie die Verteidiger der Zigarettenindustrie als Ewiggestrigen abgestempelt zu werden. So schrieb neulich Ursula  Weidenfeld, Wirtschaftsjournalistin in Berlin im Internet-Magazin von t-online.de: „Lange galten Batterien als das langweiligste Produkt überhaupt. Die billige Massenfertigung mäßig leistungsfähiger Stromspeicher sei nichts für Deutschland, spottete die deutsche Industrie über Energiewende-Missionare aus der Politik. Damals wollte noch niemand ein E-Auto kaufen. Kaum jemand suchte nach einem Speicher für die Solarenergie vom eigenen Dach, geschweige denn nach einer Großbatterie für überschüssigen Ökostrom. Der technische Durchbruch für innovative Speicher werde frühestens für die Mitte der dreißiger Jahre dieses Jahrhunderts erwartet – diesem müsse man gelassen entgegensehen. So hieß es“.

Das war mal. „Inzwischen, stellte unsere Kollegin fest, hat sich der Wind gedreht. Im Augenblick sieht es so aus, als gäbe es nichts Aufregenderes, als künftig europäische Lithium-Ionen-Batteriezellen für Elektromobile zu bauen. Diesmal werde sich der alte Kontinent nicht abhängen lassen, sagen die Wirtschaftsminister in finsterer Entschlossenheit. Man sei zwar spät dran, doch noch sei Europa nicht verloren. Angesichts der geballten politischen Energie für das Thema scheut man sich fast, es zu sagen: Aber wahrscheinlich lagen die Autohersteller in der Vergangenheit mit ihrer Zurückhaltung weniger falsch als mit ihrer Begeisterung heute".

Klar ist, dass sehr schnell sehr viele sehr gute Batterien gebaut werden müssen.  "In einem Interview im "Journal du Dimanche" vom 5. Januar kündigte Bruno Le Maire an, dass er und sein deutscher Kollege am 24. Januar die Batterie-Pilotanlage in Nersac, in der Region Nouvelle-Aquitaine (Südwest-Frankreich), einweihen werden und dass im Jahr 2022 eine Produktionsstätte mit PSA entstehen wird". 

Der Airbus wird ja in mehreren Mitgliedsstaaten des Airbus-Konsortiums gebaut. Das letzte Wort ist noch nicht gesprochen und es ist damit zu rechnen, dass es bald andere Baustellen in Europa für die Elektrofahrzeuge geben wird. (Atelier de Strasbourg, 12.12.2019)

Tesla ist bereits in China

 "In weniger als zehn Monaten gebaut, wuchs eine weitere Elon Musk "Gigafabrik" für die Herstellung von Elektroautos in China in der Nähe von Shanghai wie ein Pilz. Die ersten Fahrzeuge werden kurz vor Ende 2019 ausgeliefert - 15 Fahrzeuge vom Typ "Modell 3" für die Mitarbeiter des Unternehmens. Dies waren jedenfalls die ersten außerhalb der Vereinigten Staaten produzierten Tesla-Autos. Bisher wurden alle verkauften Modelle im Werk Freetown, Kalifornien, montiert.

Mit einer Kapazität von 500.000 Einheiten kostete die chinesische "Giga-Fabrik" 2 Milliarden Dollar (1,8 Milliarden Euro). Es ist zu 100% im Besitz von Tesla, was eine Premiere in China ist. Für den Amerikaner ist es die Öffnung auf dem Weltmarkt. Sie wird sich der Konkurrenz der Start-ups NIO und Xpeng Motors sowie BMW und Daimler stellen müssen, die ebenfalls in die Elektrobranche eingestiegen sind. Mit seinem Anfang 2019 erschienenen Modell 3 hatte Musk im Jahr 2019 bereits 36.000 Elektrofahrzeuge im Reich von Xi Jinping verkauft.

Das in China hergestellte Modell 3 wird jeweils 50.000 Dollar kosten, 10% weniger als die importierten Modelle, die mit Zöllen belegt sind, was den Absatz auch auf dem chinesischen Markt ankurbeln könnte. Es könnte auch von einer Steuerbefreiung für lokale Einkäufe profitieren, und Tesla hofft, die Herstellungskosten bis 2020 um 20% zu senken. Moschus hat eine Produktion von 1.000 Autos pro Woche und mittelfristig von 3.000 prognostiziert. Bis 2019 hat er bereits 360.000 Elektroautos weltweit verkauft.

Ein Problem: Man hätte erwarten können, dass mit dem Anstieg der Verkaufsmengen die Preise für batteriebetriebene Autos sinken würden. Dies ist nicht der Fall. Eine Studie des Jato-Instituts aus den letzten acht Jahren zeigt, dass diese Autos in den letzten acht Jahren immer teurer geworden sind. So wird beispielsweise der Renault ZOE intense 80 PS, der 2012 in Frankreich 22.580 Euro wert war, im Jahr 2019 26.580 Euro kosten (ohne Subventionen), allerdings mit einer Verbesserung der Ladezeit. Gleiches gilt für den Volkswagen e-Golf in Deutschland und den Nissan Leaf in Großbritannien. (M.G., 1. Januar 2020)

Das Wasserstoff-Auto – keine Chance gegen Akkus

Die Angriffe gegen das Elektro-Auto hören nicht auf. Seit einigen Monaten gibt es eine sehr lebhafte öffentliche Diskussion darum, ob Lithium-Akkus die richtige Energie-Speichertechnik für die Elektromobilität sind. Nachdem die Erdölindustrie viele Publikationen gegen die Elektro-Mobilität hat veröffentlichen lassen, erheben sich jetzt Stimmen, die empfehlen zu warten, bis das Wasserstoffauto auf unseren Straßen fahren kann.

Ein deutscher Philosoph namens Richard David Precht erklärte  in einer Talkrunde die Förderung der Rohstoffe für Akkus sei falsch, weil ohnehin klar sei, dass „in zehn Jahren das Wasserstoff-Auto da sei“. Seine Kritik an der Akku-Technik war nicht sonderlich fundiert: Er verortete den Lithium-Abbau fälschlicherweise in Peru, bezeichnete die Arbeitsbedingungen dabei als „menschenunwürdig“ (was nicht für Lithium, sondern eher für andere Rohstoffe gilt) und zu den problematischen Rohstoffen zählte er Coltan aus dem Kongo, das für Elektroautos kaum eine Rolle spielt.

Keine Begeisterung entsteht

Dass es in zehn Jahren  massenhaft Wasserstoff-Autos auf den Straßen geben wird, ist jedenfalls unhaltbar. Es ist zweifelhaft, dass eine Infrastruktur für die Wasserstoff-Versorgung von Autos überhaupt erstrebenswert ist.  Wasserstoff ist  sicherlich ein guter Energieträger. Zur seiner Herstellung braucht man Wasser und elektrischen Strom, bei seiner Nutzung  durch Verbrennung oder in einer Brennstoffzelle entsteht als Abfallprodukt wieder Wasser. Es lässt sich beliebig lange in beliebig großen Tanks lagern, und der Brennwert von einem Kilogramm Wasserstoff liegt bei 33 Kilowattstunden, also bei mehr als dem Dreifachen des Energiegehalts von einem Liter Benzin oder Diesel. Mit fünf Kilogramm Wasserstoff im Autotank sind mehr als 400 Kilometer Reichweite möglich, das Nachtanken dauert mit fünf bis zehn Minuten nicht wesentlich länger als mit Benzin oder Diesel.

China, Südkorea und Japan werten diese Vorteile so hoch, dass es in diesen Ländern sehr konsequente Förderprogramme gib. Es ist anders in Europa, wo die Idee der Wassestoffbrennstoffzelle im Stadium der Forschung stecken bleibt. Keine Massenproduktion von wasserstoffbetriebenen Fahrzeugen ist geplant Der Mercedes GLC F-Cell ist das einzige Auto, das angeboten wird – allerdings nicht zum Kauf und nicht für private Endkunden. Toyota dagegen will mit der Neuauflage des Mirai die Brennstoffzelle endlich massentauglich machen und sechsstellige Stückzahlen erreichen. Hyundai steckt sich hohe Ziele für 2030: 700.000 Brennstoffzellen sollen dann pro Jahr hergestellt werden: Für Autos, LKWs, andere Nutzfahrzeuge, sowie möglicherweise für erste Flugzeuge und Schiffe. Vom aktuellen Brennstoffzellen-Modell Nexo hat Hyundai in Deutschland bislang allerdings noch keine hundert Stück abgesetzt. Warum scheint die deutsche Autoindustrie hier nicht richtig mitzuziehen? Warum ist ersten Brennstoffzellen-Prototypen wie dem Mercedes F100, der 1991 auf der IAA gezeigt wurde, oder der Kleinserie Hydrogen 7 von BMW keine Serienfertigung gefolgt?

Die Gegenargumente

Zunächst einmal ist die Brennstoffzellen-Technik bis heute sehr teuer. Die Brennstoffzellen-Stacks in den neuesten Auto-Modellen kosten in der Herstellung fünfstellige Dollar- oder Eurobeträge, unter anderem deshalb, weil teure Edelmetalle wie Platin dafür nötig sind. Der Prozess in der Brennstoffzelle, bei dem aus Wasserstoff und Sauerstoff elektrischer Strom und Wasser entstehen, mag recht einfach sein, die Brennstoffzelle als Industrieprodukt ist es nicht: Soll die Zelle Minusgrade aushalten, müssen Wasserreste aus dem Stack geblasen werden. Damit die Reaktion starten kann, muss die Zelle vorgeheizt werden, in Betrieb ist dafür eine Kühlung nötig, weil die Reaktion Abwärme erzeugt.

Darüber hinaus muss die angesaugte Luft aufwendig gefiltert werden: Verschmutzungen wie Staubpartikel würden sich an den Zell-Membranen ablagern und auf Dauer die Leistung reduzieren. Auch mit der gefilterten Luft ist die Lebensdauer der Brennstoffzellen-Membranen eine kritische Größe. Hinzu kommt, dass die Leistungssteuerung einer Brennstoffzelle komplex und relativ träge: ist Vom Druck aufs Gaspedal bis zur Reaktion des Antriebs vergehen Sekunden. Deshalb braucht ein Brennstoffzellen-Fahrzeug einen Akku als Puffer für die elektrische Energie – und als Speicher für das Vorheizen beim Starten des Autos. Mit anderen Worten benutzt das Wasserstoffauto einen Akku und einen Elektromotor wie das E-Auto. Beim Stichwort Akku ist bereits klar: Im Brennstoffzellen-Fahrzeug gibt es alle Komponenten eines reinen E-Autos, wenn der Akku auch vergleichsweise klein ist (wenige Kilowattstunden). Durch die Komplexität des Brennstoffzellen-Antriebs ist klar, dass ein solches Auto kaum billiger werden kann als ein reines E-Auto mit Lithium-Ionen-Akku.

Dazu kommt, dass auch die Tanks aufwendig, schwer und teuer sind: Die Wasserstoff-Moleküle sind so klein, dass sie herkömmliche Werkstoffe durchdringen. Normaler Stahl wird durch den Wasserstoff spröde, weil Wasserstoff-Atome sich in das Metall-Gitter einlagern. Die Tanks in den aktuellen Autos sind deshalb speziell wasserstoffdicht beschichtet. Das ist aber nicht das einzige Problem an den Tanks. Sie werden mit 700 bar Druck befüllt – nur so passen in die 80 Liter Gasvolumen, die die Tanks des Toyota Mirai speichern, fünf Kilogramm Wasserstoff. Das Druck- und Volumen-Problem mit Wasserstoff beginnt nicht erst im Tank. Dazu ein paar Größen: Bei normalem Umgebungsdruck hat ein Kilogramm Wasserstoff ein Volumen von über elf Kubikmetern (ein Kilogramm Wasserstoff reicht bei einem Hyundai Nexo oder beim Mirai für 80 bis 100 Kilometer). Weil der Wasserstoff nicht durch existierende Gaspipelines gepumpt werden kann (das Gas würde an jedem Ventil entweichen und der Stahl würde geschädigt), muss er auf der Straße zu den Tankstellen transportiert werden. In einen großen Tank-Auflieger mit 36 Kubikmeter Volumen passen 27 Tonnen Benzin. Bei 700 bar Druck wären in diesem Volumen 2,3 Tonnen Wasserstoff unterzubringen, aber ein Tank-Auflieger in dieser Größe hält solchen Drücken nicht Stand.

Der Gas-Spezialist Linde bietet es deshalb an, Wasserstoff in flüssiger Form zu liefern. Was bei Flüssiggas (wie im Feuerzeug) einfach und praktisch geht, ist beim Wasserstoff aber extrem aufwendig: Der Siedepunkt liegt bei -252 Grad, das heißt, die Verflüssigung braucht extrem leistungsstarke Kühlanlagen, die sehr viel Energie benötigen. Weil ein Liter flüssiger Wasserstoff mit 70,8 Gramm immer noch extrem leicht ist, passen in einen LKW-Tank weniger als 2,6 Tonnen davon. Ein Flüssig-Wasserstoff-Tank muss zwar keine Drücke aushalten, dafür muss er aber stark isoliert werden, was Volumen kostet, und er muss schnell ans Ziel: Die Verdunstungs-Kälte des siedenden Wasserstoffs kühlt den Tank zwar, der verdunstete Wasserstoff entweicht aber. Ein Flüssigwasserstoff-LKW kommt nie mit vollem Tank an.

Beim Tanken machen die hohen Drücke in den Tankanlagen weitere Probleme: Der sehr stark verdichtete Wasserstoff strömt durch einen Zapfhahn ins Auto. Dabei treten große Druckunterschiede auf, was dazu führt, dass der Zapfhahn abkühlt und je nach Luftfeuchtigkeit vereist. Vor einem zweiten Tankvorgang muss die Zapfsäule erst wieder Druck aufbauen, die Zapfpistole muss abtauen. Mehr als sechs Autos pro Stunde kann eine solche Tankanlage (die mit rund einer Million Euro pro Installation sehr teuer ist) deshalb nicht abfertigen.

Kernproblem Wirkungsgrad

All diese Nachteile von Wasserstoff stehen heute einem wirtschaftlichen Einsatz entgegen. Es gibt aber noch einen weiteren Punkt, der gegen Wasserstoff im Auto spricht. Anlässlich des Expertenforums Elektromobilität im Oktober zeigte der E-Mobilitäts-Experte Michael Bucher von EnBW die Wirkungsgrad-Problematik auf: Während ein Elektro-Auto mit Akku-Technik dazu in der Lage ist, über 70 Prozent der elektrischen Energie, die in einer Windkraft- oder Photovoltaik-Anlage erzeugt worden ist, in Vortrieb umzusetzen, bleiben bei der Kette vom Strom über die Wasserstofferzeugung per Elektrolyse, die Kompression (oder Kühlung), den Transport, die Tankanlage, die Brennstoffzelle und den Puffer-Akku im Auto nur gut 20 Prozent der Energie übrig. Das bedeutet, dass für Wasserstoffmobilität pro Kilometer mehr als die dreifache Strom-Menge notwendig ist, also auch dreimal so viele Windkraft- oder Solaranlagen gebaut werden müssten. „Der Mann auf der Straße wartet auf Wasserstoff“ resümiert Bucher, die Technik sei aber viel zu ineffizient, um mit Batterie-elektrischen Autos konkurrieren zu können.

Noch schlechter als die Brennstoffzelle schneidet dabei übrigens die Weiterverarbeitung von Wasserstoff zu so genannten eFuels ab: Dazu wird unter großem Energie-Einsatz Kohlendioxid aus der Luft abgeschieden, was einen großen Teil der Primär-Energie auffrisst. Das Nutzen von eFuels in klassischen Verbrennungsmotoren zeigt den gleichen schlechten Wirkungsgrad wie mit Benzin oder Diesel (zwischen 25 und 30 Prozent): Am Ende kommen 13 Prozent der aufgewendeten elektrischen Energie als Antriebs-Energie auf der Straße an. BMWs Versuche mit der direkten Verbrennung von Wasserstoff im Verbrennungsmotor lagen sogar noch etwas schlechter.

Natürlich geht die Entwicklung bei der Brennstoffzelle kontinuierlich weiter. Der Wirkungsgrad der Zellen wird besser werden, die Akku-Pufferung kann vermutlich zurückgefahren werden. Das Transportproblem und die Energieaufwände dafür werden sich aber nicht ändern lassen – und diese Probleme sind den deutschen Herstellern, die (im Fall von Daimler und BMW) seit Jahrzehnten forschen und Prototypen bauen bewusst. Der größte Feind der Brennstoffzelle im Auto ist allerdings die Entwicklung der Akkutechnik, die in den letzten Jahren um Größenordnungen schneller vorangegangen ist als die der Wasserstofftechnik. Richard David Precht liegt also sehr sicher falsch.

Wasserstoff im stationären Einsatz

Wasserstoff kann und muss eine ganz andere Karriere machen: Zum Beispiel kann das Gas, das zu Überproduktionszeiten von erneuerbarem Strom erzeugt worden ist, direkt in der Stahlverhüttung eingesetzt werden und dort Kohle ersetzen. Das CO2-Einsparpotenzial ist gewaltig. Ähnliche Prozesse könnten für Zementproduktion entwickelt werden. Am Ende könnte es sogar sinnvoll sein, überschüssigen Strom in stationären Anlagen mit sehr großen Tanks in Wasserstoffproduktion zu stecken und das Gas bei Strom-Unterversorgung in Gasturbinen mit Kraft-Wärme-Kopplung zu verheizen. Der Wirkungsgrad solcher Anlagen liegt über dem eines Brennstoffzellen-Autos – und der damit erzeugte Strom könnte Elektroautos mit Akku aufladen.

(Nach einem Beitrag „Wasserstoff-Auto“ von Josef Reitberger EFAHRER.com – 21.11.2018) https://www.focus.de/auto/elektroauto/news/efahrer-chef-erklaert-warten-auf-das-wasserstoff-auto-darum-hat-die-technik-keine-chance-gegen-akkus_id_11365397.html

Das vernetzte Zuhause wird universell sein

Amazon, Appel, Google werden die Führung in einer fast globalen Allianz für die Entwicklung des vernetzten Hauses übernehmen. Aber die amerikanischen Giganten werden in diesem globalen Kartell nicht allein sein: Ikea, NXP Semi-conductors, Resideo, Samsung SmartThings, Signify (ehemals Philips Lighting), Silicon Labs, Wulian und die französischen Unternehmen Somfy, Legrand und Schneider Electric haben sich ihnen angeschlossen. Es wird in der Tat notwendig sein, sich auf gemeinsame Standards zu einigen. Der Schlüssel muss in das Schloss gesteckt und die Tür geöffnet werden, um das gleiche Signal an die Lampe im Eingang zu senden, damit diese aufleuchtet. Wenn sich diese beiden Handlungen widersprechen, ist es ein Misserfolg. Alle diese Gruppen werden am Projekt Connected Home Over IP teilnehmen, das eine einzige Sprache sprerchen wird. Ist dies ein neuer Schritt hin zu globalen Lebensformen? 

Europe


Un pas en avant courageux : l'initiative franco-allemande pour la reconstruction économique de l'UE

La proposition conjointe du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel de créer un " European Recovery Fund „ (un Fonds européen de relance ») pour la remise sur pied de la Communauté des États européens peut à coup sûr être considérée comme un événement politique de premier ordre. "C'est une avancée politique majeure", écrivait Pascal Coquis, éditorialiste du quotidien « Dernières Nouvelles d'Alsace » à Strasbourg. Elle est le signe qu’un tabou a été brisé. Que la solidarité n'est subitement plus un gros mot et qu’ peut le prononcer à table, même à vingt-sept ».  [1] 

Le point de départ : la crise du corona en Europe

 Il est incontestable que la crise de corona a non seulement fait de nombreuses victimes, mais qu’elle a également entraîné une perte immense d’agents économique qu’il ne faut en aucun cas sous-estimer. En tant que pandémie, elle a montré qu'elle ne respecte pas les frontières nationales. Nous sommes tous dans une situation exceptionnelle : chaque État membre de l'UE, presque chaque pays du monde, est touché d'une manière ou d'une autre. 

Dès que sa propre vie, celle de sa famille et de ses amis proches ne sera plus directement menacée en termes de santé, l'attention de chacun se reportera sur le prochain niveau de problèmes : l'économie. Effectivement, la récession économique continuera probablement à se faire sentir pour nous tous pendant plusieurs années encore et ne pourra être surmontée que pas à pas et à petits pas. Et pas seulement cela. Beaucoup disent que la crise du corona est le plus grand défi de l'histoire de l'Union européenne. Le risque est réel de la voir s'effondrer littéralement sous l'effort personnel et économique exigé des citoyens et des États-nations pour combattre le virus.

 Bien entendu, il est compréhensible que, face à la menace, les différents États membres commencent par se retourner d'abord sur eux-mêmes afin de prendre des mesures  de survie rapides et efficaces. À long terme, cependant, cette façon individuelle de lutte contre la crise n'est pas appropriée pour contrer une menace pesant sur toute l’Europe. Par-delà les mesures individuelles, il est également nécessaire de mettre en place des mesures paneuropéennes durables. Pour notre cohésion et pour notre bien à tous, car sans un marché intérieur qui fonctionne, même l'État européen le plus stable économiquement pourrait bientôt faire ses valises. 

Le plan : agir ensemble plutôt que seuls

 L'étonnante initiative franco-allemande de création du Fonds européen de reconstruction repose désormais sur cette conviction. L'objectif est de lever un total de 500 milliards d'euros pour l’UE sur les marchés financiers d'ici 2027 et de les insérer à des fins spécifiques dans le cadre budgétaire pluriannuel de l'UE. Ce crédit européen cofinancé doit bénéficier sous forme de subventions avant tout aux régions qui ont le plus souffert de la crise 

Il est prévu de compenser leurs dettes par des contributions nationales au-delà de 2027 et sur une période plus longue. Selon les termes de Tina Hassel : "Pour le bénéfice des personnes les plus touchées - mais remboursé par tous, selon la clé de répartition du budget de l'UE en vigueur à l'époque". [2]C'est de la solidarité européenne par excellence.  

Il convient de noter que dans cette situation exceptionnelle, les leaders allemands et français ont rapproché leurs points de vue Nord/Sud contradictoires et ont effectivement pu se mettre d'accord sur une initiative commune. Cette approche rappelle directement ce qui s’est passé lors de crises antérieures et le rôle qu’y ont assumé l'Allemagne et de la France. La coopération franco-allemande semble avoir repris de la vitesse après une longue période.

Le défi : convaincre les 27

La proposition franco-allemande à la Commission européenne doit bien sûr d'abord être acceptée par la Commission, puis ratifiée par les 27 États membres - un défi particulier en raison des divergences d'opinion considérables qui ne nous ont pas échappé lors de précédent débats. On voit d’ores et déjà que certains États n'accepteront pas l'initiative sous cette forme, car ils rejettent le principe de communautarisation de la dette. Concrètement, il s'agit actuellement de l'Autriche, du Danemark, de la Suède et des Pays-Bas. L'Allemagne fait traditionnellement partie de ce groupe dont les convictions sont fondamentalement en contradiction avec celles de la France et d'autres États en majorité  méridionaux. En 2008 et 2011, alors que la Grèce était au bord du gouffre, il y eut une forte opposition à verser des subventions dans le "puits sans fond" grec et, en Allemagne, de fortes protestations se firent entendre contre l'Union européenne que l’on affubla du nom d'"Union des transferts". Dans ce contexte, l'accord franco-allemand actuel n’en semble que plus étonnant. Il suggère que la ligne allemande a changé, voire qu’elle a été rompue. Dans sa chronique "La rupture de tous les tabous",[3] Ursula Weidenfeld souligne explicitement la démarche inhabituelle de la chancelière allemande, laquelle fait l'objet d'un débat très controversé au sein de la République fédérale. Elle spécule que cela n'a été possible que parce que le Chancelier ne veut pas se présenter à la réélection en 2021

Le contexte : Merkel sur les traces de ses prédécesseurs

Voilà pour l'analyse actuelle. Mais quiconque dirige un gouvernement, qu'il s'agisse de Merkel ou de Macron, n'agit pas dans le vide et jette toujours un coup d’œil sur l'histoire de son pays.

Peut-être Angela Merkel a-t-elle pris dans sa décision Gerhard Schröder pour modèle. En 2005, peu avant la fin de son temps à la chancellerie, Schröder avait décidé de promulguer l'Agenda 2010 qui prévoyait des réductions drastiques des prestations sociales, notamment dans le monde du travail. Il était ainsi certain de perdre sa majorité de gauche, mais en même temps d'apporter un soutien d’urgence à l'économie allemande alors boiteuse, comme il l’a expliqué récemment dans une interview qu’il a accordée au magazine  "Le Point". [4] La CDU de Merkel, alors dans l'opposition en 2005, avait soutenu la réforme de Schröder en votant pour elle au Bundestag et elle en bénéficia la même année suite à l'élection de sa présidence comme successeur de Schröder à la chancellerie. 

Il reste à voir si Schröder avait réellement planifié tout cela, car il aurait certainement souhaité rester chancelier, comme  son comportement après les élections fédérales de 2005 l’a fait supposer. Dans cette interview avec la journaliste française Pascale Hugues, il a regretté en tout cas que le président socialiste français François Hollande ait pris en 2017 une autre voie que celle qu'il avait lui-même suivie. A la veille d’élections qu'il allait perdre face à Macron, et c’était évident, Hollande aurait pu mettre sur les rails des réformes audacieuses. Mais cette dernière décision d'Angela Merkel pourrait bien s’être inspirée également d’Helmut Kohl qui, en 1992, au sommet de sa gloire, deux ans après avoir donné aux Allemands de l'Est le mark allemand qu'ils appelaient de leurs vœux, transforma celui-ci en euro dans l’intention de rendre irrécusable l'unité de l'Europe. Le mark allemand était alors l'emblème de la République fédérale. Le fait d'y renoncer a certainement nui à Helmut Kohl et a contribué à son éviction en 1998.

La décision de Merkel et de son collègue Macron, il y a quelques jours, d’aller coude à coude à l’aide des États du sud de l'Europe "chroniquement endettés", était, vue d’Allemagne, tout aussi peu économique, mais non moins politique. La crise de Corona a rendu possible beaucoup de choses qui auraient probablement été impensables sans elle. L'aura de Merkel n'est certainement pas aussi brillante en ce moment que l’était celle de Kohl deux ans après la réunification allemande, mais, depuis son discours télévisé du 18 mars 2020, elle a engrangé de nombreux points de par sa gestion de la crise du corona. Elle peut donc se permettre à nouveau de nager à contre-courant dans son pays. Défiant tous les prophètes de malheur, elle a donc opté pour une Europe unie comme stratégie de survie pour l'Allemagne. Comme Kohl à l'époque, elle sait que la République fédérale d'Allemagne ne peut rester forte à long terme sans une UE globalement saine.

Un coup de pouce à Macron : ils ont repris le collier

Emmanuel Macron peut également se prévaloir du succès qu’est pour lui cette décision franco-allemande de mai 2020. Dans son pays on lui avait reproché les tergiversations de Bruxelles et de la BCE à engager des fonds dans le redressement économique et financier de l'UE. Aujourd'hui, les élites françaises se réjouissent

 à l'unisson. Dans les « Dernières Nouvelles d'Alsace » que nous venons de mentionner, le Français Pascal Coquis a écrit : "L'Allemagne a changé de camp". Jusque-là, souligne-t-il, il y avait deux camps, le premier "des vertueux, des travailleurs, ceux qui épargnent à la sueur de leur front, et l'autre, les « cigales » si l’on veut que la métaphore soit poétique, les  fainéants et les escrocs si on la préfère plus juste » qui gaspillent leur propre argent et celui des autres.

Pour Coquis, c’était important que Berlin se porte garant de ce fonds. Après tout, cela a fait une grande différence « quand le poids lourd de l’économie de la zone euro parle, on l’écoute. Cette parole porte ». Bref, l'Allemagne, "le poids lourd", n'appartient plus au camp de l'austérité à outrance, a déclaré l'éditorialiste français. Le journal « Aujourd'hui en France » est allé plus loin dans la jubilation.  [5] Dans son numéro du 21 mai 2020, il s’est réjoui que la République fédérale d'Allemagne ait quitté "le club des radins". Les Français semblent sûrs que les autres États du Nord, plus l'Autriche, se joindront au soutien des "canards boiteux" d'Europe. On ne peut que l'espérer. Le fait est que l'Allemagne et la France ont fait un pas en avant extraordinairement courageux et nécessaire dans cette situation particulière et que, mettant entre parenthèses leurs convictions basiques traditionnelles, elles se sont une fois de plus "ressaisies" pour parvenir à un compromis. Car c'est et cela restera un compromis bâti sur des concessions des deux côtés : une possible mise en commun de la dette sans Corona/Eurobonds. 

Toutefois, la question de savoir si le moteur franco-allemand qui a fait la preuve de ses vertus à maintes reprises en temps de crise au cours des décennies passées sera assez fort cette fois-ci aussi, dépend de façon très décisive de la volonté des 25 autres États membres de se joindre à la proposition commune et de faire de la solidarité européenne si souvent proclamée une réalité. Après tout, les situations exceptionnelles requièrent des mesures exceptionnelles. (Sophie von Stralendorff, 21 mai 2020)

[1] Pascal Coquis (20.05.2020) : "Tentative d’échappée en solidaire“, Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), „L’EDITORIAL“ S. 3.

[2] Tina Hassel (18.05.2020): „Mutig am Abgrund“, verfügbar unter: https://www.tagesschau.de/ausland/corona-deutschland-frankreich-eu-103.html

[3] Ursula Weidenfeld (20.05.2020): „Der Bruch aller Tabus“, verfügbar unter: https://www.t-online.de/finanzen/id_87906590/nur-angela-merkel-kann-fuer-neue-staatsschulden-zugunsten-anderer-laender-werben.html

4 Pascale Hugues (4.03.2020). Interview: « Gerhard Schröder juge Emmanuel Macron ». « Le Point ».

[5]Henri Vernet und Charles de Saint Sauveur (21.05.2020). « Macron et Merkel feront-ils plier le « club des radins » ?. « Aujourd’hui en France ». S. 5. 


Communiqué de presse du ministre fédéral allemand des Affaires étrangères Heiko Maas à l’occasion de la Journée de l’Europe (le 9 mai 2020) :

« L’unification européenne est un cadeau – notamment pour nous, Allemands. Nous en sommes particulièrement conscients alors que nous commémorons la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y a 75 ans. Le 8 mai 1945 en effet, l’Europe était libérée du joug nazi, et nous avec elle. Cette guerre impitoyable cessait enfin, après avoir fait d’innombrables victimes et causé tant de destructions. Ce que nous, Européens, avons construit ensemble depuis lors est unique au monde. Nous en sommes fiers et c’est en même temps une motivation au vu de la crise que nous traversons actuellement.

Notre Europe, unie dans la solidarité et la diversité, fait face à un défi tel qu’elle n’en a probablement plus connu depuis la fin de la guerre. Nous luttons ensemble contre le coronavirus et ses funestes conséquences. Les images qui nous parviennent des zones les plus durement touchées ont bouleversé toute l’Europe. Nous souhaitons particulièrement remercier tous les soignants, qui se battent pour sauver chaque vie.

Si nous regardons ce qui s’est passé au début de la crise, il faut bien l’avouer : l’Europe n’était pas suffisamment préparée à cette pandémie. Les premiers jours, de nombreux pays se sont beaucoup centrés sur eux-mêmes, et l’Allemagne ne fait pas exception. Cela était cependant nécessaire dans un premier temps afin d’assurer notre propre capacité d’action, puis de pouvoir venir en aide aux autres. Mais ensuite, l’Union européenne n’a cessé de s’élever à la hauteur du défi que représente cette crise. Dans de nombreux domaines, nous avons su trouver des réponses communes : nous coopérons dans l’approvisionnement en produits médicaux et dans la recherche d’un vaccin. L’Allemagne a par exemple accueilli en soins intensifs des patients italiens, français et néerlandais. Enfin, nous avons aussi mobilisé en un temps record plus de 500 milliards d’euros pour venir à bout de cette crise.

Le fait est que cette solidarité entre pays de l’UE est unique au monde. Cela doit nous donner à tous le courage nécessaire pour le long chemin qu’il nous reste encore à parcourir. L’Union européenne devra sortir grandie de la crise, telle est la conviction du gouvernement allemand. Pour cela, l’Allemagne va continuer à faire preuve de solidarité.

Je vous souhaite à tous une bonne Journée de l’Europe 2020. Prenez soin de vous ! »


Éviter les effets néfastes de l’autre côté de la frontière

Avant la réunion d’un Conseil européen appelé à créer un fonds de soutien à la relance économique de l’Europe, le jeudi 23 avril 2020, la secrétaire d’État française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin,  donnait  à notre confrère « Aujourd’hui en France » une interview qui n’a rien perdu de son actualité. On en retiendra surtout que l’Europe doit recouvrer son antonomie de production et que la fermeture momentanée des frontières normalement ouvertes dans  l’espace Schengen relève de la politique de santé sans la connotation nationaliste que lui attribuent certains (voir notre rubrique Débats). (JPP)

Question. Du Danemark à l’Espagne, de l’Allemagne à l’Italie, on a l’impression d’un déconfinement en Europe en ordre dispersé. Ne faudrait-il pas harmoniser ?

Réponse. Une harmonisation totale n’aurait pas de sens puisque, le virus n’étant pas répandu de la même manière, la situation sanitaire n’est pas la même partout. Notre objectif, pour éviter une deuxième vague, c’est une coordination des stratégies de déconfinement. Ne pas se mettre en danger les uns les autres : certaines mesures prises par tel ou tel pays sans prévenir pourraient avoir des effets néfastes de l‘autre côté de la frontière. Je passe le plus clair de mes journées avec mes homologues des sept pays qui nous entourent pour bien préparer les choses. *

Que faut-il faire ?

Si l’on rouvre l’activité économique, les commerces, d’un côté, il faut regarder par exemple comment les frontaliers peuvent s’y rendre, comment organiser les transports qui traversent la frontière. Il faut assurer une forme d’égalité de part et d’autre, que les travailleurs aient les mêmes droits des deux côtés de la frontière.

Un pays donnera-t-il le la du déconfinement ?

Si l’on garde l’exemple des zones frontalières, il faut d’abord tenir compte des bassins de vie. S’inspirer de la réalité de la vie quotidienne pour passer, dans un deuxième temps, à la mobilité plus large. Il y aura des phases intermédiaires, où ce ne sera ni vraiment ni la vie confinée ni la vie totalement fluide.

L’après-crise, avec la relance économique, est-ce l’enjeu du sommet européen ? 

Le but est de rendre notre action à vingt-sept utile. Comment sortir ensemble et debout de la crise sanitaires actuelle et de la crise économique qui se profile. Sinon, la crédibilisé de l’Europe va en prendre un sacré coup. L’outil, c’st un fonds de relance et de reconstruction, solidaire. Il faut une capacité de relance en commun, car nos économies sont extrêmement interdépendantes. Nous sommes tous les fournisseurs et les clients de nos voisins. Aucun pays, si riche soit-il, ne peut se relancer seul.

Concrètement qu’allez-vous faire ?

Un plan de soutien européen aux entreprises petites, moyennes et grandes du continent pour qu’elles puissent continuer à produire, vendre et exporter. Et avoir des salariés sur le sol européen pour garantir notre autonomie stratégique. On voit bien qu’il faut investir collectivement en Europe dans le secteur sanitaire et médical pour sortir de cette dépendance très forte en matière de médicament ou d’équipements médicaux. Il faudra relocaliser des filières de production, arriver à une véritable souveraineté stratégique européenne.

De quelles sommes disposera ce fonds ?

Il faut qu’il dispose de plusieurs centaines de milliards d’euros, cela dépendra de l’horizon qu’on lui donnera et des besoins des secteurs industriels. Des moyens dont ils auront besoin pour rester en Europe. C’est trop tôt pour le dire, mais 1 000 milliards d’euros serait l’ordre de grandeur.

* Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Luxembourg, Belgique, Royaume-Uni.

(publié avec l'autorisation du Ministère)


L'hebdomadaire allemand à grand tirage " Bild am Sonntag " a publié le 12 avril 2020 une interview de la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen. Après six semaines de travail sans quitter son bureau au Berlaymont à Bruxelles, elle a rejoint sa famille en Basse-Saxe dans sa voiture de fonction et a répondu aux questions au téléphone dans un langage clair et simple. Nous avons retenu celles concernant L’EUROPE:

"L'Europe est dans sa plus grande crise. L'UE est-elle en train de mourir du coronavirus ? »

"Au début, il y avait un grand danger que l'Union européenne se disloque. Il y avait un manque de solidarité, tout le monde ne regardait que ses propres problèmes, les frontières se fermaient sans consultation. Au bout de quelques jours, non seulement la circulation des marchandises a faibli, mais les États membres ont également constaté que cela aggravait leurs propres problèmes. Aujourd'hui, la volonté de s'en sortir ensemble est de retour. On trouve des solutions qui étaient impensables il y a seulement six semaines. En conséquence, le sentiment de communauté et de confiance se développe. » (...)

 "À quoi ressemblera votre Europe après Corona ?"

"Nous avons commencé dans la crise avec 27 petits cœurs timides et repliés sur eux-mêmes. Maintenant, nous grandissons ensemble avec un seul cœur. Il doit battre encore plus fort. Je travaille dur sur ce point. Je veux que nous disions un jour : c'était dur, mais nous l'avons fait, nous avons grandi en tant que communauté européenne dans cette crise".

Et les mesures de CONFINEMENT :

"Quand pourrons-nous remettre notre économie, notre vie quotidienne sur les rails ?"

"Dans les prochains jours, nous présenterons des lignes directrices avec des recommandations sur la manière de lever les mesures d'urgence - très soigneusement, étape par étape. Nous ne mentionnons pas de date car les États membres se trouvent à des stades très différents de la pandémie et que chaque pays décide pour lui-même".

"Et les vacances d'été ? Réserver maintenant ?"

"Mon conseil est d'attendre de faire des plans. Pour les mois de juillet et août, personne ne peut faire de prévisions fiables pour le moment".

On n’a pas dit toute la vérité sur l’action de l’Union Européenne

 Pas plus que l'Amérique, l’Europe  n’a échappé au désarroi provoqué par une pandémie que personne n’avait attendue,. La vitesse de propagation et de pénétration du virus, sa nocivité très supérieure à une grippe ordinaire exigeaient une contre-offensive médicale dont nous n'avions pas les moyens, surtout s'agissant de grands organismes comme le sont des Etats et, a fortiori, un groupement d'Etats, tel l'Europe. Il n'y avait eu ni prévention, ni alerte, ni immunisation. Bien malin qui aurait qui aurait pu prévoir l'ampleur de ce phénomène inédit. Il est facile après coup à des partis minoritaires et à des individus déviants d'accuser les élus d'imprévision et d'impréparation. Ces forces du refus sont estimées dans toute démocratie à quelque 30 % du corps électoral. Une catégorie assez constante.

La cible de la grogne et de la rogne a donc été,  comme toujours, outre les gouvernements nationaux qui servent de paratonnerre, l'Union Européenne et ses institutions. Elle sont devenues dans les médias un bouc émissaire incontournable. La Banque Centrale Européenne ayant attendu pour entrer en action les décisions  des Etats membres qu'elle a mis ainsi au pied du mur, le mécontentement eut d'emblée une proie toute trouvée.  Se sont ajoutées les longues discussions des Etats-membres pour  parvenir à un consensus sur un programme de lutte anticrise. Ainsi le mécanisme du déni s'est-il enclenché et les médias l'ont-ils amplifié, car la caisse de résonance négative est toujours prête dans les rédactions étant donné que les lecteurs attendent de lire ou d'entendre que l'Europe va mal.

 On attend en somme que l'Europe incarne l'inefficacité dans la division. Cette caricature n'est pas seulement la rengaine des populistes europhobes, elle est basique, elle nous dépeint depuis des décennies une Europe  systématiquement incapable, divisée, indécise, engluée dans débats interminables qui, pourtant, sont l'essence même de la liberté d'opinion et, en l'occurrence, du respect des identités et autodéterminations des Etats-membres. Ces débats sont l'expression d'une diversité constructive, bien préférable aux diktats et oukases d'un dictateur ou d'un politburo. Dans le Comecon soviétique à l'époque, il n'y avait pas de longs débats.Et il ne semble pas qu'il y en ait souvent, non plus,  dans la petite Union Eurasienne de Monsieur Poutine.

Ces débats au sein du Conseil européen des chefs d'Etats et des ministres, ainsi qu'au Parlement européen reflètent toutes les facettes des problèmes et font la synthèse des divers intérêts. Ils sont la preuve que la République européenne est une démocratie vivante.

Une assistance peut-être pas très altruiste

 Apparemment préparé à lutter contre ces incendies viraux dont leur pays est coutumier en raison peut-être de ses us et coutumes culinaires ou médicaux, le gouvernement chinois est accouru dès qu'il l'a pu, non sans le dire et faire dire, à la rescousse des Européens en difficultés,vu l'incapacité de leurs dirigeants. Il a montré simultanément chez lui par contraste l'efficacité des ses méthodes de confinement et refoulement du mal. L'occasion n'était-elle pas belle ? Un ennemi commun de l'humanité ! Il n'en a pas fallu davantage pour la Russie de Vladimir Poutine, ce grand pays humanitaire, s'associe avec quelques moyens impressionnants tels son gros transporteur aérien l'Antonov. 

Certes, les remerciements sont de rigueur envers ces deux grandes puissances qui par ailleurs massacrent et emprisonnent joyeusement leurs sujets ou leurs voisins.

Mais on aimerait savoir ce qu'en pensent réellement ces derniers et ce qu'il en est vraiment de la pandémie dans ces deux grands Etats. En Russie, l'impréparation semble totale et l'on ne sait à peu près rien de ce qui se passe ou va se passer. En Chine, le foyer est curieusement resté circonscrit à une province et une grande ville tandis qu'ailleurs les activités n'étaient pas interrompues. Quel est en l'occurrence le prix de la vie humaine ? Retenons que l'expérience nous dit qu'on ne peut faire aucune confiance aux données statistiques des régimes dictatoriaux. Chez eux ne peut être que ce qui doit être. 

Russes de Poutine et Chinois de Xi Jinping se sont donc hâtés de voler au secours des maillons faibles de la chaine européenne, l'Italie qu'une rumeur bien entretenue prétendait abandonnée par les Européens, et subsidiairement la France en manque de stocks de masques et d'appareils de respiration. Les Russes ont mis quelques moyens dans l'opération, y compris en envoyant  des médecins et camions militaires et len faisant circuler leur impressionnant appareil de transport aérien, l'Antonov  (voir ci-après l'article de M. Berenguer). C'est de bonne guerre après qu'on ai dit pis que pendre de l'Airbus militaire européen A 400M. Lors d'une livraison de masques chinois à Orly, on a vu  apparaîtretrès brièvement au petit écran français un drôle de bonhomme en uniforme qui a assuré avec un curieux accent que tout cela n'était pas payant, mais aussi le produit de dons d'entreprises et associations chinoises. Une sorte de propagande subliminaire.

On se doute bien pourtant que le contribuable français payera son écot à Pékin et à Moscou que cette aide n'est pas du pur altruisme comme l'Europe, elle, en est coutumière, notamment en Afrique. L'altruisme n'est la religion ni des héritiers de Staline, ni de ceux de Mao. Il s'agissait surtout de montrer que l'Europe est inefficace et que les régimes chinois et russes sont généreux. C'est un magnifique exemple de "solft power", cette diplomatie du charme que Chinois et Russes pratiquent depuis plusieurs années à côté de leur "hard power" militaire. Notons qu'en 2019, l'Italie a signé un accord avec la Chine pour s'associer la fameuse "Route de la soie", tentacule jetée par Pékin en direction de l'Europe.

Une vision faussée de l'Europe

L'Europe prête le flanc aux ingérences. L'idée qu'elle est l'expression d'un désaccord profond domine un peu partout et la propagande europhobe joue donc sur le velours en relevant les conflits intraeuropéens. A noter d'ailleurs que ni la Chine, ni la Russie, ni les Etats-Unis ne reconnaissent cette entité de droit international qu'est l'Union Européenne. Ces Etats s'adressent toujours à des pays européens et non pas à leur  union.  Et ce, vingt ans bientôt après le Traité de Maastricht qui l'a consacrée. Mais si les médias européens donnent la main à des puissances extérieures qui attisent nos divisions, alors pourquoi pas ? Chaque fois que nos médias évoquent l’Europe, on perçoit toujours un bruit de fond négatif. C’est une tradition médiatique, en dépit des réalités. L'Europe est perçue comme à travers des lunettes déformantes. Elle est la cible d'une "contamination symbolique", un symbole infecté par un virus idéologique.

En Europe, on ne maquille rien, mais les mauvaises nouvelles sont enregistrées tandis que les bonnes sont occultées ou sont fugaces. A-t-on vraiment bien retenu que le 9 avril 2020 un jalon important amarqué l’histoire de l’Union Européenne ? Il n’a fallu que trois quart d’heure ce jeud-lài pour qu'elle s’accorde sur une réponse économique commune face au sur un programme de lutte contre la pandémie de Covid 19 et de relance de l’économie de notre continent. Après une première réunion infructueuse le mardi précédent, puis des échanges tendus, les 27 ministres européens des Finances sont finalement parvenus à s’entendre en vidéo-conférence, trouvant un terrain d’entente avec les Pays-Bas, longtemps inflexibles. “La réunion s’est achevée sous les applaudissements des ministres”, a annoncé sur Twitter le porte-parole du président de l’Eurogroupe aux alentours de 22h 00. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a, quant à lui, salué un “excellent accord”, incluant “540 milliards d’euros disponibles immédiatement” et “un fonds de relance à venir”.

Cet accord n'aurait pas été obtenu sans un coordination étroite de la France et de l'Allemagne. Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont relayés dans les dernières heures pour faire céder leur collègue néerlandais Mark Rutte toujours implacable s'il est question d'argent.  (ATS - 10/04/2020)

Anne Sander remet les pendules à l'heure

La première chose qu'on entend et lit toujours dans nos médias, c'est que les ministres du Conseil européen ne se sont pas accordés ou que la Commission européenne n'a rien fait, qu'elle ne s'accorde pas pour épauler ses Etats membres. Pourtant dans cette période de confinement et d'isolement au cours de laquelle l'alimentation de la population a été si décisive, on devrait se souvenir que, sans les aides de Bruxelles, l'agriculture française et européenne en général n'existerait plus. Nous aurions été dépendants d'importations extra-européennes coupées par la quasi-mise en quarantaine du globe. Oui, nous aurions connu des famines.

Quant au Parlement Européen,  on préfère l'ignorer. Quand les médias rendent-ils compte de ses travaux ?

Comme l’écrit ci-après la députée européenne de Strasbourg, Anne Sander, Questeur au Parlement Européen, dès les premiers symptômes de la crise sanitaire, « les premières réactions des Etats membres de l’UE, prises sans concertation et dans l’urgence, lors de l’émergence du Covid-19 dans nos pays, n’ont pas donné une bonne image de la gouvernance européenne ni d'une Europe unie". "Mais, précise-t-elle,  derrière ces « couacs » qui ont largement été relayés par les médias, de nombreuses actions ont été entreprises au niveau européen ». Pourquoi en effet les médias voient-ils toujours la petite ombre au tableau européen ? On ne leur demande pas de voir la lumière, mais au moins de signaler les clairs obscurs.

 Contrairement à ce qui s’est dit, les institutions européennes, dont le Parlement, ont agi,  dans le cadre des compétences qui leur sont attribuées, face à la crise du covid 19, souligne Anne Sander. Dans un message que la députée a diffusé début mars 20,  elle a récapitulé quelques exemples :

Economie

  • Injection de plus de 1 000 milliards € dans l’économie par la Banque Centrale Européenne
  • Mobilisation de 8 milliards d’euros pour soutenir 100 000 PME et ETI via le Fonds européen d’investissement (FEI)
  • Flexibilisation du cadre en matière d’aides d’Etat, autorisant les Etats membres à renflouer plus facilement les entreprises en difficulté

Emploi

  • Réflexion sur la création du nouvel outil SURE, d'une enveloppe de 100 milliards €, visant à soutenir les activités à temps partiel dans les Etats membres les plus touchés par la crise.
  • Adoption des Fonds structurels (FESI), dont le FSE pour le cofinancement de mesures liées à l'emploi
  • Plus grande mobilisation du Fonds européen aux plus démunis (FEAD)

Recherche

  • Investissement de 47,5 millions € pour soutenir 17 projets européens de recherche pour la mise au point de vaccins ou de nouveaux traitements
  • Développement, par le Centre Commun de Recherche, d’un nouveau système permettant aux laboratoires de vérifier la fiabilité des tests de détection du coronavirus

Santé

  • Lancement d'un essai clinique européen sur 4 traitements dans 7 Etats sur 3200 patients
  • Prises en charge transfrontalière de patients, notamment Alsaciens, par l’Allemagne, le Luxembourg et la Suisse
  • Passation d’un marché conjoint permettant la création d’une réserve RescEU de matériel médical, financé à 90% par l’UE

Agriculture

  • Prolongation du délai pour la présentation des demandes de paiements directs de la PAC pour 2020 et plus de souplesse dans sa gestion
  • Facilitation de la libre circulation des travailleurs indispensables au monde agricole, dont les récoltes printanières reposent en partie sur cette main d’oeuvre

Mobilité

  • Rapatriement de 250 000 citoyens européens depuis le début de la crise grâce au mécanisme de protection civile de l’UE
  • Mise en place de “voies vertes” pour assurer la continuité de la libre circulation des marchandises, permettant d’éviter des situations de pénuries dans l’UE
  • Assouplissement des règles concernant l’utilisation des créneaux aéroportuaires par les compagnies aériennes mettant ainsi fin au phénomène des “vols fantômes”

 « Cette situation exceptionnelle, écrit la députée,  ne trouvera d’issue que si nous nous coordonnons au niveau européen, pour soutenir sur le court et le long terme, le secteur médical, le secteur agricole, les transports, aider les travailleurs frontaliers et soutenir les PME, qui sont la colonne vertébrale de l'économie européenne ». Vous pouvez la contacter :

Parlement européen - Anne Sander  1, avenue du Président Robert Schuman - 67070 Strasbourg - anne.sander@europarl.europa.eu - tél +33 3 88 17 75 25


Les frontières du virus

Ces jours derniers, en marge  de notre état de citoyen confiné, les scènes du dehors sont dignes du meilleur des films de science-fiction : parcs fermés, terrasses condamnées, frontières verrouillées et rues désertes. Le seul brin d’espoir apparaît sur les balcons qui se remplissent chaque soir à 20h pour saluer le travail des soignants et de toutes les personnes qui nous facilitent le quotidien.

Sur le plan politique, ce film de science-fiction ressemble de plus en plus à une mauvaise comédie, en tout cas pour ceux qui rêvent depuis longtemps d’un projet européen fort. En effet, en survolant les principaux journaux du continent, nous nous rendons compte de la disparité des stratégies et des mesures adoptées par chaque Etat membre, visant à faire face à un virus qui ne s’arrête pas aux postes frontaliers.

De surcroît, en attendant l’arrivée d’une vraie réponse européenne, nous retrouvons par exemple dans ces mêmes journaux les images inédites de l’atterrissage de l’armée russe en Italie, à ce jour encore membre de l’OTAN. En effet, si le soutien de la Russie ou d’autres puissances étrangères telles que la Chine, la Turquie ou Cuba doit être salué, les Européens devraient exiger à nos institutions communes une réponse d’ensemble et solidaire pour venir en appui des pays et régions européennes les plus touchées par l’épidémie.

Reste que ce ne serait pas moins important de louer  la coopération entre régions transfrontalières au cœur de l’Europe. Ces derniers jours, nous avons vu comment dans un temps record se sont mis en place des actions de solidarité entre les territoires du Grand Est et le Luxembourg, la Suisse, l’Allemagne ou encore l’Autriche, pays qui ont pris en charge un nombre important de patients alsaciens afin de désengorger les hôpitaux locaux.

L’espoir n’est donc pas encore perdu et l’Europe reste plus nécessaire que jamais. (M.Berenguer - Secrétaire général de Paneurope France. 07.04.2020)


L'Europe de Bruxelles et de Francfort  sous les feux de la critique

(Les auteurs des articles que nous publions ci-après  sont responsables de leur contenu. Nous ne censurons pas. Nous nous efforçons au contraire de respecter la pluralité d'opinions pour nourrir le débat, même si nous sommes d'un autre avis).

Les postes ont été répartis dans l'UE. Tout est bien qui finit bien ?

par Rainhard Kloucek, Secrétaire général de Paneurope Autriche

Avec un certain retard, mais  plus vite en tout cas que l’actuel gouvernement allemand, la Commission européenne a été assermentée et a commencé son travail. A titre de comparaison, le 19ème  Bundestag allemand élu le 24 septembre 2017 avait été constitué le 24 octobre suivant, mais ses députés n'avaient élu Angela Merkel comme chancelière que le 14 mars 2018 (par 364 voix pour sur 688).  Plus de quatre mois de carence gouvernementale en Allemagne…

Moins d'un mois et demi après les élections européennes du 23-26 mai 1919, Ursula von der Leyen, la candidate de la chancelière allemande, a été élue présidente de la Commission européenne le 2 juillet. Finalement, le temps d'attente à Bruxelles aura été bien plus court qu'à Berlin. L’élection avait été précédée pourtant d’un débat sur la question de savoir comment élire le président de la Commission. Fallait-il opter pour le modèle du « Spitzenkandidat » ou fallait-il procéder aux nominations par accords entre groupes ?

Le « Spitzenkandidat » est un terme allemand (prononcé Chpitzenekandidate) qui peut se traduire par « tête de liste ». Il désigne  le candidat d'un parti majoritaire comme prétendant à la direction du gouvernement d'un Land allemand et évoque depuis 2014  dans le jargon institutionnel européen, le mode de désignation du président de la Commission européenne choisi par la majorité du Parlement européen à la suite des élections. L’autre mode de désignation du chef de la Commission consiste à proposer comme candidat une personne choisie par le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement généralement en accord avec les partis représentés au Parlement car de toute manière le président de la Commission doit obtenir la confiance du Parlement de l’UE. Cest ainsi qu’a été élue Mme von der Leyen.  

En fin de compte, c'est la deuxième procédure qui a prévalu. Cela a souvent été critiqué. On a parlé d’un marchandage pas très démocratique entre partis et États-membres. Ceux qui ont le sens des réalités remarqueront toutefois que c'est ainsi que les postes sont pourvus en politique. Il n'en aurait pas été autrement si la procédure du « Spitzenkandidat » avait été utilisé. Il faut garder présent à l'esprit qu'il s'agissait d'équilibrer les intérêts d’au moins quatre familles de partis et 28 ou 27 États, en tenant compte de l’équilibre entre grands et petits pays, et aussi de l’équilibre entre l'Est et l'Ouest de l'UE. Dans un petit pays, la formation d'un gouvernement prend souvent plus de temps que cette répartition si complexe des postes européens.

La question décisive n'est pas de savoir comment quelqu'un est nommé, mais si les choix des personnalités qui ont été arrêtés, serviront vraiment à relever les défis auxquels l'Europe dans son ensemble et l'UE sont confrontées. Dans de nombreux cas, les doutes sont justifiés.

Cela commence par un grand nombre de postes qui soulèvent de grandes questions et cela va jusqu'aux grands programmes qui émanent de la Commission et sont soutenus par le Parlement Européen.

Une présidente controversée

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, est certainement une politicienne experte en matière de politique, le but  de la politique étant d’être et de rester au pouvoir. Elle l'a prouvé lorsqu'elle était ministre en Allemagne avec le soutien du parti chrétien-démocrate CDU de Merkel. Si l'on juge en revanche sa compétence en termes de performances, l'état catastrophique de la Bundeswehr à la fin de son mandat de ministre de la Défense de la République fédérale d'Allemagne reste inoubliable. Tout comme en Autriche, la défense nationale allemande a été de facto ruinée par la politique gouvernementale. En outre, dans le bilan allemand de von der Leyen, on trouve les nombreux contrats qui ont servi à distribuer des dizaines de millions d'euros d'impôts à des clients sans produire de résultats significatifs en termes d'amélioration de la Bundeswehr.

Le fait que ce scandale n'ait pas nui à l'actuelle présidente de la Commission européenne peut être la preuve de sa réelle habileté, de la soustraction de la politique gouvernementale actuelle aux regards de l’opinion publique, de la docilité des médias lorsqu’on mène –tout en étant en principe à droite –une politique de gauche. Mme von der Leyen s’est servie de ses six années à la tête de la Défense allemande pour nouer des contacts internationaux qui lui ont certainement été utiles lors de son élection à Bruxelles. Cette femme politique  distinguée et polyglotte nous réserve probablement quelques surprises.

Déficits majeurs en matière de politique étrangère

Le poste le plus problématique est probablement celui du Haut représentant pour la politique étrangère, Josep Borell Fontelles. La politique étrangère reste l'une des grandes faiblesses de l'UE, à preuve l'agression russe contre l'Ukraine ou les récents évènements au Moyen-Orient ainsi que le conflit entre l'Iran et les États-Unis. Sur tous ces dossiers brûlants, l'Europe est restée hors jeu. L'une des raisons en est que les États membres aiment se référer en paroles à une politique étrangère européenne, mais qu’ils ne le permettent pas, car ils aiment eux-mêmes faire de la politique étrangère tout en n’ayant plus la force de le faire. D'autre part, cette faiblesse est due aux personnes qui en sont responsables au sein de la Commission et du Conseil (le Haut représentant est membre de la Commission mais préside également le Conseil des ministres des affaires étrangères). Il doit bien sûr tenir compte de l'étroitesse d'esprit des États membres.

La faiblesse est voulue par les États

Federica Mogherini était déjà faible. Borell sera en plus mauvaise posture encore qu’elle, parce qu’il porte le fardeau espagnol. L’Espagne s’oppose à la reconnaissance du Kosovo. Depuis 2003, l'Union européenne a promis l'adhésion aux six pays d'Europe du Sud-Est qui ne font pas encore partie de l'UE. Jusqu'à présent, ces adhésions ont subi de nombreux blocages imposés par les États membres et, tout récemment, par la France.

 La Commission et le Parlement européens étaient prêts à aller de l’avant. L'un des problèmes non résolus en Europe du Sud-Est est la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par tous les pays de l'UE. Cinq pays ont jusqu'à présent refusé de la reconnaître, dont l'Espagne. Les quatre autres pays qui ont refusé la reconnaissance ne posent pas de réels problèmes. Ainsi les citoyens du Kosovo peuvent-il se rendre sans problème en Slovaquie par exemple, bien que celle-ci n’ait pas encore reconnu l’indépendance kosovare. Il y a des contacts au niveau gouvernemental, une coopération au niveau des fonctionnaires, et lors de la conférence Globsec sur la sécurité, qui se tient à Bratislava, les politiciens du Kosovo peuvent être présents sans problèmes.

Le Kosovo et le problème espagnol

Mais l'Espagne a une autre position. Les citoyens du Kosovo ne sont pas autorisés à entrer en Espagne. Un visa Schengen n'est pas valable pour les Kosovars. Il existe toujours en Espagne une obligation de visa pour le Kosovo bien que le pays ait rempli toutes les obligations depuis plus d'un an pour la supprimer. Or, sans le Kosovo, il n'y a pas de solution pour l'Europe du Sud-Est. L'intégration de ces pays dans l'UE est dans l'intérêt stratégique de l'UE, cela a été souligné dans divers articles de ce magazine et dans les articles du blog de Karl von Habsburg, président du Mouvement paneuropéen d’Autriche. Alors que le blocus du Kosovo relevait auparavant de la responsabilité de chaque pays de l'UE, avec Borell, la Commission risque d’adhérer à l’idée du blocus.

Le cas problématique de Christine Lagarde

La nomination de Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) est très problématique. Non seulement parce que l'ex-politicienne française a été condamnée par un tribunal mais n'en a jamais subi les conséquences pour raisons politiques. Comme son prédécesseur, elle défend une politique monétaire très souple. L'Italien Mario Draghi avait ouvert les vannes de l'argent pour sauver les banques, les États en faillite et l'euro. À cette fin, la BCE a racheté des obligations d'État à très grande échelle, ce qui équivaut à un financement des États par la banque centrale européenne. Bien que cela soit interdit en principe dans l'Eurosystème, c’est toléré, y compris par des décisions de justice. Le financement public par la banque centrale se fait toujours aux dépens des citoyens, car cet argent est "imprimé" et non gagné.

La zombification de l'économie

Dans le même temps, une politique de taux d'intérêt bas a été lancée sous Draghi. Elle a abouti depuis à des taux d'intérêt négatifs infligés aux comptes en banque. Quiconque place son argent dans une banque perd de l'argent. Si le taux d'intérêt tombe en dessous du taux du marché en raison d'une intervention politique, cela revient à une expropriation massive des épargnants. Du capital social est détruit et la prévoyance vieillesse privée est menacée. Dans le même temps, le taux d'intérêt artificiellement réduit maintient en vie des entreprises qui auraient disparu depuis longtemps si les conditions du marché étaient respectées.

Dans ce cas, on parle d'une zombification des entreprises. Normalement, une entreprise prospère grâce à l'innovation, à a prise de risque entrepreneurial, à des produits nouveaux et meilleurs. Joseph Schumpeter a parlé de destruction créatrice. Les entreprises dont les produits ne répondent plus aux besoins des consommateurs disparaissent du marché. De nouvelles entreprises apparaissent susceptibles d’offrir de nouveaux et meilleurs produits à des conditions plus favorables. Mais le flot d'argent bon marché déversé par la BCE maintient sur le marché les entreprises faibles et obsolètes. Ces sont mortes-vivantes, n'apportent plus de réelles innovations, mais se maintiennent en vie grâce au goutte-à-goutte du crédit bon marché. D'où la zombification.

L'innovation assure la prospérité

Or, le pouvoir innovation des entreprises avait été l'une des recettes du succès de l'Europe. Aujourd'hui, notre continent commence à prendre du retard dans de nombreux domaines par rapport à d'autres pays et régions. Cette évolution à rebours, tout comme la destruction de capital social, met en danger la prospérité des Européens. Le marché aurait depuis longtemps exigé une augmentation des taux d'intérêt, mais cela aurait posé des problèmes insolubles aux États fortement endettés. Le service des intérêts serait inabordable. L'intérêt politique d'un taux d'intérêt artificiellement réduit - avec toutes ses conséquences négatives - est dans l'intérêt de la politique, pas dans celui de l'économie.

Christine Lagarde a déjà annoncé d'autres méthodes pour augmenter artificiellement la masse monétaire. Il ne s'agit plus seulement de sauver des États ou des banques endettés, il s'agit immédiatement de sauver le monde entier. À l'avenir, la BCE devrait mettre de l'argent à disposition pour sauver le climat. (RK - décembre 2019-janvier 2020)



Europa


Sophie von StralendorffEin mutiger Schritt nach vorn: Die deutsch-französische Initiative zum wirtschaftlichen Wiederaufbau der EU

Der gemeinsame Vorschlag des französischen Staatspräsidenten Emmanuel Macron und der deutschen Bundeskanzlerin Angela Merkel zur wirtschaftlichen Erholung der europäischen Staatengemeinschaft  einen sogenannten European Recovery Fund  zu schaffen,  kann man durchaus als ein politisches Ereignis ersten Ranges betrachten. „Es ist ein prominenter politischer Fortschritt“, schrieb der Leitartikler der Tageszeitung Dernières Nouvelles d’Alsace, Pascal Coquis, in Straßburg, denn es signalisiert, dass „ein Tabu gebrochen worden“ sei: „Plötzlich ist Solidarität kein Unwort mehr und man darf es zu Tisch aussprechen, selbst, wenn 27 Gäste dabei sind“.[1]

 Die Ausgangslage: Ein krisengeschütteltes Corona-Europa

Es ist unbestritten, dass die Corona-Krise nicht nur zahlreiche Menschenleben, sondern auch einen immensen Verlust wirtschaftlicher Existenzen forderte, der keinesfalls unterschätzt werden darf. Sie hat in ihrer Eigenschaft als Pandemie gezeigt, dass sie keine Rücksicht auf nationalstaatliche Grenzen nimmt. Wir befinden uns alle in einer Ausnahmesituation: Jeder EU-Mitgliedstaat, ja fast alle Staaten auf der Welt  sind in irgendeiner Form davon betroffen. 

Sobald das eigene Leben, Familie und enge Freunde nicht unmittelbar gesundheitlich gefährdet sind, richtet sich der Fokus wieder auf die nächstgrößere Problemebene: die Wirtschaft. Ja, die wirtschaftliche Rezession wird vermutlich noch über mehrere Jahre hinweg für uns alle spürbar bleiben und nur Stück für Stück und in kleinen Schritten überwunden werden können. Und nicht nur das. Viele sagen, dass es sich bei der Corona-Krise um die größte Herausforderung in der Geschichte der Europäischen Union handelt. Es besteht die Gefahr, dass sie unter der persönlichen und wirtschaftlichen Anstrengung, die zur Bekämpfung des Virus von Bürgern und Nationalstaaten abverlangt wird, buchstäblich zusammenbricht.

Natürlich ist es verständlich, wenn sich die einzelnen Mitgliedstaaten im Zeichen der Bedrohung zunächst kurzfristig auf sich selbst besinnen, um schnelle und effektive Maßnahmen zur existentiellen Sicherung zu ergreifen. Auf lange Sicht ist dieser individuelle Krisenmodus angesichts einer gesamteuropäischen Bedrohung aber nicht zielführend. Zusätzlich zu den individuellen bedarf es hier in entscheidender Weise auch gesamteuropäischer nachhaltiger Maßnahmen. Für den Zusammenhalt und unser aller selbst willen, denn ohne einen funktionierenden Binnenmarkt kann auch der wirtschaftlich stabilste europäische Staat bald einpacken.

Der Plan: Gemeinsam statt einsam

Auf diese Überzeugung gründet sich nun die überraschende deutsch-französische Initiative des europäischen Wiederaufbau-Fonds. Dabei sollen bis zum Jahr 2027 insgesamt 500 Milliarden Euro von der EU an den Finanzmärkten aufgenommen und zweckgebunden durch den mehrjährigen EU-Finanzrahmen zur Verfügung gestellt werden. Diese gemeinsam finanzierte europäische Anleihe soll vor allem denjenigen Regionen in Form von Zuschüssen zugutekommen, die unter der Krise am meisten zu leiden haben.

Vorgesehen ist eine Kompensierung der Schulden durch nationale Beiträge nach 2027 und über einen längeren Zeitraum hinweg. Mit den Worten von Tina Hassel [2]: „Zu Gunsten der besonders Betroffenen – aber zurückgezahlt von Allen, nach dem jeweils gültigen EU-Haushaltsschlüssel“. Das ist europäische Solidarität par excellence. 

Die Herausforderung: alle 27 überzeugen

Der deutsch-französische Vorschlag an die Europäische Kommission muss selbstverständlich erst noch von dieser angenommen und dann durch alle 27 Mitgliedstaaten ratifiziert werden - eine besondere Herausforderung aufgrund erheblicher Meinungsverschiedenheiten, die wir aus früheren Diskussionen bereits kennen. Schon jetzt zeichnet sich deutlich ab, dass einige Staaten der Initiative in dieser Form nicht zustimmen werden, da sie eine Schuldenvergemeinschaftung grundsätzlich ablehnen. Konkret sind dies aktuell Österreich, Dänemark, Schweden und die Niederlande. Deutschland gehörte traditionsgemäß ebenfalls dieser Gruppe an, deren Überzeugung in einem grundlegenden Gegensatz zu der von Frankreich und anderen mehrheitlich südländischen Staaten vertretenen Ansicht steht. 2008 und 2011, als Griechenland kurz vor dem Abgrund stand, gab es starken Widerstand gegen Zuschüsse in  das griechische „Fass ohne Boden“ Geld zu werfen und in Deutschland wurde gegen die als „Transferunion“ bezeichnete Europäische Union heftig protestiert. Die aktuelle deutsch-französische Übereinkunft erscheint vor diesem Hintergrund daher umso erstaunlicher und lässt vermuten, dass sich die deutsche Linie verändert hat, ja, regelrecht durchbrochen wurde. Ursula Weidenfeld weist in ihrer Kolumne „Der Bruch aller Tabus“[3] explizit auf den ungewöhnlichen Schritt der deutschen Bundeskanzlerin hin, der innerhalb der Bundesrepublik höchst kontrovers diskutiert wird. Das sei, so spekuliert sie, nur möglich gewesen, weil sich die Kanzlerin 2021 nicht noch einmal zur Wahl stellen wolle. 

Es ist bemerkenswert, dass in dieser speziellen Ausnahmesituation die deutschen und französischen Vertreter der konkurrierenden Nord/Süd-Standpunkte aufeinander zugegangen sind und sich tatsächlich auf eine gemeinsame Initiative einigen konnten. Eine Vorgehensweise, die unmittelbar an frühere Krisensituationen und an die Rolle Deutschlands und Frankreichs erinnert. Die deutsch-französische Zusammenarbeit scheint nach langer Zeit wieder Fahrt aufgenommen zu haben.

Die Vorgeschichte: Merkel in den Fußstapfen ihrer Vorgänger

Soweit die aktuelle Analyse. Wer aber, ob Merkel oder Macron, eine Regierung führt, handelt nicht im luftleeren Raum und wirft immer auch einen Blick auf die Vorgeschichte seines Landes.

Womöglich nahm Angela Merkel sich in ihrer Entscheidung Gerhard Schröder zum Vorbild, der 2005 kurz vor Ende seiner Kanzlerschaft beschloss, die Agenda 2010 zu verkünden, in welcher einschneidende Kürzungen sozialer Vorteile, besonders in der Arbeitswelt, vorgesehen waren. Damit war er sicher, zwar seine linke Mehrheit zu verlieren, aber gleichzeitig der damals hinkenden deutschen Wirtschaft dringend benötigte Hilfe zu leisten. Daran erinnerte sich der Altkanzler in einem Interview mit dem französischen Magazin „Le Point. [4] Merkels damals oppositionelle CDU unterstützte die Reform von Schröder 2005 mit ihren Stimmzetteln im Bundestag und profitierte  noch im gleichen Jahr  davon durch die Wahl ihrer Vorsitzenden zur Nachfolgerin Schröders. 

Ob es  von Schröder tatsächlich so geplant war, bleibt dahingestellt, denn er wäre  bestimmt gerne Kanzler geblieben, wie man  aus seinem Verhalten nach der 2005er Bundestagswahl vermuten kann. In diesem Interview mit der französischen Journalistin Pascale Hugues bedauerte er jedenfalls, dass der französische sozialistische Präsident François Hollande im Jahre 2017  anders verfahren war, als er selbst vor den Wahlen stand, die er, wie sich bereits abzeichnete, gegen Macron verlieren sollte. Angela Merkel könnte sich mit ihrer jüngsten Entscheidung  aber wohl vor allem auch an Helmut Kohl orientiert haben , der 1992 auf dem Höhepunkt seines Ruhms, zwei Jahre nachdem er den Ostdeutschen die von ihnen ersehnte deutsche Mark geschenkt hatte, beschloss, diese in den Euro zu verwandeln,  um damit die Einheit Europas zu festigen und unumstößlich zu machen. Die Kanzlerin ist sich der Tatsache bewusst, dass die deutsche Entscheidung zugunsten einer gemeinsamen europäischen Währung im Maastrichter Vertrag  1992  nicht ökonomischer, sondern  politischer  Natur war. Die deutsche Mark war damals das Emblem der Bundesrepublik. Sie aufzugeben hat Helmut Kohl  mit Sicherheit geschadet und zu seiner Abwahl 1998 beigetragen. Aber drei Jahrzehnte später ist der Euro zum Sinnbild Europas geworden und kaum jemand stellt ihn in Frage. Auch nicht mehr Rechtsaussen.

Ebenso aus deutscher Sicht unökonomisch, aber politisch, war vor wenigen Tagen Merkels Schulterschluss mit ihrem Kollegen Macron, als beide beschlossen, den „chronisch verschuldeten“ Südstaaten Europas unter die Arme zu greifen. Die Corona-Krise macht so manches möglich, was sonst  wohl undenkbar gewesen wäre. Merkels Aura ist im Moment  sicher nicht so glänzend wie diejenige Kohls es zwei Jahre nach der deutschen Wiedervereinigung war, aber, angefangen mit ihrer Fernsehrede vom 18. März 2020, hat sie durch ihre Handhabung der Corona-Krise, wieder mächtig Punkte gesammelt So kann sie es sich leisten, in ihrem Land gegen den Strom zu schwimmen. Entgegen aller Unkenrufe hat sie sich also für ein geeintes Europa als Überlebensstrategie für Deutschland entschieden. Sie weiß wie damals Kohl, dass die Bundesrepublik Deutschland ohne eine insgesamt gesunde EU auf lange Sicht nicht stark bleiben kann.

Hilfeleistung für Macron: Sie haben sich „zusammengerauft“

Emmanuel Macron kann mit der deutsch-französischen Entscheidung von 2020 auch einen Erfolg für sich verbuchen. Dass Brüssel und die EZB einige Zeit gezögert hatten, sich für die Wirtschafts- und Finanzerholung der EU einzusetzen, war ihm im eigenen Land angelastet worden. Nun freuen sich die französischen Eliten unisono. In den soeben erwähnten Dernières Nouvelles d’Alsace schrieb der Franzose Coquis: „L’Allemagne a changé de camp“ (Deutschland hat das Lager gewechselt). Bis dahin hatte es, unterstrich er, zwei Lager gegeben, ein erstes „der Tugendhaften, Fleißigen, die im Schweiße ihres Angesichts sparen, und ein anderes, die Vergeuder, die Faulenzer, die Betrüger“, die Geld auf Kosten anderer ausgeben. 

 Für Coquis war es wohl wichtig, dass Berlin als Garant dieses Fonds auftritt. Es  mache nämlich einen großen Unterschied, seitdem „das Schwergewicht“  Deutschland nicht mehr zu dem Lager der bedingungslosen Sparpolitik gehöre,  so der französische Leitartikler. Noch plakativer jubilierte die französische Zeitung Aujourd’hui en France. [5] Sie freute sich in ihrer Ausgabe vom 21. Mai 2020, dass die Bundesrepublik Deutschland „das Lager der Geizhälse“ verlassen habe. Die Franzosen scheinen sich sicher zu sein, dass die anderen Staaten im Norden, plus Österreich, bei der Unterstützung der „lahmen Enten“ Europas mitmachen werden. Das kann man nur hoffen. 

Fakt ist, dass Deutschland und Frankreich in dieser besonderen Situation einen außerordentlich mutigen und notwendigen Schritt nach vorn gemacht und sich entgegen ihrer traditionellen Grundüberzeugungen wieder einmal zu einem Kompromiss „zusammengerauft“ haben. Denn es ist und bleibt ein Kompromiss, der auf Zugeständnissen beider Seiten beruht: eine mögliche Schuldenvergemeinschaftung ohne Corona-/Eurobonds. 

Ob allerdings der in den vergangenen Jahrzehnten zu Krisenzeiten immer wieder bewährte Motor auch diesmal stark genug ist, hängt nun in ganz entscheidendem Maße von der Bereitschaft der verbleibenden 25 Mitgliedstaaten ab, sich dem Vorschlag anzuschließen und die so oft deklarierte europäische Solidarität Wirklichkeit werden zu lassen. Denn außergewöhnliche Situationen erfordern nun einmal außergewöhnliche Maßnahmen. (Sophie von Stralendorff - 21.Mai 2020)

[1]Pascal Coquis (20.05.2020) : "Tentative d’échappée en solidaire“, Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), „L’EDITORIAL“ S. 3.

[2]Tina Hassel (18.05.2020): „Mutig am Abgrund“, verfügbar unter: https://www.tagesschau.de/ausland/corona-deutschland-frankreich-eu-103.html

[3]Ursula Weidenfeld (20.05.2020): „Der Bruch aller Tabus“, verfügbar unter: https://www.t-online.de/finanzen/id_87906590/nur-angela-merkel-kann-fuer-neue-staatsschulden-zugunsten-anderer-laender-werben.html

[4] Pascale Hugues (4.03.2020). Interview: « Gerhard Schröder juge Emmanuel Macron ». « Le Point ». 

[5] Henri Vernet und Charles de Saint Sauveur (21.05.2020). « Macron et Merkel feront-ils plier le « club des radins » ?. « Aujourd’hui en France ». S. 5. 


Der Anti-Europäer: ÖsterreichsKanzler Sebastian Kurz

Österreichs Bundeskanzler Kurz tat sich in dieser Woche mit einem Gegenvorschlag zum Corona-Hilfsplan von Merkel und Macron hervor (vgl. Artickel von Sophie von Stralendorff hieroben) 

 Norbert Röttgen Norbert RöttgenDer CDU-Außenpolitiker und Bewerber um den Vorsitz der CDU, Norbert Röttgen, hat in scharfen Worten Kritik am Corona-Hilfsplan der "sparsamen Vier" um Österreichs Bundeskanzler Sebastian Kurz geübt. "Der Vorschlag der geizigen Vier ist eine einzige Provokation, weil er das Problem nicht lösen, sondern verschärfen würde", sagte Röttgen der "Süddeutschen Zeitung". Wir in der Redaktion des "Atelier de Strasbourg" fügen hinzu: Ganz offensichtlich ist bei dieser Intiative von Kurz die Profilsuche des Jungkanzlers die erste Motivation. Leider steht Kurz an der Spitze der Zwergstaaten Europas und was er erreichen kann, ist vor allem ein Verzwergung der Europäischen Union. 

Er wird die Unterstützung der Gnome und Bürokraten bekommen, die die Tragweite und die Tragik der heutigen Situation nicht ermessen. Man kann sich auch fragen, ob kleine Staaten in Europa, die wir keineswegs verachten, die auch ein Existenzrecht haben, dennoch begreifen was Schickal ist und ob sie überhaupt fähig sind, in historischen Kategorien zu denken. Vielleicht sollte man auf die Urszene der EWG zurückgreifen und die wichtigsten Entscheidungen den Grunderstaaten überlassen, und zwar Deutschland, Frankreich, Italien und alle drei Zusammen die Beneluxstaaten, da Belgien und Luxemburg Europa offensichtlich besser als die Niederlande verstehen.

Die zu hohe Verschuldung einzelner Länder sei nicht mit dem Angebot weiterer Schulden zu lösen, so der Vorsitzende des Auswärtigen Ausschusses im Bundestag weiter. Taktisch gehe es, meint Röttgen, diesen vier wohlhabenden Ländern nur darum, ihren bisherigen Rabatt bei den Beiträgen zum EU-Haushalt zu erhalten. Dafür nehme die Gruppe "nicht nur die wirtschaftlich besonders hart getroffenen Länder wie Italien und Spanien, sondern auch den Zusammenhalt der EU in diesen schweren Zeiten als Geiseln". Die Länder bedienten überdies "den Populismus im eigenen Land und nehmen in Kauf, den Populismus in anderen Ländern zu schüren", sagte Röttgen.

Der Alternativvorschlag der als "sparsame Vier" bekannten Gruppe aus Österreich, Dänemark, den Niederlanden und Schweden sieht eine einmalige und auf zwei Jahre befristete Nothilfe auf der Basis von günstigen Krediten vor. Österreichs Kanzler Sebastian Kurz warnte mit Blick auf die deutsch-französische Initiative vor einer "Schuldenunion durch die Hintertür".

"Verlogener Schwarzfahrer-Vorschlag" 

Am Vorschlag der Vier übten auch die Grünen deutliche Kritik und sprachen von einem "verlogenen Schwarzfahrer-Vorschlag". "Die geizigen Vier profitierten selber ökonomisch massiv von einem funktionierenden Binnenmarkt, wollen aber den Beitrag dafür auf die Schultern der anderen verteilen und gleichzeitig zu Hause populistisch dagegen agitieren", sagte die Grünen-Europaexpertin Franziska Brantner der "SZ".

Unterstützung erhielten die Länder um Österreich hingegen vom CDU-Wirtschaftsrat. "Der Vorschlag ist eine gute und vor allem eine wirklich schnell helfende Alternative zur deutsch-französischen Initiative", sagte der Generalsekretär des Wirtschaftsrats, Wolfgang Steiger, dem "Handelsblatt". "Kredite statt Zuschüsse sind genauso der richtige Weg wie die klare zeitliche Begrenzung." (Atelier de Strasbourg, AFP,  t-online.de, 25.05.2020)


Pressemitteilung des deutschen Außenministers Heiko Maas zum Europatag (09.05.20) : 

 „Die Europäische Einigung ist ein Geschenk – gerade für uns Deutsche. Das ist uns in diesen Tagen, in denen wir das Ende des Zeiten Weltkriegs vor 75 Jahren begehen, besonders bewusst. Am 8. Mai 1945 wurde Europa vom Nationalsozialismus befreit – wir auch. Ein grausamer Krieg mit unvorstellbar vielen Toten und Vernichtung fand endlich ein Ende. Was wir in Europa seitdem aufgebaut haben, ist einzigartig auf der Welt. Darauf sind wir stolz und es ist gleichzeitig ein Ansporn in der aktuellen Krise.

Unser Europa – vereint in Solidarität und Vielfalt – wird herausgefordert, wie vielleicht seit dem Ende des Zweiten Weltkriegs nicht mehr. Wir kämpfen gemeinsam mit dem tödlichen Coronavirus und seinen Folgen. Die Bilder aus den besonders betroffenen Regionen haben uns in ganz Europa tief berührt. Unser Dank gilt insbesondere allen in der Kranken- und Altenpflege, die um jedes Leben ringen.

Wenn wir an den Beginn der Krise zurückschauen, müssen wir uns offen eingestehen: Europa war nicht gut vorbereitet auf diese Pandemie. Die meisten Staaten waren in den ersten Tagen sehr mit sich selbst beschäftigt – auch Deutschland. Das war aber auch notwendig, um unsere eigene Handlungsfähigkeit zu sichern und dann auch anderen helfen zu können. Aber die Europäische Union ist seitdem mit jedem Tag an der Krise gewachsen. Wir haben in vielen Bereichen gemeinsame Antworten gefunden: Wir kooperieren bei der Beschaffung medizinischer Güter und der Forschung an Impfstoffen. Wir haben zum Beispiel in Deutschland Intensivpatienten aus Italien, Frankreich und den Niederlanden aufgenommen. Und: Wir haben in kürzester Zeit über eine halbe Billion Euro zur Krisenbewältigung mobilisiert.

Diese Solidarität unter den EU-Staaten ist weltweit einzigartig, auch das gehört zur Wahrheit dazu. Das sollte uns allen Mut machen für den langen Weg, den wir noch vor uns haben. Die Europäische Union soll gestärkt aus der Krise hervorgehen, das ist die Richtschnur für die deutsche Bundesregierung. Dazu wird Deutschland auch weiter einen solidarischen Beitrag leisten.

Ich wünsche Ihnen zum Europatag 2020 alles Gute – und bleiben Sie gesund!“


Amélie de Montchalin

Eventuelle schädliche Auswirkungen auf der anderen Seite der Grenze vermeiden

Am Tage eines Europäischen Gipfels, der zur Schaffung eines Fonds zur Unterstützung der wirtschaftlichen Erholung Europas aufgerufen war, gab die französische Staatssekretärin für Europäische Angelegenheiten, Amélie de Montchalin, am Donnerstag, den 23. April 2020, der französischen Zeitung  "Aujourd'hui en France" ein Interview, das nichts von seiner Aktualität verloren hat. Wir werden insbesondere davon behalten, dass Europa seine Autonomie der Produktion wiederherstellen muss und dass die vorübergehende Schließung der normalerweise offenen Grenzen im Schengen-Raum Teil der Gesundheitspolitik ohne die nationalistischen Konnotationen ist, die ihr einige unterstellen. (siehe unseren Abschnitt Debatten). (JPP, 1.05.2020)

Frage. Von Dänemark bis Spanien, von Deutschland bis Italien entsteht in Europa der Eindruck, dass die Staaten in verstreuter Reihenfolge ihre Sicherheitsmaßnahmen auflockern. Sollten wir nicht die Gesundheitspolitik  besser harmonisieren?

Antwort. Eine totale Harmonisierung wäre nicht sinnvoll. Da das Virus nicht überall gleich verbreitet ist, ist die Gesundheitssituation nicht überall gleich. Unser Ziel, um eine zweite Welle der Seuche zu vermeiden, ist die Koordinierung der Absperrungsstrategien. Sich nicht gegenseitig gefährden: Bestimmte Maßnahmen, die von einem Land ohne Vorwarnung ergriffen werden, könnten auf der anderen Seite der Grenze schädliche Auswirkungen haben. Ich verbringe die meiste Zeit mit meinen Kollegen in den sieben Ländern um uns herum damit, unsere Schritte zu justieren. *

Was muss getan werden?

Wenn wir die Wirtschaftstätigkeit, den Handel, wieder öffnen wollen, müssen wir uns einerseits damit befassen, wie die Pendler über die Grenze gelangen können, wie wir den Transport über die Grenze organisieren können. Wir müssen auf beiden Seiten eine Form von Gleichberechtigung sicherstellen, damit die Arbeitnehmer auf beiden Seiten der Grenze die gleichen Rechte haben.

Wird ein Land bei der Entsperrung den Ton angeben?

Wenn wir beim Beispiel der Grenzgebiete bleiben, müssen wir zunächst die Lebensräume berücksichtigen. Man muss sich von der Realität des täglichen Lebens inspirieren lassen, um in einer zweiten Phase zu einer breiteren Mobilität überzugehen. Es wird Zwischenphasen geben, in denen es weder eine wirkliche Ausgangssperre im Alltag noch ein völlig freies Leben geben wird.

Geht es beim Europäischen Gipfel um die Zeit nach der Krise mit der gleichzeitigen wirtschaftlichen Erholung? 

Das Ziel besteht darin, unsere Aktion der 27 nützlich zu machen. Wie können wir gemeinsam und aufrecht aus der aktuellen Gesundheitskrise und aus der drohenden Wirtschaftskrise aussteigen? Sonst wird die Glaubwürdigkeit Europas einen schweren Schlag erleiden. Das Instrument ist ein solidarischer Erholungs- und Wiederaufbaufonds. Wir brauchen eine gemeinschaftliche Eignung zur Erholung, denn unsere Volkswirtschaften sind extrem voneinander abhängig. Wir alle sind die Lieferanten und Kunden unserer Nachbarn. Kein Land, so reich es auch sein mag, kann sich aus eigener Kraft erholen.

Was werden Sie konkret tun?

Einen europäischen Unterstützungsplan für kleine, mittlere und große Unternehmen auf dem Kontinent gestalten, damit sie weiterhin produzieren, verkaufen und exportieren können und Mitarbeiter auf europäischem Boden haben, um unsere strategische Autonomie zu gewährleisten. Es ist klar, dass wir in Europa gemeinsam in den Gesundheits- und Medizinsektor investieren müssen, um aus der sehr starken Abhängigkeit in Sachen Heilmittel und medizinische Ausrüstung herauszukommen. Produktionsketten werden zurück verlagert werden müssen, und wir werden eine echte strategische Souveränität Europas erreichen müssen.

Wie viel Geld wird diesem Fonds zur Verfügung stehen?

Er muss über mehrere hundert Milliarden Euro verfügen, Es wird von dem Zeithorizont abhängen, der ihm vorgegeben wird, und von den Bedürfnissen der Industriesektoren. Von den Mitteln also, die sie brauchen werden, um in Europa zu bleiben. Es ist noch zu früh, es zu sagen, aber 1 000 Milliarden Euro wären die Größenordnung.

*Die Anrainerstaaten Frankreichs sind geografisch Spanien, Italien, die Schweiz, Deutschland, Luxemburg, Belgien und das Vereinigte Königreich.

(Veröffentlichung vom Ministerium genehmigt)


Die Wochenzeitung « Bild am SonntagUrsula von der Leyen hat am 12. April 2020 ein telefonisches Interview mit der EU-Kommissionpräsidentin, Ursula von der Leyen, durchgeführt. Die Präsidentin, die nach 6 Wochen Arbeit, ohne ihren Bürotrakt im Brüsseler Berlaymont zu verlassen, in ihrem Dienstwagen zu ihrer Familie in Niedersachsen fuhr, hat  Klartext gesprochen. Sie antwortete ZU EUROPA:

Europa steckt in seiner größten Krise. Stirbt die EU am Coronavirus?“ 

„Am Anfang war die Gefahr sehr groß, dass die Europäische Union zerreißt. Es mangelte an Solidarität, jeder guckte nur auf seine Probleme, die Grenzen gingen ohne Absprache zu. Nach ein paar Tage stockte nicht nur der Warenverkehr, die Mitgliedsstaaten haben auch gemerkt, dass sie so auch die eigenen Probleme Verschlimmern. Heute ist der Wille, das gemeinsam durchzustehen wieder da. Es finden sich Lösungen, die noch vor sechs Wochen undenkbar waren. Dadurch wächst das Gemeinschaftsgefühl und die Zuversicht. (...)

 „Wie sieht Ihr Europa nach Corona aus?“

“Wir haben in der Krise mit 27 kleinen, zaghaften und nach innen gewandten Herzen angefangen. Nun wachsen wir zusammen zu einem Herz. Es muss noch kräftiger schlagen. Daran arbeite ich hart. Ich möchte, dass wir eines Tages sagen: Es war schwer, aber wir haben es geschafft, wir sind als europäische Gemeinschaft  an dieser Krise gewachsen“. (...)

ZU DEN ENTSCHLEUNIGUNG- UND DISTANZIERUNGMASSNAHMEN:

„Wann können wir unsere Wirtschaft, unseren Alltag wieder hochfahren?“

Wir werden in den kommenden Tagen Leitlinien mit Empfehlungen vorstellen, wie die Notfallmaßnahmen aufgehoben werden können – ganz vorsichtig, Schritt für Schritt. Wir nennen kein Datum, weil die Mitgliedstaaten in ganz unterschiedlichen Stadien der Pandemie sind und jedes Land selbst entscheidet“.

Was ist jetzt mit dem Sommerurlaub? Jetzt schon buchen?“

Ich rate dazu, mit solchen Plänen noch zu warten. Für Juli und August kann derzeit niemand verlässliche Vorhersagen machen“.


Rainhard KloucekEuropa in Brüssel ud Frankfurt: Eine Kritik

Die EU-Stühle wurden verteilt: Ende gut, alles gut? 

von Rainhard Kloucek

Mit etwas Verspätung, aber immerhin viel schneller als die deutsche Regierung ist die Europäische Kommission angelobt worden und hat ihre Arbeit aufgenommen. Immerhin hatte sich der am 24. September gewählte 19. Deutsche Bundestag am 24. Oktober 2017 konstitutiert, aber die Abgeordneten wählten Angela Merkel (364 Ja-Stimmen von 688 abgegebenen Stimmen) erst am 14. März 2018 zur Bundeskanzlerin.  

Nicht einmal 1 ½ Monat nach der Europawahl am  Mai wurde Ursula von der Leyen, die Kandidatin der Bundeskanzlerin am 2. Juli zur Kommissionspräsidentin gekürt. Immerhin war die Wartezeit  um ein Deut kürzer in Brüssel als in Berlin. Dem voran ging ein Gerangel um die Frage, wer denn nun Kommissionspräsident werden dürfe. Gelte das Spitzenkandidatenmodell oder werden die Postenbesetzungen (vom Rat über die Kommission bis zur EZB) in einem Paket vereinbart.

Durchgesetzt hat sich letztlich das zweite Modell. Das wurde vielfach als parteipolitischer und machtpolitischer Postenschacher kritisiert. Wer mit Realitätssinn ausgestattet ist, wird aber zur Kenntnis nehmen, dass Postenbesetzungen in der Politik so ablaufen. Das wäre auch nicht anders gewesen, hätte das Spitzenkandidatenmodell gezogen. Man bedenke, hier ging es um einen Interessensausgleich von mindestens vier Parteienfamilien und 28 bzw. 27 Staaten, um einen Ausgleich zwischen großen und kleinen Ländern, und auch um einen Ausgleich zwischen Ost und West in der EU. So manche Regierungsbildung in einem kleinen Land dauert länger als diese komplizierte Postenkomposition.

Die entscheidende Frage ist nicht, wie jemand in seine Position kam, sondern ob die nun fixierten Personalentscheidungen dazu dienen werden, die Herausforderungen, denen Europa und die EU gegenüberstehen, tatsächlich zu meistern. Hier ist vielfach Zweifel berechtigt.

Das beginnt bei so mancher Postenbesetzung, die große Fragen aufwirft, und geht bis zu den großen Programmankündigungen, die von der Kommission kommen und vom Europäischen Parlament mitgetragen werden.

Mit schlechter Bilanz zur Präsidentin

Ursula von der Leyen, die Kommissionspräsidentin, ist sicherlich eine mit allen Wassern gewaschene Politikerin, die ihr Handwerk (an der Macht sein und an der Macht bleiben) beherrscht. Das hat sie in ihrer Zeit als Ministerin in Deutschland bewiesen. Noch dazu wird sie von der Merkel-CDU gestützt. Beurteilt man ihre inhaltliche Kompetenz, so bleibt aus ihrer Zeit als Verteidigungsministerin der Bundesrepublik Deutschland der katastrophale Zustand der Bundeswehr in Erinnerung. So wie auch in Österreich wurde die militärische Landesverteidigung von der Regierungspolitik de facto ruiniert. Dazu kommen in der deutschen Bilanz von von der Leyen die zahlreichen Beraterverträge, mit denen zig Millionen Euro an Steuergeld an Günstlinge verteilt wurden, ohne irgendwelche sinnvollen Ergebnisse im Sinne einer Verbesserung der Lage der Bundeswehr zu bringen.

Dass dieser Skandal der nunmehrigen Kommissionspräsidentin nicht geschadet hat, kann ein Beleg dafür sein, wie geschickt sie wirklich agiert, wie abgehoben Regierungspolitik mittlerweile funktioniert, wie handzahm Medien mittlerweile sind, wenn nur linke Politik gemacht wird. Ihre 6 Jahre an der Spitze der deutschen Verteidigung hat sie benutzt, um internationale Kontakte zu knüpfen, die ihr bei ihrer Wahl in Brüssel sicher nützlich gewesen sind. Diese vielsprachige vornehme Politikerin wird uns wohl noch mit einigen Schachzügen überraschen.

Große Defizite in der Aussenpolitik

Die wohl problematischste Postenbesetzung ist die des Hohen Vertreters für die Außenpolitik Josep Borell Fontelles. Die Außenpolitik ist nach wie vor eine der großen Schwächen der EU, das zeigen Beispiele wie die russische Aggression gegen die Ukraine oder auch die jüngste Entwicklung im Nahen Osten im Konflikt zwischen dem Iran und den USA. Europa ist abgemeldet. Das liegt einerseits daran, dass die Mitgliedsländer zwar rhetorisch gerne auf eine europäische Außenpolitik verweisen, tatsächlich aber keine zulassen, weil sie selber gerne Außenpolitik spielen, de facto aber nicht mehr die Kraft dafür haben. Andererseits liegt es an den dafür zuständigen Personen in Kommission und Rat (der Hohe Vertreter gehört der Kommission an, führt aber gleichzeitig im Rat der Außenminister den Vorsitz). Zweiteres ist natürlich eine Folge der Engstirnigkeit der Mitgliedstaaten.

Die Schwäche ist von den Staaten gewollt

Federica Mogherini war bereits schwach, bei Borell kommt dazu, dass er die spanische Erblast mit sich bringt. Seit 2003 verspricht die Europäische Union den sechs Ländern Südosteuropas, die noch nicht in der EU sind, den Weg in die Mitgliedschaft. Bisher gab es viele Blockaden von den Mitgliedsländern, zuletzt vor allem von Frankreich. Kommission und Europäisches Parlament waren zu Fortschritten bereit. Eines der ungelösten Probleme in Südosteuropa ist die Anerkennung der Unabhängigkeit des Kosovo durch alle EU-Länder. Fünf Länder haben bisher diese Anerkennung verweigert, darunter Spanien. Wobei alle anderen vier Anerkennungsverweigerer keine wirklichen Probleme machen. Bürger des Kosovo können ohne Problem beispielsweise in die Slowakei reisen, das die Unabhängigkeit noch nicht anerkannt hat. Es gibt Kontakte auf Regierungsebene, Zusammenarbeit auf Beamtenebene, und bei der Sicherheitskonferenz Globsec, die in Pressburg (Bratislava) stattfindet, treten problemlos Politiker aus dem Kosovo auf.

Der Kosovo und das spanische Problem

Spanien ist hier anders. Bürgern des Kosovo ist die Einreise nach Spanien verboten. Ein Schengenvisum gilt für Kosovaren nicht (für den Kosovo gibt es nach wie vor eine Visapflicht, obwohl das Land seit mehr als einem Jahr alle Verpflichtungen für die Beseitigung der Visapflicht erfüllt hat, wird deren Aufhebung immer wieder von Mitgliedsländern blockiert). Ohne den Kosovo gibt es aber keine Lösung für Südosteuropa. Die Integration dieser Länder in die EU ist im strategischen Interesse der EU, darauf wurde in diversen Artikeln in dieser Zeitschrift und in Blogbeiträgen von Karl von Habsburg, Präsident der Paneuropabewegung Österreich, hingewiesen. Lag die Blockade des Kosovo bisher bei einzelnen EU-Ländern, so droht nun mit Borell auch eine Verschlechterung in der Kommission.

Problemfall Christine Lagarde

Höchstproblematisch ist die Besetzung der Spitze der Europäischen Zentralbank EZB mit Christine Lagarde. Nicht nur, weil die französische Ex-Politikerin zwar rechtskräftig verurteilt, wegen ihrer politischen Funktionen aber nie bestraft wurde. Wie ihr Vorgänger steht sie für eine sehr lockere Geldpolitik. Der Italiener Mario Draghi hatte die Geldschleusen weit geöffnet, um die Banken, die Pleitestaaten und den Euro zu retten. Dazu kaufte die EZB in sehr großem Stil Staatsanleihen auf, was einer Staatsfinanzierung durch die Zentralbank gleichkommt. Das ist im Eurosystem zwar grundsätzlich verboten, wird aber selbst durch Gerichtsurteile geduldet. Staatsfinanzierung durch die Notenbank ist immer zu Lasten der Bürger, da das Geld „gedruckt“ und nicht erwirtschaftet wird.

Die Zombiefizierung der Wirtschaft

Gleichzeitig wurde unter Draghi eine Niedrigzinspolitik begonnen, die mittlerweile zu Negativzinsen auf Konten führt. Wer Geld bei der Bank hat, der verliert Geld. Sinkt der Zinssatz aber durch politische Interventionen unter den Marktzins, führt das zu einer massiven Enteignung der Sparer. Der Kapitalstock wird vernichtet, die private Altersvorsorge ist in ihrer Existenz gefährdet. Gleichzeitig hält der künstlich gesenkte Zins Unternehmen am Leben, die unter Marktbedingungen längst verschwunden wären.

Man spricht in diesem Fall von einer Zombiefizierung der Unternehmen. Wirtschaft lebt von Innovation, von unternehmerischem Risiko, von neuen, besseren Produkten. Joseph Schumpeter sprach von der schöpferischen Zerstörung. Unternehmen, die mit ihren Produkten nicht mehr die Bedürfnisse der Konsumenten treffen, verschwinden vom Markt. Es entstehen neue Unternehmen, die neue und bessere Produkte zu günstigeren Konditionen anbieten können. Die Schwemme an billigem Geld aber hält die alten, schwachen Unternehmen am Markt. Sie sind untot, bringen keine wirklichen Innovationen mehr, halten sich aber durch die billigen Kredite am Leben. Deshalb Zombiefizierung.

Innovationskraft sichert den Wohlstand

Die Innovationskraft der Unternehmen war bisher aber eines der Erfolgsrezepte Europas. Nun beginnt der Kontinent im Vergleich zu anderen Ländern und Regionen in vielen Bereichen zurückzufallen. Das gefährdet genauso wie die Vernichtung des Kapitalstocks den Wohlstand der Europäer. Der Markt würde längst eine Erhöhung des Zinssatzes verlangen, doch das würde die hochverschuldeten Staaten vor unlösbare Probleme stellen. Der Zinsdienst wäre nicht zu tragen. Das politische Interesse an einem künstlich gesenkten Zins – mit all seinen negativen Folgen – ist im Interesse der Politik, nicht im Interesse der Wirtschaft.

Christine Lagarde hat nun bereits weitere Methoden der künstlichen Geldvermehrung angekündigt. Nun geht es nicht mehr nur um die Rettung von verschuldeten Staaten oder Banken, es geht gleich um die Rettung der ganzen Welt. Die EZB soll künftig Geld zur Rettung des Klimas zur Verfügung stellen. (RK - Dezember 2019-Januar 2020)



Monde


Corona dans l'UE 

Les relations franco-allemandes entre solidarité et intérêts nationaux  

Ces dernières semaines, la crise de Corona a mis à l'épreuve l'amitié franco-allemande. Des frontières fermées et des Français indignés de se sentir "stigmatisés" à l'admission de compatriotes atteints du  Covid 19 dans les Länder allemands limitrophes - l'interaction entre l'Allemagne et la France a été comme un périple sur des montagnes russes.  Alors qu’une relation franco-allemande forte devrait normalement contribuer à développer une approche européenne commune de lutte contre le virus.

Il y a vingt-cinq ans que l'Allemagne et la France ont convenu qu’on se déplacerait dans l'espace Schengen sans contrôles frontaliers, c'est-à-dire sans que personne ne doive présenter son passeport ou sa carte d'identité. Quelques événements ont fait exception : le sommet de l'OTAN à Strasbourg en 2009 et les semaines qui ont suivi les attentats terroristes en France en 2015. Cette liberté de circulation a été entravée par la décision du gouvernement allemand de restreindre le trafic frontalier entre l'Allemagne et ses voisins.

Arsène Schmitt, président de l'Association transfrontalière de la Moselle, s'est plaint de "la stigmatisation générale des Français".(1) La presse française n'a pas non plus approuvé ces contrôles. Selon le consensus général, il n'existait pas de mesures de sécurité comparables en Allemagne pour les voyageurs en provenance de Chine.(2)

Où est l'"Europe qui protège mieux ses citoyens "(3) qu'Emmanuel Macron n'a cessé d'invoquer depuis son entrée en fonction ? Certains gouvernements ont réintroduit les contrôles aux frontières, d'autres les ont complètement fermées. Dans certains pays, l'entrée est interdite ou l'exportation de produits médicaux est limitée.

Est-ce à cela que ressemble une approche européenne coordonnée ? Ce n’est guère le cas. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déjà demandé il y a quelques semaines que les Européens se partagent les équipements de protection médicale et que les frontières restent ouvertes afin que ce qui est nécessaire dans cette crise puisse être produit et livré à chaque État de l'UE. De cette manière, les soignants et les patients pourraient être protégés et la propagation du virus contenue (4).

Mais ce qui est encore difficile à faire au plus haut niveau fonctionne en revanche mieux au niveau des États. À la mi-mars, le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre et la Hesse ont admis plusieurs patients en provenance de France afin de leur prodiguer des soins médicaux intensifs. "Pour moi, ce n'est pas le passeport qui compte, mais la personne", a déclaré Hartmut Bürkle, chef du service de médecine intensive de l'hôpital universitaire de Fribourg. "Je suis européen de bout en bout. C'est pourquoi nous ne laisserons pas tomber nos amis français et ferons tout notre possible pour sauver des vies humaines ».(5)

Et  finalement on l’a suivi à l’échelon fédéral. Depuis ce week-end, l'Armée de l'air allemande ramène chez nous des patients gravement malades du nord de l'Italie ainsi que de Metz et Strasbourg pour les soigner. C'est un signe important de solidarité. « L'Europe doit se serrer les coudes » (6) , a déclaré la ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer. Ces signes de solidarité sont les bienvenus mais ils ne suffiront pasà eux seuls  pour surmonter cette crise de la meilleure façon possible. Cela nécessite, répétons –le, une approche européenne commune et des progrès courageux de la part de la France et de l'Allemagne.

Il est certes compréhensible que les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ferment d'abord toutes les frontières extérieures. Ces mesures sont destinées à endiguer la propagation du virus. Ces barrières ne sont pas érigées contre les citoyens européens et leurs États, mais contre la maladie. On érige même aujourd'hui des barrières au transit entre les Länder allemands.

Toutefois, cela ne se fait pas sur la base d'une approche homogène et coordonnée. Chaque pays élabore  ses propres solutions concernant les interdits à l'exportation et les fermetures de frontières. La question se pose donc : l'Europe est-elle capable d'unir ses forces pour faire face aux crises majeures ? N'est-il pas temps de développer un mécanisme commun approprié qui pourrait être activé presque automatiquement en cas de danger imminent ?

Ou bien peut-on mieux combattre cet ennemi invisible au niveau local - conformément au principe de subsidiarité selon lequel seules les questions qui peuvent être mieux traitées sur place ne doivent pas être réglées  au niveau européen ?

Quelle que soit l'approche la plus raisonnable, la nécessité de partager les équipements médicaux afin de fournir les meilleurs soins possibles aux malades reste incontestée. Ce n'est que de cette manière que nous pourrons continuer à parler d'une Europe de la solidarité. (Sophie von Lossau d'Ambrosio, 31.03.2020)

Sources :1.https://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/gesundheit/coronavirus/corona-frankreich-aergert-sich-ueber-deutsche-grenzkontrolle-16681146.html

2.https://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/gesundheit/coronavirus/corona-frankreich-aergert-sich-ueber-deutsche-grenzkontrolle-16681146.html

3.https://www.bundesregierung.de/breg-de/aktuelles/pressekonferenzen/pressekonferenz-von-bundeskanzlerin-merkel-und-frankreichs-praesident-macron-846380

4. https://ec.europa.eu/germany/news/20200316-schutzausruestung-lieferungen_de

5.https://www.welt.de/print/die_welt/politik/article206780345/Wir-werden-unsere-franzoesischen-Freunde-nicht-alleinlassen.html

6https://www.deutschlandfunk.de/covid-19-luftwaffe-bringt-corona-intensivpatienten-von.2932.de.html?drn:news_id=1115094


L’année du Pangolin

Mangez-vous du Pangolin ? Ou bien avez-vous adhéré à l'association à but non lucratif « Save Pangolins » ? Ce petit mammifère en grande partie couvert d’écailles est un insectivore qui vit dans les régions tropicales et équatoriales d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. Bien que le commerce international des huit espèces connues de pangolins soit strictement interdit suite à la menace d’extinction qui pèse sur leur espèce, c’est un des mammifères les plus braconnés au monde. IL faut bien alimenter les boucheries chinoises et vietnamiennes…

Selon les chercheurs, le commerce illégal de pangolins vivants et de viande de pangolin devrait être définitivement interdit. Une petite proportion de pangolins été identifiée selon un article publié le 26 mars dans la revue « Nature », comme porteur du covid 19 , et il peut le transmettre si on le commercialise à des  fins alimentaires. Est-ce que cela le protègera de gourmets chinois ?

Étant donné que les coronavirus peuvent être transmis par des fluides corporels, les matières fécales et la viande, le commerce de pangolins vivants n’est pas moins préoccupant pour la propagation de la maladie. Les écailles de milliers de pangolins arrivent chaque année en contrebande en Chine à des fins médicinales. Sa viande est considérée comme un mets délicat par certaines franges des populations chinoise et vietnamienne.

Tant que les Chinois et les Vietnamiens consommeront du Pangolin et quelques autres animaux rares pour satisfaire leurs étranges mœurs culinaires ou médicinales, tant qu’ils soigneront leurs maux avec de la  corne de rhinocéros ou de la défense d’éléphant réduites en poudre, mieux vaudrait ne pas aller en touriste dans leurs pays. Ce serait un moyen comme un autre pour protéger des espèces menacées.

Il est vrai qu’après la pandémie qui sévit actuellement, nous porterons un autre regard sur la Chine. Nous sommes tout de même un peu surpris que personne ne pose des questions. Qu’en disent les amis des bêtes ? Ils sont bien silencieux. Il est vrai que les écolos tout à coup n’occupent plus le devant de la scène. (JPP)


Peut-être suffirait-il d’un seul Pangolin consommé par un Chinois pour contaminer la Terre entière et menacer l’humanité d’extinction. Si c’était un scénario de science-fiction ou de politique fiction et que nous ayons été la cible d’une guerre bactériologique, on retiendrait que ce genre de guerre ne coûte pas cher : juste la vie d’un pangolin. C’est meilleur marché que l’arme nucléaire et plus efficace que le terrorisme. Reste que la guerre des virus est imprévisible. Elle peut revenir en boomerang sur celui qui la sème.

Baguette magique

Comme par bien des choses qui viennent de Chine, pas toutes par la Route de la Soie, on est médusé par la bizarrerie de cette pandémie. Passons sur le petit animal qui a été son vecteur. Il y a eu d’abord, phase 1, une épidémie qui explose en Chine mais pratiquement circonscrite à une ville, Wuhan, dans une région, mais qui est rapidement jugulée. On diffuse par images les mesures draconiennes du gouvernement chinois, les rues, le confinement, les masques. La sévérité des contrôles. La surveillance électronique et tout. Puis, de suite, la construction hyperrapide d’un gigantesque hôpital. Les matériaux, les machines, les ouvriers sont là comme par un coup de baguette magique. Les infirmières et médecins sont enthousiastes. Le président à vie Xi Jinping est filmé parcourant une rue. Des confinés le saluent d’un building aimablement. Sont-ils à leurs fenêtres en mission du parti ?

« La bataille de la Chine contre l’épidémie montre que le Parti communiste chinois est de loin le parti politique avec les plus fortes capacités de gouvernance dans l’histoire de l’humanité », indique le « Quotidien du peuple », organe central du PCC. Si, après ça, on n’est pas convaincu par la « supériorité » et l’« efficacité » du communisme, c’est qu’on est aveugle ou obtus… On a assez dit chez nous que l’autoritarisme – en d’autres termes la dictature - paie en cas de crise grave… C’est vrai. C’est tout juste, chez nous, si certains n’en ont pas fait l’éloge, en oubliant les camps, les prisons chinoises où l’on meurt beaucoup, la surveillance électronique et visuelle de la population. Dans « Le Figaro » du 24 mars, Isabelle Lasserre cite Michel Duclos, ancien ambassadeur à Pékin, qui expose : « La Chine tente sans vergogne de capitaliser sur sa « victoire contre le virus » pour promouvoir son système politique »…

On passe à la phase 2.

Très vite, en Chine, la vie reprend, le commerce, la production redémarrent. Tout le monde est content et obéissant dans l’Empire du milieu. Les gens se remettent au travail, ouvrent marchés et boutiques alors qu’en France, en Italie, en Espagne, voire aux États-Unis, les travailleurs sont au chômage « partiel » ou confinés chez eux. Il n’y a plus de journalistes étrangers sur place pour capter des propos discordants. Finalement, il y a eu très peu de décès par rapport à l’énorme démographie. Pékin a pu juguler la crise en deux mois avec seulement 3 500 morts pour 1 milliard 400 millions d’habitants ! Mais il y a eu un petit accroc arithmétique. Il a bien fallu rendre aux familles les urnes funéraires car en Asie, le culte des ancêtres est sacré malgré 70 ans de communisme. Les garder aurait fait prendre un risque inutile au gouvernement. Or, un journaliste indiscret a compté 96 000 personnes attendant une urne. On apprend cela à l’Ouest le dernier jour de mars sur les ondes de « France Info ». Surprise ! Il y aurait eu donc, au bas mot, près de 100 000 morts. Peut-être davantage ?

Décidément, le pangolin a fait plus de ravages qu’on le prétend, mais ces pauvres Chinois soumis au joug du communisme sont si nombreux qu’il peut y avoir eu une erreur au comptage. Personne ne dira le contraire. Sinon, c’est la prison ou le Laogai, le camp de concentration pour matheux.

La phase 3 ou 4 

Le coup d’envoi fut donné lorsqu’à l’Ouest, les europhobes et insoumis divers sortirent de leurs trous pour déplorer que l’Europe, la puissante Allemagne en particulier, n’aient pas aidé les Italiens. Sur ce, la Chine envoya en Italie des masques et des appareils de respiration. Et peu après, alors qu’il y avait chez nous pénurie et que tous les partis critiquaient les retards d’allumage du gouvernement (mais auraient-ils fait mieux ?) et la désorganisation de l’Europe, la Chine vendit des masques et gants isolants qu’elle avait fabriqués à profusion et stockés.

La France ouvre un pont aérien Pékin-Paris de fin mars à fin mai, apprend-on le 28 mars. Il nous apportera des millions, des milliards  de masques peut-être. Pendant que la Chine engrangera des millions d’euros par la vente de ces produits. La télévision française montre au moment du débarquement un officier pilote qui souligne que tout ce qui arrive là n’est pas payant, des entreprises, des associations chinoises envoient des masques en cadeaux. Le transport est  assuré par l’appareil russe Antonov qui, nous dit-on,  est plus aisé à charger que l’Airbus (même l’Airbus militaire A-4000 ?).

Nous ne sommes pas adeptes de théories du complot mais il y a de quoi se poser des questions. Le déclencheur et diffuseur de l’épidémie devenue pandémie s’est métamorphosé en sauveur des victimes. Au début, la Chine avait dissimulé pendant plusieurs semaines l’existence de la maladie. Le plus audacieux des lanceurs d’alerte, un médecin chinois, avait été arrêté.  Il en est mort. Faute de soins ? Est-il mort de cette infection virale ? Il ne parlera plus. Ainsi, le monde n’a pu prendre à temps des précautions et a sous-estimé la nocivité du mal, sa vitesse de propagation et ses séquelles terribles, dans les cas graves des poumons partiellement détruits quand on survit. Heureusement, pris de court au début, les gouvernements occidentaux ont mobilisé tout leur appareil médical et infligé à leurs citoyens des sacrifices draconiens pour contenir puis faire reculer le virus.

Donald Trump qui ne mâche pas ses mots mais n’est plus pris au sérieux tant il est fou (ou déclaré tel), dénonce le « virus chinois » et reproche à Pékin d’avoir nié le problème et refusé de partager les informations. Mais n’avait-il pas lui-même contesté la gravité de cette maladie ? Cependant, pourquoi ne pas dire « chinois » ? C’est bien un pangolin chinois qui a tout déclenché, non ? Les pangolins américains, français, italiens, espagnols, cela n’existe pas. En 1918-19, on ne s’était pas gêné pour qualifier d’« espagnole » une grippe qui était mondiale et qui a tué plus de gens que la Grande Guerre. Tout simplement parce que les journaux espagnols l’avaient signalée les premiers. N’étant pas une puissance belligérante, l’Espagne n’était pas soumise à la censure et avait pu le révéler.  

Les dirigeants chinois cherchent à s’octroyer le rôle de meilleurs combattants contre la maladie et de passer pour les sauveurs de la planète et faire apparaître par contraste, l’imprévoyance, la négligence, l’inintelligence des dirigeants occidentaux. Il est vrai que le capitaliste donne toujours la corde avec laquelle il se fera pendre, avait dit Lénine. C’est avec l’aide de l’Institut Pasteur que la Chine a construit, à l’époque du SRAS, en 2002 2003, le premier laboratoire épidémiologique de haute sécurité P4, très efficace lors des épidémies H5N1 en 2009 et H7N9 en 2013. C’est grâce à cette coopération avec la France, qu’elle a monté, en quinze ans, un système de surveillance, d’alertes, d’exercices réguliers impliquant la population, d’accueil hospitalier adapté et de fabrication massive de tests et de matériels de protection. « Le Président Macron avait tous les éléments, il avait visité P4. Et pourtant il n’a pas doté l’État des moyens nécessaires. De plus il s’est laissé convaincre de repousser le moment du confinement, d’où beaucoup de jours perdus », écrit à Strasbourg Henri Mathian, président du Cercle de la cathédrale. Sacré Macron, toujours en retard ! Notre ami poursuit :« Dans ce contexte un fait est passé inaperçu. Le 13 mars, contre l’avis de Trump, le Pentagone vient d’annuler la plus grande démonstration de puissance militaire le long de la frontière russe. Vingt-cinq mille soldats américains avec 13 000 pièces d’équipements de l’US Army (dont les chars Abrams de 70 tonnes) étaient en train de fusionner avec les 9 000 autres déjà basés en Europe pour participer, au cours des mois d’avril et mai,  à l’exercice Defender-Europe 20, contre la Russie. Six bombardiers B-2 Spirit provenant du Missouri et près de 10 000 hommes sont déjà arrivés, le 9 mars, à Lajes Field aux Açores. Et 37 000 militaires alliés de 18 pays européens étaient également prêts à y participer sous le commandement général de Tod D. Wolters de l’US Air Force, lui-même à la tête de l’OTAN ».

Bien, ils n’ont pas déployé cette fois leur armada, les va-t-en-guerre yankees. Il y a quand même des sages au Pentagone. Vladimir Poutine, élu, lui aussi, quasiment à vie, comme son collègue chinois, n’a pas eu à brandir ses gros missiles déployés à Kaliningrad  à portée de Varsovie, de Berlin et autres cités occidentales. Mathian de conclure : « Nos amis américains viennent avec des armes, nos ennemis chinois avec des masques ». C’est vrai. « Le Figaro » cite encore l’ambassadeur Duclos : « La Chine va apparaître dans le monde émergent dans le rôle de la puissance secourable qui était jadis le rôle naturel des États-Unis ». Un coup de pub réussi.

On s’interroge quand même sur les mots « nous sommes en guerre » employés tant de fois par le président Macron. En guerre contre qui ? Sous-entendait-il « en guerre contre le virus » ? Peut-être a-t-il voulu tout simplement nous mobiliser dans son combat. (« Atelier de Strasbourg », avec « Le Figaro », « France info », Henri Mathian, 30/03/2020)


Du Virus aux Virés 

Une interprétation déviante et mystique de la pandémie

 Il semble que depuis toujours les religions aient lié les catastrophes qui désolaient les société, à des punitions divines dues à l’inconduite des hommes. Cela est systématique dans la Bible Hébraïque, comme en témoignent le Déluge,  la tour de Babel, la destruction de Sodome, l’aventure de Jonas à Ninive, et aussi, depuis Salomon,  les défaites périodiques d’Israël, chaque fois qu’il retombait dans l’idolâtrie ! Toutefois, Salomon doutera de cette mécanique morale, en constatant que souvent l’impie n’était nullement sanctionné et restait prospère, alors que le juste était éprouvé sans raison !

Les deux-mille ans de l’ère des poissons que nous venons de vivre ont été d’une grande violence et se sont terminées par deux guerres d’enfer, et le Pape Pie XII  a pu déclarer que jamais l’impiété n’avait jamais atteint un tel niveau. ll est vrai qu’au XXe siècle avec le néo-paganisme Hitlérien,  le laïcisme soviétique, le capitalisme féroce des Yankees, et enfin le satanisme franc-maçon, nous semblons être entrés dans le pays sans retour. Mais le monde a connu aussi la fameuse « Peste noire » qui fit disparaitre la moitié de la population Européenne, et il est difficile d’y trouver les causes d’une justice divine !

Pourtant Bainville n’a cessé de rappeler que les désastres étaient des « conséquences », et, s’il est difficile de juger d’un passé dont l’atmosphère nous échappe, les religions ont beau jeu aujourd’hui de montrer que  le génocide prénatal justifie largement l’apocalypse que nous allons subir et  dont épidémies et pandémies ne sont que les premiers avertissements.  Il  y a plus d’une façon d’apprécier le cadeau surprise du Coronavirus. On peut le lier à une alimentation moderniste qui fragilise les êtres avec une alimentation dénaturée par la chimie.  On peut aussi penser au principe homéostatique qui permet à la nature de se défendre contre certains excès, comme on le voit avec le suicide collectif  des « lemmings » qui lorsque l’espèce est trop nombreuse, vont se jeter dans l’océan.

Espérons que beaucoup de lemmings qui nous ont empoisonné la vie ces derniers temps seront virés par le virus. Qu’ils comprendront d’eux-mêmes qu’ils doivent disparaître, qu’ils ne sont plus à la hauteur. On peut aussi considérer, à partir de ce dont nous ont averti les économistes américains, à savoir qu’étant donné les progrès de l’automation, de la robotique  et de l’intelligence artificielle, 90 % de l’humanité n’a pas de raison d’être et doit être supprimée afin de rendre la planète plus agréable à l’élite dont David Rockefeller nous à révélé que c’était celle des banquiers ! Enfin il est tout à fait possible que le virus ait été fabriqué en laboratoire, et qu’il  en  soit sorti soit par accident, soit à dessein… (Alexis Arette - paysans béarnais - 18 mars 2020)


Le coronavirus 

La France est devenue l'un des principaux foyers du coronavirus en Europe, avec l'Italie et l'Allemagne. Plusieurs mesures ont été annoncées par l'exécutif, comme l'annulation de tous les rassemblements en milieu fermé de plus de 5.000 personnes. Le célèbre Salon du livre de Paris a été annulé, de même que le grand Marathon international. Les mass-médias ne parlent plus que de cela. L'épidémie de coronavirus serait-elle un produit des médias ? Question que pose à juste titre l’auteure de l’article ci-dessous.

 Certes non, mais les médias enflent le sujet, c'est certain, selon le principe de cher à l'information de masse à savoir que les mauvaises nouvelles sont les meilleures pour alimenter la curiosité et l'attention du public. Epidemie et cataclysmes ont la cote. S'ajoute la préoccupation des autorités de ne pas être désavoués pour ne pas avoir averti si la catastrophe venait à se produire.

La France comptait, à la date du 3 mars,  212 cas de coronavirus officiellement répertoriés et 4 décès qui étaient passés à 949 cas et 16 décès le 7 mars suivant. On comptait à ce moment plus de 100 000 contaminations avec 3 500 décès dans au moins 95 pays et régions du monde (un peu plus de 3 000 théoriquement en Chine). Le pays le plus touché avant la France était l'Italie  où le 8 mars 15 millions de personnes ont été placées en quarantaine dans leurs villes, écoles et tous rassemblements publics fermés.

A la date ci-dessus, 69% des Français se disaient inquiets et 80% se lavaient les mains plus fréquemment. A la bonne heure ! On prend de bonnes habitudes, sauf que le célèbre "bisou français" risque d'être soldé au bilan des pertes. Une autre bonne habitude à prendre serait d'apprendre à ne plus dépendre de la Chine. Elle nous a envoyé déjà des épidémies et d'autres viendront. Et cela vaut aussi pour ce qui concerne les échanges commerciaux avec elle. La Chine pèse trop sur le monde. (AtS - 08.03.2020)


Un fléau au temps des "fake news »

"Coronavirus : 1 600 employés doivent rester chez eux". - "Plus de 1 400 infections en Europe". - "Qui nous protégera du coronavirus ?" – il  est en ce moment sur toutes les lèvres, il envahit les médias comme une - enfin, disons-le, une peste. Le coronavirus, originaire de Chine, peut se retrouver dans des maladies pulmonaires et a déjà fait plusieurs victimes. Selon le ministère de la santé de la République fédérale d'Allemagne, 83 000 personnes sont infectées dans le monde.

Mais quel est son degré de dangerosité ? Quelle est la probabilité que les personnes infectées en meurent ? Il n'est pas encore possible de l'évaluer de manière concluante. Selon l'Institut allemand Robert Koch, la proportion de décès dus à des infections avérées est d'environ deux pour cent. Toutefois, le total n'inclut pas les personnes infectées qui ne présentent aucun symptôme ou seulement des symptômes bénins et n'apparaissent donc dans aucune statistique. Ainsi, la proportion réelle de décès est-elle probablement plus faible. De plus, les patients qui sont morts du virus dans le passé sont souvent plus âgés, en particulier ceux qui sont à un âge avancé et/ou qui ont des maladies chroniques sous-jacentes.

Ceci dit, la crainte d'une nouvelle propagation et d'une nouvelle infection n'est pas sans fondement. En Chine, 2870 personnes ont été victimes du virus ; en Italie, on compte déjà à ce jour 29 décès. Néanmoins, l'ampleur du virus est (encore) relativement inoffensive par rapport au bilan de l'épidémie de grippe en 2017 et 2018 : 25 000 personnes en étaient mortes rien qu'en Allemagne. Ce fut donc la vague de grippe la plus meurtrière de ces trente dernières années. Néanmoins, le tohu-bohu médiatique a été beaucoup plus limité que la couverture de l'épidémie de coronavirus. Parce qu’il s'y mêle dans ce dernier cas des "Fake News", c'est-à-dire de fausses informations et de faux rapports qui provoquent la panique et se propagent plus rapidement que le virus lui-même.

Les diffuseurs de ces « Fakes » écrivent souvent des articles en se réclamant de journaux ou d'émissions de renom et les diffusent par le biais des médias sociaux. Par conséquent, la recherche indépendante est aujourd'hui plus nécessaire que jamais.

Le centre de recherche à but non lucratif "Correctiv" (www.Correctiv.Org)., par exemple, offre un soutien utile pour se frayer un chemin dans la jungle d'informations surabondantes. Les "Faktenfuchs" de la radio-télévision bavaroise, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », entre autres, proposent d'autres vérifications.

Outre des recherches minutieuses, il est également conseillé de suivre les règles d'hygiène du ministère de la Santé. Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille s'isoler complètement et se cacher dans sa propre maison. Après tout, même en cas de menaces telles qu'une attaque terroriste ou une catastrophe de réacteur nucléaire, nous vaquons à nos occupations quotidiennes. Il est donc plutôt sage de traiter le virus de manière rationnelle et appropriée - du moins tant que nous ne pouvons pas parler d'épidémie. Ou, comme le dit la chancelière Merkel : décidons de la manière de traiter ce sujet "avec de la mesure et sans excès". (Sophie von Lossau d'Ambrosio - membre du Comité directeur de Paneurope France - 1er mars 2020)


Pandémies

L’apparition du Coronavirus en février 2020 a donné des arguments aux adversaires de la mondialisation Ces gens qui tirent généralement les mauvaises déductions des problèmes qu’ils dénoncent, veulent fermer les frontières intra-européennes, en d’autres termes, supprimer « l’espace Schengen ». Or, il faut faire tout le contraire. Ce danger sanitaire venu une fois de plus de Chine après le Sras (2003) et la grippe aviaire ou porcine, partie, elle, du Mexique, est une leçon infligée à l’Europe. Elle doit nous inciter à unir nos efforts en Europe pour restaurer notre indépendance et autosuffisance pharmacologique et industrielle. L’Europe notamment et en particulier l’Allemagne avaient trop misé sur le marché chinois qui a subi un rétrécissement important suite aux mesures sanitaires. Nous avons pris conscience de notre vulnérabilité commerciale.

Mais aussi du fait que les transports internationaux, notamment aériens sont des vecteurs majeurs d’épidémies. Cela ne date pas de notre temps. Ainsi le Choléra fut-il démultiplié au 19ème siècle par le passage de la marine à voile à la marine à vapeur et par la création du chemin de fer. Aujourd’hui, venant surtout d’Extrême-Orient et parfois d’Afrique (Sida et Ébola), les épidémies se répandent plus vite encore. Limitées initialement à l'Asie (Inde, Chine et Indonésie), elles se sont développées au 19ème  siècle, devenant ainsi des pandémies et atteignant le Moyen-Orient, l'Europe et les Amériques. Mais la meilleure information due à la mondialisation permet de nos jours des réactions anti-infection plus rapides et plus totales.

Ceci dit, les répercussions économiques peuvent être importantes, c’est le cas avec le Coronavirus actuel venu de Wuhan en Chine et répandu dans tout ce grand pays et au-delà. Très rapidement, le Coronavirus a fait plus de victimes en Chine que l’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui y avait fait 349 victimes dans le pays en 2002-2003 et 774 au niveau mondial. que les autorités chinoises n’avaient pas mises en œuvres du reste dès l’apparition de la maladie qu’elles avaient niée au départ. Cela pourrait limiter la production de téléphones portables et autres appareils électroniques provenant essentiellement de Chine, et, surtout, être grave pour certains médicaments utilisés en Europe et fabriqués à 80% de leur total dans le pays de Xi Jing Ping.

*    *

Ce fut surtout le cas de la Grippe de 1918, dite « grippe espagnole », qui avait pour origine probable la Chine concernant le « virus père » et les États-Unis pour sa mutation génétique. Cette pandémie due à une souche virale (H1N1)) très virulente et contagieuse a fait  50 millions de morts selon l’Institut Pasteur et jusqu'à 100 millions selon certaines réévaluations récentes, soit 2,5 à 5 % de la population mondiale. Bien plus donc que la Première Guerre mondiale. On l’appela « espagnole » car l’Espagne — non impliquée dans la Première Guerre mondiale — avait été la seule à publier librement et précocemment es informations relatives à cette épidémie causée donc par un virus et non par une bactérie, à la différence de la peste, causée par la bactérie Yersinia pestis.

En nombre de victimes,  la grippe espagnole serait la pandémie la plus mortelle de l'histoire dans un laps de temps aussi court, dépassant ainsi les 34 millions de morts (estimation incertaine) de la Peste noire au milieu du 14ème siècle. Selon l'historien Niall Johnson, les plus grandes pertes ont touché l’Inde (18,5 millions de morts, soit 6 % de la population), la Chine (4 à 9,5 millions de morts selon les estimations, soit 0,8 à 2 % de la population) et l’Europe (2,3 millions de morts, soit 0,5 % de la population, avec 250 000 morts en France) Quant à la peste noire principalement bubonique, celle-ci a touché l'Asie, le Moyen-Orient, le Maghreb et l'Europe et peut-être l'Afrique subsaharienne.

Maladie strictement humaine, le Choléra se manifeste par des diarrhées gravissimes entraînant une déshydratation rapide, souvent mortelle en l'absence de traitement qui se transmet par voie digestive en étant provoquée par l'ingestion de la bactérie Vibrio cholerae. La France et la Grande-Bretagne furent touchées au début de 1832  par la deuxième pandémie de choléra au printemps 1832 après la Russie en 1828, la Pologne, l’Allemagne et la Hongrie en 1831. Pourtant, des mesures de police sanitaire avaient été prises en 1831 avec  des contrôles de police sanitaire aux frontières. Puis la France fut encore touchée en 1854 par la troisième pandémie de choléra qui fit 143 000 morts sur l'ensemble du territoire.

Le  delta du Gange est considéré comme le foyer originel et historique du choléra, à forte densité humaine, avec une économie agricole basée sur l'utilisation d'engrais humain (péril fécal). Le choléra y reste endémique de façon permanente, c'est-à-dire qu'il se produit un équilibre instable entre infections (cas sporadiques) et immunité des populations. Les jeunes enfants sont le plus souvent touchés

Le syndrome d'immunodéficience acquise, plus connu sous son acronyme Sida (Aids), est un ensemble de symptômes consécutifs à la destruction de cellules du système immunitaire par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Le sida est le dernier stade de l'infection au VIH, lorsque l'immunodépression est sévère. Les maladies qui se développent en l’absence de résistance immunitaire sont généralement mortelles. Quatre modes de transmission du VIH ont été observés : 1. Par voie sexuelle, moyen de contagion le plus fréquent ; 2. Par voie sanguine ; 3. par l’utilisation de drogues injectables et dans les milieux hospitaliers (jusqu'à la fin des années 1980, chez les transfusés, notamment les hémophiles) ; 4. De la mère à l'enfant, phénomène qui peut se produire, soit in utero les dernières semaines de la grossesse, au moment de l’accouchement ou encore lors de l’allaitement.

Depuis l'année 2002, le sida est considéré comme une pandémie mondiale. Les  estimations fournies par le rapport ONUSIDA 2007  portaient à 33,2 millions, le nombre de personnes séropositives au VIH dans le monde et à 2,1 millions, le nombre de morts du sida en 2007. Ce qui permet d'estimer à plus de 25 millions le nombre de morts depuis le début de la maladie en 1981. Aujourd’hui, la maladie semble avoir atteint un pic et se stabiliser. Cependant, le nombre de personnes infectées a augmenté, en raison de l'augmentation de la population et de l'accès aux trithérapies (qui retarde les décès).

Le virus Ébola provoque, chez les humains et les autres primates des fièvres souvent hémorragiques. Il a été la cause d’épidémies historiques notables par leur ampleur et leur sévérité. Sa transmission entre humains a lieu avant tout par contact direct avec des fluides corporels. Ce virus a une apparence filamenteuse caractéristique des filovirus. Autrefois appelé virus Ébola Zaïre, le virus Ébola représente le seul virus de l’espèce Ebolavirus Zaïre. Il sature tous les organes et les tissus à l’exception des os et des muscles moteurs. Il forme d’abord de petits caillots de sang diffus dans l'ensemble des vaisseaux sanguins par coagulation disséminée. Les caillots se collent ensuite aux parois des vaisseaux sanguins pour former un « pavage ». Plus l’infection progresse, plus les caillots sont nombreux, ce qui bloque les capillaires. Finalement très nombreux, ils bloquent l’arrivée sanguine dans les divers organes du corps. Quelques parties du cerveau, du foie, des reins, des poumons, des testicules, de la peau et des intestins se nécrosent alors car elles souffrent d'un manque de sang oxygéné. Une des particularités du virus Ébola est la brutalité avec laquelle il s’attaque aux tissus conjonctifs.

D’origine africaine comme le Sida, transmis peut-être à l’origine par les singes, Ébola pourrait être transmis par les chauves-souris frugivores. Mais comme de 2006 à 2017 jamais « personne n'a isolé le virus vivant dans les chauves-souris, et personne ne sait comment Ébola pourrait passer d'une chauve-souris à d'autres mammifères, y compris humains, ou pourquoi ce saut fatal est si imprévisible dans le temps et la géographie ».Un hôte intermédiaire, encore non-identifié, pourrait être en cause. Plus de 2 000 personnes sont mortes entre août 2018 et août 2019 en République démocratique du Congo. Le virus se transmet par contact direct avec le sang, les sécrétions, et/ou d'autres fluides corporels de personnes infectées mortes ou vivantes. L'OMS rappelle que la durée d'incubation peut atteindre 21 jours et que le sperme et le lait maternel peuvent être vecteurs du virus qui peut rester présent dans l'organisme plusieurs mois après la guérison cliniqueIl n'y a aucun cas répertorié de transmission du virus Ébola par voie sexuelle.

*    *

Naturellement l’hygiène insuffisante ou inexistante dans certains pays et surtout au cours des siècles passés a été une cause majeure d’épidémies. Les populations jetaient leurs déjections dans les rues et puisaient leur boisson dans les eaux des fleuves. Pas aussi pittoresque que son nom fut par exemple « la Grande Puanteur », en anglais The Great Stink ou The Big Stink, qui a marqué l’histoire de Londres durant l'été 1858. Elle partait de la Tamise qui sentait horriblement mauvais du fait des écoulements d'eaux usées et de la chaleur qui régnait. La puanteur indisposa une grande partie de la population londonienne, empêcha même les députés de siéger, et entraîna la construction d’égouts à grande échelle et une nouvelle politique appelée « révolution sanitaire ».

Des dépôts énormes d’immondices et de déchets dont on ne sait que faire, se multiplient aux abords des mégalopoles modernes et les mers du globe charrient des tas de détritus. Il est même question d’un « sixième contineent » formé de plastiques flottants dans le Pacifique. Cela ne peut rester sans impact sur la santé humaine et animale. Certes, les maladies microbiennes ayant été largement éradiquées par les vaccins, restent les épidémies surtout virales. Mais un nouveau type de pandémie se développe dans des pays développés et sur des individus à terrain génétique favorable. Les nouvelles maladies sont favorisées par des comportements « modernes » de consommation, d’exposition à des pollutions, à des radiations, etc. Ce sont notamment le diabète, les affections cardiaques et vasculaires et le cancer. On ne peut pas dire qu’il y ait pour lors contamination. (Doc. « Atelier de Strasbourg » - corédigée par Sophie von Stralendorff - Comité directeur UPF - 4 mars 2020)


Une défense de l’Europe, pour l’Europe et par l’Europe, par le général et enseignant en stratégie Vincent Desportes

Pour lui, il est urgent et impératif pour les pays européens de retrouver leur autonomie stratégique et de ne plus compter sur l’illusoire protection de l’Otan pour assurer leur défense. Pour protéger ses valeurs et ses intérêts, le vieux continent doit construire une défense de l’Europe, pour l’Europe et par l’Europe.

Comment avez-vous reçu la déclaration du président Emmanuel Macron lorsqu’il a dit que l’Otan est en “état de mort cérébrale” 

 Vincent Desportes : Lorsque le président utilise cette formule, il a factuellement raison : la machine Otan “fonctionne” avec ses états-majors, ses exercices, ses incessantes réunions, son superbe bâtiment rutilant à un milliards d’euros … mais pas sa direction générale, son cerveau ! L’organisation traverse une crise de leadership extrêmement grave, mais aussi une crise de solidarité. L’Otan n’est plus capable de réguler ses membres comme le prouve le cas extravagant de la Turquie : cet étrange allié conduit des opérations militaires en Syrie dans les zones d’intérêt de ses soi-disant alliés, contre les alliés de ses alliés, sans même prévenir ces derniers ni assurer un minimum de coordination, sans hésiter par ailleurs à acquérir des matériels russes, les systèmes de défense anti-aérienne dernier cri S400 ! Il n’y a plus de régulation centrale, il n’y a tout simplement plus de "sens commun" !

Mais, le problème fondamental n’est pas celui-là : il est celui désengagement croissant et inéluctable des États-Unis, le pays qui assure la crédibilité et la réassurance de l’ensemble. Tel que l’OTAN est structurée aujourd’hui, cette organisation n’est qu’un tigre de papier sans les Américains qui, pour des raisons parfaitement rationnelles d’ailleurs, s’intéressent de moins en moins à l’Europe. Le président Donald Trump le martèle lui-même  : “L’Amérique ne doit pas investir dans l’Otan, cette alliance est obsolète”. Le "pivot" américain vers le Pacifique vient de loin, il est inéluctable, inscrit dans l’évolution du monde. Rappelons-nous le président Obama clamant : "Je suis un président du Pacifique" ! Le découplage entre les Etats-Unis et l’Europe fait partie des rares certitudes que nous pouvons avoir sur l’évolution du monde, qu’on le regrette ou non.

Moins de leadership, moins de solidarité : les membres de l’Otan ne se sentent plus responsables des uns des autres. La Turquie encore une fois achète des missiles S-400 russes, affaiblissant ainsi directement le système otanien ; quant au président américain, il laisse clairement entendre qu’il ne sacrifiera pas Washington pour Vilnius, Podgorica – la capitale du Monténégro – … ou Paris bien-sûr ! Charles de Gaulle l’avait d’ailleurs bien compris il y a plus d’un demi-siècle ! Or l’article 5, qui est le plus important de l’alliance, stipule que chaque nation membre s’engage à défendre tout pays de l’Alliance qui viendrait à être attaqué. La crédibilité de l’Otan est basée sur celle de la protection américaine … qui n’est plus qu’illusion ! N’imaginons pas qu’une fois la page Trump tournée, le flot s’inversera : il s’agit d’une tendance lourde. Le découplage Etats-Unis/Europe est inéluctable : Trump n’est pas un accident de l’histoire. Continuer à croire que l’OTAN restera infiniment le socle dur de la défense européenne, c’est faire de la stratégie à cinq ans, ignorer les tendances lourdes en reconfiguration du monde.

L’Europe serait donc vulnérable face des menaces extérieures ?

Le président Emmanuel Macron le dit clairement et à juste titre : “Ne croyez pas au parapluie américain, il ne s’ouvrira pas quand vous aurez besoin de lui”. Le problème des pays européens – la France fait heureusement exception - ont confié une part tellement importante de leur défense aux États-Unis, qu’ils ne sont plus psychologiquement et financièrement en mesure d’assurer leur propre protection.

Il est donc urgent qu’ils retrouvent leur autonomie en matière politique, en matière capacitaire, en matière opérationnelle. Donc bien sûr en matière militaire. Seule leur autonomie leur permettra de ne plus être obligé de plier aux intérêts stratégiques américains, souvent fort opposés aux nôtres, et d’adopter les querelles des américains qui ne sont pas non plus forcément les nôtres. On le voit bien avec le cas de Russie, où les intérêts américains sont opposés à nos intérêts à long terme puisque, qu’on le veuille ou non, l’avenir de l’Europe est beaucoup plus eurasiatique “qu’euratlantique”. L’Alliance est devenue un protectorat où le grand protecteur, sous la menace de l’abandon, impose de manière unilatérale ses lois et dictats commerciaux ; elle ne redeviendra une alliance, entre égaux, que lorsqu’elle aura retrouvé son autonomie stratégique. Le président Macron a raison de souligner que l’Otan est devenue officieusement une alliance mercantile où l’on impose l’achat d’équipement américains (comme le fort onéreux avion F35 !) contre la promesse d’une protection … hélas fort illusoire.

Ne pouvant lier son destin à une puissance dont les intérêts stratégiques s’éloignent des siens, l’Europe doit prendre acte que l’OTAN n’est plus son assurance tous risques et réagir, vite : elle ne dispose plus que de quelques années pour construire son propre système de défense. A défaut, elle se trouvera fort démunie lorsque le dernier navire de l’US Navy aura quitté Anvers pour ramener à Baltimore le dernier soldat américain.

Il faut donc une armée européenne ?

Le terme n’est pas excellent, mais il a le mérite d’être clair. Il est d’ailleurs plébiscité par une grande majorité des Français. Ce qu’il faut, très vite désormais, c’est une défense de l’Europe, pour l’Europe et par l’Europe. Et nous ne la construirons pas avec les vieilles méthodes qui n’ont obtenu que des résultats négligeables au cours des décennies passées. Non. Il faut y aller de manière volontariste, regrouper les bonnes volontés, ceux-qui ont compris à la fois l’illusion de la réassurance américaine et la nécessité d’aller très vite. Il faut regrouper les quelques nations qui sauront consentir des abandons de souveraineté au profit de l’intérêt commun. Il faut rassembler un "Eurogroupe" de défense, comme cela a été fait pour l’Euro, avec des décisions prises non à l’unanimité mais à la majorité qualifiée. Le réalisme veut donc que l’on parte d’un noyau de nations souveraines capables de compromis stratégiques et d’érosion de leur autonomie au nom d’un intérêt supérieur accepté, dépassant les égoïsmes nationaux.

L’Europe doit être capable de jouer son rôle dans le monde et de participer au maintien des grands équilibres, être cette "puissance d’équilibre" dont le monde à instamment besoin, et dont nous-mêmes avons instamment besoin si nous souhaitons continuer à vivre comme nous l’entendons. Qu’on le veuille ou non, notre monde né le 26 juin 1945 à San Francisco est aujourd’hui moribond. Or, notre planète en ébullition, en mutation profonde, de moins en moins régulée par des organisations faiblissantes, notre planète a besoin d’Europe.

Nous allons vers une nouvelle bipolarité Chine/États-Unis dont nous serons les premières victimes si nous n’avons pas voix au chapitre. Et cela ne sera que si l’Europe détient une puissance militaire autonome. Car, c’est sûrement dommage, mais la voix des nations ne porte qu’en fonction du calibre de leurs canons ! Si la France compte davantage que les autres pays, c’est justement parce qu’elle a une armée digne de ce nom. Pour protéger et défendre nos valeurs, il faut que cette Europe de la défense se construise vite.

Pourtant, la chancelière Angela Merkel juge l’opinion d’Emmanuel Macron trop radicale. De même pour la Pologne qui se repose beaucoup sur son allié américain…

 On peut comprendre que la Pologne ait une peur bleue de la Russie. Elle estime que tant que la défense européenne n’est pas établie, elle a besoin de l’Otan... retardant d’ailleurs d’autant le processus européen ! Mais l’alliance transatlantique demeure une vision à court terme ; c’est de la tactique, voire de l’aveuglement.

Je ne crois absolument pas que Donald Trump sacrifiera Washington pour sauver Varsovie en cas d’attaque de la Russie. Les Polonais croient être défendus par les États-Unis. Mais ils ont commis la même erreur en 1939, quand ils ont cru que la France viendrait les défendre s’ils étaient attaqués par l’Allemagne nazie.

Quant à Angela Merkel – qui dans sa jeunesse à l’Est ne rêvait que d’Etats-Unis et de longues chevauchées motorisées sur la Route 66 - distinguons-la du président allemand qui a dénoncé lui-même “l’égoïsme national américain” lors des récentes commémorations de la chute du Mur. Il y a des voix différentes qui s’élèvent en Allemagne. Mais il est vrai que l’armée allemande est pour l’instant encore profondément otanienne … et que ses officiers généraux, comme ceux des autres pays européens, ne pourraient plus faire carrière si l’Otan venait brutalement à disparaître. Il n’y a pas que de la grandeur dans les positions politiques …

Vous évoquez l’idée de placer l’Allemagne sous le parapluie nucléaire français ?

 L’affaire des armes nucléaires est bien évidemment compliquée. La décision du feu nucléaire ne peut être prise que par une autorité politique légitime. La protection atomique ne peut–être "partagée" que s’il existe une entité politique légitime pour décider de la survie ou de la disparition des nations qui auraient admis son autorité. On en est loin. Je ne sais pas encore comment cette affaire sera réglée mais la question se posera car la France est la seule nation à posséder le feu atomique dans l’Union européenne (avec le futur départ du Royaume-Uni ndlr).

Devant ce!e Europe de la défense, certains citoyens français pourraient penser que le destin de la France n’est plus entre leurs mains…

 L’illusion serait de croire que nous maîtrisons encore notre destin. Notre destin sécuritaire est déjà aujourd’hui dans les faits dans les mains de Donald Trump. Nous ne pouvons pas monter nos opérations – au Sahel ou ailleurs - sans son approbation et le soutien de ses armées ; cela ne sera pas éternel. Il n’y aura pas d’euro-groupe de la défense s’il n’y a pas acceptation d’un abandon de certains aspects de la souveraineté. Il faudra admettre que certaines décisions ne seront plus prise au niveau national mais par une majorité qualifiée d’un groupe de nations ; il en va juste de notre survie, en tant que nation justement.

Nous n’avons pas le choix, soit on accepte ce fait ou nous disparaissons. Les nations comme la France et l’Allemagne ne sont plus grand chose dans la confrontation des grandes puissances comme la Chine et les États-Unis. Si nous voulons résister et conserver nos valeurs nous devons rester unis. La très grande majorité des Français sont, à juste titre, favorables à la construction d’une armée européenne respectueuse des identités nationales.

S’ils tiennent à leur civilisation, les Européens doivent se doter au plus tôt de moyens propres de défense : de manière réaliste, fermement mais pas à pas, en cessant de rêver à un ordre ancien définitivement disparu. Peu importe, au fond, l’appellation. Ce dont l’Europe a besoin, c’est d’une défense de l’Europe, par l’Europe et pour l’Europe, disposant d’une capacité militaire autonome et intégrée, apte à défendre ses intérêts et sa capacité à vivre comme elle l’entend.

Un tournant dans les relations Est-Ouest en Europe ?

Une journée dans la vie de l'Europe qui fera date : le chef du Kremlin Poutine et le président ukrainien Selenskyj se sont rencontrés personnellement le 9 décembre 2019 pour la première fois. Après des années de stagnation dans un conflit qui a coûté la vie à 13 000 personnes depuis 2013, selon les estimations de l'ONU,  ils se sont accordés sur un cessez-le-feu jusqu'à la fin de 2019. Cela n’a été qu’un tout petit pas, mais le résultat n’est pas moins important que l’intervention de Nicolas Sarkozy à Moscou en août 2008 qui avait sauvé l’existence de la Géorgie que le Kremlin s’apprêtait à phagociter.

Cette performance du chef de l'Etat français est probablement le début d'une nouvelle ère qui montre que l'Union européenne menée par le duo franco-allemand des origines est capable d'arbitrer entre des pays du continent, dont la grande Russie, et d'éteindre des foyers de guerre sans avoir recours aux Etats-Unis d'Amérique. Qu'Emmanuel Macron et Angela Merkel se soient tenus la main pour amener deux Etats rivaux à une politique de meilleur voisinage restera dans les annales de l'Europe. Le président Macron a fait oeuvre d'Européen.

Lors de ce sommet sur l'Ukraine au Palais de l'Elysée à Paris, de nouvelles mesures ont été prises pour trouver une solution au conflit dans l'Est de l'Ukraine. Entre autres choses, il a été convenu de mettre pleinement en œuvre la Déclaration de ce Sommet.

Ainsi, après des années de stagnation, des progrès concrets ont été réalisés dans la lutte pour la paix en Ukraine orientale. Le président français Emmanuel Macron, la chancelière Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine et son collègue ukrainien Volodymyr Selenskyj ont abordé la question en alternance pendant environ huit heures. La dernière fois qu'une telle réunion a eu lieu, c'était il y a trois ans à Berlin.

Tous les prisonniers doivent être échangés d'ici la fin de l'année.

Il est prévu d'échanger les prisonniers selon la formule "tous contre tous" d'ici la fin de l'année. Il s'agit d'un échange de 250 prisonniers de Kiev contre 100 de Luhansk et Donetsk. A ce sujet, il n'y a pas eu d'accord concret, mais seulement lunedéclaration d'intention de mise en œuvre de l'échange avec l'aide du groupe de contact dans la région et de la Croix-Rouge.

Dans un délai de 30 jours, de nouveaux points de transit doivent être mis en place pour la population de première ligne - sur la base de critères humanitaires. Outre le cessez-le-feu, un plan de déminage sera également mis en œuvre. Il y aura également une démilitarisation à trois autres points.

Poutine soutient pleinement les résultats

Selenskyj ne s'est pas dit entièrement satisfait après la conclusion du sommet : "Mes collègues m'ont dit que c'était un très bon résultat pour la première réunion. Mais pour être honnête, ce n'est pas assez pour moi", a déclaré le jeune dirigeant de 41 ans. "Au sujet du cessez-le-feu, je ne sais vraiment pas comment contrôler la situation." Il espère néanmoins que, cette fois-ci, il y parviendra. Depuis le début de la guerre en 2014, 20 accords ont été rompus.

Vladimir Poutine a décrit les résultats comme un progrès pour les habitants de la zone de guerre à l’Est de l'Ukraine. Il est important d'améliorer la vie des gens, a déclaré Poutine à Paris. Lors d'une conférence de presse avec son collègue ukrainien Selenskyj, le dirigeant du Kremlin a félicité la chancelière allemande et le président français pour leur détermination à trouver une solution au conflit. Poutine a souligné qu'il soutenait pleinement la déclaration du sommet.

En même temps, le chef du Kremlin a explicitement appelé le gouvernement ukrainien et les séparatistes pro-russes à engager le dialogue. Aucun conflit ne peut être résolu sans discussions directes. Les deux camps rejettent cette proposition depuis des années. En Russie, il a également été souligné que la déclaration du sommet stipulait que le statut spécial des régions contestées de Louhansk et Donetsk devait être ancré dans la constitution ukrainienne.

La chancelière Merkel se montre "très satisfaite"

La chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée "très satisfaite" des résultats après le sommet. "Aujourd'hui, nous avons surmonté la période de paralysie ", a-t-elle déclaré lundi soir tard après sa rencontre avec le chef de l'Etat français, le président russe et son collègue ukrainien. Des "choses réalistes" ont été convenues. "Nous continuerons bien sûr sur cette voie ».

Le président Macron a déclaré : "Je voudrais saisir cette occasion pour rendre hommage au courage politique et à la détermination du Président ukrainien depuis son élection pour ramener la paix dans le conflit à l'Est de son pays". L'objectif est d'organiser un nouveau sommet en Normandie dans les quatre prochains mois, a dit Emmanuel Macron.

La réunion a été considérée comme un important signal de rapprochement

La rencontre de Selenskyj et de Poutine dans la capitale française a été considérée comme un important signal de rapprochement. Les deux chefs d'État ne s'étaient auparavant entretenus qu'au téléphone pour désamorcer ce conflit, dangereux pour l'ensemble de l'Europe.

Dans les régions de Donetsk et de Louhansk, à l'Est de l'Ukraine, les troupes gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes pro-russes se font face. Les habitants des régions touchées de Louhansk et de Donetsk aspirent à la fin de la guerre.

Selenskyj, qui a été élu en avril, subit des pressions internes. Directement devant le siège du président à Kiev, plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre d'éventuelles concessions à la Russie pendant la nuit de lundi à lundi à des températures proches du point de congélation. Un plan de paix négocié dans la capitale biélorusse Minsk en 2015 a jusqu'à présent été en grande partie bloqué.

Ce sommet est également connu sous le nom de "Rencontre de Normandie" car la première rencontre de ce type a eu lieu en juin 2014 en Normandie. Macron cherchera à établir un dialogue global avec Moscou sur la sécurité et la stabilité en Europe. Pour progresser avec Moscou, la France estime que le conflit ukrainien doit également être résolu. Le rapprochement de Macron avec Moscou est cependant parfois suivi avec suspicion dans les pays d'Europe centrale et orientale. (AtS - Sources utilisées : Agences de presse afp et dpa, t-online.de)



Welt


Corona in der EU 

Zwischen Solidarität und nationalen Interessen am Beispiel der deutsch-französischen Beziehungen

In den vergangenen Wochen hat die Corona-Krise die deutsch-französische Freundschaft auf eine Bewährungsprobe gestellt. Von geschlossenen Grenzen und entrüsteten Franzosen, die sich „stigmatisiert“ fühlen bis hin zur Aufnahme von französischen Covid-19-Patienten in den deutschen Bundesländern - das Zusammenspiel zwischen Deutschland und Frankreich verlief wie eine Achterbahnfahrt. Eine starke deutsch-französische Beziehung könnte dazu beitragen, im Kampf gegen das Corona-Virus ein gemeinsames, europäisches Vorgehen zu entwickeln.

Vor 25 Jahren vereinbarten Deutschland und Frankreich im Schengen-Raum Reiseverkehr ohne Kontrollen - das heißt, niemand musste mehr seinenPass oder Ausweis vorzeigen. Ausgenommen waren hiervon einige wenige Ereignisse – der NATO-Gipfel 2009 in Straßburg sowie die Wochen nach den Terroranschlägen in Frankreich im Jahr 2015. Dies änderte sich mit dem Beschluss der Bundesregierung, den Grenzverkehr zwischen Deutschland und seinen Nachbarländern einzuschränken.

Arsène Schmitt, Vorsitzender der Vereinigung der Grenzgänger aus dem Département Moselle,beklagte „die pauschale Stigmatisierung der Franzosen“1. Auch in der französischen Presse wurden diese Kontrollen nicht gut geheißen. In Deutschland hätte es gegenüber Reisenden aus China keine vergleichbaren Sicherheitsmaßnahmen gegeben, so der allgemeine Konsens.2

Wo ist das „Europa, das seine Bürger besser beschützt“3, das Emmanuel Macron seit seiner Amtseinführung immer wieder beschwor? Einzelne Regierungen haben wieder Grenzkontrollen eingeführt, andere die Grenzen ganz geschlossen. In einigen Ländern ist die Einreise verboten oder die Ausfuhr medizinischer Güter begrenzt.

Sieht so ein koordiniertes europäisches Vorgehen aus? Wohl kaum. Kommissionspräsidentin Ursula von der Leyen rief schon voreinigen Wochen dazu auf, medizinische Schutzausrüstung unter den Europäern aufzuteilen und die Grenzen offenzuhalten, so dass produziert und jedem EU-Staat geliefert werden kann, was in dieser Krise notwendig sei. So könnten die Mitarbeiter im Gesundheitswesen und Patienten geschützt und die Verbreitung des Virus eingedämmt werden4.

Was sich auf oberster Ebene noch schwer gestalten lässt, funktioniert auf Landesebene umso besser. So haben bereits Mitte März Baden-Württemberg, Rheinland-Pfalz, Saarland und Hessen mehrere Intensivpatienten aus Frankreich aufgenommen um diese intensivmedizinisch zu versorgen. „Für mich zählt nicht der Pass, sondern der Mensch“, sagt Hartmut Bürkle, Leiter der Intensivmedizin des Universitätsklinikums in Freiburg. „Ich bin durch und durch Europäer. Deswegen werden wir unsere französischen Freunde nicht allein lassen und alles tun, Menschenleben zu retten.5

Und auch auf Bundesebene wird nachgezogen. Seit diesem Wochenende holt die Luftwaffe Schwerstkranke aus Norditalien sowie aus Metz und Strassburg zur Behandlung nach Deutschland. Dies sei ein wichtiges Zeichen der Solidarität. Europa müsse zusammenhalten6, so die deutsche Verteidigungsministerin Annegret Kramp-Karrenbauer. Zeichen der Solidarität sind gut. Zeichen allein werden aber nicht ausreichen, um diese Krise bestmöglich zu meistern. Hierfür bedarf es eines gemeinsamem, europäischen Vorgehens und einem beherzten Voranschreiten Frankreichs und Deutschlands.

Es ist verständlich, dass EU-Staats- und Regierungschef erst einmal alle Außengrenzen schließen. Solche Maßnahmen dienen dazu, die Verbreitung des Virus einzudämmen. Diese Hindernisse werden nicht gegen die europäischen Mitbürger und ihre Staaten sondern gegen die Krankheit aufgestellt. Sogar zwischen deutschen Ländern gibt es inzwischen Durchreisesperren.

Allerdings geschieht dies nicht auf Grundlage eines einheitlichen, koordinierten Vorgehens. Jedes Land arbeitet an eigenen Lösungen was Exportverbote und Grenzschließungen angeht. Deshalb stellt sich die Frage: Ist Europa imstande, seine Kräfte zu bündeln, um großen Krisen entgegen zu wirken? Ist es nicht an der Zeit, einen geeigneten gemeinsamen Mechanismus zu entwickeln, der bei Gefahr im Verzuge fast automatisch wirksam werden könnte?

Oder lässt sich dieser unsichtbare Feind am besten lokal bekämpfen - gemäß des Grundsatzes der Subsidiarität, dass auf europäischer Ebene nur die Themen geregelt werden sollten, die dort besser geregelt werden können?

Welches Vorgehen auch das vernünftigste sei – unbestritten bleibt die Notwendigkeit, medizinische Ausrüstung zu teilen, um die Erkrankten bestmöglich zu versorgen. Nur so können wir auch weiterhin von einem solidarischen Europa sprechen. (Sophie von Lossau d’Ambrosio, 31.03.2020)

1.https://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/gesundheit/coronavirus/corona-frankreich-aergert-sich-ueber-deutsche-grenzkontrolle-16681146.html

2.https://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/gesundheit/coronavirus/corona-frankreich-aergert-sich-ueber-deutsche-grenzkontrolle-16681146.html

3.https://www.bundesregierung.de/breg-de/aktuelles/pressekonferenzen/pressekonferenz-von-bundeskanzlerin-merkel-und-frankreichs-praesident-macron-846380

4. https://ec.europa.eu/germany/news/20200316-schutzausruestung-lieferungen_de

5.https://www.welt.de/print/die_welt/politik/article206780345/Wir-werden-unsere-franzoesischen-Freunde-nicht-alleinlassen.html

 6https://www.deutschlandfunk.de/covid-19-luftwaffe-bringt-corona-intensivpatienten-von.2932.de.html?drn:news_id=1115094


Das Jahr des Pangolin

Essen Sie Pangolin? Oder sind Sie dem gemeinnützigen Verein "Save Pangolins" beigetreten? Dieses kleine Säugetier, das weitgehend von Schuppen bedeckt ist und deswegen auch Schuppentier genannt wird, ist ein Insektenfresser, der in den tropischen und äquatorialen Regionen Afrikas und Südostasiens lebt. Obwohl der internationale Handel mit den acht bekannten Pangolintierarten wegen der drohenden Ausrottung streng verboten ist, handelt es sich um eines der am stärksten gewilderten Säugetiere der Welt. Chinesische und vietnamesische Metzger müssen mit Fleisch versorgt werden...

Nach Ansicht der Forscher sollte der illegale Handel mit lebenden Schuppentieren und Schuppentierfleisch dauerhaft verboten werden. Ein kleiner Teil der Pangoline wurde laut einem am 26. März in der Zeitschrift "Nature" veröffentlichten Artikel als Träger vom Virus Covid 19 identifiziert und kann diesen Erreger übertragen, wenn sie für Lebensmittelzwecke vermarktet werden. Wird dies das Tier  vor chinesischen Feinschmeckern schützen? Das ist kaum wahrscheinlich.

Da Coronaviren durch Körperflüssigkeiten, Kot und Fleisch übertragen werden können, ist der Handel mit lebenden Schuppentieren nicht weniger besorgniserregend für die Verbreitung der Krankheit. Die Schuppen von Tausenden von Pangolinen werden jedes Jahr zu medizinischen Zwecken nach China geschmuggelt. Sein Fleisch wird von einigen Teilen der chinesischen und vietnamesischen Bevölkerung als eine Delikatesse angesehen.

Solange die Chinesen und Vietnamesen Pangolin und einige andere seltene Tiere konsumieren, um ihre seltsamen kulinarischen oder medizinischen Sitten zu befriedigen, solange sie ihre Beschwerden mit pulverisiertem Nashorn-Horn oder Elefantenstoßzähnen behandeln, wäre es besser, nicht als Tourist in ihre Länder zu reisen. Es wäre eine Möglichkeit, wie jede andere auch, gefährdete Arten zu schützen.

Es stimmt, dass wir nach der aktuellen Pandemie einen anderen Blick auf China werfen werden. Wir sind jedoch ein wenig überrascht, dass niemand Fragen stellt. Was sagen die Tierfreunde? Sie sind sehr still. Es ist wahr, dass die Umweltschützer plötzlich nicht mehr im Rampenlicht stehen. (JPP)

Vielleicht würde ein einziges Schuppentier, das von einem Chinesen verzehrt wird, ausreichen, um die gesamte Erde zu verseuchen und die Menschheit vom Aussterben zu bedrohen. Wäre dies ein Science-Fiction- oder Polit-Fiction-Drehbuch und wir wären das Ziel eines bakteriologischen Krieges, dann wüssten wir heute zweifelsohne, dass diese Art Krieg nicht teuer ist: Nur das Leben eines Schuppentiers kostet es. Krieg mit Viren  ist billiger als Atomwaffen und effektiver als Terrorismus. Ein Virus kann sogar reichen. Allerdings ist  die Viruskriegsführung unberechenbar. Sie kann auf denjenigen zurückschlagen, der sie sät.

Wie mit einem Zauberstab

Wie bei vielen Dingen, die aus China kommen, nicht alle über die Seidenstraße, sind wir angesichts der Seltsamkeit dieser Pandemie fassungslos. Lassen wir nun  das kleine Tier beiseite, das ihr Träger war. Es gab zunächst, Phase 1, eine Seuche, die in China losging aber praktisch auf eine Stadt in einer Region beschränkt war, und schnell unter Kontrolle gebracht wurde. Die drakonischen Maßnahmen der chinesischen Regierung, die Straßen, die Eindämmung, die Masken, wurden durch Bilder an alle Fernsehgeräte der Welt übertragen. Die Strenge der Kontrollen. Die elektronische Überwachung und alles, was dort durgesetzt wurde, konnte jeder sehen.. Und dann fand vor Ort der superschnelle Bau eines riesigen Krankenhauses statt. Die Materialien, die Maschinen, die Arbeiter waren wie mit einem Zauberstab da. Die chinesischen Krankenschwestern und Ärzte sahen begeistert aus. Alles einwandfrei und modern. Xi Jinping, Staatspräsident auf Lebenszeit, wurde gefilmt, wie er eine Straße entlang ging. Eingesperrte Menschen begrüßten ihn freundlich an den Fenstern. Waren sie im Parteiauftrag oder wohnten sie wirklich da?

"Chinas Kampf gegen die Epidemie zeigt, dass die Kommunistische Partei Chinas bei weitem die politische Partei mit der stärksten Regierungsfähigkeit in der Geschichte der Menschheit ist", äußerte die „Volkszeitung“ (The People's Daily), das zentrale Organ der KPCh. Wenn wir danach von der "Überlegenheit" und "Wirksamkeit" des Kommunismus nicht überzeugt sind, dann heißt es, dass wir blind oder stumpfsinnig sind... Es wurde im Westen oft genug gesagt, dass sich der Autoritarismus – mit einem anderen Wort: Die Diktatur - im Falle einer ernsten Krise lohnt... Es ist wahr. In unserem Land würden manche das loben und dabei die Lager, die chinesischen Gefängnisse, in denen viele Menschen sterben, und die elektronische und visuelle Überwachung der Bevölkerung gerne vergessen. In der liberalen Pariser Tageszeitung "Le Figaro" vom 24. März zitierte die Redakteurin Isabelle Lasserre, den ehemaligen französischen Botschafter in Peking, Michel Duclos, der betonte: "China versucht schamlos, aus seinem 'Sieg gegen das Virus' Kapital zu schlagen, um sein politisches System zu fördern" .

Man müsste ein Schuppentier sein, um das nicht zu glauben. Aber eines Tages werden wir einem Schuppentier ins Ohr flüstern, dass man nie glauben sollte, was ein kommunistisches Regime (oder ein faschistisches Regime) sagt.  Dabei ist es unsererseits rein  spekulativ zu vermuten, das die chinesische Führung ein Doppelspeil treibt. Vielleicht täuschen wir uns. Aber die Geschichte hat uns gezeigt, dass der Kommunismus (wie der Faschismus) die zur Politik gemachte absolute Lüge ist. Deswegen ist es ratsam, misstrauisch zu sein.

Das war die Phase 1., dann kam die Phase 2.

Sehr schnell blühte in China das Leben wieder auf, Handel und Produktion nahmen wieder Fahrt auf. Im Reich der Mitte waren alle glücklich und gehorsam. Die Menschen kehrten zur Arbeit zurück, öffneten Märkte und Läden, während in Frankreich, Italien, Spanien und sogar in den Vereinigten Staaten die Arbeitnehmer "teilweise" arbeitslos oder in ihren Wohnungen eingesperrt waren. Es waren ja keine ausländischen Journalisten mehr vor Ort, um abweichende Kommentare zu sammeln. So erfuhren wir, dass im Vergleich zur enormen demographischen Entwicklung Chinas es nur sehr wenige Todesfälle gab. Peking konnte die Krise in zwei Monaten mit nur 3.500 Toten für 1,4 Milliarden Einwohner eindämmen!

Aber es gab eine kleine arithmetische Panne. Die Graburnen mussten den Familien zurückgegeben werden, weil in Asien der Ahnenkult trotz 70 Jahren Kommunismus heilig ist. Ihre Beibehaltung wäre für die Regierung ein unnötiges Risiko gewesen. Ein indiskreter Journalist zählte 96.000 Menschen, die auf eine Urne warteten. Das erfuhren wir im Westen am letzten Märztag 2020 auf den Ätherwellen des Senders  "France Info". Das war eine Überraschung! Es hätte also doch fast 100.000 Tote gegeben. Vielleicht noch mehr?

Das Pangolin hat sicherlich mehr Verwüstung angerichtet, als behauptet wird, aber es gibt so viele arme Chinesen, die dem Joch des Kommunismus unterworfen sind, dass es vielleicht einen Zählfehler gegeben hat. Niemand wird das Gegenteil behaupten. Ansonsten erwartet sie das Gefängnis oder ein Laogai, das Konzentrationslager für gute Kopfrechner.

Und dann startete die Phase 3. 

Der Startschuss fiel, als im Westen  Europagegner und Systemgegner aus ihren Rattenlöchern hervorkrochen um zu beklagen, dass Europa, insbesondere das mächtige Deutschland, den vom Virus geplagten Italienern nicht geholfen hatte. In dieser Situation schickte China Masken und Atemschutzgeräte nach Italien. Ach, was für eine nette Geste! Und bald darauf, während in unserem Land ein Mangel an Mitteln herrscht und alle Parteien die Verzögerungen der französischen Regierung (aber hätten sie es besser machen können?) und die Desorganisation Europas kritisierten, verkaufte China Masken und Isolierhandschuhe, die es im Überfluss hergestellt und auf Lager hatte. Wie kam es denn, dass sie so viele Masken zur Verfügung hatte, um sie an die Europäer zu verkaufen, die nichts geplant hatten, diese Narren?

Frankreich eröffnete von Ende März bis Ende Mai eine Luftbrücke von Peking nach Paris, wie wir am 28. März erfuhren. Sie wird uns Millionen, vielleicht Milliarden von Masken bringen. Während China Millionen von Euro verdienen wird, indem es diese Produkte so einfach wie es  gestern das chinesische Billigspielzeug verkaufte Der Transport erfolgt durch das russische Antonow-Flugzeug das, wie es heißt, leichter zu beladen ist als der Airbus (sogar der militärische A-4000?).  Ist das nicht eine ausgezeichnete Begründung? Auch die netten Russen helfen. Die Antonow legt einen Zwischenstopp in Moskau ein, das auf der Strecke liegt. Niemand schien davon überrascht zu sein? Im französischen Fernsehen erschien ein merkwürdiger Luftfahrtoffizier mit asiatischem Gesicht, der betonte, dass nicht alle Masken bezahlt werden mussten. Viele Unternehmen, Verbände in China hätten den Franzosen welche geschenkt, meinte er Eine wirklich gute Nachricht!

Bitte keine Verschwörungstheorie

Wir sind keine Adepten von Verschwörungstheorien, und doch...  Es gibt Grund, sich zu wundern. Der Auslöser und Verbreiter der Pandemie mutierte zum Retter ihrer fernen Opfer. Zunächst hatte China die Existenz der Krankheit mehrere Wochen lang verschwiegen. Der kühnste Whistleblower war ein chinesischer Arzt, der  verhaftet wurde.  Er starb bald darauf. Sein Bild auf dem Krankenbett wurde gezeigt. Starb er wegen mangelnder Behandlung? Ist er an dieser Virusinfektion gestorben? Er wird nicht mehr reden.

So war die Welt nicht in der Lage, rechtzeitig Vorkehrungen zu treffen, und unterschätzte die Schädlichkeit der Krankheit, ihre Ausbreitungsgeschwindigkeit und ihre schrecklichen Nachwirkungen. In schweren Fällen sind es teilweise zerstörten Lungen, wenn man überlebt. Glücklicherweise haben die westlichen Regierungen, zunächst unvorbereitet, ihren gesamten medizinischen Apparat mobil gemacht und von ihren Staatsbürgern drakonische Opfer abverlangt, um das Virus einzudämmen und dann zurückzuweisen.

Donald Trump, der kein Blatt vor den Mund nimmt, aber nicht mehr ernst genommen wird, weil er verrückt ist (oder für verrückt erklärt wird), prangert das "chinesischen Virus" an und macht Peking dafür verantwortlich, dass es das Problem leugnete und sich weigerte, Informationen weiterzugeben. Aber hat er nicht selbst die Schwere dieser Krankheit bestritten? Dennoch, warum dürfte man nicht  "chinesisch" sagen? Es hat alles mit einem chinesischen Schuppentier angefangen, nicht wahr? Es gibt keine amerikanischen, französischen, italienischen oder spanischen Pangolins. In den Jahren 1918-19 schreckte man nicht davor zurück, eine Grippe, die weltweit grassierte und die mehr Menschen tötete als der Erste Weltkrieg, "spanisch" zu nennen. Ganz einfach, weil spanische Zeitungen als erste darüber berichteten. Da Spanien keine kriegführende Macht war, unterlag es nicht der Zensur und konnte dies auch offenbaren. 

Die chinesische Führung versucht, die Rolle des besten Kämpfers gegen Krankheiten zu übernehmen und sich als Retter des Planeten auszugeben, um dabei die Kurzsichtigkeit, Vernachlässigung und Unintelligenz der westlichen Führungen als Kontrast erscheinen zu lassen. Es stimmt schon, dass der Kapitalist immer den Strick liefern wird, mit dem er gehängt wird, sagte Lenin. Mit Hilfe des Pasteur-Instituts baute China in den Jahren 2002-2003 zur Zeit von SARS das erste P4-Hochsicherheitslabor für Epidemiologie, das während der H5N1-Epidemien 2009 und H7N9 2013 sehr effektiv war.  Dank dieser Zusammenarbeit mit Frankreich hat China in 15 Jahren ein System der Überwachung, der Alarmierung, der regelmäßigen Übungen unter Einbeziehung der Bevölkerung, der angepassten Aufnahme in Krankenhäusern und der Massenproduktion von Tests und Schutzausrüstungen eingerichtet. "Präsident Macron hatte alle Elemente; er hatte P4 besucht. Und doch hat er dem Staat nicht die notwendigen Mittel zur Verfügung gestellt. Darüber hinaus ließ er sich davon überzeugen, den Zeitpunkt der Gefangenschaft zu verschieben, wodurch viele Tage verloren gingen", schrieb Henri Mathian, Präsident des Cercle de la Cathédrale in Straßburg an einen Freund. Dieser Beobachter fuhr fort: 

Die bösen Amerikaner fehlen nicht

„In diesem Zusammenhang ist eine Tatsache unbemerkt geblieben. Am 13. März hat das Pentagon gegen den Rat von Trump die größte Demonstration militärischer Macht entlang der russischen Grenze abgesagt. Fünfundzwanzigtausend amerikanische Soldaten mit 13 000 Panzerfahrzeugen der US-Armee (darunter 70-Tonnen-Abrams-Panzer) schlossen sich mit den 9 000 anderen, die bereits in Europa stationiert waren, zusammen, um im April und Mai an der Defender-Europe-20-Übung gegen Russland teilzunehmen. Sechs B-2 Spirit-Bomber aus Missouri und fast 10.000 Mann waren bereits am 9. März auf dem Lajes-Feld auf den Azoren eingetroffen. Und 37.000 alliierte Militärangehörige aus 18 europäischen Ländern waren ebenfalls bereit, unter dem Generalkommando von Tod D. Wolters von der US-Luftwaffe, der selbst an der Spitze der NATO steht, teilzunehmen".

Nun, diesmal haben die Yankee-Krieger ihre Armada nicht eingesetzt. Es gibt aber auch weise Männer im Pentagon. Wladimir Putin, ebenfalls fast  auf Lebenszeit gewählt wie sein chinesischer Kollege, musste seine großen Raketen, die in Kaliningrad, in Reichweite von Warschau, Berlin und anderen westlichen Städten stationiert sind, nicht schwingen. Der Autor schloss: "Unsere amerikanischen Freunde kommen mit Waffen, unsere chinesischen Feinde mit Masken". Das ist wahr. Sie sind so nett, die Chinesen, und wie ekelhaft diese Amerikaner sind! "Le Figaro“ zitiert erneut Botschafter Duclos: "China wird in den Schwellenländern in der Rolle der helfenden Macht erscheinen, was einst die natürliche Rolle der Vereinigten Staaten war“. Das nennt man erfolgreiche Publicity.

Man fragt sich dennoch, warum Präsident Macron so oft die Worte "wir befinden uns im Krieg" verwendet hat. Gegen wen denn? Hat er  "im Krieg gegen das Virus" gemeint? Vielleicht wollte er uns einfach nur in seinem Kampf mobilmachen („Atelier de Strasbourg“, mit "Le Figaro", "France info", Henri Mathian, 30/03/2020).


Der Coronavirus

Frankreich ist neben Italien und Deutschland zu einem der wichtigsten Krankheitsherde des Coronavirus in Europa geworden. Die Exekutive hat mehreMaßnahmen angekündigt, wie z.B. die Absage aller Versammlungen mit mehr als 5.000 Personen in geschlossenen Räumen. Die berühmte Pariser Buchmesse wurde abgesagt, ebenso wie der große internationale Marathon. Die Massenmedien reden nur noch davon. Könnte die Coronavirus-Seuche ein Produkt der Medien sein? Diese Frage stellt die Autorin des folgenden Beitrags zu Recht.

Sicherlich nicht, aber sie blähen die Seuche auf, nach dem den Massenmedien liebsten Prinzip, dass schlechte Nachrichten die besten Nachrichten sind, um die Neugier und Aufmerksamkeit der Öffentlichkeit zu schüren. Epidemien und Kataklysmen sind in der veröffentlichten Meinung beliebt. Hinzu kommt die Sorge der Behörden, nicht verleugnet zu werden, weil sie nicht genug gewarnt hätten, falls die Katastrophe eintritt.

Am 3. März waren 69% der Franzosen „besorgt“ und 80%“wuschen sich häufiger die Hände“. Ach, die gute Nachricht! Wir sind dabei, uns gute Gewohnheiten anzueignen, außer dass der berühmte "French Kiss" vielleicht am Ende ist. Zu diesem Zeitpunkt gab es in Frankreich 212 offiziell registrierte Fälle von Coronaviren und 4 Todesfälle. In Italien zählte man zu diesem Zeitpunkt allerdings 52 Tote.. Bei genauerem Hinsehen waren die ersten beidenverstorbenen in Frankreich jedoch ein älterer chinesischer Tourist von 81 Jahren, der die Krankheit aus seinem Ursprungsland zurückgebracht hatte, ein 60jähriger Lehrer und die beiden anderen waren eine 89jährige Frau und ein 92-jähriger Mann.  Zerbrechliche Menschen auf jeden Fall. Allerding war die Zahl der Kranken in Frankreich am 7. März  auf 949 und diejenige der Toten auf 16 gestiegen. Zu diesem Zeitpunk hatte die Seuche weltweit 100.000 Kontaminationen mit mehr als 3.500 Todesfällen in mindestens 95 Ländern und Gebieten überschritten.

 Waschen Sie also Ihre Hände, küssen Sie weniger und schütteln Sie weniger Hände. Zu Fuß oder mit dem Fahrrad sollte man gehen, anstatt Straßenbahnen, Busse und U-Bahnen zu benutzen. Die französische Eisenbahnen, die sich für die Streiks der CGT entschädigen müssen, werden sich beschweren/. Aber jeder ist des Herr seines  Schicksals.Das gilt auch für Europa als ganzes: Wir müssen lernen, uns von China loszulösen und eigene Wege zu gehen. Mehrere Seuchen sind aus China gekommen und andere werden noch von dort kommen. Mit ihrem Übergewicht durchdringt China zu sehr die anderen Kontinente. Das gilt nicht nur für die Gesundheit sondern auch für den Welthandel.  (AtS - 08.03.2020)


 Eine Seuche in Zeiten der "Fake news"

"Coronavirus: 1.600 Mitarbeiter sollen zu Hause bleiben." - "Über 1.400 Infektionen in Europa." - "Wer schützt uns vor dem Coronavirus?" - Der Coronavirus ist derzeit in aller Munde und durchzieht die Medien wie eine - nun ja, Seuche. Der aus China stammende Virus kann in einer Lungenkrankheit enden und hat bereits mehrere Todesopfer auf dem Gewissen. Laut dem Gesundheitsministerium der Bundesrepublik sind weltweit 83.000 Menschen infiziert (Stand 01.03.2020).

Doch wie gefährlich ist der Virus? Wie hoch ist die Wahrscheinlichkeit, dass Infizierte daran sterben? Das kann derzeit noch nicht abschließend beurteilt werden. Laut dem Robert Koch-Institut liegt der Anteil der Todesfälle bei nachgewiesenen Infektionen bei etwa zwei Prozent. Hierbei sind allerdings die Infizierten, die keine oder nur leichte Symptome aufweisen und deshalb in keiner Statistik auftauchen, nicht berücksichtigt. Somit ist der tatsächliche Anteil der Todesfälle vermutlich geringer. Zudem waren es bisher vor allem Patienten im fortgeschrittenem Alter und/oder mit chronischen Grunderkrankungen, die an dem Virus gestorben sind, häufig bereits älter.

Die Sorge vor einer weiteren Ausbreitung und Ansteckung ist nicht unbegründet. In China sind 2870 Menschen dem Virus zum Opfer gefallen; in Italien gibt esbereits 29 Todesfälle zu beklagen (Stand: 01.03.2020). Nichtsdestotrotz ist das Ausmaß des Virus - verglichen mit derTodeszifferder Grippewelle in den Jahren 2017 und 2018 - (noch) relativ harmlos: Allein in Deutschland starben 25.000 Menschen. Das macht die Grippewelle zur tödlichste Influenza der vergangenen 30 Jahre. Nichtsdestotrotz war der mediale Aufruhr im Vergleich zur Berichterstattung über den Coronaviruseher verhalten. Es sind vor allem die sogenannten „fake news“, also falsche Informationen und Meldungen, die für Panik sorgen und sich schneller verbreiten als derVirus selbst.

Die Verbreiter dieser Falschmeldungen schreiben häufig Artikel im Namen renommierter Zeitungen oder Nachrichtensendungen und verbreiten diese über die soziale Medien. Dies führt dazu, dass heutzutage eine eigenständige Recherche notwendiger ist denn je.

Das gemeinnützige Recherchezentrum "Correctiv" (www.Correctiv.Org)  beispielsweise bietet eine hilfreiche Stütze, um sich im Dschungel der Informationsflut zurechtzufinden. Weitere Faktenchecks bieten unter anderem der "Faktenfuchs" des Bayrischen Rundfunks, die Weltgesundheitsorganisation (WHO) und dieFrankfurter Allgemeine Zeitung.

Neben einer sorgfältigen Recherche ist es ratsam, auch die Hygiene-Vorschriften des Gesundheitsministeriums zu befolgen. Das bedeutet jedoch nicht, sich komplett abzuschotten und im eigenen Haus zu verschanzen. Schließlich gehen wir auch bei Bedrohungen wie einem Terroranschlag oder einer Atomreaktor-Katastrophe unserem Alltag nach. Stattdessen ist es klug, rational und angemessen mit dem Virus umzugehen - zumindest, solange nicht von einer Epidemie gesprochen werden kann. Oder, wie Bundeskanzlerin Merkel es ausdrückt: Entscheiden wir uns für einen Umgang mit "Maß und Mitte". (Sophie von Lossau d‘Ambrosio- Mitglied des Vorstands von Paneuropa Frankreich - 1er mars 2020)


Pandemien

Der Auftritt des Coronavirus im Februar 2020 lieferte den Gegnern der Globalisierung neue Argumente: Sie wollen, ausgehend von einer oft falschen Schlussfolgerung aus den von ihnen aufgezeigten Problemen, die innereuropäischen Grenzen schließen, also den „Schengen-Raum“ abschaffen. Es muss jedoch das Gegenteil getan werden. Die aktuelle Gesundheitsgefahr, die nach SARS [1] (2003) und der Vogel- oder Schweinegrippe, welche ihren Ursprung in Mexiko hat, erneut von China ausgeht, ist eine Lektion für Europa. Sie muss uns dazu ermutigen, unsere Kräfte in Europa zu bündeln, um unsere Unabhängigkeit und unsere pharmazeutische und industrielle Selbstversorgung wiederherzustellen. Europa und insbesondere Deutschland hatten sich zu sehr auf den chinesischen Markt verlassen, der durch die Gesundheitsmaßnahmen deutlich eingebrochen ist. Wir sind uns unserer wirtschaftlichen Verwundbarkeit bewusst geworden. 

Nicht zuletzt auch aufgrund der Tatsache, dass der internationale Verkehr, insbesondere der Luftverkehr, ein wesentlicher Übermittler von Epidemien ist. Das ist nicht neu. Die Cholera verbreitete sich im 19. Jahrhundert mit der Umstellung der Segel- zur Dampfschifffahrt und der Entwicklung der Eisenbahn um ein Vielfaches. Heute breiten sich Epidemien, die überwiegend aus dem Fernen Osten und zuweilen aus Afrika (AIDS und Ebola) kommen, noch schneller aus. Zunächst auf Asien (Indien, China und Indonesien) beschränkt, entwickelten sie sich im 19. Jahrhundert weiter, wurden zu Pandemien und erreichten den Nahen Osten, Europa und Amerika. Die bessere Informationslage aufgrund der Globalisierung ermöglicht uns heute jedoch schnellere und umfassendere Anti-Infektionsmaßnahmen.

Die wirtschaftlichen Auswirkungen können dennoch beträchtlich sein, wie dies auch beim aktuellen Coronavirus der Fall ist, das seinen Ursprung in Wuhan, China hatte und sich in diesem großen Land und darüber hinaus rasant verbreitete. Das Coronavirus hat in China sehr schnell mehr Opfer gefordert als die SARS-Epidemie, welche in den Jahren 2002/2003 349 Opfer im Land und 774 weltweit verursachte. Dies könnte die Produktion von Mobiltelefonen und anderen elektronischen Geräten, welche hauptsächlich aus China stammen, einschränken und vor allem für einige Medikamente, die in Europa verwendet und zu 80% im Land Xi Jing Pings hergestellt werden, gravierende Folgen haben.

                                                                                                                                                             *    *

 Dies war in ähnlicher Form schon bei der Grippe von 1918 der Fall, der sogenannten „Spanischen Grippe“, die wahrscheinlich in China (dort als „Ursprungs-Virus“) und in den Vereinigten Staaten (dort als genetische Mutation) ihren Ursprung hatte. Diese Pandemie eines hochvirulenten und ansteckenden Virusstamms (H1N1) verursachte nach Angaben des Pasteur-Instituts 50 Millionen Todesfälle, nach einigen kürzlich durchgeführten Neubewertungen sogar bis zu 100 Millionen, d.h. 2,5 bis 5 % der Weltbevölkerung. Viel mehr also als während des Ersten Weltkriegs. Sie wurde „spanisch“ genannt, weil Spanien – nicht am Ersten Weltkrieg beteiligt – das einzige Land war, das uneingeschränkt Informationen über die Epidemie veröffentlichte, welche durch ein Virus und nicht durch ein Bakterium (im Gegensatz zur Pest, verursacht durch das Bakterium Yersinia pestis), ausgelöst wurde.

 Hinsichtlich der Zahl der Opfer wäre die Spanische Grippe die tödlichste Pandemie der Geschichte in einer so kurzen Zeitspanne, übertrifft sie doch die rund 34 Millionen Todesfälle (ungewisse Schätzung) der schwarzen Pest Mitte des 14. Jahrhunderts. Nach Angaben des Historikers Niall Johnson waren die größten Verluste in Indien (18,5 Millionen Todesfälle, d.h. 6 % der Bevölkerung), China (schätzungsweise 4 bis 9,5 Millionen Todesfälle, d.h. 0,8 bis 2 % der Bevölkerung) und Europa (2,3 Millionen Todesfälle, d.h. 0,5 % der Bevölkerung, davon 250.000 in Frankreich) zu verzeichnen. Die hauptsächlich beulenbildende schwarze Pest befiel Asien, den Nahen Osten, das Maghreb, Europa und möglicherweise auch Afrika südlich der Sahara.

 Cholera ist eine Krankheit, die sich auf den Menschen beschränkt. Sie äußert sich durch starken Durchfall, welcher zu einer raschen Dehydrierung führt, die unbehandelt oft tödlich endet. Die Krankheit wird durch die Aufnahme des Bakteriums Vibrio cholerae über den Verdauungstrakt übertragen. Frankreich und Großbritannien waren Anfang 1832 von der zweiten Cholera-Pandemie betroffen, nach Russland (1828), Polen, Deutschland und Ungarn (1831). 1831 wurden daraufhin sanitärpolizeiliche Maßnahmen mit Kontrollen an den Grenzen ergriffen. Im Jahr 1854 wurde Frankreich auch von der dritten Cholera-Pandemie heimgesucht, bei der 143.000 Menschen im ganzen Land starben.

 Das Ganges-Delta gilt aufgrund seiner hohen Bevölkerungsdichte und einer auf der Verwendung von menschlichem Dünger (Fäkaliengefahr) basierenden Agrarwirtschaft als ursprünglicher Ausbruchsort der Cholera. Die Cholera bleibt dauerhaft endemisch, d.h. es kommt zu einem instabilen Gleichgewicht zwischen Infektionen (sporadische Fälle) und der Immunität der Bevölkerung. Kleine Kinder sind am häufigsten betroffen.

 Das Akquirierte Immun-Defizienz-Syndrom, besser bekannt unter dem Akronym AIDS, stellt eine Folge von Symptomen dar, die durch die Zerstörung von Zellen des Immunsystems durch das Humane Immundefizienz-Virus (HIV) entstehen. AIDS ist das letzte Stadium der HIV-Infektion, in dem die Immunsuppression bereits stark ausgeprägt ist. Krankheiten, die sich bei fehlender Immunabwehr entwickeln, sind in der Regel tödlich. Es wurden vier Arten der HIV-Übertragung beobachtet:

 1. durch Sexualkontakte, dem häufigsten Ansteckungsmittel,

 2. durch Blut,

 3. durch den injizierenden Drogenkonsum und in Krankenhäusern (bis Ende der 1980er Jahre bei den Empfängern von Transfusionen, insbesondere bei Bluterkranken),

 4. von der Mutter auf das Kind, dort entweder in den letzten Wochen der Schwangerschaft in der Gebärmutter, bei der Geburt oder während des Stillens.

 Seit 2002 wird AIDS als globale Pandemie betrachtet. Schätzungen des UNAIDS-Berichts von 2007 beziffern die Zahl der HIV-positiven Menschen weltweit auf 33,2 Millionen und die Zahl der AIDS-Todesfälle im Jahr 2007 auf 2,1 Millionen. Damit steigt die geschätzte Zahl der Todesfälle seit dem Ausbruch der Krankheit im Jahr 1981 auf über 25 Millionen. Heute scheint die Krankheit ihren Höhepunkt erreicht und sich stabilisiert zu haben. Die Zahl der Infizierten hat jedoch aufgrund des Bevölkerungswachstums und des Zugangs zur Dreifachtherapie (die den Tod hinauszögert) zugenommen.

Das Ebola-Virus verursacht beim Menschen und anderen Primaten häufig hämorrhagisches Fieber. Es war Ursache für viele historische Epidemien, die durch ihr Ausmaß und ihre Schwere auffielen. Die zwischenmenschliche Übertragung erfolgt hauptsächlich durch direkten Kontakt mit Körperflüssigkeiten. Das Virus hat ein für Filoviren charakteristisches fadenförmiges Aussehen. Das Ebola-Virus ist das einzige Virus der Spezies Ebola-Zaire-Virus. Es durchdringt alle Organe und Gewebe mit Ausnahme der Knochen und der Muskulatur. Es bildet zunächst kleine Blutgerinnsel, die durch disseminierte Gerinnung in den Blutgefäßen diffundieren. Die Gerinnsel kleben dann an den Wänden der Blutgefäße und bilden eine „Pflasterung“. Mit fortschreitender Infektion bilden sich weitere Gerinnsel, die die Kapillaren blockieren. Sie werden sehr zahlreich und blockieren letztendlich den Blutfluss zu den verschiedenen Organen des Körpers. Teile des Gehirns, der Leber, der Nieren, der Lunge, der Hoden, der Haut und des Darms leiden dann unter einem Sauerstoffmangel. Eine Besonderheit des Ebola-Virus ist die Brutalität, mit der es das Bindegewebe angreift.

 Wie AIDS, das ursprünglich von Affen übertragen wurde, ist auch Ebola afrikanischen Ursprungs. Es könnte durch Flughunde übertragen werden. Nach einer Studie von K.Kupferschmidt aus dem Jahre 2017 [2] hat allerdings „von 2006 bis 2017 niemand das Virus jemals aus Fledermäusen isoliert, und niemand weiß, wie Ebola von Fledermäusen auf andere Säugetiere, einschließlich des Menschen, übertragen werden kann oder warum dieser tödliche Sprung zeitlich und geographisch so unvorhersehbar ist.“. Ein bisher nicht identifizierter Zwischenwirt könnte beteiligt sein. Mehr als 2.000 Menschen starben zwischen August 2018 und August 2019 in der Demokratischen Republik Kongo. Das Virus wird durch direkten Kontakt mit Blut, Sekreten und/oder anderen Körperflüssigkeiten infizierter lebender oder toter Menschen übertragen. Die WHO erinnert daran, dass die Inkubationszeit bis zu 21 Tage betragen und sowohl Sperma als auch Muttermilch das Virus beinhalten kann, welches auch nach der klinischen Genesung noch mehrere Monate lang im Körper verbleiben kann. Bisher sind keine Fälle einer sexuellen Übertragung des Ebola-Virus bekannt.

                                                                                 *    *

 Natürlich war die schlechte oder nicht vorhandene Hygiene in einigen Ländern, besonders in den vergangenen Jahrhunderten, eine Hauptursache für Epidemien. Die Menschen warfen ihre Exkremente auf die Straße und tranken aus Flüssen. Nicht so malerisch wie sein Name war zum Beispiel „Der große Gestank“, auf Englisch The Great Stink oder The Big Stink, der die Geschichte Londons im Sommer 1858 prägte. Es begann an der Themse, die wegen der Abwasserströme und der Hitze schrecklich stank. Der Gestank verärgerte einen großen Teil der Londoner Bevölkerung, hinderte sogar die Abgeordneten daran, sich zu versammeln und führte zum Bau großer Abwasserkanäle sowie zu einer neuen Politik, die als „sanitäre Revolution“ bezeichnet wird.

 Riesige Müll- und Abfalldeponien, von denen wir nicht wissen, was wir damit anfangen sollen, vervielfachen sich am Rande der modernen Megastädte, und die Meere der Erde tragen Müllansammlungen. Es ist sogar von einem "sechsten Kontinent" schwimmender Kunststoffe im Pazifik die Rede. Dies kann nicht ohne Auswirkungen auf die Gesundheit der Menschheit bleiben. Freilich, mikrobielle Krankheiten wurden durch Impfstoffe weitgehend ausgemerzt, aber Epidemien sind heute hauptsächlich viraler Art. Allerdings entsteht in den entwickelten Ländern und bei Personen mit günstigen genetischen Voraussetzungen eine neue Art von Pandemie, obwohl hier nicht von einer Kontamination als Folge gesprochen werden kann. Die neuen Krankheiten werde durch ein „modernes“ Verbraucherverhalten, die Exposition gegenüber Umweltverschmutzung, Strahlung etc. begünstigt. Dazu gehören im Besonderen Diabetes, Herz- und Gefäßkrankheiten sowie Krebs. (Dokumentation des Ateliers de Srasbourg von Sophie von Stralendorff, Paneuropa Frankreich-Vorstandsmitglied, übersetzt und überarbeitet, 3. März 2020)

[1] Schweres Akutes Respiratorisches Syndrom.

[2] “Hunting for Ebola among the bats of the Congo” ; News der Zeitschrift „Science“ vom 1. Juni 2017 ; Africa Biology Health Plants & Animals ; DOI: 10.1126/science.aan6907.


„Eine Verteidigung für Europa, für Europa und durch Europa“ 

Ein Gespräch mit dem General- und Strategielehrer Vincent Desportes

Für Vincent Desportes  ist es dringend und zwingend erforderlich, dass die europäischen Länder ihre strategische Autonomie wiedererlangen und sich nicht mehr auf den Scheinschutz der NATO verlassen, um ihre Verteidigung zu gewährleisten. Um seine Werte und Interessen zu schützen, muss der alte Kontinent eine Verteidigung Europas, für Europa und für Europa aufbauen.

Wie haben Sie die Erklärung von Präsident Emmanuel empfunden, als er sagte, dass die NATO  sich in einem "Zustand des Hirntodes" befindet ? 

Vincent Desportes. Wenn der Präsident diese Formel anwendet, hat er faktisch Recht: Die NATO-Maschine "funktioniert" mit ihrem Hauptquartier, ihren Übungen, ihren unaufhörlichen Sitzungen, ihrem herrlich schimmernden Gebäude à einer Milliarde Euro.... aber nicht mit ihrem Generalmanagement, ihrem Gehirn! Das Unternehmen befindet sich in einer äußerst ernsten Führungskrise, aber auch in einer Krise der Solidarität. Die NATO ist nicht mehr in der Lage, ihre Mitglieder zu regulieren, wie der extravagante Fall der Türkei zeigt: Dieser seltsame Verbündete führt militärische Operationen in Syrien in den Interessengebieten seiner so angeblichen Verbündeten gegen die Verbündeten seiner Verbündeten durch, ohne die eigentlichen Verbündeten zu warnen oder ein Minimum an Koordination zu gewährleisten, ohne zu zögern, russische Ausrüstung, darunter die neuesten Flugabwehrsysteme S400 zu erwerben! Es gibt keine zentrale Regulierung mehr, es gibt einfach keinen "gesunden Menschenverstand"!

Aber das grundlegende Problem ist nicht das: Es ist der wachsende und unvermeidliche Rückzug der Vereinigten Staaten, des Landes, das die Glaubwürdigkeit und Rückversicherung des Ganzen gewährleistet. So wie die NATO heute strukturiert ist, ist diese Organisation nur ein Papiertiger ohne die Amerikaner, die aus völlig rationalen Gründen immer weniger an Europa interessiert sind. Präsident Donald Trump selbst hämmerte es: "Amerika darf nicht in die NATO investieren, dieses Bündnis ist obsolet". Die amerikanische „Wende zum Pazifik“ kommt von weit her, sie ist unvermeidlich, Teil der Evolution der Welt. Erinnern wir uns an Präsident Obama, der rief: "Ich bin ein Pazifik-Präsident"! Die Entkopplung zwischen den Vereinigten Staaten und Europa ist eine der wenigen Sicherheiten, die wir über die Entwicklung der Welt haben können, ob wir es nun bedauern oder nicht.

Weniger Führung, weniger Solidarität: Die NATO-Mitglieder fühlen sich nicht mehr füreinander verantwortlich. Die Türkei kauft also russische S-400-Raketen und schwächt damit direkt das otanische System; was den amerikanischen Präsidenten betrifft, so schlägt er eindeutig vor, dass er Washington nicht für Vilnius, Podgorica - die Hauptstadt Montenegros -... oder Paris natürlich opfern wird! Charles de Gaulle hat das vor mehr als einem halben Jahrhundert verstanden! Artikel 5, der wichtigste Teil des Bündnisses, besagt jedoch, dass sich jeder Mitgliedsstaat verpflichtet, jedes Mitglied der Allianz zu verteidigen, das angegriffen werden könnte. Die Glaubwürdigkeit der NATO basiert auf der des amerikanischen Schutzes.... was heute nur noch eine Illusion ist! Stellen wir uns nicht vor, dass, sobald die Trump-Seite einmal gedreht ist, der Fluss wird sich umkehren: Was wir erleben ist ein Grundtrend. Die Entkopplung der Vereinigten Staaten/Europa ist unvermeidlich: Trump ist kein Zufall der Geschichte. Weiterhin zu glauben, dass die NATO auf unbestimmte Zeit das harte Fundament der Verteidigung bleiben wird, beeutet nichts anderes als  eine Fünfjahresstrategie zu entwickeln und die großen Trends bei der Neugestaltung der Welt zu ignorieren.

Wäre Europa daher anfällig für externe Bedrohungen?

Präsident Emmanuel Macron macht dies zu Recht deutlich: "Glaubt nicht an den amerikanischen Regenschirm, er wird sich nicht öffnen, wenn ihr ihn braucht". Das Problem der europäischen Länder - glücklicherweise ist Frankreich eine Ausnahme – besteht darin, dass ein so großer Teil von ihnen seine Verteidigung den Vereinigten Staaten anvertrauthat und dass sie psychologisch und finanziell nicht mehr in der Lage sind, ihren eigenen Schutz zu gewährleisten.

Es ist daher dringend geboten, dass sie ihre Autonomie in politischen, fähigkeitsbezogenen und operativen Fragen wiedererlangen. Also natürlich in militärischen Angelegenheiten. Nur ihre Autonomie wird es ihnen ermöglichen, sich nicht mehr gezwungen zu fühlen, sich den strategischen Interessen der USA zu unterwerfen, die oft sehr gegen die unseren gerichtet sind, und die Streitigkeiten der Amerikaner zu übernehmen, die auch nicht unbedingt unsere sind. Dies zeigt sich im Falle Russlands, wo amerikanische Interessen unseren langfristigen Interessen entgegenstehen, denn, ob wir wollen oder nicht, die Zukunft Europas ist viel „eurasischer“ als „euroatlantisch". Die Allianz ist zu einem Protektorat geworden, in dem das große Protektorat unter Androhung ds RÜckzugs einseitig seine Handlungsgesetze und -vorschriften durchsetzt; es wird erst dann wieder zu einem Bündnis unter Gleiche werden, wenn es seine strategische Autonomie wiedererlangt hat. Präsident Macron hat Recht, wenn er darauf hinweist, dass die NATO inoffiziell zu einem kaufmännischen  Bündnis geworden ist, wo der Kauf von amerikanischer Ausrüstung (wie z.B. das sehr teure Flugzeug F35!) gegen das Versprechen des leider sehr illusorischen Schutzes vorgeschrieben ist....

Da es sein Schicksal nicht mit einer Macht verknüpfen kann, deren strategische Interessen weit von seinen eigenen entfernt sind, muss Europa erkennen, dass die NATO nicht mehr ihre All-Risk-Versicherung ist, und schnell reagieren: Es hat nur wenige Jahre Zeit, um ein eigenes Verteidigungssystem aufzubauen. Andernfalls wird es sehr hilflos sein, wenn das letzte Schiff der US Navy Antwerpen verlässt, um den letzten amerikanischen Soldaten nach Baltimore zurückzubringen.

Wir brauchen also eine europäische Armee?

Diese Formulierung ist nicht die beste, aber sie hat das Verdienst, dass sie klar ist. Sie ist auch bei einer großen Mehrheit der Franzosen beliebt. Was jetzt sehr schnell gebraucht wird, ist eine Verteidigung Europas, für Europa und für Europa. Und wir werden sie nicht mit den alten Methoden bauen, die in den letzten Jahrzehnten nur unbedeutede Ergebnisse erzielt haben. Nein. Wir müssen proaktiv handeln, den guten Willen zusammenbringen, diejenigen, die sowohl die Illusion der amerikanischen Rückversicherung als auch die Notwendigkeit, sehr schnell zu handeln, verstanden haben. Wir müssen die wenigen Nationen zusammenbringen, die in der Lage sein werden, die Souveränität im gemeinsamen Interesse aufzugeben. Wir müssen eine Verteidigungsgruppe "Eurogruppe" zusammenstellen, wie es für den Euro geschehen ist, mit Beschlüssen, die nicht einstimmig, sondern mit qualifizierter Mehrheit gefasst werden. Realismus erfordert daher, dass wir von einem Kern souveräner Nationen ausgehen, die zu strategischen Kompromissen und der Erosion ihrer Autonomie im Namen eines akzeptierten höheren Interesses fähig sind und über den nationalen Egoismus hinausgehen.

Europa muss in der Lage sein, seinen Beitrag zur Welt zu leisten und an der Aufrechterhaltung der großen Gleichgewichte mitzuwirken, sei es die "Ausgleichskraft", die die Welt dringend braucht, und die wir selbst dringend brauchen, wenn wir weiterhin so leben wollen, wie wir wollen. Ob es uns gefällt oder nicht, unsere Welt, die am 26. Juni 1945 in San Francisco geboren wurde, ist heute im Sterben begriffen. Unser Planet befindet sich jedoch in Aufruhr, er befindet sich in einem tiefgreifenden Wandel, der ufgrund der Schwächung von Organisationen immer weniger reguliert wird.

Unser Planet braucht Europa?

Wir bewegen uns auf eine neue Bipolarität zwischen China und den Vereinigten Staaten zu, von denen wir die ersten Opfer sein werden, wenn wir stimmlos haben. Und das wird nur möglich sein, wenn Europa über eine autonome militärische Macht verfügt. Denn es ist sicherlich schade, aber die Stimme der Nationen trägt nur nach dem Kaliber ihrer Waffen! Wenn Frankreich mehr zählt als die anderen Länder, dann gerade weil es eine Armee hat, die diesen Namen verdient. Um unsere Werte zu schützen und zu verteidigen, muss diese europäische Verteidigung schnelle gebaut werden.

Doch Bundeskanzlerin Angela Merkel beurteilt Emmanuels Macrons Meinung als Makron zu radikal. Das Gleiche gilt für Polen, das sich auf seinen amerikanischen Verbündeten ausruht verlässt.

Es ist verständlich, dass Polen Angst vor Russland hat. Es ist der Ansicht, dass zq, solange die europäische Verteidigung nicht aufgebaut ist, die NATO braucht.... und das verzögert auch den europäischen Prozess! Aber das transatlantische Bündnis bleibt eine kurzfristige Vision; es ist Taktik, ja sogar Blindheit.

Ich glaube absolut nicht, dass Donald Trump Washington opfern wird, um Warschau im Falle eines Angriffs aus Russland zu retten. Die Polen glauben, dass sie von den Vereinigten Staaten verteidigt werden. Aber sie machen den gleichen Fehler 1939, als sie glaubten, dass Frankreich kommen würde, um sie zu verteidigen, wenn sie von Nazi-Deutschland angegriffen würden.

Was Angela Merkel betrifft – die  in ihrer Jugend im Osten nur von den Vereinigten Staaten und von langen motorisierten Fahrten auf der Route 66 träumte -, so sollten wir sie von dem deutschen Präsidenten unterscheiden, der selbst den "amerikanischen nationalen Egoismus" während der jüngsten Gedenkfeiern zum Fall der Mauer anprangerte. In Deutschland gibt es unterschiedliche Stimmen. Aber es ist wahr, dass die deutsche Armee im Moment noch tief Otanisch ist.... und dass ihre Generaloffiziere, wie diejenigen anderer europäischer Länder, keine Karriere mehr machen könnten, wenn die NATO plötzlich verschwinden würde. Es gibt nicht nur Größe in politischen Positionen...

Sie erwähnten die Idee, Deutschland unter das Dach der französischen Nuklearverteidigung zu bringen.

Die Frage der Atomwaffe ist offensichtlich kompliziert. Die Entscheidung über ihren Einsatz kann nur von einer legitimen politischen Instanz getroffen werden. Atomschutz kann nur dann "geteilt" werden, wenn es eine legitime politische Instanz gibt, die über das Überleben oder das Verschwinden von Nationen entscheidet, die ihre Autorität anerkannt haben. Davon sind wir weit entfernt. Ich weiß noch nicht, wie dieser Fall gelöst werden soll, aber die Frage wird sich stellen, weil Frankreich die einzige Nation ist, die in der Europäischen Union Atomwaffen besitzt (unter dem Gesichtspunkt des zukünftigen Ausscheidens des Vereinigten Königreichs).

Angesichts dieser Verteidigung Europas haben einige französische Staatsbürger den Eindruck,  dass das Schicksal Frankreichs nicht mehr in ihren Händen ist.

Die Illusion wäre zu glauben, dass wir immer noch unser eigenes Schicksal beherrschen. Unser Sicherheitsschicksal ist in der Tat bereits in den Händen von Donald Trump. Wir können unsere Operationen - im Sahel oder anderswo - nicht ohne seine Zustimmung und die Unterstützung seiner Armeen durchführen. A ber das wird nicht ewig dauern. Es wird keine Euro-Verteidigungsgruppe geben, wenn es keine Akzeptanz für die Aufgabe bestimmter Aspekte der nationalen Souveränität gibt. Es wird notwendig sein, dass Sie zuzugeben, dass einige Entscheidungen nicht mehr auf nationaler Ebene, sondern mit der qualifizierten Mehrheit einer Gruppe von Nationen getroffen werden. Die ist die Voraussetgzung  für unser Überleben als Nation.

Wir haben keine Wahl: Entweder akzeptieren wir diese Tatsache oder wir verschwinden. Nationen wie Frankreich und Deutschland sind der Konfrontation mit Großmächten wie China und den Vereinigten Staaten nicht gewachsen. Wenn wir Widerstand leisten und unsere Werte bewahren wollen, müssen wir vereint bleiben. Die überwiegende Mehrheit der Franzosen ist zu Recht für den Aufbau einer europäischen Armee, die die nationalen Identitäten respektiert.

Wenn sie ihre Zivilisation schätzen, müssen die Europäer so schnell wie möglich ihre eigenen Verteidigungsmittel erwerben: realistisch, entschlossen, aber Schritt für Schritt, indem sie aufhören, von einer alten Ordnung zu träumen, die dauerhaft verschwunden ist. Es spielt keine Rolle, wie der Name lautet. Was Europa braucht, ist eine Verteidigung Europas für Europa mit einer autonomen und integrierten militärischen Kapazität, die imstande ist, seine Interessen und seine Fähigkeit zu verteidigen, nach seinen eigenen Wünschen zu leben.


Ein historisches Treffen, eine Wende in den Ost-West-Beziehungen in Europa ?

Eine Leistung von Emmanuel Macron : Kremlchef Putin und der ukrainische Präsident Selenskyj erstmals persönlich begegnet. Nach jahrelangem Stillstand in einem Konflikt, der seit 2013 13 000 Todesopfer gekostet hat, vereinbaren sie im Elysée-Palast in Paris eine Waffenruhe bis Ende des Jahres 2019.

Beim Pariser Ukraine-Gipfel sind weitere Schritte für eine Lösung des Konflikts in der Ostukraine beschlossen worden. Vereinbart wurde unter anderem eine vollständige Umsetzung der , wie aus der Gipfelerklärung vom späten Montagabend hervorgeht.

Damit gab es im Ringen um einen Frieden in der umkämpften Ostukraine nach jahrelangem Stillstand konkrete Fortschritte. Frankreichs Staatschef Emmanuel Macron, Kanzlerin Angela Merkel (CDU), der russische Präsident Wladimir Putin und dessen ukrainischer Kollege Wolodymyr Selenskyj berieten in wechselnden Runden rund acht Stunden lang im Élyséepalast. Ein solches Treffen hatte es zuletzt vor gut drei Jahren in Berlin gegeben.

Alle Gefangenen sollen bis Ende des Jahres ausgetauscht werden

Vorgesehen ist demnach auch ein Gefangenenaustausch nach der Formel "alle gegen alle" bis Ende des Jahres. Dabei geht es um einen Austausch von 250 Gefangenen aus Kiew gegen 100 aus Luhansk und Donezk. Eine konkrete Vereinbarung dazu gab es aber nicht, sondern lediglich die Absichtserklärung, mit Hilfe der Kontaktgruppe in der Region und des Roten Kreuzes den Austausch umzusetzen.

Innerhalb von 30 Tagen sollen auch neue Übergangspunkte für die Bevölkerung an der Frontlinie eingerichtet werden – auf der Grundlage von humanitären Kriterien. Neben der Waffenruhe soll auch ein Plan für die Minenräumung umgesetzt werden. Zudem soll es an drei weiteren Punkten eine Entmilitarisierung geben.

Putin trägt die Ergebnisse im vollen Umfang mit

Selenskyj zeigte sich nach Abschluss des Gipfels allerdings unzufrieden: "Meine Kollegen sagten mir, dass dies ein sehr gutes Ergebnis für das erste Treffen ist. Aber ehrlich gesagt ist mir das zu wenig", sagte der 41-Jährige. "Zum Waffenstillstand: Ich weiß ehrlich gesagt bisher nicht, wie die Situation kontrolliert werden kann." Er hoffe jedoch, dass es dieses Mal gelinge. Seit Kriegsausbruch 2014 seien 20 Vereinbarungen gebrochen worden.

Wladimir Putin bezeichnete die Ergebnisse als Fortschritt für die Menschen im Kriegsgebiet Ostukraine. Wichtig sei eine Verbesserung des Lebens der Menschen, sagte Putin am späten Montagabend in Paris. Der Kremlchef lobte bei einer Pressekonferenz mit seinem ukrainischen Kollegen Selenskyj, dass Kanzlerin Angela Merkel (CDU) und Frankreichs Präsident Emmanuel Macron sich für eine Lösung des Konflikts einsetzten. Er trage die Gipfelerklärung in vollem Umfang mit, betonte Putin.

Der Kremlchef forderte aber gleichzeitig die ukrainische Regierung und die prorussischen Separatisten noch einmal ausdrücklich zum Dialog auf. Kein Konflikt lasse sich ohne direkte Gespräche lösen. Das lehnen beide Seiten seit Jahren ab. In Russland wurde auch besonders hervorgehoben, dass die Gipfelerklärung festlege, dass der Sonderstatus für die umkämpften Regionen Luhansk und Donezk in der ukrainischen Verfassung verankert werden müsse.

Kanzlerin Merkel zeig sich „sehr zufrieden“

Bundeskanzlerin Angela Merkel (CDU) zeigte sich nach dem Gipfel "sehr zufrieden" mit den Ergebnissen. "Wir haben heute die Zeit des Stillstands überwunden", sagte sie am späten Montagabend nach dem Treffen mit Frankreichs Staatschef Emmanuel Macron, dem russischen Präsidenten Wladimir Putin und dessen ukrainischem Kollege Wolodymyr Selenskyj. Es seien "realistische Dinge" vereinbart worden. "Wir werden dann natürlich auf diesem Weg auch weitermachen."

Macron sagte: "Ich möchte diese Gelegenheit nutzen, um den politischen Mut und die Entschlossenheit des Präsidenten der Ukraine seit seiner Wahl zu würdigen, Frieden in den Konflikt im Osten seines Landes zu bringen." Es sei das Ziel, innerhalb der nächsten vier Monate einen neuen Gipfel im "Normandie-Format" abzuhalten, sagte Macron zudem.

Das Treffen wurde als wichtiges Signal der Annäherung gesehen

Die Zusammenkunft von Selenskyj und Putin in der französischen Hauptstadt wurde als ein wichtiges Signal der Annäherung gesehen. Beide Staatschefs hatten zuvor nur miteinander telefoniert, um den für ganz Europa gefährlichen Konflikt zu entschärfen.

In den ostukrainischen Regionen Donezk und Luhansk stehen sich ukrainische Regierungstruppen und prorussische Separatisten gegenüber. Rund 13.000 Menschen sind nach UN-Schätzung bisher ums Leben gekommen. Die Menschen in den betroffenen Regionen Luhansk und Donezk sehnen sich nach einem Ende des Krieges.

Der im April ins höchste Staatsamt gewählte Selenskyj steht innenpolitisch unter Druck. Direkt vor dem Präsidentensitz in Kiew hielten sich in der Nacht zum Montag bei Temperaturen um den Gefrierpunkt mehrere Hundert Menschen auf, die gegen mögliche Zugeständnisse an Russland demonstrierten. Ein Friedensplan, der 2015 in der weißrussischen Hauptstadt Minsk ausgehandelt wurde, lag bisher weitgehend auf Eis.

Der Gipfel wird auch als "Normandie-Treffen" bezeichnet, weil es die erste Zusammenkunft dieser Art im Juni 2014 in der Normandie gab - diese Region liegt nordwestlich von Paris. Gastgeber Macron strebt einen umfassenden Dialog mit Moskau über Sicherheit und Stabilität in Europa an. Um zu Fortschritten mit Moskau zu kommen, muss nach französischer Auffassung auch der Ukraine-Konflikt gelöst werden. Macrons Annäherung an Moskau wird in mittel- und osteuropäischen Ländern mitunter jedoch misstrauisch verfolgt. (Verwendete Quellen: Nachrichtenagenturen afp und dpa, t-online.de) 


                                                                                                       

Sociétés


Les femmes ont-elles fait l’histoire ? *

« La femme est l’avenir de l’homme… », a écrit Louis Aragon. Mais peut-être est-elle aussi son passé ? Un passé dans lequel elle avait une place primordiale qu’elle a perdue ensuite. Une émission remarquable de la chaîne ARTE sur des découvertes préhistoriques vient de démontrer que la femme était au paléolithique, époque des chasseurs cueilleurs, l’égale absolue de l’homme mais que son statut s’est dévalorisé au néolithique, à partir notamment de l’âge du bronze. 

Dans notre civilisation, cette minorisation de la femme s’accentue à la Renaissance et devient une infériorisation au 19ème siècle. La rétrogradation s’est imprimée particulièrement dans le schéma de la religion chrétienne et – cela l’émission ne le dit pas - de façon plus accentuée encore dans l’islam.

L’égalité de la femme, voir sa prééminence en fonction de ses talents et mérites a perduré en revanche chez les Vikings dont les tombes révèlent au 10ème siècle des femmes ayant des rangs élevés dans toutes les professions artisanales et sociétales, y compris celles d’exploratrices et de guerrières, voire de chefs de guerre. Dans ce reportage, l’archéologue Julia Katharina Koch relate l’histoire de la célèbre tombe princière Bj 581 de Birga en Suède dont l’occupant s’est avérée à l’examen génétique être une femme, après avoir été déclarée homme pendant plus d’un siècle. Autre tombe féminine éminente,  celle dite de « la dame de Vix » en Bourgogne. Parce que son défunt semblait avoir été puni dans la mort, la tombe de  Windeby en Allemagne avait été attribuée d’abord à une femme adultère, inhumée les yeux bandés. Elle s’est avérée en 2006 être celle d’un jeune homme malade.

Il s'avère que, longtemps, les archéologues ont plaqué sur leurs trouvailles le modèle antiféministe de leur époque, en croyant que les sociétés anciennes avaient la même structure sociale que la leur, celle de la famille patriarcale gouvernée par le chef de famille au 19ème siècle. Forcément, les premiers archéologues et paléontologues étaient des hommes. Or, ils auraient pu voir que, dans les hypogées en gré de Malte, des structures colossales de plus de 5000 ans qui ont servi à inhumer jusqu’à 7000 personnes, l’appareil funéraire des femmes et des hommes était identique. Si l’égalité sibsistait dans la morte elle avait préexisté a fortiori dans la vie. Des statues de l'époque montrent des femmes colossales donc puissantes.

En remontant plus loin encore dans le temps, une des révélations les plus remarquables de cette émission est dans la preuve que les « mains négatives" tracées au pochoir sur les parois des grottes préhistoriques les plus anciennes étaient très souvent des mains de femmes. Un spécialiste d’anatomie, Patrick Randolf-Quinney, le prouve et l’explique dans l’émission à partir de leurs mesures et de leur morphologie. Il est donc plus que probable que nombre de dessins des grottes Cosquer, Lascaux, Altamira et autres lieux de peintures rupestres célèbres ont été tracés par des femmes. Or, des siècles durant, on avait imaginé en partant de la hiérarchie des sexes existante que l’art n’appartenait pas aux femmes.

A partir de fouilles effectuées dans le Henan en Chine, Kathe Pechenkina a démontré avec le soutien de l’université de Shandung que les femmes avaient, au début du néolithique, dans la répartition funéraire, un statut égal à celui des hommes. L’empreinte isotopique de leurs ossements et dents prouve, à partir du carbone pour la consommation de végétaux et de l’azote pour celle de viande et de poisson, que l’alimentation des femmes et des hommes était à l’époque identique. Mais, à l’âge du bronze, le rang social des femmes est rabaissée en Chine comme en Europe. Leur alimentation s’appauvrit. Nourries de légumes et céréales, elles souffrent de carences, alors que les hommes mangent de la viande, source de force musculaire. Le dimorphisme sexuel s’accentue. Déjà plus petites que les hommes, elles rapetissent. L’anthropologue Tamas David-Barrett attribue cette régression notamment à la sédentarisation sur des terres cultivables et autour de troupeaux appartenant aux agriculteurs-éleveurs.

Cette observation est d’autant plus importante que l’on considère généralement la révolution agricole comme un progrès de civilisation. Ce sont le réchauffement et la stabilisation progressive du climat à partir de l’an – 10000 qui ont permis la pratique de l’agriculture. Or avec l’attachement  à des biens matériels qu’il fallait défendre, l’homme a inventé la guerre et les hommes s 'imosèrent comme plus aptes à défendre les lieux de vie et des travail que les femmes. D’autant que la fertilité des femmes augmenta avec des temps d’allaitement moins longs, les petits pouvant consommer assez vite des bouillies de céréales et du lait des bêtes. Or, 15% des femmes mourraient en couches au néolithique, ce qui faitsait d’elles des êtres passagers, d’autant qu’elles quittaient leur lieu de naissance pour aller convoler ailleurs à la différence des hommes retenus sur place par la patrilocalité.

Or, aujourd’hui un changement radical améliore le statut des femmes. Avec notre technologie et mécanisation, avec la modification des habitudes alimentaires et des comportements, ainsi que grâce aux  moyens anticonceptionnels, elles reprennent leur leur place. Elles rattrapent actuellement en taille et force musculaires qu’elles avaient perdues le retard qu'on leur avait imposé pour ne pas parler de leurs aptitudes mentales évidemment égales et souvent supérieures à celles des hommes, encore que les différences entre êtres humains ne ne soient pas liées essentiellement au sexe. Il existe des femmes et des hommes bêtes et des hommes et des femmes moins sots ou moins sottes que la moyenne. Toujours est-il que la promotion des femmes vers une totale égalité est aujourd’hui la grande force des pays développés et libres. (JPPicaper - 11.03.2020)

* Emission de la chaine ARTE diffusée le samedi 7 mars 2020 sous les titres "Les Guerrières Vikings" et "Le guerrier était une femme". Réalisé par Sebastian Peister et David Bartlett. 2019. 



Gesellschaften


Haben Frauen Geschichte geschrieben? *

"Die Frau ist die Zukunft des Mannes..." schrieb der französische Schriftsteller Louis Aragon. Aber vielleicht ist sie auch seine Vergangenheit? Eine Vergangenheit, in der sie einen vorherrschenden Platz hatte, den sie später verloren hat. Eine bemerkenswerte Sendung des Fernsehkanals ARTE über prähistorische Entdeckungen hat gerade gezeigt, dass im Paläolithikum, dem Zeitalter der Jäger und Sammler, die Frauen den Männern absolut ebenbürtig waren, aber dass ihr Status erst im Neolithikum, insbesondere ab der Bronzezeit, abgewertet wurde. 

In unserer Zivilisation wurde diese Minderwertigkeit der Frauen während der Renaissance akzentuiert und im 19. Jahrhundert mutierte sie zur Unterlegenheit. Dieser Rückschritt ist noch im Familienmuster der christlichen Religion und - das sagte die Sendung nicht - noch stärker im Islam zu beobachten.

Die Gleichheit von Frau und Mann, ja sogar die häufige Vorrangstellung der Frau entsprechend ihren Talenten und Verdiensten bestand allerdings unter den Wikingern fort, deren Gräber im 10. Jahrhundert Frauen mit hohen Rängen in allen handwerklichen und gesellschaftlichen Berufen, einschließlich derer von reisenden Entdeckerinnen und Kriegerinnen, ja sogar von Kriegsherrinnen offenbaren. Die Archäologin Julia Katharina Koch erzählt in diesem Bericht die Geschichte des berühmten Fürstengrabes Bj 581 von Birga in Schweden, dessen Bewohnerin bei einer genetischen Untersuchung als Frau erkannt wurde, nachdem sie mehr als ein Jahrhundert lang zum Mann erklärt worden war. Ein weiteres bedeutendes Frauengrab ist die sogenannte "Dame von Vix" in Burgund. Das Grab von Windeby in Deutschland wurde zunächst einer ehebrecherischen Frau zugeschrieben, die zur Strafe mit verbundenen Augen begraben worden war. Im Jahr 2006 stellte sich heraus, dass es sich bei dem Toten um einen kranken jungen Mann handelte.

Lange Zeit haben Archäologen ihre Erkenntnisse auf das antifeministische Modell ihrer Zeit gestützt und geglaubt, dass die antiken Gesellschaften die gleiche soziale Struktur wie ihre eigene hatten, nämlich diejenig der patriarchalischen Familie, die seit dem 19. Jahrhundert von dem Mann dominiert wurde.  Es kam daher, dass die ersten Archäologen und Paläontologen Männer waren. Doch sie hätten sehen können, dass in den maltesischen Hypogäen, kolossalen Bauwerken, die mehr als 5.000 Jahre alt sind und in denen bis zu 7.000 Menschen begraben wurden, der Bestattungsapparat von Frauen und Männern identisch war. Wenn Gleichheit im Tod existierte, dann erst recht im Leben. Statuen zeigen auch dort mächtige Frauen.

Eine der bemerkenswertesten Enthüllungen dieser Sendung, die noch weiter in die Vergangenheit zurückreicht, ist der Nachweis, dass die "negativen Hände", die neben den Höhlenmalereien in den frühesten prähistorischen Höhlen schabloniert sind, sehr oft Frauenhände waren. Da beweist in der Sendung ein Anatomie-Spezialist, Patrick Randolf-Quinney, anhand von Messungen und Morphologie, dass diese Hände Frauenhände waren. Es ist daher mehr als wahrscheinlich, dass viele der Zeichnungen von Cosquer, Lascaux, Altamira und anderen berühmten Orten von Frauen gezeichnet wurden. Jahrhundertelang wurde jedoch von der Hierarchie der Geschlechter aus gedacht, dass die Kunst nicht den Frauen gehört.

Auf der Grundlage von Ausgrabungen im Henan, China, konnte die Archäologin Kathe Pechenkina mit Unterstützung der Shandung Universität zeigen, dass Frauen im frühen Neolithikum bei der Verteilung der Bestattungen den gleichen Status wie Männer hatten. Der isotopische Abdruck ihrer Knochen und Zähne beweist, dass die Ernährung von Frauen und Männern zu jener Zeit identisch war, wenn man den Kohlenstoff für den Pflanzenkonsum und den Stickstoff für den Fleisch- und Fischkonsum untersucht. In der Bronzezeit wurde die Bedeutung der Frauen jedoch sowohl in China als auch in Europa herabgesetzt. Die Frauenernährung wurde schlechter. Sie ernährten sich von Gemüse und Getreide und litten unter Mängeln, während die Männer Fleisch aßen, eine Quelle der Muskelkraft. Der Sexualdimorphismus nahm auch zu. Die Frauen waren kleiner als die Männer und schrumpften. Der Anthropologe Tamas David-Barrett führt diese Veränderung insbesondere auf die Sesshaftigkeit auf urbarem Land und um die Herden der bäuerlichen Züchter herum zurück.

Diese Negativentwicklung ist umso überraschender, als die Landwirtschftsrevolution generell positiv bewertet wird. Die Erwärmung und die fortschreitende Regularisierung des Klimas ab dem Jahr -10.000, ermöglichten die Ausübung der Landwirtschaft. Doch mit der Bindung an materielle Güter, die verteidigt werden mussten, hat der Mensch den Krieg erfunden, und die Männer waren besser in der Lage als die Frauen, Wohn- und Arbeitsorte zu verteidigen. Dies galt umso mehr, als die Fruchtbarkeit der Frauen mit kürzerer Stillzeit zunahm, da Kleinkinder Getreidebrei und Tiermilch sehr schnell verzehren konnten. Allerdings starben in der Jungsteinzeit 15 % der Frauen bei Entbindungen, was sie zu vergänglichen Wesen machte, zumal sie ihren Geburtsort verließen, um anderswo zu heiraten, im Gegensatz zu den Männern, die durch Patrilokalität dort blieben, wo sie geboren worden waren.

Heute hat sich etwas geändert. Mit unserer Technologie und Mechanisierung, mit der Veränderung der Essgewohnheiten und der VErhaltensweisen, sowie aufgrund der Verhütungsmethoden verbessert sich die Stellung der Frau, die ihren Beruf wählen kann und entscheiden, wann sie ein Kind bekommt. Sie holt nun den Verlust an Muskelmasse und Kraft auf, ganz zu schweigen von ihren geistigen Fähigkeiten, abgesehen davon, dass es nicht nachweisbar ist, dass es bez. der Intelligenz sexuelle Unterschiede gibt. Es gibt dumme Frauen und dumme Männer und Männer und Frauen, die überdurchschnittlich schlau sind. Die Förderung der Frauen ist jedenfalls heute die große Stärke der entwickelten und freien Länder. (J.-P. Picaper, 11/03/2020)

* Sendung des Kanals ARTE  am 7. März 2020 unter den Titeln "Les Guerrières Vikings" und "Le guerrier était une femme". Autoren Sebastian Peister und David Bartlett. 2019. 



Culture/Science


LA GUERRE SOURNOISE DES GAFAS 

Comment a fonctionné le GRAND PIRATAGE *

En anglais « The Great Hack »… C’est ainsi que Brittany Kaiser nomme l’énorme captation de données sur « Facebook » à des fins publicitaires et politiques auquel a procédé des années durant le programme de développement « Cambridge Analytica » (CA). Ancien cadre pendant trois ans de cette agence de communication entretemps fermée qui cachait une société de propagande politique, elle a dévoilé ses méthodes d’influence de masse dans un livre de 500 pages paru chez HarperCollins à New York et intitulé « Cambridge Analytica ». L’auteury dévoile « les dessous d’un scandale planétaire ».  CA a influencé nombre de votes majeurs dans le monde, du Brexit à l’élection de Donald Trump, mais aussi la formation de mouvements politiques. Beaucoup supposent que les Gilets jaunes français greffés sur un sentiment de malaise social, mais destinés à faire chuter le gouvernement en France, voire à détruire l’État français, sont eux aussi un produit de cette désinformation.

Planétaire, cette entreprise d’influence et de désinformation l’était, en effet, parce que 68 pays ont sollicité ses services sans compter des partis politiques comme les Républicains américains. Née à Houston en 1982, diplômée de plusieurs universités américaines et britanniques,, Brittany Kaiser a accusé surtout « Facebook » de duper ses clients en collectant leurs données personnelles. CA, déclarée Cabinet de conseil en consommation et opinion, siphonnait les données des usagers de "Facebook" qui sont au  nombre de 3 milliards dans le monde. Mais on ne peut être certain que le géant numérique américain de Mark Zuckerberg n’ait pas cédé ou vendu de son propre chef des données. En faisant effectuer tris et classements par les algorithmes, il suffisait alors de décider des messages à communiquer aux « users » en fonction de leurs goûts, préférences, objectifs et tempéraments.

CA a d’abord tenté de manœuvrer les abonnés de ces grandes machines de communication en leur diffusant des messages « effrayants » ou « rassurants », mais ce fut un échec. Alors elle a eu recours à la peur. C’est ainsi que l’on peut amener des millions d’internautes à acheter tel produit, à voter pour tel candidat ou contre tel autre, et à adhérer à tel ou tel mouvement social ou sociétal. Sans CA, très probablement, le Brexit n’aurait pas eu lieu et Trump n’aurait pas été élu. L’agence de communication a racheté les données de 88 millions de « Facebookers » américains pour « retourner » les électeurs des trois États qui ont fait pencher la balance en faveur de l’actuel président américain, le Michigan, la Wisconsin et la Pennsylvanie : 77 000 voix de plus en sa faveur et l’affaire était dans le sac.

Le logiciel permettant de façonner l’opinion de millions d’abonnés de « Facebook » s’appelait la « technologie numérique psychométrique », formule compliquée et prétentieuse cachant une réalité simple. Il s’agissait, à partir des constantes comportementales et émotionnelles quantitativement mesurables des « users » de « Facebook »,  d’amener ceux-ci à prendre les décisions voulues. C’est au lendemain du vote du Brexit que Brittany Kaiser réalisa ce qu’elle avait contribué à faire et fut prise de remords. « Je n’arrivais pas m’endormir à force de penser à tout ce qu’ils m’avaient obligée à faire », déclarera-t-elle. Elle a vu que la méthode fonctionnait à un point qu’elle n’aurait pas imaginé. Son inventeur, un de ses confrères, l’ingénieur canadien Christopher Wylie, eut les  même regrets et décida de tout révéler au journal britannique « The Guardian ». Mme Kaiser se confia elle-même sur Netflix, puis finit par révéler son identité et exposer devant le Parlement britannique les activités illégales de « Facebook », de « Cambridge Analytica » et d’autres sociétés de la même trempe.

Elle affirme qu’aujourd’hui la famille milliardaire Mercer, père et fille, propriétaires de l’ex-société « Cambridge Analytica » qui a fait élire Donald Trump est encore détentrice des données de 250 millions de citoyens américains et qu’il n’y a aucune preuve qu’elles aient été effacées. Il est dommage que les révélations de Brittany Kaiser aient été orientées plutôt en faveur de la gauche démocrate américaine et contre les conservateurs, mais il est bien possible que d’autres groupements d’intérêts émanant souvent de puissances étrangères, Chine ou Russie notamment qui ont la maîtrise des flux numériques, travaillent peut-être en sens inverse. « Les peurs sont virales. Les rhétoriques se propagent vite (…), ces modèles de rhétorique manipulatrice provoquent artificiellement des tensions, des oppositions », dit-elle. Cela ne concerne pas seulement la politique, mais aussi les sociétés qui analysent à votre demande vos données génétiques et souvent les revendent Sans compter les conseils prodigués à tous ceux qui n’ont pas accès aux banques pour gérer leurs finances.

Toujours est-il que mieux vaut ne pas confier sa vie privée aux Gafas, les quatre géants qui dominent le monde contemporain, »Google », « Apple », « Facebook » et « Amazon ». Mais peut-on l’éviter ? (JPP)

* « Paris Match » du 23-29 janvier. « Manipuler les élections ? C’est la norme désormais », Interview de Brittany Kaiser par Anne-Laure Le Gall et Catherine Schwaab


Vienne chante Beethoven

On célèbre en 2020 le 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven.

La capitale autrichienne ne pouvait pas manquer ce rendez-vous. Viennois d’adoption, le compositeur y a passé trente cinq ans de sa vie, y écrivant ses œuvres les plus célèbres , dont la Symphonie n° 9, La pastorale et son seul opéra, Fiedlio.au point de marquer profondément la ville et ses habitants. A sa mort en 1827, plus d’un Viennois sur dix a assisté à ses obsèques.

A l’occasion de son anniversaire, Vienne rend hommage à l’artiste à travers plus d’une centaine d’évènements. Le programme très varié mêle expositions, concerts et opéras, à enrichir entre autre pas une visité au musée dédié à l’artiste, inauguré fin 2017, ou encore par la découverte de la Frise Beethoven. Une œuvre monumentale peinte par Klimt en 1902, célébrant le compositeur, exposée au Palais de la Sécession. (Wien.info)


Un changement de civilisation : retour triomphal de la petite reine

Les Français vont-ils se déplacer à bicyclette à l’instar des Danois et des Hollandais ? C’est ce qui pourrait arriver suite à la grève des chemins de fer et des métros menée par le syndicat communiste CGT au tournant des années 2019-2020 contre le gouvernement Macron. A titre d'exemple, mesurée sur 37 sites parisiens rien qu'entre le 28 novembre et le 12 décembre 2019, la circulation cycliste avait augmenté de 133%. Pendant que des embouteillages monstrueux obstruaient les rues et les routes, les cyclistes ont fait leur apparition par milliers dans Paris et dans quelques grandes villes avec parmi eux un grand nombre de trottinettes. Ces transports à deux roues se sont glissés entre les automobiles.

Le mouvement de grève a bousculé les habitudes des Français, accros de la voiture à un seul occupant, et l’on pense que la moitié de ceux qui ont eu recours au vélo pendant cette période hivernale de grèves vont conserver cette habitude, à plus forte raison quand reviendront le printemps et l’été. Se sont ajoutés bien entendu les vélos électriques utilisés à l’achat comme en libre service. Et là, clients et usagers seront encore plus fidèles. Pas besoin de permis, ni de carburant, ni d’assurance, ni de vignette fiscale. Plus commodes à garer qu’une voiture et non-polluants alors que les citadins souffrent de plus en plus d’une pollution meurtrière. Ces électro-vélos ne sont certes pas encore parfaitement au point. Ils sont relativement dangereux parce que tous ceux qui les enfourchent ne maîtrisent pas leurs accélérations, et qu’on ne peut recharger leur batterie qu’un millier de fois. Ensuite, il faut en acheter une nouvelle à 600 €. Mais en ville ils sont moins encombrants et là comme à la campagne bien moins cher et qu’une automobile.

Les seuls à s’en plaindre sont les piétons. Car les fameuses zones piétonnières, créées de plus en plus souvent dans les grandes villes de France,  souvent contre la volonté des fabricants de voitures, sont certes interdites aux quatre roues mais pas aux deux roues. « Un individu à vélo se comporte de la même manière qu’un automobiliste vis-à-vis des plus fragiles, en l’occurrence les piétons », se plaint un piéton militant à un journal. C’est-à-dire de façon abusive et autoritaire, voire insultante. Cette remarque est vraiment exagérée. Les automobilistes français respectent en règle générale les piétons et les laissent traverser dès qu’ils en témoignent l’envie. Ajoutons que beaucoup de piétons pourraient rouler à vélo. Cela leur ferait gagner du temps. Le vélo, s’il a de bons freins, est respectueux et sûr.

Certes, le cycliste est souvent obligé de rouler sur le trottoir, ce qui en France, à la différence de l’Allemagne, n’est pas sanctionné, mais c’est une nécessité. Il y a encore trop de voitures et pas suffisamment de pistes cyclables. Le danger est plutôt la trottinette électrique, plus instable que le vélo mais souvent plus rapide que lui. On ne l’avait pas attendue. Elle a fait son apparition inopinément. Elle s’insinue partout. Elle devra être régulée, peut-être limitée.  On ne l’entend pas arriver et l’on n’est pas sûr qu’elle puisse freiner. Toujours est-il que son usage sur les trottoirs est déjà interdit. Fragiles ces trottinettes parmi les voitures…

Un qui doit se retourner dans sa tombe, est Karl Marx. Après l’échec de sa théorie économique dans tous les pays où elle a été appliquée, voilà que le principal effet de la dernière lutte de classes qu’il appelait de ses vœux est de booster l’usage de machines individuelles qui n’existaient pas quand il écrivait le « Manifeste communiste ». Cette révolution collatérale n’a pas que des effets positifs.

Elle a accru les transports en voitures et surtout en bus tout en causant beaucoup de tort au commerce et au tourisme. Un des grands gagnants de la grève en France est le réseau allemand d’autobus Flixbus qui a augmenté ses tarifs et multiplié ses parcours sur les routes de France. Les trains et métros non polluants sont bloqués par la CGT que les autres syndicats imitent par contagion et pour ne pas se laisser déborder par « leur base » (la « base » étant formée des manifestants qui crient plus fort que les autres).

Le moteur à essence et diesel très polluant occupant désormais le haut du pavé en attendant la voiture électrique ou à hydrogène. Mais beaucoup mourront avant, les poumons encrassés. (Max Gross -28/12/2019)


Le prétendu déclin de l‘intelligence

La mesure chiffrée de l’intelligence n’est pas un fait nouveau. Le quotient intellectuel, ou QI établi par un texte psychométrique est connu du monde entier. Il avait été créé au début du 20ième siècle pour dépister les élèves en difficulté et leur faire bénéficier d'un soutien et il a fait l’objet de nombreuses critiques méthodologiques et théoriques, car on ne peut pas vraiment définir l’intelligence qui se situe en tout cas quelque part entre la déficience mentale et le haut potentiel des surdoués. 

Des dénigreurs des civilisations européenne et américaine cherchent en tout cas de nos jours à accréditer l’idée que le QI global de la civilisation occidentale est en train de chuter ; que ses  citoyens sont de moins en moins intelligents ; que leur mode de vie consumériste et télévisionnaire fait d’eux des ânes ; que leur démocratie nivellatrice et anti-élitaire les rend débiles ; et que, de ce fait, la civilisation occidentale court à sa perte. Si nous nous en laissons persuader, c’est effectivement ce qui peut se passer conformément à la loi des prophéties autoréalisatrices.

Les jeunes d’aujourd’hui sont particulièrement visés. Il paraît que la pratique d’Internet et du smartphone les ampute de leurs neurones. Or, ce n’est pas du tout l’impression que nous avons d’eux, mais c’est ce que les gérontocrates prétendent. C’est plutôt la contamination par des idéologies postmarxistes et des superstitions médiévales et leur contingent de sottises qui tuent l’intelligence européenne : créationnisme, déterminisme, culte des miracles, des fétiches et des reliques, envoûtements et malédictions, visions apocalyptiques et collapsistes, etc. Ces fantasmes sont importés d’autres continents et d’autres siècles. 

La vérité est que les jeunes d’aujourd’hui ne supportent pas d’être ignorants. Au lieu de se laisser gaver de connaissances superflues, ils prennent l’initiative de consulter immédiatement leur portable ou leur pc si une interrogation les interpelle. Ils connaissent tous les raccourcis d’Internet pour aboutir à une information ou à un résultat. Ils sont informés sur presque tout et en savent plus que les générations d’avant Internet qui s’accrochent à leurs vieilles habitudes. Aussi veulent-ils être traités en citoyens adultes.


Les méfaits de l’intelligence collective  

Il était seul. Il n’avait que 24 ans. On était en 1975.  Il écoutait des jeunes de son âge parler des ordinateurs, ces monstres pesant plusieurs tonnes capables de faire en quelques secondes ou minutes des calculs qui auraient requis des années pour des équipes de mathématiciens. Adolescent, il avait lu quelque chose à ce sujet et cela l’avait fortement impressionné. Il s’est dit que, si on mettait de tels engins à la portée de chaque individu, cela changerait bien des choses. Personne n’y avait pensé avant lui.

Steve Wozniak anticipait l’ère de la communication numérique et de l’ordinateur portable branché sur un clavier. Le jour même, assis tout seul à son bureau,  il se mit à dessiner les circuits d’un petit calculateur et ne quitta plus son siège travaillant jour et nuit à la réalisation de son idée. Au bout de trois mois, l’appareil fonctionnait. On pianotait sur le clavier et des lettres apparaissaient à l’écran. Une nouvelle ère de l’humanité commençait, la troisième révolution industrielle.

Avec son camarade Steve job, Wozniak créa la société Apple Computer Company qui est aujourd’hui un des plus puissants groupes industriels au monde. Et tout cela, parce qu’il avait travaillé seul, comme les grands inventeurs des temps passés, d’Archimède à Galilée et Newton. Il n’avait pas perdu de temps en débats et conférences, en meetings et votes qui l’auraient déconcentré. 

Le modèle de la ruche

De nos jours, la mode est au travail collectif. C’est le système de la ruche ou de la fourmilière. Il est vrai que chaque fourmi ou chaque abeille n’est pas intelligente, mais que leur organisation collective à base essentiellement de communication olfactive ou gestuelle est infiniment plus intelligente que l’insecte isolé et a permis à ces espèces, surtout les fourmis,  de devenir une des plus répandues au monde, plus nombreuse en quantité d’individus que l’humanité elle-même. Mais est-ce que, chez les humains, le collectif, si prisé par les marxistes-léninistes et maoïstes, mais aussi par les fascistes et nazis, mène au succès comme chez les insectes ?

L’histoire du XXème siècle a plutôt démontré le contraire. Naturellement, une équipe de football ou de basket, un commando ou une brigade militaire, une équipe de pompiers, un groupe de commerciaux dans un supermarché, ne peut être que collective, mais s’il s’agit de performances intellectuelles ou scientifiques, d’innovation, voire d’art et de littérature, les solitaires ont plus de chance d’arriver au but. Le collectif crée ce qu’Adam Grant et ses collègues de la Wharton Business School de Pennsylvanie appellent le « collaborative overload », la surcharge collaborative.

Selon notre propre expérience, les réunions d’enseignants et de représentants des étudiants gagnés par une idéologie participative et partageuse tuent les universités. Ils s’usent à palabrer et voter. En outre, le travail de groupe, le « team working » a plutôt tendance à marginaliser les créateurs et inventeurs. Ceux qui ne participent pas activement à la dynamique du groupe sont déclarés « intravertis », ce qui veut presque dire « asociaux », tandis que ceux qui sont sous les feux de la rampe, les « extravertis » sont jugés positivement. Or, ce sont pour la plupart des communicants et non pas des créateurs. Une avocate de formation jadis installée à Wall-Street, aujourd’hui maître de conférences,  Susan Cain, a écrit un livre intitulé « La force des discrets. Le pouvoir des introvertis dans un monde trop bavard » (Poche).

Elle démontre qu’il y a dans nos sociétés autant d’extravertis que d’intravertis et que les uns ne sont pas plus intelligents que les autres, mais que notre société défavorise les seconds, relégués sur la touche. Elle a fait une expérience qui montre que les gens perçoivent celui ou celle qui est le plus éloquent – souvent le hâbleur – comme plus intelligent, plus sympathique et même… plus beau ou plus belle. Les chercheurs américains Cameron Anderson et Gavin J. Kilduff ont démontré quant à eux que le charlatan qui s’impose par la parole est automatiquement considéré comme plus compétent. Déjà, à l’école, celui qui prend souvent la parole a plus de chances d’être bien noté. Il bénéficie de l’effet « auréole », ce que les chercheurs américains appellent le « halo effect ».

Plus le groupe est important, moins il est efficace

Mais la croyance selon laquelle le travail de groupe est plus efficace est tenace. Elle date au moins de 1948, quand l’expert en publicité américain Alex Osborn publia son livre « Your creative Power ». Il y affirmait que les propositions émises par les membres d’un groupe fertilisent réciproquement la créativité du groupe dont les conclusions finales augmentent ainsi en qualité. Il suffisait donc de former un groupe d’individus bien choisis que l’on encourageait à s’exprimer librement et sans tabous. C’est le fondement de la théorie du « Brainstorming », venue elle aussi des États-Unis. Cette théorie ne fonctionne, hélas, pas souvent. Il a même été démontré que plus un groupe est important moins il travaille efficacement et moins il a d’idées brillantes. C’est ce qu’a prouvé le psychologue du University College à Londres Toms Chamorro-Premuzic, spécialiste des questions d’organisation. Il a étudié les processus de travail de quelques 800 équipes de travail collectives et a déduit que « les individus ont avec une très forte vraisemblance davantage d’idées originales s’ils ne communiquent pas avec d’autres individus ».

Le groupe engendre le conformisme en stimulant l’instinct d’adaptation au collectif. Notre tendance à travailler en groupe est-elle donc un symptôme de cette perte d’intelligence qui nous menace ?

                                                                             (JPP - d’après l’hebdomadaire « Die Zeit » du 2.11.19 - Kerstin Bund, Marcus Rohwetter)


 L’homme ne serait pas un être pensant ? 

Nous savions déjà que ce n’est pas le volume de notre cerveau qui détermine l’intelligence, mais que c’est le nombre et l’interconnexion de ses synapses qui est déterminant. Notre cerveau de 1350 cm3 est en moyenne moins volumineux que celui du Neandertal qui avait 1500 à 1600 cm3. S’ajoute quand même que le rapport cerveau-masse corporelle a diminué, les hommes actuels étant plus grands que Neandertal et que c’est sans doute un handicap.  Cependant, depuis que le penseur de la paléoanthropologie Pascal Picq nous a fait douter de la notion de progrès qui était jusqu’alors un dogme parmi ses collègues, notamment dans l’évolution humaine. L’idée que nous régressons se répand en Europe. Pierre Theilard de Chardin (1881-1955), prêtre jésuite et paléontologue, avait tenté de réconcilier la théorie de l’évolution avec la doctrine catholique en affirmant grosso modo que l’homme devenait de plus en plus divin. En réalité, en jetant un coup d’œil en arrière sur le 20ème siècle, on a plutôt l’impression que l’homme devient de plus diabolique.

L’esprit plat

Voici qu’est née une nouvelle théorie qui alimente cette philosophie du déclin de l’homme. C’est la « Théorie de l’Esprit plat » exposée dans le livre « Et si le cerveau était bête ? » (titre original : « The Mind is Flat : The Illusion of Mental Depth and The Improvised Mind" ») paru fin 2018 aux Éditions Plon.  L’auteur, Nick Chate, chercheur à l’université de Warwick, estime avoir révolutionné la connaissance de l’homme en affirmant que notre intelligence n’est qu’une illusion que nous entretenons pour nous faire plaisir et nous mettre sur un piédestal. Il combat surtout le mythe de la profondeur de notre esprit. En fait, il n’y aurait rien derrière notre pensée, ni souvenir cohérents, ni subconscient ou inconscient, ni  le moi, ni le sur-moi chers aux psychanalystes, ni complexes et inhibitions, rien que des réactions immédiates adaptées à la situation. Est-ce cela ne fait pas de nous des animaux ?

L’idée de « platitude » de notre esprit a été bien accueillie par la communauté scientifique. Elle est dans l’esprit des temps et c’est ce qui nous inquiète. En particulier Petter Johansson, chercheur en psychologie expérimentale à l’université de Lund en Suède, s’est jugé confirmé dans ses observations. L’excellente revue française « Science et Vie » (n° 1223 d’août 2019 p. 60 à p. 75) a consacré plusieurs articles aux idées de Chater en citant de nombreux scientifiques séduits par celles-ci. Citons : « Notre perception si riche ? < Un mirage >, balaie Ronald Rensink, professeur en cognition visuelle (université de Colombie Britannique, Canada). Notre pouvoir d’imagination illimité ? <Une construction mensongère>, assure Stephen Kosslyn, professeur émérite en psychologie cognitive à Harvard. Nos connaissances, notre raison, notre libre arbitre ? <Pour beaucoup des approximations, des interprétations et des histoires qu’on se raconte>, assène Albert Moukheiber, docteur en neurosciences cognitives (université de Paris 13) ».

Dans une interview de cette revue, Nick Chater a eu le front d’affirmer : « Pour l’instant, aucune étude, à ma connaissance, n’a contredit ma théorie ». Mais attendons un peu. Sa théorie n’est pas si nouvelle qu’elle en a l’air. Une lecture rapide de ses textes et de ceux de ses admirateurs n’est pas sans rappeler la théorie du conditionnement du physiologiste russe Ivan Petrovitch Pavlov (18491936), prix Nobel de physiologie ou médecine de 1904. Pour ne pas parler du « Behaviorisme » américain. Comme ces anciennes théories, celle de Chater vise à affirmer que nous en sommes que des coquilles intellectuellement vides, pratiquement des systèmes neuro-végétatifs qui s’imaginent être des penseurs. En d’autres termes, nous sommes bêtes. 

Le chien de Pavlov 

Sommes-nous tels le chien de Pavlov qui se met à saliver au son d'une clochette parce qu’il a été dressé à le faire ? Ses travaux sur le fonctionnement de l'appareil digestif avaient valu au physiologiste russe son prix Nobel de médecine en 1904.  Le chien conditionné n’était qu’un produit collatéral de ses expériences. Mais il fit sa célébrité. Ses observations parurent ensuite dans son ouvrage intitulé « Les réflexes conditionnés ». Pavlov y ouvrit une polémique où il déplorait l'intervention de la psychologie dans la compréhension du fonctionnement cérébral à l'aube du xxe siècle. Il aurait préféré que cette étude demeurât dans le giron de la physiologie... Donc aucune intervention de l’intelligence chez ce chien. Et chez l’homme ? Aucun savoir dans l’alimentation  humaine, sans souci du bon goût culinaire, de la perception des couleurs et des odeurs, de l’agencement des plats ni de ce que l’on sait de l’origine des ingrédients. Aucune culture mais des réflexes…  Sommes-nous des chiens ? Nous n’avons rien contre ces braves toutous, mais…

Le Behaviorisme ou comportementalisme américain, est un paradigme de la psychologie scientifique selon lequel le comportement observable est essentiellement conditionné soit par les mécanismes de réponse réflexe à un stimulus donné, soit par les interactions de l'individu avec son environnement... Ce courant est apparu à la fin du 19ème siècle avec l’ouvrage d’Edward Thorndike, « L’intelligence Animale » (1898). John Broadus Watson aux États-Unis et Vladimir Bechterev en Russie en furent les vrais fondateurs. Watson a défini cette théorie ainsi : “Le behaviorisme prétend que le domaine de la psychologie humaine est le comportement humain. Il estime que la conscience n’est un concept ni défini ni utilisable”. De ce fait, la psychologie ne serait pas la science de l’esprit. Cette vision nie en fait jusqu’à l’existence de la culture.

Perception culturelle seulement après coup ?

On peut opposer à Watson dont les idées sont très proches des expériences de Pavlov, comme quoi il est possible de décrire et de comprendre les comportements humains à l’instar de ceux des animaux, et donc de les guider sans interférence de processus psychologiques internes, qu’une réaction humaine ne peut être seulement décrite du dehors, mais qu’elle doit aussi être comprise du dedans. Déjà le langage qui nous différencie considérablement des animaux (encore que ceux-ci, surtout les primates et des oiseaux, aient des formes de communication sonore), nous apporte une perception culturelle du monde. C’est parce que nous avons reçu des valeurs et principes dont certains sont probablement innés (tels le besoin de liberté et d’autonomie de l’individu et la propension à la soumission chez les faibles) que des dissidents surgissent dans les régimes totalitaires pour s’opposer à la manipulation et oppression d’État qui fait des hommes des moutons bêlants et craintifs. Ces fortes personnalités prouvent que tous les humains ne peuvent pas être déplacés arbitrairement comme des pions sur l’échiquier politique ni traités comme des animaux d’élevage dans un système étatique qui prétend être leur « éducateur ». Or, le behaviorisme et la théorie de « l’esprit plat » visent à « saper l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, à dévoiler que notre identité profonde repose sur du vent ».

Selon les behavioristes, si quelqu’un se déclare heureux, cela se traduit par une extériorisation de son état physique – augmentation du rythme cardiaque, sourire, etc. Si aucun de ces phénomènes extérieurs n’est visible – le béhavioriste conclurait alors la personne n’est pas vraiment heureuse. Si le chien ne salive pas au son de la clochette, Pavlov conclurait qu’il n’a pas faim. Peut-être en est-il ainsi de l’homme adapté qui incline à la soumission. Mais que penser alors de la faim de lecture, d’art, d’amour ? Ce qui frappe dans les expériences citées par la revue « Science et Vie » autour de la théorie de Nick Chater, c’est leur lien très fort avec les réactions physiologiques. Ainsi, selon elle, notre cœur se met  battre plus vite en présence d’un danger. Ce qui induit une réaction émotionnelle que notre cerveau reconstruit en lui donnant un concept culturel : la peur. Mais la réaction psychologique est là avant sa définition mentale qui n’est qu’un mot pour cerner l’accélération du rythme cardiaque.

On peut donner aux « Chateriens » -appelons-les ainsi- raison en ce sens que notre cerveau nous trompe et que sa rapidité de connexion nous fait croire que l’interprétation provient du tréfonds de nos âmes. Cette tromperie du cerveau est bien connue notamment en matière digestive (on revient à Pavlov), par exemple en coupant notre faim quand nous pensons avoir mangé. Mais est-ce que cela ne démontre pas justement la puissance du cerveau ? Par ailleurs, il est incontestable que le cerveau est utilitariste. Sélective, la mémoire refoule les souvenirs inutiles. Les perceptions sans intérêt sont éliminées au profit de celles d’actualité et d’utilité pressante. Cela a permis à l’homme de survivre.

Pas de culture sans surinterprétation

C’est certain que nous surinterprétons nos réactions et attitudes, que nous les parons des mille feux d’une culture qui nous a été inculquée. En cela, nous devons donner raison à Chater et co. Mais, sans cela il n’y aurait ni littérature, ni art, ni sciences. Mais nous ne naviguons pas d’émotion en émotion. Il y existe même une pensée qui nait de la pensée et non pas de perceptions externes : la philosophie.

Et si la théorie de la bêtise conçue par Nick Chater n’était qu’une tromperie pour les sots ? Ce ne serait pas très inquiétant si cette vision d’un homme physiologiquement robotique ne favorisait pas la résurgence de courants politiques fascisants ou collectivistes qui peuvent s’en servir pour leur propagande totalitaire. Il n’est plus guère possible aujourd’hui de soumettre à une idéologie comme l’ont fait Lénine avec « le prolétariat » ou comme Hitler avec « les masses » ? Mais la nouvelle psychologie peut faire d’eux des automates. Nous assistons aujourd’hui dans nos société à des certains phénomènes de masse qui ne relèvent vraiment pas de l’intelligence et de la culture mais plutôt de « l’esprit plat ». (JPP -  5/12/2019)


L’intelligence en chute libre en Europe ? 

La pertinence des tests de QI (Quotient Intellectuel) fait polémique. Faut-il prendre au sérieux des études internationales du QI visant à prouver l’apparition d’une tendance alarmante qui se dessine en Occident. D'après plusieurs études récentes, une baisse généralisée du QI serait effective, tout particulièrement en Europe, depuis une quinzaine d'années. Serions-nous devenus plus stupides qu'autrefois et pourquoi ? Mais cette tendance ne fait-elle pas partie de l’« Europe Bashing » visant à nous décourager et déstabiliser, à nous dévaloriser et culpabiliser ? En fait, ces études mélangent un peu tout et ne sont pas très convaincantes. Il convient de s’en défier, mais nous devons en tenir compte si nous voulons tirer partie de nos erreurs.

La récente inversion de l'"effet Flynn"

Une baisse progressive du QI dans tout l'Occident

A l'inverse d'un 20e siècle marqué par l'augmentation radicale et généralisée du QI moyen en Occident, la tendance du 21e siècle est à la baisse, en Europe du Nord tout particulièrement.

Ce phénomène s'apparente à une inversion du fameux "effet Flynn", décelé par le chercheur néo-zélandais James R. Flynn, qui expliquait la hausse du QI moyen au 20ème siècle par l'amélioration des conditions sanitaires et l'accès généralisé à l'éducation.

Selon une étude publiée en 2013 dans la revue scientifique « Intelligence, » c'est chez les Britanniques que le phénomène est le plus flagrant. On observe en effet une chute de 14 points entre 1999 et 2013, avec un score moyen de 100. A en juger par le référendum qui a produit le Brexit sou David Cameron et les péripéties politiques qui ont suivi sous Theresa May, puis sous Boris Johnson, on est tenté de penser que cette dégradation touche surtout les milieux politiques au Royaume Uni.

En France, le phénomène est moins alarmant mais tout aussi réel. On y note en effet un recul de près de 4 points, depuis le début des années 2000, avec un score moyen de 98. A en juger par le mouvement des Gilets jaunes et les grèves et manifestations permanentes traduisant une hostilité accrue à la valeur travail dans notre pays, on ne s’en étonnera pas.

La même tendance s'observe en Australie, aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège et en Suisse...

"Nous devenons de plus en plus stupides, ça se passe maintenant et cela ne va pas s'arrêter" assène sans détour Edward Dutton, (Ulster Institute for Social Research, Royaume-Uni) dans le documentaire « Demain, tous crétins ? », diffusé sur ARTE en novembre 2017.

Autre confirmation qui vient d'une étude sur le quotient intellectuel de 730 000 Norvégiens ayant fait leur service militaire entre 1970 et 2009 : le QI moyen a baissé de 7 points en une génération.

De quoi piquer la fierté de l'Homme qui se gargarise de son "évolution" sans limite...

Les plus forts QI se retrouvent en Asie, puis en Europe

Les recherches effectuées par le britannique Richard Lynn, professeur émérite de psychologie à l'Université d'Ulster (Irlande du Nord) et le finlandais Tatu Vanhanen, professeur émérite de science politique à l'Université de Tampere (Finlande), ont permis d'établir un classement des QI moyens dans plus de 80 pays, entre 2002 et 2006[1]. En voici un échantillon avec les pays ayant les plus forts QI. La palme revient à deux cités enclaves d’Asie mais on est étonné qu’Israël figure presque au bas de cette liste, car l’État hébreux semble avoir la plus forte proportion d’inventeurs et savants au monde. Ce qui met en question ce classement. Ainsi le QI moyen par pays aurait été entre 2002 et 2006 à Hong-Kong et Singapour de 108 ; en Corée du Sud de 106 ; au Japon de 105 ; en Chine de 105 ; à Taiwan de 104 ; en Italie de 102 ; aux Pays-bas, en Norvège et en Grande-Bretagne de 100 ; en Belgique, en Allemagne, en Finlande, en Pologne, en Suède de 99 ; en Espagne, aux États-Unis et en France de 98 ; en Biélorussie, Russie et Ukraine de 97 ; en Israël et au Portugal de 95 ; en Grèce et en Irlande de 92.

Pourquoi le QI moyen diminue-t-il en Europe ? 

Contre toute attente, il paraît difficile d'incriminer les systèmes éducatifs des pays touchés par la baisse de QI - certains étant très bien classés dans les études PISA.

Par contre, de plus en plus de chercheurs attribuent à ce phénomène marquant des causes environnementales.

Le rôle troublant des perturbateurs endocriniens

L'une des explications de la baisse du QI moyen en Occident serait liée à la prolifération des perturbateurs endocriniens [2], qui agissent sur l'équilibre hormonal et entravent notamment l'action de l'iode, élément chimique essentiel au développement cérébral.

Un grand nombre des molécules inventées par la chimie pour les besoins de l'industrie, parce qu'elles contiennent d'autres halogènes que l'iode, sont susceptibles d'interférer avec le système thyroïdien et de l'empêcher d'orchestrer harmonieusement le développement du cerveau”, explique Barbara Demeinex, physiologiste et auteur du « Cerveau endommagé ».

L'iode est un oligo-élément essentiel à la production de l'hormone thyroïdienne. Une carence en iode entraîne un dysfonctionnement de la thyroïde. Le goitre (glande thyroïde hypertrophiée) et le crétinisme en sont des manifestations extrêmes.

Soulignons qu'un déficit en iode chez la mère entraîne des troubles de l'attention, de l'hyperactivité et une baisse du QI chez son enfant. Or, les produits de notre quotidien (cosmétiques, aliments, vêtements, canapés, TV, ordinateurs...) contiennent des molécules chimiques (comme les PCB, retardateurs de flamme, bisphénols et pesticides) fabriquées à partir de Fluor (F), Brome (Br) et Chlore (Cl) qui sont confondus avec les hormones thyroïdiennes par notre organisme. Résultat : le développement de nos capacités cognitives est contrarié.

Les pesticides diminuent le QI

 Soulignons le cas du chlorpyrifos, un insecticide et un acaricide utilisé sur les cultures, les animaux, les pelouses et que l'on retrouve dans tous les fruits et légumes, le sol et l'eau jusque dans l'urine des enfants et le cordon ombilical des femmes enceintes.
Censé remplacer le tristement célèbre DDT en 1965, ce produit a des effets qui « semblent être permanents, irréversibles et à vie » sur le développement neurologique des enfants exposés.

"Un certain nombre d’études montrent que les enfants exposés au chlorpyriphos dans le ventre de leur mère ou au début de leur vie peuvent souffrir de troubles du développement neurologique à un âge plus avancé - en causant des changements structurels dans le cerveau en développement, pouvant entraîner une diminution des capacités cognitives, telles que la baisse du QI et la perte des capacités de mémorisation", précise l’ONG HEAL.

En août 2019, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a affirmé que "le pesticide chlorpyrifos ne satisfait pas aux critères requis par la législation pour son renouvellement en tant que substance approuvée dans l’Union européenne." Il devrait donc être interdit dans l'Union Européenne en 2020.

L'hypothèse génétique et sociologique

D'après les conclusions d'une étude génétique, parue en 2016 dans la revue PNAS, on peut présupposer un facteur démographique dans la régression du QI moyen observée en Occident. Cette hypothèse part du constat que, parmi les individus à QI élevé, la propension à avoir des enfants serait moindre, du fait de l'engagement dans des études supérieures longues. Il y aurait à ce titre une sous-représentation de ces individus au sein de la population totale.

 Alors que, jusqu’au 19ème siècle environ, les individus à QI élevé avaient sans doute plus de chances de pouvoir élever décemment une famille. C’est surtout la possibilité de carrières ouvertes aujourd’hui aux femmes qui freine la natalité chez celles qui réussissent dans leur profession. Un dilemme que la législation s’efforce de résoudre, mais imparfaitement.                 

La consommation de cannabis en question

En cause également, la consommation généralisée de cannabis en occident, dont les effets sur le cerveau ne sont plus à prouver. Troubles de mémoire, dépression des années après la consommation, etc. D'après certaines études, la consommation régulière et excessive de cannabis pourrait provoquer une baisse de QI de près de 8 points.

Toujours plus de télévision et d'abrutissement

Nous pouvons enfin émettre l'hypothèse d'un abrutissement généralisé, dû au temps accru passé devant la télévision.

D'après les enquêtes annuelles de Médiamétrie, un Français passait en moyenne 3 h par jour devant la télévision en 1989. En 2016, la durée d'écoute individuelle (DEI) quotidienne du média télé s'est établie à 3 heures et 52 minutes ! Autrement dit, nous passons 60 jours par an devant la télévision...

Outre la qualité déplorable des programmes, regarder la télévision entraînerait des effets non négligeables sur les fonctions cognitives, chez les plus jeunes notamment. « Regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de trois ans, même lorsqu'il s'agit de chaînes qui s'adressent spécifiquement à eux », souligne même le CSA.

Des retards de développement sont donc imputables à l'utilisation de ce média, ainsi que des troubles de l'attention qui peuvent également contribuer à la baisse du QI. Mais nous ne sommes pas persuadés que la télévision soit globalement nocive. Nous constatons une information accrue de nos concitoyens en matière scientifique, historique, artistique, musicale, et ce, grâce à la télévision. Davantage de personnes s’intéressent à ces domaines. Cela reste superficiel, certes, mais l’intérêt est là.

De plus en plus de personnes stupides et démentes ?

Le vieillissement de la population mondiale entraîne une augmentation du nombre de personnes atteintes de démence sénile. Ainsi, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de personnes atteintes de démence devrait tripler dans les 30 prochaines années, passant de 50 à 152 millions d'ici 2050.

« La maladie d'Alzheimer est le type de démence le plus courant et représente 60 à 70 % des cas. Les autres types courants sont la démence vasculaire et les formes mixtes » (OMS)

Outre la détresse psychologique et morale liée à la démence, cela représente un coût de plus en plus élevé, estimé à 818 milliards de dollars, soit plus de 1% du produit intérieur brut mondial, indique l'OMS qui alerte : « d'ici 2030, il devrait avoir plus que doublé pour atteindre 2 000 milliards de dollars, un coût qui pourrait nuire au développement social et économique et submerger les services sociaux et de santé, y compris les systèmes de soins de longue durée. »

____________________________________________

  1. Les deux chercheurs ont publié en 2002 un essai intitulé « IQ and the Wealth of Nations ».
  2. « Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants » (OMS)

Kultur/Wissen


DER HINTERHÄLTIGE GAFA-KRIEG

Wie das BIG HACKING funktionierte *

Auf Englisch « The Great Hack »…  So nennt Brittany Kaiser  die riesige Datensammlung auf "Facebook" zum Zweck politischer Werbung, die das Entwicklungsprogramm „Cambridge Analytica“ (CA) jahrelang angewendet hat. Frau Kaiser war drei Jahre lang als Führungskraft in dieser inzwischen geschlossenen Kommunikationsagentur tätig, die eine politische Propagandafirma versteckte. Sie denunzierte deren Methoden der Massenbeeinflussung in einem 500 Seiten starken Buch, das von HarperCollins in New York unter dem Titel "Cambridge Analytica" veröffentlicht wurde. Die Autorin enthüllt "die Unterseite eines globalen Skandals".  CA hat viele der wichtigsten Wahlen der Welt beeinflusst, vom Brexit bis zur Wahl von Donald Trump, sowie die Bildung politischer Bewegungen. Viele Beobachter vermuten, dass die französischen Gelbwesten, die auf einem Gefühl sozialen Unbehagens aufgepfropft waren, aber die Absicht hatten, die Regierung in Frankreich zu stürzen oder sogar den französischen Staat zu zerstören, ebenfalls ein Produkt dieser Desinformation gewesen sind.

Dieses globale Unternehmen der Einflussnahme und Desinformation wurde von 68 Länder, sowie von politischen Parteien wie die amerikanischen Republikaner um Hilfe gebeten. 1982 in Houston geboren und Absolventin mehrerer amerikanischer und britischer Universitäten, beschuldigt Brittany Kaiser vor allem"Facebook", ihre Kunden durch die Erfassung ihrer persönlichen Daten zu betrügen. Als erklärte Verbraucher- und Meinungsberatungsfirma, schöpfte  CA die Daten von "Facebook"-Nutzern, insgesamt 3 Milliarden weltweit, ab. Aber wir können nicht sicher sein, dass Mark Zuckerbergs amerikanischer Digitalgigant nicht von sich aus Daten verkauft oder verschenkt hat. Indem die Algorithmen die Daten sortierten und klassifizierten, reichte es dann aus, zu entscheiden, welche Botschaften den "Nutzern" entsprechend ihrem Geschmack, ihren Vorlieben, ihren Zielen und ihrem Temperament übermittelt werden sollten.

Zuallererst versuchte CA, die Abonnenten dieser großen Kommunikationsmaschinen mit "beängstigenden" oder "beruhigenden" Nachrichten zu manövrieren, aber das war nicht erfolgreich. Dann griff sie auf die Angst zurück. Auf diese Weise können Sie Millionen von Internetnutzern dazu bringen, dieses oderjenes Produkt zu kaufen, für diesen oder jenen Kandidaten zu stimmen und sich dieser sozialen oder gesellschaftlichen Bewegung anzuschließen. Ohne CA hätte der Brexit höchstwahrscheinlich nicht stattgefunden und Trump wäre nicht gewählt worden. Die Kommunikationsagentur kaufte die Daten von 88 Millionen amerikanischen "Facebookern", um die Wähler der drei Staaten, die den Ausschlag für den derzeitigen US-Präsidenten gaben, "umzudrehen": Michigan, Wisconsin und Pennsylvania. Das brachte 77.000 weitere Stimmen zu seinen Gunsten, und der Deal war unter Dach und Fach.

Die Software, mit der die Meinungen von Millionen von "Facebook"-Abonnenten geformt wurden, wurde "psychometrische Digitaltechnik" genannt, eine komplizierte und prätentiöse Formel, die eine einfache Realität verbirgt. Die Idee war, die quantitativ messbaren Verhaltens- und Gefühlskonstanten der "Facebook"-Nutzer zu nutzen, um ihnen zu helfen, die „richtigen Entscheidungen“ zu treffen. Am Tag nach der Abstimmung für den Brexit erkannte Brittany Kaiser, wozu sie beigetragen hatte und sie bereute es. "Ich konnte nicht einschlafen, wenn ich an all die Dinge dachte, zu denen sie mich gezwungen hatten", sagt sie. Sie sah, dass die Methode auf eine Weise funktionierte, die sie sich nie vorgestellt hatte. Ihr Erfinder, der kanadische Ingenieur Christopher Wylie, hatte ein ähnliches Bedauern und beschloss, der britischen Zeitung "The Guardian" alles darüber zu erzählen. Frau Kaiser vertraute sich Netflix an, sie enthüllte schließlich ihre Identität und stellte die illegalen Aktivitäten von Facebook, Cambridge Analytica und anderen ähnlichen Unternehmen vor dem britischen Parlament bloß.

Sie behauptet, dass die milliardenschwere Familie Mercer, Vater und Tochter, Eigentümer der ehemaligen Firma "Cambridge Analytica", die Donald Trump zur Wahl brachte, heute noch über die Daten von 250 Millionen amerikanischen Staatsbürgern verfügt und dass es keine Beweise dafür gibt, dass sie gelöscht wurden. Es ist schade, dass sich die Enthüllungen der Brittany Kaiser eher für die amerikanische demokratische Linke und gegen die Konservativen richteten, aber es ist durchaus möglich, dass andere Interessengruppen, die oft von ausländischen Mächten ausgehen, insbesondere aux China oder Russland, die die digitalen Ströme kontrollieren, in die entgegengesetzte Richtung arbeiten. "Ängste sind viral. Die Rhetorik verbreitet sich schnell (...), diese Modelle der manipulativen Rhetorik provozieren künstlich Spannungen, Widerstände", sagt Frau Kaiser. Es geht nicht nur um die Politik, sondern auch um die Unternehmen, die Ihre genetischen Daten auf Ihren Wunsch hin analysieren und oft verkaufen, ganz zu schweigen von der Beratung für alle, die keinen Zugang zu Banken haben, und solche Berater ansprechen, um  ihre Finanzen zu verwalten.

Letzten Endes ist es besser, sein Privatleben den Gafas nicht anzuvertrauen, den vier Riesen, die die heutige Welt beherrschen: "Google", "Apple", "Facebook" und "Amazon". Aber lässt sich das vermeiden? (JPP)

* "Paris-Match" vom 23. bis 29. Januar. "Manipulation der Wahlen? Das ist jetzt die Norm", Interview der Brittany Kaiser von Anne-Laure Le Gall und Catherine Schwaab


Wien singt Beethoven

Im Jahr 2020 feiern wir den 250. Geburtstag des unsterblichen Beethovens .

Die österreichische Hauptstadt konnte sich dieses Ereignis nicht entgehen lassen. Der Adoptiv-Wiener verbrachte dort 35 Jahre seines Lebens und schrieb seine berühmtesten Werke, darunter die Symphonie Nr. 9, La pastorale, und seine einzige Oper, Fidelio, die die Stadt und ihre Bewohner so sehr geprägt haben. Als er 1827 starb, nahm mehr als jeder zehnte Wiener an seiner Beerdigung teil.

Anlässlich seines Geburtstages ehrt Wien den Künstler mit mehr als hundert Veranstaltungen. Das sehr abwechslungsreiche Programm besteht aus Ausstellungen, Konzerten und Opern, die durch einen Besuch des dem Künstler gewidmeten Museums, das Ende 2017 eröffnet wurde, oder durch die Entdeckung des Beethovenfrieses bereichert werden. Ein 1902 von Klimt gemaltes monumentales Werk, das den Komponisten feiert, das  im Palais der Sezession ausgestellt ist. (Wien.info)


Kulturwechsel in Frankreich:  Die jähe Vermehrung des Zweirads 

Werden sich die Franzosen in Zukunft mit dem Fahrrad wie die Dänen und die Holländer fortbewegen? Dies könnte das Ergebnis des Eisenbahn- und U-Bahn-Streiks ihrer letzten kommunistischen Gewerkschaft CGT gegen die Regierung  Macron um die Jahreswende 2019-2020 sein. Gemessen an 37 Pariser Standorten hat der Fahrradverkehr zwischen dem 28. November und dem 12. Dezember 2019 um 133 % zugenommen. Während monströse Staus die Straßen und Wege versperrten, tauchten in Paris zu Tausenden Radfahrer auf, darunter eine große Anzahl von Rollern. Alle diese zweirädrigen Transporte schlüpften zwischen die Wagen.

Die Streikbewegung brachte die Gewohnheiten der Franzosen durcheinander, die davor nach dem Auto mit nur einem Insassen süchtig waren, und es wird vermutet, dass die Hälfte derer, die in dieser winterlichen Streikperiode das Fahrrad wieder entdeckt haben, es beibehalten werden, besonders wenn Frühling und Sommer wieder da sind. Hinzu kommen natürlich die Elektrofahrräder, die sowohl als Einkauf- als auch als Mietfahrzeug benutzt wurden. Zu ihnen werden die Kunden und Nutzer noch treuer sein. Für sie besteht kein Genehmigung-, Treibstoff-, Versicherungs- oder Steuerzwang. Sie sind bequemer zu parken als ein Auto und umweltfreundlich, während die Stadtbewohner zunehmend unter tödlicher Luftverschmutzung leiden. Diese Elektrofahrräder sind offensichtlich noch nicht fertig. Sie sind relativ gefährlich, weil nicht jeder, der sie fährt, ihre Beschleunigung kontrollieren kann und ihre Batterien nur tausendmal wieder aufgeladen werden können. Dann müssen Sie einen neuen für 600 € kaufen. Aber in der Stadt und auf dem Land ist es immer billiger und weniger sperrig als ein Auto.

Die einzigen Menschen, die sich darüber beschweren, sind Fußgänger. Denn die berühmten Fußgängerzonen, die in den Großstädten Frankreichs immer häufiger, oft gegen den Willen der Autohersteller, angelegt werden, sind zwar für Vierradfahrer, aber nicht für Zweiradfahrer verboten. "Ein Mensch auf dem Fahrrad verhält sich gegenüber den Schwächsten, in diesem Fall den Fußgängern, wie ein Autofahrer", klagt ein militanter Fußgänger gegenüber einer Zeitung. Das heißt, auf mißbräuchliche und autoritäre Weise, sogar beleidigend. Diese Bemerkung ist wirklich übertrieben. Französische Autofahrer respektieren im Allgemeinen Fußgänger und lassen sie überqueren, sobald sie ihren Wunsch dazu zeigen. Fügen wir hinzu, dass viele Fußgänger mit dem Fahrrad fahren könnten. Das würde ihnen Zeit sparen.

Fahrräder sind, wenn sie gute Bremsen haben, respektvoll und sicher. Allerdings sind die Radfahrer oft gezwungen, auf dem Bürgersteig zu fahren, was in Frankreich, im Gegensatz zu Deutschland, nicht bestraft wird, aber es ist eine Notwendigkeit. Es gibt immer noch zu viele Autos und zu wenig Fahrradwege. Die Gefahr ist eher der Elektroroller, instabiler als das Fahrrad, aber oft schneller als dieses. Er erschien unerwartet. Er schleicht sich überall ein. Das muss geregelt, vielleicht sogar begrenzt werden.  Wir hören nicht den Roller, wenn er sich nähert und können nicht sicher sein, dass er bremsen kann. In jedem Fall ist seine Verwendung jetzt auf Gehwegen verboten. Aber zwischen den Autos setzen die Rollerfahrer ihr Leben aufs Spiel.

Einer, der sich im Grab umdrehen muss, ist Karl Marx. Nach dem Scheitern seiner Wirtschaftstheorie in allen Ländern, in denen sie angewendet wurde, besteht die Hauptwirkung des letzten von ihm ersehnten Klassenkampfes darin, den Einsatz von Transportmaschinen zu fördern, die es zum Zeitpunkt der Abfassung des "Kommunistischen Manifests" noch nicht gab. Diese kollaterale Auswirkung hat nicht nur positive Seiten. Der Eisenbahnerstreik hat den Transport mit dem Auto und vor allem mit dem Bus verstärkt und gleichzeitig dem Handel und dem Tourismus großen Schaden zugefügt. Einer der großen Gewinner des Streiks in Frankreich ist das deutsche Busnetz Flixbus, das seine Fahrpreise erhöht und seine Routen auf den Straßen Frankreichs vervielfacht hat. Die nicht umweltschädlichen Züge und U-Bahnen werden von der CGT- Gewerkschaft blockiert und der hochgradig umweltschädliche Benzin- und Dieselmotor nimmt nun die Spitze der Personenfernverkehrs ein.

Eines Tages wird das Elektro- oder Wasserstoffauto den Brennstoffmotor überflüssig machen. Aber viele Menschen werden inzwischen mit verschmutzten Lungen sterben. (Max Gross - 28.12.2019)


Sprachwandel: Deutsche Vokabeln mutieren!

Pantoffeln oder Latschen? Bolzen oder pöhlen? Die deutsche Sprache ist regional und dialektal vielfältig – sie entwickelt sich fortdauernd. Wörter bleiben auf der Strecke.

Regionale Begriffe wie Klops oder Pantoffel haben sich einer Studie zufolge in den vergangenen Jahrzehnten im deutschsprachigen Raum ausgebreitet. Wie drei Forscher der Universitäten Bern, Zürich und Salzburg herausgefunden haben, sind gleichzeitig sehr lokale Bezeichnungen wie Beefsteak, Klößchen oder Kloß für das angebratene Stück Hackfleisch kaum noch verbreitet. Klops statt Kloβ?

Auch die Bezeichnung "Viertel elf" für 10.15 Uhr hat im Vergleich zu den 1970er Jahren etwas an Boden verloren. "Viertel nach zehn" breitet sich demnach leicht von Westen nach Osten aus, steht in den neuen Bundesländern, in Franken und Baden-Württemberg aber noch hinter "Viertel elf" zurück. In der Kürze liegt die Würze, kann man dort sagen.

Sprachliche Veränderungen in Bayern und Schleswig-Holstein gering 

In Teilen Bayerns sowie in Schleswig-Holstein sind laut der im Fachmagazin "PLOS One" veröffentlichten Studie die sprachlichen Veränderungen verhältnismäßig gering. Vor allem in Ostdeutschland sind dagegen für einige Begriffe klare Verschiebungen aufgefallen. Insgesamt zeigt sich, dass lokale Begriffe für bestimmte Dinge weniger Verwendung finden und durch regionale, etwas weiter verbreitete Varianten ausgetauscht werden.

"Ein Grund ist, dass die Leute geografisch gesehen mobiler sind als früher. Wenn man sich verstehen lassen will, passt man sich an", erklärt Adrian Leemann von der Universität Bern. Der Trend weg von lokalen Dialekten hin zum Hochdeutsch habe zudem eine soziale Komponente. "Der Hannoversche Standard hat mehr Prestige", sagt Leemann. Weil Dialekte in Bayern sowie auch in Österreich und der Schweiz einen höheren Stellenwert hätten, verändere sich hier die Sprache nicht so schnell wie anderswo.

Besonders deutlich zeigt sich das bei dem Begriff "der Schlucken", der der Studie zufolge in Teilen Ostdeutschlands zunehmend durch das Wort Schluckauf ersetzt wird. Der Trend hatte sich bereits in einer vorherigen Studie abgezeichnet. Eine ähnliche Entwicklung zeigt sich für die Wörter Klops und Bulette, die in Ostdeutschland langsam ihre Synonyme Klößchen, Kloß oder Beefsteak verdrängen. Im Westen von Deutschland gibt es bei diesem Beispiel wenig Veränderung, da neben dem Begriff Frikadelle lokale Wörter keine größere Rolle spielen. Gleiches gilt für Fleischküchle in Baden-Württemberg, Fleischpflanzerl in Teilen Bayerns und Laiberl beziehungsweise Faschierte Laibchen in Österreich.

Nahezu verschwunden sind auch einige Synonyme für Fußball spielen. Auch wenn Jürgen Klopp als Trainer von Borussia Dortmund immer wieder mit einer "Pöhler"-Kappe an der Seitenlinie stand, ist das ursprünglich in Westfalen bekannte Wort pöhlen kaum mehr verbreitet, ähnlich wie bäbbeln im Sächsischen. Bolzen und eben Fußball spielen haben sich durchgesetzt, in Baden-Württemberg und Österreich wird zudem gekickt, in der Schweiz vor allem getschuttet (offensichtlich vom Englischen : to shoot abgeleitet – die Franzosen sagen :“shooter“).

Sprachliche Landkarten im Wandel

Grundlage für die Studie sind Antworten aus einem Online-Quiz, dass bei "Spiegel Online" und dem Onlineportal der Schweizer Zeitung "Tagesanzeiger" online gestellt wurde. Mehr als 770.000 Nutzer nahmen am Quiz teil und stellten danach auch ihre Metadaten zur Verfügung. Sie wurden dort nach ihren Ausdrücken für insgesamt 24 Begriffe gefragt. Auf Grundlage dieser Daten entstanden dann Landkarten, auf denen man die Verbreitung der Dialekt-Wörter ablesen kann. Zudem wurden die Ergebnisse mit einer früheren Studie aus den 1970er Jahren verglichen.

Der damit erkennbare Wandel weg von lokalen hin zu eher regionalen Wort-Varianten sei auch in anderen Sprachen zu erkennen, sagt Forscher Leemann. "Auch in England, den Niederlanden oder Frankreich findet man den Verlust sprachlicher Diversität", meint Leemann. Grammatikalische Besonderheiten, etwa die genaue Position eines Wortes im gesprochenen Satz, seien dabei meist stabiler als die Verwendung bestimmter Wörter, wenn auch immer häufiger das Verb im Nebensatz in der Umgangssprache mitten im Satz wie im Englischen oder Französischen statt am Ende steht. (verwendete Quellen: t-online.de, dpa, mehrere Zeitungen)


Der Rückgang der Intelligenz in Europa: Mythos oder Realität?

Die quantitative Messung der Intelligenz ist nicht neu. Der intellektuelle Quotient, oder IQ, der durch einen psychometrischen Test bestimmt wird, wurde zu Beginn des 20. Jahrhunderts zur Identifizierung und Förderung schwacher Schüler geschaffen und war das Ziel zahlreicher methodischer und theoretischer Kritiken, weil es nicht wirklich möglich ist, Intelligenz zu definieren, die ohnehin irgendwo zwischen geistiger Insuffizienz und dem hohen Potential der Begabten liegt. 

Auf jeden Fall versuchen die Verleumder der europäischen und amerikanischen Zivilisation heute, die Vorstellung zu untermauern, dass die Staatsbürger der EU und der USA immer weniger klug sind, dass ihr Konsum- und Fernsehleben sie zu Eseln macht und dass ihre nach unten gleichschaltende Demokratie sie verdummt, so dass die westliche Zivilisation dadurch dem Zusammenbruch entgegensteuert. Die heutige Jugend steht besonders im Visier. Es wird behauptet, dass die Benützung vom Internet und Smartphone sie von ihren Neuronen amputiert. 

Das ist absolut nicht der Eindruck, den wir von ihr haben, aber das ist, was die Gerontokraten von ihr behaupten. Vielmehr zerstören die Ansteckung durch postmarxistische Ideologien und durch mittelalterliche Aberglauben und ihr Kontingent an Unsinn (Kreationismus, Determinismus, Kult von Wundern, Fetischen und Reliquien, Religionsfehden, usw.) die europäische Intelligenz.  Aberglaube wird aus anderen Kontinenten und Jahrhunderten importiert und findet bei geistig und sozial Schwachen einen fruchtbaren Boden. 

Die Wahrheit ist, dass die jungen Menschen von heute es nicht ertragen können, ignorant zu sein. Anstatt sich mit überflüssigem Wissen vollstopfen zu lassen, ergreifen sie die Initiative und konsultieren bei Fragen sofort ihr Handy oder ihren PC. Sie kennen alle Internetverknüpfungen, um Informationen oder Ergebnisse zu erhalten. Sie sind über fast alles informiert und wissen mehr als die Vor-Internet-Generationen, die an ihren alten Gewohnheiten festhalten. Deshalb wollen sie wie erwachsene Bürger behandelt werden.


Die Mängel der Kollektiven Intelligenz

Er war allein. Er war erst 24 Jahre alt. Es war im Jahr 1975.  Er hörte jungen Menschen in seinem Alter zu, wie sie über Computer sprachen, über tonnenschwere Monster, die in Sekunden oder Minuten Berechnungen anstellen konnten, die von Mathematikerteams Jahre erfordert hätten. Als Teenager hatte er etwas darüber gelesen und war sehr beeindruckt gewesen. Er dachte, wenn solche Geräte jedem Einzelnen zur Verfügung stünden  dann wäre die Welt anders. Niemand hatte vor ihm daran gedacht.

Steve Wozniak nahm damit die Ära der digitalen Kommunikation und des mit einer Tastatur verbundenen Laptops vorweg. Noch am selben Tag, allein an seinem Schreibtisch sitzend, begann er, die Schaltkreise eines kleinen Taschenrechners zu zeichnen und verließ Tag und Nacht nie diesen Ort, bis seine Idee realisiert wurde. Nach drei Monaten funktionierte das Gerät. Wenn man auf die Tastatur tippte erschienen auf dem Bildschirm Buchstaben. Eine neue Ära der Menschheit begann, die dritte industrielle Revolution.

SteveWozniak gründete mit seinem Freund Steve Job die Apple Computer Company, die heute eine der mächtigsten Industriegruppen der Welt ist. Und das alles, weil er allein gearbeitet hatte, wie die großen Erfinder der Vergangenheit, von Archimedes bis Galileo und Newton. Er hatte keine Zeit mit Debatten und Konferenzen, Meetings und Abstimmungen verschwendet, die ihn abgelenkt hätten.

Das Bienenstockmodell

Heutzutage ist kollektive Arbeit Mode. Es herrscht das System des Bienenstocks oder der Ameisenfarm. Es ist wahr, dass nicht jede Ameise und jede Biene intelligent ist, sondern dass ihre kollektive Organisation, die im Wesentlichen auf olfaktorischer Kommunikation oder auf Gestik basiert, unendlich viel intelligenter ist als die einzelne Ameise und Biene. Das hat es diesen Arten ermöglicht, sich weltweit enorm zu verbreiten, besonders bez. den Ameisen, die zahlreicher als die Menschen selbst sind. Aber führt das Menschenkollektiv, das von Marxisten-Leninisten und Maoisten, aber auch von Faschisten und Nazis so hochgeschätzt war wie bei diesen Insekten zum Erfolg?

Die Geschichte des 20. Jahrhunderts hat eher das Gegenteil gezeigt. Natürlich kann eine Fußball- oder Basketballmannschaft, ein Militärkommando oder eine Militärbrigade, eine Feuerwehr, eine Gruppe von Verkäufern in einem Supermarkt nur kollektiv arbeiten, aber wenn es um intellektuelle oder wissenschaftliche Leistung, Innovation oder sogar Kunst und Literatur geht, haben die Alleingänger bessere Chancen, ihr Ziel zu erreichen. Das Kollektiv schafft das, was Adam Grant und seine Kollegen von der Wharton Business School in Pennsylvania als "collaborative overload" bezeichnen.

Nach unserer eigenen Erfahrung zerfasern das Kollektivmanagement und die Abnutzung durch ständige Gruppenpalaver im Namen der  Basisdemokratie die Hochschulen. Darüber hinaus neigen Gruppen- und Teamarbeit dazu, Kreative und Erfinder zu marginalisieren. Diejenigen, die nicht aktiv an der Gruppendynamik teilnehmen, werden für "intravertiert" erklärt, was fast "unsozial" bedeutet, während diejenigen, die im Rampenlicht stehen, die "extravertierten", positiv bewertet werden. Dabei sind die meisten von ihnen Kommunikatoren und keine Schöpfer. Eine gelernte Juristin, die einst in der Wall-Street arbeitete, die Dozentin Susan Cain, hat dazu ein Buch mit dem Titel „ Die Macht der Introvertierten in einer zu lauten Welt" geschrieben.  

Das Buch zeigt, dass es in unseren Gesellschaften so viele Extravertierte wie Intravertierte gibt und dass die einen nicht schlauer als die anderen sind, aber dass unsere Gesellschaft letztere benachteiligt, die an den Rand gedrängt werden. Sie hat einen Test durchgeführt, der zeigt, dass die Menschen den eloquentesten - oft den Schwätzer - als klüger, sympathischer und sogar.... schöner empfinden. Die amerikanischen Forscher Cameron Anderson und Gavin J. Kilduff haben ihrerseits gezeigt, dass der Scharlatan, der mit großen Reden prahlt, automatisch als kompetenter gilt. Schon in der Schule wird der Schüler, der oft das Wort ergreift, eher gut bewertet. Er profitiert vom "Halo-Effekt", „Halo“ im Sinne von „Nimbus“.

Je grösser die Gruppe desto weniger effektiv

Aber der Glaube, dass Gruppenarbeit effektiver ist, ist hartnäckig. Es geht mindestens auf das Jahr 1948 zurück, als der amerikanische Werbeexperte Alex Osborn sein Buch "Your creative power" veröffentlichte. Er erklärte, dass die Vorschläge der Mitglieder einer Gruppe die Kreativität der Gruppe gegenseitig befruchten und so die Qualität der endgültigen Schlussfolgerungen erhöhen. Es genüge daher, eine Gruppe von gut ausgewählten Personen zu bilden, die ermutigt werden, sich frei und tabulos auszudrücken. Dies ist die Grundlage der auch aus den Vereinigten Staaten eingeführten Theorie des "Brainstorming". Leider funktioniert diese Theorie nicht sehr oft. Es hat sich sogar gezeigt, dass die Effektivität der Arbeit und die Qualität der Ideen abnehmen, je gröβer die Gruppe ist. Dies wurde von Toms Chamorro-Premuzic, einem Psychologen am University College London, der sich auf organisatorische Fragen spezialisiert hat, bestätigt. Er untersuchte die Arbeitsprozesse von rund 800 kollektiven Arbeitsgruppen und schloss daraus, dass "Einzelpersonen sehr wahrscheinlich originellere Ideen haben, wenn sie nicht mit anderen Personen kommunizieren".

Die Gruppe erzeugt Konformität, indem sie den Instinkt zur Anpassung an die Gruppe stimuliert. Man spricht von Kollektivdruck. Ist also der Trend zur Gruppe in unserer demokratischen Gesellschaft ein Symptom des drohenden Intelligenzverlusts? (JPP, mit der Wochenzeitung "Die Zeit" vom 2.11.19, Autoren Kerstin Bund, Marcus Rohwetter)   


Ist der Mensch kein denkendes Wesen?

Wir wissen es alle: Nicht die Größe des Hirns, sondern die Anzahl seiner inneren Verknüpfungen bestimmt die Klugheit. Dennoch müsste es uns beunruhigen, dass mit seinen 1350 cm3 unser Hirn kleiner als dasjenige des Neandertalers ist, das 1500 cm3 maß. Die Relation Hirn-Köpermasse ist außerdem ungünstiger geworden, da die Menschen von heute grösser geworden sind, während ihr Hirn kleiner wurde. Das kann dem Menschen geschadet haben. Auf jeden Fall argumentiert der französische Vordenker der Paläoanthropologie, Pascal Picq, dass die menschliche Evolution kein ständiger Fortschritt sei, obwohl  seine Kollegen aus der Fortschrittsidee ein Dogma gemacht hatten. So steuern wir auf eine angekündigte Katastrophe zu.  Seitdem hat sich die Vorstellung, dass wir uns in Europa zurückentwickeln, verbreitet. Pierre Theilard de Chardin (1881-1955), ein Jesuitenpriester und Paläontologe, hatte versucht, die darwinistische Evolutionstheorie mit der katholischen Lehre der Schöpfung in Einklang zu bringen, indem er bekräftigte, dass der Mensch immer göttlicher wurde. Wenn man auf das 20. Jahrhundert zurückblickt, hat man eher den Eindruck, dass der Mensch immer teuflischer geworden ist.

Der flache Geist

Eine neue Theorie, die diese Philosophie der Geistesschwäche des Menschen unterstützt, kursiert in wissenschaftlichen Kreisen: Die "Theorie des flachen Geistes", die im Buch "The Mind is Flat: The Illusion of Mental Depth and The Improvised Mind" Ende 2018 dargestellt worden ist.  Der Autor, Nick Chater, von der University of Warwick, glaubt, dass er das menschliche Wissen revolutioniert hat, indem er behauptet, dass unsere Intelligenz nur eine Illusion ist, die wir aus Selbstgefälligkeit pflegen, um uns auf einen Sockel zu stellen. Vor allem bekämpft es den Mythos der Tiefe unseres Geistes. Tatsächlich würde es nichts hinter unseren Gedanken geben, keine kohärenten Erinnerungen, kein Unterbewusstsein, kein Ich, kein Über-Ich, die den Psychoanalytikern lieb und teuer waren, keine Komplexe und Hemmungen, natürlich auch keine Seele, nichts als unmittelbare Reaktionen, die an die jeweilige Situation angepasst sind. Macht uns das den einfachsten Tieren gleich?

Die Vorstellung der "Platitüde", der Flachheit unseres Geistes wurde von der wissenschaftlichen Gemeinschaft gut aufgenommen. Sie entspricht ja dem Zeitgeist und das beunruhigt uns. Insbesondere Petter Johansson, ein Forscher für experimentelle Psychologie an der Universität Lund in Schweden, sah sich in seinen Beobachtungen bestätigt. Die prominente französische Zeitschrift "Science et Vie" (Nr. 1223 vom August 2019 S. 60 bis S. 75) widmete mehrere Artikel den Vorstellungen Chaters und zitierte viele Wissenschaftler, die von ihm begeistert sind. Wir zitieren: "Unsere so reiche Wahrnehmung? < Eine Fata Morgana>, schwingt Ronald Rensink, Professor für visuelle Kognition an der University of British Columbia, Kanada. Unsere unbegrenzte Vorstellungskraft? <Eine falsche Konstruktion>, sagt Stephen Kosslyn, emeritierter Professor für Kognitionspsychologie an der Harvard University. Unser Wissen, unsere Vernunft, unser freier Wille? <Viele davon Annäherungen, Interpretationen und Geschichten, die wir uns selbst erzählen>, sagt Albert Moukheiber, Doktor der Kognitiven Neurowissenschaften (Universität Paris 13)“.

 In einem Interview mit dem Magazin hatte Nick Chater die Kühnheit zu sagen: "Im Moment hat keine Studie, meines Wissens, meiner Theorie widersprochen". Aber warten wir mal einen Moment ab. So neu ist seine Theorie nicht., wie sie aussieht. Eine schnelle Lektüre seiner Texte erinnert an die „Theorie der Konditionierung“ des russischen Physiologen Ivan Petrovich Pawlow (1849-1936). Ganz zu schweigen vom amerikanischen "Behaviorism" von John Broadus Watson (1878-1958). Chaters Anschauung zielt darauf ab, zu bestätigen, dass wir intellektuell leere, absolut leere Hülsen, praktisch neurovegetative Systeme sind, die sich einbilden denken zu können. Mit anderen Worten: Wir sind dumm.

Pawlows Hund 

Pawlows Hund, der beim Klang einer Glocke anfängt, Speichel zu produzieren, weil er darauf dressiert worden ist, ist noch weltweit bekannt. Für seine Arbeiten über die Funktion des Verdauungssystems erhielt der russische Physiologe 1904 den Nobelpreis für Medizin. Der konditionierte Hund war ein kollaterales Produkt seiner Experimente. Seine Beobachtungen wurden dann in seinem Buch „Die bedingten Reflexe“ veröffentlicht. Pawlow eröffnete dort eine Polemik, in der er den Einsatz der Psychologie beim Verständnis der Gehirnfunktion zu Beginn des 20. Jahrhunderts bedauerte. Er hätte es vorgezogen, dass diese Studie im Rahmen der Physiologie bleibt... Also kein Eingriff der Intelligenz beim Hund.

Und beim Menschen? Kein kulinarisches Wissen, keine Wahrnehmung von Farben, Gerüchen und Anordnung der Speisen spielt eine Rolle. Man muss ja nichts wissen über die Herkunft der Zutaten bei den Lebensmitteln. Gutes Essen erfordert keine Kultur, sondern nur Reflexe... Sind wir Hunde? Nichts gegen freundliche Hunde, aber...

Der amerikanische Behaviorismus bzw. die Verhaltenspsychologie sind ein Paradigma der wissenschaftlichen Psychologie, wonach das beobachtbare Verhalten im Wesentlichen entweder durch die Reflexreaktion auf einen bestimmten Stimulus oder durch die Wechselwirkungen des Individuums mit seiner Umgebung bedingt ist... Dieser Trend setzte sich Ende des 19. Jahrhunderts mit Edward Thorndikes als Buch veröffentlichte Dissertation „Animal Intelligence: An Experimental Study of the Associative Processes in Animals“ (Columbia University, 1898) durch. John Broadus Watson in den Vereinigten Staaten und Vladimir Bekhterew in Russland waren die Gründer dieser Schule. Watson definierte seine Theorie wie folgt: "Der Behaviorismus unterstreicht, dass der Bereich der menschlichen Psychologie dasjenige des menschlichen Verhaltens ist. Er meint, dass Bewusstsein weder ein definiertes noch ein brauchbares Konzept ist“. Daher wäre die Psychologie nicht die Wissenschaft des Geistes. Diese Vision leugnet praktisch die Existenz von Kultur.

Wahrnehmung erst im Nachhinein? 

Im Gegensatz zu Watson, dessen Ideen den Experimenten Pawlows sehr nahe stehen, nach dem es möglich ist, menschliches Verhalten wie das von Tieren zu beschreiben und infolge dessen zu „konditionieren“, d. h. zu lenken, ohne auf interne psychologische Prozesse Bezug zu nehmen, kann eine menschliche Reaktion nicht nur von außen beschrieben werden, sondern muss auch von innen verstanden werden. Schon die Sprache, die uns deutlich von den Tieren unterscheidet (obwohl Tiere, insbesondere Primaten und Vögel, Formen der Tonkommunikation haben), bringt uns eine kulturelle Wahrnehmung der Welt. Weil wir Werte und Prinzipien als Konzepte erhalten haben, von denen einige wahrscheinlich angeboren sind (wie der Drang des Einzelnen nach Freiheit und Autonomie), bekämpfen Dissidenten in totalitären Regimen die Manipulation und Unterdrückung durch den Staat, der die Menschen zu blökenden und ängstlichen Schafen macht. Diese starken Persönlichkeiten mit einer starken Identität beweisen, dass man die Menschen weder wie Steine auf dem politischen Schachbrett beliebig bewegen kann noch sie wie Zuchttiere in einem Staatsgebilde behandeln, wo der Staat beansprucht ihr „Erzieher“ zu sein. Im Gegenteil dazu zielt der Behaviorismus wie die „Theorie des flachen Geistes“ darauf ab, "unsere Vorstellung von uns selbst zu untergraben und zu zeigen, dass unsere tiefe Identität auf Wind basiert".

Laut den Behavioristen, wenn jemand sich selbst für glücklich erklärt, macht er das durch eine Externalisierung seines körperlichen Zustandes deutlich - erhöhte Herzfrequenz, Lächeln, etc. – kurz mit einer Veränderung seines körperlichen Zustandes. Wenn keines dieser äußeren Phänomene sichtbar ist, schlieβt der Behaviorist daraus messerscharf, dass die Person nicht wirklich glücklich ist. Wenn der Hund keinen Speichel zu dem Klang der Glocke verabreichte, stellte Pavlov fest, dass er nicht hungrig war. Dasselbe gilt dann für den angepassten Menschen, bei dem die Bereitschaft zur Unterwerfung vorherrscht. Aber was ist denn mit dem Hunger nach Lesen und Wissen, nach Kunst und Hoffnung, nach Liebe ? Was an den von der Zeitschrift "Science et Vie" zitierten Experimenten rund um Nick Chaters Theorie auffällt, ist ihre allzu starke Verbindung zu physiologischen Reaktionen. So schlägt nach seiner Meinung unser Herz bei Gefahr schneller. Dies führt zu einer emotionalen Reaktion, welcher unser Gehirn eine kulturelle Komponente hinzufügt: Die Angst. Aber Angst ist für die Befürworter der Chater-Theorie nur ein Wort, um die Beschleunigung der Herzfrequenz zu beschreiben.

Wir können den neuen Behavioristen - nennen wir sie so - Recht in dem Sinne geben, dass unser Gehirn uns täuscht und dass seine Verknüpfungsgeschwindigkeit uns glauben lässt, dass die Deutung aus der Tiefe unserer Seele kommt. Diese Hirntäuschung ist bekannt, besonders in Verdauungsangelegenheiten (wir kommen zu Pavwlow zurück), zum Beispiel indem wir unseren Hunger vergessen, wenn wir denken, dass wir bereits gegessen haben. Aber zeigt das nicht die innere Kraft des Gehirns, das aus sich selbst heraus Gefühle herstellt? Freilich es ist unbestreitbar, dass unser Hirn utilitaristisch ist. Selektives Gedächtnis unterdrückt unnötige Erinnerungen. Uninteressante Wahrnehmungen werden zugunsten derjenigen von dringender Aktualität und Nützlichkeit aussortiert. Das hat im Laufe der Jahrtausende dem Menschen das Überleben ermöglicht.

Keine Kultur ohne Deutung

Recht haben Chater und Co. auch in dem Sinne, dass wir unsere Wahrnehmungen und Reaktionen „überinterpretieren“, also „deuten“, dass wir sie mit dem Glanz der Kultur schmücken, die uns anzerzogen worden ist. Aber, ohne diese Überinterpretation gäbe es keine Literatur, keine Kunst, keine Wissenschaften. Wir segeln nicht von Emotion zu Emotion, sondern von Vorstellung zur Vorstellung. Es gibt sogar ein Denken, das aus dem Denken hervorgeht und nicht aus äußeren Wahrnehmungen entsteht: Die Philosophie.

Was wäre, wenn Nick Chaters Theorie der Dummheit nur eine Täuschung für Narren wäre? Es wäre nicht so beunruhigend, wenn diese Vision eines Roboter-Menschen nicht rechtslastige faschistoide oder linkskollektivistische politische Strömungen fördern würde, die daraus ein Werkzeug für ihre totalitäre Propaganda machen könnten. Sie haben heute keine Chance mehr, sich wie Lenin und Hitler „beim dummen Volk“, „bei den Massen“, wie Hitler in „Mein Kampf“ schrieb, durchzusetzen. Aber die neue Psychologie kann aus ihnen Automaten machen. Wir sind in unseren Gesellschaften heute Zeugen von Massenphänomenen, die nicht aus der Intelligenz und aus der Kultur, sondern eher aus dem „flachen Geist“  hervorgehen.  (JPP)                                                                                                         


Intelligenz im freien Fall in Europa?

Die Relevanz von IQ-Tests (Intellectual Quotient) ist umstritten. Sollen wir internationale IQ-Studien ernst nehmen, die darauf abzielen, das Entstehen eines alarmierenden Trends im Westen zu belegen? Laut mehreren aktuellen Studien ist ein allgemeiner Rückgang des IQ vor allem in Europa in den letzten 15 Jahren festzustellen. Sind wir dümmer als vorher und warum? Aber vielleicht ist dieser Trend nur ein Aspekt des "Europe Bashing“ antieuropäisch eingestellter internationaler Agenturen, besonders bei den Vereinten Nationen, der darauf abzielt, uns Stammeuropäer zu entmutigen und zu destabilisieren, uns abzuwerten und uns schuldig zu machen? Tatsächlich vermischen diese Studien allerlei und sind nicht sehr überzeugend. Wir sollten sie nicht für bare Münze nehmen, aber wir müssen sie berücksichtigen, wenn wir von unseren Fehlern lernen wollen.

Die jüngste Umkehr des "Flynn-Effekts".

Ein allmählicher Rückgang des IQ im Westen

Im Gegensatz zu einem 20. Jahrhundert, das durch einen radikalen und weit verbreiteten Anstieg des durchschnittlichen IQ im Westen gekennzeichnet war, nimmt der Trend zum Abstieg im 21. Jahrhunderts vor allem in Nordeuropa zu.

Dieses Phänomen sieht aus wie eine Umkehrung des berühmten "Flynn-Effekts", der vom neuseeländischen Forscher James R. Flynn entdeckt wurde, der den Anstieg des durchschnittlichen IQ im 20. Jahrhundert durch verbesserte Gesundheitsbedingungen und einen breiten Zugang zu Bildung erklärte.

Laut einer Studie, die 2013 in der Fachzeitschrift „Intelligence“ veröffentlicht wurde, ist das Phänomen unter den Briten am offensichtlichsten. Zwischen 1999 und 2013 gab es einen Rückgang um 14 Punkte bei einem Durchschnittswert von 100. Nach dem Brexit- Referendum unter David Cameron und den politischen Umwälzungen unter Theresa May und dann unter Boris Johnson ist man versucht zu denken, dass dieser Verlust an Klugheit hauptsächlich politische Kreise im Vereinigten Königreich betrifft.

In Frankreich ist das Phänomen weniger alarmierend, aber genauso real. Seit Anfang der 2000er Jahre gab es einen Rückgang von fast 4 Punkten bei einem Durchschnittswert von 98. Angesichts der Bewegung der Gelbwesten und der ständigen Streiks und Demonstrationen, die eine zunehmende Feindseligkeit gegenüber dem Arbeitswert in unserem Land widerspiegeln, ist dies nicht verwunderlich.

Der gleiche Trend lässt sich in Australien, den Niederlanden, Dänemark, Norwegen und der Schweiz beobachten.....

"Wir werden immer dümmer und dümmer, es passiert jetzt und es wird nicht aufhören", sagt Edward Dutton, (Ulster Institute for Social Research, Großbritannien) in der Dokumentation "Tomorrow, all morons? ", ausgestrahlt auf ARTE im November 2017.

Eine weitere Bestätigung einer Studie über den IQ von 730.000 Norwegern, die zwischen 1970 und 2009 beim Militär waren: Der durchschnittliche IQ fiel innerhalb einer Generation um 7 Punkte.

Das reicht aus, um den Stolz des Menschen zu mindern, der sich seiner unbegrenzten "Evolution" rühmt.......

Die höchsten IQs gibt es in Asien, dann in Europa

Forschungen des Briten Richard Lynn, emeritierter Professor für Psychologie an der University of Ulster (Nordirland) und des Finnen Tatu Vanhanen, emeritierter Professor für Politikwissenschaft an der University of Tampere (Finnland), haben zu einem Ranking der durchschnittlichen IQs in über 80 Ländern zwischen 2002 und 2006 geführt [1]. Hier ist eine Stichprobe der Länder mit dem höchsten IQ. Der erste Preis geht an zwei asiatische Enklavenstädte, aber es ist überraschend, dass Israel fast ganz unten auf dieser Liste steht, da der hebräische Staat prozentual im Verhältnis zu seiner Bevölkerung den höchsten Anteil an Erfindern und Wissenschaftlern in der Welt zu haben scheint. Dies stellt dieses Ranking in Frage. So hätte der durchschnittliche IQ pro Land zwischen 2002 und 2006 in Hongkong und Singapur 108 betragen; 106 in Südkorea; 105 in Japan; 105 in China; 105 in Taiwan; 104 in Italien; 102 in den Niederlanden, Norwegen und Großbritannien; 99 in Belgien, Deutschland, Finnland, Polen, Schweden ; 98 in Spanien, den Vereinigten Staaten und Frankreich ; 97 in Belarus, Russland und der Ukraine; in Israel und Portugal 95 ; in Griechenland und Irland 92.

Warum sinkt der durchschnittliche IQ in Europa?

Entgegen aller Erwartungen scheint es schwierig, die Bildungssysteme der Länder für schuldig zu halten, die vom Rückgang des IQ betroffen sind - von denen einige in PISA-Studien sehr gut platziert sind.

Andererseits führen immer mehr Forscher dieses signifikante Phänomen auf Umweltursachen zurück.

Die störende Rolle von hormonaktiven Stoffen

Eine der Erklärungen für den Rückgang des durchschnittlichen IQ im Westen steht im Zusammenhang mit der Verbreitung von endokrinen Disruptoren [2], die auf den Hormonhaushalt einwirken und die Wirkung von Jod, einem für die Gehirnentwicklung wesentlichen chemischen Element, behindern.

"Viele der Moleküle, die die Chemie für den industriellen Bedarf erfunden hat, weil sie andere Halogene als Jod enthalten, können die Schilddrüse stören und verhindern, dass sie die Gehirnentwicklung harmonisch organisiert", sagt Barbara Demeinex, Physiologin und Autorin des „Beschädigten Gehirns“.

Jod ist ein Spurenelement, das für die Produktion von Schilddrüsenhormonen unerläßlich ist. Jodmangel führt zu Schilddrüsenfehlfunktionen. Kropf (vergrößerte Schilddrüse) und Kretinismus sind extreme Erscheinungsformen.

Es ist zu beachten, dass Jodmangel bei Müttern zu Aufmerksamkeitsstörungen, Hyperaktivität und einem Rückgang des IQ bei ihren Kindern führt. Die Produkte unseres täglichen Lebens (Kosmetik, Lebensmittel, Kleidung, Sofas, Fernseher, Computer...) enthalten jedoch chemische Moleküle (wie PCBs, Flammschutzmittel, Bisphenole und Pestizide) aus Fluor (F), Brom (Br) und Chlor (Cl), die von unserem Körper mit Schilddrüsenhormonen verwechselt werden. Dadurch wird die Entwicklung unserer kognitiven Fähigkeiten behindert.

Pestizide reduzieren den IQ

Chlorpyrifos, ein Insektizid und Akarizid, das sich bei Nutzpflanzen, Tieren, Rasenflächen und in allen Obst- und Gemüsearten, Boden und Wasser bis hin zu Kinderurin und schwangerer Nabelschnur befindet, ist ein Beispiel dafür.

Dieses Produkt, das 1965 das berüchtigte DDT ersetzen sollte, hat Auswirkungen auf die neurologische Entwicklung exponierter Kinder, die "dauerhaft, irreversibel und lebenslang zu sein scheinen".

"Eine Reihe von Studien zeigt, dass Kinder, die Chlorpyrifos im Mutterleib oder im frühen Leben ausgesetzt worden  sind, im späteren Leben an neurodevelopmentalen Störungen leiden können - was zu strukturellen Veränderungen im sich entwickelnden Gehirn führen kann, die zu verminderten kognitiven Fähigkeiten wie niedrigerem IQ und Gedächtnisverlust führen können", sagt die NGO HEAL.

Im August 2019 erklärte die Europäische Behörde für Lebensmittelsicherheit (Efsa), dass "das Pestizid Chlorpyrifos nicht die gesetzlich vorgeschriebenen Kriterien für seine Erneuerung als in der Europäischen Union zugelassener Stoff erfüllt. Es sollte daher in der Europäischen Union im Jahr 2020 verboten werden.

Die genetische und soziologische Hypothese

Nach den Schlussfolgerungen einer im Jahr 2016 in der Zeitschrift PNAS veröffentlichten genetischen Studie kann ein demographischer Faktor in der Regression des im Westen beobachteten durchschnittlichen IQ angenommen werden. Diese Hypothese basiert auf der Beobachtung, dass bei Personen mit hohem IQ die Neigung, Kinder zu bekommen, aufgrund des Engagements für eine langfristige Hochschulbildung geringer wäre. Damit würde es zu einer Unterrepräsentation dieser Individuen in der Gesamtbevölkerung kommen.

Bis etwa zum 19. Jahrhundert waren Personen mit hohem IQ wahrscheinlich eher in der Lage, eine Familie anständig zu erziehen. Vor allem die Chance, Frauen heute eine Karriere zu ermöglichen, verlangsamt die Geburtenrate bei denjenigen, die in ihrem Beruf erfolgreich sind. Ein Dilemma, das die Gesetzgebung zu lösen versucht, bisher unvollkommen.     

Der fragliche Cannabiskonsum

Der Intelligenzverlust ist auch auf den weit verbreiteten Cannabiskonsum im Westen zurückzuführen, dessen Auswirkungen auf das Gehirn nicht mehr nachgewiesen werden müssen. Gedächtnisverlust und Depression Jahre nach dem Cannabiskonsum sind feststellbar. Laut einigen Studien könnte regelmäßiger und übermäßiger Cannabiskonsum einen IQ-Rückgang von fast 8 Punkten verursachen.

Mehr Fernsehen und mehr Dummheit

Schließlich können wir eine generalisierte Dumpfheit vermuten, die auf die erhöhte Zeit vor dem Fernseher zurückzuführen ist.

Laut den jährlichen Umfragen von Mediametrie verbrachte 1989 ein Franzose durchschnittlich 3 Stunden am Tag vor dem Fernseher. Im Jahr 2016 betrug die tägliche individuelle Hörzeit (IED) des TV-Mediums 3 Stunden und 52 Minuten! Mit anderen Worten, wir verbringen 60 Tage im Jahr vor dem Fernseher..

Neben der bedauerlichen Schwäche der Programme hätte das Fernsehen erhebliche Auswirkungen auf die kognitiven Funktionen, insbesondere bei den Jüngsten. "Das Fernsehen kann die Entwicklung von Kindern unter drei Jahren behindern, auch wenn es sich um speziell auf sie ausgerichtete Kanäle handelt", betont die CSA sogar.

Entwicklungsverzögerungen sowie Aufmerksamkeitsstörungen sind daher auf den Einsatz dieses Mediums zurückzuführen, die auch zum Rückgang des IQ beitragen können. Aber wir sind nicht ganz überzeugt, dass das Fernsehen allgemein schädlich ist. Wir stellen fest, dass dank dem Fernsehen immer mehr Staatsbürger sich für wissenschaftliche, historische, künstlerische und musikalische Themen interessieren. Ihr Interese dafür bleibt meist oberflächliche aber es hat Bestand.

Immer mehr dumme und verrückte Menschen?

Die Alterung der Weltbevölkerung führt zu einem Anstieg der Zahl der Menschen mit Demenz. So wird sich nach Angaben der Weltgesundheitsorganisation (WHO) die Zahl der Menschen mit Demenz in den nächsten 30 Jahren voraussichtlich verdreifachen, von 50 Millionen auf 152 Millionen bis 2050.

"Die Alzheimer-Krankheit ist die häufigste Form er Demenz und macht 60 bis 70% der Fälle aus. Andere häufige Formen sind vaskuläre Demenz und Mischformen" (WHO).

Neben den psychischen und moralischen Belastungen im Zusammenhang mit Demenz sind die immer höhere Kosten, die auf 818 Milliarden Dollar oder mehr als 1% des weltweiten Bruttoinlandsprodukts geschätzt werden, so die WHO in ihrer Warnung, das Problem: "Bis 2030 dürften sie sich auf mehr als 2 Billionen Dollar verdoppeln, was der sozialen und wirtschaftlichen Entwicklung schaden und die Gesundheits- und Sozialdienste, einschließlich der Langzeitpflege, überfordern könnte. »

____________________________________________

1.         Im Jahr 2002 veröffentlichten die beiden Forscher einen Aufsatz mit dem Titel "IQ and the Wealth of Nations".

2.         "Hormonaktive Stoffe sind körperexterne Chemikalien natürlichen oder künstlichen Ursprungs, die das Funktionieren des Hormonsystems beeinträchtigen und somit schädliche Auswirkungen auf diesen Menschen oder seine Nachkommen haben können" (WHO).

Divergences


L'amitié s'arrête-t-elle à la frontière ?

Les régions transfrontalières franco-allemandes, promues souvent régions européennes communes, ont subi bien plus que d’autres le contrecoup de la crise du Covid19. Elles ont fait un triste constat : la fermeture des frontières a montré que l'amitié entre Allemands et Français n'est pas aussi stable et profonde qu'on l'avait imaginé, mais superficielle et instable. Bien sûr, les discours de haine et les insultes xénophobes échangés ici et là ne sont pas tombés de la bouche des représentants les plus sages et les plus instruits de nos nations, mais de la bouche de sots. Il ne faut donc pas en conclure que le nationalisme est en train de refleurir.

Néanmoins, nombreux sont ceux qui pensent que les mesures de fermeture des frontières ne seront pas sans conséquences. Le ressentiment qu’on croyait depuis longtemps oublié a fait sa réapparition. "Sales Français, retournez dans votre pays !", ont pu entendre des automobilistes français. « Nazis, sales boches » se sont-ils entendus répliquer !

Dans le Bade-Wurtemberg, où le virus a particulièrement sévi, tout comme en Bavière, la crainte éprouvée à l’égard des visiteurs du Grand Est français (Alsace du Haut, du Bas Rhin et Lorraine) est encore grande. La frontière avait été rendue particulièrement étanche pour cette population de la rive gauche du Rhin, "surtout pour les achats et les loisirs" qui furent interdits. Les gens n'avaient le droit de se rendre que sur leur lieu de travail. Ils devaient emporter leur déjeuner dans de nombreux endroits car il leur était interdit d'acheter à manger sur place. Des Français qui voulaient effectuer des achats sur le sol allemand, sur la rive droite du Rhin, se sont même vu infliger des contraventions par la police allemande de 250 €, pouvant monter à 1 500 € en cas de récidive. Aujourd'hui encore, il y a des embouteillages car la police allemande contrôle attentivement chaque voiture.

D’aucuns assurent qu'à certains endroits, au début de l'épidémie, lorsque l'Alsace a été déclarée "zone rouge", la police allemande empêchait l'accès à l'Allemagne mitraillette au flanc comme lors de recherches de terroristes. Aussi plusieurs conseillers municipaux et députés alsaciens ont-ils adressé une lettre commune à Angela Merkel : "Nos concitoyens regrettent ces barrières qui provoquent une souffrance et un sentiment d'injustice dans notre région qui pourtant partage tant avec votre pays. Que devient le traité d'Aix-la-Chapelle? Que devient l'amitié franco-allemande? Que devient l'Europe?“, ont-ils écrit à la chancelière.

En conséquence, les contrôles ont été quelque peu assouplis à certains postes frontières. Mais le ministre fédéral allemand de l'intérieur, le Bavarois Horst Seehofer, a prolongé leur fermeture jusqu'au 15 juin sans donner de raison. "Beaucoup de porcelaine a été brisée", a déclaré le chef de la faction SPD au parlement du Land de Rhénanie-Palatinat. Enfin, le 24 avril en fin d'après-midi, Thomas Strobl, ministre de l'Intérieur du Bade-Wurtemberg, a pour la première fois évoqué la réouverture des frontières "sous certaines conditions". "Si la situation sanitaire entre le Grand Est et le Bade-Wurtemberg continue de s'équilibrer et quand les commerces auront rouvert en France, nous pourrons envisager une réouverture progressive des points de passage à la frontière", a-t-il expliqué, après s'être entretenu avec Jean Rottner, président de la région Grand Est.

Le 29 mars, deux municipalités frontalières de Rhénanie-Palatinat et de Lorraine, Hornbach et Bitche, avaient organisé une mini-manifestation de protestation (photo) contre la fermeture de la frontière à l'initiative d'un maire avec plusieurs collègues allemands et français et d'une députée française, Nicole Trisse (manteau rouge sur la photo). L'action a été soutenue par Paneurope Rhénanie-Palatinat.

Même si les frontières dans l'espace Schengen n'ont jamais été complètement fermées, (les travailleurs frontaliers sont autorisés à se rendre dans le pays voisin), mais plutôt sous contrôle avec des conditions strictes, les régions frontalières vont souffrir de l’effet Covid. L’Alsace, par exemple, et sa métropole Strasbourg n’ont pas seulement été impactées par la fermeture de la frontière avec l’Allemagne. Selon les cartes colorées publiées dans « Le Figaro » le 8 mai, pour la circulation active du virus, c’est-à-dire le risque de contamination, ainsi que pour la couverture des besoins en tests au 11 mai, l’Alsace était certes en zone verte. Mais sur la carte de France, elle était en rouge en raison de tensions hospitalières sur ses cas de réanimation. Et tel élu alsacien, président du département du Bas-Rhin, n’a rien arrangé en mettant en avant le « système de santé alsacien épuisé », -c’est, certes, une réalité-, et l’économie alsacienne « déjà si malmenée », -c’en est une aussi, mais son rôle ne serait-il pas plutôt de dire du bien de sa région et de remonter les moral des gens ?

S’ajoute que l’Alsace, surtout à Strasbourg, vit du tourisme, y compris international. Comment s’y prendra-t-on pour faire revenir les visiteurs dans la région ? Car même une fois la zone « décontaminée », elle restera marquée. Les clichés ont la vie dure, ne l’oublions pas, et il est très difficile de se remettre d’une mauvaise réputation. Ne parle-t-on pas encore, un siècle après, de la « grippe espagnole » alors que les Espagnols n’y étaient pour rien ?

Cette mortelle couleur rouge est plus répulsive que le virus,  plus visible en tout cas. La France aura été le seul pays d’Europe bi-colorisé sur les cartes. Ce n’était pas la meilleure idée. En d’autre temps, on y verrait les prémisses d’une guerre de sécession. Et cette caricature risque de rester dans l’inconscient collectif. Attendez que le Parlement Européen prenne le pli de ne plus venir siéger sur les bords de l’Ill. Strasbourg s’effondrera alors en parfaite santé. Solution ultime, on y fera du Bâtiment Louise-Weiss du Parlement Européen (qui figure sur le titre de notre page web) un spectacle son et lumière. (Jean-Paul  Picaper. Strasbourg. 12 mai 2020)


LE DEBAT ECOLOGIQUE

Contre la politisation du débat sur le changement  climatique.

La discussion sur le changement climatique tourne à l’hystérie. Elle se politise à l’extrême. Ce n’est pas nouveau. Dans les années 1970,  les Verts allemands, les « Grünen »  avaient remplacé la lutte anti-Vietnam et anti-USA par la lutte contre la « mort atomique » et la "mort des forêts". Puis il y eut une pause, suite à l’effondrement du Bloc soviétique. De nos jours, la vague verte remonte avec une extrême vigueur et provoque des contre-réactions non moins excessives de la droite extrême qui va jusqu’à nier les réalités tangibles d'un changement climatique que nous vivons tous les jours et dans lequel l'action humaine a sa part de responsabilité  Propagande et contre-propagande nous font oublier de quoi il s'agit vraiment et quel  est l’enjeu. Un objectif de notre association est de dépolitiser ce débat.

La majorité des jeunes des pays industrialisés brandissent le drapeau de l'écologie et font de la lutte contre le réchauffement climatique causé par les activités humaines une priorité absolue. Des concitoyens plus âgés se sentent moins concernés et prennent du recul. Peut-être trop de recul.  Mais pourquoi des partis et courants politiques font-ils du pour ou contre  l’écologie leur cheval de bataille ?

Entre ceux qui nous  annoncent l’apocalypse immédiate si  l’on ne fait rien et ceux qui vont jusque à nier le changement climatique en soulignant que les variations d températures du passé ont toujours été indépendantes des êtres humains, qu’elles furent d'origine naturelle, voire cosmique, un fossé se creuse. Les  divergences de vues sur le climat vont-elles provoquer un conflit des générations ? On peut avoir cette impression.

Mais c’est surtout un conflit gauche-droite qu’elles suscitent. Tout comme les divergences de vues sur l’immigration, ce schisme divise les sociétés.  Pourquoi est-il nécessaire de politiser un problème concret et mesurable qui concerne l'avenir de l'humanité ? Y a-t-il des gens dans notre société qui veulent cuire leur soupe politique sur tous les feux possibles et imaginables ? Ne serait-il pas préférable d’en parler en toute sérénité et tranquillité, comme nous parlons du coronavirus en évitant émotions  et paniques ?

Mais non, voilà que la droite radicale se mobilise pour dire que la pandémie du covid 19 est une invention de nos gouvernements et même de Wall Street. Là encore, on cherche à nous faire croire que la table carrée devant laquelle nous sommes assis, est ronde. Il est vrai que certaines lunettes idéologiques peuvent la faire apparaître telle.

 Il y a évidemment des sujets qui se prêtent à la politisation, et d'autres qui ne s'y prêtent pas ou qui s’y prêtent moins.

Deux facteurs

Qu'est-ce qui a rendu le changement climatique si facilement politisable ? Les facteurs sont de deux ordres : l’un est interne et l’autre est externe.

Le facteur interne vient du fait que le réchauffement provoqué par l'homme est lié à l'industrialisation et que près de deux cents ans après la première révolution industrielle, il y a encore des gens qui ne s’accommodent pas du genre de vie et de l'organisation de la société productive. Le "retour à la nature" a toujours existé et, heureusement, existera toujours. Seulement, nous vivons de plus en plus dans un monde artificiel créé par l'industrie et tout bien réfléchi, les avantages dépassent largement les inconvénients. Le progrès industriel a rendu le monde plus habitable. On vit de plus en plus longtemps, en meilleure santé et en plus grand nombre. Mais la vague romantique anti-industrielle a produit de nombreux penseurs qui se prétendaient « scientifiques », Karl Marx en tête, et des mouvements politiques oppositionnels se sont développés sur cet humus. Ils prétendaient apporter le bonheur sur terre et n’ont  déclenché que des malheurs. Parce que notamment, ils n’étaient pas scientifiques. Notons en passant que le racisme hitlérien prétendait lui aussi être scientifique et que tous ses présupposés ont été réfutés par la génétique moderne.

Le facteur externe, c’est ce fiasco du marxisme qui a prouvé que cette idéologie mène à des catastrophes économiques et produit des dictatures politiques odieuses, non pas par hasard  (mot d’ordre : la prochaine fois, nous ferons mieux), mais parce que l’échec était inscrit au départ dans la doctrine. À la fin du XIXe siècle, les réformateurs sociaux-démocrates avaient déjà compris que la révolte marxiste du soi-disant prolétariat n'aurait jamais lieu. Ce n'est que dans la dépression et le chaos des guerres que le communisme a pu se hisser au pouvoir. Les arguments fondamentaux du marxisme-léninisme-maoïsme tels que la "dictature du prolétariat", la "socialisation (nationalisation) des moyens de production", la production par « planification centralisée » et la création d'une "élite du prolétariat" en marche vers le stade final du "communisme", voilà les véritables causes de la catastrophe. En Russie, en Chine, à Cuba, en Asie du Sud-Est, l'économie de marché et l'esprit d'entreprise ont été réintroduits pour mettre fin à la paupérisation totale de la société. Il ne reste de l’expérience communiste que quelques dictatures policières et militaires. Quant à l’autre totalitarisme, celui de droite, l'idéologie du national-socialisme et du fascisme, ne peut être ressuscitée elle no n plus parce que les crimes, en particulier ceux du Troisième Reich, ont atteint le sommet de l'inhumanité et de la déraison et libéré la bête immonde en l’homme. Mais Staline, Mao et leurs épigones et imitateurs de gauche n'étaient pas meilleurs que l'extrême droite hitlérienne. Tous à mettre dans le même sac. Par conséquent, le monde d'aujourd'hui n'a plus d’idéologie déviante pour le présent, ni d'utopie pour l'avenir.

Le marxisme revient par l’entrée des artistes

L'Europe a souffert et surmonté tout cela. Les pays d'Europe centrale et orientale surtout, n’ont pas oublié le passé communiste, mais en Europe occidentale, des générations ont été élevées dans la plus haute estime de l'idéologie marxiste sans avoir à en subir les inconvénients. Ces générations jeunes et moins jeunes post-soixante-huitardes  restent imprégnées d’un marxisme dévalorisé. Elles ne sont pas vaccinées contre le mal. Du coup, dans le vide qu’une démocratie pas très exaltante et qu’une économie de marché très matérialiste ne peuvent combler,  un espace peut accueillir les rêveurs et exaltés politiques,  les fanatiques religieux, les sectes politiques, les immigrationnistes forcenés, les  illusionnistes. Pas étonnant qu’une extrême droite moribonde et qu’un marxisme frelaté cherchent à s’enraciner dans ce terreau.  Le vide est tel au 21ème siècle que les métastases du 20ème siècle font leur réapparition, y compris celles du national-socialisme.

Pour le moment, le postmarxisme est encore le courant dominant. Or, personne ou presque ne veut  plus  du socialisme-communisme comme mode de vie collectif. Il doit donc avancer masqué. Il tente de se rendre acceptable et séduisant sous des couches de vernis rose ou vert et de s’immiscer dans nos sociétés par l’entrée des artistes écologique. Le marxisme rouge peint en vert et veut pousser l'État et la société vers une dictature écomarxiste, dans laquelle les forces progressistes vertes seraient à la barre.  Le cocktail politique de ces forces-là est à base d’« anticapitalisme" rendu plus attrayant par un zeste d’écologisme, de féminisme, de gendrisme, qui  s'accroche comme une patelle à la réforme des retraites, à la réforme de la SNCF,  au mouvement féministe radical, etc. Encore heureux qu’il ne nous inflige pas la lutte contre les épidémies au titre de lutte anticapitaliste. Le mouvement "me-too", aussi justifié soit-il dans des cas très particuliers, vise lui aussi à généraliser la méfiance, voire la haine des femmes envers les hommes.

Ainsi la société devient-elle foncièrement antagoniste et haineuse  et là est le vrai danger, plus que dans le changement climatique. Et la droite de la droite contribue à renforcer cette dérive en surréagissant.

La menace du grand effondrement

À cette fin, comme dans les sectes religieuses et l'islam radical, on construit une menace apocalyptique pour créer un climat qui pourrait nous faire accepter un changement de système. Nous vivons, paraît-il, à la fin des temps. Tout ce qui a précédé est déclaré obsolète et doit être jeté par-dessus bord.  On est même censé abandonner la merveilleuse division des humains en deux sexes, la plus merveilleuse des aventures humaines, source d’immenses inspirations littéraires et artistique, source de civilisation créatrice, au profit d'une idéologie du "genre" abstraite et stérile. Par ailleurs, les institutions économiques et politiques avérées  qui, malgré leurs défauts et leurs faiblesses, nous ont apporté prospérité et santé pendant des décennies, devraient être jetées aux orties.  Et là-dessus, la gauche radicale comme la droite radicale sont d’accord et le radicalisme religieux les rejoint.

Certes, rien n’est parfait ici-bas. Personne ne peut nier les noirceurs au tableau social ni le danger climatique causé par nos activités désordonnées et chaotiques. Mais, avant de mobiliser la planète, chacun ne devrait-il pas commencer par balayer devant sa porte ? La plupart des gens vivent aujourd'hui comme si les ressources étaient inépuisables et comme si  leur propre comportement n'avait aucune conséquence pour l’avenir de la planète. Ne devrait-on pas freiner le gaspillage de combustibles fossiles et de nourriture ? Pour beaucoup de gens de gauche, l'écologie n'est qu'un prétexte pour mettre la société libre et ses libertés sens dessus dessous. Et pour une certaine droite – nous y incluons l'AfD en Allemagne et le RN en France - la propagande anti-écologique n'est qu'un fond de commerce politique, comme l'ont été la campagne anti-euro et l'agitation anti-migration. Ce ne sont que des prétextes pour recueillir des suffrages. Pourquoi l'AfD s'intéresse-t-elle soudainement au climat ? Elle ne réagit pas au changement climatique, mais aux campagnes climatiques de la gauche. Certes, il est bon de mettre en garde contre la dictature écologique, mais l’AfD en Allemagne et le RN en France ne sont pas historiquement  crédibles en matière de lutte contre la dictature.

x x

Or, il existe bel et bien, le changement climatique. Notre climat oscille entre « le chauffage et le givrage ».  Sans parler de la production de déchets plastiques, de la pollution atmosphérique tueuse, des produits chimiques cancérogènes et des conséquences néfastes de notre mode de vie d’enfants gâtés de la prospérité. Cela inclut l'incroyable habitude qu’ont beaucoup de Français de ne pas couper le moteur de leur voiture, camion ou tracteur lorsqu'ils parlent à des amis ou vont boire un café. Pourquoi ne pas utiliser le vélo plutôt que la voiture ? Pourquoi ne plus jeter son mégot ? Pourquoi ne pas changer nos habitudes, en discuter calmement et utiliser les connaissances scientifiques pour rendre la terre plus habitable ? Certaines personnes le font. Face à une épidémie, on change de comportement. Il faut aussi le faire pour la planète.

Certes, il y a toujours eu des changements brusques de température tout au long de l'histoire de la Terre, et certains affirment même que, du moins en Europe, nous nous dirigeons vers un refroidissement plutôt que vers un réchauffement. Il n'existe aucune preuve définitive et concluante pour l'une ou l'autre de ces thèses. On peut cependant voir à l'œil nu que quelque chose change dans les phénomènes naturels. Les inondations, les ouragans, la sécheresse, les incendies de forêt et les vagues de chaleur, le recul des glaciers et de la neige, l’extinction des espèces, ont toujours existé, mais actuellement tout cela s’intensifie et s’accélère. Dans notre association pro-européenne, nous sommes politiquement neutres. Nous voulons atténuer les conflits d'opinion dans tous les domaines et ramener le débat au ras des pâquerettes par nature apolitiques. (Jean-Paul Picaper - 09.03.2020)

AVERTISSEMENTS

L'UE sur la mauvaise pente : l’idée du sauvetage climatique se substitue au marxisme-léninisme

Le sauvetage du climat est au cœur de la nouvelle doctrine salvatrice de l'UE. Il est évoqué dans tous les discours, ne doit plus manquer dans aucun programme. Pratiquement toute idée mise en vente doit être labellisée « sauvetage du climat ».

Ce label a remplacé le marxisme-léninisme qui était la marque de fabrique des anciens États du Bloc soviétique. À cette époque, pendant la guerre froide, rien ne fonctionnait sans référence à l’idéologie marxiste-léniniste vouée à sauver le monde et qui a finalement mené l’Europe de l’Est  à une cruelle tyrannie et à un abîme économique.

Pour sauver le climat, la Commission européenne (avec le soutien du Parlement Européen) a maintenant proclamé l’évènement du « Green Deal ». Des milliers de milliards d'euros vont être "investis" dans ce projet.

Ce n'est pas par hasard qu’on a donné ce nom au projet. Il doit rappeler le « New Deal » de Roosevelt aux États-Unis, proclamé après la Grande Dépression des années 1930. Beaucoup de gens croient encore que ce New Deal a sauvé les États-Unis (c'est pourquoi beaucoup de gens utilisent encore le terme de manière positive). En fait, il est prouvé depuis longtemps que ce « New Deal » a été un désastre économique.

Le « Green Deal » d'aujourd'hui est censé générer une restructuration complète de l'économie européenne. D'ici 2050, l'UE veut être neutre sur le plan climatique - quel que soit le terme utilisé - et, dans le même temps, elle est censée rendre l'économie plus innovante et l'Europe encore plus sociale. Ce qui transparaît et qui sonne bien dans ces slogans, c'est l'idée que l'économie planifiée est capable de créer la truie qui pond des œufs.

De l'Agenda de Lisbonne au Green Deal

Dans de nombreux domaines, le Green Deal rappelle l'Agenda de Lisbonne présenté en 2000, qui visait à faire de l'UE "l'économie basée sur la science la plus compétitive et la plus dynamique du monde d'ici 2010". Cela n'a pas réussi. On l’a remplacée par la "Stratégie Europe 2020", lancée en 2010, qui poursuivait des objectifs similaires. Dans les simulations in vitro de la planification économique, on a suggéré des effets multiplicateurs qui n'ont jamais existé. Si cet effet multiplicateur qui consistait à anticiper qu’un euro investi par les pouvoirs publics engendre un plus de prospérité équivalent à plusieurs euros, avait été une réalité, les États endettés auraient pu investir en s'endettant. Or ce genre de calcul cher à l’économie planifiée a toujours échoué.

Un socialiste pur et  dur est responsable du Green Deal

En fait, un système économique qui mise sur l'esprit d'entreprise maintient toujours un certain niveau de prospérité. Par conséquent, nous ne devons pas perdre de vue la zombification de l'économie mentionnée ci-dessus et les gigantesques détournements de billions de dollars en faveur du « Green Deal ». Ils constituent un scénario qui fait peser une menace sur notre économie. Le fait qu’un socialiste intransigeant tel Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, soit responsable du Green Deal peut être considéré comme une menace supplémentaire.

Le primat de la politique sur la rationalité économique

En outre, la Commission européenne a déjà annoncé d'autres mesures économiques qui nous mèneront droit à l'abîme. Bien que les critères de stabilité pour l'euro aient été jetés par-dessus bord du jour au lendemain dans le brouillard qui couvre le prétendu sauvetage de l'euro, ces critères sont jusqu'à présent toujours valides et l'objectif était de ramener les États de l'UE à ces critères de Maastricht. Surtout à ceux concernant la dette publique.

La Commission a annoncé qu'elle présentera bientôt un catalogue des "investissements verts"  qui ne seront plus inclus dès lors dans la dette publique des États-membres. Cela aboutirait donc à l’extinction des critères de stabilité. Par une magie réglementatrice, la dette serait définie comme une absence de dette. De ce fait la prochaine crise bancaire est préprogrammée. Heureusement, la Commission européenne et le Parlement européen ne peuvent pas encore mettre en œuvre ces plans sans l’agrément des États membres.

Seulement, la sauvegarde du climat a été déclarée priorité politique majeure dans les États membres. Des projets tels que la redéfinition des dettes en non endettement pour les "investissements verts" se retrouvent également dans des programmes gouvernementaux comme celui de l'Autriche (voir sous « Actuel » notre évaluation du programme gouvernemental de Vienne) sous une forme similaire.

Comme toujours, en politique, il est important de ne pas s’en tenir aux annonces mais d'évaluer les actions concrètes  qui les suivront. Reste que les annonces politiques de l’Union Européenne dont la Commission, en tant que gardienne des traités, est largement responsable, devraient susciter l’attention des gens raisonnables et des forces qui les représentent. Ouvrons l’œil et le bon, comme on dit. (Rainhard Kloucek - février-mars 2020)

ENCOURAGEMENTS

Environnement et nutrition : les mesures politiques ne servent à rien si personne ne change son mode de vie

par Elisa Mayböck, rédactrice co-responsable de l'Atelier de Strasbourg

Dans l'un de mes cours à l'université intitulé "Idées politiques du présent", le maître de conférences a improvisé un vote rapide sur les "habitudes alimentaires". « Juste pour voir », a-t-il dit. Et le résultat n’a pas manqué d’intérêt. La moitié des votants ont déclaré qu'ils pratiquaient un régime sans viande. L'autre moitié s'est sentie obligée de justifier sa consommation de viande au vu du résultat du vote. Du moins, telle fut mon impression. Des déclarations telles que "Je ne mange de la viande qu'une fois par semaine" ou "L'origine et la qualité de la viande sont très importantes pour moi" ont été exprimées plus d'une fois.

Étant végétarienne, j'ai d'abord été très satisfaite du résultat du vote. Je me suis vue confirmée dans ma conviction qu'un régime sans viande rendait possible de façon relativement simple le respect  de l’environnement et des ressources. Dans un second temps, cependant, je me suis rendue compte qu'une proportion de 50 % de végétariens parmi les étudiants ne reflétait pas fidèlement, bien entendu, la population autrichienne – pas plus que la moyenne européenne. Or, dans ce cours, il n'y avait que des étudiantes âgées de 18 à 35 ans. Des études attestent que la proportion de végétariens est plus élevée chez les femmes que chez les hommes et qu'elle augmente avec le degré d’instruction.  Nous autres, les étudiantes de ce cours, étions donc le groupe cible d'un régime sans viande.

"Ce cours m'a fait réaliser une fois de plus à quel point nous sommes sur certains sujets « prisonniers » de nos propres opinions et conceptions et qu'il est souvent très difficile d'affirmer une opinion divergente alors que ce serait pourtant très nécessaire."Voilà à quoi ressemble ma réalité en termes de protection de l'environnement et du climat : je suis réticente à acheter des produits emballés dans du plastique. Cela va si loin que j'envoie des e-mails aux chaînes de supermarchés pour leur demander de reconsidérer leur politique d'emballage et, au mieux, de les remplacer par  des matériaux écologiquement compatibles. Étonnamment, on reçoit des réponses partiellement détaillées à ces courriels de la part des responsables. Le régime végétarien déjà mentionné et l'achat de produits de saison et régionaux font également partie de la réalité de mon mode de vie écologique. S’y ajoute le "flight-shaming", c'est-à-dire la mauvaise conscience au moment de monter en avion, alors qu'un voyage en train serait tout aussi possible (comme mon voyage de Vienne à Rome l y a quelques semaines).

Ces considérations peuvent sembler drastiques pour certains  et d’autres peuvent s’en moquer en y voyant la patte du mouvement Fridays-For-Future. Mais cela ne me fait pas sourire, moi, quand je pense à l'avenir de notre planète. Je ne fais pas ça par hystérie, ni pour semer la panique. Ce n'est rien d'autre que la conclusion qui doit être tirée de la grande majorité des études et documents scientifiques. C'est pourquoi tous les partis et forces politiques doivent s’épauler pour résoudre les problèmes qui viennent à nous. Il n'y a tout simplement pas de place dans tout cela pour le déni d'un changement climatique provoqué par l'homme. On ne peut passer outre aux réalités.

Aussi sensées et bien intentionnées les mesures politiques soient-elles dans ce contexte, elles ne seront d'aucune utilité si chaque individu ne commence pas à changer peu à peu son mode de vie. Cela va inévitablement de pair avec le renoncement et le renoncement est une chose dont les gens, attachés à leurs habitudes, se méfient. Je suis bien consciente de jouir d'une situation privilégiée : les légumes et les fruits du jardin de mes parents, le lait et les œufs de la ferme de mes grands-parents et le pain et les pâtisseries du boulanger bio de ma ville natale couvrent une grande partie de mes besoins alimentaires. Néanmoins, chacun doit contribuer au mieux de ses capacités à un avenir respectueux de l'environnement, indépendamment de son idéologie politique et de son appartenance à un parti. Et si le mouvement des "Fridays For Future" a mobilisé ne serait-ce qu'une petite partie de la population et l'a incitée à prendre des mesures ou à changer des habitudes néfastes pour l'environnement, il est justifié et ne mérite pas d'être rejeté comme alarmiste. (E.M. - 12.3.2020)

Lutter pour le climat et la biosphère au quotidien

Les scientifiques nous ont avertis que le climat pourrait bientôt être complètement incontrôlable et que nous sommes sur le point de voir basculer des systèmes biologiques entiers, tels une forêt tropicale. Il en va de même pour la glace dans l'Arctique. C'est trop tard pour les forêts tropicales en feu et la fonte des calottes polaires. Il se peut que tout le climat s'effondre et que nous nous retrouvions bientôt dans un cauchemar d'où il n'y aura plus de réveil. Cela vaut aussi pour la biosphère où de nombreuses espèces végétales et animales peuvent s’éteindre quand la raréfaction de leurs représentants atteint le point de non-retour.

Climat : l’empreinte carbone

Parlons du climat. Nous avons encore une petite fenêtre de dix ans pour réduire de moitié l'empreinte carbone mondiale. Et trente ans pour le ramener à zéro ! Mais cela nécessite d'urgence des investissements massifs dans les énergies propres et l'emploi. L'Europe est sur le point de jouer un rôle de pionnier. L'UE a adopté un accord vert historique qui pourrait annoncer une révolution climatique mondiale. Mais les partisans des combustibles fossiles ont déjà fait échouer des éléments importants de ce plan - alors montrons par nos votes et nos sondages à grande échelle un soutien massif pour le climat dans toute l'Europe !
Nous devons nous concentrer sur la biosphère et ne pas nous servir de l'écologie pour renverser un système économique qui fonctionne plutôt bien, mieux en tout cas que les systèmes dirigistes du 20ème siècle. L'économie doit rester efficace pour le bénéfice de tous et continuer à fonctionner en suivant l'évolution des conditions climatiques. Un "Krach" économique serait une catastrophe pour l'humanité. La catastrophe climatique doit être évitée en investissant massivement dans des technologies et des emplois durables et respectueux de l'environnement, afin que l'ensemble de l'économie puisse progressivement se détacher des combustibles fossiles. C'est pourquoi l'idée de l'accord vert européen pourrait être si efficace : un avenir contraignant et sans carbone que personne n'abandonnera.

Commencer par l'Europe est le meilleur moyen de déployer ce plan dans le monde entier - pour réaliser notre vision d'un monde basé sur une énergie 100% propre. C'est pourquoi nous ne pouvons quitter l'énergie nucléaire– malgré les risques qu’elle implique - tant du moins que des énergies alternatives ne fourniront pas l'essentiel de nos besoins.

La pollution plastique

Pour en rester aux mesures sectorielles, le 12 juin dernier, une directive européenne a été publiée interdisant la mise sur le marché de plusieurs produits en plastique à usage unique. Le parlement européen l’avait adoptée le 27 mars sur proposition de la Commission. Il s’agira des pailles en plastique, couverts et assiettes, touillettes à café, tiges pour ballons et cotons tiges, etc. On peut consulter leur liste sur Internet. La directive s’applique aussi aux récipients en plastique utilisés en cuisine et aux filets de pêche. Tous ces produits en plastique seront bannis de l’Union Européenne à partir du 3 juillet 2021.

La directive fixe aussi aux États membres un objectif de collecte de 90 % des bouteilles en plastique d'ici 2029. Les bouteilles commercialisées dans l'UE devront contenir au moins 25 % de plastique recyclé en 2025 et au moins 30 % en 2030. Concernant les sacs en plastique non biodégradables, sacs poubelle, sac de caisse commercial, le sac sous vide, le publi-sac, etc. Au début du XXIe siècle, leur fabrication absorbait environ 4 % de la consommation annuelle de pétrole. Ces sacs, posent de nombreux problèmes environnementaux, et particulièrement dans l'environnement marin, ce qui conduit à leur interdiction progressive par de nombreux pays. En 2015, le Parlement européen a signé un texte sur la réduction massive de sacs plastiques à usage unique. L'accord prévoit une réduction progressive de l'utilisation des sacs plastiques. En 2019, chaque État membre devra réduire son utilisation à 90 sacs plastiques par personne et par an, puis à 40 sacs en 2025[]. Le recours aux sacs plastiques est très différent d'un pays à l'autre au sein de l'Union européenne. Les meilleurs élèves sont le Danemark et la Finlande avec une utilisation de 4 sacs par an et par habitant. Les mauvais élèves sont le Portugal et la Pologne ainsi que la Slovaquie où leur consommation s'élève à 450 sacs plastiques par habitant et par an. Selon l'industrie plasturgique française et européenne, cette interdiction a un autre effet bénéfique, à savoir que ces sacs fins en plastique étaient depuis longtemps importés à 98 % de Chine.

La France prépare de son côté une loi antigaspillage dont une des mesures clés a été votée à l’unanimité le 13 décembre dernier par son Assemblée nationale. Il est question dans ce contexte d’« économie circulaire » c’est-à-dire d’une économie dont les produits se recycleraient sans pertes ou avec le moins de pertes possible pour sortir du cycle de production-destruction dont nous sommes encore prisonniers. La mesure adoptée stipule l’interdiction de la destruction des invendus non-alimentaires, tels les produits d’hygiène et de textile qui devront être donnés ou recyclés à partir de 2022. Ou pour les produits d’hygiène de première nécessité, comme le savon, le dentifrice ou encore les protections hygiéniques, le don aux associations et autres structures de l’économie solidaire sera même obligatoire et le recyclage interdit.

Faire de l’Europe un exemple

Devenir le premier continent climatiquement neutre au monde d’ici à 2050 est le plus grand défi et la plus grande chance de notre temps. La Commission européenne a présenté à cette fin le 11 décembre dernier le Pacte vert à pour l'Europe, un ensemble de mesures extrêmement ambitieuses qui devrait permettre aux citoyens et aux entreprises de l’UE de profiter d’une transition écologique durable. Ces mesures seront accompagnées d’une première feuille de route constituée d’une série de politiques clés, depuis la réduction ambitieuse des émissions aux investissements dans la recherche et l’innovation de pointe, afin de protéger l’environnement naturel de l’Europe.

Soutenu par des investissements dans les technologies vertes, les solutions durables et les nouvelles entreprises, le Pacte vert pour l’Europe peut constituer une nouvelle stratégie de croissance pour l’UE. La participation et l’engagement du public et de toutes les parties intéressées sont indispensables à son succès. D'énormes campagnes mondiales, des publicités dans les principaux médias et des sondages d'opinion montrant un soutien massif du public : Il faut que partout, les gens réclament enfin des mesures efficaces pour faire face à la crise climatique.

Le moment est venu ! Au lieu d’être simplement les spectateurs de la lutte pour l’avenir de la planète ou de sa dégradation, nous pouvons nous battre activement pour ell. À l'heure actuelle, les lobbyistes font tout ce qu'ils peuvent pour empêcher la mise en œuvre de ce grand plan. Défendons-le, pour nous-mêmes, pour nos enfants et pour les générations à venir. (Niels Gans – 16 décembre 2019)


Persécution de chrétiens dans le monde

En 2010, on l’avait condamnée à la pendaison pour blasphème. Blasphème comme ses bourreaux le concevaient envers cette chrétienne pratiquante au Pakistan. Elle a passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort. Acquittée en 2018, suite aux protestations et campagnes internationales en sa faveur, Asia Bibi s’est réfugiée au Canada l’an dernier. Elle voudrait acquérir la nationalité française pour continuer à œuvrer avec la journaliste française Anne-Isabelle Tollet qui a contribué à sa libération.

Elle vient  de publier avec elle un livre sur sa tragique odyssée intitulé « Enfin libre ! », paru aux Éditions du Rocher à Paris. Elle y raconte notamment comment un verre d’eau lui avait valu d’être condamnée à mort. Dans son village du Pakistan, on lui avait proposé de boire un verre d’eau à la fontaine et elle l’a bu. Des voisines sont alors allées trouver le responsable religieux du village pour lui dire qu’elle avait bu de l’eau dans une timbale réservée aux musulmans.

Il n’en fallut pas plus pour que cet homme estime qu’elle avait commis une insulte envers la religion du prophète. Mais évidemment, c’était un prétexte. Elle était déjà en conflit avec  lui et ses accusatrices et ils s’en sont servis pour la faire condamner à mort. En attendant la corde, elle fut incarcérée à l’isolement. Elle entendait d’autres femmes également détenues l’insulter régulièrement  et exiger qu’elle soit exécutée. Maintenant, elle travaille avec son amie à obtenir la libération de personnes détenues pour faits religieux.

Pas seulement les bouddhistes du Tibet et les musulmans du Ouigour occupés par la Chine subissent des injustices et des sévices graves, comme nous l’exposons ci-après dans notre rapport sur les camps de concentration chinois, mais aussi des chrétiens. Surtout dans les pays du Moyen-Orient, mais aussi en Extrême-Orient. C’est ce qu’expose dans un magazine récemment publié (« Corée du Nord- Transpercer les ténèbres ») l’association protestante « Portes ouvertes » (Directeur de publication René Koning, Imprimerie Commerciale, 2, rue de l’Artisanat, 67250 Strasbourg). Dans son éditorial, Patrick Victor, Directeur de Portes Ouvertes en France écrit : « « Dieu seul peut apporter la lumière dans l’endroit le plus ténébreux de la planète : la Corée du Nord ». On trouvera sur leur site www.portesouvertes.fr tous les renseignements sur cette association qui fait un travail bien utile et généreux en faveur des chrétiens persécutés dans le monde.

 En Corée du Nord, posséder une Bible est considéré comme un crime contre l’État.  En Chine le maître du pays, Xi Jingping, n’interdit pas réellement l’Evangile. S’érigeant évangéliste, il la  réécrit et c’est la sienne, évidemment, qu’il faut lire (voir ci-après)  (MP et JPP – 04.0.3.2020)


L’Évangile selon Xi Jinping

La dictature  chinoise ne s’exerce pas seulement à l’encontre des musulmans dans ces camps de « rééducation », déguisés  généralement en « centres de formations professionnelle », sur les quels notre ami Paul Larreya a attiré ci-dessus notre attention.  Le dirigeant de la Chine le plus totalitaire depuis Mao Zedong, le président chinois Xi Jinping, veut intégrer toutes les religions, dans sa propre doctrine. Il veut faire rectifier et réécrire non seulement le Coran, mais aussi la Bible et les sutras bouddhistes afin de les mettre en conformité « avec les exigences de la nouvelle époque ».

La « nouvelle époque » est une formule codée qui fait référence au règne de  Xi Jinping dont la pensée a été fixée dans la Constitution de 2018, suite à un Congrès du Parti à sa gloire. Lors d’une réunion le 6 novembre 2019 les autorités chinoises ont exhorté les représentants des principaux cultes religieux à mettre les traductions en chinois de leurs textes religieux au diapason de la nouvelle doctrine. « Pour les contenus non conformes, il faut des modifications et il faut retraduire les textes », a rapporté l’agence officielle Xinhua.

Jusqu’ici  et depuis la création de la République populaire communiste en 1949, Pékin s’était contenté d’embrigader les religions dans des organisations dites « patriotiques ». La pratique des cultes s’était alors réfugiée dans des communautés souterraines, visées donc par les persécutions. Mais c’est la première fois que l’État communiste veut transformer les messages religieux et aligner la pensée de leurs fidèles sur la sienne. Depuis quelques temps, on accroche des drapeaux rouges dans les temples et des banderoles de propagande dans les mosquées. A Ji’an, dans la province du Jiangxi, le portrait de Xi Jinpig a remplacé la Vierge Marie et  l’enfant dans une église catholique.

Cette offensive s’inscrit dans la foulée de l’accord conclu entre Pékin et le Vatican en 2018, marqué par la reconnaissance par le pape de sept évêques désignés par le régime. Cet accord a été qualifié de « trahison » par des dignitaires catholiques chinois. Une fois de plus, en Extrême-Orient cette fois, le pape François a fait preuve de crédulité en sous-estimant la volonté destructrice ses interlocuteurs. Le Parti communiste chinois veut étendre son emprise sur les consciences.  (D’après « Le Figaro » du 23 décembre 2019, p. 8)


Les camps de "rééducation" en Chine : le Xinjiang

Des naïfs dont nous-mêmes sans doute croyaient après l'ouverture du Mur de Berlin que la démocratie allait se répandre dans le monde. Le totalitarisme au contraire progresse avec ses corollaires, l'inversion de la perception des réalités et le retournement de la morale.

Selon notre ami angliciste, Paul Larreya ce qu’a écrit le romancier Georges Orwell dans son roman « 1984 » à propos du totalitarisme, était très en-deçà de la dictature chinoise dont la dangerosité est très largement sous-estimée » dans le monde aujourd’hui. « Orwell was an optimist », déclare notre ami. Il est évident que l’Empire du Milieu repeint en rouge s’apprête à dominer le monde d’ici une ou deux générations. 

La Chine progresse insidieusement, elle s’infiltre comme l’eau. Aujourd’hui, une poignée d’étudiants de Hong-Kong défie l’énorme dragon communiste de Pékin (Beijing).  Le régime n’ose pas les écraser d’un coup sous son rouleau compresseur car Hong-Kong est trop visible. Il procède autrement avec la minorité musulmane des Ouighours et Kazakhs dans la province chinoise du Xinjiang.

Des camps de concentration

L'expression camps de rééducation du Xinjiang est le nom officiel de camps d'internement construits à partir de 2014 dans le but d'interner des centaines de milliers de musulmans pratiquants. Ces camps opèrent en dehors du droit chinois et de nombreux Ouïghours y sont internés sans procès ni aucune charge retenue contre eux. Les prisonniers y sont torturés, physiquement et mentalement

La Chine nie l'existence de ces camps avant d'en reconnaître officiellement l'existence en octobre 2018. Elle les décrit comme des centres de formation professionnelle, avec pour objectif de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme musulmans. De nombreuses sources parlent de camps de concentration.

La Chine communiste a longtemps utilisé des systèmes pénaux sévères pour les dissidents et les prisonniers politiques. Une branche, connue sous le nom de laojiao, ou rééducation par le travail, existait en dehors du système pénitentiaire ordinaire. Les personnes ont été internées pour être rééduquées par des organismes de sécurité publique sans procès ou procédure judiciaire. Ce dispositif a été largement utilisé pour les dissidents et les petits criminels, selon Adrian Zenz, spécialiste en méthodes de recherche sociale. En 2013, le gouvernement chinois a fermé ce système, le voyant comme une relique du passé. À l'époque, Adrian Zenz estime qu'il disposait de 350 installations avec environ 160 000 personnes.

Frapper fort

La campagne Frapper fort contre l’extrémisme violent (Strike Hard) a commencé en 2014. Selon Human Right Watch : « Le degré de répression a nettement augmenté après que Chen Quanguo, secrétaire du Parti communiste, a quitté son poste dans la région autonome du Tibet pour prendre la tête de la région du Xinjiang, fin 2016".

À partir de 2017, les autorités chinoises commencent à ériger rapidement un système de « rééducation » destiné à la population Ouighours et autres minorités musulmanes, y compris les Kazakhs. Comme la version antérieure du laojiao, le nouveau système d'incarcération devait être extrajudiciaire : aucune procédure régulière, aucune règle de droit. Selon Adrian Zenz, spécialiste allemand du Xinjiang, l'échelle est énorme ; Il y a maintenant plus de 1 million d'Uighours et d'autres incarcérés, soit 11,5 % de la population ouighoure du Xinjiang. Il peut y avoir près de 1 200 installations. Dans une conférence à l'Université de « Harvard Fairbank Center for Chinese Studies », Adrian Zenz les a décrits comme lugubres, avec des planchers rustiques, tours de guet, pas d'arbres, des clôtures et des heures sans fin de « rééducation » pour faire que les prisonniers pensent comme la majorité  Han chinoise. Il souligne que l'intention n'est pas de tuer les personnes, mais de tuer la mémoire de qui ils sont, d'anéantir leur identité distincte, la langue et l'histoire. L'idéologie communiste est inculquée aux détenus qui subissent des tortures et sont forcés à manger du porc et à boire de l'alcool.

En avril 2019, la Banque Mondiale ouvre une enquête pour déterminer si un prêt de 50 millions de dollars effectué en 2015 par la Chine, officiellement pour financer cinq collèges locaux, aurait été utilisé pour financer les camps d'internement du Xinjiang. L'enveloppe faisait partie d'un plus gros prêt de 1,5 milliards de dollars prêtés par la Banque à la Chine cette année

Nombre de détenus et conditions de détention

En 2018, le nombre des détenus est estimé à un million par Amnesty International et par les Nations Unies. Selon Adrian Zenz les enfermements d’Ouïghours, mais aussi de membres des minorités kazakhes et kirghizes se sont intensifiés en 2018, un musulman sur six serait concerné. En mai 2019, le gouvernement américain estime le nombre de détenus à 3 millions.

Les camps regroupent de façon séparée les hommes et les femmes. Pour Rebiya Kadeer, « c’est un système arbitraire total, une sorte de détention préventive, basés sur la détention administrative, c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire d’avoir été condamné pour y être emprisonné. Nulle procédure, nulle possibilité de recourir à un avocat et même nul chef d’inculpation. On peut rester dans ces camps très longtemps, certains à perpétuité ».

Dans les camps de rééducation du Xinjiang, plusieurs techniques d’endoctrinement permettent d’inculquer aux détenus Ouïghours l’amour du Parti communiste chinois et de Xi Jinping. Dans certains camps, les prisonniers sont obligés d’abandonner la bénédiction musulmane habituelle dite avant de manger, la bismillah, par des remerciements à Xi Jinping. Selon des témoignages d’anciens détenus, des femmes musulmanes sont stérilisées via des injections. D'autres témoignent de tortures par électrocution et de violences sexuelles.

Présentation par les autorités chinoises

La Chine reconnait officiellement l'existence de ces camps le 9 octobre 2018. Les camps sont décrits comme des centres de formation professionnelle spécifiques aux musulmans.

Pour Shohrat Zakir, le numéro deux du Parti communiste chinois dans la province, « l'objectif de ce programme était de se débarrasser de l'environnement et du terreau qui nourrissent le terrorisme et l'extrémisme religieux ».

Pour Chen Quanguo, chef du Parti communiste de la région, les camps doivent « enseigner comme des écoles, être gérés comme à l'armée et défendus comme des prisons ». Selon une directive de 2017, les participants aux camps passent le temps « à crier des slogans, chanter des chants révolutionnaires et apprendre par cœur le Classique des trois Caractères ».

La télévision d'État explique que l'admission dans les camps est facultative. Elle montre des images d’étudiants apprenant le chinois et des métiers dans l’alimentation et le textile. La Chine présente donc les camps comme des écoles. En 2018, le magazine Bitter Winter a toutefois publié des vidéos qui auraient été tournés à l’intérieur des camps, qui y apparaissent plutôt comme des prisons. Pour le sociologue Massimo Introvigne, les raisons ultimes de l'internement d'un grand nombre d'ouïghours sont aussi controversées. D’après la Chine, certaines mesures de « rééducation » s'imposent pour prévenir la radicalisation et le terrorisme. Des chercheurs occidentaux pensent que le gouvernement craint plutôt une renaissance religieuse à laquelle il ne s’attendait pas.

En août 2019, une survivante d'un camp affirme que des agents du gouvernement chinois se sont rendus chez elle pour détruire son dossier de détenue, afin de recréer un faux dossier montrant qu'elle n'a jamais été détenue mais qu'elle était restée chez elle sous la surveillance du PCC. Sur plusieurs choses sont très inquiétantes, l’une de celles qui le sont le plus est la façon dont les Etats totalitaires font disparaître toutes les traces de la vérité historique. Dans 1984, Orwell a traité de cela de façon récurrente. (ATS - 15.12.2019, avec Wikipêdia, la bibliographie ci-dessous et Paul Larreya).

Bibliographie

1.         ↑  Gerry Shih, « 'Permanent cure': Inside the re-education camps China is using to brainwash Muslims »sur businessinsider.fr, 17 mai 2018 (consulté le 2 septembre 2019)

2.         ↑  Alexia Fernandez Campbell, hina’s reeducation camps for Muslims are beginning to look like concentration camps » sur vox.com, 24 October 2018 (consulté le 2 septembre 2019)

3.         ↑ China is creating concentration camps in Xinjiang. Here’s how we hold it accountable » sur washingtonpost.com, 23 novembre 2018 (consulté le 2 septembre 2019)

4.         ↑« Q&A with Dolkun Isa, president of the World Uyghur Congress »sur dw.com (consulté le 2 septembre 2019)

5.         ↑ « «Camps de concentration» au Xinjiang : Pékin dément l’accusation des Etats-Unis », sur leparisien.fr, 6 mai 2019 (consulté le2 septembre 2019).

6.         ↑ Heulard Mégane, « Chine : privé de médicaments, un écrivain meurt dans un camp de “rééducation” » [sur actualitte.com, 21 juin 2019 (consulté le 2 septembre 2019).

7.         ↑ « Chine : Ouïgours, un peuple en danger », sur arte.tv, 10 mai 2019 (consulté le 2 septembre 2019).

8.         ↑ Aller à :a et b Heike Schmidt, « Harcèlements, menaces, disparitions: les Ouïghours de France vivent dans la peur - RFI », sur RFI, 8 août 2019 (consulté le 2 septembre 2019).

9.         ↑ (en) « Adrian Zenz »], Academia, 2019

10.       ↑ (en) « Adrian Zenz - On the C-SPAN Network »], C-SPAN, 2019

11.       ↑ « La Chine réprime en masse les Ouïgours du Xinjiang », La Croix,‎ 11 septembre 2018 (lire en ligne)

12.       ↑  « China finally admits it is building a new archipelago of concentration camps. Will the world respond? », The Washington Post,‎ 11 octobre 2018 (lire en ligne

13.       ↑ La Chine réprime en masse les Ouïgours  La Croix, 11 septembre 2018

14.       ↑ Du porc et de l'alcool pour punir les détenus : le scandale des « camps de rééducation » pour musulmans en Chine Gentside, 19 mai 2018.

15.       ↑ D'ex-détenus témoignent des conditions atroces de « camp de rééducation » en Chine, RTBF.be, 17 mai 2018.

16.       ↑ « Ouighours: «Aucune indication» que Pékin a détourné des fonds de la Banque mondiale », sur lefigaro.fr, Le Figaro, 30 août 2019 (consulté le 2 septembre 2019)

17.       ↑ Alan Rappeport, « World Bank launches investigation into whether £40m loan to China funds Muslim persecution in detention centres » [sur independent.co.uk, 31 août 2019 (consulté le 2 septembre 2019)

18.       ↑ Chine. Les familles d’un million de personnes détenues dans le cadre d’une campagne massive de « rééducation » demandent des réponses, Amnesty International, 24 septembre 2018.

19.       ↑ Liselotte Mas ONG et ONU dénoncent les camps d’internement pour Ouïghours en Chine France 24, 17 août 2018

20.       ↑ Chine: «Au Xinjiang, un musulman sur six serait en détention»] Libération

21.       ↑ Ouïgours. « Un système de détention préventive » des musulmans chinois Orient XXI, 11 octobre 2018

22.       ↑ Léa Polverini Le délire divin de Xi Jinping Slate, 24 novembre 2019

23.       ↑ Peter Stubley, « Muslim women ‘sterilised’ in China detention camps, say former detainees » [sur independent.co.uk, 12 août 2019 (consulté le 2 septembre 2019)

24.       ↑ Harry Cockburn, « Muslim woman describes torture and beatings in China detention camp: ‘I begged them to kill me’ » [sur independent.co.uk, 28 novembre 2018 (consulté le 2 septembre 2019)

25.       ↑ Stéphane Lagarde, Ouïghours : la Chine reconnaît le recours à des camps de rééducation au Xinjiang, RFI, 10 octobre 2018.

26.       ↑ Aller à :a b et c «Chaise tigre», «dents de loup», matraques électriques... : L’inquiétant arsenal des centres éducatifs pour musulmans en Chine Cnews, 24 octobre 2018

27.       ↑ La Chine défend son programme d'internement de musulmans Le Figaro, 17 octobre 2018

28.       ↑ Chine: l'étrange arsenal des centres éducatifs pour musulmans La Croix, 24 octobre 2018

29.       ↑ "Les camps de Ouïghours, « écoles » ou prisons ?" , Bitter Winter, 14 novembre 2018

30.       ↑ "Nouvelle vidéo exclusive : un nouveau camp de « rééducation » pour les Ouïghours découvert au Xinjiang", Bitter Winter, 26 novembre 2018.

31.       ↑ Massimo Introvigne, "Pourquoi les Ouïghours sont-ils persécutés ?" Bitter Winter, 22 novembre 2018.

32.       ↑ Chang Xin, « Un survivant des camps du Xinjiang révèle les fausses informations du PCC » [sur fr.bitterwinter.org, 29 août 2019 (consulté le 2 septembre 2019)



Divergenzen


Ein Grenzproblem: Das Staatenchaos in Europa

Tradition und Orthodoxie der Paneuropäischen Bewegung erforderten einen lauten Protest gegen die Schließung der inneren Grenzen Europas, als die Regierenden im März-Juni 2020 die Durchgänge von Staat zu Staat verriegelten. Wir haben uns alle gefreut, dass dieser Protest von dem stärksten und erfahrensten unserer Brudervereine, Paneuropa Deutschland mit Sitz in München, formuliert wurde.

Dessen Vorsitzender, Bernd Posselt, wünschte sich in einem Statement seines Pressedienstes am 6. April 2020 „eine koordinierende Aufsicht der EU-Kommission bei der Schließung von Binnengrenzen in Krisenfällen, denn ein derartiges Chaos wie diesmal darf nie mehr passieren“. So lange sie noch nicht aufgelöst worden sind, sind die Mitgliedsstaaten in der Tat leider noch die Herren ihrer Außengrenzen, die zugleich Binnengrenzen der EU sind. So hat es durchaus chaotisch ausgesehen, als einer nach dem anderen seine Grenzen schloss. Korrekturen an diesem unschönen Bild müssten in der Tat vor der nächsten Krise auf der Tagesordnung der EU stehen.

Persönlich bin ich sehr dafür, dass Paneuropa die Anregung Posselts aufgreift, nach Möglichkeit eine europäische Aufsichtskoordinierung, warum nicht sogar eine Aufsichtsbehörde zu gründen, um dem Chaos ein Ende zu setzen und ein harmonisch gleichgeschaltetes Europa zu schaffen, das man über einen Kamm scheren kann. Es ist ehrlich zu wünschen, dass die EU verhindert, dass  Nationalregierungen nach individuellem Gusto handeln. Aber Notwehrsituationen wie die neuerliche Corona-Pandemie sind ihnen immer ein Vorwand,  in  den nationalen Souveränitätspfuhl zurück zu fallen und aus der Reihe zu tanzen. Die Gewählten in den Mitgliedsstaaten machen für Eilmaßnahmen wie etwa Grenzschließungen geltend, dass sie dadurch ihre Völker vor Gefahren schützen wollten.

Das Argument ist freilich schwer zu widerlegen. Mit seiner Stellungnahme vom 6. Mai beharrte unser deutscher Bruderverein couragiert und überzeugt fest bei der paneuropäischen Lehre, die wir alle vertreten: "Wenn die nationalstaatlichen Innenminister noch länger auf einer Drosselung des Schengen-Systems beharren, wird eine der größten Errungenschaften der europäischen Integration, nämlich die Freizügigkeit von Personen, Waren und Dienstleistungen, auf der Strecke bleiben“, monierte Posselt. Angesichts der verheerenden Corona-Plage mit ihren Zehntausenden von Todesopfern hat er dennoch seine Stellungnahme sehr diplomatisch differenziert.

Er bot den Regierungen der Mitgliedsstaaten einen Ausweg an: “Die Virus-Bekämpfung erfordert die Abriegelung von konkreten Hotspots, aber nicht von ganzen EU-Mitgliedstaaten bei gleichzeitiger Zerteilung zusammengewachsener Grenzregionen." Richtig! Wer als Mensch, Ware oder Dienstleistung sehnt sich nicht nach freiem Verkehr auf dem Kontinent? Besonders in Straßburg hält man viel von Grenzregionen. Welcher Grenzfranzose möchte nicht seine Zigaretten in Deutschland kaufen, wo sie billiger sind?

Ja, warum nicht? Es lief das Gerücht, dass Nikotin vor dem Coronatod schützt. Das wird sich bestimmt wissenschaftlich bestätigen lassen. Das Problemchen der Konkretisierung und Identifizierung der „Hotspots“ ist allerdings weniger einfach zu lösen. Das launische Virus springt von Ort zu Ort. Kein Arzt, kein Forscher kann heute sagen warum und wie. Aber die Wissenschaft wird sicherlich das bald können. Die Virologie schreitet voran und wir verfügen schon über die technischen Mittel, um die verdächtigen Fälle mit Tracking und Navigation bis in ihre „Hotspots“ zu verfolgen und dort vom Rest der Welt abzutrennen, bis sie sich in Staub aufgelöst haben. Das wird den bornierten Nationalstaaten klar machen, dass Grenzschließungen ein Irrweg waren.

Unser Freund von Paneuropa Österreich Rainhard Kloucek (hierunten) teilt unsere Meinung. Er argumentiert seinerseits zu Recht, dass Grenzschließungen auch deswegen absurd sind, da Viren nicht an Staatsgrenzen halt machen. Gut beobachtet:  Viren tragen weder Pass noch Ausweis bei sich. Selbst der akribischste Zollbeamte kann sie nicht kontrollieren. Allerdings benutzen sie unsere Körper als Transportmittel. Intelligente Politiker  sind dahinter gekommen und sahen keine bessere Möglichkeit, als deswegen ihre Transporter an den Grenzen und damit deren Gastviren anhalten zu lassen.

Wir können aber nicht als Paneuropäer eine solche Praxis billigen. Diese Verfahrensweise gleicht, mit Kanonen auf Spatzen zu schießen. Um die Grenzen für die Menschheit offen zu lassen, sollen Mittel und Wege gefunden werden, um  die  Viren und Bakterien an den Binnengrenzen, noch besser an der 14 803 Kilometer langen Außengrenze der EU einzeln festzunageln. Paneuropa sollte dabei helfen.

Aus alledem kann man schließen, dass Paneuropa in der Krise wieder mal die Werte und Errungenschaften unseres Idealeuropas effektiv und bravourös vertreten hat. Wir sollen weiter so machen, denn die Verhältnisse sind oft erstens komplizierter und zweitens als man denkt. (Jean-Paul Picaper, Straßburg/Frankreich. Mit Sophie von Stralendorff, Deutschland, 11.05.2020)


Ein Virus macht nicht an einer Staatsgrenze halt 

Zur Öffnung der Grenzen muss ich ehrlich gestehen, bin ich auch für die Öffnung der Grenzen. Ich weiß, das klingt angesichts der noch nicht besiegten Pandemie vielleicht absurd. Ein Virus macht aber nicht an einer Staatsgrenze halt. Wir sehen eine ganze Menge von Problemen, die sich durch die Schließung der Grenzen ergeben haben. Wir holen jetzt in Österreich Pflegerinnen aus Rumänien mit einem Sonderzug nach Österreich, damit bei uns die Altenpflege funktioniert. Und da könnte ich noch ein paar weitere Beispiele nennen. Die Staatsgrenzen halten das Virus nicht auf. Das ist eine scheinbare Sicherheit.

Stattdessen müssen wir auf „Grenzen“ zu jenen Gebieten setzen, aus denen das Virus seine Verbreitung nimmt. In Tirol wurden ganze Ortschaften in Quarantäne gesteckt, weil dort ein sehr hoher Prozentsatz von Menschen infiziert war. Wahrscheinlich war es auch richtig Regionen unter Quarantäne zu stellen. Ich verstehe auch, dass man zu Beginn, mit recht wenig Information, Staatsgrenzen geschlossen hat. Aus heutiger Sicht halte ich das für nicht wirklich sinnvoll, auch wenn es in einzelnen Fällen noch hilfreich sein kann. Das sind aber dann die Ausnahmen, die man machen kann. Man hat in den vergangenen Wochen doch sehr viel Wissen gesammelt. Dazu gehört vor allem die schnelle Isolation der Infizierten, damit sie das Virus nicht weiter verbreiten können. Das lässt sich aber in der jetzigen Situation wohl auch ohne Grenzschließungen und automatische zwei Wochen Quarantäne für all jene, die eine Staatsgrenze überschreiten, organisieren. (Rainhard Kloucek, Wien/Österreich.0.05.2020)


Wir schützen auch die Unvernünftigen

Die Worte des Vorsitzenden von Paneuropa Deutschland Bernd Posselt, der sich für die Öffnung der Grenzen stark gemacht hat, schienen mir wie immer wohl gewählt. Natürlich dürfen die Schengengrenzen nicht unter irgendeinem Vorwand geschlossen werden und natürlich muss man diesbezüglich wachsam sein. Immer an die europäischen Werte und Freiheiten zu erinnern ist sehr wichtig. Nicht nur die Bewegungsfreiheit natürlicher Personen sondern auch die Warenverkehrsfreiheit (Ausfuhrverbote für medizinische Ausrüstung) waren in den letzten Wochen zumindest temporär eingeschränkt. Dass wir als Europäer in unserem Land Europa reisen und uns frei bewegen wollen, ist unser Recht, Teil unserer Identität und vor allem nachvollziehbar. Für mich ist Heimaturlaub auch Urlaub in Frankreich, Deutschland, Italien oder Kroatien. Alles ist Europa, alle sind wir Brüder und Schwestern und ich betrachte ganz Europa als meine Heimat.

Es geht aber um unser Leben

Worauf die Einwände von Jean-Paul Picaper aber absolut richtig hingewiesen haben, ist, dass es nicht um unsere politische Überzeugung oder um unsere Freiheitsrechte geht. Es geht um unser Leben. Leider sind viele Menschen sich dieser Gefahr nicht bewusst. Sie ist unsichtbar und bis zu dem Zeitpunkt an dem es bereits zu spät ist auch nicht spürbar. Solange die Politik gut und richtig agiert, kommt das Virus den meisten Menschen nicht gefährlich nahe. Ohne Ausgangssperren, Quarantäne und vergleichbar extremen Maßnahmen die wir jetzt erlebt haben, hätte es nicht zehntausende, vielleicht am Ende einhundertausend Tote in ganz Europa gegeben. Nein, es hätte Millionen Tote gegeben. Erst dann hätten auch die Unvernünftigsten, die sich fälschlicherweise als mutig oder furchtlos beschreiben, verstanden, dass es sich um eine reale Gefahr für Leib und Leben handelt.

Eine Demonstration ist das falsche Zeichen

Das große Glück unserer Zeit ist, dass wir in unseren Demokratien mit zahllosen sozialen Absicherungen und in unserem Sozialstaat mit unserer sozialen Marktwirtschaft eines tun: Die Schwachen schützen. Nur wir schützen nicht nur die Schwachen, die es benötigen. Wir schützen auch die Unvernünftigen. Dafür wird der vernünftige Rest dann auch noch beschimpft. Wir müssen das als Gesellschaft aushalten, wir haben unsere Demokratie so gebaut, dass jeder seine Meinung mitteilen und vertreten darf so unvernünftig oder absurd sie auch scheinen mag. Eine Demonstration gegen eine vernünftige politische Maßnahme zu organisieren mag zwar erlaubt sein, ich finde aber, dass es ein falsches Zeichen ist und gleichzeitig eine Gefahr für alle Teilnehmer ist.

Natürlich bin ich für eine Exit-Strategie aus jeder Absperrung und Ausgangssperre, um das normale Zusammenleben in der EU wieder aufzunehmen. Vor allem für die bereits stark geschädigte Wirtschaft ist das dringend notwendig. Alle Maßnahmen aufzuheben, sofort wieder sämtliche Grenzen für jeglichen Verkehr zu öffnen und zum "business as usual" zurückzukehren, ist aber jetzt noch viel zu früh und würde nicht abschätzbare Folgen nach sich ziehen. In Österreich gibt es gerade einmal keine täglichen Todesopfer mehr. In Deutschland geht es in die richtige Richtung. In Großbritannien sterben noch tausende. Die Idee zur Normalität zurückzukehren ist richtig, aber im Sinne aller Leben der europäischen Bürger zu früh! (Dominik Possert. Graz/Österreich, 29.04.2020)


 Hört an der Grenze die Freundschaft auf...?

Die Grenzregionen zwischen Frankreich und Deutschland, wo gemeinsame Europaregionen entstanden sind, haben mehr als andere unter der Covid 19-Krise gelitten. Sie haben eine traurige Feststellung gemacht: Die Grenzschließungen haben gezeigt, dass die Völkerfreundschaft zwischen Deutschen und Franzosen nicht so stabil und innig war, wie man sie sich vorgestellt hatte, sondern oberflächlich und labil. Natürlich, die fremdenfeindlichen Hasstiraden und Beschimpfungen, die hie und da ausgetauscht wurden, kamen nicht über die Lippen der klügsten und gebildetsten Vertreter unserer Nationen(,) und man sollte nicht daraus nicht voreilig den Schluss ziehen, dass Nationalismus wieder aufblüht.

Viele denken zu Recht, dass die Grenzschließungsmaßnahmen Folgen haben werden. Längst vergessen geglaubte Ressentiments sind wieder hochgekommen. „Dreckige Franzosen“, „Sie sollten wieder in ihr Land zurückgehen“, mussten sich französische Autofahrer anhören, und den Deutschen wurde dann wieder herablassend „Nazis, schmutzige Boches“ erwidert.

In Baden-Württemberg, wo das Virus wie in Bayern sehr aktiv war, ist die Angst vor Besuchern aus dem zum Risikogebiet erklärten Ostfrankreich (Süd- und Nordelsass, Lothringen) noch groß. Die Grenze war „insbesondere zu Einkaufs- und Freizeitzwecken“ für diese Bevölkerung vom linken Rheinufer besonders dicht gemacht. Nur zur Arbeit durfte man einpendeln. Aber sie mussten an vielen Orten Proviant mitnehmen. Es wurde ihnen verboten, ihr Mittagessen zu kaufen. Franzosen, die rechtsrheinisch auf deutschen Boden einkaufen wollten, bekamen sogar von der deutschen Polizei Strafmandate in Höhe von 250 € und bei Wiederholung bis 1 500 €. Heute noch entstehen riesige Staus, weil die deutsche Polizei sehr akkurat jedes Auto kontrolliert.

Es heißt, dass an manchen Orten am Anfang der Seuche, als das Elsass zum „Pestgebiet“ Gebiet erklärt wurde, deutsche Polizisten, die Maschinenpistole im Anschlag wie bei Terroristenfahndungen, die Zufahrt nach Deutschland verhinderten. Eine ganze Reihe von elsässischen Gemeinderats- und Parlamentsabgeordneten haben an (die) Bundeskanzlerin Merkel einen gemeinsamen Brief geschickt: "Unsere Mitbürger bedauern diese Barrieren, die in unserer Region, die so viel mit Ihrem Land teilt, Leid und ein Gefühl der Ungerechtigkeit hervorrufen. „Was ist aus dem Aachener Vertrag geworden? Was ist aus der deutsch-französischen Freundschaft geworden? Was ist mit Europa geschehen?“, schrieben sie.

Daraufhin ist an einigen Grenzpunkten die Kontrolle etwas gelockert worden. Aber (der) Bundesinnenminister Seehofer hatte die Sperren ohne eine Begründung bis zum 15. Mai verlängert. „Es ist viel Porzellan zerschlagen worden“, sagte der Fraktionschef der SPD im Rheinland-Pfälzischen Landtag. Schließlich am späten Nachmittag des 24. April sprach der baden-württembergische Innenminister Thomas Strobl zum ersten Mal von der Wiederöffnung der Grenzen "unter bestimmten Bedingungen". "Wenn die Gesundheitssituation zwischen dem Großraum Ost und Baden-Württemberg weitgehend ausgeglichen ist und wenn die Geschäfte in Frankreich wieder geöffnet sind, können wir uns eine schrittweise Wiedereröffnung der Grenzübergänge vorstellen", erklärte er nach einem Gespräch mit Jean Rottner, dem Präsidenten der französischen Region Großraum Ost.

Am 29. März hatten zwei Grenzkommunen von Rheinland-Pfalz und Lothringen, Hornbach und Bitche, auf Initiative eines Bürgermeisters mit mehreren deutschen und französischen Kollegen und einer französischen Parlamentsabgeordneten, Nicole Trisse (mit dem roten Mantel im Bild), an der Grenze eine Mini-Protestdemonstration gegen die Grenzschließung organisiert (unser Bild). Die Aktion wurde vom Verein Paneuropa Rheinland-Pfalz unterstützt.

Genauer betrachtet sind die Grenzen im Schengen-Raum nie ganz geschlossen worden. Sie standen nur unter Kontrolle mit strengen Auflagen. Zur Arbeit dürfen Pendler ins Nachbarland fahren. Auch zur ärztlichen Behandlung und zu Familientodesfällen darf man den Rhein von Frankreich nach Deutschland überqueren. Mir ist es neulich gelungen, meinen Wagen von Straßburg über die Europabrücke nach Kehl in Deutschland zu bringen, um ihm die Sommerreifen aufsetzen zu lassen, obwohl das kein „dringender Reisegrund“ war.

Die Region, die am meisten unter dem Covid-Effekt leiden wird, ist natürlich das Elsass und seine Metropole Straßburg. Es hat nicht nur unter der Schließung der Grenze zu Deutschland gelitten. Nach den in der Tageszeitung "Le Figaro" und im Fernsehen veröffentlichten Karten Frankreichs war die Zone höchster Gefahr im Osten und Nordosten in Rot und der noch relative gesund Rest des Landes in Grün gekennzeichnet. Dabei war die rote Region nur wegen fehlender Atmungsgeräte in den Krankenhäusern ein Problem. Sonst war im Elsass die aktive Zirkulation des Virus sowie die Deckung des Testbedarfs völlig in Ordnung. Aber neogaullistische Gewählte und Abgeordnete im Elsass hoben das "erschöpfte elsässische Gesundheitssystem" und die "bereits so schwer getroffene" elsässische Wirtschaft hervor, um die Regierungsmehrheit von Macron zu behelligen. Ein Bärendienst im wahrsten Sinne des Wortes.

Wenn man bedenkt, dass das Elsass, insbesondere Straßburg, vom Tourismus, einschließlich des internationalen Tourismus, lebt, muss man sich fragen, wie solche Leute Besucher in die Region zurückholen werden. Denn selbst wenn das Gebiet "dekontaminiert" ist, wird es stigmatisiert bleiben. Klischees sind langlebig und es ist sehr schwierig, sich von einem schlechten Ruf zu erholen. Ein Jahrhundert später sprechen wir immer noch von der "Spanischen Grippe", obwohl die Spanier nichts damit zu tun hatten. Die tödliche rote Farbe ist abstoßender als das Virus, auf jeden Fall ist sie sichtbarer. Frankreich ist das einzige zweifarbige Land in Europa auf den Karten gewesen. Es war nicht die beste Idee der Regierung. Einstmals wäre dies als ein Aufruf zum Sezessionskrieg angesehen worden. Und diese Karikatur läuft Gefahr, im kollektiven Unterbewusstsein zu bleiben.

Vielleicht werden wir uns damit abfinden müssen, dass das Parlament im Corona-Straßburg nicht mehr tagen will. Das Leben in der Eurometropole wird dann bei bester Gesundheit zusammenbrechen. Die ultimative Lösung könnte dann darin bestehen, dass man das EU-Parlamentsgebäude in eine historische Ton- und Lichtshow für Touristen verwandelt. (J.-P. P., Strasbourg/France. Mit Elisa Mayböck/Österreich, 12. Mai 2020)


DIE ÖKOLOGIE-DEBATTE

Gegen die Poitisierung des Klimawechsels

Die Diskussion um den Klimawandel wird allmählich hysterisch. Sie wird extrem politisiert. Allerdings ist das keine Neuigkeit. In den 1970er Jahren hatte die deutschen Grünen bereits den Kampf gegen den Vietnam-Krieg und die USA durch den Kampf gegen die Kernkraft und das Waldsterben ersetzt. Dann gab es nach dem Zusammenbruch des Sowjetblocks eine Pause. Und nun steigt die linke grüne Welle wieder mächtig und ruft übermäßige Reaktionen rechtsaußen hervor, wo man Realitäten verneint, die wir täglich erleben. Propaganda und Gegenpropaganda lassen wir uns vergessen, worum es eigentlich geht und was auf dem Spiel steht. Unser Ziel ist es, diese Debatte zu entpolitisieren.

x    x

Auf der einen Seite schwenkt der vor allem junge, nach links neigende Teil der Bevölkerung in den industrialisierten Staaten die Fahne der Ökologie und errichtet den Kampf gegen die Erwärmung der Erde durch die menschlichen Aktivitäten zur absoluten Priorität. Auf der Gegenseite nimmt der ältere, eher konservativ-liberale Teil der Gesellschaft Abstand von der Klimafrage, vielleicht zu viel Abstand, und haben das Gefühl, dass politische Parteien den Klimawechsel aufgrund von Trends zu ihrem bevorzugtem Thema machen.

Zwischen denjenigen, die die nahende Apokalypse ankündigen, wenn man nichts tut, und denjenigen, die meinen, dass es gar keinen menschengemachten Klimawechsel gibt, weil es natürliche, ja sogar kosmisch verursachte Klilmaschwankungen in der Erdgeschichte unabhängig von den Menschen immer gegeben hat, sind unsere Gesellschafen geteilt. Führt es teilweise zu einem Generationenkonflikt? Man kann diesen Eindruck haben.

In erster Linie geht ein rechts-links-Konflikt, ein Schisma mitten in der Gesellschaft daraus hervor. Weswegen muss man einen messbaren Sachverhalt, bei dem es um die Zukunft der Menschheit geht, politisieren? Es gibt offensichtlich Menschen, die alles in ihrem Sinne verdrehen und ihr politisches Süppchen auf jedem erdenklichen Feuer kochen wollen? Es wäre schon besser, wenn man sich in aller Ruhe und sachlich darüber unterhalten könnte, wie man es bisher jedenfalls mit der Covid-19-Pandemie tut, ohne in Panik und Erregung zu verfallen.

Aber es gibt offensichtlich Themen, die sich zur Politisierung eignen, und andere die es nicht oder weniger tun.

Zwei Faktoren

Aber die Frage ist, warum den Klimawechsel und warum man unterstreicht, dass die klimatischen Schwankungen ganz unabhängig von den Menschen natürlicher, ja sogar kosmischer Herkunft sind und immer waren. Es wird von dieser Seite darauf hingewiesen, dass es in der Erdgeschichte immer abrupte Temperaturschwankungen gab, oder sogar, dass wir zumindest in Europa eher auf eine Abkühlung als auf eine Erwärmung zusteuern.

Für das eine wie für das andere gibt es keinen endgültigen und schlüssigen Beweis. Das sich bei den Naturphänomenen sich etwas ändert, kann man allerdings mit bloßem Auge sehen. Überschwemmungen, Orkane, Trockendürre, Waldbrände und Hitzewellen, Rückzug von Gletschern und Schnee, Artenschwund, gab es immer, aber doch mehren sie sich.

Führt das zu einem Generationenkonflikt? Es sieht manchmal so aus. Aber vor allem geht ein links-rechts-Spalt durch die Gesellschaft hindurch. Wir sind in unserem Europa-Verein politisch-neutral und wollen auf allen Feldern Meinungskonflikte abschwächen und die Debatte auf konkrete Sachverhalte zurückführen. Warum muss eine solches Problem, bei dem es um die Zukunft der Menschheit geht, politisiert werden? Gibt es bei uns Menschen, die alles in ihrem Sinne verdrehen und ihr politisches Süppchen auf jedem erdenklichen Feuer kochen wollen? 

Was ist es denn, das den Klimawechsel so leicht politisierbar macht? Dafür gibt es zwei Faktoren: einen inneren und einen äußeren.  

Der innere Faktor rührt daher, dass die menschengemachte Erderwärmung mit der Industrialisierung zusammenhängt und dass es heute fast hundert Jahre nach der ersten Industrierevolution immer noch Menschen gibt, die sich mit der Lebens- und Organisationsweise in der Industriegesellschaft nicht abfinden. Das “Zurück zur Natur“ hat es immer gegeben und wird es zum Glück immer geben. Aber der Mensch lebt immer mehr in einer künstlichen Welt, die die Industrie herstellt und er kann sich nicht darüber beklagen. Die Welt ist für ihn bewohnbarer gemacht. Er lebt immer länger, immer gesünder. Die Anti-Industrie-Welle hat aber auf ihrem Humus viele kritische Denker, die behaupteten, wissenschaftlich zu arbeiten, an erster Stelle Karl Marx, und oppositionelle Bewegungen erzeugt. Sie behaupteten, das Glück auf Erden zu bringen und sie haben nur Unglück gebracht. Natürlich war ihre Lehre unwissenschaftlich, ganz besonders auch die rassistischen Lehren der Nazis, die auch wissenschaftlich sein wollten, und deren Vorurteile von der modernen Genetik restlos widerlegt worden sind.

Der äußere Faktor ist das Fiasko des Marxismus, der unter Beweis gestellt hat, dass er ökonomisch zu Katastrophen führt und politisch abscheuliche Diktaturen hervorbringt, und zwar nicht zufällig als stalinistische oder maoistische Verfehlung (Motto: Das nächste Mal werden machen wir es besser), sondern von der Doktrin heraus. Schon am Ende des 19. Jahrhunderts hatten Sozialdemokraten erkannt, dass die Revolution des sog. Proletariats nie stattfinden würde. Nur in der Depression und im Chaos der Kriege konnte sich der Marxismus an die Macht heranschleichen. Die Kernargumente des Marxismus-Leninismus-Maoismus wie die „Diktatur des Proletariats“, die „Vergesellschaftung (Verstaatlichung) der Produktionsmittel“, die Praxis der Zentralplanung und die Schaffung einer „Elite des Proletariats“ mit dem Blick auf das Endstadium „Kommunismus“ auf Kosten der vorübergehenden „Sozialismus“ sind die eigentlichen Ursachen der Katastrophe. In Russland, in China, auf Kuba, in Südostasien sind die Marktwirtschaft und die unternehmerischen Initiative wieder eingeführt worden, um die totale Verelendung aufzuhalten. Nur eine Handvoll kommunistische Polizei- und Militärdiktaturen sind hie und da noch erhalten geblieben. Die rassistische Ideologie des Nationalsozialismus und des diktatorischen Faschismus können nicht wieder auferstehen, weil die Verbrechen insb. des Dritten Reiches den Gipfel der totalen Unmenschlichkeit und der grausamsten Absurdität erklommen hatten. Aber Stalin, Mao und ihre Epigonen und Nachahmer von links sind nicht besser als der rechtsradikale Hitler gewesen.

Infolgedessen hat die Welt von heute keine große, kritische Ideologie mehr fürs Heute, und keine Utopie für die Zukunft.

Marxismus durch die Hintertür

Europa hat das alles erlitten und überwunden und das ist gut so. In den Staaten Mittel- und Osteuropas weiß man noch, was war, aber in Westeuropa sind Generationen in der Hochschätzung der entwerteten Marx-Ideologie erzogen worden, ohne deren Nachteile ertragen zu müssen. Sie sind nicht gegen den Totalitarismus geimpft worden. Daher ist im Weltanschauungsvakuum einer nicht so glitzernden Demokratie und einer sehr materialistischen Marktwirtschaft ein Freiraum entstanden für politische Träumer; für Religionsfanatiker, für Polit-Sekten, Immigrationsförderer und für Illusionisten. Kein Wunder, dass in diesem Vakuum des 21. Jahrhunderts die Metastasen des 20. Jahrhunderts wiedererscheinen, inkl. diejenigen des Nationalsozialismus Massenwahns.  

Im Moment hat der Spätmarximus den „Mainstream“ im Griff. Aber heute will niemand mehr freiwillig den Sozialismus-Kommunismus als kollektive Lebensform übernehmen. Dieser muss also maskiert auftreten. Nostalgiker des angeblich glückbringenden Marxismus-Leninismus versuchen deswegen heute auf Umwegen, ein Derivat ihrer gescheiterten Weltanschauung wieder schmackhaft zu machen. Daher muss der Marxismus heute durch die ökologische Hintertür hereinkommen. Sie haben den roten Marxismus in grün getüncht und wollen Staat und Gesellschaft in Richtung auf eine öko-marxistische Diktatur umbauen, in welcher die grün-progressiven Kräfte am Ruder wären. Kaum gibt es eine soziale Protestbewegung, daran heftet sich der Restmarxismus als „Antikapitalismus“ wie eine Klette an die Rentenreform, die Eisenbahnreform, an die radikale Frauenbewegung, usw. Die Bewegung „me-too“, so berechtigt sie in Sonderfällen auch sein mag, zielt letzten Endes darauf, ein generelles Misstrauen, ja sogar Hass unter den Frauen gegenüber den Männern zu verbreiten. Man kann schon glücklich sein, dass der Coronavirus von den Antikapitalisten nicht instrumentalisiert wird.

So durchdrängen Spannungen und Hass die Gesellschaft und da liegt die große Gefahr, größer als der Klimawechsel selbst. Und die radikale Rechte trägt dazu bei, indem sie gegen diese Übertreibungen überreagiert.

Drohkulisse Kollapsismus

Zu diesem Zweck wird wie in religiösen Sekten und im Radikalislam eine Weltuntergang-Drohkulisse aufgebaut, um eine Stimmung zu schaffen, die uns für einen Systemwandel aufnahmebereit machen könnte. Wir erleben ein Endzeitschauspiel, wo nicht nur alles, was bisher war, als überholt erklärt wird. Man soll sogar die wunderbare Zweiteilung der Menschen in zwei Geschlechter, die sich gegenseitig anziehen, sich lieben und konstruktiv zusammenarbeiten zugunsten von abstrakten „Gendern“ aufgegeben. Die bewährten Wirtschaft- und Politikeinrichtungen, die uns trotz ihrer Fehler und Schwächen Jahrzehnte lang Wohlstand und Gesundheit gebracht haben, sollen wie die berühmte Flinte ins Korn geworfen werden.

Freilich, es gibt gute Gründe sich gegen allerlei zu empören. Niemand kann leugnen, dass es soziale Missstände gibt und dass unsere chaotischen Aktivitäten das Klima verschlechtern. Aber erstens sollte jeder damit anfangen, vor der eigenen Tür zu kehren. Die meisten Menschen leben heute, als wären die Ressourcen unerschöpflich und als ihr Verhalten gar keine Folgen für die Gesellschaft hätte. Sollte man nicht die Verschwendung von Fossilienbrennstoff und von Nahrung eindämmen? Für viele linke Menschen ist die Ökologie nur ein Vorwand, um die freie Gesellschaft mit ihren Freiheiten umzustülpen. Und für eine gewisse Rechte - dazu zählen wir die AfD in Deutschland und die RN in Frankreich- ist die Anti-Ökologie-Propaganda nur Mittel zum Zweck, wie die Anti-Euro-Kampagne und die Anti-Migrations-Agitation es gewesen sind. Es geht ihnen gar nicht um die Sache, sondern die Sache ist nur Vorwand, um Wählerstimmen zu sammeln. Warum interessiert sich denn plötzlich die AfD fürs Klima? Sie reagierte nicht auf den realen Klimawandel, sondern auf die linken Klimakampagnen. Immerhin warnt sie vor der Klimadiktatur, vor der Diktatur der  

x    x

Dabei gibt es ihn wirklich, den Klimawandel, der mal Richtung Erhitzung, mal Richtung Vereisung schwankt. Ganz abgesehen von der Produktion von Plastikschrott, todbringender Luftverschmutzung, krebserregender Chemikalien und schädlicher Folgen unserer falschen Lebensweise als verwöhnte, vergeudende Kinder des Wohlstands. Dazu gehört die unglaubliche Gewohnheit in Frankreich, den Motor des Privatwagens oder des Traktors nicht auszuschalten, wenn man sich mit Bekannten unterhält oder einen Kaffee trinkt. Warum benutzt man nicht, wenn möglich, das Fahrrad statt des Wagens? Warum werfen viele ihren Zigarettenstummel auf den Bürgerstieg? Kann man Gewohnheiten nicht ändern, darüber ruhig diskutieren und mit den Erkenntnissen der Wissenschaft die Erde bewohnbarer machen? Einige tun das. Sie sind die Stillen im Lande. (Jean-Paul Picaper - 09.03.2020)

ÖKOLOGIE: KRITISCH GESEHEN

Die EU auf Abwegen: Klimarettung statt Marxismus-Leninismus

von Rainhard Kloucek

Diese Rettung des Klimas wurde in der EU zur neuen Heilslehre ausgerufen. Sie darf in keiner Rede mehr fehlen, kein Programm kommt mehr ohne Klimarettung aus. Zur Klimarettung ist praktisch alles erlaubt, was man irgendwie als Klimarettung verkaufen kann.

Sie wurde zum Ersatz für den Marxismus-Leninismus in den früheren Ostblockstaates. Damals im Kalten Krieg ging nichts ohne Verweis auf die rettende Ideologie, die letztlich ganz Osteuropa (und viele andere Teile der Welt) in eine grausame Tyrannis und den wirtschaftlichen Abgrund führte.

Um das Klima zu retten hat die Europäische Kommission nun (mit Unterstützung des Europäischen Parlaments) einen Green Deal ausgerufen. Tausende Milliarden an Euro sollen „investiert“ werden.

Nicht zufällig wurde wohl der Name gewählt. Er soll an den New Deal in den USA erinnern, der nach der Weltwirtschaftskrise in den 30er-Jahren des vorigen Jahrhunderts ausgerufen wurde. Zwar glauben immer noch sehr viele Menschen daran, dass dieser New Deal die USA gerettet hat (weshalb der Begriff immer noch für viele Menschen positiv besetzt ist). Tatsächlich ist aber längst nachgewiesen, dass dieser New Deal ein ökonomisches Desaster war.

Der heutige Green Deal soll nun einen völligen Umbau der europäischen Wirtschaft bringen, bis 2050 will die EU klimaneutral – was immer der Begriff bedeuten mag – sein, gleichzeitig soll er die Wirtschaft innovativer und Europa noch viel sozialer machen. Was in diesen Schlagworten schön klingt ist die planwirtschaftliche Vorgabe zur Schaffung der eierlegenden Wollmilchsau.

Von der Lissabon-Agenda zum Green Deal

In vielen Bereichen erinnert der Green Deal an die im Jahr 2000 präsentierte Lissabon-Agenda, die die EU bis 2010 zur „wettbewerbsfähigsten und dynamischsten wissensbasierten Volkswirtschaft der Welt“ machen sollte. Das gelang zwar nicht. Dafür hob man 2010 dann die „Europa 2020-Strategie“ aus der Taufe, die ähnliche Ziele verfolgte. In planwirtschaftlichen Spielen wurden Multiplikatoreneffekte suggeriert, die nie existiert haben. Würde dieser Multiplikatoreneffekt (der Staat gibt einen Euro, meist auf Schuldenbasis, aus („investiert“), das schaffe eine Wohlstandsmehrung um mehrere Euro) tatsächlich existieren, könnten sich die Staaten mit Verschuldung aus der Verschuldung herausinvestieren. Planwirtschaftliche Ansätze sind immer gescheitert.

Knallhart-Sozialist für Green Deal zuständig

Noch hält aber ein Wirtschaftssystem das auf Unternehmertum beruht, einen gewissen Wohlstand aufrecht. Die schon genannte Zombiefizierung der Wirtschaft und die gigantischen Billionenumlenkungen durch den Green Deal sind als Bedrohungsszenario jedoch nicht mehr zu übersehen. Dass mit dem Vizepräsidenten der EU-Kommission Frans Timmermans ein knallhart-Sozialist für den Green Deal verantwortlich zeichnet, darf als zusätzliche Bedrohung gewertet werden.

 Primat der Politik statt ökonomischer Vernunft

 Zusätzlich hat die EU-Kommission bereits weitere Maßnahmen angekündigt, die in den ökonomischen Abgrund führen werden. Zwar hat man im Zuge der sogenannten Euro-Rettung die Stabilitätskriterien für den Euro in einer Nacht- und Nebel-Aktion über Bord geworfen, sie blieben aber bisher bestehen, und es galt das Ziel, die EU-Staaten wieder auf diese Maastricht-Kriterien zurückzuführen. Sie betreffen vor allem die Staatsverschuldung.

Nun hat die Kommission angekündigt, demnächst einen Katalog von sogenannten „grünen Investitionen“ vorzulegen, die dann nicht mehr in die Staatsverschuldung eingerechnet werden. Damit wären die Stabilitätskriterien endgültig tot. Schulden würden per Verordnung als Nicht-Schulden definiert. Die nächste Bankenkrise wäre vorprogrammiert. Noch können EU-Kommission und Europäisches Parlament diese Pläne nicht ohne die Mitgliedsländer umsetzen.

Die Klimarettung ist aber auch in den Mitgliedsländern zum allerersten Ziel der Politik erkoren worden. Projekte wie die Umdefinition von Schulden in Nicht-Schulden für „grüne Investitionen“ finden sich auch in Regierungsprogrammen wie in Österreich (siehe eine Bewertung des Wiener Regierungsprogramms) in ähnlicher Form wieder.

Wie immer gilt es in der Politik neben den Ankündigungen die konkreten Handlungen zu bewerten. Die bisherigen Ankündigungen aus der EU-Politik (für die die Kommission als Hüterin der Verträge maßgeblich verantwortlich zeichnet) sollten aber alle vernünftigen Kräfte hellhörig werden lassen. (RK - Februar-März 2020)

POSITIV GESEHEN

Täglich für das Klima und die Biosphäre kämpfen

Wissenschaftler haben uns davor gewarnt, dass das Klima bald völlig außer Kontrolle geraten könnte und dass wir kurz davor stehen, dass ganze biologische Systeme, wie beispielsweise ein Tropenwald, zusammenbrechen. Das Gleiche gilt für das Eis in der Arktis. Es ist zu spät für brennende tropische Wälder und schmelzende Polkappen. Es kann sein, dass das ganze Klima abstürzt und wir uns bald in einem Alptraum befinden werden, aus dem es kein Aufwachen mehr geben wird. Dies gilt auch für die Biosphäre, in der viele Pflanzen- und Tierarten aussterben können, wenn ihre Vertreter weniger werden und den Punkt erreicht, an dem es kein Zurück mehr gibt.

Klima: der CO2-Abdruck

Wenden wir uns zuerst dem Klima zu. Wir haben noch ein kleines Zeitfenster von zehn Jahren, um den globalen CO2-Abdruck um die Hälfte zu reduzieren. Und dreißig Jahre, um es auf Null zu bringen! Aber das erfordert dringend massive Investitionen in saubere Energie und Beschäftigung. Europa ist dabei, eine Vorreiterrolle zu spielen. Die EU hat ein historisches grünes Abkommen verabschiedet, das eine globale Klimarevolution einleiten könnte. Aber die Befürworter fossiler Brennstoffe haben bereits wichtige Elemente dieses Plans abgekoppelt - also lassen Sie uns durch unsere Abstimmungen und groß angelegten Umfragen massive Unterstützung für das Klima in ganz Europa zeigen!
Wir müssen uns auf die Biosphäre konzentrieren und dürfen die Ökologie nicht dazu nutzen, ein Wirtschaftssystem zu stürzen, das relativ gut funktioniert, zumindest besser als die dirigistischen Systeme des 20. Jahrhunderts. Die Wirtschaft muss zum Wohle aller effizient bleiben und weiterhin auf sich ändernde klimatische Bedingungen mit Anpassungen und Reformen funktionieren. Ein wirtschaftliches "Krach" wäre eine Katastrophe für die Menschheit. Klimakatastrophen müssen vermieden werden, indem massiv in nachhaltige und umweltfreundliche Technologien und Arbeitsplätze investiert wird, damit sich die gesamte Wirtschaft allmählich von den fossilen Brennstoffen lösen kann. Deshalb könnte die Idee des Europäischen Grünen Paktes effektiv werden und uns zu einer verbindlichen, CO2-freien Zukunft, die niemand mehr verlassen wird.

Mit Europa zu beginnen ist der beste Weg, diesen Plan weltweit umzusetzen - um unsere Vision einer Welt zu verwirklichen, die auf 100% sauberer Energie basiert. Deshalb können wir die Kernenergie - trotz der damit verbundenen Risiken - nicht verlassen, so lange alternative Energien nicht den größten Teil unseres Bedarfs decken.

Plastische Verschmutzung

Bezüglich der sektoralen Maßnahmen wurde am 12. Juni letzten Jahres eine europäische Richtlinie veröffentlicht, die die Verwendung mehrerer Kunststoff-Einwegprodukte verbietet. Das Europäische Parlament hatte sie am 27. März auf Vorschlag der Kommission angenommen. Dazu gehören Kunststoffstrohhalme, Besteck und Teller, Kaffeestangen, Ballon- und Baumwollstiele, etc. Ihre Liste ist im Internet verfügbar. Die Richtlinie gilt auch für Kunststoffbehälter, die in der Küche und verwendet sowie für Fischernetze. Alle diese Kunststoffprodukte werden ab dem 3. Juli 2021 aus der Europäischen Union verbannt. Die Richtlinie legt auch fest, dass die Mitgliedstaaten bis 2029 90% der Kunststoffflaschen sammeln sollen. In der EU verkaufte Flaschen müssen bis 2025 mindestens 25 % recycelten Kunststoff und bis 2030 mindestens 30 % enthalten. Sie gilt ach für nicht biologisch abbaubare Plastikbeutel, Müllbeutel, kommerzielle Kassenbeutel, Vakuumbeutel, Werbetaschen, etc. Zu Beginn des 21. Jahrhunderts machte ihre Herstellung etwa 4% des jährlichen Ölverbrauchs aus. Diese Taschen stellen viele Umweltprobleme dar, insbesondere in der Meeresumwelt, was zu einem schrittweisen Verbot durch viele Länder führt.

Im Jahr 2015 unterzeichnete das Europäische Parlament einen Text über die massive Reduzierung von Einweg-Plastiktüten. Die Vereinbarung sieht eine schrittweise Reduzierung der Verwendung von Plastiktüten vor. Im Jahr 2019 muss jeder Mitgliedstaat seine Verwendung auf 90 Plastiktüten pro Person und Jahr und dann im Jahr 2025 auf 40 reduzieren. Die Verwendung von Plastiktüten ist innerhalb der Europäischen Union von Land zu Land sehr unterschiedlich. Die besten Schüler sind Dänemark und Finnland mit einer Verwendung von 4 Taschen pro Jahr und Einwohner. Die schlechten Schüler sind Portugal und Polen sowie die Slowakei, wo ihr Verbrauch 450 Plastiktüten pro Einwohner und Jahr beträgt. Nach Ansicht der französischen und europäischen Kunststoffindustrie hat dieses Verbot noch einen weiteren positiven Effekt, nämlich weil diese dünnen Plastiktüten seit langem zu 98% aus China importiert wurden.

Frankreich bereitet auch ein Anti-Verschwendungs-Gesetz vor, wovon eine der Schlüssel-Maßnahmen von der französischen Nationalversammlung am 13. Dezember einstimmig beschlossen wurde. In diesem Zusammenhang wird dieser Gesetzvorschlag als Grundlage für eine "Kreislaufwirtschaft" bezeichnet, d. h. eine Wirtschaft deren Produkte verlustfrei oder mit möglichst geringem Verlust recycelt werden können, um aus dem Produktionsvernichtungskreislauf herauszukommen, in dem wir noch gefangen sind. Die angenommene Maßnahme verbietet die Vernichtung von unverkauften Non-Food-Artikeln wie Hygiene- und Textilprodukte, die ab 2022 gespendet oder recycelt werden müssen. Oder für grundlegende Hygieneprodukte wie Seife, Zahnpasta oder Hygieneschutz wird die Spende an Verbände und andere Strukturen der Solidarwirtschaft sogar obligatorisch und das Recycling soll verboten werden.

Europa zum Vorbild machen

Bis 2050 der erste klimaneutrale Kontinent der Welt zu werden, das ist die größte Herausforderung und Chance unserer Zeit für Europa. Zu diesem Zweck hat die Europäische Kommission am 11. Dezember dieses Jahres den Grünen Pakt für Europa vorgelegt, ein äußerst ehrgeiziges Maßnahmenpaket, das es den Bürgern und Unternehmen der EU ermöglichen soll, von einem nachhaltigen ökologischen Wandel zu profitieren. Diese Maßnahmen werden von einem ersten Fahrplan flankiert, der aus einer Reihe von Schlüsselpolitiken besteht, von ehrgeizigen Emissionsreduzierungen bis hin zu Investitionen in fortgeschrittene Forschung und Innovation zum Schutz der natürlichen Umwelt Europas.

Unterstützt durch Investitionen in grüne Technologien, nachhaltige Lösungen und neue Unternehmen kann der Grüne Pakt für Europa eine neue Wachstumsstrategie für die EU sein. Die Beteiligung und das Engagement der Öffentlichkeit und aller interessierten Parteien ist für ihren Erfolg unerlässlich. Riesige globale Kampagnen, Anzeigen in großen Medien und Meinungsumfragen mit massiver öffentlicher Unterstützung: Die Menschen müssen endlich und überall wirksame Maßnahmen zur Bewältigung der Klimakrise fordern.

Wir sind so weit ! Anstatt uns damit zu begnügen, den Kampf um die Zukunft des Planeten oder um seine Zerstörung zu beobachten, können wir aktiv für die Erde kämpfen. Im Moment tun die Lobbyisten alles mögliche, um die Umsetzung dieses großartigen Plans zu verhindern. Lasst uns ihn verteidigen, für uns selbst, für unsere Kinder und für zukünftige Generationen. (Niels Gans – 16. Dezember 2019)

Aufruf zum Klimakampf

Wissenschaftler haben uns davor gewarnt, dass das Klima bald komplett außer Kontrolle geraten könnte.Wir stehen bald vor dem Zeitpunkt, wo biologiche Systeme, wie etwa ein Regenwald, umkippen können. Das Gleiche gilt für das Eis in der Arktis. Für die brennenden Regenwäldern bis hin zu schmelzenden Polkappen ist es zu spät.  Es könnte sein, dass das gesamte Klima kippt und wir uns bald in einem Albtraum befinden, aus dem es kein Erwachen mehr gibt.

Wir haben noch ein kleines Zeitfenster von zehn Jahren, um die globale Kohlenstoffbelastung zu halbieren. Und dreißig Jahre, um sie auf Null zu bringen! Dazu braucht es jedoch dringend massive Investitionen in saubere Energien und Arbeitsplätze. Europa steht kurz davor, eine Vorreiterrolle einzunehmen. Die EU hat am 12. Dezember 2019 einen wegweisenden "Green Deal" vorgeschlagen, der eine globale Klimarevolution einläuten könnte. Aber die Unterstützer fossiler Brennstoffe haben wichtige Elemente dieses Plans schon einmal zum Scheitern gebracht -- zeigen wir also mit unseren Stimmen und groß angelegten Umfragen unseren massiven Rückhalt in ganz Europa!

Wir müssen uns auf die Biosphäre konzentrieren und nicht die Ökologie missbrauchen, um das sonst gutfunktionierende Wirtschaftssystem auch umkippen zu lassen, wie die Marxisten-Leninisten das früher beabsichtigten. Die Wirtschaft soll zum Wohle aller leistungsfähjig bleiben und den geänderten klimatischen Bedingungen gemäss weiter arbeiten. Ein Wirtschaftskollaps wäre für die Menschheit eine Katastrophe. Die Klimakatastrophe soll verhindert werden, indem wir massiv in nachhaltige und umweltfreundliche Technologien und Arbeitsplätze investieren, damit sich die gesamte Wirtschaft von fossilen Brennstoffen allmählich loslösen kann. Deshalb könnte die Idee des europäischen Green Deal so wirkungsvoll sein: Eine verbindliche, kohlenstofffreie Zukunft, die niemand im Stich lässt.

Mit Europa zu starten ist der beste Weg, um diesen Plan weltweit auszurollen -- um unsere Vision einer Welt zu verwirklichen, die auf 100% sauberer Energie basiert. Man kann deswegen auch nicht aus der Atomenergie so schnell aussteigen. Riesige globale Kampagnen, Anzeigen in wichtigen Medien und Meinungsumfragen, die massive öffentliche Unterstützung zeigen -- so lassen wir wissen: Menschen überall fordern endlich wirksame Maßnahmen zur Bewältigung der Klimakrise.

Der Moment ist da! Anstatt nur zuzusehen, können wir aktiv für unsere Zukunft kämpfen. Im Augenblick setzen Lobbyisten alles daran, diesen großartigen Plan zu verhindern. Stehen wir auf und verteidigen dieses Vorhaben -- für uns, unsere Kinder und für kommende Generationen.

Umwelt und Ernährung

Politische Maßnahmen helfen nicht, wenn nicht jede und jede seine Lebensweise umzustellt

von Elisa Mayböck

 In einem meiner Kurse an der Universität – „Politische Ideen der Gegenwart“ – führte unser Vortragender eine kurze, spontane Abstimmung zum Themenbereich „Essgewohnheiten“ durch. Nur interessehalber, meinte er. Und interessant war das Ergebnis allemal. Die Hälfte der Studierenden gaben an, sich fleischlos zu ernähren. Die andere Hälfte sah sich angesichts dieses Abstimmungsergebnisses sogar bemüßigt ihren Fleischkonsum zu rechtfertigen. Zumindest war dies mein Eindruck. Aussagen wie „Ich esse nur einmal pro Woche Fleisch“ oder „Mir ist die Herkunft und die Qualität des Fleisches sehr wichtig“ kamen mehr als einmal vor.

Ich als Vegetarierin freute mich im ersten Moment sehr über dieses Abstimmungsergebnis. Ich sah mich in meiner Überzeugung bestätigt, dass eine fleischlose Ernährung eine relativ einfache Möglichkeit darstellt, einen schonenden Umgang mit der Umwelt und ihren Ressourcen zu praktizieren. Im zweiten Moment wurde mir jedoch bewusst, dass ein 50%-Anteil an Vegetariern natürlich keine wahrheitsgetreue Abbildung der österreichischen – und auch nicht der durchschnittlichen europäischen – Bevölkerung darstellt. In diesem Kurs waren ausschließlich weibliche Studierende im Alter zwischen 18 und 35 Jahren. Studien belegen, dass der Vegetarier-Anteil bei Frauen größer ist als bei Männern und mit höherer Bildung noch zunimmt *.  Wir Studierende in diesem Kurs waren demnach genau die Zielgruppe einer fleischlosen Ernährung und deshalb alles andere als repräsentativ.

Diese Kurseinheit führte mir wieder einmal vor Augen, dass jeder sehr in seiner eigenen Meinung "gefangen" ist und nicht über den Tellerrand blickt bzw. andere Meinungen nicht gelten lässt, obwohl dies notwendig wäre.  Meine Wirklichkeit sieht in Bezug auf Umwelt- und Klimaschutz in etwa so aus: Mir wiederstrebt es in Plastik verpackte Produkte zu kaufen. Dies geht so weit, dass ich Supermarkt-Ketten E-Mails sende, mit der Bitte sie mögen ihre Verpackungspolitik überdenken und bestenfalls auf ökologisch verträgliche Materialien umstellen. (Erstaunlicherweise erhält man auf derartige E-Mails sogar zum Teil ausführliche Antworten der Verantwortlichen.) Auch die bereits erwähnte vegetarische Ernährung und der Kauf von saisonalen und regionalen Produkten ist Teil meiner Wirklichkeit in Bezug auf eine ökologische Lebensweise. Ebenso wie das „Flight-Shaming“, also das schlechte Gewissen beim Antritt einer Flugreise, wenn eigentlich eine Reise mit der Bahn ebenso möglich wäre (wie bei meiner vor ein paar Wochen angetretenen Reise von Wien nach Rom).

Diese Aspekte mögen vielleicht für einige Menschen drastisch erscheinen, eventuell werden sie als Auswirkungen der Fridays-For-Future-Bewegung belächelt. Mir ist jedoch nicht nach Lächeln zumute, wenn ich an die Zukunft unserer Erde denke. Dies soll keinesfalls hysterisch klingen, noch will ich damit Panik verbreiten. Dies ist nichts anderes als der Schluss, der aus der überwiegenden Mehrheit wissenschaftlicher Studien und Arbeiten gezogen werden muss. Deshalb ist ein Schulterschluss aller politischen Parteien und Kräfte erforderlich, um die auf uns zukommenden Problematiken lösen zu können. Die realitätsverweigernde Leugnung eines menschenverursachten Klimawandels hat dabei einfach keinen Platz.

Politische Maßnahmen können in diesem Zusammenhang noch so sinnvoll und gut gemeint sein, sie helfen nicht, wenn nicht jede und jeder Einzelne beginnt, seine Lebensweise Schritt für Schritt umzustellen. Dies geht unausweichlich mit Verzicht einher und Verzicht ist etwas, das der gewohnheitsliebende Mensch argwöhnisch betrachtet. Mir ist sehr wohl bewusst, dass ich hier aus einer privilegierten Situation spreche: Gemüse und Obst aus dem Garten meiner Eltern, Milch und Eier vom großelterlichen Bauernhof und Brot und Gebäck vom Bio-Bäcker in meinem Heimatort decken einen Großteil meines Lebensmittelbedarfs ab. Dennoch hat jeder nach Kräften ihren bzw. seinen Beitrag zu einer umweltbewussten Zukunft zu leisten, unabhängig von politischen Ideologien und Parteienzugehörigkeit. Und wenn die Fridays-For-Future-Bewegung auch nur einen kleinen Teil der Bevölkerung aufgerüttelt und zum Tätigwerden bzw. zum Ändern umweltschädlicher Gewohnheiten gebracht hat, hat sie ihre Berechtigung und verdient es nicht, als Panikmacherei abgetan zu werden. (E.M. - 12.3.2020)

* Mensink/Barbosa/Brettschneider, Verbreitung der vegetarischen Ernährungsweise in Deutschland, in „Journal of Health Monitoring“, Robert Koch-Institut, Berlin 2016.

Verfolgung von Christen in der Welt

Im Jahr 2010 wurde sie wegen Blasphemie zum Tode verurteilt. Blasphemie, wie ihre Henker das gegenüber dieser praktizierenden christlichen Frau in Pakistan meinten. Sie verbrachte mehr als acht Jahre in der Todeszelle. 2018 nach internationalen Protesten und Kampagnen zu ihren Gunsten freigesprochen, floh Asia Bibi im vergangenen Jahr nach Kanada. Sie möchte die französische Staatsbürgerschaft erwerben, um weiterhin mit der französischen Journalistin Anne-Isabelle Tollet zusammenzuarbeiten, die zu ihrer Freilassung beigetragen hat.

Sie hat gerade ein Buch über ihre tragische Odyssee mit ihr veröffentlicht, das den Titel "Enfin libre! " trägt. Es wurde beim Verlag Éditions du Rocher in Paris veröffentlicht. Darin erzählt sie, wie sie wegen eines Glases Wasser zum Tode verurteilt wurde. In ihrem Dorf in Pakistan hatte man ihr ein Glas Wasser aus dem Brunnen angeboten und sie trank es. Die Nachbarn gingen dann zum religiösen Führer des Dorfes, um ihm zu sagen, dass sie Wasser aus eine Becher getrunken hatte, die für Muslime reserviert war.

Das hat gereicht, damit dieser Mann sie einer Beleidigung der Religion des Propheten beschuldigte. Aber natürlich war es ein Vorwand. Sie war bereits im Konflikt mit ihm und seinen Anklägern, und sie nutzten das aus, um sie zum Tode zu verurteilen. Während sie auf das Seil wartete, wurde sie in Einzelhaft gehalten. Sie hörte, wie andere Frauen, die ebenfalls Gefangene waren, sie regelmäßig beleidigten und ihre Hinrichtung forderten. Jetzt arbeitet sie zusammen mit ihrer Freundin an der Freilassung von Personen, die wegen religiöser Vergehen inhaftiert sind.

Nicht nur die Buddhisten in Tibet und die uigurischen Muslime in ihren chinesisch besetzten LÄndern  leiden unter schwerwiegenden Ungerechtigkeiten und Misshandlungen, wie in unserem Bericht über die chinesischen Konzentrationslager unten skizziert, sondern auch die Christen. Vor allem in den Ländern des Nahen und Mittleren Ostens, aber auch im Fernen Osten. Dies wird in einer kürzlich erschienenen Zeitschrift ("Nordkorea - Die Dunkelheit durchbohren ") des protestantischen Vereins "Offene Türen" (Publikationsleiter René Koning, Imprimerie Commerciale, 2, rue de l'Artisanat, 67250 Straßburg) dargelegt. In seinem Leitartikel schreibt Patrick Victor, Direktor der Portes Ouvertes en France: "Nur Gott kann Licht an den dunkelsten Ort der Welt bringen: Nordkorea“. Der Verein "Offene Türen" verteidigt verfolgte Christen auf der ganzen Welt und macht eine nützliche und wertvolle Arbeit.

 In Nordkorea gilt der Besitz einer Bibel als Verbrechen gegen den Staat. In China verbietet der Herrscher des Landes, Xi Jingping, das Evangelium nicht wirklich. Er stellt sich als Evangelist auf, schreibt das Evangelium um, und diese Fassung aus seiner Hand muss offensichtlich gelesen werden (vgl. hierunten) (MP und JPP - 4.03.2020)

Das Evangelium nach Xi Jinping

Die chinesische Diktatur unterdruckt nicht nur Muslime, die in als "Berufsausbildungszentren" getarnte "Umerziehungs"-Lager gesteckt werden, wovon man ruhig sagen kann, dass es sich um Konzentrationslager handel (vgl. Artikel in unserer französischen Fassung).  Der totalitärste  Führer Chinas seit Maos Zeiten, der chinesische Präsident Xi Jinping, will alle Religionen in seine eigene Lehre integrieren. Er will nicht nur den Koran, sondern auch die Bibel und die buddhistischen Sutren berichtigen und neu schreiben lassen, um sie "den Anforderungen des neuen Zeitalters" anzupassen.

Das "neue Zeitalter" ist eine verschlüsselte Formel, die sich auf die Herrschaft von Xi Jinping bezieht, dessen Gedanken in der Verfassung von 2018 nach einem Parteitag zu seinem Ruhm festgelegt wurden. Bei einem Treffen am 6. November 2019 haben die chinesischen Behörden die Vertreter der wichtigsten Religionen aufgefordert, die chinesischen Übersetzungen ihrer Glaubenstexte mit der neuen Lehre in Einklang zu bringen. Die offizielle Xinhua-Agentur berichtete: "Bei nicht konformen Inhalten müssen Änderungen vorgenommen und die Texte neu übersetzt werden.

Bisher hatte sich Peking seit der Gründung der Kommunistischen Volksrepublik 1949 damit begnügt, die Religionen in sogenannte "patriotische" Organisationen einzurahmen. Die Praxis des Gottesdienstes hatte damals Zuflucht in Untergrundgemeinden genommen, die so von Verfolgung betroffen waren. Aber dies ist jetzt  das erste Mal, dass der kommunistische Staat die religiösen Botschaften umwandeln und das Denken ihrer Anhänger mit dem eigenen in Einklang bringen will. Seit einiger Zeit werden rote Fahnen in Tempeln und Propagandafahnen in Moscheen aufgehängt. In Ji'an, Provinz Jiangxi, hat das Porträt von Xi Jinpig die Jungfrau Maria mit Kind in einer katholischen Kirche ersetzt.

Diese Offensive erfolgt im Anschluss an die Vereinbarung zwischen Peking und dem Vatikan im Jahr 2018, die durch die Anerkennung von sieben vom Regime ernannten Bischöfen durch den Papst gekennzeichnet ist. Diese Vereinbarung wurde von chinesischen katholischen Würdenträgern als "Verrat" bezeichnet. Wieder einmal, diesmal im Fernen Osten, zeigte Papst Franziskus seine Leichtgläubigkeit, indem er den zerstörerischen Willen seiner Gesprächspartner unterschätzte. Die Kommunistische Partei Chinas versucht, ihren Einfluss auf das Gewissen auszuweiten.  (Nach "Le Figaro" vom 23. Dezember 2019, S. 8)


Livres


Peter Garcia. « Le fils allemand inconnu ». Éditions Le Livre Actualité, 2018.ISBN 9782754308243. Traduction d’allemand en français par Jean-Paul Picaper. 305 pages, 18 €.

Ce livre est la traduction en français du livre « Franzosenbalg » (« Bâtard de Français », voir notre rubrique « Bücher ») paru en allemand en 2016 dans lequel Peter Garcia Rösler relatait sa vie d’enfant de mère allemande et de père français. Cet Allemand de Hambourg s’appelle Garcia comme son père et Rösler comme sa mère. Le nom du père est d’origine espagnole car il fit partie de ces nombreux « pieds noirs »* d’origine espagnole qui émigrèrent en Algérie française à l’époque.

Le père de Peter était un soldat des forces d’occupation française en Allemagne de l’Ouest dans l’immédiat après-guerre. Alors que de nos jours, être franco-allemand ou germano-français est considéré comme un atout, c’était en général plutôt mal vu à l’époque des deux côtés du Rhin. Visé par une francophobie et un antisémitisme latent qui n’avaient pas disparu ave l’effondrement du nazisme, Peter connut le racisme et la violence à l’intérieur et à l’extérieur de sa famille allemande. Il n’était pas un petit garçon blond aux yeux bleus, mais de type méditerranéen et cela suffisait à le faire montrer du doigt.

Face à des préjugés profondément enracinés, il n’avait personne pour le défendre sinon l’amour maternel, mais sa mère avait par amour commis « la faute » et son père avait disparu après sa démobilisation. Toutes les lettre qu’il écrivit à sa dulcinée allemande furent confisquées dans la famille et n’arrivèrent pas à la dsetinatiare. A l’âge e 14 ans, Peter apprit de quel pays son mystérieux père était originaire et qu’il avait combattu dans l’Armée française durant la Seconde Guerre mondiale, contre la Wehrmacht bien entendu. Comme trois pays, la France, l’Allemagne, l’Espagne étaient impliqués dans ses origines, cela lui compliqua la recherche de son père qui dura un quart de siècle. Au terme de cette longue quête qui nous mène dans diverses régions et pays, il retrouva son géniteur dans le Midi de la France. Sur le long chemin de la clarification de son identité, Peter Garcia s’est déplacé à l’étranger, et tombé à Londres sous l’influence d’un démagogue démoniaque, est devenu communiste mais s’est plutôt piqué en se frottant à l’ex-RDA jusqu’à ce qu'épris du Tiers Monde il explore la diversité extraordinaire mais tellement européenne de ses ancêtres.

Né à Heidelberg en Allemagne dans l’immédiat après-guerre, l’auteur a étudié l’administration des entreprises et les langues étrangères. Au long de sa vie, il a exercé des professions très variées. Après un apprentissage dans une banque, il devint libraire à Londres. Il a ensuite vendu de l’acier  et exporté des machines en Asie et en Amérique latine pour finir par devenir journaliste puis consultant pour l’Amérique latine auprès d’entreprises allemandes, de chambres de commerce et de ministères. Il a passé de longs séjours au Royaume Uni et en Colombie. Il vit à présent à Hambourg. Après ce livre autobiographique, Peter Garcia  est en train de rédiger son premier roman.

* On appelle en France « pieds noirs » les Français rapatriés d’Algérie en 1962 lors de la déclaration d’indépendance de cette ancienne colonie devenue départements français


Dans son dernier livre Entrer en stratégie, le général Vincent Desportes, s’adresse aux décideurs politiques, aux chefs d’entreprise et aux militaires pour montrer en quoi le concept de stratégie a déserté l’esprit des dirigeants actuels. Il s’est longuement confié à « Capital ».

Vous dessinez des similitudes entre le monde militaire, et ceux de l’entreprise et de la politique accaparés par le présent. Les dirigeants français ont-ils une vision trop courttermiste ? 

L’évolution du monde moderne rend difficile pour les dirigeants l’exercice de la stratégie, quel que soit leur champ d’action : leur énergie est happée par le court terme. L’interconnexion du monde, l’accélération de son évolution poussent les dirigeants vers l’immédiat qui les dévore. Ils ont du mal à prendre du recul, à penser le long terme. Or, l’histoire – l’histoire militaire en particulier – nous enseigne le caractère primordial de la stratégie ; une armée, aussi forte soit-elle, peut parfaitement aller de succès tactiques en succès tactiques… jusqu’à la défaite finale. Au Vietnam, les États-Unis ont gagné toutes les batailles jusqu’au moment où ils ont perdu la guerre et nous pouvons constater à peu près la même chose pour leurs plus récents engagement en Irak et en Afghanistan. Si une stratégie claire et saine ne vient pas ordonner et coordonner les succès ponctuels, on court à la catastrophe. Pas de doute : tant le chef d’entreprise que le responsable politique ou militaire doit avoir le courage de s’extraire de l’immédiat pour construire le temps long, s’impliquer en stratégie.

Pourquoi les dirigeants sont-ils aussi peu adeptes de la notion de stratégie que vous développez ? 

 Prenons le cas des entreprises : tout pousse à les éloigner de la stratégie, comme par exemple leur financiarisation. Elles sont de plus en plus nombreuses à être possédées par des fonds de pension qui s’intéressent bien plus au rendement de court terme, aux retours rapides sur investissement qu’à la stratégie : leur intérêt, ce sont les résultats trimestriels, de manière contradictoire avec l’idée même de stratégie qui ne peut se concevoir et se vivre que sur le long terme. Il faut aujourd’hui des convictions très fortes pour résister à la pression de l’instant. D’ailleurs, la stratégie est peu enseignée. Les écoles de commerces apprennent parfaitement les “pierres” de la stratégie – comptabilité, contrôle de gestion, marketing, communication etc.  - mais il y a très peu d’enseignements sur la théorie de la conception stratégique et son exercice. Dans tous les métiers du monde, on apprend d’abord la technique et la tactique, et c’est comme cela que l’on débute sa carrière. La formation à la conception stratégique vient beaucoup plus tard, voire pas du tout Et quand c’est le cas, les individus qui en profitent sont rares. J’ai eu personnellement la chance de diriger la seule école en France consacrée uniquement à la stratégie, l’École de guerre, qui forme les futurs généraux et amiraux. On sélectionne les meilleurs tacticiens qui ont fait leurs preuves sur le terrain (et Dieu sait qu’ils en ont l’occasion aujourd’hui avec la multiplication des conflits et des engagements militaires !), et on les transforme en stratège. Enfin, on essaye... parce que c’est très compliqué : ce n’est pas parce que vous êtes un excellent tacticien que vous possédez obligatoirement les aptitudes nécessaires au stratège !

Pour commencer à faire de la stratégie, il faut donc s’ancrer dans le temps long ?

 La stratégie naît d’un besoin, d’un désir d’avenir : elle est une nécessité émergeant d’une situation. Je rentre en stratégie car je sais ne pas pouvoir me contenter de ce que je suis aujourd’hui, sauf à accepter le dépassement puis la disparition dans un monde qui évolue constamment. Je dois  transformer mon entreprise pour la conduire vers une ambition ultérieure, un nouvel état espéré lui-même étape dans la vie stratégique de mon entreprise. Cela suppose d’avoir une vision de long terme et de bien comprendre que dans notre monde moderne extrêmement volatile, si vous restez sur place vous disparaissez.

Quels sont les premiers pièges que l’on rencontre quand on rentre en stratégie ? 

Le premier piège, c’est de considérer que l’univers stratégique peut être maîtrisé par le plan. Bien sûr, le plan est nécessaire moyens pour bâtir l’action qui conduira mon entreprise vers l’avenir que j’ai dessiné. Mais je dois aussi être sûr que mon plan, forcément imparfait, ne fonctionnera jamais idéalement et devra en permanence être adapté à la réalité des circonstances que rencontrera sa mise en œuvre. N’oublions pas que la première logique de l’univers stratégique, c’est la logique du grain de sable ! Contrairement à l’univers de la gestion, l’univers stratégique est fondamentalement interactif. Chacune de vos décisions entraîne une modification du milieu et une réaction des autres volontés libres – client, concurrents, banquiers, syndicats, actionnaires etc. - qui peuplent cet univers. Vous ne faîtes pas de la stratégie à la Vous ne faîtes pas de la stratégie à la façon de l’ingénieur qui jette un pont sur une rivière. Lui, il peut planifier son projet de manière certaine. Lui, il peut planifier son projet de manière certaine. C’est l’inverse en stratégie. L’espace stratégie réagit toujours et rarement comme vous l’espériez : la stratégie, c’est la gestion des rebonds et le ballon stratégique est … ovale ! Ainsi la première faute serait de s’accrocher à son plan, à ses décisions initiales, et ne pas comprendre que l’art stratégique est davantage celui de l’adaptation et de la réaction que celui de la décision. Il faut admettre que vous ne réussirez que par l’adaptation de votre projet à une réalité toujours nouvelle : elle évolue sans cesse d’elle-même et du fait de vos propres actions.

Cette adaptabilité sous-entend que le chef ne peut pas tout contrôler...

Parfaitement. Diriger, c’est savoir déléguer. En stratégie le rôle du chef n’est pas de poursuivre éperdument le résultat, c’est de créer les conditions, humaines et matérielles, de sa réalisation. Cela passe d’abord par la création d’espaces de liberté autour des collaborateurs pour que ceux-ci, grâce à l’initiative qui leur est donnée, puissent adapter en continu les directives reçues à la réalité. Faites confiance à vos collaborateurs, ils se responsabiliseront, s’engageront, s’épanouiront et le résultat d’ensemble sera bien plus efficace que si vous les enfermez dans un carcan de directives rigides et détaillées. Dirigez par le “Pourquoi ?”, pas par le “Comment” ! C’est ensuite, l’amélioration de la flexibilité des structures, car il ne servirait à rien de créer des espaces d’initiatives si celles-ci s’exerçaient sur des systèmes rigides.

Rajoutez-y surtout une philosophie commune, une culture partagée, un ADN propre qui permettront au chef de faire confiance, de lâcher prise pour tirer parti au mieux des talents qu’il a su rassembler et former. Lorsque tout cela est construit – finalité partagée et espaces de liberté, « esprit de corps », compétences –, le chef d’orchestre peut baisser sa baguette et laisser l’orchestre jouer seul pour donner le meilleur de lui-même.

C’était d’ailleurs la conception du commandement de l’armée allemande en 1870 et 1940 : une fois l’objectif et les moyens définis, on exige des officiers le maximum d’initiatives pour réaliser au mieux leur mission, en respectant l’esprit et en adaptant la lettre autant que de besoin. C’est comme cela que les Allemands ont triomphé d’une armée française qui commandait par le détail et ne laissait que très peu de liberté aux officiers pour pratiquer les ajustements nécessaires face aux inévitables imprévus.

Pensez-vous que ce manque d’adaptabilité mine aussi le monde politique français ?

 La difficulté du monde politique c’est qu’il est obnubilé par les élections du lendemain. Il est vrai que, si vous n’êtes pas réélu, vous avez du mal à réaliser votre vision. Mais de là à tout centrer sur le court terme : c’est exactement la faiblesse actuelle des démocraties ! À force de vivre au présent on en oublie le futur et on ne fait plus que de la tactique électorale.

La difficulté à laquelle se heurtent les hommes politiques aujourd’hui, c’est justement l’évolution de la démocratie. Nos concitoyens sont essentiellement eux-mêmes préoccupés par leur court terme et par le midi au pas de leur porte. Ils ont du mal à s’intéresser à des perspectives de long terme. Prenons l’exemple du président Emmanuel Macron qui veut réformer le système des retraites : il se heurte à une fronde car chacun des citoyens voit son intérêt personnel et immédiat … sans même penser à celui de ses enfants.

Les notions de patrie et de nation ont été suffisamment fortes pendant des siècles pour faire converger les initiatives et les engagements, pour subordonner de manière non seulement légale mais légitime les intérêts individuels à l'intérêt collectif, mais c’est fini. C’est le grand problème des pays européens : il n’y a plus de projets nationaux assez forts pour faire de la stratégie a ce niveau national, alors même que le projet européen ne fait pas suffisamment rêver pour faire converger les espoirs et les Volontés des citoyens et bâtir une vraie stratégie au niveau supranational.

« Sans Frontières – L’arbre de vie européen ». Un livre de Paneurope France. 164 pages – 5 € + 5 € frais de port. Commandes et contact : paneuropefrance.cfup@gmail.com 

 « L’Europe se disloque ». « L’Europe se désagrège ».  « Il n’y a pas d’harmonisation, chacun tire la couverture à lui ». « Les lobbies décident de tout ». « C’en est fait du rêve européen ». « L’euro n’est pas viable ». « Il nous ruine ». « On ne s’est jamais autant disputés que depuis qu’il y a l’euro ». Contre ces sottises europhobiques et ces méga-contre-vérités, souvent inspirées par des puissances qui cherchent à nous diviser pour mieux nous asservir, l’association Paneurope France publie un livre qui remet les pendules à l’heure.

L’Europe s’est immunisée peu à peu contre les soubresauts de Wall Street, les chants de sirène du Kremlin et les rodomontades de tyranneaux barbus. Elle n’a jamais été aussi soudée dans sa diversité face aux États géants émergents et aux cataclysmes prévus à l’horizon 2050. Son noyau dur franco-allemand insécable fait sa force. Sa sève lui vient de Strasbourg, de son Parlement élu par les peuples au cœur de l’UE citoyenne. Jeune planète qui s’accroche aux étoiles, l’Union Européenne est un cadeau fait à la jeunesse. Elle dit aux jeunes comment vivre sur un continent sans frontières interconnecté dont les engins spatiaux iront dans moins d’un siècle explorer d’autres galaxies.

Jean-Paul Picaper. "Ces nazis qui ont échappé à la corde". Editions de l'Archipel. Paris. 2017. 24 €. Ce livre existe aussi depuis 2018 en éditions Mon Poche à 9,80 €. www.monpoche.fr. A commander Centre France Livres SAS. Mon Poche. 14 avenue des Droits de l’Homme, 45000 Orléans.

Ce n’est pas le genre de livre que l’on écrit le lundi pour le faire paraître en fin de semaine. L’auteur, qui a déjà publié de nombreux ouvrages sur la question des criminels nazis, sans oublier tous les articles et reportages écrits pour Le Figaro, dont il a été le correspondant en Allemagne, livre un travail de longue haleine, résultat de plusieurs années de recherches. Jean-Paul Picaper fournit et commente une liste impressionnante de tous ces personnages qui, de près ou de loin (de très près souvent, plus discrètement parfois), ont participé aux multiples massacres organisés du Troisième Reich et ont échappé parfois à la condamnation de la Justice : certains – trop peu par rapport à l’ampleur de leur méfait génocidaire, l’horreur de leurs exactions et la fureur de leur complicité coupable avec le régime nazi – ont été pendus ou fusillés après leur procès ; d’autres ont préféré échapper à leur condamnation et ont choisi le suicide en pointant leur révolver sur la tempe, en croquant une ampoule de cyanure ou en ingurgitant une fiole d’acide prussique ; d’autres encore ont réussi à s’enfuir ou à se cacher, alimentant pour certains d’entre eux de stupides légendes de fantômes qui prépareraient leur retour. Et puis il y a tous ceux qui sont passés au travers des mailles du filet que le monde entier pensait avoir tressé pour tenter de mettre fin à la menace du spectre – si l’intention a bel et bien existé, surtout de la part des victimes et de ceux qui ont voué leur vie à débusquer les tortionnaires nazis jusqu’en Amérique latine ou au Proche-Orient (et même en Europe, y compris en Allemagne), elle a connu de nombreuses failles sous forme d’une discrète assistance, tant au sein d’institutions politiques que dans l’entourage d’autorités religieuses. Jean-Paul Picaper reprend dans sa vaste enquête, riche en détails et documents incontestables, les cheminements tortueux de tous ces criminels « qui ont échappé à la corde » – comme il le clame en titre de son livre – et ceux de ces multiples soutiens impertinemment imperméables aux plus simples considérations morales. Ce sont ceux qui ont favorisé la survie des criminels en les plaçant au service de gouvernements peu sensibles apparemment aux souffrances meurtrières, que ce soit les Américains soucieux de gagner la bataille naissante de la conquête spatiale ou les Soviétiques trop heureux de fragiliser la réputation d’une Allemagne de l’Ouest coupable de tous les maux aux yeux des staliniens face à une Allemagne de l’Est communiste subitement vierge de tout fardeau fasciste, comme si une frontière morale avait par miracle et sans discernement divisés en bons et méchants les Allemands de l’après-guerre, déjà condamnés à la division idéologique de leur territoire.

A la difficile question de savoir si les effroyables crimes de masse ont été véritablement punis après la guerre, l’auteur répond par une interrogation sur la personnalité des coupables : « Des gens normaux et ordinaires ? » demande Jean-Paul Picaper en titre de son dernier chapitre pour résumer son imposant travail de recherches sur la « médiocrité surdimensionnée » de ces « surhommes » qui prétendaient incarner « quelque chose de supérieur, de libérateur, d’affranchi des petitesses et du quotidien ». Pas question de réhabiliter gratuitement qui que ce soit dans ce sombre dossier de l’Histoire allemande du 20e siècle, « mais en les caricaturant, on a minimisé leur dangerosité », insiste l’auteur.

Sa conclusion : « Le nazisme comme le communisme jetteront longtemps encore une ombre sur l’image de l’homme et de sa civilisation », écrit-il. En déblayant « tout un fatras de fables et d’inepties », il ramène le Troisième Reich à sa vraie nature – un livre d’informations collectées jusqu’au fin fond des archives les plus secrètes, un livre de réflexions acquises lors de rencontres approfondies avec des témoins de premier ordre, bref un livre d’Histoire qui montre que les massacres à grande échelle, partout dans le monde, ne seront jamais punis à la hauteur des attentes de leurs victimes. Hélas. (Présentation par Gérard Foussier, auteur de nombreux livres et articles dont un "Bilan des années Merkel" et "Das deutsch(französische Wehepaar", président du Bureau International de Liaison et de Documentation, ancien rédacteur en chef de la revue Dokumente/Documents, membre du conseil d'administration de la Société des Amis de l'Institut Historique allemand de Paris (IHAP), gérant de la société Foussier media UG. Décembre 2017)

Patrick Bracker. « Approche de l’Espace paneuropéen ». BPAE.Réimprimé en 2019. A commander à : bracker.67@laposte.net. Avec une préface du général Henri Paris. 

Cette thèse du 3ème cycle sur le thème qui fait le titre de ce livre n’a pas vieilli en deux décennies. Elle recèle une grande quantité de définitions, de faits et d’explications de concepts politiques qui seront utiles aux étudiants, mais aussi nombre de tableaux et assemblages d’informations qui en font un bréviaire pour politiciens et intéressés par la politique européenne. Mais l’ouvrage a une ambition qui dépasse largement l’objectif documentaire.

En mettant dès son titre l’accent sur la Paneurope, Bracker nous oriente tout de suite sur la problématique des nouveaux rapports Est-Ouest, Russie inclue, après la guerre froide, puisque la Paneurope c’est toute l’Europe… jusqu’à l’Oural. L’objectif, comme il l’écrit dans son introduction est de formuler « quelques pistes de réflexion, voire de propositions et de projets à développer (…), afin d’aider du mieux possible une rencontre harmonieuse entre deux modèles de civilisations issus d’un monde bipolaire , lequel fut enfanté avant, pendant et après la deuxième guerre mondiale ».

Depuis la soutenance de cette thèse en 1996 devant le Centre d’études Diplomatiques et Stratégiques qui donna lieu à la première édition de cet ouvrage en 1999, on peut dire que cette problématique est restée actuelle. Aucune chirurgie cosmétique n’a pu effacer jusqu’ici les mentalités et les réalités différentes crées par près de 80 ans de totalitarisme communiste en Russie et plus de 40 ans du même système dans les pays d’Europe centrale et orientale. Jusque dans les options électorales, les réactions aux évènements majeurs comme l’immigration de masse, le chômage post-crise mondiale, etc. sont différentes entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, entre le Nord et le Sud du continent.

Psycho-histoire, sociologie humaniste, coopération et sécurité de l’espace… Le regard de l’auteur porte la trame d’une voie à suivre pour les décideurs face aux enjeux majeurs comme la survie de l’espèce. Telle est effectivement la question qui se pose aujourd’hui avec une acuité augmentée et qui émeut les jeunes générations comme jamais auparavant. Nous savons aujourd’hui que l’humanité et sa planète la Terre sont mortelles et que dans cette roulette russe, le climat ou les denrées alimentaires, la santé et la démographie, ne sont pas seules en jeu, mais que les politiques peuvent peser lourd et faire pencher la balance dans le mauvais comme dans le bon sens. Telle est la leçon de cet ouvrage pour les jeunes générations arrivant sur le marché européen, pardon, paneuropéen.

Fractures et rapprochements, guerre ou paix, croissance ou régression, géopolitique d’autant ou géographie humaine ? Quels choix pour quels enjeux ? Quelles perspectives pour l’évolution européenne ? Nous ne faisons plus attention à ce qui se passe autour de nous et personne ne se demande plus pourquoi l’union des Etats européens est vitale et décisive. Ce livre nous le dit.

On ne manquera pas de lire la préface du général Paris qui sur une seule page dit tout ce qui est géopolitiquement décisif aujourd’hui avec une précision étonnante. Ce militaire pensant sait sur tous les sujets trouver le mot juste dans la phrase lapidaire et éclairante. (JPP - déc. 2019)

« Accrochons nous aux étoiles. L’Europe hier, aujourd’hui, demain ». Un livre de Paneurope France - CFUP . 2019. Ed. Jérôme-Do Bentzinger. Colmar et Strasbourg. 24 €

L’Europe se disloque… ». « L’Europe se désagrège… ». « C’en est fait du rêve européen… ». « L’euro n’est pas viable… ».

Tels sont les vents mauvais soufflés sur notre continent par des faiseurs de panique imbus de leur personne, des lanceurs de fausses alertes et de cauchemars souvent inspirés par des puissances étrangères qui cherchent à nous diviser pour mieux nous asservir.

L’Union Européenne n’est ni un rêve ni une vision. C’est une réalité, une jeune pousse enracinée dans ses conventions et traités récents de 1992, 1995, 1999 et 2007, qui s’immunise contre les malaises contagieux du dollar et les chants de sirène du Kremlin. Elle n’a jamais été aussi soudée dans sa diversité face aux géants qui la menacent et aux cataclysmes planétaires visibles à l’horizon 2050. Son noyau dur franco-allemand reste insécable.

Les europhobes élus au Parlement Européen prétendent éroder de l’intérieur ce qu’ils ne peuvent plus casser de l’extérieur. Ces éternels belligérants retardent d’un siècle. En 1922-26, l’Union Paneuropéenne Internationale traçait les plans de l’UE actuelle. Sa filiale Paneurope France veut contribuer avec ce livre à durcir les défenses du triangle européen des trois pouvoirs, Strasbourg, Bruxelles et Luxembourg. Mais la tragi-comédie du Brexit elle-même ne fait pas d’imitateurs. Et pour cause. Les États membres d’Europe centrale et orientale font bande à part, mais pas sécession. Ils signalent aux Occidentaux que l’Europe, nation des nations, a une âme et une identité qu’ils ont, eux, reconquises.

Enfin, en l’an 2000, passée quasi-inaperçue, la diffusion simultanée de l’euro et d’internet a singularisé l’Europe. Ce livre est le premier à signaler cette coïncidence qui a boosté l’UE et forgé une Europe des jeunes.

Le livre peut être commandé chez l’éditeur Jérôme-Do Bentzinger, 8 rue Roesselmann, 68000 Colmar, Tel. : 03.89.24.19.74 - mail: jerome-do.bentzinger-editeur@wanadoo.fr ou acheté chez le même éditeur, 27 rue du Fossé des Tanneurs, 67000 Strasbourg.

Anna Gichkina. Eugène-Melchior de Vogüé ou comment la Russie pourrait sauver la France. Entretien avec Claire Bommelaer. Ed. L’Harmattan. Biographies. Série XIXème siècle. 2018. 393 pages. 39 €. 

Le livre consacré par l’historienne de la littérature Anna Gichkina à Eugène-Melchior de Vogüé (1848-1910), remet à l’honneur un grand Français dont la famille fait de nos jours encore parler d’elle, notamment par son goût des grandes et belles œuvres. A preuve, un tout récent article du « Figaro » consacré à la remise en état du célèbre château de Vaux le Vicomte par son propriétaire, Patrice de Vogüé, et son épouse Cristina.[1] Et ce n’est pas le seul homme de qualité sorti du giron de ce très ancien clan de la noblesse du Vivarais et de l’Ardèche mentionné dans les chroniques dès 1084. Un autre personnage illustre avait été Melchior de Vogüé (1829-1916), archéologue et diplomate et cousin de celui dont parle ce livre. La vie d’Eugène-Melchior fut plus brève que celle de son cousin, mais elle fut bien remplie. Anna Gichkina a donc été bien inspirée de rappeler son œuvre majeure « Le roman russe » publiée le 4 juin 1886 chez Plon Nourrit et Cie, rue Garancière à Paris.

Pas seulement parce que l’auteure du livre est une Russe qui a choisi d’obtenir un doctorat en Sorbonne et de vivre en France, mais aussi parce qu’il était sans doute temps de ranimer un lien entre nos deux pays vivace à l’époque de de Vogüé, mais qui s’est considérablement étiolé depuis la Première Guerre mondiale et plus encore après la Seconde, déficience à laquelle Anna Gichkina cherche à remédier avec le Cercle du Bon Sens, un club politico-culturel russophile qu’elle a créé en Alsace où elle réside. On peut le dire tout de suite : comme à l’époque d’Eugène-Melchior de Vogüé, il ne s’agit pas seulement de guider des Français vers la culture russe, mais d’introduire en France dans la pensée politique et culturelle une tonalité russe. C’est pour l’auteure de ce livre majeur un projet titanesque à mener avec de tous petits moyens car la relation franco-russe s’est malheureusement brisée sur quatre-vingt-trois ans de communisme soviétique.

Faute de pouvoir se réaliser politiquement, que cette mission s’exprime au moins culturellement. On conçoit que L’auteure adore la France et sa culture, cela se voit à toutes les pages que pour elle la découverte de la culture française a été la même illumination que fut pour de Vogüé celle de la littérature russe. Anna Gichkina rêve de ressusciter le mariage culturel Paris-Saint Petersbourg devenu Paris-Moscou et on ne lui en fera pas reproche. Bien au contraire. Eriger un monument de 393 pages à un homme qui fut un pilier de cette bonne entente révèle une nostalgie, une aspiration, c’est comme de faire un vœu. De Vogué fut le reflet de son époque et contribua à la façonner. Comme il avait compris la Russie comme peu d’autres gens, se pencher sur son œuvre nous rappelle aujourd’hui qu’il a existé avant la chute dans le bolchevisme une « autre Russie » que celle de la Cinquième colonne et de la Guerre froide. Une Russie loin de l’Archipel du Goulag et des purges staliniennes, une Russie où Alexandre Soljenitsyne, de Boris Pasternak et  Andreï Sakharov, pour ne pas parler de Victor-Andreïevitch Kravchenko, dont les mérites et le courage furent certes immenses et sont dignes d’imitation, une Russie d’avant le martyre, d’avant la guerre et la mort lente des camps et les exécutions sommaires à la Loubianka. Une Russie oubliée que Mme Gichkina nous apporte avec son ouvrage, en d’autres termes la Russie qu’Eugène-Melchior de Vogüé avait fait découvrir à la France et qui peut-être renaîtra de ses cendres.

Cette Russie qui date d’Eugène-Melchior de Vogüé ne se comprend que si l’on connait l’homme qui la découvrit peu à peu, entre 1882 et 1886, d’abord par l’art puis par la littérature. Après de solides études secondaires et des lectures approfondies, ce fils de l’aristocratie commença une carrière éphémère de député, puis il participa comme militaire à la guerre de 1870 qui lui infligea la mort de son frère, le Saint-Cyrien Henri de Vogüé, tombé à ses côtés, une perte qui le laissa inconsolable. Mais c’est en 1871 que commence sa vie de diplomate. Elle le mènera à Saint Petersbourg en passant par l’Italie et l’Egypte. C’est en quelque sorte, un autre engagement volontaire après celui de la guerre perdue. L’idéaliste qu’il était avait résolu de participer à la renaissance de la France et de la tirer de l’ornière. Or la Russie était avant même la Grande-Bretagne une sincère alliée de son pays. Nos compatriotes de la fin du XIXème siècle baignaient dans une russophilie ambiante difficile à imaginer aujourd’hui après que le le XXème siècle nous ait coupés de Moscou. Aussi peut-on dire que l’époque évoquée dans ce livre fut à cet égard aussi une Belle époque.

Mais ce ne furent pas seulement les circonstances historico-politiques qui motivèrent E.-M. de Vogüé. Ce serait lui faire insulte que de ne pas voir qu’il était d’un côté profondément enraciné dans l’évolution littéraire et intellectuelle de la France et que, de l’autre, il participait à une ouverture à l’étranger qui rendit du tonus à la France de son temps. Ainsi un faisceau de facteurs lui ont-ils ouvert l’esprit à ce qu’il a découvert à l’Est de notre continent. Et la découverte fut pour lui si sensationnelle, si bouleversante qu’il voulut la faire partager en écrivant son livre de voyages spirituels à travers la pensée et la littérature russes. Les deux clés de l'ouvrage d’Anna Gichkina qui se consacre au rapprochement difficile de sa patrie d’origine et de la France actuelle qui lui semble un peu déboussolée, se trouvent, l’une, à la page 36 de l’ouvrage, où l’auteure relate les origines et la vie du Vicomte de Vogüé, et l’autre, à la page 143 où elle définit la littérature russe et les relations franco-russes à l’époque de son grand homme à la vocation manquée car de Vogüé aurait voulu être écrivain lui-même.

Elle cerne la case de départ de ce grand amateur de romans par ces mots: « Vogüé est à l’époque un enfant timide, réservé, mais passionné. Sous une apparence réservée et posée se cache une nature bouillonnante. Ce contraste entre les aspirations d’une jeune nature exaltée et les conditions de la vie familiale qui le contraignent sans cesse explique un tempérament dual du vicomte une profonde et mélancolique gravité s’unit en lui à la plus vibrante puissance de l’enthousiasme ». Cette enfance sévère, cette jeunesse isolée développe en lui un penchant inné à la mélancolie, sentiment « inséparable de tout esprit qui va loin et de tout cœur qui est profond ». Ailleurs, Anna Gichkina écrit que Vogüé « a toujours vécu entre la poésie et le rêve ». Son coup de chance fut donc de trouver en Russie où il séjourna en tant que diplomate français le filon littéraire qui lui convenait et qu’il ne trouvait pas ou pas encore en France. L’auteure déduit de son caractère imaginatif que « la tristesse du Vicomte expliquera en partie, sa passion pour la culture russe dont un des traits principaux est la mélancolie qui se traduit dans (les) plaisirs et les chansons (du peuple russe) ». Sans oublier la littérature de ce pays où « tout à coup, et sans avoir aperçu la crue, on se trouve perdu sur un lac profond, submergé par cette mélancolie qui monte ».

Bref ce fut un coup de foudre sur un terrain prédisposé. Il n’aurait pu en être autrement. On peut dire que la littérature russe fut pour de Vogüé une évasion dans un univers où il avait retrouvé son « moi ». Il y trouvait le sentiment, le cœur. A un niveau quasi-métaphysique. Il est évident qu’en France, le roman réaliste à la manière de Flaubert qui a marqué la seconde moitié du XIXème siècle et, pire, le roman naturaliste à la Zola dans les années de défaite 1870, ne pouvaient le satisfaire s’il était fidèle à lui-même. Et il l’a été. Le naturalisme, pendant en littérature du positivisme en matière scientifique, n’était pas de la littérature telle qu’il l’entendait. C’était de la prose froide et sans émotions, dénué d’empathie de l’auteur avec les héros traités comme des insectes épinglés sur une planche. Aussi ce livre qu’il publia en 1886 sous le simple titre « Le roman russe » était-il indirectement un manifeste antinaturaliste. Son livre coïncide d’ailleurs avec la parution la même année du manifeste de la nouvelle école symboliste publié par Jean Moréas dans « Le Figaro ».

E.-M. de Vogüé  n’était surtout pas un esprit terre-à-terre. Il n’était certes pas un romantique, l’époque était révolue, mais un savant inspiré qui voulait élargir son horizon. Comme l’écrit très simplement l’auteure : « C’était une personnalité ». En 1889, quand il entre à l’Académie française, ceux qui le reçoivent soulignent son ambigüité, sa « dualité », écrit Anna Gichkina, un homme de tradition et de progrès, un homme d’autrefois mais tout ouïe pour les « clartés encore douteuses », les « rumeurs à peine perceptibles » des temps nouveaux. A une France désespérément pessimiste et « schopenhauerienne », ce grand mélancolique cherchera à inoculer l’optimisme. Et il les trouve dans le christianisme et la spiritualtié humniste qui imprègnent la littérature russe. Son désir de rendre la France plus humaine et plus spirituelle ne fut pas partagé par tous à l’époque. Il se heurta à de vives résistances et rencontrera pas que des échos positifs. Ainsi Rainer Maria Rilke passa à coté de lui sans le comprendre. Et il passa, lui, à côté de Dostoeïevski sans déceler sa profondeur, n’y voyant que « trouble » et « obstination ».

Il est évident qu’un homme perché sur un pont entre deux cultures ne pouvait être compris que par une auteure qui est elle-même une Russe devenue française, sur deux langues, deux nations, deux idées. Peut-être fait elle une mixture à sa façon, disons le vulgairement, un entremet franco-russe. Mais après tout n’est ce pas l’Europe ? Les mélanges les plus disparates sont peut-être les plus fertiles à condition d’utiliser les mêmes épices. L’avenir nous dira la culture français et la culture russe sont compatibles. Ce n’est pas sûr, mais l’expérience en vaut la peine et ce livre peut servir de fil conducteur.

Une remarque sur la forme : quand on  pense qu’Anna Gichkina est russe, native d’Arkhangelsk dans le Grand Nord et ayant grandi là-bas, sinon là-haut, on est sidéré par la fluidité de son écriture et la variété de son vocabulaire. Cet ouvrage, soulignons-le, n’est pas traduit du russe. Il été écrit directement en français sous forme de thèse de littérature comparée. Cette richesse du vocabulaire n’a dégale que la richesse du contenu. Ce n’est pas seulement une promenade à travers la littérature russe, mais aussi tout au long de la littérature française et sa réception par l’lintelligentsia française de la fin du XIXème siècle. Cette richesse est est telle qu’on en peut ici en aborder toutes les facettes mais se contenter de recommander la lecture de ce livre qui sera d’ailleurs représenté par son auteure à la Librairie Kleber de Strsbourg le 19 mai 2008.

Le monde connait aujourd’hui une autre configuration et bien des choses ont changé Depuis l’époque d’Eugène-Melchior de Vogüé encore que la Russie se dise éternelle, comme d’ailleurs la France. Toujours est-il que l’environnement politique s’est modifié. A l’époque de de Vogüé, l’Allemagne était l’ennemi héréditaire de la France et l’alliance avec la Russie monarchique (et avec la monarchie britannique) contrebalançait ce risque. Depuis 1950, depuis la réconciliation initiée par Robert Schuman et Konrad Adenauer et ancrée dans le Traité de l’Elysée par Charles de Gaulle, l’Allemagne est devenue la meilleure alliée de la France, à proprement parler un pays-frère. Le poids du duo franco-allemand est très supérieur politiquement, économiquement, démographiquement et géopolitiquement à celui de la Fédération de Russie. En d’autres termes nous pouvons très bien vivre sans la Russie. Mais à l’intérieur de la France actuelle, on peut relever des similitudes avec celle de de Vogüé. Deux tendances contradictoires, un égoïsme collectif et un individualisme forcené, modèlent le climat de notre pays en ce début de XXIème siècle, comme le prouvent des mouvements sociaux extrêmes ainsi qu’une passivité proverbiale face aux dangers qui nous menacent et que l’on s’efforce d’escamoter. La France étriquée d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler celle, diminuée par la défaite de 1870, du début de la IIIème République, il y a près de cent-cinquante ans. Et c’est ce qui motive le sous-titre du livre d'Anna Gichkina lequel nous suggère que la Russie, ou l’esprit russe pourraient « sauver la France ». 

Mais voulons-nous être sauvés par la Russie ? En 1918, les Etats-Unis d’Amérique nous avaient sauvés de l’emprise allemande. L’Armée soviétique et l’industrie américaine nous ont sauvés du nazisme en 1945. Peut-être en avons-nous assez d’être sauvés par des gens qui nous veulent du Bien. Car cela crée des dépendances. Notre atout est pour le moment la coopération renforcée en Europe occidentale que Moscou semble gravement sous-estimer, sauf pour la miner insidieusement. A voir la Russie d’aujourd’hui, on serait plutôt tenté de penser que la France peut la sauver et non l’inverse, en dépit du titre donné par l’auteure à son livre. Mais comment l’oser alors que la Russie, puissance surtout militaire, défie la petite Europe qui la jouxte à l’Ouest. Aussi serions-nous mal inspirés à lui donner des leçons de politique, même si elle n’est, selon un mot galvaudé qu’une « puissance pauvre ».

Pourtant, il faudra bien que la Russie devienne plus européenne et moins asiatique si elle veut nous convaincre. Pourquoi Vladimir Poutine ne mettrait-il pas l’accent sur le premier élément plutôt que sur le second de son projet d’« Eurasie » ? Après tout, c'est ce que la Russie a toujours voulu : revenir à l’Ouest, s’y faire accepter. Il faudra bien qu’elle se décide un jour à être européenne. On ne lui demande que de changer un peu, car ce n’est qu’en se changeant soi-même qu’on peut changer les autres et qu’en se sauvant soi-même qu’on peut sauver autrui.

La question reste ouverte : de Vogüé a-t-il plus fait pour familiariser les Français avec la littérature russe que pour faire évoluer les Lettres en France ? Cherchait-il à insuffler à la France une nouvelle vitalité ? La réponse est évidente : tel était son but. La culture russe qu’il a aimée passionnément à titre personnel, n’était pour lui en tant que Français qu’un moyen pour régénérer la France. A son avis, la Russie apportait à la France ce qui lui manquait, à savoir des idéaux, une inspiration transcendante, quasi-divine et non-matérialiste. Il a voulu changer la France en actionnant le levier de la littérature russe. Son livre se situe à une césure de l’évolution intellectuelle de notre pays à son époque. Mais politiquement, ce fut un échec parce que la fausse sécurité que nous  insufflait l’alliance avec le Tsar et l’Entente cordiale avec la Grande-Bretagne ont contribué à nous mener à la Guerre de 1914-1918 dont on avait sous-estimé les effets dévastateurs à court et à long terme.  (JPP)

Hela Ouardi. « Les derniers jours de Muhammad ». Ed. Albin Michel. Paris. Nov. 2017.

Nous sommes nombreux, parmi les chrétiens intègres, à avoir lu le Coran mieux que le pape et mieux que les évêques « de progrès », surtout si nous avons eu en mains les témoignages qu’en a donnés Madame Héla Ouardi, universitaire Tunisienne, dans son livre mentionné ci-devant. Or, nous n’y avons pas trouvé comme eux un message de Paix et d’amour ! Cette auteure nous donne quelques détails de la vie de Mahomet qui permettent de comprendre quelles méthodes inspiraient le « prophète » des musulmans et quel fut le background du Livre des musulmans.

Par exemple, lorsque les Bédouins Urayna eurent volé son troupeau, le prophète leur fit couper les pieds et les mains, crever les yeux, et les exposa en plein soleil afin d’augmenter les affres de leur agonie. Mais il n’est pas dit qu’en l’occurrence l’archange Gabriel fut l’inspirateur ! Ces détails, et d’autres témoignages aussi probants de la miséricorde d’Allah, sont rapportés dans cet ouvrage dont les éléments de recherche paraissent considérables. Sans porter le moindre jugement sur l’inspiration que disait avoir le « Prophète », l’ouvrage le ramène à la dimension d’un homme assez talentueux pour fabriquer son message suivant les nécessités de l’instant avec un sens certain de la formule.

On est à Médine en juin 632. Sous le soleil accablant de l'Arabie, le temps semble s'être arrêté : le prophète de l'islam a rendu son dernier souffle. Tel est le point de départ. Autour de lui, les fidèles de la nouvelle religion tremblent à l'idée de la Fin du monde. Quelle est cette étrange maladie qui l'a terrassé ? Et pourquoi l'enterrement n'a-t-il pas lieu ... Au fil de son récit au jour le jour de l'événement le plus mystérieux dans l'histoire de l'islam, Hela Ouardi, universitaire tunisienne, explore et confronte les sources sunnites et shiites les plus anciennes. Celles-ci nous révèlent un autre visage du prophète : un homme menacé de toutes parts, affaibli par les rivalités internes et par les ennemis nés de ses conquêtes.

C’est en effet cet aspect que souligne spécialement avec un grand réalisme l’auteure de cette biographie, car, selon elle et à bon escient, Mohamet ne fut point l’impavide conquérant que veut la légende. Ses défaites contre les Byzantins furent cuisantes. Il ne se voulut prophète que pour un proche avenir qu’il voyait apocalyptique et l’ouvrage cite à l’appui cette parole de Mahomet avant sa mort : « Par celui qui tient mon âme en sa main, la descente de Jésus (Îssa), fils de Marie, est imminente ! ». C’est dire qu’il n’avait nullement prévu l’expansion que ses héritiers allaient donner à l’Islam.

Cette croyance d’une proche apocalypse avait été celle des apôtres après la résurrection de Jésus. Mais alors que l’Eglise jusqu'à Constantin allait s’étendre par le sang de ses martyrs, c’est uniquement par le cimeterre que les Califes prétendirent poursuivre l’oeuvre de Mahomet. Et ce qui donne la mesure de ce que fut l’Islamisme, c’est que sur les 4 premiers califes, 3 devaient être assassinés par leurs compétiteurs ! En vérité, l’islamisme ne fut rien de plus qu’une sanglante compétition pour le pouvoir !-

L’islamisme contemporain tient son audience du projet matérialiste des sectes occidentales, qui ont fait de la lutte contre le christianisme leur premier objectif. Dans ce projet, l’Islam a été pensé par la maçonnerie comme un outil susceptible d’arrêter l’expansion missionnaire de l’Eglise. Et que l’objectif maçonnique se soit trouvé exactement conjoint avec l’impérialisme financier des Yankees, donne la clé du désordre actuel, que les brutales initiatives du président Américain ne peuvent qu’aggraver !

S’il existe quelques sursauts de bon sens national dans les Etats européens de l’Est, il n’existe pas un gouvernement en Europe Occidentale et Scandinavie qui ne soit complice du plan d’invasion qui devrait anéantir la particularité du vieux continent. Et le Vatican vient d’ajouter une touche suicidaire à la situation, en osant comparer le déplacement prévu par la loi de Marie et Joseph vers Bethléem à l’installation sans retour sur notre sol d’une masse considérable d’étrangers dont beaucoup se sont refusés à exposer leur vie pour défendre leur patrie ! Evoquant la population française de son époque, Anatole France disait : « Si 40 millions de Français disent une bêtise, c’est quand même une bêtise ! ». Moi je ne pense pas qu’il soit hérétique de penser que quand le Pape dit une bêtise, c’est quand même une bêtise !

Une réécriture s’impose.

L’Islam a toujours été un monde divisé par les prétentions de ses potentats, mais ces divisions ne remettaient pas en cause l’idéal islamique de domination par le pillage et l’esclavage et par la sujétion des femmes. Aujourd’hui, les quelques lignes de rupture qui apparaissent sont différentes et traduisent le souci de sortir d’un dogmatisme totalement obsolète. Ainsi par exemple, certains intellectuels arabes de qualité, comme le Marocain Reda Benkirane, sociologue et chercheur à l’institut des hautes Etudes, soutient une promotion religieuse qui passerait par l’ouverture sur les sciences. Cela me paraît incompatible avec la Charia, mais soit, le projet est louable.

En fait, le débat lui-même ne peut provoquer qu’un choc salutaire parmi des croyants, dont quantité, encore soumis à une certaine habitude plus qu’à la conviction, refusent en esprit les directives criminelles du Livre sacré. Et de plus en plus nombreux sont les musulmans qui, de mon ami Farid Smahi al Salem ben Amar, sont en état de réflexion et même d’indignation. On peut par ailleurs se rendre compte qu’ayant accédé à des études convenables, quantité de femmes arabes osent revendiquer leur liberté avec un très grand courage. A mon sens, mais évidemment, c’est un chrétien qui croit aux « signes » qui écrit que ce n’est point par hasard que Notre-Dame voulut apparaître au lieu de Fatima, nom évocateur s’il en est !

De fait, si un certain nombre de musulmans répugne à la violence islamique, leurs sentiments aujourd’hui peuvent trouver des arguments dans une histoire mieux connue. Hela Ouardi écrit : « Il n’existe pas le moindre document, la moindre trace concrète qui soit contemporaine de l’époque du Prophète. » C’est dire que les légendes qui ont entouré la figure de Mahomet, se soumirent à la nécessité qu’auront les Califes de légitimer leurs fantaisies par de nouvelles sourates. C’est ainsi que le visage du prophète sera multiple. Tantôt, on le présentera sous les traits d’un père de famille, bon, modeste et affectueux ou bien sous celui d’un potentat féroce, faisant par exemple torturer à mort le Juif Kinana pour l’obliger à révéler la cache de ses richesses, exterminant des tribus entières avec pour seul argument le célèbre « ôte-toi que je m’y mette ! », trouvant des arguments coraniques pour justifier sa copulation avec la femme de son fils adoptif et autres joyeuseté du genre. A tel point qu’il existe aussi une tendance « radicale », laquelle, devant une telle confusion, en arrive à douter de l’existence même du Prophète !

Mais il est probablement une étape qui pourrait être radicale pour expliquer l’islam et dont nous n’avons que de très faibles indices. Ce serait l’influence qu’aurait eu sur la première femme de Mahomet, la riche Khadîja, le Moine Nestorien Bahira. Or, c’était l’époque où Mahomet n’avait pas encore été enseigné par l’archange Gabriel. Il est possible que l’hérésie nestorienne qui refusait à Marie le titre de « Mère de Dieu », se soit traduite, dans l’esprit de Mahomet, comme la négation de la divinité du Christ ! Mais nous n’en savons rien.

Au dernier chapitre de son ouvrage après avoir démontré que les relations très contradictoires sur le prophète, mort intestat, prouvaient bien que l’Islam s’était beaucoup plus constitué sur la volonté de pouvoir des Califes, que sur un texte formel, Hela Ouardi peut écrire :

« Les découvertes épigraphiques dont sur le point de bouleverser notre approche de l’histoire et de l’Islam, non seulement s’agissant de la perception que les premières générations musulmanes avaient du prophète, mais aussi par ce qui est des principes fondateurs de la religion comme la Shabadâ, dont on a trouvé des formules antérieures différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui. Les fouilles archéologiques, ainsi que l’études des documents non musulmans contemporains de l’avènement de l’Islam sont en train d’introduire actuellement une véritable « révolution copernicienne », dans la connaissance de l’Islam primitif. Une réécriture de l’histoire est en marche ! »

Il est possible que cette réécriture soit plus rapide que celle que nous pensions pouvoir espérer. A noter qu’un groupe d’anciens musulmans convertis au christianisme vient d’adresser au pape la lettre protestataire qu’il méritait. Pour les seuls amis qui me restent dans cette optique, je ne ferai pas d’autres vœux de résistance, car l’évolution est réelle, et elle me parait s’inscrire dans la promesse formelle de l’apôtre : « La vérité vous délivrera ! ». (Présentation par Alexis Arette, 31 décembre 2017).

 Jean-Paul Picaper. « Les Louves du Gévaudan ». Jérôme Do Bentzinger Editeur à Colmar et Strasbourg. Juin 2017. 300 pages. 23 €.

Au XVIème siècle, de 1562 à 1598, la France fut endeuillée par le carnage suicidaire des guerres de religion. Pas celle des Camisards bien connue, mais celles qui eurent lieu un siècle plus tôt. Le Gévaudan, actuel département de la Lozère, connut alors l’épisode le plus meurtrier de son histoire. A cela s’ajouta un froid mortel, confirmé par les climatologues contemporains avec un pic en 1586, l’année de la prise du château de Peyre par le duc de Joyeuse, émissaire du roi. C’est cette année-là, dans ce pays glacé habité par l’aigle et le loup, que les héros et héroïnes de ce roman, vrais et fictifs, s’associèrent à des personnages historiques pour braver l’envahisseur. Mais l’un d’eux s’était trompé d’époque…

Sur une toile de fond authentique, l’auteur nous entraine de cette « guerre froide en Gévaudan » jusqu’aux confins de la Gironde où la « bataille de Coutras » menée par le futur roi de France, fait rage. C’est un grand roman de guerre et d’amour qui nous transpose comme son héros dans une lointaine époque, au cœur d’une France trop souvent oubliée où il n’était pas toujours facile de vivre. Jean-Paul Picaper, écrivain et journaliste, auteur de nombreux livres d’histoire et de politique, met en pratique avec ce roman une nouvelle méthode d’initiation à l’histoire. En nous identifiant aux personnages de fiction, si réels pourtant, il nous la fait vivre, au contact des faits et réalités.

Ce livre est un grand roman de guerre et d’amour qui nous transpose dans une lointaine époque, au cœur d’une ancienne France où il n’était pas toujours facile de vivre. L’auteur a inventé avec ce roman une nouvelle méthode d’initiation à l’histoire. En nous identifiant aux personnages de fiction, si réels pourtant, il nous la fait vivre, au contact des faits et réalités.Le sujet est la destruction d’un empire régional du Midi à la fin du Moyen-Âge autour d’un château-fort disparu et du massacre de Marvejols, l’Oradour du XVIème siècle. N’est-il pas curieux que, simulatnément, la chute des températures en ce siècle-là soit tombée pendant quarante ans, à partir de 1560, au même moment que ces guerres de religions?

Il y a fort à parier que la misère engendrée par cet épisode glacial ait poussé les gens à se rallier à une nouvelle religion huguenote qui leur semblait plus proche de leur Dieu que la vieille religion catholique et papale dont les dérives, à l’époque, leur paraissaient attirer sur les hommes la malédiction de l’Éternel. Il était temps que l’on parle enfin de la destruction d’un empire régional du Midi à la fin du Moyen-Âge autour d’un château-fort disparu et du massacre de Marvejols, l’Oradour du XVIème siècle. Et n’est-il pas curieux que la chute des températures en ce siècle-là soit tombée pendant quarante ans au même moment que ces guerres de religions, à partir de 1560 ? Il y a fort à parier que la misère engendrée par cet épisode glacial ait poussé les gens à se rallier à une nouvelle religion huguenote qui leur semblait plus proche de leur Dieu que la vieille religion catholique et papale dont les dérives, à l’époque, leur paraissaient attirer sur les hommes la malédiction de l’Éternel.

Le livre peut être commandé chez l’éditeur Jerome-Do Bentzinger, 8 rue Roesselmann, 68000 Colmar, Tel. : 03.89.24.19.74 - mail: jerome-do.bentzinger-editeur@wanadoo.fr et acheté chez le même éditeur, 27 rue du Fossé des Tanneurs, 67000 Strasbourg.

Bücher


Martine Lombard.  "Wir schenken uns nichts"
Roman, Mitteldeutscher Verlag 2019

„Wenn sich eine Tür schließt …“
Johanna hat alles im Griff. Eigentlich. Erfolgreich im Beruf – fernab ihrer Heimatstadt Dresden – scheinen ihr die Türen offen zu stehen, zudem ist sie glücklich verheiratet mit einem Mann, der sie anscheinend perfekt ergänzt. Doch als Johanna erfährt, dass ihre jüngere Schwester Alma nun mit ihrem Jugendfreund Felix zusammen ist und ihr in der DDR absolviertes Kunststudium auf Schiebung beruhte, gerät ihr Leben nach und nach aus den Fugen. Beherrscht von Eifersucht, Missgunst, Partnerproblemen, Verzweiflung und Angst verausgabt sie sich beruflich wie privat an der falschen Front.

Martine Lombard erzählt von Geschlechterkampf und weiblicher Konkurrenz in einer männerdominierten Arbeitswelt, von der Macht der Familienbande und davon, wie die Vergangenheit die Gegenwart bestimmt.

 304 S. - ISBN 978-3-96311-126-6 - Verkaufspreis: 16,00 €

Leseprobe

https://www.youtube.com/watch?v=oB__l1fYrKw

 Pressestimmen

„Ein Buch für Leser*innen, die sich auch an ungewöhnliche, andersartige oder auch ungewohnte Geschichten wagen wollen.“ Monika Abbas, monerl.de

„Mit präzisen Beschreibungen, getragen von einer elementaren Kälte folgt Martine Lombard ihrer Heldin durch alle Untiefen ihres sich selbstverzehrenden Charakters.“ Thomas Podhostnik, Textmanufaktur

„Bei allem Realismus scheint eine abgründige Tradition durch, die an E. T. A. Hoffmann erinnert.“ Gundula Sell, Sächsische Zeitung

„Die Autorin erstellt ein scharf gezeichnetes Bild der immer noch unterschiedlichen Vorstellungen in Ost und West.“ ekz Informationsdienst

„Ein Roman, der mit Mut geschrieben wurde. Die Ereignisse greifen ineinander, so dass eine Vielschichtigkeit entsteht, die eine auf den ersten Blick einfache Geschichte tiefsinnig werden lässt. Ich finde es besonders gelungen wie die Protagonistin gleichzeitig aufgebaut und demontiert wird und wie sie trotz aller „Falschspielerei“ nicht die Sympathie des Lesers verliert.“ Nora Spiegel, Autorin

Autorin

https://www.literaturport.de/Martine.Lombard/

http://www.martine-lombard.eu/

Selbstporträt „in Ton“, erstellt für das Künstlerinnenprojekt POTENZIALE in Karlsruhe, 2019:

https://soundcloud.com/gedok-potenziale/martine-lombard

Nächste Lesung: 11.07.2020, 17.00 Uhr, Literaturhaus Freiburg


Matthias Bath (Hrsg.). « MAUERFALL . 25 und eine Erinnerung an dieNacht des 9. November 1989“. Mit Beiträgen von Siegmar Faust, Detlef Kühn, Patrick Neuhaus, Michael Böhm, Jörg B. Bilke u.a... Neuhaus Verlag Berlin. Nov. 2019. www.neuhausverlag.com

Der Fall der Berliner Mauer hat sich am 9. November 2019 zum 30. Mal gejährt – einer der wirkmächtigen und symbolhaften historischen Momente der jüngsten deutschen Geschichte. Aus diesem Anlass erinnern sich für diesen vorliegenden Band Zeitzeugen aus Ost und West an das Ereignis. Ihre persönlich gehaltenen und teils fesselnden, teils nachdenklich stimmenden Beiträge  spiegeln die Vielfalt der individuellen Prägungen, Schicksale, Haltungen und Wege vieler Deutscher jener Zeit wider, auf welche bald die staatliche Einheit der Deutschen folgte. 

„Bei vielen Älteren, die das erlebt haben, schreibt der Autor, beginnen die eigenen Erinnerungen zu verblassen oder zumindest unschärfer zu werden. Auch leben schon längst nicht mehr alle Zeitzeugen und in den kommenden Jahren ist mit einer weiteren Lichtung  ihrer Reihen zu rechnen. Deshalb ist jetzt nach 30 Jahren der richtige Zeitpunkt, die noch abrufbaren Erinnerungen in ihrer Vielfalt zu dokumentieren und damit einem drohenden überlieferungs- und Erinnerungsverlust vorzubeugen“.

Die DDR hatte in den 80er Jahren den Rand des Abgrunds erreicht und wäre schon längst nicht mehr lebensfähig gewesen, wenn die Bundesrepublik Deutschland kein Geld in die Armutzone zwischen Elbe und Oder hineingepumpt hätte, sei es mit dem Franz-Josef-Strauss-Kredit vom Anfang dieses Jahrzehnts wie durch den Kauf von politischen Häftlingen zu hohen, willkürlichen pro Kopf-Preisen. Hinzu kam, dass die unfähige sozialistische Wirtschaftsführung den Lebensstandard, die Exporte-Importe, die Immobilien und Straßen in den Ruin trieb. Seit dem Selbstmord des Plankommissars der DDR Erich Apel in den 60er Jahren, der ähnlich wie Liberman in der UdSSR,  liberale Wirtschaftsanreize hatte einfuhren wollen, hatte die DDR-Wirtschaft nie gedeihen können

Schließlich war die sklerotische Berliner Parteiführung in Moskau in Ungnade gefallen. Vor der Öffnung der Berliner Mauer war der Besuch Gorbatschows in Ostberlin anläßlich der Begehung des 40. Jahrestages der Gründung der DDR am 7. Oktober 1989 ein Wendepunkt gewesen. Nach dem traditionellen Aufmarsch auf dem Marx-Engels-Platz fand eine Feier im Palast der Republik statt, im Berliner Jargon „Erichs Lampenladen“ genannt, wo die SED-Parteielite den russischen SU-Generalsekretär empfing. Als die Straße sichtbar wurde, wo Jugendliche unter den Schlägen der Volkspolizei demonstrierten und „Gorbi“ zur Hilfe riefen, beschloss dieser das Fest zu verlassen mit dem Vorwand, dass sein Flugzeug ihn erwartete. Der Saal leerte sich. Kaviar und Krimsekt blieben liegen.

Daher der Witz: „Erich mach das Licht aus!“. Die DDR geriet nicht auf den Misthaufen der Geschichte, wie Karl Marx es formuliert hätte, aber in die endlose Nacht gescheiterter, ungeliebter Staaten.

François Abel, Charly Damm. Strasbourg. Der Schlüssel zu Europa.

Was für einen schönen Einfall der Stiftung für Straßburg und des Straßburger Verlags Editions du Signe, ein Buch veröffentlicht zu haben, das in Form eines Comic Strip, anders gesagt mit Bildern und Dialogen, die Geschichte der elsässischen Metropole erzählt. Offensichtlich richtet sich dieses farbige mit fest kartoniertem Einband versehene Buch, das sich ebenso handfest wie Sandstein aus den Vogesen sich anfassen lässt, vor allem an die Schulkinder, aber es ist nicht weniger eine Quelle von Informationen für die älteren Zeitgenossen. Die Seiten sind nicht numeriert, aber anstelle von Nummern reihen sich die großen Kapitel der Geschichte aneinander, alle Seiten sind oben mit Epochenbezeichnungen und Jahresdaten in Klammern gekennzeichnet.

Vor dem Hintergrund der netten und lebhaften Zeichnungen von François Abel - im Wesentlichen sind es malerische, zueinander redenden Figuren - bringt der Text von Charly Damm enorm viele Informationen, die, wollen wir mal wetten, Sie möglicherweise noch nicht kennen. Bereits auf der ersten Seite etwa stoßen wir auf eine Frage, die sich sonst niemand stellt: Wussten Sie woher das Wort „Rhein“ herrührt? Öffnen Sie diese Seite, Sie werden es erfahren. Es ist ganz einfach und einleuchtend. Ein bißchen Urgeschichte, etwas Altertum und viel Mittelalter füllen mehr als die Hälfte des Buches aus und machen die lange Vergangenheit dieser anfangs römischen Stadt anschaulich, die am Kreuzweg lag, wie der Name sagt. Sie erlebte blühende Zeiten und schreckliche Katastrophen, die meist mit bewaffneten Konflikten zu tun hatten.

Was mir auch auffiel, ist die Tatsache, dass nichts verschwiegen wird, die dunklen Seiten der Geschichte eingeschlossen, z. B. der Dreißigjährige Krieg, der Straßburg erfasste, aber von den Franzosen kaum bekannt ist, oder auch die Guillotine der französischen Revolution, die man gerne verdrängen möchte, ganz abgesehen vom Reichsarbeitsdienst für die Mädchen und die Zwangsrekrutierung in die Wehrmacht für die jungen Männer ab 1942. Denn die elsässische Geschichte war nicht stets rosarot. Und daraus entspringt vielleicht auch ihr Reichtum, das die Schmerzen, falls sie nicht töten, die Klugheit erweitern und das Pendeln zwischen zwei Staaten und drei Kulturen, der elsässischen zuerst, dann der deutschen und der französischen, die Anpassungsfähigkeit verstärkt. Es war in der Tat wichtig, an diese riesige Vergangenheit Straßburgs zu erinnern, die eine der ersten Freistädte Europas war, eine der ersten, die sich gewaltsam von den bösen Lehnherren und von einem schlechten Bischof befreite. Das erklärt auch, warum die Bürger von Straßburg stolz und widerspenstig sind.

Nichts fehlt und man sagt sich bei jeder Seite: „Na, so war das? Habe ich nicht gewusst. Ich hatte davon gehört, aber wusste es nicht genau“. Der Vorteil der Comics besteht darin, dass sie die Geschichte wie einen sich abspielenden Film in die Köpfe hineintragen. Denn es ist wichtig, die Ereignisse und die Epochen in deren Zusammenhang und deren Verlauf wieder einzureihen, besonders in unserer Kultur, die von Moment zu Moment, von Momentaufnahme zu Momentaufnahme rennt. Was bedeutet, dass dieses Buch unter den Kindern und Heranwachsenden Berufungen zum Historiker wecken kann. Oder auch zum Sprachwissenschaftler oder Philologen, da die deutlich identifizierbaren Personen, die diese Story bevölkern, auch Bruchstücke mit Lokalkolorit des elsässischen Dialekts in den Mund nehmen, die jeder Deutsche verstehen kann, wenn sie auch manche Straßburger heute leider vernachlässigen.

Es wird schon auf der Titelseite mit der Formel „E komischi Gschicht“ veranschaulicht. Das ist die komische Geschichte, die uns ein Liebespaar erzählt, das die Autoren hervorragend auserwählt haben: Die schöne Liesel, deren Standbild in der Straßburger Grünanlage der Orangerie, unweit des Europaparlaments steht, und der römische Handwerker Publius Modestus, dessen Grab im Jahre 2016 von Archäologen entdeckt wurde. Was manchmal in der Geschichte für Straßburg ein Unglück war, und zwar seine Mittellage zwischen zwei Ländern, die sich eingebildeten hatten Erbfeinde zu sein, ist heute zum Glück und Chance der elsässischen Regionalhauptstadt geworden, die zum Bindestrich zwischen Deutschland und Frankreich und zum Leuchtturm Europas geworden ist. (Jean-Paul Picaper).

Verlag Éditions du Signe. 1 rue Alfred Kastler, 67038 Strasbourg Cedex. 2016 oder BP 10094 Eckbolsheim. www.editionsdusigne.fr. Tel.0033 (03) 88 78 91 91. Preis:16, 90 €. 

Die Lebensgeschichte eines Deutsch-Franzosen

Peter Garcia. Franzosenbalg. Völker sind zum Mischen da. 

Die Lebensgeschichte des Autors ist ein Roman. Nicht jeder hat das Glück, dass sein Dasein Buchniveau hat. Sein Bericht darüber liest sich wie ein Roman. Der Stil ist flüssig und lebensnah, er macht komplexe Sachverhalte verständlich, der Ton ist – die Jahre sind verflossen – distanziert aber manchmal leidenschaftlich und entrüstet, aber immer mitreißend. Es ist spannend, man will wissen, was noch kommt. Kurzum hat er ein Buch verfaßt, das einem nicht aus den Händen geht, bis man schlußendlich weiß, wie die Suche nach dem unbekannten Vater ausging und was daraus wurde, denn Peter Garcia, geb. 1946 ist eines der „Besatzungskinder“, dessen Väter nach der Zeit unter der französischen Fahne im besiegten ehemaligen Deutschen Reich, in seine Heimat entlassen worden war, ohne zu wissen, dass er einen Sohn in Deutschland hinterlassen hatte. Wie der Autor (S. 13) schreibt waren diese Hunderttausende von „Mischlingen“ „Früchte der Liebe, der wirtschaftlichen Not und des Nachkriegsmangels an deutschen Männern, oft aber auch der sexuellen Gewalt“.

Die Reihenfolge sollte m. E. in den ersten Jahren umgekehrt gewesen sein. Dabei hatte Peter trotzdem das Glück, ein Kind der Liebe zu sein: „Wir haben uns innig geliebt“, gestand ihm seine Mutter, als er 14 Jahre alt war und von seiner Herkunft erfuhr Dieser Punkt ist bei Kriegskindern, wie wir in unzähligen Gesprächen festgestellt haben, entscheidend. Ein Abgrund trennt die Kinder der Gewalt von denjenigen der Liebe, sei die so genannte Liebe auch nur ein kurzer Flirt gewesen. Niemand will aus einer Vergewaltigung hervorgegangen sein, und über die Emotionen hinaus wollen viele der Nachfahre eines Unteroffiziers, ja eines Offiziers, oder zumindest eines anständigen Staatsbürgers in Uniform gewesen. Die Mutter von Peter beschrieb den Vater als einen netten Typ, der gut Trompete spielen konnte, fröhlich und gut aufgelegt war und sein Leben aufs Spiel setzte, als er Nachts zu ihrem Zimmer kletterte. Riskant war das Unternehmen nicht nur, weil das Kraxeln gefährlich war, sondern auch, weil die Generäle Eisenhower auf amerikanischer und Koenig auf französischer Seite die „Verbrüderung“ mit Deutschen (also Kontakte mit deutschen Frauen) nicht allein wegen der Spionage- und Bestechungsgefahr strikt verboten hatten. Auch der Seite der Alliierten herrschten rassistische Vorurteile. Es ist merkwürdig, dass die Besatzungsmächte gegen den Rassismus nicht immun waren, den sie den Deutschen vorwarfen Sie hatten den Spieß umgedreht.

Auf einem einzigen erhaltenen Foto konnte Peter später sehen, dass sein leiblicher Vater gut aussah. Er hatte ein ausgesprochen smartes, südländisches Gesicht, eine auffällige Ähnlichkeit mit ihm und kam aus einer wohlhabenden Familie. Er war ein waschechter Franzose spanischer Abstammung. Peter Rösler hätte eigentlich Peter Garcia nach dem Namen seines Erzeugers heißen sollen, eines französischen Soldaten mit spanischem Namen aus der Stadt Oran in Algerien, die damals zu Frankreich gehörte. Was aber das Nutzen seines Buches erweitert, ist die Tatsache, dass Peter sprachbegabt war, mehrere Sprachen, insbesondere Spanisch und Englisch, später Französisch lernte und sich damit ferne Horizonte hauptsächlich in Lateinamerika erschloss. Der Faden seines Lebens zieht sich durch die Nachkriegsgeschichte der Bundesrepublik Deutschland von der Nazizeit, wovon er viel mit bekam, bis heute. Sie stellt den globalen Rahmen seiner eigenen, für die Zeit kennzeichnenden Erfahrungen dar. Er beschreibt aber stets seine Erlebnisse nicht aus der Perspektive der Professors und Historikers sondern aus der Froschperspektive eines „enfant maudit“, eines „Kindes der Schande“, den seine schwere Kindheit widerstandsfähig gemacht hat und der sich intensiv nach den Hintergründen und Zusammenhängen informierte, um seine eigenen Erfahrungen zu hinterfragen und zu untermauern.

Die Kinder der Gewalt sind nach meinem Dafürhalten in der unmittelbaren Nachkriegszeit im deutschen Südwesten, wo Peter seine ersten Schritte tat, zahlreicher als diejenigen der Liebe gewesen. Wie oft, und eigentlich noch in diesem Jahr 2016 von einem zufälligen Gesprächspartner in Feldberg-Bärental, hörte ich : „Ach, mein Vetter ist Franzose. Na ja, seine Mutter wurde von einem französischen Besatzungssoldaten geschwängert“. Im Gespräch stellt sich dann heraus , dass es ein Fall von Vergewaltigung war. Auf meine Frage, ob ich mit diesem Vetter, oder Freund, oder Onkel, sprechen kann, kommt meist die Antwort : „Nein, er hat es verarbeitet. Er will nicht mehr darüber reden“. Ich bin nicht sicher, dass die Verarbeitung je beendet werden kann. Meist wurden diese Vergewaltigungen, heißt es in Frankreich, wo auch kaum darüber gesprochen wird, von nordafrikanischen Stoßtrupps, von Arabern also, begangen. Echte Franzosen werden das sicher nicht getan haben. Aber Stammfranzosen werden doch auch dabei gewesen sein, denn die Frau als Kriegsbeute, das hat bei allen Völkern Tradition. Heute noch sind die Bayern im Durchschnitt zwei Zentimeter kleiner als die Norddeutschen und haben oft trotz ihrer blauen Augen ein schwarzes, krauses Haar, da Bayern vor fast 2 000 Jahren von der römischen Legio Syriaca besetzt wurde.

Peter Garcia hat spanisch-südländisch ausgesehen und litt als Kind nicht nur wegen seiner Herkunft als „Franzosenbalg“ sondern auch wegen seines (im Grunde guten) exotischen Aussehens. Verstärkend war die Gene seiner Mutter, die als Kind ähnlich wie er aussah und der andere Kinder in der Hitlerzeit mit der Beschimpfung „Judd“ nachliefen. Dabei war ihr keine jüdische Abstammung nachzuweisen. Auf vielen Seiten beweist Garcia sachkundig, das die Deutschen keine „Aryer“ sondern ein Völkergemisch sind. Als beinah Ebenbild seines echten Vaters, wie es sich später herausstellte, wurde er von deutschen Kindern gehänselt und geschlagen, die ihn ebenfalls als Juden beschimpften. So lebendig und festgesetzt war damals noch die NS-Propaganda bei vielen Zeitgenossen trotz der fotografisch und filmisch dokumentierten Information der Alliierten über die Massenverbrechen des Dritten Reiches. Dass ein Schleier des Schweigens und der Schande darüber geworfen worden war, macht das Zeugnis von Herrn Garcia historisch kostbar. Zum Glück haben die 60er und 70er Jahre, insb. mit den Auschwitz-Prozessen und mit der allmählichen Rehabilitierung Stauffenbergs und seiner Freunde für die Bundesrepublik wie eine zweite Aufklärung gewirkt. Aber kaum jemand erinnert sich noch an diese ersten 40er und 50er Jahre, als im Lehrkörper, in der Beamtenschaft, in der Polizei und Armee, Personal aus Hitlers Zeiten das Sagen hatte, zwar zur Republik als Versorgungsinstanz stand, aber stillschweigend einer ganz anderen Weltanschauung noch nachhing. Meine ersten Besuche in Deutschland fanden in den 50er Jahren statt. Ich kann das bestätigen. Ich erlebte andererseits auch das Gegenteil, eine große Sehnsucht nach Europa, nach Freundschaft mit den Franzosen ohne Überheblichkeit. Von alledem berichtet Peter Garcia anhand von persönlichen Erlebnissen als Kind und als junger Erwachsener anschaulich und ausführlich.

Uns interessierten seine Nachforschungen zur demographischen Problematik der „Kriegskinder“. Die Zahlen sind wichtig und beeindruckend. Peter Garcia schätzt auf 400 000 die zwischen 1945 und 1955 zur Welt gekommenen Kinder aller Besatzer (Seite 13) und die Wehrmachtskinder in den vom Dritten Reich vor 1945 besetzten Gebieten auf 2 Millionen insgesamt (S. 14). Sicher sind die „Russenkinder“ dabei zahlreich vertreten, soweit die Mütter im April-Mai 1945 in Berlin und Ostwärts nicht ihr Leben verloren haben oder sich dieses nicht genommen haben.

Uns interessieren auch die „Mischlinge davor“. In unserem Buch „Die Kinder der Schande“ (Piper, 2004) haben wir die Zahl von ca. 200 000 französischen Kindern genannt, die von deutschen Wehrmachtssoldaten mit Französinnen von 1940 bis 1944 in Frankreich gezeugt wurden. Wir haben dort auch ein Paar Fälle von „Besatzungskindern“ nach 1945 herausgearbeitet, die Ähnliches wie Peter Garcia erlebt haben. Aber die Zahl der im Deutschen Reich von Kriegsgefangenen und Zwangsarbeitern zwischen 1940 und 1945 gezeugten Kinder wird wohl nie bekannt sein.

Die Wissenslücke betrifft insbesondere die mit deutschen Frauen gezeugten Kinder der französischen Kriegsgefangenen und französischen Zwangsarbeitern (STO), die Thema unseres anderen Buches „Le crime d’aimer“ (Syrtes, 2005) sind. Wir haben sie wegen der großen Zahl von Menschen, die uns in Deutschland darauf angesprochen haben, auf mehrere Zehntausend geschätzt. Trotz der Drohung mit öffentlicher Anprangerung, mit Gefängnis und manchmal mit der Todesstrafe, insb., wenn der „GV“-Täter (GV im Strafrecht damals: Geschlechtsverkehr) Russe oder Pole war, setzten sich viele über das Verbot hinweg, zumal fast 20 Millionen deutsche Männer an die Front abkommandiert worden waren und Ersatz gefragt war.

Das ist nicht Garcias Thema aber die Übertragung des Feindbildes auf die unschuldigen Nachfahren des Feindes ist universal und stellt ein grosses Problem des Umgangs der Menschen untereinander nach Kriegen dar. Das Erstaunliche dabei besteht darin, dass die Kinder der Feinde ebenso wie die Kinder der Verbündeten verachtet und drangsaliert werden, wenn die Feindschaft in Freundschaft mutiert, als ob es eine Weile dauern müsste, bis die Menschen ihre Einstellungen ändern. Viele können sie nie ändern. Es ist auffällig, wie zäh und nachhaltig der NS-Geist in den 50er Jahren in Deutschland war. Aber auf der anderen Rheinseite spukte das Gespenst des Erzfeindes immer noch. Im Jahr des deutsch-französischen Elysée-Vertrages sagte eine alte Tante meiner Mutter, als ich eine Deutsche heiraten wollte: „Was werden sie denn während des nächsten Krieges tun“. Es hat grosse Anstrengungen gekostet, diesen Ungeist auszumerzen, der ab und zu noch auftaucht.

Ab 1947-48, spätestens ab der Berliner Blockade, wurden die ehemaligen Sieger nicht mehr als Besatzer sondern als Verbündete betrachtet. In den 60er Jahren, als ich meine Wehrpflicht bei der französischen Schutzmacht in Berlin absolvierte, hatte sich die Stimmung total gewandelt. Französische Offiziere heirateten Westberlinerinnen und die Militärregierung im französischen Sektor von Berlin beschäftigte Deutsche als Fahrer, Köche und Gärtner, aber auch als Übersetzer, Dolmetscher, sogar Redakteure, die Zugang zu relativ vertraulichen Angelegenheiten hatten.

Der kalte Krieg hatte wie eine kalte Dusche gewirkt. Plötzlich ging es nicht mehr um NS-Rassenselektion und Gleichschaltung sondern um Klassenkampf zwischen Kapitalismus und Kommunismus. Diese ideologische Krise der 68er hat Peter Garcia mit allen ihren Entgleisungen und Exzessen hauptsächlich in England durchgemacht, wo ihm ein Guru und Profiteur des generellen Linkstrends in Gestalt des vielseitigen „Ivan“ begegnete. Peter hatte die Kraft und das Glück, den Mann zu durchschauen und darüber zu schmunzeln. Aber es dauerte, bis er sich von diesem Milieu auch in Deutschland in der KP sich davon loslösen konnte. In Essen (zum Glück nicht mit Rudi Dutschke oder Ulrike Meinhof zusammen) wurde ihm die KP allmählich lästig und die DDR zeigte sich ihm unter ihrem wahren, hässlichen Gesicht. Dort machte Kommunismus offensichtlich keinen Spass.

Eine der wichtigsten Stellen des Buches ist der Moment, wo ihm nach einem Buchenwald-Besuch die Frage gestellt wird, wie er sich im Dritten Reich verhalten hätte (S. 137). „Ehrlich gesagt, ich weiss es nicht“, lautet seine Antwort. Das ist für ihn charakteristisch. Diese „Beichte eines Kindes des Jahrhunderts“ beruht auf Offenheit und Ehrlichkeit. Dass er sich mehrere Male hat verblenden lassen, das gibt er zu. Aber der Realismus hat immer die Oberhand gewonnen. Auch bei seinen überzähligen Verhältnissen mit Frauen aller Farben und Nationalitäten, denn Garcia war (vielleicht wie sein Vater) doch irgendwie ein Abenteurer und Herzensbrecher, war er letztendlich immer Realist und machte Napoléons Spruch wahr, dass in der Liebe die Flucht ein Sieg sein kann, bis er beschloss sesshaft und treu zu werden. (JPP)

Eckhaus Verlag. Reihe Geschichte. Weimar. 2016. ISBN 978-3-945294-11-6. 272 Seiten. 14,80 €. E-Mail: post@eckhaus-verlag.de, Tel.036 43.4579380.

Massenmigration als Waffe

Kelly M. Greenhill. Massenmigration als Waffe. Vertreibung, Erpressung und Außenpolitik. 

Kaum hatte die Autorin den Schlußpunkt zu diesem epochalen Buch gesetzt, da erhielt ihre These eine brisante Aktualität. Nicht die Herkunftsländer der Flüchtlinge, Syrien, Afghanistan, Eritrea und die vielen, verschiedenen Staaten der Subsahelzone in Afrika setzten Europa unter Druck, sondern Etappenstaaten wie die Türkei und Libyen, soweit man im zweiten Fall noch von einem Staat reden kann. Durch einen Vertrag, der mit den EU-Partner nicht abgesprochen, oder zumindest nicht im notwendigen Ausmaße abgesprochen worden war, wurden von der deutschen Kanzlerin Zugeständnisse an Ankara gewährt, wovon der „Statthalter aller Türken“ und Möchtegernherrscher „aller Moslems“ Recep Tayyip Erdogan in den letzten Jahren nie hätte träumen können.

Unter der Bedingung, dass sie als Verwalter eines Durchzugslandes den Menschenstrom in Richtung Europa zurückhalten, erhielten Präsident Erdogan und dessen inzwischen hinausgejagter Ministerpräsident Davutoglu weitgehende Versprechungen in Sachen EU-Beitritt und noch dazu 6 Milliarden Euro. Gegenüber der Türkei „schwankt der Kurs der Kanzlerin seit Jahren zwischen Ablehnung und Anbiederung, sagte Alexander Graf Lambsdorff der Tageszeitung Die Welt am 21. Mai 2016. Als CDU-Vorsitzende lehnt Angela Merkel einen EU-Beitritt der Türkei konsequent ab. Jetzt plötzlich aber treibt sie in der Flüchtlingskrise die Verhandlungen über einen Beitritt der Türkei zur EU voran“. Der stellvertretende Präsident des EU-Parlaments fügte zutreffend hinzu: „Die EU hat ein praktisches Interesse daran, dass die Flüchtlingszahlen dauerhaft zurückgehen. Erdogan hat ein praktisches Interesse daran, dass sein vollmundiges Versprechen einer Visafreiheit für seine Staatsbürger in der EU auch eingelöst wird“.

Inzwischen ist diese letzte Offerte an den Türken um Monate verschoben worden, aber irgendwann einmal müssen doch die detutchen Versprechen von der EU eingehalten werden, will man nicht, dass der Zustrom aus Nahost und aus sonstwoher nicht wieder in einem Ausmaße wie im Jahr 2015 anschwillt. Dabei heißt es, dass Erdogan eine Selektion zwischen den Flüchtlingen vornimmt, die er behält und denjenigen, die er wohlbehütet in Flugzeugen zu uns schickt. Man hört, dass er die Gebildeten unter ihnen für sich behält und die Analphabeten nach Europa schickt. Das ist aber nur einTeil der Wahrheit: Er behält für sich auch Arbeitssklaven, vor allem Kinder, die in seinen Produktionsstätten unter menschenunwürdigen Bedingungen und für einen kargen Lohn schuften.

Erdogan verdiente sich mit der Migrationswaffe einen Spitznamen als "der Erpresser vom Bosporus". Seine Glaubensgenossen auf der anderen Seite des Mittelmeeres, die Daesh-Kämpfer in Libyen, praktizieren eine ganz andere Auslese, und zwar massakrieren sie die Christen und Andersgläubigen unter den Flüchtlingsmassen, für die Libyen eine Zwischenstation nach Europa ist, und schicken uns über das Mittelmeer die fromme Moslems. Dass Tausende pro Jahr dieser Unglückseligen ertrinken, stört niemand an der Südküste des Mittelmeeres. Hauptsache der größere Teil landet in Italien und erhöht die Last, die Europa erdrückt. Die Bundeskanzlerin hat leider das Greenhill-Buch offensichtlich nicht gelesen. Sonst hätte sie sich selbst vielleicht nicht in diese Sackgasse hineinmanövriert. Vielleicht. Sicher ist es nicht. Denn sie wie viele Politiker tragen Augenklappen, geht es um die eigenen Fehler.

Frau Greenhill, die Autorin dieses außergewöhnlichen Buches, lehrt Staatskunde an der Universität Tufts (USA). Sie ist Forschungsstipendiatin am Belfer Center for Science and International Affairs an der berühmten Universität Harvard. Sie hat eine ganze Reihe beeindruckender Diplome gesammelt, darunter einen Bachelor of Arts mit dem Prädikat summa cum laude in Politikwissenschaften und Skandinavistik in Berkeley. Ihr Thema konnte nicht aktueller und anschaulicher werden als an der „Willkommens“-Politik von Angela Merkel. Sie hat den Fehler unserer Zeit begangen, indem sie Realpolitik durch christliche und humanistische Werte ersetzte, die fremde Mächte gegen umdrehen können, um deren Anhänger abhängig ja sogar untertan zu machen. Genau das ist Frau Merkel in Sachen Migrationspolitik passiert, wenn man es auch in ihrer Umgebung zu kaschieren versucht.

Immerhin ist es der CSU aufgefallen. Aber was können die Bayern in einer grossen Koalition? Wie Frau Greenhill es schreibt, ist die Migrationsgefahr die höchste unserer Zeit. Zehntausende strömen heute in die Europäische Union und nach Deutschland ein, schreibt sie, aber diese Zahlen sind vergleichsweise gering angesichts der Größenordnung wetweiter Flüchtlingszahlen – erschreckende 60,5 Millionen sind es laut den im Juli 2015 veröffentlichten Zahlen des Hohen Flüchtlingskommissars der Vereinten Nationen. Zwei Drittel von ihnen sind innerhalb ihres Landes unterwegs aber ein Drittel flieht grenzüberschreitend.

Dabei könnte es noch viel schlimmer werden als in diesem Buch dargestellt, wenn man bedenkt, dass die Bevölkerung Afrikas nach heutigen Prognosen in den 2050er Jahren zwischen 2 bis 3 Milliarden Menschen liegen wird, um 4,2 Milliard 2100 zu erreichen. Was passiert, wenn der Klimaumschwung die Bevölkerung breiter Gebiete in Afrika mit Hungersnot, Wassermangel und den dadurch geförderten Gesundheitsschäden plagt?

Es könnte geschehen, dass Europa an Armut stirbt, weil sie sie nicht ernähren und pflegen kann oder wie damals die Indianer Amerikas von von den Migranten importierten Seuchen dezimiert wird. Ganz abgesehen vom Kulturwandel durch die Verbreitung der islamistischen Religion, da die grosse Mehrheit des Migranten Moslems ist. Darüber wird geschwiegen. Experten denken nach. Aber Lösungen sind nicht in Sicht. Kelly Greenhill hat diese Problematik nun anders angepackt und zeigt uns, wie Erpresser jeder Couleur sich dieses neuen Phänomens bedienen können, um uns in die Knie zu zwingen. Offensichtlich haben unsere Politiker das Problem nicht so gesehen. Sonst wäre der Erpressungsvertrag mit der Türei nie unterzeichnet worden.

Dei Autorin traut sich den Begriff „Waffe“ zu verwenden, wobei hier Menschenmassen, darunter viele Frauen und Kinder, als Waffen, wohlgemerkt nicht im Sinne des bekannten „Kanonenfutters“ sondern als unfreiwillige Vernichtungswaffen eingesetzt werden. „Weapons of Mass Migration“, schrieb die Autorin in Ihrer Muttersprache. Ein christlicher Priester aus dem Libanon sagte es uns einmal noch deutlicher: „Die Menschheit hat zwei Massenvernichtungswaffen erfunden: Die Atombombe und den Islam“, wobei der Islam unter Umständen ein Epiphänomen ist. Die Masse tut es. Mit oder ohne diese Religion.

Auf den 429 Seiten dieses Buches wird historisch und geographisch das Phänomen Migration der überzähligen und entwurzelten Völker politisch, ökonomisch und kulturell unter die Lupe genommen, wobei man erfährt, das dadurch Staaten vernichtet wurden und andere wie entstanden. Nicht nur in Europa, denn andere Kontinente in Amerika, Asien, Australien, werden in die Untersuchung einbezogen. Die Autorin geht ins Detail, Bootsflüchtlinge, Erstürmung von Botschaften, Anschläge, usw. werden Fall nach Fall mit Namen, Zahlen und Landkarten untersucht, wobei es sich wohlgemerkt um eine unpolemische, sachliche und wertfreie wissenschaftliche Arbeit handelt, die man keineswegs von der Hand weisen kann und die einen Markstein in der Geschichte der praktischen Politikwissenschaft setzt. Dieses Buch muss von allen an unserem Überleben interessierten Menschen gelesen werden und es gehört in die Bibliotheken der Politik-, Soziologie- und Demographeiinstitute, sowie der Bundewehrakademien. (JPP)

English-Anglais


FONDATION ROBERT SCHUMAN

Getting Brexit done - a continuous process

Ramona Bloj - Eric Maurice 

It is only on 1st January 2021, if no postponement is decided, that the UK will truly enter the post-Brexit era. The form that this will take, for the United Kingdom as well as for the European Union, is what is at stake in the so-called negotiations over the "future relationship".

For the 27 Member States, the aim of these negotiations is simple: to maintain the closest possible links with what was the Union's third most populous country and its second largest economy, without undermining the achievements of European integration, first and foremost of which is the single market. The discussions will therefore be complex and difficult. According to the political declaration accompanying the withdrawal agreement, the aim is to establish "ambitious, broad, deep and flexible partnership across trade and economic cooperation with a comprehensive and balanced Free Trade Agreement at its core, law enforcement and criminal justice, foreign policy, security and defence and wider areas of cooperation"[1].

The EU will try to limit the negative impact of Brexit and to maintain European unity, while succeeding in concluding the negotiations before the end of the year. To this end, the 27 Member States have decided to retain the methodology which enabled them to successfully conclude the negotiations over the British withdrawal.

A gradual transition to permanent withdrawal

The transition period starting on 1st February should help to avoid a sudden break and to settle the final conditions of the withdrawal. It had been agreed earlier, for Brexit which should have taken place on 29th March 2019, for a period of 21 months, i.e. until the end of December 2020. The withdrawal agreement foresees that the United Kingdom and the European Union might extend it once by mutual agreement, for a maximum period of 2 years as decided by the Brexit negotiators on 22nd November 2018, i.e. until 31st December 2022.

Boris Johnson's government has nevertheless said it will not request such an extension. What will happen during this transitional phase?

Put simply, nothing will change. The European Union will treat the UK like any other EU Member[2], it will retain all of its access rights to the internal market and will continue to apply and therefore enjoy full Union rights, including the rules that are to be adopted during the transition period.

Moreover, the British will remain, even in the event of disagreement, under the authority of the EUJC (provided for in the 2019 agreement). In the event of a dispute over the agreement itself, political consultation will take place in a Joint Committee. If no solution is found, the dispute will be submitted to specific arbitrators as in all international agreements. The decision taken will be binding for both parties; in the event of non-compliance, the arbitration panel may fix a lump sum or penalty payment to be paid to the injured party[3].

The changes expected in the European institutions

While the United Kingdom has not appointed a Commissioner to the Commission chaired by Ursula von der Leyen, it is the turn of the European Parliament to take note of the departure of the British.

On 1st February 2020 only 705 MEPs will sit in Strasbourg as the 73 British MEPs will leave office. Of these 73 seats, 46 will be temporarily frozen in the event of further enlargement. The remaining 27 seats have already been distributed among several Member States: + 5 seats for France and Spain, + 3 seats for Italy and the Netherlands, + 2 seats for Ireland, + 1 seat for Romania, Austria, Denmark, Croatia, Finland, Sweden, Slovakia, Poland and Estonia. These Members of the European Parliament, elected in May 2019, will finally be able to sit. This new configuration in Parliament might lead to new balances of power within its ranks: Renew group will lose 11 seats, the Greens 6, the S&D 6, and GUE/NGL 1. The EPP will gain 5 seats, Identity and Democracy (ID).



Regarding the composition of committees and subcommittees, the list of members will be finalised once the new composition of Parliament has been confirmed, following the redistribution of seats between Member States[4].

It is also to be expected that the balance within the Council will be more fragile, in particular because of the qualified majority rule (Art. 16 § 4 TFEU).



Michel Barnier at the centre of affairs

The negotiations on the future relationship will be led by Michel Barnier, who led the ones on the conditions of the withdrawal and has managed to retain the confidence of the political and institutional players in Brussels and in the capitals of the Member States. He will be supported by a reinforced team of nearly 80 people, known as the Task Force for relations with the United Kingdom (UKTF) and attached to the Commission's Secretariat-General.

Michel Barnier, who has the rank of Director-General of the Commission, will have authority over all the Directorates-General to coordinate work on all aspects of the negotiations. The Commissioners, notably Phil Hogan, in charge of trade, will work closely with the Chief Negotiator.

From one negotiation to the next, and from one Commission to the next, some appointments reflect a concern to conduct the process as smoothly as possible. The new Director General for Trade is Sabine Weyand, former assistant to Michel Barnier, the lynchpin to the withdrawal agreement. Michel Barnier's second deputy in the previous task force, Stéphanie Riso, is now Deputy Head of Commission President Ursula von der Leyen's Cabinet. Michel Barnier's new deputies are Clara Martinez Alberola, who headed Jean-Claude Juncker's cabinet as Commission President, and Paulina Dejmek Hack, former economic advisor to Jean-Claude Juncker.

The structure established in 2017 to coordinate the work between the Commission, the Council, the Parliament and the capitals is also being maintained. The Task Force will be in permanent contact, particularly during the negotiation rounds, with the Member States, who will work in the Council under the leadership of Didier Seeuws. In the Parliament, the steering group, currently chaired by Guy Verhofstadt (Renew, BE), will be regularly informed by Michel Barnier.

A tight schedule

The first step will be to approve Michel Barnier's negotiating mandate. It will be presented by the Commission as soon as the United Kingdom withdraws, with the aim of launching discussions "at the end of February or the first days of March"[5].

Negotiations will take place in rounds of several days, with thematic groups working in parallel. Unlike the withdrawal process, some of these rounds might be held in London. An initial assessment will be made at a high-level conference between the European Union and the United Kingdom at the end of June. It is at that time that the two parties will have to decide, by 1st July at the latest, whether or not to extend the transition period beyond 31st December 2020 for 1 or 2 years, to allow themselves more time to conclude the negotiations.

1 July is also the date on which the European Union and the United Kingdom have committed to try to conclude and ratify a new fisheries agreement, which will, in particular, regulate access to British waters for European fishermen and the management of stocks jointly through annual quotas.

The date of 30th June is the deadline that the two parties have set to assess their respective equivalence in financial services, a process that will review some 40 sectors. The decision on whether or not to grant financial equivalence to the United Kingdom will be taken by the European Union, with no direct link to the overall negotiation and, in particular, trade.

A further reciprocal assessment will be carried out, until the end of the year, on personal data protection regulations and mechanisms, with a view to adopting "adequacy decisions" to allow the free flow of data between the EU and the UK. Priority in the evaluation will be given to respect for data and freedoms in the context of police and judicial cooperation.

For an agreement on the future relationship, be it comprehensive, commercial or extended to some sectors, to enter into force on 1st January 2021 after the end of the transitional period, it will have to be ratified by the UK and the EU. It must also have been approved by the European Heads of State and Government. The desirable timetable would therefore be the conclusion of an agreement at the beginning of October 2020, approval by the European Council on 15 and 16 October, and parliamentary ratification in November and December.

The actual negotiating time is therefore reduced to 7 or 8 months and EU leaders have already indicated that it will be extremely difficult to reach a comprehensive agreement in such a short period of time. As British Prime Minister Boris Johnson has for the moment ruled out any extension of the transition period, it is therefore necessary to define the priority aspects on which agreement is needed to avoid a "no deal" situation on 1st January 2021.

A three-part agreement

The Union is planning a comprehensive partnership agreement which will include three main components: a general component, an economic component and a security component. Supplementary agreements may be concluded at the same time or later.

Of all the areas of the future relationship to be defined, three are crucial to avoid a no deal in which the links between Europeans and the British would no longer be regulated: trade, fisheries and security (internal and external). These are the three areas on which the 27 Member States will focus their efforts as a matter of priority, while financial services, the sector in which the United Kingdom has a surplus balance with the European Union, could be negotiated in a second stage.

To simplify the ratification process, it will also be in the EU's interest to conclude, as a first step, an agreement containing exclusively "Community" provisions requiring only the ratification of the European Parliament. "Mixed" subjects, such as investment agreements, which also require ratification by national parliaments and some regional parliaments (43 in total), would also be negotiated at a later stage.

The heart of the agreement will be a free trade agreement, which Michel Barnier sums up with the formula "zero tariffs, zero quotas, zero dumping". But the absence or low level of customs duties and quotas will depend on the absence of dumping on the part of the United Kingdom. "The level of ambition of our future free trade agreement will be proportional to the level and quality of the rules of the economic game between us."

The concept of the "level playing field", which describes the European willingness to maintain quality rules of the game, is expected to play as important a role in the negotiations as the "backstop" in the discussions on withdrawal. It covers the maintenance of regulatory, fiscal and environmental standards as close as possible to European standards, on 1 January 2021 but above all in the future, to ensure that the European Union does not become an unfair competitor.

In parallel with the negotiations on the future relationship, the European Union and the United Kingdom will have to establish the protocol on the Irish border, which is the thorniest issue in the withdrawal agreement. A joint committee is to define which products will be allowed to cross the border between the British Province of Northern Ireland and the Republic of Ireland - and thus enter the single market - and which will have to remain in Northern Ireland. The difference between the two categories will decide on the customs controls to be introduced between Northern Ireland and the rest of the United Kingdom. The organisation, responsibility and supervision of these controls must also be detailed.

***
The transitional period is decisive for the future relationship between the European Union and the first Member State to leave it, as is the transitional period for the completion of the withdrawal agreement. As in the first negotiations, there will be many issues that might ruin everything.

ANNEX[6]
The framework of future relations between the European Union and the United Kingdom
(Political declaration signed on October 2019)

[1] Political declaration establishing the framework of future relations between the EU and the UK, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/HTML/?uri=CELEX:12019W/DCL(01)&from=EN
[2] https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/MEMO_18_6422 
[3] https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/MEMO_18_6422 
[4] https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20200115IPR70329/composition-des-commissions-parlementaires-apres-le-brexit
[5] Michel Barnier, speech in Stockholm on 9th January, https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/STATEMENT_20_13
[6] Realised with Kenza Bensaid and Myriam Dziewit Benallaoua

Publishing Director: Pascale JOANNIN

FONDATION ROBERT SCHUMAN

https://www.robert-schuman.eu/en/

European issues n°544 28th January 2020


FONDATION ROBERT SCHUMAN

Accomplir le Brexit, un processus continu

Ramona Bloj - Eric Maurice 

Le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 31 janvier à minuit (heure de Bruxelles), est un événement avant tout symbolique, car les Britanniques vont continuer à suivre les règles de l'Union pendant la période de transition prévue par l'accord de retrait, jusqu'au 31 décembre 2020. 

Ce n'est que le 1er janvier 2021, si aucun report n'est décidé, que le Royaume-Uni entrera vraiment dans l'ère post-Brexit. La forme que prendra cette dernière, pour le Royaume-Uni comme pour l'Union européenne, est l'enjeu de la négociation dite " sur la relation future ".

Pour les 27 Etats membres, l'objectif de cette négociation est simple : maintenir les liens les plus étroits possibles avec ce qui était le troisième pays le plus peuplé de l'Union et sa deuxième économie, sans qu'il soit porté atteinte aux acquis de l'intégration européenne, au premier rang desquels figure le marché unique. Les discussions seront donc complexes et difficiles. Il s'agit, selon la déclaration politique qui accompagne l'accord de retrait, de mettre en place "un partenariat ambitieux, large, approfondi et souple en matière de coopération commerciale et économique - avec en son centre un accord de libre-échange complet et équilibré -, de services répressifs et de justice pénale, de politique étrangère, de sécurité et de défense, ainsi que dans des domaines de coopération plus larges".[1]

Il s'agira de limiter l'impact négatif du Brexit et de maintenir l'unité des Européens, tout en parvenant à conclure la négociation avant la fin de l'année. Pour cela, les 27 Etats membres ont décidé de conserver la méthodologie qui leur a permis de mener à bien la négociation sur le retrait britannique.

Une transition progressive vers un retrait définitif

La période de transition qui s'ouvre le 1er février devrait permettre d'éviter une rupture brutale et de régler les conditions définitives du retrait. Elle avait été convenue auparavant, pour un Brexit qui aurait dû avoir lieu le 29 mars 2019, pour une durée de vingt-et-un mois, donc jusqu'à fin décembre 2020. L'accord de retrait prévoit que le Royaume-Uni et l'Union européenne pourraient la prolonger ce délai une fois, d'un commun accord, pour une durée maximum de deux ans, conformément à ce que les négociateurs du Brexit ont décidé le 22 novembre 2018, soit jusqu'au 31 décembre 2022. Le gouvernement de Boris Johnson s'est néanmoins interdit de demander une telle prolongation. Que va-t-il se passer durant cette phase de transition ?

Pour simplifier, rien ne changera. L'Union européenne traitera le Royaume-Uni comme un État membre[2], il conservera tous ses droits d'accès au Marché intérieur et continuera d'appliquer et donc de bénéficier de l'ensemble du droit de l'Union, y compris les règles qui seraient adoptées pendant la transition.

De plus, les Britanniques resteront, même en cas de désaccord, sous l'autorité de la Cour de Justice de l'Union (prévu par l'accord de 2019). En cas de différend portant sur l'accord en lui-même, une consultation politique aura lieu au sein d'une commission mixte. Si aucune solution n'est trouvée, le litige sera soumis à des arbitres spécifiques comme dans tous les accords internationaux. La décision prise sera contraignante pour les deux parties ; en cas de non-respect, le groupe spécial d'arbitrage pourra fixer une somme forfaitaire ou une astreinte à verser à la partie lésée[3].

Les changements attendus au sein des institutions européennes

Si le Royaume-Uni n'a pas nommé de commissaire au sein de la Commission présidée par Ursula von der Leyen, c'est au tour du Parlement européen de prendre acte du départ des Britanniques.  Le 1er février 2020, les députés européens ne seront donc plus que 705 à siéger à Strasbourg, puisque les 73 députés britanniques quitteront leur fonction. Sur ces 73 sièges, 46 seront temporairement gelés dans l'éventualité d'un nouvel élargissement. Les 27 restants sont d'ores et déjà répartis entre plusieurs États membres : +5 sièges pour la France et l'Espagne, +3 sièges pour l'Italie et les Pays-Bas, +2 sièges pour l'Irlande, +1 siège pour la Roumanie, l'Autriche, le Danemark, la Croatie, la Finlande, la Suède, la Slovaquie, la Pologne et l'Estonie. Ces députés européens, élus en mai 2019, pourront enfin siéger. Cette nouvelle configuration du Parlement pourrait éventuellement créer des nouveaux rapports de force : le groupe Renew perdra 11 sièges, celui des Verts 6, les Socialistes et démocrates (S&D) 6, le groupe de la Gauche unitaire (GUE/NGL) 1. Le groupe du Parti populaire européen (PPE) en gagnera 5, celui d'Identité et démocratie 3. 

Suite à la redistribution des sièges entre les États membres,[4] la liste des membres des commissions et sous-commissions sera finalisée une fois la nouvelle composition du Parlement confirmée.

Il faut également s'attendre à un équilibre plus fragile au sein du Conseil, notamment à cause de la règle de la majorité qualifiée (art. 16 § 4 TFUE).

Michel Barnier au coeur du dispositif

La négociation sur la relation future sera menée par Michel Barnier, qui a mené celle sur les conditions du retrait britannique et qui a su conserver la confiance des acteurs politiques et institutionnels à Bruxelles comme dans les capitales des Etats membres. Il s'appuiera sur une équipe renforcée de près de 80 personnes, baptisée task-force pour les relations avec le Royaume-Uni (UKTF) et rattachée au Secrétariat général de la Commission.

Michel Barnier, qui a rang de directeur général de la Commission, aura autorité sur l'ensemble des directions générales afin de coordonner le travail sur tous les aspects de la négociation. Les commissaires, notamment Phil Hogan, en charge du commerce, travailleront étroitement avec le négociateur en chef.

D'une négociation à l'autre, et d'une Commission à l'autre, certaines nominations témoignent d'un souci de mener au mieux le processus. La nouvelle directrice générale au commerce est Sabine Weyand, ancienne adjointe de Michel Barnier et cheville ouvrière de l'accord sur le retrait. La deuxième adjointe de Michel Barnier dans la task force précédente, Stéphanie Riso, spécialiste des affaires financières, est désormais cheffe de cabinet adjointe de la Présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Les nouvelles adjointes de Michel Barnier sont deux anciennes collaboratrices de Jean-Claude Juncker : Clara Martinez Alberola, qui a dirigé son cabinet à la présidence de la Commission ; et Paulina Dejmek Hack, son ancienne conseillère économique.

L'organisation mise en place en 2017 pour coordonner le travail entre la Commission, le Conseil, le Parlement et les capitales est également maintenue. La task force sera en contact permanent, en particulier pendant les cycles de négociations, avec les Etats membres, qui travailleront au Conseil sous la direction de Didier Seeuws. Au Parlement, le groupe de pilotage, pour l'heure présidé par Guy Verhofsdadt (Renew, BE), sera régulièrement informé par Michel Barnier.

Un calendrier serré

La première étape sera d'approuver le mandat de négociation de Michel Barnier. Il sera présenté par la Commission dès le retrait britannique, avec comme objectif de lancer les discussions "fin février ou dans les premiers jours de mars"[5]. La négociation se déroulera par cycles de plusieurs jours, avec des groupes thématiques travaillant en parallèle. Contrairement au processus de retrait, certains de ces cycles pourraient se tenir à Londres. Un premier bilan sera établi lors d'une conférence de haut niveau entre l'Union européenne et le Royaume-Uni fin juin. C'est à ce moment-là que les deux parties devront décider, au plus tard le 1er juillet, de prolonger ou non, pour un ou deux ans, la période de transition au-delà du 31 décembre 2020, afin de se donner plus de temps pour conclure les négociations.

Le 1er juillet est également la date à laquelle l'Union européenne et le Royaume-Uni se sont engagés pour tenter de conclure et ratifier un nouvel accord de pêche, qui règlementera en particulier l'accès des eaux britanniques aux pêcheurs européens, la gestion des stocks en commun par le biais des quotas annuels.

La date du 30 juin est le délai que les deux parties se sont fixé pour évaluer leurs équivalences respectives en matière de services financiers, un processus qui passera en revue une quarantaine de secteurs. La décision d'accorder ou non l'équivalence financière au Royaume-Uni sera prise par l'Union européenne, sans lien direct avec la négociation globale et, en particulier, commerciale.

Une autre évaluation réciproque sera menée, jusqu'à la fin de l'année, sur les réglementations et mécanismes en matière de protection des données personnelles, dans le but d'adopter des "décisions d'adéquation" pour permettre la libre circulation des données entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. La priorité dans l'évaluation sera donnée au respect des données et des libertés dans le cadre de la coopération policière et judiciaire.

Pour qu'un accord sur la relation future, qu'il soit global, commercial ou étendu à quelques secteurs, entre en vigueur le 1er janvier 2021 au lendemain de la fin de la période de transition, il devra avoir été ratifié par le Royaume-Uni et l'Union européenne. Il devra également avoir été approuvé par les chefs d'Etat et de gouvernement européens. Le calendrier souhaitable serait donc la conclusion d'un accord au plus tard début octobre 2020, une approbation par le Conseil européen des 15 et 16 octobre, et une ratification parlementaire en novembre et décembre.

Le temps de négociation réelle s'en trouve donc réduit à sept ou huit mois et les dirigeants européens ont déjà fait savoir qu'il serait extrêmement difficile de parvenir à un accord global en si peu de temps. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, ayant pour l'heure exclu toute extension de la période de transition, il convient donc de définir les aspects prioritaires pour lesquels un accord est nécessaire pour éviter une situation de "no deal" au 1er janvier 2021.

Un accord en trois volets

L'Union envisage un accord de partenariat global qui inclura trois grandes composantes : un volet général, un volet économique et un volet sur la sécurité. Des accords complémentaires pourront être conclus dans le même temps, ou plus tard.

Parmi tous les domaines de la relation future à définir, trois sont cruciaux pour éviter un "no deal" dans lequel les liens entre Européens et Britanniques ne seraient plus réglementés : le commerce, la pêche et la sécurité (intérieure et extérieure). Ce sont les trois domaines sur lesquels les 27 Etats membres vont faire porter leur effort en priorité. Les services financiers, secteur dans lequel la balance du Royaume-Uni avec l'Union européenne est excédentaire, pourraient être négociés dans un second temps.

Pour simplifier le processus de ratification, l'Union européenne aura également intérêt à conclure, dans un premier temps, un accord qui ne comporte que des dispositions "communautaires" ne nécessitant que la ratification du Parlement européen. Les sujets "mixtes", comme les accords sur les investissements, qui doivent être en outre ratifiés par les parlements nationaux et certains parlements régionaux (43 au total), seraient également négociés plus tard.

Le cœur de l'accord sera un accord de libre-échange, que Michel Barnier résume par la formule "zéro droits de douane, zéro quotas, zéro dumping". Mais l'absence ou le faible niveau de droits de douane et de quotas dépendra de l'absence de dumping du Royaume-Uni. "Le niveau d'ambition de notre futur accord de libre-échange sera proportionnel au niveau et à la qualité des règles du jeu économique entre nous"[6]. Comme le souligne le négociateur en chef, le Royaume-Uni représente 9% des échanges commerciaux des 27, tandis que l'Union représente 43% des exportations et 50% des importations du Royaume-Uni.

Le concept de "level playing field" (conditions équitables), qui décrit la volonté européenne de maintenir des règles du jeu de qualité, est appelé à jouer dans la négociation un rôle aussi important que celui de "backstop" dans les discussions sur le retrait. Il recouvre le maintien de normes réglementaires, fiscales et environnementales le plus proche possible des normes européennes, au 1er janvier 2021 mais surtout à l'avenir, pour assurer à l'Union européenne que son voisin britannique ne deviendra pas un compétiteur déloyal.

En parallèle des négociations sur la relation future, l'Union européenne et le Royaume-Uni devront mettre en place le protocole sur la frontière irlandaise, question la plus épineuse de l'accord de retrait. Un comité mixte doit définir les produits qui pourront franchir la frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande - et ainsi entrer dans le marché unique - et ceux qui auront vocation à rester en Irlande du Nord. La différence entre les deux catégories décidera des contrôles douaniers à instaurer entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni. L'organisation, la responsabilité et la supervision de ces contrôles doivent également être détaillés.

***

Décisive pour la relation future entre l'Union européenne et son premier Etat membre à la quitter, la période de transition l'est également pour l'achèvement de l'accord de retrait. Comme dans la première négociation, les sujets pouvant tout faire échouer seront nombreux.

Annexe [7]

Le cadre des relations futures entre l'Union européenne et le Royaume-Uni

(Déclaration politique signée en octobre 2019)


 [1] Déclaration politique fixant le cadre des relations futures entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:12019W/DCL(01)&from=FR
[2] https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/MEMO_18_6422
[3] https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/MEMO_18_6422
[4] https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20200115IPR70329/composition-des-commissions-parlementaires-apres-le-brexit
[5] Michel Barnier, discours à Stockholm le 9 janvier, https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/STATEMENT_20_13
[6] Déclaration politique fixant le cadre des relations futures entre l'Union européenne et le Royaume-Uni
[7] Réalisée avec Kenza Bensaid et Myriam Dziewit Benallaoua                                

                                                                                     

Directeur de la publication : Pascale JOANNIN

FONDATION ROBERT SCHUMAN

https://www.robert-schuman.eu/fr/

Questions d'Europe n°544 - 28 janvier 2020      

Archives


L’Allemagne aujourd'hui est-elle un État ou une société ?

À l'heure où l'Union Européenne risque de se briser comme le Titanic sur d'énormes icebergs, l'État européen le plus puissant est presque sans gouvernement. Son économie florissante est au bord de la récession. La situation n’est pas aussi grave qu’à la fin de la République de Weimar, avant l’avènement du nazisme, mais cela nous inquiète un peu, l’Allemagne étant ce qu’elle est. Devant la proue de l'Europe, nous voyons surgir des icebergs tels le populisme d'État hongrois et polonais et le populisme partisan en Italie, en France, en Allemagne, en Espagne et ailleurs ; le manque de financement sérieux pour les vraies priorités politiques ; les négociations surréalistes du Brexit ; le chantage américain dans l'OTAN et la domination russe sur la côte méditerranéenne du Moyen-Orient ; sans parler de la guerre russe dans l'Est de l'Ukraine. En outre, avec des moyens politiques et cybernétiques, Moscou soutient des partis et des groupes radicaux dans l'UE.

Partis antisystème

Le 10 février 2020, un meurtre collectif raciste et prémédité dans la petite ville de Hanau en Hesse a secoué la scène politique allemande. A plus petite échelle, cet acte est comparable au massacre de Breivik à Oslo en 2011 et à celui de Brenton Tarrant à Christchurch en 2019. Les mass-médias ont invoqué simultanément le spectre du nazisme et le terrorisme d’extrême droite actuel. Or, il s’est trouvé que des élections nationales ont eu lieu à Hambourg le 23 février. L'opposition d'extrême droite en a pâti mais pas excessivement. Son parti, l’Alternative pour l'Allemagne (AfD), a perdu 0,8 % de ses voix. Avec néanmoins 5,3 %, elle reste présente au parlement régional. Elle est solidement implantée.

Lors de ces élections de Hambourg, la CDU chrétienne-démocrate a perdu -4,7 % de ses voix : cet ancien grand parti populaire a chuté à 11,2 %, son plus mauvais résultat à des élections régionales en près de 70 ans. Le SPD social-démocrate a perdu 6,6 %. Avec 39 % des voix, il cnserve toutefois la mairie de cette ville hanséatique, avec les Verts qui ont fait un bond de +11,9 % à 24,2 %. Une grande partie des électeurs du SPD (32 000) a migré vers les Verts. Ce n'était qu'une élection régionale, mais elle est très significative.

Bien sûr, l'AfD et le parti nazi NSDAP ne sont pas comparables bien que la nostalgie hitlérienne, ancrée notamment dans le groupe "Der Flügel" de Björn Höcke, soit inscritedans fasse partie de l’ADN de l’AfD. Peut-on définir ce parti par les termes "populisme" ou "néo-fascisme". Ils sont trop généraux et trop vagues. Selon le politologue Wilhelm Heitmeyer, il s'agit en l’occurrence d'un "parti extrémiste, national, autoritaire" qui vise à "déstabiliser" l'État démocratique. Par exemple, l’AfD a récemment réussi à déclencher une crise politique à Berlin en apportant son appui à l’élection d'un premier ministre libéral en Thuringe.

Certes, plus que tout autre État en Europe, la République fédérale d'Allemagne est, pour des raisons historiques, allergique au nazisme et résistante au marxisme. Mais c'est précisément pour cette raison que s’y constituent (comme ailleurs en Europe) des groupes protestataires qui rendent hommage à ces idoles idéologiques du 20ème siècle. Ils savent exactement où cela fait mal et jusqu'où on peut frapper sans se faire pincer par la justice. Ils ne forment pas une véritable opposition parlementaire. Ils sont "anti-système", comme le fut le NSDAP en son temps. Leur objectif est d’éliminer la démocratie et l’économie libérale et même s’ils proclament le contraire, on se doute bien que c’est ce qui se passerait s’ils arrivaient au pouvoir.

Le virus vait été éradiqué en 1945 et à nouveau en 1989, mais des métastases sont restées. La plupart des partisans de l'AfD, et aussi de Die Linke, le parti de la gauche néo-communiste, ne les voient pas. Les métastases sont invisibles et généralisées.

Un mêli-mêlo de six partis

De 1949 à 1983, les partis radicaux (DKP, Reichspartei, NPD, Républicains) avaient été tenus en échec pour cause d’inconstitutionnalité et ne pouvaient s’enraciner qu’au niveau régional. L'État conforme à la Loi fondamentale de 1949 était dirigé par un gouvernement tripartite: la CDU/CSU chrétienne-démocrate et chrétienne-sociale, le SPD social-démocrate et le FDP libéral. Ainsi, la démocratie constitutionnelle allemande a-t-elle bien fonctionné et surmonté tous les obstacles, y compris l'infiltration par la Stasi pendant la Guerre froide et le terrorisme de la Bande  à Baader dans les années 1970. Au début de 1983, les Verts ont transformé ce trio en quatuor (actuellement, on compte 67 Verts sur un total de 709 membres du Bundestag). Mais Les Verts (Bündnis90- Die Grünen) n’ont jamais été un corps étranger dans un Allemagne de toute façon plutôt "verdâtre" et devenue, sous l'aile de l'OTAN, presque un pays neutre, en tout cas après la fin de la Guerre froide en 1989.

En 1991, La Gauche néo-communiste (Die Linke) est entrée au Parlement fédéral (elle a actuellement 69 députés). Mais les relents de la dictature est-allemande lui collaient à la peau. Elle n'était pas coalisable à l’échelon fédéral. Il en fut autrement en revanche en 2017, lorsque l'AfD entra au Bundestag (avec 89 députés). L’AfD fut perçue comme un authentique danger pour la République. Sa progression s'est déroulée en trois phases : d'un club d’économistes distingués anti-euro en 2013-2014, en passant par un mouvement populaire de rejet de l’immigration à partir de 2015, à un parti anti-écologie aujourd'hui. La campagne anti-euro s'est ensablée au fur et à mesure que l'euro s’avérait être définitivement inoxydable. La campagne anti-écologie pourrait s'éteindre parce que le changement climatique est palpable et qu’il est aussi largement dû à l'homme. La science le dit, c’est un fait patent et avéré.

Opportuniste et flexible comme elle l’est, l'AfD trouvera d'autres slogans pour sa lutte. Ceci dit, l'éco-vague verte est si écrasante en ce moment qu'elle change le paysage politique et touche particulièrement les jeunes. Elle engendrera des opposants radicaux et des partisans radicaux. Les voix de ceux qui pensent que le problème climatique, en raison même de son importance pour l'avenir de l'humanité, ne doit pas être politisé, ne sont pas assez audibles.

En ce qui concerne l'immigration et l'islamisation de l'Europe qui en résulte, nous ne sommes qu'au tout début de la vague migratoire qui peut devenir incommensurable et plus vite qu’on l’imagine. Les bonnes âmes imbues d’elles-mêmes qui prétendent que l’immigration n'est pas un problème, sont de moins en moins crédibles. Cela apporte de l'eau au moulins des populistes.

Plus d'argent pour l'Europe

La montée des partis très à gauche et très à droite est également favorisée par deux facteurs : l'affaiblissement du gouvernement allemand et des partis populaires qui le soutiennent, la CDU/CSU et le SPD, et l'usure personnelle de la chancelière Merkel après 15 ans à la tête du pays. La nouvelle stagnation de l'économie allemande serait également un facteur négatif si elle devait produire inopinément du chômage. Le ralentissement de la croissance est dû au fait qu'en Allemagne, comme en Europe en général, le passage aux nouvelles technologies n'a pas eu lieu en temps voulu ni de manière exhaustive. On a eu recours aux importations en provenance des États-Unis et surtout de Chine, avec les dépendances qui en résultent. Politiquement, l'influence de l'Allemagne en Europe diminue, d'autant plus qu'elle s'est éloignée des pays d'Europe centrale et orientale et des Balkans plus que les autres États d'Europe occidentale, car elle ne comprend pas leurs revendications identitaires.

Avec l'appui du président français Emmanuel Macron, Angela Merkel a réussi à faire en sorte qu'Ursula von der Leyen réussisse, face à l'imperceptible "Spitzenkandidat" de la droite européenne, le Bavarois Manfred Weber, à obtenir la présidence de la Commission de Bruxelles. Mais cette promotion de sa très loyale et très qualifiée camarade ne signifie en aucun cas que la chancelière ait marqué des points. Sans mentionner le faux pas de Merkel lorsqu'elle avait recommandé en juin 2018 le transfert du siège du Parlement européen de Strasbourg à Bruxelles, son successeur éventuel - outre Friedrich Merz -, le Premier ministre de NRW Armin Laschet, a critiqué la politique européenne de la chancelière et du gouvernement allemand lors de la dernière conférence de Munich sur la sécurité. C’était après que la "Princesse héritière" de Mme Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer, ait renoncé à la présidence de la CDU et à sa candidature à la chancellerie, "Ces dernières années, cette politique a souvent manqué de courage et de rapidité (...). Aujourd'hui, le président français fait des propositions, nous avons besoin de trop de temps pour réagir", a déclaré le leader rhénan.

Selon M. Laschet, l'Allemagne doit à nouveau développer de grandes initiatives pour l'Europe, comme sous le chancelier Helmut Kohl, et promouvoir leur mise en œuvre pendant la présidence allemande du Conseil de l'UE qui doit commencer cet été. Lorsqu'on lui a demandé si ses critiques visaient Mme Merkel, il a répondu qu'il aurait aimé voir venir une réponse constructive à Macron en septembre 2017, "plus rapide et aussi greffée sur les propos " du président français. L'Allemagne doit également assumer une plus grande responsabilité financière en Europe, a-t-il insisté.

De la stabilité à l'immobilité

Lors des séismes politiques qui ont secoué le monde depuis 2001, l'Allemagne réunifiée a été un modèle de stabilité et de continuité. Elle a été le lest de l'Europe, son équilibre. Mais si actuellement sa stabilité s’accroit, c’est qu’elle adhère tacitement à la devise de Ludwig Erhard des années 1960 : "Pas d'aventures". S’ajoute que la "fillette" de Kohl qui a muté en "maman" des Allemands, a pris il y a quelques années deux décisions discutables : sans consulter ni ses partenaires européens, ni le peuple allemand et ses élus, elle a décidé d'abandonner prématurément l'énergie nucléaire, et sans préparation matérielle et psychologique, elle a ouvert tout grande la porte à l'immigration.

Ce faisant, la chancelière a ignoré le ressenti de ses concitoyens et a agi selon des principes idéologiques ou éthiques en contradiction avec la réalité politique. Et elle l'a fait avec une rigidité croissante, sans jamais formuler un mea culpa que tout électeur aurait apprécié. Si elle a rêvé avec cela d'entrer dans l'histoire, elle a fait un mauvais calcul. Mais ce qui est fait est fait. Ce qui est plus regrettable, c'est qu'au cours du dernier mandat de Mme Merkel, le modèle de stabilité allemand soit devenu un modèle d'immobilité. La chancelière tiendra la barre jusqu'à l'automne 2021 car elle a juré de ne pas refaire acte de candidature. En atendant, l'Allemagne est dirigée par une coalition gouvernementale composée de la CDU/CSU et du SPD qui a tout l’air d’un mariage de carpe et de lapin. Grande Coalition signifiait « grande entente ». C'est devenu synonyme de «grande immobilité ». Toute la question est de savoir si l'Allemagne est encore un État ou si elle n’est plus qu’une société.

Ce qui faisait la force de Merkel, son calme et sa sérénité, s'avère être un inconvénient dans le chaos actuel.  En 2007-2008 déjà, quand elle avit sous-estimé la crise économique et financière mondiale et que Nicolas Sarkozy avait dû lui rappeler son devoir, il aurait fallu veiller au grain. Mais Merkel était alors à juste titre populaire; l'économie allemande était forte grâce à la libéralisation et à la flexibilisation introduites par Gerhard Schröder. La fédération syndicale allemande DGB, qui n'est pas imprégnée de marxisme-léninisme comme la CGT en France, fut d'une grande aide. L'Allemagne est le seul pays d'Europe qui sortit de la crise presque sans une égratignure - à part la Pologne, mais à un niveau bien plus élevé.

Les tranquillisants sont inefficaces 

Aujourd'hui, on ne peut plus se contenter de platitudes oratoires et délivrer des pilules de valium, car nous sommes dans un monde qui a radicalement et rapidement changé et qui poursuit sa mutation et où les jeunes sont plus informés et peut-être plus clairvoyants que jadis. Du moins faut-il l’espérer. La décimation de la classe moyenne et - surtout en France mais pas seulement là – l’égalisation de la société vers le bas au nom de la justice sociale, ainsi que la perte de culture et d'identité, effraient les citoyens attentifs. Il n'est pas étonnant que les gens qui voient les réalités et se sentent trompés par le "courant dominant" de gauche persistant dans les médias, ce courant d’information qui banalise la casse perpétrée par les « black blocs » et le terrorisme islamiste, affluent vers l'extrême droite qui ne les induira pas moins en erreur, mais d’une autre manière.(Jean-Paul Picaper- 02.03.2020)


Die Kunst des Möglichen

von Rainhard Kloucek *

Zirka 300 Seiten umfasst das Arbeitsprogramm der neuen österreichischen Bundesregierung. Neben einigen positiven Inhalten gibt es eine Reihe von Widersprüchlichkeiten und ideologischen Verrenkungen. Der Klimaschutz dient als Rechtfertigung für alles.

Würde man Richard Coudenhove-Kalergis Unterscheidung zwischen totalem Menschen und totalem Staat als Bewertungsgrundlage zur Beurteilung des Arbeitsprogramms der neuen österreichischen Bundesregierung hernehmen, so wäre das Ergebnis eindeutig: dieses Programm ist ein Programm des totalen Staates. Der Staat steht über dem Bürger, der Bürger hat dem Staat zu dienen, der Staat hat die Pflicht das Verhalten der Bürger zu lenken. Daran ändert auch das im Kapitel „Verfassung, Verwaltung & Transparenz“ verankerte Bekenntnis zu einem „nachhaltig und serviceorientiert agierenden öffentlichen Sektor“ nichts. Die Rechtfertigung für jeglichen Eingriff des Staates ist die Klimapolitik, die den roten Faden – der eher ein Strick ist – durch das Regierungsprogramm bildet.

Beginnen wir aber mit den positiven Vorhaben. Das Regierungsprogramm enthält ein klares Bekenntnis zu Europa, zur Europäischen Union und zu deren Weiterentwicklung. In einer Presseaussendung zur Angelobung der Regierung hat die Paneuropabewegung Österreich deshalb festgehalten: „In Europa fragen gibt das Programm der heute angelobten Bundesregierung aus Sicht der Paneuropabewegung Österreich durchaus Anlass zu Optimismus. Wichtig ist dabei vor allem der proklamierte Einsatz für ein Europa der Demokratie, der Menschenrechte und des Rechtsstaates, mit einem starken Schutz der Außengrenzen und mit Wettbewerbsfähigkeit.“ Positiv bewertet wird ein Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen, zur Aufnahme der Länder Südosteuropas in die EU, zur Visaliberalisierung für den Kosovo, ein Bekenntnis zur Unabhängigkeit der Ukraine, das Abrücken vom Einstimmigkeitsprinzip bei wichtigen Entscheidungen im EU-Rat oder die Forderung nach einer Zusammenlegung der Tagungsorte des Europäischen Parlamentes.

Und der Paneuropa-Jugend Vorsitzende Philipp Jauernik spricht in der Pressemeldung noch den Punkt an, dass das Europäische Parlament bisher eher als Abschiebestation für Politiker genutzt wurde: „Mit Elisabeth Köstinger, Karoline Edtstadler und Ulrike Lunacek sind nun drei ehemalige EU-Abgeordnete vertreten. Zählt man Werner Kogler dazu, sind es sogar vier. Damit ist das Europäische Parlament wohl endgültig seine frühere Konnotation los, und dient vielmehr als Rekrutierungspool für politische Führungskräfte. Das kann man nur begrüßen.“

Abgabenquote soll gegen 40 Prozent sinken

Auch im Bereich der Steuerpolitik sind durchaus positive Elemente enthalten. So gibt es ein Bekenntnis zu einer Senkung der Abgabenquote Richtung 40 Prozent. Dazu will man die ersten drei Progressionsstufen senken (von 25 auf 20, von 35 auf 30, von 42 auf 40) und die Körperschaftssteuer auf 21 Prozent. Der Staat soll mit dem Geld der Steuerzahler sorgsam umgehen, ein ausgeglichenes Budget wird als Ziel formuliert, die Schulden sollen auf 60 Prozent des BIP sinken (wie es der Maastricht-Vertrag vorschreibt). Ja, es wird sogar eine Spendenabsetzbarkeit für gemeinnützige Organisationen geprüft. Auf europäischer Ebene will man sich gegen eine gemeinsame Einlagensicherung bei den Banken zur Wehr setzen, was durchaus im Sinne der österreichischen Sparer ist.

Steuern als Lenkungsmechanismus

Doch wie in einigen anderen Kapiteln werden positive Maßnahmen durch andere Maßnahmen teilweise in Frage gestellt, konterkariert oder gar in ihr Gegenteil verkehrt. So heißt es beispielsweise zur Steuerreform: „Darüber hinaus sind Steuern auch ein wichtiger Lenkmechanismus, um individuelles Verhalten mit den Interessen des Allgemeinwohls in bestmöglichen Einklang zu bringen.“ Genau das aber sind Steuern in einem liberalen Rechtsstaat nicht. Steuern sind dazu da, das Einkommen des Staates für seine Aufgaben zu bekommen. Der liberale Rechtsstaat setzt keine Glücksvorstellungen durch, er lenkt nicht das Verhalten der Menschen. Jeder Mensch hat das Recht, nach eigenen Vorstellungen sein Glück zu suchen, soferne dabei nicht Rechte eines anderen Menschen eingeschränkt werden.

Die kalte Progression wird wohl bleiben

Obwohl vor der Wahl (so wie auch schon vor der Wahl 2017) versprochen, finden sich keine konkreten Hinweise zur Beseitigung der kalten Progression. Werden die Progressionsstufen nicht automatisch mit der Inflation angehoben, so rücken Menschen aufgrund der inflationsangepassten Gehaltssteigerungen in Progressionsstufen vor, die nie für ihre Einkommenskategorie gedacht waren.

Die kalte Progression stellt eine Inflationssteuer dar, der Staat verschafft sich Zusatzeinkommen. Unter dem Titel Steuerreform werden dann alle paar Jahre die Progressionsstufen zum Teil angepasst. Das was aber als Steuerreform angekündigt ist, hat der Steuerzahler de facto bereits selber finanziert. Diese enteignende Charakteristik der kalten Progression wird auch beim Familienbonus schlagend, der – das muss ebenfalls positiv erwähnt werden – erhöht werden soll. Nach diversen Berechnungen sind Familien (also mit Kindern) auch die einzigen Profiteure der angekündigten Steuerreform.

Geprüft werden soll eine Anpassung der Grenzbeträge für die Progressionsstufen unter der Berücksichtigung von Verteilungseffekten. Damit wird also die versprochene Beseitigung der kalten Progression nicht nur vertagt, sondern zusätzlich auch noch mit Verteilungseffekten belastet. Kanzler Kurz hatte bereits im Vorjahr einmal erklärt, dass er die Beseitigung der kalten Progression für nicht sozial gerechtfertigt halte, weil sie nur den Besserverdienern nutze. Damit hat er klar zum Ausdruck gebracht, dass es offensichtlich eine Nivellierung der Einkommen geben soll. Das wird durch die Beschränkung bei der Anpassung der Progressionsstufen auf die unteren drei Stufen bestätigt. Die Folge ist eine schleichende Ausrottung des Mittelstandes, der durch Gehaltssteigerungen aufgrund der Inflation von einer Mittelstandsbesteuerung in eine Reichenbesteuerung rutscht. In dieses Bild passt die Ankündigung von Finanzminister Blümel, den ursprünglich befristeten Höchststeuersatz von 55 nicht wie vorgesehen auslaufen zu lassen, sondern zu behalten.

Der Mittelstand wird weiter dezimiert

Ein möglichst breiter Mittelstand ist aber für eine demokratische Gesellschaft von hoher Bedeutung. Eine demokratische Gesellschaft braucht wirtschaftlich unabhängige Menschen, die nicht auf Verteilungsleistungen des Staates angewiesen sind.

In praktisch jeder Regierungserklärung steht die Bekämpfung des Steuerbetrugs. Im aktuellen Programm steht die Forderung nach der Einführung einer Transaktionssteuer. Eine besonders gefährliche Passage stellt der Plan dar, wonach Banken bei sogenannten grünen Krediten weniger Eigenkapital hinterlegen müssen. Die Hinterlegung von Eigenkapital dient dem Risikoausgleich. Praktisch alle Bankenkrisen haben auch mit fehlendem Eigenkapital der Geldhäuser zu tun. Je höher das Risiko bei Krediten, umso höher muss auch die Eigenkapitalhinterlegung sein. Wird diese ökonomische Vernunftregel für sogenannte grüne Kredite außer Kraft gesetzt, wird damit die Behauptung aufgestellt, solche „grünen Kredite“ seien automatisch sicher. Eine ganze Reihe von Pleiten in diesem Wirtschaftssektor beweist das Gegenteil. Mit einer solchen Bestimmung würde also der Grundstein für eine neue Bankenkrise gelegt.

Neutralität kann nicht verteidigt werden

Mit Spannung erwartet wurde die Stellung der neuen Bundesregierung zur Sicherheitspolitik. Die ablehnende Haltung der Grünen zum Bundesheer war und ist bekannt. Und auch die Polizei gilt nicht unbedingt als Freund der Grünen. Gerade in dem Bereich trat die ÖVP mit Aussagen auf, die von der FPÖ hätten kommen können. Nur im Wahlkampf leistete sich der Bundeskanzler einen Schnitzer, als er im ORF zum Thema Bundesheer und dessen finanzieller und materieller Unterausstattung anmerkte, dass es die Panzerschlacht im Weinviertel nicht mehr gäbe. Die Aussage gilt als Code dafür, dass das Bundesheer weder schweres Gerät noch mehr Geld benötigt. Nun will man bei der Polizei 2.300 neue Planstellen schaffen und das Bundesheer materiell, finanziell und personell für die Herausforderungen rüsten. Gleichzeitig wird die Neutralität als „unumstößlich“ definiert.

Die Kernaussage zur militärischen Landesverteidigung kommt aber ein paar Zeilen weiter: „Die Ausrüstung soll spezifisch und im Besonderen im Hinblick auf diese Aufgaben ausgestaltet werden. Daher wurden schon in den letzten Jahren schwere Waffengattungen reduziert, da diese nicht mehr in dem Ausmaß wie zur Zeit des Kalten Krieges erforderlich sind. Diese Politik wird fortgesetzt, die Kernkompetenzen in der Ausbildung sollen weiterhin sichergestellt werden“. Damit soll konsequent umgesetzt werden was Sebastian Kurz mit dem Hinweis auf die nicht mehr stattfindende Panzerschlacht gemeint hat. Da die „unumstößliche“ Neutralität nur mit einem voll ausgestatteten Militär garantiert werden kann, darf diese Passage als eine der vielen Widersprüchlichkeiten in dem Programm gewertet werden.

Der Bundestrojaner soll nun doch kommen

Das Sicherheitskapitel enthält einige weitere eher problematische Ankündigungen. So spricht es von einer „Weiterentwicklung und Intensivierung der Zusammenarbeit mit NGOs (Polizei. Macht. Menschen. Rechte)“, ohne darzulegen welche Nichtregierungsorganisationen damit privilegiert werden sollen, in die staatliche Arbeit der Polizei (und zu welchem Zweck) miteinbezogen zu werden. Gut klingt die Feststellung: „Gläserner Staat statt gläserner Bürger: Umfassende Evaluierung gesetzlicher Regelungen von Ermittlungsmaßnahmen bestehender Überwachungssysteme unter Einbindung der Zivilgesellschaft und unabhängiger Expertinnen und Experten sowie Erstellung eines Berichts.“

Bereits im nächsten Absatz wird dann die Schaffung einer regelkonformen Überwachung von verschlüsselten Nachrichten im Internet angekündigt, was einen neuen Anlauf zur Etablierung des sogenannten „Bundestrojaner“ bedeutet.

Privater Verein bekommt Zugang zu Daten

Zu den höchst problematischen Forderungen gehört die Ankündigung, wonach das Dokumentationsarchiv des Österreichischen Widerstandes DÖW Zugang zum Datenmaterial des Innen- und Justizministeriums bekommen soll, um auf diese Weise Rechtsextremismus und Antisemitismus zu bekämpfen. Damit bekommt ein privater Verein Zugang zu Daten, die aufgrund ihrer Sensibilität unter staatlicher Verwaltung standen. Die Linksorientierung des DÖW ist bekannt.

Der Linksextremismus wird nicht bekämpft

Weiters gefordert wird die „Einberufung eines jährlichen Koordinationsausschusses zwischen Regierung, Parlament, Ländern und der Zivilgesellschaft über Maßnahmen zur Bekämpfung des Rechtsextremismus.“ Das heißt, die Regierung will sich mit der linken Zivilgesellschaft verbrüdern, um den Rechtsextremismus zu bekämpfen. Und, die Regierung will „Maßnahmen setzen, um Vereine, die staatsfeindliches Gedankengut (so wie die Identitären) verbreiten, wirksam zu bekämpfen“. Die Regierung will also allen Ernstes Gedankengut bekämpfen, das sie für staatsfeindlich hält. Das ist aus mindestens zwei Gründen brandgefährlich. Erstens ist die Bekämpfung von Gedankengut ein Widerspruch zur geltenden Lehre, die besagt: „Die Gedanken sind frei.“

Nur totalitäre Regime haben bisher Gedanken bekämpft. Zweitens ist völlig offen, was denn „staatsfeindliches Gedankengut“ sein soll. Das Programm gibt dazu keinerlei weitere Auskünfte. Die Nennung der Identitären als Beispiel geht am eigentlichen Begriff des Staatsfeindlichen vorbei, der sprachlich eher suggerieren würde, dass anarchistisches Gedankengut bekämpft werden sollte. Die Identitären sind aber alles andere als anarchistisch. Ihre Ideologie ist stark von Alexander Dugin, einem schwülstig-faschistischen „Philosophen“ aus Russland beeinflusst. Sie sind also nicht gegen den Staat, sondern verlangen einen stark regulierenden Staat.

Überhaupt fällt auf, dass der Kampf – abgesehen vom notwendigen Kampf gegen den Antisemitismus – immer nur gegen einen Rechtsextremismus geführt werden soll. Vom Linksextremismus, der mindestens genauso gefährlich wie der Rechtsextremismus ist, und der in der jüngeren Vergangenheit in Europa mehr Zerstörungen angerichtet hat als der Rechtsextremismus, wird in dem Regierungsprogramm kein einziges Mal geredet.

Trennung zwischen Asyl und Arbeitsmigration

Wiederum positiv im Bereich der Sicherheitspolitik fällt die klare Trennung zwischen Arbeitsmigration und Asyl auf. Gefordert wird eine Stärkung des europäischen Außengrenzschutzes durch eine Aufstockung von Frontex. Der Verteilung von Migranten in der EU wird eine Absage erteilt, weil sie nicht funktioniert hat.

In einigen Bereichen des Programms muss man den Eindruck gewinnen, dass von verschiedenen Seiten Beiträge zu konkreten Sachthemen einflossen, die aber nicht koordiniert wurden. Ein schönes Beispiel dafür ist das oben bereits genannte Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen. Im Europakapitel heißt es dazu: „Österreich wirkt auf europäischer und internationaler Ebene protektionistischen Tendenzen entschlossen entgegen.“

Ein Plädoyer für den Protektionismus

Danach wird eine derartige Vielzahl von Forderungen an solche Freihandelsabkommen gestellt, dass selbst härteste Vertreter der Schutzzollindustrien (um einen Begriff von Richard Coudenhove-Kalergi zu verwenden) neidisch erblassen würden, weil ihnen die Fantasie fehlt, um Protektionismus derart zu tarnen. Analysiert man diesen Forderungskatalog, so würde das bedeuten, dass Handel nur mehr unter der Bedingung betrieben werden darf, dass beim Handelspartner exakt gleiche Bedingungen (in allen Bereichen) herrschen wie in Österreich. Das Gesetz der komperativen Kostenvorteile wird damit durch eine politische Erklärung negiert. Als Folge wird im Europa-Kapitel das Mercosur-Abkommen in „dieser Form“ abgelehnt. Ganz anders klingt das im Landwirtschaftskapitel. Da gibt es keine ausweichenden Formulierungen mehr, da heißt es nur mehr: „Nein zu Mercosur“.

Die Klimapolitik ist nicht nur das umfangreichste Kapitel in dem Regierungsprogramm, Klimapolitik zieht sich auch durch alle anderen Kapitel. So fordert man etwa im Sicherheitskapitel: „Klimataugliche Arbeitsbedingungen schaffen“. „Auch die Polizei kann und soll einen Beitrag zur Steigerung der Nachhaltigkeit und Erreichung der Klimaziele leisten. Dahingehendes Potenzial soll erhoben und genutzt werden.“ Oder in einem anderen Zusammenhang: Kunst und Kultur soll auch der Klimapolitik dienen. Österreich will Klimaschutzvorreiter in der EU werden. Deshalb soll ein Flugticket um zwölf Euro verteuert werden, die Nova wird erhöht, den Tanktourismus will man unterbinden und der ausländische Lkw-Schwerverkehr soll reduziert werden. Klimaschutz wird als Beitrag zur Gerechtigkeit gesehen, Österreich soll 2040 klimaneutral sein.

Gefordert wird eine „Erhöhung der internationalen Klimafinanzierung: Signifikante Erhöhung des österreichischen Beitrags zum Green Climate Fund“. Ein Nationaler Energie und Klimaplan NEKP – der in der Namensgebung an die Neue Ökonomische Politik NEP unter Lenin erinnert – soll geschaffen werden, ebenso ein eigenes Klimakabinett.

In der Außenpolitik will man eine eigene Klimadiplomatie erfinden. Dazu soll auch noch ein Klimabotschafter ernannt und eine grüne Diplomatie geschaffen werden.

Unter dem Titel einer „Green Finance Agenda“ soll eine „Bürgerstiftung Klimaschutz“ Private dazu bewegen, ihr Geld in Klimaschutz zu investieren. Abgerundet wird diese Klimapolitik noch durch das „Angebot eines täglichen Klimatellers in Österreichs öffentlichen Küchen“.

Wahrscheinlich aufgrund der Klimaerwärmung fordert die türkis-grüne Bundesregierung ein Aus für Heizöl, Kohle und fossiles Gas. Ein Phase-out für Öl und Kohle in der Raumwärme soll noch in diesem Jahr bei Neubauten seinen Anfang nehmen, ab 2021 gilt es für Heizungswechsel. Ab 2025 müssen alle Kessel älter als 25 Jahre ausgetauscht werden, ab 2035 dann alle Kessel. Gaskessel-Neuanschlüsse in Neubauten sollen ab 2025 verboten werden, fossiles Gas soll grundsätzlich bald der Vergangenheit angehören.

Die Republik Österreich ist an der OMV beteiligt, und der Außenminister der Republik verteidigte jüngst in einem Interview den Bau der Gas-Pipeline (fossiles Gas aus Russland) Nord Stream 2. Politik bleibt die Kunst des Möglichen. (RK - *Generalsekretär von Paneuropa Österreich)

Die Kunst des Möglichen

von Rainhard Kloucek *

Zirka 300 Seiten umfasst das Arbeitsprogramm der neuen österreichischen Bundesregierung. Neben einigen positiven Inhalten gibt es eine Reihe von Widersprüchlichkeiten und ideologischen Verrenkungen. Der Klimaschutz dient als Rechtfertigung für alles.

Würde man Richard Coudenhove-Kalergis Unterscheidung zwischen totalem Menschen und totalem Staat als Bewertungsgrundlage zur Beurteilung des Arbeitsprogramms der neuen österreichischen Bundesregierung hernehmen, so wäre das Ergebnis eindeutig: dieses Programm ist ein Programm des totalen Staates. Der Staat steht über dem Bürger, der Bürger hat dem Staat zu dienen, der Staat hat die Pflicht das Verhalten der Bürger zu lenken. Daran ändert auch das im Kapitel „Verfassung, Verwaltung & Transparenz“ verankerte Bekenntnis zu einem „nachhaltig und serviceorientiert agierenden öffentlichen Sektor“ nichts. Die Rechtfertigung für jeglichen Eingriff des Staates ist die Klimapolitik, die den roten Faden – der eher ein Strick ist – durch das Regierungsprogramm bildet.

Beginnen wir aber mit den positiven Vorhaben. Das Regierungsprogramm enthält ein klares Bekenntnis zu Europa, zur Europäischen Union und zu deren Weiterentwicklung. In einer Presseaussendung zur Angelobung der Regierung hat die Paneuropabewegung Österreich deshalb festgehalten: „In Europa fragen gibt das Programm der heute angelobten Bundesregierung aus Sicht der Paneuropabewegung Österreich durchaus Anlass zu Optimismus. Wichtig ist dabei vor allem der proklamierte Einsatz für ein Europa der Demokratie, der Menschenrechte und des Rechtsstaates, mit einem starken Schutz der Außengrenzen und mit Wettbewerbsfähigkeit.“ Positiv bewertet wird ein Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen, zur Aufnahme der Länder Südosteuropas in die EU, zur Visaliberalisierung für den Kosovo, ein Bekenntnis zur Unabhängigkeit der Ukraine, das Abrücken vom Einstimmigkeitsprinzip bei wichtigen Entscheidungen im EU-Rat oder die Forderung nach einer Zusammenlegung der Tagungsorte des Europäischen Parlamentes.

Und der Paneuropa-Jugend Vorsitzende Philipp Jauernik spricht in der Pressemeldung noch den Punkt an, dass das Europäische Parlament bisher eher als Abschiebestation für Politiker genutzt wurde: „Mit Elisabeth Köstinger, Karoline Edtstadler und Ulrike Lunacek sind nun drei ehemalige EU-Abgeordnete vertreten. Zählt man Werner Kogler dazu, sind es sogar vier. Damit ist das Europäische Parlament wohl endgültig seine frühere Konnotation los, und dient vielmehr als Rekrutierungspool für politische Führungskräfte. Das kann man nur begrüßen.“

Abgabenquote soll gegen 40 Prozent sinken

Auch im Bereich der Steuerpolitik sind durchaus positive Elemente enthalten. So gibt es ein Bekenntnis zu einer Senkung der Abgabenquote Richtung 40 Prozent. Dazu will man die ersten drei Progressionsstufen senken (von 25 auf 20, von 35 auf 30, von 42 auf 40) und die Körperschaftssteuer auf 21 Prozent. Der Staat soll mit dem Geld der Steuerzahler sorgsam umgehen, ein ausgeglichenes Budget wird als Ziel formuliert, die Schulden sollen auf 60 Prozent des BIP sinken (wie es der Maastricht-Vertrag vorschreibt). Ja, es wird sogar eine Spendenabsetzbarkeit für gemeinnützige Organisationen geprüft. Auf europäischer Ebene will man sich gegen eine gemeinsame Einlagensicherung bei den Banken zur Wehr setzen, was durchaus im Sinne der österreichischen Sparer ist.

Steuern als Lenkungsmechanismus

Doch wie in einigen anderen Kapiteln werden positive Maßnahmen durch andere Maßnahmen teilweise in Frage gestellt, konterkariert oder gar in ihr Gegenteil verkehrt. So heißt es beispielsweise zur Steuerreform: „Darüber hinaus sind Steuern auch ein wichtiger Lenkmechanismus, um individuelles Verhalten mit den Interessen des Allgemeinwohls in bestmöglichen Einklang zu bringen.“ Genau das aber sind Steuern in einem liberalen Rechtsstaat nicht. Steuern sind dazu da, das Einkommen des Staates für seine Aufgaben zu bekommen. Der liberale Rechtsstaat setzt keine Glücksvorstellungen durch, er lenkt nicht das Verhalten der Menschen. Jeder Mensch hat das Recht, nach eigenen Vorstellungen sein Glück zu suchen, soferne dabei nicht Rechte eines anderen Menschen eingeschränkt werden.

Die kalte Progression wird wohl bleiben

Obwohl vor der Wahl (so wie auch schon vor der Wahl 2017) versprochen, finden sich keine konkreten Hinweise zur Beseitigung der kalten Progression. Werden die Progressionsstufen nicht automatisch mit der Inflation angehoben, so rücken Menschen aufgrund der inflationsangepassten Gehaltssteigerungen in Progressionsstufen vor, die nie für ihre Einkommenskategorie gedacht waren.

Die kalte Progression stellt eine Inflationssteuer dar, der Staat verschafft sich Zusatzeinkommen. Unter dem Titel Steuerreform werden dann alle paar Jahre die Progressionsstufen zum Teil angepasst. Das was aber als Steuerreform angekündigt ist, hat der Steuerzahler de facto bereits selber finanziert. Diese enteignende Charakteristik der kalten Progression wird auch beim Familienbonus schlagend, der – das muss ebenfalls positiv erwähnt werden – erhöht werden soll. Nach diversen Berechnungen sind Familien (also mit Kindern) auch die einzigen Profiteure der angekündigten Steuerreform.

Geprüft werden soll eine Anpassung der Grenzbeträge für die Progressionsstufen unter der Berücksichtigung von Verteilungseffekten. Damit wird also die versprochene Beseitigung der kalten Progression nicht nur vertagt, sondern zusätzlich auch noch mit Verteilungseffekten belastet. Kanzler Kurz hatte bereits im Vorjahr einmal erklärt, dass er die Beseitigung der kalten Progression für nicht sozial gerechtfertigt halte, weil sie nur den Besserverdienern nutze. Damit hat er klar zum Ausdruck gebracht, dass es offensichtlich eine Nivellierung der Einkommen geben soll. Das wird durch die Beschränkung bei der Anpassung der Progressionsstufen auf die unteren drei Stufen bestätigt. Die Folge ist eine schleichende Ausrottung des Mittelstandes, der durch Gehaltssteigerungen aufgrund der Inflation von einer Mittelstandsbesteuerung in eine Reichenbesteuerung rutscht. In dieses Bild passt die Ankündigung von Finanzminister Blümel, den ursprünglich befristeten Höchststeuersatz von 55 nicht wie vorgesehen auslaufen zu lassen, sondern zu behalten.

Der Mittelstand wird weiter dezimiert

Ein möglichst breiter Mittelstand ist aber für eine demokratische Gesellschaft von hoher Bedeutung. Eine demokratische Gesellschaft braucht wirtschaftlich unabhängige Menschen, die nicht auf Verteilungsleistungen des Staates angewiesen sind.

In praktisch jeder Regierungserklärung steht die Bekämpfung des Steuerbetrugs. Im aktuellen Programm steht die Forderung nach der Einführung einer Transaktionssteuer. Eine besonders gefährliche Passage stellt der Plan dar, wonach Banken bei sogenannten grünen Krediten weniger Eigenkapital hinterlegen müssen. Die Hinterlegung von Eigenkapital dient dem Risikoausgleich. Praktisch alle Bankenkrisen haben auch mit fehlendem Eigenkapital der Geldhäuser zu tun. Je höher das Risiko bei Krediten, umso höher muss auch die Eigenkapitalhinterlegung sein. Wird diese ökonomische Vernunftregel für sogenannte grüne Kredite außer Kraft gesetzt, wird damit die Behauptung aufgestellt, solche „grünen Kredite“ seien automatisch sicher. Eine ganze Reihe von Pleiten in diesem Wirtschaftssektor beweist das Gegenteil. Mit einer solchen Bestimmung würde also der Grundstein für eine neue Bankenkrise gelegt.

Neutralität kann nicht verteidigt werden

Mit Spannung erwartet wurde die Stellung der neuen Bundesregierung zur Sicherheitspolitik. Die ablehnende Haltung der Grünen zum Bundesheer war und ist bekannt. Und auch die Polizei gilt nicht unbedingt als Freund der Grünen. Gerade in dem Bereich trat die ÖVP mit Aussagen auf, die von der FPÖ hätten kommen können. Nur im Wahlkampf leistete sich der Bundeskanzler einen Schnitzer, als er im ORF zum Thema Bundesheer und dessen finanzieller und materieller Unterausstattung anmerkte, dass es die Panzerschlacht im Weinviertel nicht mehr gäbe. Die Aussage gilt als Code dafür, dass das Bundesheer weder schweres Gerät noch mehr Geld benötigt. Nun will man bei der Polizei 2.300 neue Planstellen schaffen und das Bundesheer materiell, finanziell und personell für die Herausforderungen rüsten. Gleichzeitig wird die Neutralität als „unumstößlich“ definiert.

Die Kernaussage zur militärischen Landesverteidigung kommt aber ein paar Zeilen weiter: „Die Ausrüstung soll spezifisch und im Besonderen im Hinblick auf diese Aufgaben ausgestaltet werden. Daher wurden schon in den letzten Jahren schwere Waffengattungen reduziert, da diese nicht mehr in dem Ausmaß wie zur Zeit des Kalten Krieges erforderlich sind. Diese Politik wird fortgesetzt, die Kernkompetenzen in der Ausbildung sollen weiterhin sichergestellt werden“. Damit soll konsequent umgesetzt werden was Sebastian Kurz mit dem Hinweis auf die nicht mehr stattfindende Panzerschlacht gemeint hat. Da die „unumstößliche“ Neutralität nur mit einem voll ausgestatteten Militär garantiert werden kann, darf diese Passage als eine der vielen Widersprüchlichkeiten in dem Programm gewertet werden.

Der Bundestrojaner soll nun doch kommen

Das Sicherheitskapitel enthält einige weitere eher problematische Ankündigungen. So spricht es von einer „Weiterentwicklung und Intensivierung der Zusammenarbeit mit NGOs (Polizei. Macht. Menschen. Rechte)“, ohne darzulegen welche Nichtregierungsorganisationen damit privilegiert werden sollen, in die staatliche Arbeit der Polizei (und zu welchem Zweck) miteinbezogen zu werden. Gut klingt die Feststellung: „Gläserner Staat statt gläserner Bürger: Umfassende Evaluierung gesetzlicher Regelungen von Ermittlungsmaßnahmen bestehender Überwachungssysteme unter Einbindung der Zivilgesellschaft und unabhängiger Expertinnen und Experten sowie Erstellung eines Berichts.“

Bereits im nächsten Absatz wird dann die Schaffung einer regelkonformen Überwachung von verschlüsselten Nachrichten im Internet angekündigt, was einen neuen Anlauf zur Etablierung des sogenannten „Bundestrojaner“ bedeutet.

Privater Verein bekommt Zugang zu Daten

Zu den höchst problematischen Forderungen gehört die Ankündigung, wonach das Dokumentationsarchiv des Österreichischen Widerstandes DÖW Zugang zum Datenmaterial des Innen- und Justizministeriums bekommen soll, um auf diese Weise Rechtsextremismus und Antisemitismus zu bekämpfen. Damit bekommt ein privater Verein Zugang zu Daten, die aufgrund ihrer Sensibilität unter staatlicher Verwaltung standen. Die Linksorientierung des DÖW ist bekannt.

Der Linksextremismus wird nicht bekämpft

Weiters gefordert wird die „Einberufung eines jährlichen Koordinationsausschusses zwischen Regierung, Parlament, Ländern und der Zivilgesellschaft über Maßnahmen zur Bekämpfung des Rechtsextremismus.“ Das heißt, die Regierung will sich mit der linken Zivilgesellschaft verbrüdern, um den Rechtsextremismus zu bekämpfen. Und, die Regierung will „Maßnahmen setzen, um Vereine, die staatsfeindliches Gedankengut (so wie die Identitären) verbreiten, wirksam zu bekämpfen“. Die Regierung will also allen Ernstes Gedankengut bekämpfen, das sie für staatsfeindlich hält. Das ist aus mindestens zwei Gründen brandgefährlich. Erstens ist die Bekämpfung von Gedankengut ein Widerspruch zur geltenden Lehre, die besagt: „Die Gedanken sind frei.“

Nur totalitäre Regime haben bisher Gedanken bekämpft. Zweitens ist völlig offen, was denn „staatsfeindliches Gedankengut“ sein soll. Das Programm gibt dazu keinerlei weitere Auskünfte. Die Nennung der Identitären als Beispiel geht am eigentlichen Begriff des Staatsfeindlichen vorbei, der sprachlich eher suggerieren würde, dass anarchistisches Gedankengut bekämpft werden sollte. Die Identitären sind aber alles andere als anarchistisch. Ihre Ideologie ist stark von Alexander Dugin, einem schwülstig-faschistischen „Philosophen“ aus Russland beeinflusst. Sie sind also nicht gegen den Staat, sondern verlangen einen stark regulierenden Staat.

Überhaupt fällt auf, dass der Kampf – abgesehen vom notwendigen Kampf gegen den Antisemitismus – immer nur gegen einen Rechtsextremismus geführt werden soll. Vom Linksextremismus, der mindestens genauso gefährlich wie der Rechtsextremismus ist, und der in der jüngeren Vergangenheit in Europa mehr Zerstörungen angerichtet hat als der Rechtsextremismus, wird in dem Regierungsprogramm kein einziges Mal geredet.

Trennung zwischen Asyl und Arbeitsmigration

Wiederum positiv im Bereich der Sicherheitspolitik fällt die klare Trennung zwischen Arbeitsmigration und Asyl auf. Gefordert wird eine Stärkung des europäischen Außengrenzschutzes durch eine Aufstockung von Frontex. Der Verteilung von Migranten in der EU wird eine Absage erteilt, weil sie nicht funktioniert hat.

In einigen Bereichen des Programms muss man den Eindruck gewinnen, dass von verschiedenen Seiten Beiträge zu konkreten Sachthemen einflossen, die aber nicht koordiniert wurden. Ein schönes Beispiel dafür ist das oben bereits genannte Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen. Im Europakapitel heißt es dazu: „Österreich wirkt auf europäischer und internationaler Ebene protektionistischen Tendenzen entschlossen entgegen.“

Ein Plädoyer für den Protektionismus

Danach wird eine derartige Vielzahl von Forderungen an solche Freihandelsabkommen gestellt, dass selbst härteste Vertreter der Schutzzollindustrien (um einen Begriff von Richard Coudenhove-Kalergi zu verwenden) neidisch erblassen würden, weil ihnen die Fantasie fehlt, um Protektionismus derart zu tarnen. Analysiert man diesen Forderungskatalog, so würde das bedeuten, dass Handel nur mehr unter der Bedingung betrieben werden darf, dass beim Handelspartner exakt gleiche Bedingungen (in allen Bereichen) herrschen wie in Österreich. Das Gesetz der komperativen Kostenvorteile wird damit durch eine politische Erklärung negiert. Als Folge wird im Europa-Kapitel das Mercosur-Abkommen in „dieser Form“ abgelehnt. Ganz anders klingt das im Landwirtschaftskapitel. Da gibt es keine ausweichenden Formulierungen mehr, da heißt es nur mehr: „Nein zu Mercosur“.

Die Klimapolitik ist nicht nur das umfangreichste Kapitel in dem Regierungsprogramm, Klimapolitik zieht sich auch durch alle anderen Kapitel. So fordert man etwa im Sicherheitskapitel: „Klimataugliche Arbeitsbedingungen schaffen“. „Auch die Polizei kann und soll einen Beitrag zur Steigerung der Nachhaltigkeit und Erreichung der Klimaziele leisten. Dahingehendes Potenzial soll erhoben und genutzt werden.“ Oder in einem anderen Zusammenhang: Kunst und Kultur soll auch der Klimapolitik dienen. Österreich will Klimaschutzvorreiter in der EU werden. Deshalb soll ein Flugticket um zwölf Euro verteuert werden, die Nova wird erhöht, den Tanktourismus will man unterbinden und der ausländische Lkw-Schwerverkehr soll reduziert werden. Klimaschutz wird als Beitrag zur Gerechtigkeit gesehen, Österreich soll 2040 klimaneutral sein.

Gefordert wird eine „Erhöhung der internationalen Klimafinanzierung: Signifikante Erhöhung des österreichischen Beitrags zum Green Climate Fund“. Ein Nationaler Energie und Klimaplan NEKP – der in der Namensgebung an die Neue Ökonomische Politik NEP unter Lenin erinnert – soll geschaffen werden, ebenso ein eigenes Klimakabinett.

In der Außenpolitik will man eine eigene Klimadiplomatie erfinden. Dazu soll auch noch ein Klimabotschafter ernannt und eine grüne Diplomatie geschaffen werden.

Unter dem Titel einer „Green Finance Agenda“ soll eine „Bürgerstiftung Klimaschutz“ Private dazu bewegen, ihr Geld in Klimaschutz zu investieren. Abgerundet wird diese Klimapolitik noch durch das „Angebot eines täglichen Klimatellers in Österreichs öffentlichen Küchen“.

Wahrscheinlich aufgrund der Klimaerwärmung fordert die türkis-grüne Bundesregierung ein Aus für Heizöl, Kohle und fossiles Gas. Ein Phase-out für Öl und Kohle in der Raumwärme soll noch in diesem Jahr bei Neubauten seinen Anfang nehmen, ab 2021 gilt es für Heizungswechsel. Ab 2025 müssen alle Kessel älter als 25 Jahre ausgetauscht werden, ab 2035 dann alle Kessel. Gaskessel-Neuanschlüsse in Neubauten sollen ab 2025 verboten werden, fossiles Gas soll grundsätzlich bald der Vergangenheit angehören.

Die Republik Österreich ist an der OMV beteiligt, und der Außenminister der Republik verteidigte jüngst in einem Interview den Bau der Gas-Pipeline (fossiles Gas aus Russland) Nord Stream 2. Politik bleibt die Kunst des Möglichen. (RK - *Generalsekretär von Paneuropa Österreich

Die Kunst des Möglichen

von Rainhard Kloucek *

Zirka 300 Seiten umfasst das Arbeitsprogramm der neuen österreichischen Bundesregierung. Neben einigen positiven Inhalten gibt es eine Reihe von Widersprüchlichkeiten und ideologischen Verrenkungen. Der Klimaschutz dient als Rechtfertigung für alles.

Würde man Richard Coudenhove-Kalergis Unterscheidung zwischen totalem Menschen und totalem Staat als Bewertungsgrundlage zur Beurteilung des Arbeitsprogramms der neuen österreichischen Bundesregierung hernehmen, so wäre das Ergebnis eindeutig: dieses Programm ist ein Programm des totalen Staates. Der Staat steht über dem Bürger, der Bürger hat dem Staat zu dienen, der Staat hat die Pflicht das Verhalten der Bürger zu lenken. Daran ändert auch das im Kapitel „Verfassung, Verwaltung & Transparenz“ verankerte Bekenntnis zu einem „nachhaltig und serviceorientiert agierenden öffentlichen Sektor“ nichts. Die Rechtfertigung für jeglichen Eingriff des Staates ist die Klimapolitik, die den roten Faden – der eher ein Strick ist – durch das Regierungsprogramm bildet.

Beginnen wir aber mit den positiven Vorhaben. Das Regierungsprogramm enthält ein klares Bekenntnis zu Europa, zur Europäischen Union und zu deren Weiterentwicklung. In einer Presseaussendung zur Angelobung der Regierung hat die Paneuropabewegung Österreich deshalb festgehalten: „In Europa fragen gibt das Programm der heute angelobten Bundesregierung aus Sicht der Paneuropabewegung Österreich durchaus Anlass zu Optimismus. Wichtig ist dabei vor allem der proklamierte Einsatz für ein Europa der Demokratie, der Menschenrechte und des Rechtsstaates, mit einem starken Schutz der Außengrenzen und mit Wettbewerbsfähigkeit.“ Positiv bewertet wird ein Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen, zur Aufnahme der Länder Südosteuropas in die EU, zur Visaliberalisierung für den Kosovo, ein Bekenntnis zur Unabhängigkeit der Ukraine, das Abrücken vom Einstimmigkeitsprinzip bei wichtigen Entscheidungen im EU-Rat oder die Forderung nach einer Zusammenlegung der Tagungsorte des Europäischen Parlamentes.

Und der Paneuropa-Jugend Vorsitzende Philipp Jauernik spricht in der Pressemeldung noch den Punkt an, dass das Europäische Parlament bisher eher als Abschiebestation für Politiker genutzt wurde: „Mit Elisabeth Köstinger, Karoline Edtstadler und Ulrike Lunacek sind nun drei ehemalige EU-Abgeordnete vertreten. Zählt man Werner Kogler dazu, sind es sogar vier. Damit ist das Europäische Parlament wohl endgültig seine frühere Konnotation los, und dient vielmehr als Rekrutierungspool für politische Führungskräfte. Das kann man nur begrüßen.“

Abgabenquote soll gegen 40 Prozent sinken

Auch im Bereich der Steuerpolitik sind durchaus positive Elemente enthalten. So gibt es ein Bekenntnis zu einer Senkung der Abgabenquote Richtung 40 Prozent. Dazu will man die ersten drei Progressionsstufen senken (von 25 auf 20, von 35 auf 30, von 42 auf 40) und die Körperschaftssteuer auf 21 Prozent. Der Staat soll mit dem Geld der Steuerzahler sorgsam umgehen, ein ausgeglichenes Budget wird als Ziel formuliert, die Schulden sollen auf 60 Prozent des BIP sinken (wie es der Maastricht-Vertrag vorschreibt). Ja, es wird sogar eine Spendenabsetzbarkeit für gemeinnützige Organisationen geprüft. Auf europäischer Ebene will man sich gegen eine gemeinsame Einlagensicherung bei den Banken zur Wehr setzen, was durchaus im Sinne der österreichischen Sparer ist.

Steuern als Lenkungsmechanismus

Doch wie in einigen anderen Kapiteln werden positive Maßnahmen durch andere Maßnahmen teilweise in Frage gestellt, konterkariert oder gar in ihr Gegenteil verkehrt. So heißt es beispielsweise zur Steuerreform: „Darüber hinaus sind Steuern auch ein wichtiger Lenkmechanismus, um individuelles Verhalten mit den Interessen des Allgemeinwohls in bestmöglichen Einklang zu bringen.“ Genau das aber sind Steuern in einem liberalen Rechtsstaat nicht. Steuern sind dazu da, das Einkommen des Staates für seine Aufgaben zu bekommen. Der liberale Rechtsstaat setzt keine Glücksvorstellungen durch, er lenkt nicht das Verhalten der Menschen. Jeder Mensch hat das Recht, nach eigenen Vorstellungen sein Glück zu suchen, soferne dabei nicht Rechte eines anderen Menschen eingeschränkt werden.

Die kalte Progression wird wohl bleiben

Obwohl vor der Wahl (so wie auch schon vor der Wahl 2017) versprochen, finden sich keine konkreten Hinweise zur Beseitigung der kalten Progression. Werden die Progressionsstufen nicht automatisch mit der Inflation angehoben, so rücken Menschen aufgrund der inflationsangepassten Gehaltssteigerungen in Progressionsstufen vor, die nie für ihre Einkommenskategorie gedacht waren.

Die kalte Progression stellt eine Inflationssteuer dar, der Staat verschafft sich Zusatzeinkommen. Unter dem Titel Steuerreform werden dann alle paar Jahre die Progressionsstufen zum Teil angepasst. Das was aber als Steuerreform angekündigt ist, hat der Steuerzahler de facto bereits selber finanziert. Diese enteignende Charakteristik der kalten Progression wird auch beim Familienbonus schlagend, der – das muss ebenfalls positiv erwähnt werden – erhöht werden soll. Nach diversen Berechnungen sind Familien (also mit Kindern) auch die einzigen Profiteure der angekündigten Steuerreform.

Geprüft werden soll eine Anpassung der Grenzbeträge für die Progressionsstufen unter der Berücksichtigung von Verteilungseffekten. Damit wird also die versprochene Beseitigung der kalten Progression nicht nur vertagt, sondern zusätzlich auch noch mit Verteilungseffekten belastet. Kanzler Kurz hatte bereits im Vorjahr einmal erklärt, dass er die Beseitigung der kalten Progression für nicht sozial gerechtfertigt halte, weil sie nur den Besserverdienern nutze. Damit hat er klar zum Ausdruck gebracht, dass es offensichtlich eine Nivellierung der Einkommen geben soll. Das wird durch die Beschränkung bei der Anpassung der Progressionsstufen auf die unteren drei Stufen bestätigt. Die Folge ist eine schleichende Ausrottung des Mittelstandes, der durch Gehaltssteigerungen aufgrund der Inflation von einer Mittelstandsbesteuerung in eine Reichenbesteuerung rutscht. In dieses Bild passt die Ankündigung von Finanzminister Blümel, den ursprünglich befristeten Höchststeuersatz von 55 nicht wie vorgesehen auslaufen zu lassen, sondern zu behalten.

Der Mittelstand wird weiter dezimiert

Ein möglichst breiter Mittelstand ist aber für eine demokratische Gesellschaft von hoher Bedeutung. Eine demokratische Gesellschaft braucht wirtschaftlich unabhängige Menschen, die nicht auf Verteilungsleistungen des Staates angewiesen sind.

In praktisch jeder Regierungserklärung steht die Bekämpfung des Steuerbetrugs. Im aktuellen Programm steht die Forderung nach der Einführung einer Transaktionssteuer. Eine besonders gefährliche Passage stellt der Plan dar, wonach Banken bei sogenannten grünen Krediten weniger Eigenkapital hinterlegen müssen. Die Hinterlegung von Eigenkapital dient dem Risikoausgleich. Praktisch alle Bankenkrisen haben auch mit fehlendem Eigenkapital der Geldhäuser zu tun. Je höher das Risiko bei Krediten, umso höher muss auch die Eigenkapitalhinterlegung sein. Wird diese ökonomische Vernunftregel für sogenannte grüne Kredite außer Kraft gesetzt, wird damit die Behauptung aufgestellt, solche „grünen Kredite“ seien automatisch sicher. Eine ganze Reihe von Pleiten in diesem Wirtschaftssektor beweist das Gegenteil. Mit einer solchen Bestimmung würde also der Grundstein für eine neue Bankenkrise gelegt.

Neutralität kann nicht verteidigt werden

Mit Spannung erwartet wurde die Stellung der neuen Bundesregierung zur Sicherheitspolitik. Die ablehnende Haltung der Grünen zum Bundesheer war und ist bekannt. Und auch die Polizei gilt nicht unbedingt als Freund der Grünen. Gerade in dem Bereich trat die ÖVP mit Aussagen auf, die von der FPÖ hätten kommen können. Nur im Wahlkampf leistete sich der Bundeskanzler einen Schnitzer, als er im ORF zum Thema Bundesheer und dessen finanzieller und materieller Unterausstattung anmerkte, dass es die Panzerschlacht im Weinviertel nicht mehr gäbe. Die Aussage gilt als Code dafür, dass das Bundesheer weder schweres Gerät noch mehr Geld benötigt. Nun will man bei der Polizei 2.300 neue Planstellen schaffen und das Bundesheer materiell, finanziell und personell für die Herausforderungen rüsten. Gleichzeitig wird die Neutralität als „unumstößlich“ definiert.

Die Kernaussage zur militärischen Landesverteidigung kommt aber ein paar Zeilen weiter: „Die Ausrüstung soll spezifisch und im Besonderen im Hinblick auf diese Aufgaben ausgestaltet werden. Daher wurden schon in den letzten Jahren schwere Waffengattungen reduziert, da diese nicht mehr in dem Ausmaß wie zur Zeit des Kalten Krieges erforderlich sind. Diese Politik wird fortgesetzt, die Kernkompetenzen in der Ausbildung sollen weiterhin sichergestellt werden“. Damit soll konsequent umgesetzt werden was Sebastian Kurz mit dem Hinweis auf die nicht mehr stattfindende Panzerschlacht gemeint hat. Da die „unumstößliche“ Neutralität nur mit einem voll ausgestatteten Militär garantiert werden kann, darf diese Passage als eine der vielen Widersprüchlichkeiten in dem Programm gewertet werden.

Der Bundestrojaner soll nun doch kommen

Das Sicherheitskapitel enthält einige weitere eher problematische Ankündigungen. So spricht es von einer „Weiterentwicklung und Intensivierung der Zusammenarbeit mit NGOs (Polizei. Macht. Menschen. Rechte)“, ohne darzulegen welche Nichtregierungsorganisationen damit privilegiert werden sollen, in die staatliche Arbeit der Polizei (und zu welchem Zweck) miteinbezogen zu werden. Gut klingt die Feststellung: „Gläserner Staat statt gläserner Bürger: Umfassende Evaluierung gesetzlicher Regelungen von Ermittlungsmaßnahmen bestehender Überwachungssysteme unter Einbindung der Zivilgesellschaft und unabhängiger Expertinnen und Experten sowie Erstellung eines Berichts.“

Bereits im nächsten Absatz wird dann die Schaffung einer regelkonformen Überwachung von verschlüsselten Nachrichten im Internet angekündigt, was einen neuen Anlauf zur Etablierung des sogenannten „Bundestrojaner“ bedeutet.

Privater Verein bekommt Zugang zu Daten

Zu den höchst problematischen Forderungen gehört die Ankündigung, wonach das Dokumentationsarchiv des Österreichischen Widerstandes DÖW Zugang zum Datenmaterial des Innen- und Justizministeriums bekommen soll, um auf diese Weise Rechtsextremismus und Antisemitismus zu bekämpfen. Damit bekommt ein privater Verein Zugang zu Daten, die aufgrund ihrer Sensibilität unter staatlicher Verwaltung standen. Die Linksorientierung des DÖW ist bekannt.

Der Linksextremismus wird nicht bekämpft

Weiters gefordert wird die „Einberufung eines jährlichen Koordinationsausschusses zwischen Regierung, Parlament, Ländern und der Zivilgesellschaft über Maßnahmen zur Bekämpfung des Rechtsextremismus.“ Das heißt, die Regierung will sich mit der linken Zivilgesellschaft verbrüdern, um den Rechtsextremismus zu bekämpfen. Und, die Regierung will „Maßnahmen setzen, um Vereine, die staatsfeindliches Gedankengut (so wie die Identitären) verbreiten, wirksam zu bekämpfen“. Die Regierung will also allen Ernstes Gedankengut bekämpfen, das sie für staatsfeindlich hält. Das ist aus mindestens zwei Gründen brandgefährlich. Erstens ist die Bekämpfung von Gedankengut ein Widerspruch zur geltenden Lehre, die besagt: „Die Gedanken sind frei.“

Nur totalitäre Regime haben bisher Gedanken bekämpft. Zweitens ist völlig offen, was denn „staatsfeindliches Gedankengut“ sein soll. Das Programm gibt dazu keinerlei weitere Auskünfte. Die Nennung der Identitären als Beispiel geht am eigentlichen Begriff des Staatsfeindlichen vorbei, der sprachlich eher suggerieren würde, dass anarchistisches Gedankengut bekämpft werden sollte. Die Identitären sind aber alles andere als anarchistisch. Ihre Ideologie ist stark von Alexander Dugin, einem schwülstig-faschistischen „Philosophen“ aus Russland beeinflusst. Sie sind also nicht gegen den Staat, sondern verlangen einen stark regulierenden Staat.

Überhaupt fällt auf, dass der Kampf – abgesehen vom notwendigen Kampf gegen den Antisemitismus – immer nur gegen einen Rechtsextremismus geführt werden soll. Vom Linksextremismus, der mindestens genauso gefährlich wie der Rechtsextremismus ist, und der in der jüngeren Vergangenheit in Europa mehr Zerstörungen angerichtet hat als der Rechtsextremismus, wird in dem Regierungsprogramm kein einziges Mal geredet.

Trennung zwischen Asyl und Arbeitsmigration

Wiederum positiv im Bereich der Sicherheitspolitik fällt die klare Trennung zwischen Arbeitsmigration und Asyl auf. Gefordert wird eine Stärkung des europäischen Außengrenzschutzes durch eine Aufstockung von Frontex. Der Verteilung von Migranten in der EU wird eine Absage erteilt, weil sie nicht funktioniert hat.

In einigen Bereichen des Programms muss man den Eindruck gewinnen, dass von verschiedenen Seiten Beiträge zu konkreten Sachthemen einflossen, die aber nicht koordiniert wurden. Ein schönes Beispiel dafür ist das oben bereits genannte Bekenntnis zu internationalen Handelsabkommen. Im Europakapitel heißt es dazu: „Österreich wirkt auf europäischer und internationaler Ebene protektionistischen Tendenzen entschlossen entgegen.“

Ein Plädoyer für den Protektionismus

Danach wird eine derartige Vielzahl von Forderungen an solche Freihandelsabkommen gestellt, dass selbst härteste Vertreter der Schutzzollindustrien (um einen Begriff von Richard Coudenhove-Kalergi zu verwenden) neidisch erblassen würden, weil ihnen die Fantasie fehlt, um Protektionismus derart zu tarnen. Analysiert man diesen Forderungskatalog, so würde das bedeuten, dass Handel nur mehr unter der Bedingung betrieben werden darf, dass beim Handelspartner exakt gleiche Bedingungen (in allen Bereichen) herrschen wie in Österreich. Das Gesetz der komperativen Kostenvorteile wird damit durch eine politische Erklärung negiert. Als Folge wird im Europa-Kapitel das Mercosur-Abkommen in „dieser Form“ abgelehnt. Ganz anders klingt das im Landwirtschaftskapitel. Da gibt es keine ausweichenden Formulierungen mehr, da heißt es nur mehr: „Nein zu Mercosur“.

Die Klimapolitik ist nicht nur das umfangreichste Kapitel in dem Regierungsprogramm, Klimapolitik zieht sich auch durch alle anderen Kapitel. So fordert man etwa im Sicherheitskapitel: „Klimataugliche Arbeitsbedingungen schaffen“. „Auch die Polizei kann und soll einen Beitrag zur Steigerung der Nachhaltigkeit und Erreichung der Klimaziele leisten. Dahingehendes Potenzial soll erhoben und genutzt werden.“ Oder in einem anderen Zusammenhang: Kunst und Kultur soll auch der Klimapolitik dienen. Österreich will Klimaschutzvorreiter in der EU werden. Deshalb soll ein Flugticket um zwölf Euro verteuert werden, die Nova wird erhöht, den Tanktourismus will man unterbinden und der ausländische Lkw-Schwerverkehr soll reduziert werden. Klimaschutz wird als Beitrag zur Gerechtigkeit gesehen, Österreich soll 2040 klimaneutral sein.

Gefordert wird eine „Erhöhung der internationalen Klimafinanzierung: Signifikante Erhöhung des österreichischen Beitrags zum Green Climate Fund“. Ein Nationaler Energie und Klimaplan NEKP – der in der Namensgebung an die Neue Ökonomische Politik NEP unter Lenin erinnert – soll geschaffen werden, ebenso ein eigenes Klimakabinett.

In der Außenpolitik will man eine eigene Klimadiplomatie erfinden. Dazu soll auch noch ein Klimabotschafter ernannt und eine grüne Diplomatie geschaffen werden.

Unter dem Titel einer „Green Finance Agenda“ soll eine „Bürgerstiftung Klimaschutz“ Private dazu bewegen, ihr Geld in Klimaschutz zu investieren. Abgerundet wird diese Klimapolitik noch durch das „Angebot eines täglichen Klimatellers in Österreichs öffentlichen Küchen“.

Wahrscheinlich aufgrund der Klimaerwärmung fordert die türkis-grüne Bundesregierung ein Aus für Heizöl, Kohle und fossiles Gas. Ein Phase-out für Öl und Kohle in der Raumwärme soll noch in diesem Jahr bei Neubauten seinen Anfang nehmen, ab 2021 gilt es für Heizungswechsel. Ab 2025 müssen alle Kessel älter als 25 Jahre ausgetauscht werden, ab 2035 dann alle Kessel. Gaskessel-Neuanschlüsse in Neubauten sollen ab 2025 verboten werden, fossiles Gas soll grundsätzlich bald der Vergangenheit angehören.

Die Republik Österreich ist an der OMV beteiligt, und der Außenminister der Republik verteidigte jüngst in einem Interview den Bau der Gas-Pipeline (fossiles Gas aus Russland) Nord Stream 2. Politik bleibt die Kunst des Möglichen. (RK - *Generalsekretär von Paneuropa Österreich)

Autriche : l'art du possible

par Rainhard Kloucek *

Le programme de travail du nouveau gouvernement fédéral autrichien comporte environ 300 pages. Par-delà, un contenu positif, on y trouve un certain nombre de contradictions et de contorsions idéologiques. La protection du climat sert de justification à tout.

Si l'on prenait comme base d'évaluation du programme de travail du nouveau gouvernement fédéral autrichien la distinction faite par Richard Coudenhove-Kalergi entre l'homme total et l'État total, le résultat serait clair : ce programme est un programme de l'État total. L'État est au-dessus du citoyen, le citoyen doit servir l'État, l'État a le devoir de guider le comportement du citoyen. L'engagement en faveur d'un "secteur public durable et axé sur les services", ancré dans le chapitre "Constitution, administration et transparence", n'y change rien. La justification de toute intervention de l'État est la politique climatique, qui est le fil conducteur – pour ne pas dire « la ficelle conductrice » - du programme gouvernemental.

Mais commençons par les projets positifs. Ce programme contient un engagement clair en faveur de l'Europe, de l'Union Européenne et de son développement futur. Dans un communiqué de presse annonçant l'engagement du gouvernement, le Mouvement paneuropéen d’Autriche a donc déclaré : "En matière européenne, le programme du gouvernement fédéral engagé aujourd'hui donne des raisons d'être optimiste. Ce qui importe, c'est l'engagement proclamé en faveur d'une Europe de la démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit, avec une forte protection des frontières extérieures et l’affirmation de la compétitivité. Parmi les évaluations positives, citons l'engagement en faveur d’accords commerciaux internationaux, l'admission des pays d'Europe du Sud-Est dans l'UE, la libéralisation des visas pour le Kosovo, l'engagement en faveur de l'indépendance de l'Ukraine, l'abandon du principe de l'unanimité pour les décisions importantes au sein du Conseil de l'UE ou la demande de fusion des lieux de réunion du Parlement européen.

Dans notre communiqué de presse, le président de la Jeunesse paneuropéenne, Philipp Jauernik, a fait remarquer que le Parlement européen a jusqu'à présent été davantage utilisé comme une voie de garage pour politiciens : "Avec Elisabeth Köstinger, Karoline Edtstadler et Ulrike Lunacek, trois anciennes eurodéputées sont désormais représentées dans ce gouvernement. Si vous ajoutez Werner Kogler à ce nombre, c'est même quatre. Cela signifie que le Parlement européen s'est probablement enfin débarrassé de son ancienne connotation et sert désormais de vivier de recrutement de dirigeants politiques. Il faut s'en féliciter".

LE TAUX D'IMPOSITION DOIT TOMBER À 40 %

Nous relevons également des éléments positifs en matière de politique fiscale. Par exemple, un engagement à abaisser le taux d'imposition  à quelque 40 %. À cette fin, les trois premières tranches de la progression doivent être réduites (de 25 à 20%  de 35 à 30%, de 42 à 40%) et l'impôt sur les sociétés doit être ramené à 21 %. L'État doit gérer l'argent des contribuables avec prudence, l'équilibre budgétaire est un objectif fixé et la dette doit être réduite à 60 % du PIB (comme le prescrit le traité de Maastricht). Oui, une déductibilité fiscale des dons pour les organisations à but non lucratif est même à l'étude. Au niveau européen, il est prévu de s'opposer à une assurance-dépôts commune aux banques, ce qui est certainement dans l'intérêt des épargnants autrichiens.

LES CONTRÔLES COMME MÉCANISME DE DIRECTION

Toutefois, comme dans d’autres chapitres, l'action positive est en partie remise en question, contrée ou même annulée par d'autres mesures. Par exemple, en ce qui concerne la réforme fiscale, il est déclaré : "En outre, les impôts constituent également un mécanisme de pilotage important pour concilier au mieux les comportements individuels et les intérêts du bien commun". Mais c'est précisément ce que les impôts ne sont pas dans un État constitutionnel libéral. Les impôts sont là pour fournir des revenus de l'État afin qu’il assure ses missions. L'État constitutionnel libéral n'impose pas le bonheur, il ne guide pas le comportement des gens. Chacun a le droit de rechercher le bonheur selon l’idée qu’il s’en fait tant que les droits d'autrui ne sont pas lésés.

LA PROGRESSION DU FROID VA PROBABLEMENT SE POURSUIVRE

Bien que promis avant l'élection (ainsi qu'avant l'élection de 2017), il n'y a rein indiquant une suppression de la progression automatique dans l’échelle fiscale. Si les tranches de progression ne suivent pas automatiquement l'inflation, les gens passeront suite à des augmentations de salaire ajustées à l'inflation à des tranches supérieures d’imposition qui n’avaient jamais été prévues pour leur catégorie de revenu.

La progression automatique équivaut à une taxe sur l'inflation, et l'État génère ainsi pour lui-même des revenus supplémentaires. Sous le titre de réforme fiscale, les étapes de la progression sont ensuite partiellement ajustées tous les deux ans. Mais ce qui est annoncé comme une réforme fiscale, le contribuable l'aura de facto déjà financée lui-même. Cette forme d’expropriation résultant de la progression automatique se reflète également dans le bonus familial qui - il faut le mentionner comme un élément positif - doit être relevé. Selon divers calculs, les familles (c'est-à-dire avec enfants) sont les seules bénéficiaires de la réforme fiscale annoncée.

Un ajustement des montants marginaux dans les tranches de progression, tenant compte des effets de répartition, doit être examiné de près. Ainsi, l'élimination promise de la progression automatique est non seulement reportée à plus tard, mais elle est aussi grevée d'effets de répartition. Le chancelier Kurz avait déjà déclaré l'année dernière qu'il ne considérait pas que l'élimination de la progression automatique comme socialement justifiée, car elle ne profiterait qu'aux personnes les mieux rémunérées. Ce faisant, il a clairement indiqué qu'il devrait évidemment y avoir un nivellement des revenus. Ceci est confirmé par la restriction de l'ajustement des niveaux de progression aux trois niveaux inférieurs. Le résultat est une élimination rampante de la classe moyenne, qui passe d'un impôt médian à un impôt sur la richesse en raison des augmentations de salaires provoquées par l'inflation. L'annonce du ministre des finances Blümel selon laquelle le taux d'imposition maximum temporaire de 55% ne pourra pas prendre fin comme prévu, mais sera maintenu, s'inscrit dans ce contexte.

LA CLASSE MOYENNE EST ENCORE PLUS SACQUÉE

Dans une société démocratique, l’existence d’une classe moyenne forte est incontournable. Une société démocratique a besoin de personnes économiquement indépendantes qui ne dépendent pas des services de distribution de l'État.

La lutte contre la fraude fiscale figure dans pratiquement toutes les déclarations gouvernementales. Le programme actuel prévoit l'introduction d'une taxe sur les transactions. Un passage particulièrement dangereux est le plan selon lequel les banques devraient déposer moins de fonds propres pour les prêts dits verts. Le dépôt de fonds propres sert à équilibrer le risque. Pratiquement toutes les crises bancaires sont liées au manque de fonds propres des institutions financières. Plus le risque est élevé dans le cas des prêts, plus le dépôt de garantie doit être élevé. Si l'on passe outre à cette règle de rationalité économique pour les prêts dits "verts", on prétend que ces "prêts verts" sont automatiquement garantis. Toute une série de faillites dans ce secteur économique prouve le contraire. Une telle disposition jetterait donc les bases d'une nouvelle crise bancaire.

LA NEUTRALITÉ NE PEUT ÊTRE DÉFENDUE

La position du nouveau gouvernement fédéral en matière de politique de sécurité était très attendue. L'attitude négative des Verts envers les forces armées était et reste bien connue. Et la police elle-même n'est pas nécessairement considérée comme l'amie des Verts. Dans ce domaine en particulier, l'ÖVP (le Parti populaire majoritaire de centre droit qui dirige la coalition Droite-Verts au pouvoir) a fait des déclarations qui auraient pu venir du FPÖ (le parti libéral considéré comme extrême-droite). Ce n'est que pendant la campagne électorale que le Chancelier fédéral a commis un impair lorsqu'il a fait remarquer à l'ORF (la radio télévision autrichienne) au sujet des forces armées et de leur sous-équipement financier et matériel que la bataille de chars dans le Quartier aux vins n'aurait plus lieu. Cette déclaration est considérée comme signifiant que l'armée fédérale n'aura pas besoin de matériel lourd ni de davantage d'argent. La coalition gouvernementale veut maintenant créer 2 300 nouveaux postes dans la police et équiper matériellement les forces armées pour relever les nouveaux défis. Mais en même temps, la neutralité de l’Autriche est définie comme "irrévocable".

Toutefois, la déclaration fondamentale sur la Défense nationale va plus loin : "Les équipements doivent être conçus spécifiquement et en particulier en fonction des tâche qui leur sont allouées. C'est pourquoi les catégories d'armes lourdes ont déjà été réduites ces dernières années, car elles ne sont plus aussi nécessaires qu'elles l'étaient pendant la Guerre froide. Cette politique sera poursuivie et les compétences de base en matière de formation continueront à être assurées". Il s'agit de mettre en œuvre de manière cohérente ce que Sébastian Kurz entendait par la référence à la fin de la bataille des chars. Comme la neutralité "irrévocable" ne peut être garantie qu'avec une armée entièrement équipée, ce passage peut être considéré comme l'une des nombreuses contradictions du programme.

ON VOIT VENIR LE CHEVAL DE TROIE FÉDÉRAL

Le chapitre sur la sécurité contient d'autres annonces assez problématiques. Par exemple, elle parle de "développer et intensifier la coopération avec les ONG (Police - Pouvoir - Peuple - Droits des citoyens)" sans préciser quelles organisations non gouvernementales auraient le privilège de participer aux tâches générales de la police (et dans quel but). La déclaration suivante sonne bien : "Un État transparent au lieu d'un citoyen transparent : évaluation complète des réglementations juridiques des mesures d'investigation des systèmes de surveillance existants avec la participation de la société civile et d'experts indépendants et préparation d'un rapport".

Déjà dans le paragraphe suivant, la création d'une surveillance conforme aux règles des messages cryptés sur Internet est annoncée, ce qui signifie une nouvelle tentative d'établir ce que l'on appelle le "cheval de Troie fédéral".

UNE ASSOCIATION PRIVÉE OBTIENT L'ACCÈS AUX DONNÉES

L'une des demandes les plus problématiques est l'annonce que le centre de documentation de la Résistance autrichienne DÖW devrait avoir accès à la banque de données du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Justice afin de lutter contre l'extrémisme de droite et l'antisémitisme. Cela permettra à une association privée d'accéder à des données qui étaient sous administration de l'État en raison de leur caractère sensible. L'orientation à gauche du DÖW est bien connue.

L'EXTRÉMISME DE GAUCHE N'EST PAS COMBATTU

Il est fait appel également à la "convocation d'un comité annuel de coordination entre le gouvernement, le parlement, les pays et la société civile sur les mesures de lutte contre l'extrémisme de droite". En d'autres termes, le gouvernement veut fraterniser avec la société civile de gauche afin de lutter contre l'extrémisme de droite. Et, le gouvernement veut "prendre des mesures pour lutter efficacement contre les associations qui diffusent des idées antiétatiques (comme le fond les Identitaires)". Ainsi, le gouvernement veut-il lutter sérieusement contre les idées qu'il considère comme antiétatiques. Cette situation est dangereuse pour au moins deux raisons. Tout d'abord, la lutte contre des idées contredit la doctrine dominante qui affirme que "Les idées sont libres“. Seuls les régimes totalitaires ont jusqu'à présent combattu les idées.

Deuxièmement, rien ne définit ce que l’on considère comme des « idées subversives". Le programme ne donne aucune information à ce sujet. En citant les identitaires comme exemple, on passe à côté de la notion d'ennemi de l'État, qui suggèrerait plutôt, d'un point de vue linguistique, que les idées anarchistes doivent être combattues. Or, les identitaires sont tout sauf des anarchistes. Leur idéologie est fortement influencée par Alexandre Douguine, un "philosophe" russe, fasciste et baroque. Les identitaires ne sont donc pas contre l'État, ils exigent au contraire un État fortement régulateur. La lecture du programme amène à la conclusion que la lutte - outre la nécessaire lutte contre l'antisémitisme - est toujours à mener contre l'extrémisme de droite. L'extrémisme de gauche, qui est au moins aussi dangereux que l'extrémisme de droite et qui, dans un passé récent, a causé plus de destruction en Europe que l'extrémisme de droite, n'est pas mentionné une seule fois dans le programme du gouvernement.

LA SÉPARATION ENTRE L'ASILE ET LA MIGRATION DE TRAVAIL

Un autre aspect positif de la politique de sécurité est la distinction claire entre la migration de main-d'œuvre et l'asile. Il est fait appel au renforcement de la protection des frontières extérieures de l'Europe en renforçant l’agence Frontex. La répartition des migrants dans l'UE est rejetée parce qu'elle n'a pas fonctionné.

Dans certains domaines du programme, on a l'impression que des contributions ont été apportées venant de différents horizons sur des questions spécifiques, mais qu'elles n'ont pas été coordonnées. Un bon exemple en est l'engagement en faveur des accords commerciaux internationaux, comme mentionné ci-dessus. Dans le chapitre sur l'Europe, il est dit : "L'Autriche s'oppose résolument aux tendances protectionnistes au niveau européen et international. »

UN PLAIDOYER POUR LE PROTECTIONNISME

Mais dans ce qui suit, on formule une multitude d'exigences à l'égard de ces accords de libre-échange telle que même les représentants les plus durs des industries partisanes des tarifs douaniers protecteurs (pour reprendre un terme de Richard Coudenhove-Kalergi) en deviendraient vertes de jalousie parce qu'elles n'ont pas l'imagination requise pour camoufler ainsi leur protectionnisme. Si l'on analyse ce catalogue, cela signifierait que les échanges commerciaux ne peuvent se faire qu'à la condition que les conditions soient exactement les mêmes dans tous les secteurs chez les partenaires commerciaux de l’Autriche qu’en Autriche elle-même. Il suffit ainsi d’une simple déclaration politique pour annule les avantages comparatifs de coûts. En conséquence, le chapitre Europe rejette l'accord Mercosur sous "cette forme". Dans le chapitre sur l'agriculture, on n’est même pas aussi évasif. Il y est dit tout simplement : "Non au Mercosur".

La politique climatique est non seulement le chapitre le plus important du programme gouvernemental, mais elle imprègne également tous les autres chapitres. Par exemple, le chapitre sur la sécurité appelle à "créer des conditions de travail respectueuses du climat". "La police peut et doit également contribuer à accroître la durabilité et à atteindre les objectifs climatiques. Il convient d'identifier et d'exploiter le potentiel à cette fin". Ou dans un autre contexte : l'art et la culture devraient également servir la politique climatique. L'Autriche veut devenir un pionnier de la protection du climat dans l'UE. C'est pourquoi le prix d'un billet d'avion doit être augmenté de douze euro, on interdira d’aller faire le plein à l’étranger et la circulation de poids lourds étrangers doit être réduit. La protection du climat est considérée comme une contribution à la justice, l'Autriche doit être neutre sur le plan climatique d'ici 2040.

Des appels sont lancés en faveur d'une "Augmentation du financement international pour le climat : augmentation significative de la contribution autrichienne au Fonds vert pour le climat". Un plan national pour l'énergie et le climat NEKP - dont le nom rappelle la Nouvelle politique économique NEP sous Lénine - doit être créé, ainsi qu'un cabinet distinct pour le climat.

En politique étrangère, ils veulent inventer leur propre diplomatie du climat. En outre, un ambassadeur du climat doit être nommé et une diplomatie verte doit être créée.

Sous le titre de "Green Finance Agenda", une "Fondation des citoyens pour la protection du climat" doit encourager les particuliers à investir leur argent dans la protection du climat. Cette politique climatique sera complétée par "l'offre d'une assiette climatique quotidienne dans les cuisines publiques autrichiennes".

Probablement en raison du réchauffement climatique, le gouvernement vert turquoise demande la fin du mazout, du charbon et du gaz fossile. Une élimination progressive du pétrole et du charbon dans le chauffage des locaux doit commencer cette année pour les nouveaux bâtiments, et à partir de 2021 pour les changements de système de chauffage. À partir de 2025, toutes les chaudières de plus de 25 ans devront être remplacées et, à partir de 2035, toutes les chaudières devront être remplacées. Les nouvelles connexions de chaudières à gaz dans les nouveaux bâtiments seront interdites à partir de 2025 et le gaz fossile appartiendra bientôt au passé.

La République d'Autriche est actionnaire d'OMV, la  compagnie pétrolière autrichienne privée, fondée en 1956, qui a son siège à Vienne et contrôle l'un des trois principaux centres de répartition du fossile gaz russe en Europe. Notre ministre des Affaires étrangères a récemment défendu la construction du gazoduc  Nord Stream 2 relié à la Russie dans une interview. La politique reste l'art du possible. (RK - * Secrétaire Général de Paneurope Autriche - février 2020)


Pas un vendredi noir ? –  31 Janvier 2020

Par deux fois, le tonnerre des canons anglais a franchi la Manche  jusqu’à nous. La première fois, c'était le jeudi 23 juin 2016 lorsque le référendum de David Cameron opta pour la sortie de l'UE. Et ce fut à nouveau le vendredi 13 décembre 2019 quand les législatives de Boris Johnson engendrèrent une majorité absolue pro-Brexit. Que l'atterrissage en catastrophe de la Grande-Bretagne soit doux ou dur, son échéance est le 31 janvier. Le très plaisant Johnson tire le rideau sur le spectacle absurde des trois dernières années. Le Brexit restera l'œuvre des Tories. Ils croient avoir sauvé l'Angleterre.

L'impopulaire chef du Labour Jeremy Corbyn avait hésité à se prononcer franchement pour le « Maintain ». Au grand dam de ses compatriotes, il réclamait un nouveau référendum. C’est ainsi qu’il a fait peur aux europhiles et rendu attrayant le Brexit-catastrophe  de Johnson. Pourtant, ses camarades Tony Blair et Gordon Brown s'étaient résignés à appartenir à l'UE. En vacances en France, Blair payait en euros. Dans la crise de 2008, son successeur Brown contribua en expert au sauvetage de l'euro et des banques. Mais en vain ! L’ex-journaliste Johnson, anglo-américain jusqu'en 2016, aujourd'hui rien qu’anglais, mais membre de la noblesse française, descendant d'un ministre turc assassiné et d'une princesse allemande peut-être illégitime, entre en vainqueur dans l'histoire.

"L'Angleterre est une île", avait constaté Charles de Gaulle. Ce n’était pas une nouveauté mais un prétexte pour s’opposer à l'adhésion de l'Angleterre à la CE à deux reprises, le 14 janvier 1963 et le 11 mai 1967. Il jeta son veto en décembre 1967 sur la table du Conseil des ministres de la CE. « Une île » ? Pour lui, l'Angleterre était un porte-avions américain non loin des estuaires de la Seine et du Rhin. Ce n'est qu'après sa disparition que le Royaume-Uni devint européen le 1er janvier 1973 avec le Danemark et l'Irlande. Mais à moitié seulement. Les insulaires de l’Union Jack parvinrent à être simultanément « dedans et dehors ». La clause 'opting out' leur assurait les avantages de l'Europe sans avoir à en supporter les charges.

Jusqu'au bout, ils ont voulu en faire une zone de libre-échange. Ils n'y étaient pas parvenus de l'extérieur avec l’AELE. Ils pensaient le faire en pesant de l'intérieur. Sans eux, l'UE serait aujourd'hui politiquement en meilleure posture. Ce qui ne nous a pas empêchés d’étreindre dans nos bras ces chers Britanniques. François Mitterrand leur a même fait creuser un tunnel sous la Manche. Peine perdue !  Ils redeviennent une île et l'Europe recouvre sa marge de manœuvre, de sorte que le vote britannique du 13. décembre n’a pas été exclusivement une mauvaise nouvelle.

Mais les Irlandais et les Ecossais et une partie de la population anglaise restent favorables au mantien de l’Union dans l’UE. Aussi faut-il espérer que l’UK reviendra un jour dans l’Europe avec une autre majorité et compte tenu de la situation mondiale. Cette fois aux conditions de l’UE qui ne sont pas aussi défavorables à la Grande-Bretagne que ses eurosceptiques l’ont affirmé. En attendant, nous devons veiller à ce que les liens résiduels ne se rompent pas, surtout pas en matière de défense. Le tunnel sous la Manche reste ouvert. (Jean-Paul Picaper, Président délégué de Paneurope France, 31 janvier 2020)


La chancelière allemande ne s’appellera pas Annegret

Le but de « l’Atelier de Strasbourg » n’est pas d’informer sur l’actualité mais de faire réfléchir avec du recul sur des thèmes d’actualité. Il nous semble toutefois que la décision qui avait été prise par la chancelière Angela Merkel de ne plus se représenter à sa propre succession en 2021 et de proposer pour lui succéder à la tête de la chancellerie et de son parti, la CDU chrétienne démocrate, l’ancienne ministre-présidente du Land de Sarre, Annegret Kramp-Karrenbauer, était importante pour la France. Mme Kramp-Karrenbauer était francophile, elle avait donné au français le statut de seconde langue officielle de son Land.

Or, coup de théâtre : le 10 février 2020, elle renonce à sa candidature au poste de chancelière et veut abandonner dans un proche avenir la présidence de la CDU. C’est ce qu’elle a dit lors d'une réunion du présidium de la CDU. Elle restera ministre de la Défense. Elle veut "organiser le processus de candidature à la chancellerie cet été, continuer à préparer le parti pour l'avenir, puis renoncer à la présidence du